Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

FME 2019 jour 2: Le jour où la pluie nous crachait dessus

C’est vendredi au FME. On capote déjà à cause de la programmation trop dense, donc on fait ce que tous les psychologues suggèrent pour s’assurer une meilleure santé mentale: on laisse aller. On voit juste ce qu’il faut de musique pour constater que les foules de spectacles extérieurs, c’est comme aller au spa: l’idée générale de la chose semble divertissante, mais tu regrettes toujours d’avoir partagé autant de fluides corporels avec autant de monde.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté et Émilie Pelletier-Grenier

Ce n’est sûrement pas la pluie qui allait nous empêcher de nous déplacer pour le traditionnel Pool Party de Bonsound. Cette année, c’est le P’tit Belliveau et les Grosses Coques qui sont en charge de divertir la foule. Leur musique aux accents acadiens se marie bien aux gros maïs servis par l’équipe de la maison de disques. «Le refrain de Mon drapeau Acadjonne vens d’Taïwan est pas compliqué, c’est moi qui l’ai écrit, donc chantez», dit Belliveau. Musique ludique et beurre sur les joues, la bonne humeur est contagieuse en ce lendemain d’ouverture du FME.  C’est ben juste icitte qu’on peut considérer le parmesan au persil comme une bonne idée culinaire à rajouter sur son blé d’Inde.

P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

La nouvelle scène de la Fonderie Horne (sûrement créée pour faire oublier à tout le monde qu’ils sont en train de respirer 1000 fois trop d’arsenic à cause de leurs activités) accueille en après-midi un Philémon Cimon éventé par les bourrasques cancérigènes.

Philémon Cimon/Photo: Élise Jetté

Il se voit dans l’obligation de faire un show écourté à cause de la pluie qui s’abat sur la scène non-couverte.

Trop d’arsenic/Photo: Émilie Pelletier Grenier

«Rendu à mon âge, je suis un peu tanné de chialer sur des filles… ben des femmes», dit Philémon en parlant de son nouvel album Pays. Il offre son imperméable à qui le veut bien et raconte son processus de création en se comparant à Jésus: «Tout à coup, Jésus avait pu de label. Il cherchait une petite main, un petit sein.»

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

Sûrement avec un début de cancer dans le corps, nous nous rendons à la Scène Paramount pour le 5 à 7 de Lou-Adriane Cassidy. «C’est-tu un resto en même temps», demande l’artiste qui joue dans un souper-spectacle.

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

La salle est pleine pour le concert de la jeune artiste qui enchaîne les tounes de sont album C’est la fin du monde à tous les jours. Quelque chose de gai. Les arrangements étoffés mettent la table pour la suite de notre soirée.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Nous nous nous déplaçons à la salle Évolu-son  pour apprécier le show de Laurence-Anne. Dès notre arrivée dans la salle, nous fonçons directement sur la poubelle quadruple, volée au Tim Hortons juste en face.

La coopération est de mise en commerce lors du FME/Photo: Mathieu Aubry

La noirceur de la salle va de pair avec l’ambiance boisée/vaporeuse qui remplit l’espace dès le début de la prestation. Sur scène, la Kamouraskoise d’origine est accompagnée par un full band et de la décoration botanique. «Ce n’est pas des fougères, c’est des algues ancestrales», lance-t-elle entre deux pièces. «On va faire une chanson sensuelle. Est-ce que tout le monde est correct avec ça?», dit Laurence-Anne avant un solo de sax transcendant. Nous n’avons que de beaux mots pour la sensuelle saxophoniste Ariel Comptois et le percussionniste Étienne Côté qui alternera entre une grosse cloche dans son cou, des tambourins, des clochettes, un vibraphone et un long truc ressemblant à un fouet pour se flageller.

Étienne Côté en pleine séance de flagellation musicale/Photo: Mathieu Aubry

Félix Bélisle, chanteur de Choses Sauvages, a l’air dans un état complètement second (et d’un tueur en série) lorsqu’il débarque sur la scène lors de la dernière chanson. «Est-ce qu’on peut donner au moins un peu d’applaudissements à cette ostie d’affaire-là», beugle-t-il en quittant avant même la fin de la toune.

Félix Bélisle/Photo: Élise Jetté

La voix de Naomie de Lorimier (N Nao) pourrait tout briser en fin de show alors qu’elle monte assez aigu pour casser nos éco-cup. En duo avec Laurence-Anne, on dirait les soeurs McGarrigle en 89. «Pour Poison, fermez tout, même les lumières, même vos yeux», dit la musicienne pour faire vivre une expérience post-Jean-Marc-Parent-flash-tes-lumières.

Par la suite, direction Le Cabaret de la dernière chance afin d’attraper un hamburger au show d’Elliot Maginot. Il ne reste plus de délice bovin à notre arrivée. Nous sautons donc sur le reste de tranches de tomates. Nous souperons approximativement un peu plus tard en soirée.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Sarahmée est sur la grande scène avec une énergie à faire fendre la terrasse VIP où sont massés les influenceurs qui attendent Loud. «Shit, j’en ai défait mes lacets», dit la rappeuse qui s’est donnée à fond.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Nous manquons beaucoup de shows à ce moment-là, car nous préférons nous remplir d’alcool offert gratuitement par Audiogram dans un parking. Élise finit sur le toit de l’Audiobar après avoir perdu une gageure concernant la météo. Un long moment de fantaisies avant d’aller se régaler de la deuxième moitié du show de Philippe Brach.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

«Ça va-tu Rouyn? Toutes les régions parlent dans votre dos», dit Philippe. Vêtu de son attirail asiatique, il fait sa dernière toune après avoir dit: «Ok, on a le temps pour une dernière, mais on a crissement pas le temps de boire de la bière. J’avais dit deux tounes, mais je suis plein de bullshit.» On t’aime pareil, Philippe.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Félix de Choses Sauvages refait surface pour aller l’embrasser. Il n’a pas l’air d’aller mieux qu’au 5 à 7 de Laurence-Anne.

Encore Félix/Photo: Élise Jetté

Dehors, la foule de Loud et Degrassi Nouvelle Génération: même combat.

Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

«Rouyn a toujours été la ville la plus chaude», lance le rappeur alors qu’il fait quelque chose comme 2 degrés. Lary Kidd, invité sur scène par son comparse, a quelque chose à dire: «Yo, j’aime tellement Rouyn!»

Lary Kidd et Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

C’est l’heure du gansta rap avec Souldia. Prévoyant que ça pouvait brasser, deux gardes du corps se retrouvent aux extrémités de la scène du Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ce qui n’empêche pas le rappeur de sauter à de nombreuses reprises dans la foule. Peut-être voulait-il voler le casque de sécurité que portait un fan?

Les fans du rappeur auront droit à un Souldia content de retrouver son public abitibien. Naya Ali aura même l’honneur de venir brasser la cage lors d’une performance.

Souldia/Photo: Mathieu Aubry

Pendant ce temps, d’autres membres du groupe s’époumonent à Victime au Cabaret de la dernière chance.

Victime/Photo: Élise Jetté

Simon Provencher décalisse ses lunettes et de nombreuses personnes se décalissent en général.

Victime/Photo: Élise Jetté

Quelqu’un qui voulait se battre se fait également crisser dehors. Comme quoi la sécurité aurait dû se répartir entre le show de Souldia et celui-là.

Les lunettes de Simon de Victime/Photo: Élise Jetté
Victime/Photo: Élise Jetté

Nous quittons finalement pour attraper le trio rock garage japonais The 5.6.7.8’s.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Tout devient mongol au Diable Rond, devant les trois madames, habillées en comptables des années 70, qui produisent des sons incroyables et reconnus (notamment dans les films de Tarantino).

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Le constat est simple: se faire chanter des tounes en japonais quand le buzz d’une substance plus ou moins illicite décide d’embarquer, c’est affolant.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

La soirée se conclut en gang aux danseuses avec l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose qui a été berné par ses amis afin de l’entraîner dans le vice. Un endroit où il en coûte 3$ d’entrée.

Thierry aux danseuses

Seules les filles se font carter. Après 45 minutes d’attente, une danseuse ose sortir des isoloirs pour venir sur scène pendant que l’animatrice recule la chanson afin de SUCEtenter l’appétit de la foule. «On va la rewindée pour toi Charlène», dit-elle. Charlène retournera aussi vite qu’elle est arrivée dans l’isoloir. À l’appel du last call, nous quittons aussi vite que possible cet étrange endroit au moment où System of a Down joue à tue-tête. Dans une chambre, au Motel Mistral, on mange du fromage effiloché qui a des allures d’organes.

Miam

Tout est beau.

Voici le récit de notre JOUR 1

Voici nos 11 meilleures phrases entendues durant notre deuxième journée au FME:

1- «Je suis allée dans des funérailles et cette toune-là jouait» – Élise Jetté aux danseuses.

2- «On dirait que la pluie aujourd’hui, c’est quelqu’un qui nous crache dessus» – Élise Jetté au Pool Party

3- «Tu as du parmesan dans le dos» – Quelqu’un qui n’est pas un Italien

4- «Sans oui, c’est non piquant» – Un homme qui dit vrai

5- «Quand on aime, on fait mal» – Sûrement la même personne qui a dit la phrase précédente.

6- «Je rêve d’entendre Guy A. Lepage commencer une entrevue par: « C’est quoi ton esti de problème? »» – Quelqu’un qui sera déçu

7- «Fuck le rap, mange-moi la cenne» – Entendu en direction du show de Souldia

8- «Jean-Sébastien Bach a été oublié comme Britney Spears» – Philémon Cimon

9- «Faudrait pas que je refasse cette note-là» – Un artiste dur avec lui-même

10- «Tu mérites mieux qu’un gars qui te pitche son cell dans face» – Une fille remplie de bon sens dans les toilettes du Cabaret

11- «Ça va, j’ai tout flushé le fromage» – Quelqu’un qui trouve la fin de soirée tof

[PRIMEUR] Low Town de Biliwald

Biliwald/Photo: Mikael Martino

Feu à volonté vous présente en exclusivité le premier single de Biliwald: Low Town.

Ton premier single, ça raconte quoi?

Low Town, c’est pour moi un hymne à la basse ville de Québec. C’est surtout dans les quartiers Limoilou et Saint-Roch que j’ai passé le plus clair de mon temps. Entre les mille et un parcs, les appartements festifs (rue Guyenne), Le Cercle (RIP), la rue Saint-Joseph à la sortie des bars (surtout devant le 222), les salles de spectacles, etc., ça a fini par rester assez ancré dans mon folklore personnel pour que la chanson s’écrive d’elle-même. J’y mentionne le désir de voyager pour entre autres mieux revenir, car finalement, I’m always back to Low Town.

Tu dis que tu es tombé dans la sauce quand tu étais petit. Cette sauce, elle goûte quoi?

C’est un goût particulièrement enivrant. Niveau texture, ça se rapproche du smoothie. J’y ajouterais une note de lait de coco, mais c’est sans équivoque un sucré salé surprenant. La recette est un secret gardé depuis maintes générations par mes ancêtres druides et les ingrédients qui la composent sont de rares produits provenant du royaume des fruits. À ne pas répliquer à la maison.

Connais-tu d’autre monde qui se baignent dans la même sauce? Qui?

Toute mon équipe de fins connaisseurs de jeu rap a été mis au parfum de cette onctueuse potion magique qui rend tout le Maestronautes gang l’irréductible clan qu’il est actuellement. Plus précisément mes producteurs Lewis Dice, Pro.Douceur et Leo Madesomelemonade ont remanié la sauce avec brio et mes compatriotes au micro, Dom P et la talentueuse Zarya ont tout autant imprégné cette sauce ma foi exquise de leurs épices respectives.

Tu te décris également comme le roi des fruits. C’est quel fruit, le roi?

Le roi des rois, le roi des fruits, c’est évidemment l’ananas. En effet, en voici la preuve.

«Je peux à très juste titre appeler l’ananas, le Roy des fruits, parce qu’il est le plus beau et le meilleur de tous ceux qui sont sur la terre. C’est sans doute pour cette raison que le Roy des Roys lui a mis une couronne sur la tête qui est comme une marque essentielle de sa royauté, puisque à la chute du père, il produit un jeune roy qui lui succédera en toutes ses admirables qualités (…) » – Jean – Baptiste Du Tertre, 1667

Gros shout out aux artisans locaux qui ont travaillé de leurs mains d’anges ma coiffe ananesque.

Qui est la reine des fruits? Le prince des fruits? Le valet des fruits?

Qui saura divertir le roi 😉

Le FEQ, c’est quoi pour toi?

C’est un énorme pas dans la bonne direction. C’est le festival qui berce Québec, ma ville natale, depuis des temps immémoriaux alors y être invité par la grande porte c’est pour moi un signe qu’une place peut être faite pour les artistes émergents de notre ville, par notre ville pour notre ville.

Limoilou, ça t’a apporté quoi en tant qu’humain?

Limoilou m’a tout appris! C’est un quartier historique pour le hip-hop québécois et c’est d’ailleurs pourquoi j’œuvre dans cette scène aujourd’hui. En sachant que mes idoles habitaient à quelques coins de rue de chez moi, je ne pouvais que me sentir interpellé par le quotidien traduit par des maîtres comme Webster, Souldia et maints autres. Le quartier est aussi une preuve d’une cohésion sociale exemplaire, l’esprit de cohabitation y est palpable.

Ton album, il va raconter quoi?

Frugal parle d’amour de soi, d’amour avec un grand A, mais surtout de la qualité du temps qui passe lorsqu’on est amoureux de la vie, quand on comprend que le bonheur consiste en des choses simples et parfois peu abondantes.

Qu’est-ce qui se passe de plus en solo par rapport à ce que tu fais avec ton groupe?

Je suis simplement plus proche de mes émotions personnelles, ça me permet d’aller chercher des textes plus intimes et de voir les choses autrement. Pour la vibe, je vais chercher un côté chanté mieux assumé, plus dansant par moment, mais surtout avec des influences plus larges qui, elles, s’éloignent du rap.

Quelle face fais-tu quand t’es vraiment content de faire de la musique?

Le buffet: Souldia à toutes les sauces

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Non, mais, pareil, grosse semaine pour Souldia. En plus d’être responsable d’un verse discuté à Radio X dans le dernier single d’Alaclair Ensemble…

…il annonce la sortie pour la fin octobre de son album Survivant, duquel est tiré cet extrait sorti en juillet. Trop fort, pareil.

 

Rayannah aussi se tient bien occupée, lançant un deuxième single pour son nouvel album.

Aussi inattendu, mais vraiment plus positif qu’un Feu de forêt, Antoine Corriveau a dévoilé le titre homonyme de son prochain EP vendredi dernier.

Jeune chouchou de l’heure, Soran présente son nouvel EP grâce au titre Emma.

Concluons avec Sabrina Sabotage et son Coeur de robot en dessert.

Le buffet: Fouki dans les herbes fraîches

Presque Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Encore un peu plus de Zay avec ce nouvel EP de Fouki qu’on écoute avec Zayté. Il y est notamment question d’herbe. Nous, on aime bien le basilic.

C’est le Festif!, la fin de semaine prochaine et Patrick Watson sera là. Vous pouvez vous donner un avant-goût avec cette nouvelle chanson, Melody Noir. Le clip est une réalisation de Brigitte Poupart.

La Montréalaise Marie-Hélène L. Delorme, alias FOXTROTT, fera paraître, le 10 août prochain, le deuxième EP d’une série de trois, Meditations II. Voici le premier aperçu, Better With You. Nous, on est better with her.

Souldia se joint à Izzy-S & Marième pour présenter un premier extrait de son nouvel album à paraître cet automne.

De.Ville, le duo montréalais formé de Simon Pierre et Ziad Qoulaii présente un nouveau single, Shaabi Sultani, qui s’inspire d’autres cultures. Au cas où: ici, il n’est pas question d’appropriation culturelle. On sait que les gens aiment s’enflammer là-dessus.

Le projet montréalais Sarbacane présente un premier album Croire pour voir. À ne pas confondre avec Faut le voir pour le croire, émission à succès de TQS animée par Yannick Marjot.

Le premier EP de Trop Belle est disponible ici, un album qui figure au sommet du TOP 40 selon la page Facebook de la formation.

Jean-Marc Vallée a mis en valeur cette chanson d’Alexandra Stréliski dans sa nouvelle série Sharp Objects, diffusée sur HBO. C’est beau. L’album d’Alexandra, quant à lui, sera disponible le 5 octobre chez Secret City Records.

Les auteurs-compositeurs-interprètes Sébastien Lafleur et Marcie, tous deux en préparation de nouveaux albums, offrent en duo un titre rétro-pop estival teinté de légèreté et d’espièglerie: Ta java.

Un premier EP est attendu le 21 septembre pour l’étoile montante du hip-hop montréalais L. Teez. Il offre, en attendant, ce clip Hoodie Music.

Un sorbet collant, ça fait notre été. C’est déjà un hit, cette collaboration entre Stéphanie Boulay, Ingrid St-Pierre et Rymz. On en veut plus (des tounes ET du sorbet!).

Voici une autre fourmi de la fourmilière, Catboot, qui nous présente, selon ses dires, son seul accomplissement à vie: ce EP. On est pas mal sûrs que ses parents pourraient nous nommer quelques-uns de ses bons coups d’enfance comme attacher ses souliers, par exemple.

Jacobus annonce haut et fort son grand retour et un deuxième album solo prévu pour le début de 2019.

Sam Tucker présentera son premier EP le 28 septembre. Voici, pour patienter, un troisième extrait, Old Cougar, enregistré au studio Fast Forward et basé sur​ la vie de Sir John Wesley Hardin, un hors-la-loi du Far West! La prochaine étape: un film.

Pour son nouveau clip, Jason Bajada nous transporte à Joshua Tree et à Los Angeles. Voyez ici les magnifiques images de Chedly Bouzouaia pour la chanson Little Yellow Heart, tirée de son album double Loveshit II (Blondie & the Backstabberz).

Samuele s’offre un clip animé pour la pièce Tous les blues, tirée de son album Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent.

Nate Husser sort un EP de trois chansons intitulé Minus 23. C’est le premier de trois EPs miniatures qui vont sortir d’ici la fin 2018.

Rymz : créer la nuit sur le vin blanc

Le rappeur Rymz a entrepris une démarche créative opposée à celle de ses deux précédents albums afin de créer Mille Soleils, son troisième album solo en carrière. Il enregistrait en studio sans avoir en sa possession de textes écrits au préalable; il rappait de manière brute et instinctive, le tout accompagné d’un bon litre de vin blanc Wallaroo Trail 313.

«Pour Mille Soleils, je suis parti à zéro, j’ai tout créé en studio. La nuit, j’arrivais avec rien», se souvient le rappeur au sujet de ses soirées d’enregistrement au Studio Bonhomme, appartenant à son ami Thomas Lapointe. Une approche créative diamétralement opposée à la création de ses deux précédents albums (Petit Prince et Indélébile), où il avait pris le temps de peaufiner ses textes avant d’entrer en studio. «En réécoutant l’album, il y a plein de choses que je changerais, mais, c’est volontaire, j’ai voulu laisser l’album brut.» Ironiquement, il a pu découvrir son album lors des premières écoutes du résultat final: «Quand j’ai réécouté l’album, je me questionnais: qu’est ce que je raconte là, je suis ben mongol!»

En plus de se prêter à un exercice de style, Rymz a voulu créer un album qu’il pourra facilement être transposer en spectacle. Il le reconnait et il l’assume. «Je sentais que le timing était bon, à cause de ma tournée Petit Prince. Je veux continuer à faire des tournées.»

Cover de Mille Soleils / Crédit artistique: Marc Desrosiers

Tout au long de l’entrevue, Rymz fait référence à la dualité entre la vie montréalaise et la vie à l’extérieur des centres urbains. Montréal représente pour lui mille soleils, ses mille vices, en opposition à la sérénité qu’apporte l’air libre des grands espaces, comme La Présentation, d’où il est originaire: «Je suis partagé entre ces deux envies-là: entre être droit ou être tout croche. Faire le malade, fêter, mourir jeune. Ou avoir une belle petite vie avec toutes mes facultés mentales, pas scrappé par la drogue et l’alcool», confesse-t-il humblement.

Pour Rymz, amour et urbanité ne vont pas de pair. «En région, l’amour, c’est ben moins compliqué. J’ai encore des chums à Saint-Hyacinthe. Criss, leur vie est ben moins compliquée! Ils ont pogné une belle fille, ils ont fait un kid, il n’y en a plus de problème», raconte-t-il le plus sérieusement du monde. À Montréal, à l’opposé, «tu rencontres un problème, tu en rencontres un autre, puis un autre», concède-t-il.

Sur Carpe Diem, troisième chanson de l’album Mille Soleils, on peut l’entendre dire qu’il aimerait montrer son dick au gala de l’ADISQ. Il n’en a rien fait lors des galas de l’industrie musicale québécoise au mois d’octobre. «J’ai écrit cette ligne-là avant de savoir que j’étais en nomination», précise-t-il. Lors du gala de l’industrie, le jeudi soir, il a remercié avant tout ses fans lors de la réception du prix du public: «Vive la relève!»

Cela n’empêche pas Rymz de profiter du meilleur de ce que l’industrie musicale peut lui offrir. «Je vois l’industrie comme un moteur qui me permet de faire des shows ailleurs à travers le Québec», rappelant qu’à ses yeux, être sur scène est l’étape créative qu’il affectionne le plus. «Je ne pleure pas en show, mais des fois j’ai des esti d’émotions fortes. C’est un vrai voyage émotionnel en moi.»

Pour les spectacles de la tournée Mille Soleils, on peut s’attendre à ce que Rymz s’entoure de ses reals chums avec qui «il chill le vendredi soir» et qui ont collaboré à l’album. Il s’entoure des ses vrais collaborateurs et amis de longue date: «Pas du monde connu pour se faire voirrrrr (sic).» Attendez-vous donc à voir Karma, Souldia son frérot, David Lee et Maldito sur scène durant la tournée.

Rymz / Photo: Marc Desrosiers

Du côté de l’accompagnement musical, le Présentationnois s’est entouré des beatmakers avec qui il avait préalablement collaboré sur l’album précédent. Selon lui, près de 75 % de l’album a été réalisé par le duo guadeloupéen NeoWide, composé de Gary Wide et de Neo Mastro. On retrouve également Shash’U, Farfadet et Ruffsound dans le 25 % complémentaire: «Je chill beaucoup avec eux, c’est mon team de gagnant.»

Cherchant à s’exiler de la ville, Rymz a décidé que le visuel de l’album serait un retour aux sources. Il a confié la prise des photos et la direction artistique à Marc Desrosiers, une collaboration remontant à l’album Indélébile en 2014. «J’étais curieux de voir la maison dans laquelle j’ai grandi enfant. Je voulais vivre le contraste avec la grande ville, les mille soleils où l’on vit à 200 000 miles à l’heure», confie-t-il en évoquant ses séances photo à La Présentation.

Intervenant jeunesse depuis qu’il a gradué du Collège de Maisonneuve il y a de cela une dizaine d’années, Rymz croise parfois en spectacle ses anciens jeunes à charge, maintenant devenus des nouveaux adultes majeurs. «Je vois ce qu’ils deviennent… Sur Petit Sauvage, je parle d’eux au je. Je me transpose en eux dans cette toune-là.» De son propre aveu, les pièces de l’album Mille Soleils ont été composées pour une expérience en show: «Ce n’est pas vraiment un album à écouter dans tes écouteurs quand t’es dans un mood pour réfléchir…»

Nous n’étions pas sur place le 18 novembre au Club Soda pour le lancement de Mille Soleils, mais on peut vous confirmer que vous allez croiser Rymz au courant de l’année 2018, et nous aussi!

Le buffet : Brach dans la grosse booze

Chaque lundi mercredi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Après avoir envoyé son délirant album de remix 8-bit, l’infatigable Philippe Brach envoie un clip animé pour le moins rocambolesque.

Les Dales Hawerchuk sortent de leur hiatus de cinq ans et propose Désastre, premier extrait du quatrième album Désavantage numérique.

Le Montréalais Leif Vollebekk prépare la sortie de son album Twin Solitude avec l’extrait Elegy.

Felix Dyotte joint sa voix à celle de Monia Chokri pour une reprise de Michel Legrand sur la B.O. de Peau d’âne.

Remarqué aux dernières Francouvertes, le quatuor psych stoner Fuudge présente un clip pour Innocent.

Le troisième album de Chocolat Rencontrer Looloo est en écoute exclusive sur le site du VOIR.

Directement du Plato Hess, le rappeur Fouki propose un premier album.

Souldia passe aux aveux, en compagnie de la révélation montréalaise David Lee.

Enfin, Obia le chef est de retour avec l’incisive mixtape Paranoïa vol. 1.

Le buffet : Brown sous les pluies diluviennes

Chaque lundi mercredi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Brown rapplique avec un incroyable clip pour la meilleure chanson de son album homonyme.

Les producteurs GooMar et GrandHuit (du collectif franco-québécois Tour de Manège) envoient un EP «érotico-délirant»

L’intraitable Souldia met la table pour son Sacrifice avec un nouveau clip.

Tout nouveau projet formé par des membres de Red Mass, Pypy, Loose Pistons et Révolution En Cours, le groupe hip-hop Brakhage frappe fort avec son premier EP.

Le Montréalais d’adoption Dead Horse Beats propose le premier extrait de sa prochaine parution, qui fait suite à l’intéressant Single People paru en 2014.

Toujours impliqué dans plusieurs projets en même temps, le beatmaker Dr. MaD présente un autre EP de calibre.

Sur un génial beat de Tommy Kruise, le rappeur Gabe ‘Nandez dévoile son flow détendu avec précision. Le clip est à voir au moins jusqu’à la fin.

Le duo électro Beat Market se joint à la chanteuse/rappeuse Aiza (dont le flow rappelle celui d’Azealia Banks) pour la relecture de See What I Mean.

Gagnante des Francouvertes 2009, la formation Ariel sort sa pop rock aux accents funky sur Serpents/Échelles, premier extrait de son prochain album.

Réalisé par Didier Charette, ce nouveau clip de Caravane met en scène une jolie passion aveugle.

À quelques jours de la sortie de leur nouvel album, les Hay Babies dévoilent le clip de Môtel 1755.

Enfin, Émile Bilodeau lançait Rites de passage il y a quelques jours. L’ensemble de ce premier disque est en écoute sur son Bandcamp.