Brown Family: Comprendre la différence entre lancement et spectacle

Le trio familial Brown Family est de retour avec un second album. Après un brillant accueil pour leur album homonyme en janvier 2016 (à l’époque où ils s’appelaient simplement Brown), la barre était haute pour le second opus de la famille Kerr-Beaudin.

C’est donc dans le cadre de M pour Montréal que Snail Kid, Jam et leur paternel Robin Kerr ont officialisé le lancement de leur nouveau-née Brown Baby Gone au Ministère sur le boulevard Saint-Laurent.

Un lancement tranquille, sans artifice. Un lancement à l’image de cet album: plus introspectif que le premier. Un lancement mettant de l’avant les textes, le tout appuyé de subtils musiciens et de Toast Dawg, tapi dans l’ombre au coin gauche de la scène. (Merci à lui d’avoir été sobre avec les maudits pew pew qu’il utilise à outrance habituellement.)

Au son d’un doux claquement de doigts, le lancement débute. S’enchaîne alors les pièces les plus smooth de l’album, nous permettant d’apprécier les talents de trompette buccale de Sarah MK. Toujours intéressant d’entendre une artiste reproduire des sons de trompette avec sa bouche, surtout lorsqu’elle est bonne. Tout au long de la soirée, nous aurons la chance de l’entendre en arrière-plan de Brown Family. Tout comme on peut l’entendre sur la vaste majorité des pièces de l’album.

Le paternel / Photo: Mathieu Aubry

Après avoir débouché une bouteille de bulles avec Steve Jolin, le président fondateur des Disques 7ième Ciel, la soirée décolle avec la pièce Perdre, grâce à la présence de Maxime Maltais, chanteur du groupe métal Boundaries.

Eh boy, on n’est plus dans un show de rap, mais dans un show de métal. Assez intense. Ce petit coup réveille l’entièreté des gens sur scène. Et pour cause, le reste de la soirée ressemble plus à un spectacle qu’à un lancement.

Car un lancement, c’est bien souvent le seul moment où l’on aura la chance d’entendre et de voir sur scène toutes les pièces d’un album. Il est plutôt rare d’entendre les pièces provenant des albums ou projets précédents. Cela permet d’apprécier l’ensemble du projet et des chansons qui ne seront plus jamais jouées. Toutefois, cela crée souvent de courtes soirées, comme c’est le cas pour ce lancement de Brown Family.

Pour l’interprétation de Nervous, le trio invite sur scène KNLO, Eman, Fouki et QuietMike. Moment qui nous rappelle que la chanson est parue en novembre 2018, soit un an avant de se retrouver sur l’album.

Beaucoup de monde sur scène / Photo: Mathieu Aubry

Malheureusement, vers la fin de la soirée, la foule ne semble plus vouloir apprécier ce qui se passe sur scène. Lors de l’avant-dernière chanson, Robin Kerr performe en solo, alors que la moitié de la salle placote, empêchant d’apprécier les envolées du chanteur reggae.

En conclusion de spectacle, la foule continue à parler (en chantant) sur le méga succès Brown Baby du précédent album. Il fallait tout de même un succès d’un précédent album pour conclure le lancement.

Bien hâte par contre de revoir Brown Family. Car lorsqu’ils sont en spectacle, ça donne souvent une soirée assez énergique.

Le buffet : Renard Blanc au bar laitier

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

 renard

Renard Blanc sort de sa tanière pour nous montrer Reflet, qui sert sans doute de reflet à ses sonorités à venir et sa performance dans la présente édition des Francouvertes. Miroir, miroir, qui a sorti un bon single?

Le quatuor psychédélicoquin Tendre a fait paraître le deuxième extrait de son EP à venir, Billets Doux.

Un trio impromptu formé de musiciens de l’Osstidtour, KNLO, Toast Dawg et Snail Kid, a fait paraître California, un brûlot intense parfait pour alimenter la flamme vive du rap keb.

Peut-être pas complètement satisfait de sortir un extrait cette semaine, Snail Kid s’associe avec sa famille pour un nouveau vidéoclip de Brown, mettant en vedette la sagesse du père Robin.

Timber Timbre nous promet du neuf pour 2017 avec ce premier single, Velvet Glove & Spit.

L’univers vaporeux de Dear Criminals nous amène dans le brume pour le clip de The Frame.

Un premier EP pour le power-group de Québec Pure Carrière (membres de La Fête, Portage, Beat Sexü, VICTIME…) qui est savamment nommé EP 1.

Un voyage astral en bonne et due forme avec Kid Koala et Emiliana Torrini.

Dead Obies domine les nominations du GAMIQ 2016

Les nominations du 11e Gala de l’alternative musicale indépendante du Québec (GAMIQ) ont été dévoilées ce mardi à la Sala Rossa. Parmi les 28 catégories, c’est Dead Obies qui obtient le plus grand nombre de nominations (5), suivi de près par Safia Nolin (4) et Rosie Valland (4).

img_95981
Dead Obies/Photo: Élise Jetté

Présenté le 27 novembre prochain à 20h au Cabaret Lion d’Or, le GAMIQ sera animé par le duo qui se veut «rock», Sèxe Illégal. 

«On sait que, pour certains d’entre vous, on est une inspiration, et pour les autres, on est simplement une légende», ont clamé les deux lurons.

Ce sont Toast Dawg et Snail Kid qui composeront le house band de la soirée. «Merci d’être là en si grand nombre, a lancé Toast Dawg. Je capote. Je serai l’orchestre à moi tout seul et Snail Kid fera des galipettes en chaise roulante.»

En perfo durant la soirée, Ariane Zita, Le Couleur, Laura Sauvage, La Bronze, UUBBUURRUU, Les Indiens, Never More Than Less, Simon Kingsbury, O Linea et Krief s’échangeront le micro entre les grandioses remises de prix.

La salle est petite. Réserve tes billets vite vite vite ICI.

Voici les nominations complètes:

Prix du public
Augustine
Chantal Archambault
Crabe
Dead Obies
Friend of All The World
Les Goules
Pépé et sa guitare
RBV
Sarah Toussaint-Léveillé
Whisky Legs

Album Folk de l’année
Bolduc Tout Croche – Volume 2
Faudrait Faire la Vaisselle – Frenches et dégoût à Almos
Jérôme Dupuis-Cloutier – Le spectacle
Les Revenants – Épouvantails
Mathieu Bérubé – Saudade
Mentana – Inland Desire
Olivier Bélisle – Une fois par jamais
Peter Henry Philips – The Origin
Safia Nolin – Limoilou
Sarah Toussaint-Léveillé – La mort est un jardin sauvage

EP Folk de l’année
Chantal Archambault – À hauteur d’homme
Corinna Rose – The Wharf
Martel Solo – BeachClub
Old Boy – Commune
St.Mars – J’étais un chêne

EP Rap de l’année
Bad Nylon – Le deuxième set
J-Robin – Sea Monster
Koriass – Petit Love
Le Nouveau Rappeur – Escaliers
Loud Lary Ajust – Ondulé

Album Pop de l’année
Ariane Zita – Oui mais non
Jason Bajada – Volcano
Laurence Nerbonne – XO
Pépé et sa guitare – Tout l’monde veut jouer avec Pépé
Rosie Valland – Partir avant

EP Pop de l’année
Émeraude – Émeraude
Geoffroy – Soaked In Gold
Philémon Cimon – Psychanalysez-vous avec Philémon Cimon
Rosie Valland – Nord-Est
Thierry Bruyère – Deux planètes

Album ou EP Punk de l’année
Achigan – La société du mépris
Crabe – Le temps f33l
Fortune Cookie Club – L’Autre
Gutter Demons – Unfinished Business
Lost Love – Comfortable Scars

Album ou EP métal de l’année
Anonymus – Envers et contre tous
Grand Morne – Recifer
Les Indiens – Shaman UFO
Milanku – De frangments
Sandveiss – Save Us All

Album Rock de l’année
Barrasso – Des X, des croix, des pointillés
Francis Faubert – Maniwaki
Half Moon Run – Sun Leads Me On
IDALG – Post dynastie
Laura Sauvage – Extraordinormal
Les Goules – Coma
Rouge Pompier – Chevy Chase
Sèxe Illégal – Rock danger
Simon Kingsbury – Pêcher rien
VioleTT Pi – Manifeste contre la peur

EP Rock de l’année
Bermudes – Filles allégoriques
Fuudge – Fuudge EP
Laura Sauvage – Americana Submarine
Solids – Else EP
UUBBUURRUU – Swamp Ritual

Album Indie Rock de l’année
Adam Strangler – Ideas Of Order
Bernhari – Île Jésus
Navet Confit – LOL
Pandaléon – Atone
Renard Blanc – Empire Onirique

EP Indie Rock de l’année
Michèle O – L’Amour violet
Navet Confit – EP7
Palais – Koundara
Parade! – Les portes de l’aube
Patrick Lac & South Heaven – Streets of Life

Album Rap de l’année
Arthur Comeau – Propare
Brown – Brown
Dead Obies – Gesamtkunstwerk
Koriass – Love suprême
Toast Dawg – Brazivilain Vol. II Revisité

Album Électro de l’année
Beat Market – Sun Machine
Black Tiger Sex Machine – Welcome To Our Church
FOXTROTT – A Taller Us
Le Matos – Chronicles Of The Wasteland / Turbo Kid Original Motion Picture Soundtrack
Millimétrik – Fog Dreams

Album et EP Jazz de l’année
BUeLLER – Melancholy Status
Feel Burned – Adaptation
Justin St-Pierre – L’Insulaire
Michel Cusson – Solo
Misc – Misc

EP Électro de l’année
Bronswick – Chassés-croisés
La Bronze – Rois de nous
Paupière – Jeunes instants
Of Course – First
X-Ray Zebras, Bengale – Crème fraîche

Album ou EP Expérimental de l’année
Atsuko Chiba – Figure and Ground
Echoes From Jupiter – Kosmonavt
Give Me Something Beautiful – A Ghost On a Throne
Le Pélican Noir – Sous tes paupières les plages désertes luminescentes
Mia Verko – EP4

Album ou EP Trad de l’année
Astheur – Signaux de fumée
Lakes Of Canada – Transgressions
Les Frères Berthiaume – Le temps des fêtes est terminé
Musique à Bouches – Jusqu’aux oreilles
Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs – 3/4 Fort

Album ou EP World de l’année
Bombolessé – Vice & Versa
King Abid – King Abid
Poirier – Migration
Samito – Samito
Tomas Jensen – Retour

Couverture d’album de l’année
Crabe – Le temps f33l (Gabrielle Laïla-Tittley)
I.D.A.L.G. – Post-Dynastie (Albane Simon)
Koriass – Petit Love (DA et design graphique : Nouvelle Administration  / Illustration : Stéphane Poirier)
Les Goules – Coma (Illustration et peinture : Newjoecool aka Pierre Bouchard / Photos couverture, Chine, Bouddha : Catherine Côté  / Pré-presse et Montage sacré : Gabriel Pelletier  / Master of Pochette : Sam Murdock)
Navet Confit – LOL (Navet Confit)

Vidéo de l’année
Beat Market –« Les belles années»
Brown – «Brown Baby»
Canailles – «Ronds-points»
Dead Obies – «Aweille!»
Despised Icon – «Beast»
Eman X Vlooper – «Dookie»
Half Moon Run – «Turn Your Love»
Le Couleur – «Tendresse particulière»
Philippe B – «Nous irons jusqu’au soleil»
Safia Nolin – «Noël partout»

Artiste de l’année
Brown
Dead Obies
Koriass
Rosie Valland
Safia Nolin

Révélation de l’année
Ariane Zita
Bermudes
Laura Sauvage
Laurence Nerbonne
Paupière

Spectacle de l’année
Alexandre Désilets
Dead Obies
La Bronze
Les Goules
Les Hôtesses d’Hilaire

Auteur-compositeur de l’année
Marie-Ève Roy
Mathieu Bérubé
Philémon Cimon
Rosie Valland
Safia Nolin

Salle de spectacle de l’année
Le Divan Orange
Le Matahari Loft
Le Mouton Noir
Le Sous-Bois
Le Zaricot

Festival de l’année
Bivouak’alooza
Festival du Pont couvert
FME
Le Festif
Pouzza Fest

Média de l’année
La Bible Urbaine
CISM
Feu à volonté
Le Canal Auditif
Sors-tu.ca

La St-Jean à Laval : soirée endiablée au royaume des chaises de camping

Il n’y avait plus de places disponibles dans le stationnement du Centre de la nature, vendredi, au moment de notre arrivée sur les lieux du party. C’est dans une forêt dense de spectateurs en marche vers Richard Séguin que nous nous sommes frayé un chemin pour nous stationner dans les rues de la banlieue: parking stratégique entre un VUS familial et une voiture de luxe, deux véhicules qui, pour des raisons évidentes feraient bien attention de ne pas rentrer dans les pare-chocs de notre Hyundai Accent.

En guise de boussole pour retrouver le nord et atteindre la scène: la marée humaine composée de gens munis de chaises de camping. «On ne restera pas debout certain», ont déclaré plusieurs.

C’est Journée d’Amérique qui ouvre la cérémonie devant un auditoire composée à 80 % de gens assis dans des chaises en toile. La chevelure argentée de Richard Séguin ne laisse personne indifférent. Semblerait-il que, pour certaines femmes dans la cinquantaine avancée, le beau musicien a le pouvoir d’arrêter net les symptômes multiples de la ménopause. Tel un rêve éveillé pour Carmen, ma voisine de gauche, Richard poursuit avec Protest Song.

Richard Séguin/Photo: Élise Jetté
Richard Séguin/Photo: Élise Jetté

C’est en chantant Félix Leclerc que Bernard Adamus s’élance ensuite avec Attends-moi ti-gars. Il enchaîne avec La question à 100 $ pour laquelle il invite son ami Mon Doux Saigneur. Artiste phare des dernières Francouvertes, ce dernier est présenté maladroitement par un Bernard probablement déshydraté vu la quantité de sueur sur son corps en camisole. On ne revoit plus du tout Mon Doux Saigneur durant le show. C’est une petite déception.

Bernard Adamus/Photo: Élise Jetté
Bernard Adamus/Photo: Élise Jetté

Sèxe Illégal entre sur scène quand Adamus termine Hola les lolos. «On est pro lolos, nous», affirment-ils de manière édifiante.

Le gars en avant de moi qui porte ses lunettes de soleil dans la nuque et qui arbore un t-shirt Point Zero est d’accord avec l’affaire des lolos.

IMG_9544
Photo: Élise Jetté

Sèxe Illégal explique que c’est plutôt Pâques qu’ils ont envie de fêter ce soir. Chacun son trip.

L’animatrice Claudine Prévost entre néanmoins en scène pour rétablir les faits: on célèbre bel et bien la St-Jean. Les visages inquiets reprennent peu à peu des couleurs.

Claudine Prévost/Photo: Élise Jetté
Claudine Prévost/Photo: Élise Jetté

Annonçant la thématique Céline Dion, Prévost présente Safia Nolin, en beauté dans sa jupe blanche, qui se lance avec On ne change pas.

IMG_9589
Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

C’est Safia qui présente «un de ses groupes prèfs»: Les BB. C’est alors que Patrick Bourgeois interprète Tu ne sauras jamais que la majorité des femmes enceintes de plus de 8 mois dans l’assistance perdent leurs eaux. Patrick a ce pouvoir-là sur les hormones féminines.

IMG_9590
Les BB/Photo: Élise Jetté

Il enchaîne avec Seul au combat, accompagné des Petits chanteurs de Laval. Il y en a parmi eux qui sont quand même grands, mais je n’ai pas trouvé de section commentaires sur leur site web.

Les petits (et grands) chanteurs de Laval poursuivent avec la toune Le grand cerf-volant de Gilles Vigneault.

Transition étonnamment très naturelle pour ensuite faire entrer Dead Obies qui interprète quelques récents succès pour conclure avec une nouvelle toune ébauchée autour de Le monde est stone en duo avec Charlotte Cardin

«On aurait voulu sampler la toune Je danse dans ma tête, mais Le monde est stone fitait plus avec notre démarche», a déclaré le band, visiblement très touché par les propos de Plamondon.

IMG_9598
Dead Obies/Photo: Élise Jetté

IMG_9595
Snail Kid/Photo: Élise Jetté

La petite Charlotte poursuit en solo avec sa chanson Les échardes avant de reprendre J’irai où tu iras en duo avec Alex Nevsky. Ce dernier rattrape la balle au bond et envoie ensuite sa nouvelle toune Polaroïd sur laquelle il témoigne de son désir immense de faire l’amour sur la plage en prenant des photos.

Alex présente ensuite son ami Alex McMahon, chef d’orchestre de la soirée que l’on peut ici apercevoir dans une illusion d’optique quasi-parfaite d’un matelot en train de perdre le contrôle de son bateau voguant sur une marée houleuse d’enfants.

IMG_9593
Alex McMahon/Photo:Élise Jetté

Plus sérieusement, il a mené comme un capitaine de bateau (héhé) les interventions des nombreux collaborateurs. Une job de pro.

C’est avec Martine St-Clair que Nevsky poursuit le show en chantant Ce soir l’amour est dans tes yeux. Ça a l’air de ça de l’amour dans les yeux:

IMG_9596
Alex Nevsky et Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté

Pendant un medley de Martine St-Clair nous constatons la présence d’un regroupement de filles de 13-14 ans qui ont reçu une permission spéciale de leurs parents pour sortir toutes seules au show. Elles tentent un savant mélange de jujubes en abondance et de boissons alcoolisées au melon d’eau. Je me plais à imaginer la couleur du vomi qu’elles produiront dans une heure dans le confort des toilettes chimiques.

Demande spéciale de Sèxe Illégal: Martine St-Clair doit chanter Lavez lavez .

«Je vous la chante en Camerounais», annonce-t-elle. «Nonnnn, en français. On est au Québec, tabarnak», rétorque un fervent défenseur de la langue présent dans la foule. Sans doute Bernard Pivot.

Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté
Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté

Sous les écrans géants qui projettent des animations vidéo dignes de Windows 95, Safia Nolin revient pour chanter Noël partout sous la neige en papier lancée avec professionnalisme par Sèxe Illégal.

IMG_9582
Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

«Elle chante tellement bien que c’est chien pour les autres», nous dit-on. Vrai.

Olivier Langevin, Fred Fortin et la bande de Galaxie s’amènent pour quelques morceaux.

IMG_9584
Olivier Langevin/Photo: Élise Jetté

«Je ne suis pas toujours fier d’être Québécois, mais ce soir, je suis crissement fier», annonce Olivier Langevin, probablement un grand fan de chaises de camping.

Sèxe Illégal nous demande ensuite de faire un voeu pour le gâteau d’anniversaire du Québec.

IMG_9601
Sèxe Illégal/Photo: Élise Jetté

Le duo call ensuite le Nevsky à l’aide des papapapapapapa de On leur a fait croire. Ça marche.

IMG_9585
Alex Nevsky/Photo: Élise Jetté

Quand Richard Séguin remonte sur scène pour interpréter Dans nos silences, plusieurs voix s’élèvent dans la foule: Dead Obies, Les BB, Alex Nevsky… Tout le monde scande le nom de son artiste préféré sans unisson. C’est là que l’on comprend toute la diversité qu’on a ici au Québec. On comprend aussi pourquoi personne n’a jamais l’air content du résultat final de La Voix.

Christian Bégin est invité à lire son texte patriotique très émouvant. Celui que l’on surnomme affectueusement Curieux se permet de se namedropper: «Laisse moi être curieux de qui je suis», dit-il.

«Je n’attends que toi pour me nommer au complet», dit-il aussi. Très beau.

IMG_9602
Christian Bégin/Photo: Élise Jetté

Pauvre Curieux semble avoir des relents de laryngite vers la fin du speech. Ça aurait pris un petit suppositoire.

Richard Séguin poursuit avec Les petits (et grands) chanteurs qui interprètent Qu’est-ce qu’on leur laisse.

La touche finale est laissée à Patrick Watson qui s’entoure aussi des enfants habillés en bleu pour chanter S’il suffisait d’aimer. Les poils de bras lèvent en crescendo.

IMG_9586
Patrick Watson et Les petits chanteurs de Laval/Photo: Élise Jetté

Un feu d’artifice constelle ensuite le ciel noir de Laval quand un jeune homme utilise la pick-up line suivante sur la demoiselle à ses côtés: «Regarde, j’ai pogné un feu d’artifice avec ma langue».

IMG_9558
Photo: Élise Jetté

Après avoir croisé le gars le plus chaud ayant existé depuis que les fervents du OUI qui ont perdu le referendum en 95, on poursuit notre périple vers la sortie où l’on aperçoit des gens qui, au lieu de dormir à la belle étoile, préfèrent dormir à la belle lueur d’un vif lampadaire.

IMG_9559
Photo: Élise Jetté

Une bonne St-Jean ne se termine pas correctement sans une gastronomie appropriée. À l’intérieur, un homme commande une grande poutine à la viande fumée avec un extra fromage. Repas digne d’une indigestion à la hauteur de la fête nationale. Ce gars-là était probablement assis dans une chaise de camping.

Beat Market + Hologramme : consécration électronique

Vendredi soir avait lieu un des évènements musicaux les plus courus en ville. En format programme double, les Montréalais de Beat Market et d’Hologramme allaient mettre le feu (au sens figuré bien sûr!) chacun leur tour au dynamique et très branché Centre Phi.

Organisé par le Centre Phi dans le cadre d’une mise en vitrine du talent local, cette soirée haute en synthétiseurs et en effets lumineux s’annonce comme un évènement incontournable du nightlife électronique. C’est par un redoux printanier un peu hâtif que nos divins sauveurs vont installer leur équipement pour défoncer la face d’un public friand du style!

BeatMarketCentrePhi-580
Photo: Alexandre Demers

Dès notre arrivée, les grands écrans lumineux du Centre Phi nous confirment qu’on s’en vient voir un show haut en couleur et en surprises. Pour les amateurs de bouchées, il est important de préciser qu’il n’est pas question de Eat Market mais bien de Beat Market. C’est à s’y méprendre. Ce sera la nutrition par les oreilles ce soir.

BeatMarketCentrePhi2-580
Photo: Alexandre Demers

A l’intérieur de la salle, les préparatifs de la soirée vont bon train. C’est le coloré Fonkynson qui s’occupe du dj set pendant que les convives font leur entrée une par une. Les beats de funk s’entrechoquent et s’empilent tandis que le bar gagne en popularité. On se dégourdit les jambes comme on peut. La table est mise pour le reste de la soirée!

HOLOGRAMME

C’est par le biais d’une introduction saisissante d’effets visuels évolutifs multicolores que les membres d’Hologramme font leur entrée. Grâce à leur son indie électro rock pertinent et percutant, la troupe conquit les amateurs dans la salle en quelques secondes. Avec leur efficacité musicale déconcertante, ils parcourent les pièces de leur album homonyme, tout en prenant soin d’y ajouter quelques inédits.

Sur le parterre, les hochements de têtes et les déhanchements sont rois! Les morceaux judicieusement mariés aux effets technologiques stroboscopiques en mettent plein la vue. En espérant que les épileptiques sont dehors en train de fumer.

C’est avec fierté qu’ils annoncent qu’il y a un an, jour pour jour, ils faisaient leur premier show. Maintenant, ils font danser le Centre Phi! C’pas rien ça!

BeatMarketCentrePhi-Hologramme-580
Photo: Alexandre Demers

Parmi les cadeaux de la soirée, la talentueuse La Bronze vient prendre place au sein d’Hologramme pour interpréter une nouvelle pièce qu’on retrouvera sur le prochain album. Celle-ci sait prendre ses aises sur plusieurs styles et donne efficacement vie au morceau surprenant, mais toujours dansant. Son dynamisme, sa voix de feu et même ses steppettes ont eu raison du public qui en aurait pris davantage. Good job!

BeatMarketCentrePhi-HologrammeBronze-580
Photo: Alexandre Demers

Tant qu’a y être, un autre petit cadeau d’Hologramme : Snail Kid et Jo RCA de Dead Obies viennent à leur tour faire lever le party. Frais et dispos après le lancement de leur nouvel album la veille, les deux emcees se sont montrés très énergiques pour interpréter POV, nouveau single sorti sur les internets tout récemment. Le flow décapant des deux rappeurs rehausse les trames électros endiablées du morceau. Deux énergies qui se complètent à merveille.

BeatMarketCentrePhi-HologrammeRCA-580
Photo: Alexandre Demers

BEAT MARKET

Après l’excellente performance d’Hologramme (et invités spéciaux), on est prêts pour le plat principal de la soirée. Les lumières se tamisent à nouveau, l’éclairage vire au rouge. Les gars de Beat Market, Louis-Joseph Cliche et Maxime Bellavance, prennent place respectivement derrière le synthétiseur et la batterie.

Même si on a affaire à de l’électro, le duo nous présente une expérience analogue épatante grâce à son équipement et son talent, bien sûr! Tour à tour, les morceaux de l’excellent Sun Machine défilent les uns après les autres, au plus grand plaisir du public qui entre pratiquement en transe. Une véritable orgie de cymbales, de clés et de faisceaux lumineux. La foule en redemande!

BeatMarketCentrePhi-set-580
Photo: Alexandre Demers

Non seulement on est bombardés de pièces coup-de-poing de leur dernier projet, mais en plus, le drummer nous annonce qu’ils ont quelques invités pour poser leur voix sur quelques morceaux. Ceux-ci sont des amis du groupe, mais aussi d’ex-collaborateurs qu’on risque d’entendre sur le prochain album de Beat Market. C’est sur un high définitif et les cris de la foule que nos maîtres de la soirée closent le set. Boom!

BeatMarketCentrePhi-set2-580
Photo: Alexandre Demers

La soirée au Centre Phi aura été un succès fort en synthétiseurs, menée de main de maître par les deux hôtes, Hologramme et Beat Market. Enthousiastes et armés d’un set solide sans failles, ils auront fait danser une salle comble chacun leur tour. Gros props à l’organisation!

L’électro créatif et endiablé de Beat Market sera de passage au Cercle de Québec le 31 mars, avant de s’envoler pour la France en avril. Si tu veux te rattraper avant le décollage, tu sais où te rendre!

Les membres d’Hologramme, quant à eux, préparent la mise en œuvre de leur prochain album qui devrait paraître quelque part cette année. Garde les doigts croisés!

Snail Kid : avoir les moyens de ses ambitions

Malgré ses airs bien chill et relax, Snail Kid, MC prolifique de la région montréalaise, est un artiste qui ne chôme pas. Entrevue intime avec un artiste qui ne niaise pas avec le puck!

SnailKid_580

Ayant fait ses premières apparitions publiques dans l’arène des WordUp Battles, il a davantage retenu l’attention au sein du sextuor post-rap Dead Obies, générant un buzz notoire. L’arrivée de leur premier album, Montréal $ud, en 2013, a eu l’effet d’une bombe dans le paysage rap queb.

Ayant toujours eu l’intention de participer à un projet musical aux côtés de son frère Jam et de son père, c’est en 2016 qu’il lance avec ceux-ci le premier album de BROWN, soit deux mois avant la parution du deuxième album de Dead Obies. Ça niaise pas! Constamment à la découverte de nouvelles formes d’art, Snail Kid dispose de la ténacité et de la créativité nécessaires pour mener ses mille et un projets à termes.

Partageant son temps entre le lancement du premier album de BROWN, l’arrivée prochaine du deuxième opus de Dead Obies, son temps dédié à sa passion pour le théâtre et sa vie personnelle, on a réussi à se tailler une petite place là-dedans pour discuter avec Snail Kid, un MC passionné qui cumule les projets!

T’as un horaire chargé ces temps-ci avec le lancement de deux projets importants. Comment ça se passe? Es-tu au bord du burn out?

Haha! Ca s’en vient, j’pense! Non, pour vrai le plus gros est passé. Il y a eu un moment où les deux projets s’overlappaient en production. Il a fallu que j’écrive pour BROWN en même temps que pour Dead Obies, donc mes semaines étaient super rush. Il y a eu cette période-là qui a été beaucoup plus tough, mais depuis que l’album de BROWN est terminé, ça va assez bien pour mon horaire.

À PROPOS DE BROWN: le premier album homonyme est sorti en janvier. Le premier extrait Brown Baby:

De toute évidence, vous êtes des esprits créatifs musicalement (K6A, Dead Obies, etc.) Est-ce que BROWN ça représente un projet qui était sur votre bucket list familiale depuis longtemps?

Je dirais que c’est quelque chose qui brette officiellement depuis trois ans, mais même avant ça c’était comme en préparation. Dès que j’ai commencé à faire du rap et que mon frère l’a su, que mon père l’a su, les blagues se faisaient déjà sur un album à trois, un projet familial. L’idée nous est venue aux Francofolies alors que moi, mon père pis mon frère on a interprété la chanson Gris ciel sur scène, dans le cadre du show de Jam & P.Dox. On l’a fait et ça a full bien réagi donc ce soir-là, on a décidé de faire un album. Finalement, ça aura pris trois ans.

L’album présente la cohabitation de plusieurs styles (rap, dub, reggae, etc.) Si t’étais disquaire, dans quelle section classerais-tu BROWN?

J’aurais pas le choix de le classer dans la section hip hop, parce que malgré toutes les influences musicales sur l’album, mon frère et moi on rappe sur toutes les chansons. Le rap est en train d’élargir pas mal son focus. Les nouvelles stars du rap, comme Kanye West ou Kendrick Lamar, font maintenant des albums que, dix ans plus tôt, on n’aurait pas dit que c’est du rap tant que ça, mais ça en est, en bout de ligne, parce qu’ils rappent sur ces productions-là. Ce courant-là nous allait très bien parce que justement, mon frère et moi on a beaucoup d’influences musicales. C’est donc un heureux mélange de tout ça, mais ça reste que la direction est assez rap.

Vous êtes tous impliqués dans d’autres projets préalablement connus. Comment BROWN représente quelque chose de différent de vos expériences passées?

Je dirais que ça a été un peu difficile au début de trouver le style. Il fallait trouver un terrain commun alors qu’on avait tous des brandings différents chacun de notre bord. Mon branding avec Dead Obies, il y a comme un côté super punk, provocateur dans les propos. Mon frère, lui, est pas du tout là-dedans, donc il a fallu être sur la même longueur d’onde. Ça n’a pas été super long à faire, mais la première année il y avait clairement une adaptation.

Toi et Jam, vous êtes dans le hip hop moderne. Est-ce que c’était un défi pour vous d’incorporer l’univers plus reggae de votre père dans votre trip ou ça s’est fait naturellement?

Peut-être un peu. Mon père n’écoute pas grand-chose d’autre que ça dans la vie. Il y a des beats sur lesquels il a eu beaucoup de difficulté à trouver sa voix. Le plus gros défi de l’album c’était de l’amener dans des zones où il n’était jamais allé. Ça a super bien marché en bout de ligne. Il a réussi à faire quelque chose qui était tellement différent du reggae, on se demandait vraiment où il avait entendu ça.

J’ai vu une photo de toi qui joue de la mandoline. T’as contribué musicalement aussi ou c’était juste pour le look

Photo: Instagram/Toast Dawg
Photo: Instagram/Toast Dawg

Hahaha! À ce moment-là c’était pas pour le look mais ils l’ont pas gardé! Je m’amuse avec les instruments, je gratte un petit peu de guitare et si ça adonne sur la toune tant mieux, mais bon, c’est rare que c’est gardé. C’est l’intention qui compte.

Le projet a notamment émergé des discussions autour de la Charte des valeurs, qui avait beaucoup fait jaser. Deux ans plus tard, trouvez-vous que le débat a bien évolué?

Au Québec, je pense qu’on est un peu à la même place … ben, en fait, juste le fait d’en avoir jasé, je pense que ça a fait sortir le méchant. Ça a peut-être plus polarisé du monde qu’autre chose, mais certains se sont posés des questions sur le sujet et il y en a probablement qui se sont modérés un peu là-dedans, j’imagine.

À PROPOS DE DEAD OBIES: le deuxième album, Gesamtkunstwerk, sort le 4 mars:

De ce qu’on a pu entendre jusqu’à maintenant, vous semblez prendre une nouvelle direction avec ce nouvel album. Comment anticipez-vous la réponse du public?

Je pense que les gens qui nous suivent de près risquent d’être un peu surpris par les nouvelles productions. C’est sûr qu’il va toujours y avoir du monde qui vont dire qu’ils préféraient ce qu’on faisait avant, mais la surprise risque d’être assez positive en général. Ce qui change le plus, c’est la richesse des productions. Il n’y a presque pas de samples sur l’album. Il est pratiquement tout composé par VNCE. Je pense qu’on a un album qui est peut-être plus accessible pour le grand public tout en restant dans l’univers Dead Obies.

Le premier extrait Aweille est-il représentatif de l’album?

Vraiment pas! C’est un peu le Tony Hawk de l’album, je dirais. C’est-à-dire que c’est la chanson qui pète une coche, qui est une espèce de délire dans lequel tout le monde a décidé d’embarquer. On va dans une zone EDM qui a un loop infini infernal. Le reste de l’album est très différent de ça.

Le titre imprononçable de l’album, Gesamtkunstwerk, ça veut dire quoi? Ça évoque quoi?

C’est un terme allemand d’histoire de l’art qui veut dire: «œuvre d’art totale» (Lire l’article d’Étienne sur le sujet). Là, on fait ressortir un peu l’élément brag du rap. Le concept d’œuvre d’art totale, après ça, se traduit plus comme un agencement de plusieurs formes d’art qui, au final, vont en servir une qui serait absolue. Dans cet album-là, le concept c’était de faire un alliage de scénographie, du documentaire qu’on va sortir, du spectacle qui a servi à produire l’album, etc. Le but c’était de faire un 360 artistique avant que l’album existe. Ça embrassait aussi tout à fait la théorie de La société du spectacle de Guy Debord, qui marche avec le concept de l’album: la relation avec le public. On détourne le focus de nous vers eux.

Le deuxième album pour un band/artiste, est souvent un album important parce qu’il peut solidifier la réputation artistique comme il peut l’amocher. Comment avez-vous approché ce nouvel album après le succès de Montréal $ud?

Il y a déjà des gens qui attendent l’album et qui connaissent les paroles du premier par cœur. Il y a aussi des critiques qui sont sorties du premier. Tous ces éléments ont joué. On joue aussi avec l’anticipation du public. C’est de la grosse matière brute à utiliser pour nous en bout de ligne. Tu penses à des manières de les surprendre en fonction de ce qu’ils connaissent déjà. C’est devenu inspirant pour moi.

Y avait pas de pression?

Quand on a commencé à parler de l’album et qu’on avait une page blanche, on se demandait ce qu’on allait faire. Là, c’était une pression. Ça a créé une pression qui n’existait pas parce qu’on devait trouver un concept alors que ce concept, il était dans l’atmosphère. Il est venu à force d’écrire. C’est ça qui est arrivé, en bout de ligne. C’est devenu une pression positive.

Après tous les lancements et les shows à l’agenda, c’est quoi le prochain move de Snail Kid?

Ça reste à jaser avec Bonsound, mais je pensais a un spectacle de danse contemporaine… C’pas vrai! Idéalement, je n’aurai pas le temps pour tous les autres projets que j’ai en tête parce que les deux projets qui sont là vont bien aller, mais j’ai quand même des projets qui ne concernent pas la musique du tout pour le futur. Je fais du théâtre depuis toujours, c’est quelque chose que je veux continuer à pousser. J’ai aussi des projets d’écriture en gestation. C’est vraiment dans le long terme. Ça va être la musique dans les prochains mois/années. J’vais être occupé pas mal.

En attendant ce fameux show de danse contemporaine mettant en vedette un Snail Kid ressourcé et réinventé, vous pouvez vous immerger dans l’univers intime et chaleureux de BROWN, le projet hip hop familial de Snail Kid où il est entouré de son frère Jam et de son père Robin. L’album, salué par la critique, est désormais disponible en ligne et en magasins.

Le fort attendu deuxième album de Dead Obies, Gesamtkunstwerk, paraîtra le 4 mars. Un documentaire portant sur l’enregistrement de ce nouvel opus devrait débarquer sur les internets d’ici là! Vous pouvez aussi vous rendre au lancement à Montréal qui aura lieu le 10 mars au National. Gros props à Guy Debord!

Brown et fier de l’être

Brown

Brown

Disques 7e Ciel

****

 a2228521913_10

Y vont même pas le savoir et même pas le voir et, à limite, voudront même pas le croire, mais le premier opus du trio Brown a enfin paru. Un album qui crie Brown Power et qui donne une voix aux gens pris entre l’arbre et l’écorce.

Brown est un album mené par les frères David et Gregory Beaudin-Kerr (respectivement Jamai du K6A et Snail Kid de Dead Obies) ainsi que leur père, le chanteur et guitariste Robin Kerr. À ne pas confondre avec Robin Kerr, interprète d’Elros dans le film Le Hobbit : La Désolation de Smaug.

elfe2
(Légende : Aucun elfe ne figure sur cet album)

Il n’en demeure pas moins que la proposition musicale a quelque chose qui peut rappeler nos bons vieux hobbits. Brown (la formation comme l’album) traite de la question complexe de l’identité québécoise. Kerr est un Jamaïcain anglophone et ses deux enfants ont une mère blanche québécoise francophone. Deux jeunes qui grandissent, tel qu’évoqué dans le premier titre de l’album, comme des Larry Bird ou des P.K. Subban: noirs aux yeux des blancs, mais blancs aux yeux des noirs. Un peu comme les hobbits qui sont en quelque sorte à mi-chemin entre les Humains et les Nains. Le parallèle avec la saga de Tolkien s’arrête ici.

Leur réalité est analogue à celle de nombreux foyers canadiens à l’époque du multiculturalisme. Le discours ambiant est pour l’intégration et applaudit que de telles hybridations puissent se passer, mais, dans les faits, la situation n’est pas si facile. Combien real s’attaque au malaise de se situer au milieu de deux cultures qui sont, en quelque sorte hermétiques. Le tout fait écho à des propos partagés par des rappeurs américains comme Childish Gambino.

(But niggas got my feelin’ I ain’t black enough to go to church / Culture shock at barber shops cause I ain’t hood enough / We all look the same to the cops, ain’t that good enough?
(Hold You Down))

La différence, cependant, c’est qu’au lieu de parler de ces problématiques dans un titre un peu faiblard, Brown produit un album complet autour de ce sujet. Un album qui, de surcroît, frappe fort et juste. Il aurait été surprenant qu’il en soit autrement, d’ailleurs. Avec deux figures proéminentes du rap québ, alliés avec Toast Dawg aux arrangements, l’album était destiné à la grandeur. Et malgré les attentes très élevées, le trio parvient tout de même à nous surprendre.

En mélangeant anglais, français, dancehall, soul, trap, rythmes brésiliens et rap plus «conventionnel», Brown frappe partout. L’attention médiatique actuelle sur Dead Obies va probablement attirer certains fans de Snail vers cet album, ce qui permettra de ramener Jam dans la mire de plusieurs. Chose avantageuse, car ce dernier est au sommet de sa forme. Les interventions toujours efficaces de Robin Kerr viennent ajouter une couleur unique que de l’échantillonnage aurait de la difficulté à recréer. On donnera un petit bémol à sa pièce solo, Lady, qui, malgré toute son efficacité et son vers d’oreille, s’inscrit un peu moins bien dans l’album que les autres titres. Elle demeure nécessaire dans le propos de l’album, mais sa nature la rend difficile à utiliser. Nous comprenons et pardonnons.

L’album homonyme de Brown n’est assurément pas un album facile d’approche. Son propos choque et sa signature musicale unique se distingue nettement de ce qui se produit ailleurs au Québec en ce moment. Cependant, quiconque y donne un peu de temps y trouvera une œuvre à la fois personnelle et politique, permettant de donner une voix aux laissés-pour-compte, les muets, ceux qui avalent sans rouspéter. Une œuvre foncièrement hip-hop dans une période où, en tant que communauté, on a grand besoin de se faire remettre à notre place.

Le buffet : le ragoûtant mélange de Brown

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

BUFFET_art

Brown, c’est le nouveau projet des deux frangins Jam (K6A) et Snail Kid (Dead Obies). Leur père Robin Kerr complète le trio. Premier extrait TRÈS prometteur.

Album de remix pour le rappeur Osti One.

Manu Militari envoie des dédicaces.

Le groupe montréalais Thus Owls propose un nouveau clip.

La formation rock très éclatée Nimbes propose un nouvel album, en écoute exclusive sur le site du Voir.

L’étiquette montréalaise éléctro Lisbon Lux envoie des nouveaux extraits de Paupière et Bronswick. Ici.

Debbie Tebbs y va avec un nouveau clip love pour Run Debbie Run.

Enfin, Yves Lambert souligne ses 40 ans de carrière avec un album de greatest hits réalisé par le toujours génial Socalled. Zigue en est le premier extrait.