TOP 2019 ANGLO/INSTRU positions 20 à 11

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 20 à 11 de nos albums/EP anglophones et instrumentaux préférés de l’année.

20 Men I Trust – Oncle Jazz

«C’est quoi qui joue en ce moment?», moi de demander à ma coiffeuse lors de ma dernière séance de trim, pour me rendre compte par la suite que c’était l’album Oncle Jazz. C’est vaporeux. C’est doux. C’est planant. C’est de chez nous, bâtard! Emma Proulx chante peut-être dans la langue de Shakespeare, mais ça vient de chez nous ça, Men I Trust! Tokébak icitte! On a de quoi être fiers, parce que la musique de ce groupe qui a pris racine à Québec, mais qui a désormais pignon sur rue à Montréal, rayonne bien au-delà des frontières de la belle province. I drink to that! (ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

19 Hanorah – For the Good Guys and the Bad Guys

Hanorah est la nouvelle venue de l’année de la scène anglo. Elle a lancé au printemps son EP For the Good Guys and the Bad Guys, où elle chante pour guérir ses traumatismes passés. Et ça s’entend dans sa voix: ça te rentre dedans comme une chaise en pleine face quand tu t’y attends pas. Hanorah chante tantôt sa colère sur des chansons full-band groovy, tantôt se rend vulnérable sur des chansons guitare-voix. C’est en somme du soul puissant et authentique. J’attends impatiemment un album complet à venir. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

18 BIG BRAVE – A Gaze Among Them  

Difficile de décrire les émotions vécues lors de la première écoute de A Gaze Among Them mais je peux vous assurer que ça se bousculait en dedans. Ce quatrième long jeu de la formation montréalaise présente un parfait équilibre entre les ambiances lourdes et la voix merveilleuse de Robin Wattie qui nous permet d’apprécier pleinement l’expérience. Entre montées post-rock, guitares saturées et batterie tonitruante, la voix de la chanteuse s’immisce et nous offre des moments de pure beauté dans un chaos musical savamment organisé. Ça brasse en dedans et ça fait le plus grand bien!
(NICOLAS SIMARD)

17 Mike Shabb – Gloom

Il n’y a pas si longtemps, le jeune Shabbo est arrivé sur la scène rap Québ de façon aussi frappante qu’une grosse puff de backwood! Parlant de bon buzz, il est important de mentionner le changement de vibe plus chantée et mature de son nouveau projet, marqué entre autres par son trip à Los Angeles où il est notamment allé rejoindre le bon vieux Nate Husser. Le fait de s’associer à nouveau avec VNCE CARTER ajoute une kush de plus à la qualité de GLOOM. Bref, un Big Bang de bons sons! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

16 Hologramme – Felicity

Le «piu piu» bien exécuté. Voilà ce qu’est Hologramme. Entre autres choses, entendons-nous. La proposition musicale de Clément Leduc (compositeur et réalisateur) est riche et bien ciselée. C’est notamment Berlin qui a inspiré à Clément les sonorités présentes sur Felicity. Hautement cinématographique, le disque se vit comme un mini film où le protagoniste principal vit une saprée bonne soirée en boîte. Effets lasers en sus. (ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

15 Leif Vollebekk –  New Ways

Qu’y a-t-il dans la voix de Leif Vollebekk pour nous faire sentir aussi bien? Il se situe dans une courte liste de personnes qui, chaque fois qu’elles sortent un album, on est est stressés parce qu’on a peur de ne pas aimer ça autant que celui d’avant, tellement il était bon. Sa façon de constamment se renouveler sans perdre son essence est un don qui fait de lui un génie. Qui ne l’a jamais vu s’exécuter au piano comme s’il dansait remédie immédiatement à la situation. (ÉLISE JETTÉ)

14 Safia Nolin – xX3m0 $0ng$ 2 $!nG @L0nG 2Xx

Quoi de mieux pour accompagner son automne qu’un bon album de covers emo par Safia Nolin, question de revenir en secondaire 3 le temps de quatre chansons? Pas grand-chose, parce qu’avec sa façon de réinventer les classiques de Paramore, My Chemical Romance, Taking Back Sunday et Billy Talent, ça te permet de revisiter les émotions de ton adolescence avec une toute nouvelle approche pis de te dire qu’après tout tu es peut-être encore un peu emo… (ELISABETH MOTTARD)

13 Anemone – Beat My Distance 

Cet album est sorti au début de l’hiver avec un souffle d’été au coeur de lui. Comment ne pas se sentir bien au chaud quand défilent les chansons dansantes de Chloe Soldevilla? Son groupe maîtrise la pop autant que l’énergie joviale issue d’une autre époque. Si jamais ton party lève pas pendant les Fêtes, tu sais quoi faire. (ÉLISE JETTÉ)

12 Dominique Fils-Aimé – The Red 

Le dernier EP de Dominique Fils-AiméThe Red, est comme un beau cadeau que l’on développe tranquillement pour en savourer chaque instant avec le plus grand bonheur. Sa voix chaleureuse met bien en valeur ses mélodies toujours aussi efficaces. The Red a un son beaucoup plus rétro que les précédents albums de la chanteuse, laissant place à toute la pureté de ses interprétations. Si l’envie vous prend de sortir votre soul vous aussi, le EP comprend également les versions instrumentales de deux chansons, question de se prendre pour une reine du jazz le temps d’un karaoké suave ou tout simplement d’apprécier la profondeur de l’instrumentation. (ELISABETH MOTTARD)

11 Les Shirley – Les Shirley

Ce premier EP du trio Les Shirley nous rappelle que la pop-punk n’est pas morte et qu’on s’ennuyait de ça peut-être un peu plus qu’on le croyait. Chaque chanson a l’effet d’une claque au visage grâce à l’énergie débordante et le plaisir contagieux que semblent avoir les trois filles à jouer ensemble. Les mélodies sont empreintes d’une certaine nostalgie pour l’époque où on tripait solide sur Yellowcard pis Good Charlotte et cette réactualisation du style nous donne bon espoir pour la suite de l’aventure. Vive Les Shirley! (NICOLAS SIMARD)

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TOP 2019 FRANCO positions 20 à 11

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 20 à 11 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

20 Saratoga – Ceci est une espèce aimée

Avec ce deuxième album, Saratoga offre probablement une des plus belles collections de chansons du répertoire de ses deux membres Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse. Ceci est une espèce aimée, c’est des textes remplis de sincérité, des mélodies poignantes et sans doute l’un des albums les plus réconfortants de l’année. À écouter en prenant son temps un dimanche après-midi à regarder la neige tomber par la fenêtre. C’est feutré, c’est doux, ça nous rend nostalgique et amoureux. (RAPHAËL BOIVIN)

19 LaF – Citadelle

Avec Citadelle, LaF nous prouve qu’on peut chanter sur un album de rap et que ce n’est pas obligé de passer par l’auto-tune pour que ça sonne bien. Les gentils Bkay, Jah Maaz et Mantisse poussent la note sur les gentilles productions de BLVDR, Bnjmn. Lloyd et Oclaz pour nous offrir un album lumineux, positif et décomplexé qui peut plaire à un public de 7 à 77 ans, comme un bon jeu de société que toute la famille aime. Du gros fun, mais sans le danger! (NICOLAS SIMARD)

18 Safia Nolin – Reprise Vol.2

Cet album est sorti cette année durant mes vacances aux Îles-de-la-Madeleine avec ma mère et ma grand-mère. Inutile de dire qu’il fut écouté à maintes reprises durant les 15 heures de route qui nous séparaient de la maison au retour. Bien que ma mère ait trouvé que La soirée est encore jeune faisait passer la route plus vite que Reprises Vol.2, elle a trouvé vraiment audacieuse l’idée de reprendre Céline Dion. «Ça prend du courage et c’est bien fait», a-t-elle déclaré. Claudette, ma grand-mère, était pour sa part très heureuse de fredonner sa pref’ Marie-Denise Pelletier au sortir du traversier où elle avait peur que je scratche le toit de son auto. Cela dit, les pièces s’enchaînent comme des chants d’espoir, des ritournelles qu’on a assez chantées au karaoké pour pouvoir sing along avec Safia et ses chums de filles. Le piano d’Alexandra Stréliski et la voix de Pomme se mêlent à tout ça comme si ça avait toujours été prévu comme ça. On aime les chansons originales de Safia, mais personne ne gère la reprise comme elle. (ÉLISE JETTÉ)

17 Les Louanges  – Expansion Pack

Ce EP porte vraiment bien son nom. Tout en gardant le son RnB-franco-jazzy de son album La nuit est une panthère, ce petit bijou montre un désir d’éclater les frontières, d’expérimenter avec les sons, avec les styles et avec des gens. Les Louanges nous transportent dans un univers juste assez fucké su’é bords, où l’on retrouve des beats de trap, des rappeurs et les chill vibes de Vincent Roberge qui font du bien. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

16 Robert Nelson – Nul n’est roé en son royaume

Y’a pas juste le ruisseau qui est motivé. Y’a aussi le Bobby Nel qui nous arrive par le chemin du roé avec un premier album flambant neu. Un projet plus sombre et personnel que dans le passé, mais qui prouve encore qu’il est dominant tel un Jacques Plante du rap Québ. En spectacle, il profite de la pièce Luciole pour expliquer ce qu’est le «Dutch Reach». Donc si tu sais pas c’est quoi en lisant ces lignes, please google that en l’honneur de Bernard Carignan! Peace. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

15 Eman – Maison

Eman complète avec une exceptionnelle intelligence sa transition de bum à pousseux de poussette, sur fond de pop ou de rap. Ses mots décrivent un quotidien rythmé par les engagements d’un père et d’un artiste conscient de ses forces, tout en aspirant à mieux. Une des grosses annonces est l’ouverture de son club de lecture nocturne post-trap: « Catch moi late night en train de lire un livre dans la cour». Il devrait y inviter l’humble french catholique François Legault pour qu’il commence à avoir du sens. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

14 Fred Fortin – Microdose 

Le Jeannois nous a fait l’honneur de la plus belle surprise de l’année avec cette dose macro de récits folk-rock. Les narrations au Je, sourires en coin question de désamorcer le blues, s’acoquinent des suspects habituels (Langevin, Lafontaine, Grass) qui complètent ici une Microdose plus sensible et moins pop que le précédent Ultramarr. On chouchoute déjà Fortin pour son total dénuement d’artifices – heureux de voir que rien ne le presse de saboter une formule gagnante. (JULIEN ROCHE)

13 Bleu Jeans Bleu – Perfecto

Y’a tu quelqu’un d’autre qui est pu capable d’entendre «hey» sans répliquer «t’es tu ben dans ton coton ouaté»? C’est probablement le hit de l’année, mais cette chanson n’est pas la seule à nous faire vibrer sur le troisième album de Bleu Jeans Bleu, Perfecto. Bien qu’ils aiment écrire des textes légers et humoristiques (ils parlent tout le temps de bouffe, je relate), les Bleus ont la composition savante et manient avec brio les grooves solides et les mélodies accrocheuses. Perfecto s’écoute d’une traite dans un road trip pour gueuler dans son char en dansant sur son siège (en cuir).  (SARA-DANIELLE FAUCHER)

12 Lary Kidd – Surhomme

Après avoir perdu le Contrôle sur son précédent album, Lary Kidd s’impose tel un Hercule des temps modernes avec ce second effort en solo. Réalisé par le tandem Ajust et Ruffsound, ce nouvel opus nous offre d’excellents beats qui n’ont rien à envier à ceux de nos voisins du Sud. Influencée autant par les productions lo-fi de New York que par les productions grandioses à la Kanye West, la réalisation permet d’assurer une certaine cohérence entre les titres malgré les différentes ambiances offertes. Lary Kidd livre ici ses textes les plus engagés, dénonçant dans le virage certains travers de notre société, sans toutefois se montrer moralisateur et démontre ici toute la justesse de sa plume. (NICOLAS SIMARD)

11 Alaclair Ensemble – AMERICA Volume 2

Après tous les projets 2019 d’Alaclair Solos, la gang de minces vient tout juste de nous livrer une galette surprise au seuil de nos portes sans faire Ding Dong. Cet album, qui a été écrit et enregistré lors de leur tournée, nous démontre encore une fois qu’ils sont aussi big que Céline sur la scène rap Québ. Autant sur l’Île qu’en banlieue, et même au ciel (surtout le 7ième), on s’crinque, on chill, on vibe dès les premières notes. Take a seat and enjoy because the soucoupe is about to pop off! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

À VENIR SUR FAV: 

UMAMI x LUNES: soirée éclectique dans Hochelag’

La soirée LUNES, cette fois-ci dite UMAMI, présentée normalement tous les mois au Quai des brumes se déplaçait vendredi à la Maison de la Culture Maisonneuve: des duos éphémères formés de femmes établies et moins établies dans le milieu, qui décident de joindre leurs talents pour créer quelque chose de nouveau.

C’est Claudelle et Émilie Proulx qui commencent, tout en douceur. J’avoue que j’accroche à la voix magnétique de Claudelle, qui me garde au bout de mon siège. Émilie souligne entre deux pièces que c’est une belle journée pour célébrer la musique des femmes, car ça faisait exactement 30 ans, vendredi, que l’attentat antiféministe de Polytechnique avait eu lieu. Tout au long de la soirée, les artistes le souligne à leur façon. Il y a plus d’amour que de ressentiment dans la salle et sur la scène; on sent l’espoir d’un avenir meilleur pour les femmes. 

Pendant les changements de numéros, des lectrices sont invitées à partager leur poésie. Celle d’Ève Landry (Les Fausses Vérités, pas la comédienne là) me renverse. Elle nous fait rire et pleurer en nous parlant d’un être cher qui l’a quittée pour «aller en vacances et ne jamais revenir». 

S’ensuit alors le sympathique duo de Caroline Savoie et Marie-Ève Roy, et celui de la charismatique Mara Tremblay avec Andy Jon. Deux prestations attachantes, parsemées de malaises et de fous rires. 

C’est le tour de la Grande Safia avec Pataugeoire, que je découvre ce soir. Elles nous servent du rock et des interludes psychédéliques, des tounes douces presque chuchotées. On voit que les gens essaient des affaires. Les filles sont down de se montrer vulnérables, de s’ouvrir, de sauter en bas de la falaise pis de voir ce que ça va donner. On assiste donc à de magnifiques moments qu’on ne reverra peut-être jamais, ainsi qu’à des expérimentations un peu floues. Les deux amies nous chantent ensuite Noël partout, une chanson de Safia, juste à temps pour ceux qui se sentent seuls en ces temps festifs. 

La soirée se termine sur un trio regroupant Tu/Lips et HALDE, connue avec Groenland. Ça fait du bien d’avoir un peu de drum pour faire bouger la foule. Leur prestation est très énergique, mélangeant grunge, rock et soul. La chanteuse le répète souvent, elles ont eu du fun à soir. D’ailleurs, ça vire en gros party de danse sur la scène pendant que le band joue. C’est ce qu’on a senti toute la soirée: du plaisir, de belles rencontres et des nouvelles amitiés qui se nouent. Avec LUNES, on sait jamais à quoi s’attendre, mais on sort toujours de là le coeur léger. 

Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

Festif! 2019 JOUR 2: vendre du rêve et chasser les horcruxes

C’est vers 8h bien tapantes que la deuxième journée du Festif! débute, avec des techniciens un brin zélés qui décident de tester les speakers avec une grande sélection mp3 de leur cru.

Par Élise Jetté et Julien Roche

Se faire blaster la Trololo song de Eduard Khil autour de 8h15 le matin, c’est un réveil qui fait grincer quelques dents chez les campeurs du gîte TerreCiel.

De passage aux toilettes, Julien croise bien des gens qui partagent le what-the-fuck suspendu à son visage. Élise, activée par ses trois heures de sommeil, sort de la tente en bobettes pour s’exprimer.

Sara Dufour/Photo: Élise Jetté

Sara Dufour prend la scène autour de 11 h en nous partageant d’abord sa passion pour l’amour et les petits moteurs, et blâme candidement ses ex d’avoir manqué de gaz pour la suivre, elle qui «tire fort avec son petit deux-temps». À ce moment, nos tentes sont environ exactement le sidestage.

Le sidestage/Photo: Élise Jetté

Sans doute inspirés par Dufour qui a longtemps cassé son espagnol au soundcheck, on se commande des huevos rancheros au resto qui font une job correcte.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Direction Laurence-Anne au bout du Quai Bell. La marée basse souffle une whiff algue & sel qui nous rappelle qu’on est loin de Montréal.

Laurence-Anne’s band/Photo: Élise Jetté

Y’a quelque chose des algues qui va bien à Laurence-Anne. Y’a beaucoup de floral chez elle, en fait – les tatouages, le champ lexical, la pochette de Première apparition. Tout son band porte les couleurs jaune et mauve de son incroyable outfit des Lakers du West Island. La foule est encore un peu endormie, mais la funk aquatique de C’est un virus arrive à délier les jambes.

Un band qui a compris la thématique/Photo: Élise Jetté

Devant une foule en milieu de vie et vendue d’avance, Ariane Moffatt chasse les nuages et fait briller le soleil…. un peu trop même.

Ariane Moffatt/Photo: Élise Jetté

Pour une première fois de ce Festif, le soleil sort son calibre maximal et on en paie les frais. Les quelques génies qui ont eu la bonne idée d’écouter le spectacle en flotteur, en kayak ou bien le cul dans la rivière profitent d’un rafraîchissement qu’on jalouse beaucoup.

L’un des fils d’Ariane, lui, n’est pas impressionné.

Not impressed/Photo: Élise Jetté

Ce gars-là tente par tous les moyens de voir le show sans payer.

Retour au coeur du festival dans la chaude chaleur chaleureuse pour retrouver Comment Debord et son funk tendre, tantôt soul, tantôt disco. Le groupe décide de casser beaucoup de nouvelles tounes. Il n’y a qu’un seul EP enregistré à se mettre sous la dent, mais la bande fait un spectacle comme si un album s’en venait. Comme si un album s’en venait? Hé ho, comme si un album s’en venait?

Comment Debord/Photo: Julien Roche

Julien se laisse gagner par un petit stress en apprenant que son nom n’est pas sur la liste des choyés qui pourront voir Bleu Jeans Bleu directement sur l’eau. L’activité nautique est sold out depuis belle lurette pour avoir le luxe de vivre le tout assis dans une trip. 

Bleu Jeans Bleu/Photo: Julien Roche

On inscrit gentiment son nom sur la liste de réserve en attendant qu’un no-show lui permette de se faufiler… Mais une fois sur les lieux, il trouve facilement le moyen de marcher dans l’eau (ou sur l’eau, tel Jésus). Tout compte fait, le bonheur est grand, les jarrets dans l’eau, libre d’exister sans gilet de sauvetage. Bleu Jeans Bleu envoie les hits. Cette nouvelle scène, installée pour le 10e anniversaire du festival est facilement dans notre top 3 du week-end.

La foule aquatique/Photo: Julien Roche

Avant même le rappel, Claude Cobra est dévêtu pour faire une bombe…. Pour mieux revenir sur le stage, essuyé par son équipe à la vitesse d’un arrêt aux puits au circuit Gilles-Villeneuve. 

Le comité santé et sécurité de Feu à Volonté vous déconseille cependant de sauter à l’eau et de revenir sur une scène électrifiée.

Stéphanie Boulay/Photo: Élise Jetté

Stéphanie Boulay et Safia Nolin sont les hôtesses d’un plateau double au Germain question de vivre, grâce à l’air climatisé, un choc thermique digne d’une infusion corporelle dans la glace sèche.

C’est l’émotivité de Steph Boulay qui nous capte en premier, notamment avec la dernière chanson, Je pourrai plus jamais, destinée à son neveu et durant laquelle l’enfant de Bianca Gervais pousse un petit cri cute d’enfant. Toute est dans toute.

Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

Safia est en formule full band avec notamment Joseph Marchand qui prend pas de break pantoute, lui qui était sur scène avec Ariane Moffat le même jour.

Joseph Marchand/Photo: Élise Jetté

Safia nous raconte qu’elle a acheté 40$ de bonbons dans une confiserie alors qu’elle n’aime pas ça tant que ça les bonbons. Un enfant dans la foule est jaloux. «Un jour tu auras 18 ans et tu pourras t’acheter tes propres bonbons», dit Safia.

Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

Pomme se joint à elle pour Lesbian Break Up Song qui parle d’«être lesbienne et avoir le coeur brisé.» Safia tente de nous voler des punchs de Stranger Things et nous donne aussi le punch du Roi Lion: «Mufasa meurt au début».

Elle invite également son ami Philémon Cimon «un joyau de Charlevoix» pour la chanson Le chien le coq et le cheval tirée de l’album Pays de Philémon. «Il a vu mes fesses tantôt», dit Safia en parlant de son ami qui manque de timing pour rentrer dans une loge.

Safia et Philémon/Photo: Élise Jetté

En fin de spectacle, Safia avoue qu’elle n’a jamais eu de bouteille d’eau sportive comme celle distribuée durant Le Festif. «J’ai le goût de faire comme les joueurs de hockey», dit-elle en mimant de se splasher la face d’eau.

Elle demande à son public de lui offrir ce dont elle a été témoin au show d’Éric Lapointe:

Puis elle conclut en disant «C’est l’fun de voir que les gens s’intéressent encore à la musique triste francophone». C’est vrai, ça. Quand elle annonce la dernière chanson du rappel, une petite fille derrière moi dit à sa mère «C’est sa dernière chanson. Il faut bien l’apprécier». C’est encore vrai, ça.

Sur la route du retour, on croise un artiste qui s’adonne à la peinture d’un entrejambe féminin au coeur du festival.

Noune sur toile/Photo: Élise Jetté

Notre soirée se termine par une quête que l’on pourrait comparer à celle de la collecte des horcruxes dans Harry Potter 7. Dans l’histoire qui nous occupe, les horcruxes sont des indices qui mènent au feu de camp/show secret du Hangar 29. Au bout de la quête: un show de Geoffroy.

Une enquête sur Google Maps nous guide vers un point sur la carte situé à 24 minutes de marche du centre-ville. Déterminés, nous suivons la rue principale, puis nous traversons une autoroute et nous remettons nos vies en question dans une cour lugubre et déserte de Super C adjacent à un Dollarama. Le festival mis en scène dans le film Midsommar vous semble terrifiant? Avez-vous déjà cherché Geoffroy dans une cour déserte de Super C?

On passe 48 minutes à se demander si on l’aime tant que ça, Geoffroy. Puis, chaque fois qu’un élément du décor fait en sorte qu’on pense avoir trouvé un indice de présence ou un semblant de répit, on crie: YES! ON EST ARRIVÉS. Devant l’évidence qu’on n’est pas arrivés, Julien devra souvent se repentir en disant: «Désolé. J’essaye juste de vendre du rêve.»

Sur la route, on croise 6 vomis. En voici deux.

Vomi 1/Photo: Élise Jetté
Vomi double/Photo: Élise Jetté

À notre retour de la quête qui, si on continue le comparatif avec Harry Potter 7 aurait fait en sorte que Harry serait mort, on se réconcilie avec ce qu’il nous reste de vie avec les Vulgaires Machins.

Ils offrent une performance survoltée, mais après notre grande excursion, on a les jambes un peu trop molles pour renverser le capitalisme.

On finit donc le tout dans un nuage de cannabis au show de Fouki. Le public est tel qu’on se croirait à la jonction de la 15 et la 40 à 17h un lundi.

On termine notre soirée avec Bob au bar clandestin. Non, on n’a peur de rien.

Bob

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Le buffet: Ada Lea dans le gros mercure parce qu’on gèle

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

L’artiste montréalaise Ada Lea (aka Alexandra Levy), présente mercury, tirée de son premier album what we say in private qui sera lancé le 19 juillet. Peut-être que ça va faire monter le mercure.

Quelque chose de pas impossible ce mois-ci: Le lac a gelé devant nous, premier extrait d’un nouvel album de feu douxQuatre climats habitables, à paraître le 14 juin.

Le 30 août, Larche revient avec le EP Quand je serai grand, je serai heureux. Le premier extrait Le grand ménage, est la pièce phare de son prochain opus. Chanson folk-pop feel-good qui appelle les beaux jours après un long et interminable hiver, une réalisation de Navet Confit.

Jérôme Minière retrouve ses origines électros et lo-fi. Certains disent qu’il les a retrouvées dans une clairière.

Safia Nolin a offert une chanson surprise cette nuit, Claire. Ça se pourrait que vous pleuriez.

Deux choses à faire aujourd’hui: 1- Regardez le nouveau clip de Thierry Bruyère. 2- Partez en vacances.

Si jamais, les vacances, ce n’est pas une option, il restera toujours al drogue et Caravane.

Marie Onile offre une alternative à ceux qui ont perdu la vue: Yeux de verre.

Selon Wiki, le signe astrologique des Gémeaux, lié aux personnes nées entre le 22 mai et le 21 juin en astrologie tropicale, correspond pour celle-ci (la plus populaire en Occident) à un angle compris entre 60 degrés et 90 degrés comptés sur l’écliptique (le cercle des signes du zodiaque) à partir du point vernal. Il est associé à la constellation du même nom en astrologie sidérale. Ça a rapport avec la nouvelle toune de Bad Dylan.

Le nouveau clip de Koriass pour la pièce Lait de chèvre est de toute évidence un hommage au calcium, que ce soit par la présence de lait, de milk shake, et des nouvelles dents solides de Fouki. Santé au lobby des produits laitiers.

Vous êtes vous déjà fait traiter de Grand Fanal, de flanc mou pis de maudit bum? Probablement que Benjy Vignault et Francis Faubert oui. Ça expliquerait leur nouveau band ben noisey, ben bum, ben fanal.

Vous allez regarder le clip de La Bronze parce que Vous trouvez que c’est une grande artiste et Vous suivez toujours nos conseils.

Émile Bilodeau c’est la douceur/plaisir coupable bien assumé de beaucoup de gens dans la Francophonie. C’est peut-être ce qui l’a inspiré à parler de Candy.

Vous le saviez pas, mais vous rêviez secrètement d’entendre Fanny Bloom chanter une chanson de Jérôme 50. Ne cherchez plus, voici Boum Boum Pow Pow.

Le buffet: Safia Nolin et le show d’avaleurs de couteaux

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Le titre nous parle de couteaux acérés, mais on est à un «r» près de parler du sujet du clip. De quoi parle-t-on? De Dagues par Safia Nolin, bien sûr!

Jesse Mac Cormack dévoile Now un premier album disponible le 3 mai qui a été mixé par Matt Wiggins (Adele, London Grammar, Lorde). Depuis le temps qu’on l’attendait! Le premier single s’appelle No Love Go, rien à voir avec No Cars Go. Le clip va vous faire halluciner. C’est en primeur chez Exclaim!

À quelques heures de leur grand concert au Théâtre Fairmount, découvrez le clip pour Nuages de Choses Sauvages.

Jamais de Faux pas avec Ponteix. Juste du bon contenu de l’Ouest canadien.

La météo est plus clémente depuis 24h et Lafleur et Marcie ont sorti un single tropical olé Playa Sonrisa. Illuminati?

Parlant de choses tropicales, on salue le reggae nordique de Shauit et son nouvel extrait Eshku Inniu Innu.

TOP 2018 FRANCO positions 10 à 1

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 10 à 1 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

10 Jérome 50 – La Hiérarchill 

Dans la vie, il ne faut pas trop se prendre au sérieux. Jérôme 50 l’a très bien compris et nous le démontre habilement sur La hiérarchill. La drogue, le chillage, le sexe: voici une ode à une vie sans tracas où l’on se sacre pas mal de tout. Pour ceux qui ne veulent pas vieillir et rester de vieux ados. Un album à écouter pendant un trip de bouffe. (MATHIEU AUBRY)

9 Jesuslesfilles – Daniel 

Daniel, c’est 27 minutes de rock garage pop à souhait. Daniel est ironique, un homme de peu de mots, il joue de la guitare crasseuse, il a une voix nasillarde et il est «comme personne». L’album transporte l’auditeur dans un joyeux bordel bruyant. Le chanteur Martin Blackburn et sa troupe ne font pas que du gros bruit. L’œuvre est en fait très pop, les mélodies restent en tête et s’enchaînent naturellement. On a droit à un disque homogène très bien fignolé. On adore les voix hautes-perchées de Blackburn et de Yuki Berthiaume-Tremblay. S’harmonisant l’une à l’autre, elles sont irrésistiblement irrévérencieuses, voire arrogantes à la sauce punk. Un bon coup de l’année! (MATHIEU CATAFARD)

8 Safia Nolin – Dans le noir

D’une honnêteté bouleversante, la voix de Safia apporte un peu de réconfort à travers la mélancolie des paroles sur Dans le noir, un album magnifique d’un bout à l’autre. Lesbian Break-up Song aura à jamais sa place dans ma playlist de jours de pluie. (CAMILLE AVERY-BENNY)

7 Salomé Leclerc – Les choses extérieures 

Les quatre ans d’attente depuis 27 fois l’aurore auront valu le coup avec son premier projet comme réalisatrice à part entière tout en jouant la quasi-totalité des instruments. À l’occasion, on peut déceler des sons ambiants rappelant même l’oeuvre de Jean-Michel Blais. Reste que la voix demeure son outil principal présentant une justesse, une pureté, une profondeur et une délicatesse en simultané. Et tout cela se ressent parfaitement lorsqu’elle se livre sur scène! Même si elle avait le plein contrôle de son oeuvre, elle a souhaité s’entourer convenablement de génies tels que Félix Dyotte et Antoine Corriveau. Le résultat est frappant et donne de loin son meilleur projet dans un parcours quasi sans faille. Salomé, on a clairement besoin de ton équilibre! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

6 Obia le Chef – Soufflette 

Véritable vétéran de la scène locale, Obia le Chef a administré une sévère soufflette au rapgame cette année grâce à la sortie de ce premier album paru sous 7e Ciel. Le genre de claque qui laisse une belle grosse marque. Notamment propulsé par des ingénieuses prods de High Klassified, Kaytranada, DoomX ou Benny Adams, le emcee montréalais d’origine haïtienne a proposé sur ce projet aux sombres sonorités une formule plus accessible, passant du trap contemporain à l’afro-beat, tout en gardant sa plume incisive axée sur les punchlines (on se remet d’ailleurs encore des grosses lines de Corn Flakes et de salade de chou). Un album qui frappe la cible en plein centre! (ALEXANDRE DEMERS)

5 Choses Sauvages – Choses Sauvages 

Rock pour amateurs de jazz. Poésie surréaliste pour amateurs de Doritos. Mathématiques pour amateurs de postpunk. Danse sociale pour amateurs de rouli-roulant. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

4 Hubert Lenoir – Darlène 

Darlène, c’est de la bonne pop originale et bien ficelée qu’il fait bon écouter sans relâche. J’ai Fille de personne II pognée dans la tête depuis février, pis je suis même pas fâchée. (CAMILLE AVERY-BENNY)

3 Alaclair Ensemble – Le sens des paroles 

Tu penses qu’ya rien qui s’donne sur la scène hip-hop locale? Le sens des paroles, c’est la famille Alaclair qui fout l’incendie, qui “ripa” pis qui shoot de partout pour remettre les pendules à l’heure. Les minces ont le pied sul gaz de 0 à 120 so quick jusqu’à s’en échapper d’la sauce à spaghat’ sur son gilet propre. Clairement le projet le plus dope depuis 4,99$ et qui donne un album plus real, mais quand même clean à la fois!! Pas besoin de suck un FLX pour se faire reconnaître par la paroisse rap québ! Un nouveau classique à mettre sous l’arbre à bébains de Noël. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

2 Les Louanges – La nuit est une panthère 

Je chante quelques tounes à tue-tête quand je passe devant le Belmont en auto et qu’il y a une file devant. Cependant je les chante aussi dans toutes les autres situations de ma vie. Un peu de funk, hip-hop, jazz fusion… J’ai pogné un gros kick sur son art. J’ai appris qu’il était vraiment fan de Frank Ocean, peut-être pas autant que moi, mais ça prouve que nos intérêts artistiques se rejoignent. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

1 Lydia Képinski – Premier juin 

Si le 1er juin, c’était la fête de Lydia, on profite de la fête du petit Jésus, dans quelques jours, pour souligner l’année incroyable de l’artiste en la hissant nous-mêmes en haut de l’échelle des bons albums. Quand on écoute les textes, on sait qu’elle est allée à l’université. Quand on écoute les arrangements, on comprend le travail qui a permis de rendre l’appareil beaucoup plus rock que lors de la parution de son EP. Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Lemieux à ses côtés, elle évoque plusieurs éléments culturels majeurs et elle dessine des univers uniques à chaque pièce, ces dernières devenant autonomes et voyageant adéquatement en solo. Je profite de l’occasion pour saluer la mère de Lydia, l’une de mes plus grande fan. Au lancement, elle a dit: «C’est mon anniversaire d’accouchement» et en tant que journaliste de terrain, il n’y avait pas grand-chose de plus délectable à rapporter. Merci et félicitations pour cette naissance qu’on peut comparer à celle du Messie. (ÉLISE JETTÉ)

Voyez les positions 20 à 11

À VENIR SUR FAV: 

  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 20-11 – jeudi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 10 à 1 – vendredi