Le buffet: Lou-Adriane Cassidy se fait une assiette avec ce qu’il reste

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

On n’était pas là dans le brainstorming qui a mené au titre du prochain album de Lou-Adriane Cassidy. Mais on peut présumer que c’est allé de même:

«Comment tu veux l’appeler?

– Comme la première track, je pense.

– Sick. Et c’est quoi don’ le titre?

– C’est « la fin du monde à tous les jours ».

– Cool. Donc l’album va s’appeler C’est la fin du monde à tous les jours.

– Juste La fin du monde à tous les jours.

– Trop tard, c’est déjà à l’imprimeur.»

Mais bref. Le premier single s’appelle Ce qu’il reste et on peut l’entendre ici.

Y’a personne qui sonne comme Jonathan Personne. Pis c’est peut-être ça qu’il veut dire dans sa toune Comme personne. Mais personne va vraiment vous le confirmer. Ou peut-être. Personne le sait. Sauf Jonathan Personne.

Toujours audacieux dans ses choix de reprises, Rudy Berhnard (ex Les Incendiaires) a lancé en face B de son single Le garçon divisé une reprise de Jean Leloup. Sauf qu’on parle pas de ça ici. On parle du clip pour Le garçon divisé. Mais ça vient ensemble. En tout cas.

Si vous l’aviez pas encore vu passer, sachez que Laurence Nerbonne rape, désormais. On peut pas dire qu’on l’avait vu venir.

Parlant de rap, on salue Rymz pour son nouveau clip en panoramique, non recommandé pour une écoute verticale sur son téléphone.

Pis Vendou, lui, est ben focus sur 2019, vu que son nouveau single, 1 Time est sur une publication prévue pour le 30 août 2019. Gros plan quinquennal, pareil.

C’est vraiment subtil dans le clip Hisser Haut de Capitaine Salaud, mais pensez-vous que lui et sa gang sont des fumeurs?

Ah, pis finalement, une toune de Noël! C’est correct si c’est Elliot Maginot qui la propose. Notre Michael Bublé à nous, on va dire.

Le Festif! 2018 JOURS 3 & 4: «On va se permettre d’être scrap»

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas au Festif! de Baie-St-Paul. Alors que le réveil de la veille s’était déroulé au son de la guitare électrique, le soundcheck du samedi a quelque chose de médiéval et on ouvre les yeux au son de la cithare.

Par Élise Jetté et Marielle Normandin Pageau

Le nombre de jours écoulés depuis notre arrivée est inversement proportionnel à notre énergie. Ce qui fait en sorte que notre samedi commence véritablement à 14h, après un bon déjeuner contenant tous les groupes alimentaires.

Un spectacle surprise de Mon Doux Saigneur et Alex Burger attire notre attention. Ça se déroule dans le dépanneur ou on achète des sandwichs à la crème glacée depuis deux jours. Le line up infini qui jonche le trottoir devant l’établissement est peuplé de personnes qui tentent de vaincre sans succès le déversement d’odeurs corporelles et les cheveux gras. Fait chaud!

«Je fais quoi, moi, si je veux m’acheter des cigarettes?», demande un gars mécontent de ne pouvoir entrer dans l’édifice. «Va falloir aller ailleurs», dit ce bon bénévole. «C’est ben meilleur pour ta santé d’aller voir un show surprise», dit-on pour renchérir. Il est pas d’accord avec nous.

Le bon bénévole et la face de Phil Brach/Photo: Élise Jetté

Le premier à monter sur la scène le comptoir est Mon Doux Saigneur, qui explique à quel point c’est l’fun de jouer en secret avec son boy Alex Burger.

Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté

Il explique que Burger et lui jouent avec le même band et qu’ils sont venus avec deux chars et demi. On aimerait voir de quoi a l’air le demi-char. Entre les frigos à bières et la farine tout usage, les gens s’entassent pour apprécier la perfo trop courte.

À force de regarder le show, qui sonne de façon assez impressionnante pour un set up de dépanneur, on a très envie d’acheter des gratteux #lotoété

Alex Burger/Photo: Élise jetté

On croise ensuite des adeptes d’art du cirque. L’un d’eux, qui ressemble à un gars du Mile-End, ne cesse de dire «Yah man!» sur un unicycle:

Le cycliste/Photo: Marielle Normandin Pageau

On comprend vraiment que le soleil tape fort quand on voit ce jeu qui permet aux gens de faire tomber un agent d’immeuble (il ressemble vraiment à la pancarte d’immeuble à vendre en arrière de lui) dans une mini piscine à l’aide d’un mécanisme sophistiqué.

Le jeu/Photo: Élise Jetté

On passe devant Maude Audet qui s’exécute malgré la chaleur accablante devant un public qui cherche l’ombre à tout prix, comme en témoigne cette photo:

Maude Audet/Photo: Marielle Normandin Pageau

Après un pèlerinage quasiment catholique (que vous pourrez voir en vidéo prochainement) avec Salomé Leclerc, on répond à l’invitation du show surprise présenté par Philippe Fehmiu. Un incontournable. En arrivant à ce chilling, on reçoit environ 50 ballons de plage sur la tête. On se réveille encore la nuit pour haïr ces ballons.

Les maudits ballons/Photo: Marielle Normandin Pageau

Le show surprise implique Yann Perreau, Eman, Vlooper et Random Recipe. Philippe Fehmiu est aussi festif que d’habitude. Et comme d’habitude, il mentionne plus que trois fois que c’est l’heure de l’apéro.

Eman commence son set surprise avec le premier verse de Ça que c’tait et poursuit avec une variété de hits. Vlooper mixe les tounes debout, ben relax avec l’ordi dans les bras.

Yann Perreau, quant à lui, se fait aller les fesses au sommet d’un chariot élévateur.

Les filles de Random Recipe, sur le balcon d’en face, réussissent à bouger de gauche à droite même s’il fait 40.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Elles nous lancent des confettis.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Et on craint que Frannie se lance par-dessus bord.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Par la suite, zouz, toujours aussi captivant en spectacle, nous entretient à la scène Pantoum. Chapeau levé, d’ailleurs, aux gens du son, à cette scène, qui connaissent particulièrement leurs shits.

Le groupe nous offre un aperçu d’un EP à paraître à l’automne. Dire qu’on a hâte est un euphémisme. Mention spéciale à Emerik (Mon Doux Saigneur) qui les accompagne pendant une toune aux maracas.

zouz/Photo: Élise Jetté

Dans la première rangée afin de tout capter, Élise soupçonne qu’elle vient de perdre 30% de son ouïe à tout jamais. Elle parle de ce souci à Louis-Pierre de Dare To Care, qui se trouve également dans la zone bruyante. Il lui remet ce petit tube contenant des bouchons pour les oreilles. Être au bon endroit au bon moment prend tout son sens ici.

Récupérer son ouïe/Photo: Élise Jetté

Ce chien fait dire qu’il aimerait en avoir une paire.

Un chien très tanné/Photo: Élise Jetté

On retourne ensuite à notre QG pour se ravitailler. Sur notre chemin, on croise des va-nu-pieds;

Va-nu-pieds/Photo: Élise Jetté

une zone de crime;

Criminalité/Photo: Élise Jetté

un esti de ballon;

Ballon perdu/Photo: Élise Jetté

et une escouade soleil.

Escouade soleil/Photo: Élise Jetté

Une fois au campement, il est 20h et c’est l’heure du show de Vincent Vallières, mais aussi…. on avait faim. Voici les images captées durant son show.

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté
Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté
Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Notre prochain arrêt: un sous-sol lugubre où on passe proche de ne pas nous laisser entrer parce qu’il y a déjà approximativement 45 personnes en dedans. Notre seul objectif de la soirée: voir Rymz. On ment donc sur la durée de notre visite à l’intérieur. Le pauvre bénévole avale notre mensonge goulûment.

Rymz/Photo: Élise Jetté

Ce poète des temps modernes réussit rapidement à charmer sa petite, mais très chaleureuse foule. Des jeunes fans, en première rangée ont l’air d’avoir douze ans et toutes leurs dents. Pis ils connaissent toutes les paroles. Rymz descend de sa scène pour leur apprendre à faire un mush pit. C’est de toute beauté. L’Éducation avec un grand É. La soirée commence de façon très électrique, surtout avec son t-shirt à éclairs.

Après le show, on cherche les toilettes, mais on aboutit dans la loge de Rymz. C’est à quel point l’endroit est minuscule, mais pas trop petit pour avoir tout le mobilier nécessaire à l’épanouissement de tous les types de clients:

Les clients de toutes les sortes/Photo: Élise Jetté

Sur la scène extérieure, on réussit à pogner le duo de Mara Tremblay et Keith Kouna sur …et j’ai couché dans mon char de l’Hommage à Desjardins. C’est très touchant.

Mara et Keith/Photo: Élise Jetté

Puis, pour la fin du show, toute la gang de l’hommage revient sur scène pour une dernière chanson. Tout le monde chante:

Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté
Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté

Sauf Koriass qui fait juste taper des mains:

Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté

Ce dernier quitte la scène avant la fin de la toune.

Peu après, dans le sous-sol de l’église, Suuns nous donne envie de faire de l’acide (sans tous les effets secondaires).

Suuns/Photo: Marielle Normandin Pageau

Puis Le Nombre nous donne le goût de faire de la lutte (sans tous les effets secondaires).

Le Nombre/Photo: Marielle Normandin Pageau

Notre nuit culmine à 4h30 avec le show de Stéphane Lafleur au lever du soleil, une expérience qui n’est pas sans conséquence sur notre humeur du dimanche. Alors que le soleil commence à illuminer le top des montagnes au loin, le chanteur d’Avec pas d’casque nous interprète de belles chansons en solo.

Les moments forts de ce matin-là:

  • Un gars qui passe proche de mourir en cognant des clous (fallait être là pour comprendre).
  • La chanson de Noël inédite, sortie des boules à mites.
  • Les moutons qui font les backvocals.
  • Stéphane Lafleur qui réalise que ses tounes sont toutes pareilles sans son band: «Hey c’est tout le temps le même beat réconfortant hein?»
  • Des gens qui sortent de l’hôtel en robe de chambre pour voir le show:
La tenue choisie/Photo: Élise Jetté

Tout le monde s’entend pour dire que c’était le meilleur show du Festif!… sauf ceux pour qui le cadran n’a pas sonné.

Ces alpagas, croisés à la sortie, sont ben d’accord.

On est d’accord/Photo: Élise Jetté

Le jour se poursuit avec une sieste de deux heures suivie d’un tournage historique avec Philippe Brach avant son show (vidéo à voir plus tard cette semaine sur notre page Facebook).

Le canon de Phil/Photo: Élise Jetté

Le début de la perfo de Phil Brach, en clôture de festival, est audacieux: il commence avec un cover de The Dock of The Bay. Difficile de choisir meilleure chanson pour se marier avec le décor. Honnête, il nous annonce «On va se permettre d’être scrap». On est tous d’accord.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Avec son look de Jules César, Philippe montre qu’il n’est pas tuable. Avec une nuit de 45 minutes dans le corps, il s’exécute avec énergie, et ce, même s’il vient de gagner une année de plus (c’est sa fête!).

C’est sous le soleil de midi que les looks se réinventent pour permettre le rafraîchissement:

Un look frais/Photo: Élise Jetté

Les interventions de Phil sont toujours au point:

  • Parce qu’il est vraiment scrap de son Festif!: «L’an prochain, la seule close, c’est qu’on joue le jeudi».
  • En pointant les gens pas de billets entassés sur le quai, l’autre bord de la grille: «On rappelle qu’on amasse les dons afin de libérer les gens emprisonnés derrière la clôture».
  • À la très populaire madame qui vend des Mr Freeze dans la foule: «J’en mange deux fois par jour, merci».
  • À 14h: «YES, mon boost d’énergie de 2h vient de kicker in».
  • Devant la belle température: «Bon call, le soleil».
  • En s’adressant aux gens sur une licorne: «Stay rock, kids!»
Les gens de la licorne/Photo: Élise Jetté

Phil se donne énormément sur les covers et il y va de récentes et d’anciennes chansons. Il fera même une toune qu’il ne fait plus en show, Le matin des raisons, notamment pour cette phrase parfaite pour son état et le nôtre: «Y’é midi le monde est tranquille. J’vas aller me coucher».

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

On quitte Baie-St-Paul le coeur rempli de soleil. Aucune pluie n’a terni le week-end. C’est sûrement pour ça que toute la route vers la maison se passe dans un déluge.

Le retour du balancier.

Lisez le retour sur notre JOUR 1.

Lisez le retour sur notre JOUR 2.

Le buffet: Fouki dans les herbes fraîches

Presque Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Encore un peu plus de Zay avec ce nouvel EP de Fouki qu’on écoute avec Zayté. Il y est notamment question d’herbe. Nous, on aime bien le basilic.

C’est le Festif!, la fin de semaine prochaine et Patrick Watson sera là. Vous pouvez vous donner un avant-goût avec cette nouvelle chanson, Melody Noir. Le clip est une réalisation de Brigitte Poupart.

La Montréalaise Marie-Hélène L. Delorme, alias FOXTROTT, fera paraître, le 10 août prochain, le deuxième EP d’une série de trois, Meditations II. Voici le premier aperçu, Better With You. Nous, on est better with her.

Souldia se joint à Izzy-S & Marième pour présenter un premier extrait de son nouvel album à paraître cet automne.

De.Ville, le duo montréalais formé de Simon Pierre et Ziad Qoulaii présente un nouveau single, Shaabi Sultani, qui s’inspire d’autres cultures. Au cas où: ici, il n’est pas question d’appropriation culturelle. On sait que les gens aiment s’enflammer là-dessus.

Le projet montréalais Sarbacane présente un premier album Croire pour voir. À ne pas confondre avec Faut le voir pour le croire, émission à succès de TQS animée par Yannick Marjot.

Le premier EP de Trop Belle est disponible ici, un album qui figure au sommet du TOP 40 selon la page Facebook de la formation.

Jean-Marc Vallée a mis en valeur cette chanson d’Alexandra Stréliski dans sa nouvelle série Sharp Objects, diffusée sur HBO. C’est beau. L’album d’Alexandra, quant à lui, sera disponible le 5 octobre chez Secret City Records.

Les auteurs-compositeurs-interprètes Sébastien Lafleur et Marcie, tous deux en préparation de nouveaux albums, offrent en duo un titre rétro-pop estival teinté de légèreté et d’espièglerie: Ta java.

Un premier EP est attendu le 21 septembre pour l’étoile montante du hip-hop montréalais L. Teez. Il offre, en attendant, ce clip Hoodie Music.

Un sorbet collant, ça fait notre été. C’est déjà un hit, cette collaboration entre Stéphanie Boulay, Ingrid St-Pierre et Rymz. On en veut plus (des tounes ET du sorbet!).

Voici une autre fourmi de la fourmilière, Catboot, qui nous présente, selon ses dires, son seul accomplissement à vie: ce EP. On est pas mal sûrs que ses parents pourraient nous nommer quelques-uns de ses bons coups d’enfance comme attacher ses souliers, par exemple.

Jacobus annonce haut et fort son grand retour et un deuxième album solo prévu pour le début de 2019.

Sam Tucker présentera son premier EP le 28 septembre. Voici, pour patienter, un troisième extrait, Old Cougar, enregistré au studio Fast Forward et basé sur​ la vie de Sir John Wesley Hardin, un hors-la-loi du Far West! La prochaine étape: un film.

Pour son nouveau clip, Jason Bajada nous transporte à Joshua Tree et à Los Angeles. Voyez ici les magnifiques images de Chedly Bouzouaia pour la chanson Little Yellow Heart, tirée de son album double Loveshit II (Blondie & the Backstabberz).

Samuele s’offre un clip animé pour la pièce Tous les blues, tirée de son album Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent.

Nate Husser sort un EP de trois chansons intitulé Minus 23. C’est le premier de trois EPs miniatures qui vont sortir d’ici la fin 2018.

Aubre et Aubry se nourrissent de Rev au Rockfest

Le Rockfest est fini, mais les séquelles se font encore sentir pour bien des festivaliers. Parlez-en au bon Mathieu Aubre de l’équipe de Feu à volonté qui passera les prochaines nuits à l’hôpital Jean-Talon, gracieuseté d’une infection sur chacune des deux chevilles. Retour (un peu flou) sur une fin de semaine aux forts relents maltés.

Rockfest/Photo Alexandre Demers

JEUDI

Après avoir sommairement piqué notre tente, nous entreprenons notre marche vers le site et la première soirée de shows. Pas trop pressés, nous manquons DJ Yella, Mononc’ Serge et Deadly Apples, le groupe du fondateur du festival, Alex Martel. A Day To Remember sera notre premier spectacle de la fin de semaine. Disons que ça déménage en calvaire. Notre curiosité nous emmène par la suite vers Les Marmottes Aplaties. Comble pour les lambins que nous sommes, nous manquons la seule et unique chanson qui nous intéresse, soit Détruire.

 

Les Marmottes Aplaties / Photo: Mathieu Aubry

Méchante idée de jouer leur seul succès en début de set! Ils la joueront une seconde fois à la toute fin du spectacle, mais nous n’étions plus présents, préférant découvrir le punk hardcore de Comeback Kid.

Belle découverte que ce band metalcore originaire de Winnipeg. C’est également à ce moment que survient notre premier achat de Rev, cette boisson maltée un peu trop sucrée, mais surtout moins chère que la bière. Un bel agencement avec la boue, omniprésente en cette première soirée.

Une boisson de choix au Rockfest / Source: Internet

Au même moment, sur la scène principale, la mauvaise musique de Five Finger Death Punch fait rage. Évidemment, nous nous sacrons allègrement de ce groupe qui est le headliner de la soirée. Nous restons à la scène Tony Sly pour entendre Propagandhi, qui débute son show à 00h45. Fidèle à ses exigences d’activiste, le groupe exigera que les banderoles des commanditaires soient retirées autour de la scène. Le groupe nous laisse sur notre faim, nous aurions préféré un peu plus de violence (musicale) pour terminer cette première soirée. Gros shout out à la fille sans bras et au petit gars de huit ans avec un mohawk qui ont tripé leur vie sur les côtés de la scène pendant la prestation de la formation. La soirée se termine avec une petite nuit de sommeil de 7h15 à 8h30, après avoir réveillé l’entièreté du campement avec la même chanson de Feu! Chatterton jouée en boucle avec notre haut-parleur.

Propagandhi / Photo: Mathieu Aubry

 

VENDREDI

Après un déjeuner à la bière et aux pâtes alimentaires froides, il est temps de se diriger vers le show de Flogging Molly. Au grand plaisir de plusieurs festivaliers, leur spectacle est suivi par celui de Dropkick Murphys. Les bières s’enfilent rapidement devant la scène Budweiser durant cet après-midi du vendredi. Il faut dire que le punk celtique des deux groupes a de quoi rendre heureux et faire danser.

 

Entre les deux groupes américains, on se dirige vers la petite scène Tony Sly pour apprécier Rymz. Le rappeur est dans son élément et le démontre. L’énergie de son rap attire une petite foule qui ne se gêne pas pour déplacer de l’air. Bien qu’il soit assez tôt dans la journée, les nombreuses Rev commencent à rentrer au poste. Peu après, le bon vieux punk rock de Sum 41 nous fait replonger dans nos belles années du secondaire. Bien qu’il était présent à l’édition de 2016, le groupe canadien reste toujours aussi populaire et assume toujours sa musique de prépubères. Les boys en ont d’ailleurs profité pour jouer l’entièreté de l’album Does This Look Infected? paru il y a 15 ans.

Dès la fin du spectacle vers 19h, nos souvenirs commencent à devenir de plus en plus flous, gracieuseté de la boisson choisie. On décide d’aller dormir à notre campement. On se réveillera pour Prophets of Rage, qu’on écoutera la tête sortie de la tente.

Tellement rien de rock dans cette commandite / Photo: Mathieu Aubry

SAMEDI

Notre déjeuner du samedi ressemble sensiblement à celui de la veille, mais nous ajoutons des pommes, histoire de nous sentir un peu plus en santé. On se déplace pour le punk rock de Millencolin qui débute à midi. Un bon choix pour commencer la journée, tout comme les pommes.

Après leur trop court set, on découvre Insurrection qui déménage pas mal plus. Le groupe québécois en profitera pour lancer un casque dans la foule afin que quelqu’un le porte pour trasher. «Faut que tu sois un esti, mais pas un mongol pour porter ça. Mais faites-y pas mal», dira le chanteur au sujet de celui qui osera porter ce couvre-chef. Est-il toujours vivant? Fort probablement pas.

Un peu de sang dans les toilettes. Ça c’est punk! / Photo: Mathieu Aubry

Le problème avec le Rockfest, c’est que tu dois manger. Il fait tellement chaud, que l’appétit ne vient pas nécessairement. Faute de budget, on doit par moment quitter le site pour aller au campement et cuisiner ce qui est encore frais. On manque donc une partie de l’après-midi du samedi pour manger et bronzer en habitant entre deux tentes trop collées. On retourne sur le site pour Tenacious D. On est trop éloignés pour voir quelque chose, ce qui nous permet d’acheter plus de Rev et d’entendre le chanteur Jack Black nous dire de ne pas croire notre premier ministre Justin Trudeau. Mais qui croire? Croyons la boisson Rev dans ce cas-là.

Ne rien voir pendant Tenacious D / Photo: Mathieu Aubry

On reste à la scène Budweiser en attendant Weezer qui clôturera le festival. Disons que le groupe n’est pas le plus énergique sur scène. Qu’à cela ne tienne, tous les succès du groupe ont été interprétés. Et oui, ils ont joué la reprise de Toto, Africa  à notre plus grande joie. Juste avant, le cover d’Oasis, Wonderwall nous aura permis d’envoyer chier allègrement la formation, au grand déplaisir des gens autour de nous. Oasis, c’est pas rock, esti, RÉVEILLEZ-VOUS!

 

Rockfest/Photo: Alexandre Demers

La fin de semaine se terminera dans l’allégresse au campement alors que le soleil se lève… Au final, l’édition 2018 nous aura permis de découvrir pas mal de nouveaux groupes, d’avoir chaud, d’être chauds, mais surtout d’avoir pas mal de plaisir. Aubre est euphorique, en direct de l’hôpital.

À nos yeux, il y a eu presque autant de spectateurs au Rockfest 2018 qu’au courant des dernières éditions. Il faut souligner qu’une quantité phénoménale de festivaliers ont reçu des billets gratuits, mais bon, la vente de Rev aura, espérons-le, permis de renflouer les coffres de l’organisation.

[FRANCOS 2018] Boom Desjardins et Fouki, frères de francophonie

Il y a quelque chose de très poétique dans le concept de pouvoir voir Boom Desjardins et Fouki dans le cadre du même évènement. La musique francophone étant une grande famille, les frontières peuvent tomber dans tous les sens si on prend le temps d’analyser.

Un même mot peut être crié sur une pièce post punk ou murmuré dans une interprétation piano-voix, ça reste le même mot. Et après tout, il n’y pas tellement de différence entre Boom qui parle de «crier ben fort pour pas s’décourager. Sortir ben tard juste pour voir le monde vibrer» et Fouki qui dit «Yeah on est bless bro so faut reach le best spot». Portrait de famille:

Angèle

Le périple commence mardi dernier alors qu’on nous impose un lien facile en jumelant les spectacles de l’étoile montante québécoise (Hubert Lenoir) et de l’étoile montante belge: Angèle. Accompagnée d’un drum électrique opéré par un homme qui tente de faire des chorégraphies de tête avec la chanteuse, elle s’exécute en première partie de celui que tout le monde attend. De son côté la sensation belge simule quelques notes sur un clavier puis elle démarre un beat préfabriqué pour mieux danser au centre de la scène. «T’aimes quand je danse?», demande-t-elle au Québec.

Après nous avoir décrit où se situe la Belgique sur une carte comme si c’était le Timor oriental, elle nous explique qu’elle aime écrire sur l’amour et aussi sur la jalousie à l’occasion. Des thèmes aux antipodes selon sa perception des choses.

Angèle/Photo: Élise Jetté

Après un dur retour dans l’univers chorégraphique de 2000…

… c’est au tour d’Hubert Lenoir de venir saluer le public qui n’a mis que trois mois à l’aimer (ou l’haïr).

Hubert Lenoir

Voici les trois meilleures phrases entendues durant le spectacle:

«Je suis ben tanné que les matantes de CKOI soient pâmées dessus.» – Un gars au bout du rouleau

«Si je suce des queues ou pas, c’est pas de vos affaires» – Hubert Lenoir

«Video Kill The Radio Star» – Le batteur

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Lors d’une pièce instrumentale, Hubert invite une dame de la foule à danser. Elle danse beaucoup mieux après qu’il lui ait donné un peu de bière.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Artiste de la chanson, mais aussi artiste du cirque, Hubert prouve que tout est dans tout en grimpant à mains nues au balcon. Au moins une dizaine de «matantes de CKOI» sont très inquiètes dans le Club Soda.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Daniel Bélanger

Comme le show d’Hubert s’est éternisé, on doit retarder notre arrivée au show extérieur de Daniel Bélanger. Comme on est derrière 20 000 personnes, Daniel est gros comme ça:

Daniel Bélanger/Photo: Élise Jetté

Ce gars-là s’était préparé à un grand mushpit qui n’a jamais eu lieu:

La sécurité/Photo: Élise Jetté

Tout le monde sait presque toutes les tounes par coeur, sauf un gars qui s’exclame: «y’a donc ben du texte dans ces chansons-là». Ça doit être un homme de peu de mots.

Ariane Zita

Deux jours de repos furent nécessaires pour me remettre de mes émotions d’avoir entendu Sèche tes pleurs en rappel. Je me présente donc vendredi pour le lancement d’Ariane Zita. Je me vide de mes larmes sur la chanson Île Dorval qui se trouve sur son nouvel EP J’espère que tu vas mieux.

Ariane Zita/Photo: Élise Jetté

Vous pouvez lire la critique de ce spectacle faite par Marielle, mais j’avais simplement envie de mentionner qu’il y avait du gâteau:

Gâteau/Photo: Élise Jetté

La Chicane

En route vers La Chicane, on est tellement exaltés qu’on se trompe entre la scène Loto-Québec et la scène Hydro-Québec (ÇA VA FAIRE LES SOCIÉTÉS D’ÉTAT!) et on trouve que Boom Desjardins a drôlement bien vieilli:

Boom?/Photo: Élise Jetté

Avec audace, le groupe issu d’une époque révolue commence son show avec sa toune la plus récente qui ressasse les évènements forts des 20 dernières années. Comme dit mon voisin: «Faut pas être peureux pour commencer avec une toune dont tout le monde se calisse.»

Boom/Photo: Élise Jetté

Boom Desjardins présente tout le band en mettant l’accent sur les membres originaux qui sont encore là et sur ceux qui n’ont pas ce genre de mérite. Il nous avoue notamment que le gars qui est là, c’est pas le vrai bassiste. «C’est parce qu’Eric Maheu nous trompe avec Kaïn», dit-il.

Il y a tellement de jokes à faire avec cette phrase que je vais m’abstenir. You make it to easy, Boom.

Dany Bédar/Photo: Élise Jetté

Après le bras agité dans les airs et le «je lève ma bière! Me vois-tu?», il y a maintenant le «T’as juste à suivre mon écureuil duck tapé sur un bâton»:

Écureuil/Photo: Élise Jetté

Le show se poursuit en plusieurs actes, enchaînant les jokes de mononcles écrites, les intermèdes de chansons de Dany Bédar et les référents multiples au bon vieux temps:

«À l’époque les gens achetaient notre musique sur des cassettes.»

«En 1998, Musique Plus nous a décerné le titre de pire vidéoclip de tous les temps (pour la chanson Le Fil).»

«On va faire une toune du bon vieux temps: les Vilains Pingouins

Évidemment, le tout se termine par les gros hits qui se métamorphosent en karaoké en plein air.

Dead Obies

Pendant ce temps-là sur la scène principale, c’est Dead Obies qui remplit la Place des Festivals. Sur l’esplanade, l’échantillon de générations est aussi varié que l’échantillon de sortes de cannabis qu’on peut sentir.

Joe Rocca a opté pour le look veston-chest.

Joe Rocca/Photo: Élise Jetté

Et Snail Kid se promène sur scène avec son sac à dos. Il a peur de se faire voler son portefeuille… le monde du rap, c’est rempli de bums.

Snail Kid/Photo: Élise Jetté

Après avoir inhalé les effluves voisines pendant quelques minutes, les projections visuelles sur scène ressemblent à une déclinaison d’organes génitaux féminins. À vous de juger:

Projections/Photo: Élise Jetté

À un moment, les boys sortent de scène pour boire du champagne et demandent au public, via les écrans géants, s’ils doivent revenir sur scène. À noter que Joe Rocca boit son Veuve Clicquot comme s’il ingérait du Jack.

Dead Obies/Photo: Élise Jetté

En première rangée, les filles montrent leurs boules, créant des images qu’elles pourront regretter dans 8-10 ans. Il y a aussi Rosalie Vaillancourt qui fait des fuck you et des gens très forts qui font vivre une expérience sensorielle à cet homme en fauteuil roulant.

La force/Photo: Élise Jetté

Fred Fortin

Le lendemain, samedi, Fred Fortin présente son show solo-homme-orchestre à L’Astral. Mes deux spectateurs favoris sont:

  • Un gars assis avec son casque d’écoute qui vit un autre genre d’expérience auditive.
  • Le gars fasciné qui ne comprend pas comment Fred peut jouer du drum avec ses pieds. «C’est impossible», répète-t-il pendant 90 minutes.
Fred Fortin/Photo: Élise Jetté

Il est interdit de prendre des photos durant le spectacle et même les journalistes doivent négocier avec la police (les boys de la sécurité) pour obtenir ce privilège. C’est toujours dans ce genre de spectacle super strict sur la non-captation d’images que quelqu’un finit par prendre une photo avec flash avec son Samsung Galaxy.

Comme le show est à 19h30, Fred nous parle de digestion post-souper, il nous avoue aussi avoir oublié son set list dans sa loge, mais rien de tout ça n’affecte sa prestation des plus fascinantes (demandez au gars qui comprend pas le concept du drum).

Vincent Vallières

Je décide d’assumer mon Sherby love et je vais faire un bref tour dehors pour le spectacle de Vincent Vallières qui est habillé plus propre que quand il faisait des shows dans la cafétéria du Cégep de Sherbrooke.

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Devant la scène, le 450 au complet est réuni. Parmi eux, le classique gars qui tient la sacoche de sa blonde.

Le 450/Photo: Élise Jetté

Rapkeb Allstarz

Mes Francos se terminent avec une brève apparition du côté de la grande scène pour le spectacle regroupant les stars du rap québécois. On y trouve un public similaire à celui de la veille pour Dead Obies, mais avec quelques personnes très croyantes, cette fois.

Le public/Photo: Élise Jetté

J’arrive juste à temps pour ne pas manquer le bon Fouki qui nous chante quelque chose de très Zay. Je suis très émue d’entendre la foule scander les paroles de la grosse toune Gayé. Le Fouki-love est palpable même si le premier album complet de l’artiste n’a que quelques mois de vie.

Fouki/Photo: Élise Jetté

Puis Joe Rocca arrive un peu plus tard avec un joint de pot aussi gros qu’une saucisse italienne.

Joe Rocca/Photo: Élise Jetté

Snail Kid est toujours muni de son sac à dos (les bums).

Greg/Photo: Élise Jetté

Rymz est le plus reconnaissant-d’être-là/en-communion-avec-les-gens. Il est le seul à explorer les coins de la scène d’est en ouest pour dire coucou à tout le monde.

Rymz/Photo: Élise Jetté

Le band qui accompagne tout le monde permet d’uniformiser les perfos, donnant un côté aseptisé à la chose. C’est réussi 50% du temps. Ayant reçu de nombreux reproches au préalable pour l’absence de femme sur le line up, le festival a su mettre un plaster sur le bobo en invitant Meryem Saci à chanter en marge de la scène sur presque toutes les tracks. Extrêmement efficaces à certains moments et étranges à d’autres moments, ses interventions vocales entrent, pour moi, dans la catégorie du «trop peu trop tard».

J’ai quitté le show avant la fin, les amis de Mike Shabb, à mes côtés, ayant grugé toute mon énergie avec leur joie immense de le voir sur scène, similaire à la joie de vivre de Marc Hervieux en général.

Rymz : créer la nuit sur le vin blanc

Le rappeur Rymz a entrepris une démarche créative opposée à celle de ses deux précédents albums afin de créer Mille Soleils, son troisième album solo en carrière. Il enregistrait en studio sans avoir en sa possession de textes écrits au préalable; il rappait de manière brute et instinctive, le tout accompagné d’un bon litre de vin blanc Wallaroo Trail 313.

«Pour Mille Soleils, je suis parti à zéro, j’ai tout créé en studio. La nuit, j’arrivais avec rien», se souvient le rappeur au sujet de ses soirées d’enregistrement au Studio Bonhomme, appartenant à son ami Thomas Lapointe. Une approche créative diamétralement opposée à la création de ses deux précédents albums (Petit Prince et Indélébile), où il avait pris le temps de peaufiner ses textes avant d’entrer en studio. «En réécoutant l’album, il y a plein de choses que je changerais, mais, c’est volontaire, j’ai voulu laisser l’album brut.» Ironiquement, il a pu découvrir son album lors des premières écoutes du résultat final: «Quand j’ai réécouté l’album, je me questionnais: qu’est ce que je raconte là, je suis ben mongol!»

En plus de se prêter à un exercice de style, Rymz a voulu créer un album qu’il pourra facilement être transposer en spectacle. Il le reconnait et il l’assume. «Je sentais que le timing était bon, à cause de ma tournée Petit Prince. Je veux continuer à faire des tournées.»

Cover de Mille Soleils / Crédit artistique: Marc Desrosiers

Tout au long de l’entrevue, Rymz fait référence à la dualité entre la vie montréalaise et la vie à l’extérieur des centres urbains. Montréal représente pour lui mille soleils, ses mille vices, en opposition à la sérénité qu’apporte l’air libre des grands espaces, comme La Présentation, d’où il est originaire: «Je suis partagé entre ces deux envies-là: entre être droit ou être tout croche. Faire le malade, fêter, mourir jeune. Ou avoir une belle petite vie avec toutes mes facultés mentales, pas scrappé par la drogue et l’alcool», confesse-t-il humblement.

Pour Rymz, amour et urbanité ne vont pas de pair. «En région, l’amour, c’est ben moins compliqué. J’ai encore des chums à Saint-Hyacinthe. Criss, leur vie est ben moins compliquée! Ils ont pogné une belle fille, ils ont fait un kid, il n’y en a plus de problème», raconte-t-il le plus sérieusement du monde. À Montréal, à l’opposé, «tu rencontres un problème, tu en rencontres un autre, puis un autre», concède-t-il.

Sur Carpe Diem, troisième chanson de l’album Mille Soleils, on peut l’entendre dire qu’il aimerait montrer son dick au gala de l’ADISQ. Il n’en a rien fait lors des galas de l’industrie musicale québécoise au mois d’octobre. «J’ai écrit cette ligne-là avant de savoir que j’étais en nomination», précise-t-il. Lors du gala de l’industrie, le jeudi soir, il a remercié avant tout ses fans lors de la réception du prix du public: «Vive la relève!»

Cela n’empêche pas Rymz de profiter du meilleur de ce que l’industrie musicale peut lui offrir. «Je vois l’industrie comme un moteur qui me permet de faire des shows ailleurs à travers le Québec», rappelant qu’à ses yeux, être sur scène est l’étape créative qu’il affectionne le plus. «Je ne pleure pas en show, mais des fois j’ai des esti d’émotions fortes. C’est un vrai voyage émotionnel en moi.»

Pour les spectacles de la tournée Mille Soleils, on peut s’attendre à ce que Rymz s’entoure de ses reals chums avec qui «il chill le vendredi soir» et qui ont collaboré à l’album. Il s’entoure des ses vrais collaborateurs et amis de longue date: «Pas du monde connu pour se faire voirrrrr (sic).» Attendez-vous donc à voir Karma, Souldia son frérot, David Lee et Maldito sur scène durant la tournée.

Rymz / Photo: Marc Desrosiers

Du côté de l’accompagnement musical, le Présentationnois s’est entouré des beatmakers avec qui il avait préalablement collaboré sur l’album précédent. Selon lui, près de 75 % de l’album a été réalisé par le duo guadeloupéen NeoWide, composé de Gary Wide et de Neo Mastro. On retrouve également Shash’U, Farfadet et Ruffsound dans le 25 % complémentaire: «Je chill beaucoup avec eux, c’est mon team de gagnant.»

Cherchant à s’exiler de la ville, Rymz a décidé que le visuel de l’album serait un retour aux sources. Il a confié la prise des photos et la direction artistique à Marc Desrosiers, une collaboration remontant à l’album Indélébile en 2014. «J’étais curieux de voir la maison dans laquelle j’ai grandi enfant. Je voulais vivre le contraste avec la grande ville, les mille soleils où l’on vit à 200 000 miles à l’heure», confie-t-il en évoquant ses séances photo à La Présentation.

Intervenant jeunesse depuis qu’il a gradué du Collège de Maisonneuve il y a de cela une dizaine d’années, Rymz croise parfois en spectacle ses anciens jeunes à charge, maintenant devenus des nouveaux adultes majeurs. «Je vois ce qu’ils deviennent… Sur Petit Sauvage, je parle d’eux au je. Je me transpose en eux dans cette toune-là.» De son propre aveu, les pièces de l’album Mille Soleils ont été composées pour une expérience en show: «Ce n’est pas vraiment un album à écouter dans tes écouteurs quand t’es dans un mood pour réfléchir…»

Nous n’étions pas sur place le 18 novembre au Club Soda pour le lancement de Mille Soleils, mais on peut vous confirmer que vous allez croiser Rymz au courant de l’année 2018, et nous aussi!

Santa Teresa JOUR 3 : sur le gros trap

Mathieu s’est assuré de se rendre sans anicroche à Sainte-Thérèse pour la dernière journée du festival: il a pris le bus tout seul, comme un grand. Comme quoi la navette gratuite du festival se sera prouvée utile pour accomplir notre devoir journalistique. CIT Laurentides, nous te sommes collectivement redevables pour ce fier service.

Alaclair Ensemble

J’arrive un peu en retard à la prestation du Alacrew, mais j’avais quand même une bonne raison: un arrêt prolongé au restaurant Arousse. Munis de quelques chèques-cadeaux, deux amis et moi réussissons à acheter pas loin de 80 $ de bouffe et, honnêtement, on se régale. Pendant que le groupe scande les mérites des grillos du BBC, je profite plutôt de ma poutine au shish-taouk garnie du«meilleur poulet au monde» si j’en crois le menu. Des rondelles d’oignons à la bière accompagneront ensuite Ça que c’tait et finalement, je mangerai des baklavas sur Mammifères. Une perfo bien nourrissante de hip-hop plein de saveur qui vient contraster avec les quelques chansons de Rymz que j’ai attrapées plus tôt durant la soirée…

Vrak propose un salon de babier gratuit sur le site extérieur. Je ne savais pas que le public-cible de Vrak avait de la barbe... / Photo: Mathieu Aubre
Vrak propose un salon de barbier gratuit sur le site extérieur. Je ne savais pas que le public cible de Vrak avait de la barbe… / Photo: Mathieu Aubre

 

Les toilettes du Arousse propose une sélection de gadgets assez intéressante / Photo: Mathieu Aubre
Les toilettes du Arousse proposent une sélection de gadgets assez intéressante / Photo: Mathieu Aubre

A/S/L

L’équipe de SOIR m’avait invité à la projection du court-métrage A/S/L de Justine Lardeux et je ne me suis pas fait prier pour me présenter au rendez-vous. Et ce, même si Mère Nature se fait un plaisir de me rappeler que je n’aurais pas dû me découvrir d’un fil vu qu’avril n’est pas encore terminé! Projeté dans le même espace que celui de Second Night, A/S/L est un projet qui tombe pas mal dans l’ A E S T H E T I C en termes de visuel et de musique grâce à sa conception virtuelle lo-fi relativement lente. Dans le froid, j’ai un peu de difficulté à tout bien suivre, mais je crois déceler que le film traite de notre relation avec la recherche du grand amour dans une ère où il est bien difficile de détacher la technologie de notre quotidien. Au final, je conclus que c’est fort probablement une bonne vidéo à écouter gelé. Félicitations, encore une fois, à l’équipe de SOIR, en charge du circuit d’arts visuels de Santa Teresa, pour la découverte.

Patrick Watson

L’église me rassure: je sais que le show présenté y sera fort probablement très bon vu mes expériences des deux dernières soirées, mais aussi, je sais qu’il y fait chaud. Un must rendu à ce moment de la soirée. Je m’installe à l’arrière complètement, dans l’une des rares places potables encore miraculeusement libres à moins de 10 minutes de l’arrivée de Watson sur scène. Toujours dans la tournée de promotion de son dernier opus régulier, Love Songs For Robots, il a traîné avec lui comme seul habillage scénique les globes lumineux à froufrous rouges que l’on peut voir sur la pochette. Joli et efficace, surtout que ça fournit décor et éclairage en même temps. Musicalement, Watson et ses Wooden Arms nous présentent surtout les pièces les plus récentes. Le chanteur se permet aussi quelques interludes plus intimes en petit groupe autour d’un simple micro multi-directionnel. C’est donc avec Joe Grass à la guitare acoustique qu’il prend le temps de nous jouer Man Like You et une courte impro dont les paroles lui sont criées par le public. Le chanteur nous présente également une nouvelle pièce, à paraître sur un éventuel nouvel album, le tout sur fond d’explosion (littéralement) de lasers 3D. C’est beau! Je quitte malheureusement tout de suite après et n’assiste donc pas au rappel. J’atteins quand même un taux de satisfaction assez élevé, ayant versé des larmes à quelques reprises.

Second Night

Comme je vous l’avais annoncé durant notre reportage sur le jour 2 du festival, je comptais retourner à l’installation interactive et c’est chose faite. J’arrive sur le site juste à temps pour voir les organisateurs se permettre un petit interlude de la trame musicale plus régulière de la projection et passer des demandes spéciales pour deux filles vraiment motivées qui dansent sans arrêt pendant près d’une demie-heure. On verra donc les avatars danser sur du Migos et du Rihanna pendant cette surprenante, mais efficace passe. Le procédé réussi à attirer quelques regards ahuris de passants et le but semble donc atteint.

Mon avatar danse en chest. C'est soir de fête! / Photo: Mathieu Aubre
Mon avatar danse en chest. C’est soir de fête! / Photo: Mathieu Aubre

Soirée Ragers

Je me présente au HB, salle qui semble normalement être le genre de club où je ne triperais pas vraiment sur la musique ou la crowd. La raison de ma présence: une grosse soirée hip-hop présentée par les gars de Ragers. J’arrive peu après le début, le temps de voir Jake, l’un de membres du groupe, en plein B2B avec le rappeur Billy Eff, ici identifié sous l’alias de Ativan Halen. Assez fort dans les deux camps, le dj set se promène surtout dans le pop-trap assez récent et fait danser la foule sans arrêt. Suivent ensuite les gars de Adhoc, un trio vraiment cool que je découvre avec plaisir. Les deux MCs viennent se placer directement au milieu du public dans une salle bondée pour livrer leur matériel hip-hop, mais fortement marqué par des influences R&B. Le son est super actuel et s’intègre bien avec le reste de la programmation. C’est par la suite Lou Phelps qui prendra la relève. Il présente un set de pièces pop, de rap et de nu-funk enchaînées très rapidement, passant également régulièrement des beats de son frère sans que personne ne semble surpris de la chose. Je quitte pendant son set, exténué de ma fin de semaine de concerts. J’ai tout de même bien hâte de revenir visiter Sainte-Thérèse l’an prochain pour revivre ce festival jeune, vivant et audacieux!

Le buffet : Rymz dans un beau gros brunch

Chaque lundi mardi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Rymz propose un nouveau vidéoclip réalisé par Laskka pour Come Thru feat. David Lee et GVONG.

BEYRIES arrive avec un nouvel extrait de son album Landing à paraître le 24 février. Le clip touchant est une réalisation d’Edith Jorisch.

Antoine Bordeleau signe cette vidéo présentant le nouvel extrait du quintette de Québec Harfang: Pleasure.

Timber Timbre présente un nouvel extrait de l’album Sincerely, Future Pollution à paraître le 7 avril.

Leif Vollebekk offre un second extrait de Twin Solitude à paraître le 24 février. The Ether a été enregistrée avec le duo à cordes Chargaux.

Les Deuxluxes, au beau milieu d’une tournée à travers le Québec, propose un nouveau clip rose poudré réalisé par Ariel Poupart.

Une belle sensibilité émane des compositions de Gabriel Noël, nouveau venu sur la scène musicale québécoise, qui offrira un premier EP, Marelles nocturnes, le 3 février. Voici le premier extrait, Éclats de mer.


Lary Kidd présente un premier extrait de son album solo Contrôle, à paraître fin mars. Les palmiers brûlent dans la nuit, interprétée avec Yes McCan sur la musique de Toast Dawg est réalisée par VNCE Carter. Le visuel est de Félix Gourd.

Vincent Vallières annonce l’arrivée prochaine de son septième album (le 17 mars) avec un premier extrait, Bad Luck.

Blood and Glass dévoile Hop The Fence, extrait de l’album Punk Shadows qui verra le jour le 24 mars chez Simone Records.

Jason Bajada propose un nouveau vidéoclip pour Si je craque. Une réalisation de Dan & Pag.

Serge Bordeleau signe un clip qui nous invite à ralentir la cadence avec Saratoga et la chanson Fleur.

La Carabine présentera un premier album, Chasser ses démons, sous l’étiquette Music Mansion Records, le 2 février prochain au Théâtre Sainte-Catherine. Voici le premier extrait Cadenas en U.