Avoir 30 ans en même temps que GrimSkunk, une entrevue comme en 1988

Il y a quelques semaines, GrimSkunk faisait un retour bruyant avec un nouvel album, Unreason In the Age of Darkness. Le groupe a profité du moment pour dire «hey, mais là, saviez-vous aussi que ça fait 30 ans qu’on existe?» Quel ne fut pas mon étonnement de constater que j’allais célébrer mes 30 ans la même année que la légende du punk québécois. Entrevue 1988-2018… parce que 30 ans, c’est pas rien!

GrimSkunk/Photo: Carl Thériault

C’est par cette conversation avec Franz Schuller que commence l’entrevue:

« – Ben voyons! 30 ans en même temps que nous autres! Mais là, c’est quand ta fête?

– En décembre.

– Notre premier jam était en novembre! T’étais presque née! GrimSkunk a vraiment exactement le même âge que toi!

– YES! »

Comme j’étais plus intéressée par la purée de carottes que par le punk, en 1988, j’ai eu envie de savoir comment évoluait la scène musicale en 1988. On a comparé les univers, Franz et moi et, oui, 1988 et 2018, ça n’a rien à voir!

Si tu compares le punk de 1988 à celui de 2018, qu’est-ce qui a changé?

Je dirais qu’il n’a pas changé tant que ça. Par contre, quand on a commencé, le punk était un état d’esprit très marginalisé. Environ 8-10 ans après, t’as eu Nirvana, Rage Against The Machine, System of a Down. Le rock engagé, alternatif, métal a émergé. Ils sont devenus des espèces d’ovnis immenses sortis de nowhere. Le punk comme style de musique a évolué au-delà de son cadre, de ses valeurs, de son esprit, sa mentalité. Quand tu regardes la deuxième vague avec Pennywise et NOFX, entre autres, la table était déjà mise. Les kids des années 90 écoutaient beaucoup de ça.

Si tu regardes la scène musicale montréalaise d’aujourd’hui, par rapport à celle de 1988?

Ça s’est beaucoup diversifié, amplifié. À l’époque où on a commencé le groupe, la seule musique Québ qui était accessible était celle qui était mainstream, les chansonniers québécois francophones. À part quelques exemples marginaux comme Black Voivod, c’était ça. Tout ce qui était en anglais se passait dans l’extrêmement underground et si tu voulais les entendre, fallait que tu ailles dans des shows. Aujourd’hui, t’as comme 20 scènes musicales différentes… hip-hop, indie rock, incluant toujours du métal et du punk. Un autre gros changement, c’est que nous, on a créé un label indépendant en 1997. On s’est basé sur un modèle qu’on voyait ailleurs, un modèle super DIY, de faire tout tout toi-même. Les choses se sont créées autour de ça. Il y a aussi la reconnaissance à l’étranger. Montréal est devenu, à cette époque-là, un point musical sur la map. Il y a des groupes montréalais qui ont eu un impact mondial sur la musique. Je parle pas de Céline Dion. Arcade Fire est le plus gros exemple. Même s’ils étaient signés ailleurs, ils ont fait tout tout tout de leur premier album à Montréal. Il y a eu le avant et le après Arcade Fire et les Grimes, Half Moon Run et compagnie ont bénéficié de cette crédibilité après.

Votre groupe de 1988 à 2018?

Pas grand-chose de différent, honnêtement. On est moins jeunes (rires). On fait des albums plus lentement, on fait moins de shows dans une année, on a des jobs, des enfants. On n’a pas 100% de notre temps à donner à la musique. Quand on était tout le monde ensemble dans un appartement – pour vrai, on vivait tous ensemble – à  l’époque, on avait rien que ça à faire. L’esprit même du groupe n’a pas changé du tout. Le plaisir qu’on a à faire des spectacles, à vibrer avec le public , ça n’a pas changé de 1%. On est chanceux d’avoir une connexion artistique deep dans le band, une amitié super profonde.

Les chansons qui revendiquent sont-elles les mêmes qu’en 1988?

Je veux pas généraliser parce qu’il y a encore des chansons qui disent des choses, mais c’est un peu la catastrophe. À peu près 98 % de ce qu’on entend a un message autre (que revendicateur) ou inexistant. C’est pas grave, là. T’es pas obligé de chanter par rapport aux thèmes sociaux. Mais, je trouve ça dommage parce que ça a toujours été un véhicule pour faire valoir, exprimer, tester, pousser la limite du socialement acceptable. Bob Dylan est devenu la voix d’une génération, U2, au début, c’était un groupe hyper engagé, mais on dirait qu’arrivé aux années 2000, tout le monde s’est dit «bah le monde est rendu ben trop fucké, on va juste arrêter d’en parler.» La montée de la droite, Trump, Poutine… Y’a des osti de malades partout dans le monde et personne semble penser que c’est une responsabilité des artistes de prendre le flambeau et d’utiliser la plateforme pour lancer le débat. C’est pauvre.

Faire de la musique indépendante de 1988 à aujourd’hui?

Le jour et la nuit. Ça n’a rien à voir avec quand nous, on a commencé ados. Napster, Internet… Quand on a commencé à faire de la musique, L’INTERNET EXISTAIT PAS! Toutes l’industrie  a changé. Le gros côté bénéfique, c’est l’accessibilité de la musique. Quand on a commencé, si tu réussissais à faire un enregistrement pis encore mieux, à l’endisquer, t’étais déjà hot. Aujourd’hui, n’importe qui s’enregistre dans son cell pis met ça en ligne. La compétition est donc aujourd’hui complètement débile mentale. Ça fait quatre ans que tu travailles, que tu enregistres avec quelqu’un de talent, des bons musiciens pis toute et quelqu’un d’autre fait n’importe quoi avec son ordinateur et tout est mis sur le même pied d’égalité. Réussir à avoir de l’attention dans le bordel qu’est Internet, c’est aussi une autre game. Je pense qu’il y a une chose qui change jamais: la crème se rend toujours au top, mais ça peut prendre ben du temps, passer à travers le chaos incessant de l’industrie. Avant, pour avoir un certain statut, ça te prenait un vrai enregistrement, de l’argent, une cassette. On est tellement plus dépendant de la réaction des gens.

Le public a-t-il changé?

Sont moins jeunes (rires)! Les jeunes sont dans un trip électro et hip-hop, mais il faut savoir que les styles de musique, ça passe en cycles. Par contre, j’ai jamais vu le rock aussi peu présent. Pas un peu moins, mais presque rayé de la carte. Mais il faut apprivoiser les changements. Y’a 30 ans, tu m’aurais dit que le plus gros band pop, ça allait être un groupe qui joue du banjo, pis je t’aurais ri dans face, mais Mumford and Sons a joué à la radio 40 fois par jour pendant un bon boutte. Ça serait l’fun que le public s’attache davantage à l’essence musicale. La seule chose que je déplore, en tant que fan, c’est le fait qu’il y a plusieurs artistes qui pèsent sur leurs boutons d’ordinateurs, mais qui ne pourraient pas jouer d’un instrument. T’es créatif, mais si l’électricité lâche, vas-tu pouvoir me faire un show?

GrimSkunk est en spectacle ce soir dans le cadre de Pouzza FEST au Jardin des bières, sur le parterre du Quartier des Spectacles (coin Clark et Maisonneuve), à 20h.

L’album Unreason In the Age of Darkness est disponible ici.

MODE : 10 looks inspirants du Pouzza Fest 7

Avec l’appareil-photo de mon téléphone mobile dernier cri (HTC One M9), je vous ai préparé un petit topo de looks inspirants et très fashions vus au Pouzza Fest 7 la fin de semaine passée.

10) «Shine bright like a soulier!»

Shine bright like ce soulier / Photo: Marielle Normandin Pageau
Shine bright like ce soulier / Photo: Marielle Normandin Pageau

Quoi de mieux qu’un petit sneaker enduit de paillettes bicolores. On sent que cette vague de mode persistera beaucoup dans le nord de Québec.

9) Il n’est jamais trop tard pour exposer son amour pour le ska!

Leggings ska-rifik / Photo: Marielle Normandin Pageau
Leggings ska-rifik / Photo: Marielle Normandin Pageau

Ce legging est généralement fait de lycra et peut vous être utile lorsque vous vous sentez wild.

8) «Ce n’est qu’un feu de paille!»

Hugo Mudie aime la paille / Photo: Marielle Normandin Pageau
Hugo Mudie aime la paille / Photo: Marielle Normandin Pageau

En effet, ce genre d’accoutrement est tellement fashion qu’il pourrait vous mettre le feu au crâne! Ou ailleurs…

7) Les burgers, c’est pas juste pour les végétariens!

Short Burger / Photo: Marielle Normandin Pageau
Short Burger / Photo: Marielle Normandin Pageau

Eh oui, on aime la viande juteuse et le pain mouillé recouvert de sauce blanche. Mmmmmm ça donne faim, n’est-ce pas!

6) «Bonjour la police!»

Mais où sont ses jambes? Lol / Photo: Marielle Normandin Pageau
Mais où sont ses jambes? Lol / Photo: Marielle Normandin Pageau

RBO savait comment accueillir la police. Le Pouzza aussi. Procurez-vous tout de suite ces pantalons et vous verrez votre silhouette fondre!

5) Faut pas tu t’en sac !

M'en sac! / Photo: Marielle Normandin Pageau
M’en sac! / Photo: Marielle Normandin Pageau

Vous sentez que vous avez perdu de l’assurance avec les femmes? Vous vous sentez mou et sans viande? Ce sac vous permettra de vous lâcher lousse.

4) «This bag is made for biking, that’s just what he’ll do»

Courrier à vélo life / Photo: Marielle Normandin Pageau
Courrier à vélo life / Photo: Marielle Normandin Pageau

Eh bien oui, ce sac vous dit sûrement quelque chose si vous êtes un fan de spinning. Il demeurera encore le trend #1 dans les Réno-Dépôt près de chez vous.

3)  Paire qui roule n’amasse pas mousse!

Bas surement odorants / Photo: Marielle Normandin Pageau
Bas sûrement odorants / Photo: Marielle Normandin Pageau

On m’annonce présentement à l’oreille que le Québec s’illustre de plus en plus en tant que berceau de la diversité… des bas! Le Bas-Canada est en grand déploiement et ç’en est la preuve. On capote!

2) Vomis dans mon entrée de garage et je te dirai qui tu es.

Vomit life / Photo: Marielle Normandin Pageau
Vomit life / Photo: Marielle Normandin Pageau

Voilà une preuve que l’humain est en pleine évolution psychique. Vous pouvez vous procurer cet écusson dans un magasin pas plus loin que le Mile-End. Achetez cet écusson et vous recevrez 20% de rabais sur votre prochain repas au Miami Deli.

1) « Future is now!»

Yeezus ou Gysèle? / Photo: Marielle Normandin Pageau
Yeezus ou Gysèle? / Photo: Marielle Normandin Pageau

Effectivement, c’est en 2017 qu’on affirme haut et fort que le sneaker du futur revient du passé. Il vous jettera à plusieurs années lumières en avant pour votre fashion-style!

Pour finir cet article, je vous laisse sur le grand gagnant du Pouzza Fashion 2017! HAWT!

Pouzzswag / Photo: Ariane Zita
Pouzzswag / Photo: Ariane Zita

Je ne savais pas que les punks pouvaient sourire jusqu’à ce que j’aille au Pouzza Fest 7

C’était la 7e édition du Pouzza Fest, la 2e fois que j’y allais, la 99e fois que je mettais les pieds dans le Quartier des spectacles, la 2e fois que je tombais en amour avec Montréal grâce au punk, la 3e fois que je considérais me faire des spikes bleu su’a tête et la première fois que Mario Bros m’annonçait qu’il a tué Luigi. Retour sur la 7e édition du Pouzza Fest de ce weekend.

Pour la lecture de cet article je vous conseillerais d’écouter cette trame musicale médiévale.

On est vendredi, fait soleil et pas trop chaud. Le genre de température qui te donne envie de boire un Fresca bien froid assis sur le bord du lac Saint-Jean entre deux ouananiches. Je me dirige au Pouzza avec ma pin de pizz’ sur ma veste, parce que je veux fitter avec la vibe pis que j’aime vraiment ça avoir l’attention des gens. Surtout quand j’ai une passe média.

Moi et ma pin de Pizza / Photo: Marielle Normandin Pageau
Moi et ma pin de Pizza / Photo: Marielle Normandin Pageau

J’arrive vers 17h30 au Jardin des Bières, le band «blues-punk with raw grit that is hard to ignore» de Brooklyn Freya Wilcox & the Howl performe. Après un peu de headbang et attendant pour le prochain groupe, on peut voir l’animateur Remi Royale qui embarque sur scène portant la ceinture de winner de lutte avec trois weiners sur le dessus. Il nous informe qu’il y a de la bière Beau’s, Trou du Diable et de la bouffe du l’Gros Luxe pour satisfaire notre flore intestinale. Le Pouzza, cette année, nous offre la possibilité d’acheter un verre (brandé pis toute) en plastique pour faire des refills et encourager l’environnement. Mais si tu crois pas au réchauffement climatique pis à la pollution, t’a quand même le droit d’en acheter. Parce qu’on est de même au Pouzza.

Remi Royale being Remi Royale / Photo: Marielle Normandin Pageau
Remi Royale being Remi Royale / Photo: Marielle Normandin Pageau
Verre brandé / Photo: Marielle Normandin Pageau
Verre brandé / Photo: Marielle Normandin Pageau

Le band rap aux senteurs punk La Carabine embarque sur scène. Malgré leur drum jaune absent, les gars nous offrent une prestation forte en cris, en tuques et en énergie Pouzzantesquorifique. On a droit à un p’tit moshpit de cinq personnes lors de Cadenas en U.

Filion getting it on / Photo: Marielle Normandin Pageau
Filion getting it on / Photo: Marielle Normandin Pageau
Dom being punk / Photo: Marielle Normandin Pageau
Dom being punk / Photo: Marielle Normandin Pageau

Juste après leur performance, je remarque quelques porteurs de mousquetons dans la foule full chillax. Ce trend est assez vif au Pouzza Fest. Moi, je la comprends cette habitude-là de traîner ses clefs avec un mousqueton. Tsé, pourquoi ne pas faire un peu d’escalade après une belle journée dans un festival punk. Une petite descente en rappel pour nous donner la piqûre du punk. Rien de mieux pour raviver l’esprit de fringants aventuriers.

Mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau
Mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau
mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau
Mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau
mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau
Mousqueton / Photo: Marielle Normandin Pageau

Sims (à ne pas confondre avec The Sims) se déplace sur le gazon/plancher devant la scène pour faire son spectacle, à la hauteur du public. Une trentaine de personnes se placent en rond autour de lui. Hyper chaleureux, Sims regarde son public dans les yeux pour que tout le monde y participe. Un gars déguisé en Mario Bros à côté de moi connait toutes les paroles de ce cher rappeur et me dit qu’il a tué Luigi. Ok ouais.

Hugo Mudie meets the Beatdown est le prochain band à entrer sur scène. Je remarque au loin ce punk, Hugo Mudie, qui se déplace vers le backstage avec sa petite valise de voyage. Il revenait sûrement d’un trip jet-set à Paris dans son jet privé avec ses 120 bouteilles de champagnes #DavidHener.

Hugo penché / Photo: Marielle Normandin Pageau
Hugo penché / Photo: Marielle Normandin Pageau

On est déjà rendu samedi, guys. Ça passe vite hen? C’est ça, le punk! Je retourne au Jardin des Bières, cette fois vers 16h. Grosse soirée en vue, fallait que je tough jusqu’à PUP, BonVivant et The Flatliners.

Béate d’admiration, je me retrouve donc une fois de plus, pour une deuxième journée, dans le pays du linge noir, des casquettes trucker à palettes relevées, des lunettes fumées sports (je m’en procure d’ailleurs cette semaine), des stretchs couleur peau, des odeurs de friture vraiment accueillantes, des couches sur le bord du bol de ta toilette sèche et des sourires fucking legit d’un public ultra-hybrides (shout out Prius).

Y'a de la couche au Pouzza / Photo: Marielle Normandin Pageau
Y’a de la couche au Pouzza / Photo: Marielle Normandin Pageau

Samedi était une journée très difficile pour se promener dans les rues du centre-ville de Montréal. Il y avait de vraiment grosses marionnettes qui se promenaient un peu partout, pis des milliers de spectateurs criaient après ces grosses marionnettes. Je ne sais pas ce qu’il se passait, ça avait sûrement rapport au Cirque du Soleil ou à l’élection présidentielle française…

Foule Marionnette / Photo: Marielle Normandin Pageau
Foule Marionnette / Photo: Marielle Normandin Pageau

Bref, au Jardin des Bières, Great Apes de San Francisco embarque sur scène juste après que Remi Royale nous ait expliqué son processus pour garder sa sveltitude. Le secret; il mange du Rice-a-Roni. Ce savoureux mets de San Francisco. J’ai hâte au festival «Rice-a-Rouzza».

Ce plat / Photo: Marielle Normandin Pageau
Ce plat

Lost Love nous communique par la suite son amour pour ce festival, pour son aspect «kid friendly». On nous parle aussi du fait que la relève punk montréalaise se trouve ici-même. En effet, y’a pas de piano géant ou de balançoire dans le festival, mais j’ai rarement vu autant d’enfants avoir du fun de même avec un ballon-publicité-avec-des-bras-qui-revolent Trou du Diable (j’aimerais que quelqu’un invente un mot bien swell pour cet objet, please).

Le fun "in a nutshell" / Photo: Marielle Normandin Pageau
Le fun « in a nutshell » / Photo: Marielle Normandin Pageau

J’aimerais bien vous parler de mes quelques voyages aux toilettes. Tout était parfait, même que je trouvais que le monsieur de la compagnie changeait pas mal souvent le papier ainsi que le liquide bleu. Pour vrai, si j’avais un commanditaire de vie à choisir, ce serait cette compagnie de toilettes sèches. Seule déception est l’interdiction de faire de skate à l’intérieur. De plus, pendant un moment, j’ai aussi essayé de trouver une toilette sans étron frais su’l top, mais ça ne semblait être possible. #TrouverUneToiletteSansÉtron #DesFoisYaDesCouches

Pas de skate dans les toilettes / Photo: Marielle Normandin Pageau
Pas de skate dans les toilettes / Photo: Marielle Normandin Pageau

Juste avant la prestation de Iron Chic qui possède présentement une nouvelle fan (moé lol), Remi nous informe qu’il n’a pas vu sa mère lors de la fête des Mères. Il demande donc à tous de se lever et de lui faire un «doigt du majeur» . Il prend tout le monde en photo et l’envoie à sa génitrice. Il veut sûrement lui montrer à quel point Montréal l’aime.

C’est au tour de PUP. Vêtu d’un t-shirt de Solids, le chanteur nous a tout donné de ce qu’il avait en termes de cordes vocales. Sa perte de voix n’a pas paru. J’étais entourée de donneux de high-fives, dont un gars bin funné qui portait fièrement une casquette «Ils en fument du bon». Top shake, big!

Casquette du gars drôle / Photo: Marielle Normandin Pageau
Casquette du gars drôle / Photo: Marielle Normandin Pageau

22h, Katacombes. Mes souliers et moi sommes en pleines formes. Je m’hydrate d’un verre d’eau (mon seul verre d’eau depuis 16h) et je regarde BonVivant embarquer sur scène. Le chanteur porte un chandail de Jacques Fabi et le drummer porte une chemise avec des hot-dogs dessus. Le steeze est à son comble, on va se le dire. Grosse performance, le public se pitche un peu partout sans virer trop agressif. Un gars dans la foule crache doucement sa bière sur le chanteur; c’était comme une belle rosée un matin de mai.

BonVivant / Photo: Marielle Normandin Pageau
BonVivant / Photo: Marielle Normandin Pageau

Mes tympans me chatouillent lorsque j’aperçois soudainement un gars barbu de 6 pieds 5 qui se pitch en avant de la scène comme si le lendemain n’existait pas. Il fait un fuck you à son amie et essuie sa main sur sa chemise d’ananas et de papaye. De la douce amitié émouvante, quoi!

On retourne au Jardin des Bières assister au show des Flatty Flats (communément appelé The Flatliners), on boit notre dernière (énième) bière, on se faufile dans la foule virevoltante et c’est ainsi que se termine notre deuxième journée du Pouzza.

Du Pepto-Bismol pour le dimanche matin / Photo: Marielle Normandin Pageau
Du Pepto-Bismol pour le dimanche matin / Photo: Marielle Normandin Pageau

Dur dimanche. On est reparti pour une autre journée de la punklife. Vers 13h00 je passe devant les quelques yogis exerçant des positions pour lesquelles j’aurais eu beaucoup de misère à faire. « Blame it on the alcohol » de la veille, comme nous a si bien dit Jamie Foxx. Le gazon est étonnamment propre. Je savais pas que les punks savaient comment être propres.

20h, je passe par les Foufs avant de me diriger au Jardin pour voir les 4 ou 5 ou 6 ou 7 ou 8 membres du groupe Isotopes, ce groupe « PunkRockBaseballClub ». Sur la scène, y’a un gars avec une coquille de baseball et un bat qui se promène sur la scène. Il fait des moves de danse humoristiques et se frappe (pas si doucement) la coquille avec le bat. Un peu comme un Justo-Buy My-Love, avec moins de vêtements.

Isotopes / Photo: Marielle Normandin Pageau
Isotopes / Photo: Marielle Normandin Pageau

De la fine pluie se présente sur nos capuchons punks lorsqu’on entend les grands Barrasso. Le set up de l’éclairage sur la scène rend la chose encore plus épique. Je me demande même si Moment Factory a fait partie de cet éclairage-game. On a déjà hâte de voir Barrasso au 77 Montréal le 28 juillet au Parc Jean Drapeau.

Barrasso / Photo: Marielle Normandin Pageau
Barrasso / Photo: Marielle Normandin Pageau

Remi embarque sur scène. Je me dis que c’est sûrement la dernière fois que je vais l’entendre parler. Je vis un petit moment émotif.

Remi, si tu m’écoutes, voici une confession:

J’aimerais que tu sois la voix qui me réveille chaque matin. Que tu sois la voix constante qui me dit que je peux me procurer de la bière de Beau’s ou du Trou du diable chaque fois que j’ai soif. Que tu m’informes de la nourriture que je peux manger au L’Gros Luxe à chaque heure de ma vie. Que tu sois le seul qui fasse vibrer mes tympans avec ta voix rauque, mais douce. Que tu me donnes une ceinture de hot-dogs à ma fête afin que je puisse la porter avec ma pin de pizza dans le prochain Pouzza. Je vais m’ennuyer de t’entendre dire les noms de (presque) tous les commanditaires du Pouzza. Voilà.

Lagwagon apparaît par magie (à se demander si David Blaine était présent) sur la scène. J’ai entendu un gars faire un jeu de mots pas piqué des vers et appeler le band «Lagwagouine». Humoriste de la relève, ce boy! Le band donne des frissons au gars à côté de moi qui mentionne ses frissons une vingtaine de fois à ses amis. Le band provoque un couple qui commence à se frencher devant moi pendant deux tounes. Le band fait danser le petit gars en avant de moi, assis sur les épaules de son père, la craque de fesse à l’air.

Lagwagon / Photo: Marielle Normandin Pageau
Lagwagon / Photo: Marielle Normandin Pageau
Craque de fesse / Photo: Marielle Normandin Pageau
Craque de fesse / Photo: Marielle Normandin Pageau

Je finis ma soirée au chic Café Cléopâtre pour assister à 2 tounes de Clipwing, le band de Winnipeg au bassiste «faiseur de faces». Ils prennent le temps de remercier l’entièreté de l’équipe du Pouzza. Sweet guys, ces Winnipeggeux!

Y’a aussi plusieurs affiches cocasses de shows semi-douteux.

Pansexual moi le pain / Photo: Marielle Normandin Pageau
Pansexual-moi le pain / Photo: Marielle Normandin Pageau

C’était, une fois de plus, un évènement dont je vais me rappeler bien longtemps.

Le Pouzza Fest. Là où la prétention humaine ne mettra jamais le pied (on l’espère).

Ça hang loose / Photo: Marielle Normandin Pageau
Ça hang loose / Photo: Marielle Normandin Pageau

LONGUE VIE AU POUZZA. LONGUE VIE AUX JEUX DE MOTS DE BOUFFE. ON SE VOIT EN 2018, LES PUNKS.

 

Pouzza Fest 2017 : Vivre vite, consommer local

La septième édition du Pouzza Fest, le rendez-vous des punks de tout acabit au centre-ville, débute le 19 mai et, comme de raison, FAV vous prépare un topo sur les groupes locaux à surveiller pendant cette fin de semaine de disto, de friture et de sueur.

Pouzza en 2016. / Photo: Caroline Perron
Pouzza 2016 / Photo: Caroline Perron

On ne se mentira pas. Notre passion pour la scène locale est infinie et c’est sûr et certain qu’on va militer pour nos talents locaux au-delà des Daggermouth, PUP, LagwagonMustard Plug et autres têtes d’affiche. Mais on vous parle de nos héros locaux aussi parce que nous sommes à peu près certains qu’ils ne se feront pas annuler leur spectacle pour des raisons hors de notre contrôle. À la lumière des menaces formulées en futilités grammaticales par Owen Pallett envers des groupes de noise rock, on vous propose plusieurs options pour rester sain-e-s et sauf-ve-s dans le monde des musiques dangereuses. «Live fast, eat fast, die whenever», mais seulement si whenever c’est pas en fin de semaine, OK?

Ce sont 46 des 158 projets proposés par le Pouzza qui viennent du Québec, ce qui fait un pourcentage assez costaud pour des projets qui ne sont pas nécessairement boudés par les autres festivals de l’été, mais pas toujours en tête dans les listes des promoteurs. Tant mieux pour nos papilles avides de découvrir le goût de la pouzza de ce qui est beau et bon par chez nous. Classons-les en trois catégories.

Les trésors cachés de l’Île

On dit «trésors cachés», mais certains des noms qu’on va entendre nous sont bien connus. Qu’on parle de Barrasso, BonVivant, Laval (L/\ \/ /\ L) qui a fait bonne figure sur notre top 20 des parutions de 2016 ou de La Carabine et leur #drumjaune, on a des bons repères et de bonnes valeurs sûres. Il suffit d’arriver un peu avant ou un peu après pour trouver ces fameux joyaux qui font moins souvent la manchette. Pensons à Dumb Adults, nom auquel l’auteur du présent billet peut aisément s’identifier, qui passent avant BonVivant, Crash Ton Rock et The Dirty Nil, vendredi aux Katacombes. Ou encore Sunday, qui joue à point nommé, dimanche et qui se faufile entre The Wet Bandits et Serenity Now aux Foufounes Électriques. L’horaire est assez varié pour être Capable! (samedi, Théâtre Sainte-Catherine) de passer une soirée au centre-ville sans que ce soit un Downtown Fiasco (vendredi, Foufounes Électriques).

Québec sans le Pantoum

La ville de Québec a réussi à rayonner au-delà de la région de la Capitale nationale au courant des dernières années grâce aux vaillants efforts d’une bande dans une salle DIY. Par contre, il serait faux de penser que c’est le seul point de création culturelle dans la ville. Quelques projets qui vont dans le sens du punk font aussi un contrepoids face à tous les auditeurs du FM93 qui restent pris sur l’autoroute Henri IV. Ils font preuve de Persistence (dimanche, Café Cléopâtre) pour montrer le meilleur d’eux-mêmes à Montréal. On note les passages de The Robert Creek’s Saloon et de Our Darkest Days, respectivement au Jardin des Bières (Clark/Maisonneuve) le samedi et au Café Cléopâtre le dimanche, ainsi que de Mhedved, dimanche aux Katacombes, juste après L /\ \/ /\ L.

Je r’viens d’loin, toi tu t’en vas nulle part

C’est cruel dit de même, mais si tu viens de Montréal et que tu restes à Montréal pour le Pouzza, c’est vrai que ta route est moins longue que celle de ceux qui viennent des scènes décentrées. On a nommé Crash Ton Rock, straight outta Jonquière, mais notons au passage les valeureux Two Miles Left de Saint-Jérôme, My Cone Buddy, fameux one-man-band de Neuville ou encore Cirrhose et Cendrier de Valleyfield et Toy Gun Criminal de Sherbrooke.

Le centre-ville prend son beat d’été avec le Pouzza. Manque pas ta chance de représenter ta scène locale. La programmation, plus détaillée et plus claire, se trouve juste ici.

Le Jason SPOUZZA Fest : PunkPunkPunk qui est là ?

Certains diront que le titre est pourri, que c’est un jeu de mot inutile et idiot mettant de l’avant un attaquant des Stars de Dallas dont les beaux jours sont désormais derrière lui. Certes, mais je me devais de sauter sur l’occasion pour mixer deux trucs que j’aime : les Top 10 Jason Spezza de Yvan Ponton à 30 images/secondes ainsi que la musique punk. On n’a pas souvent cette chance là. (On passe sous silence la deuxième partie du titre qui, je l’admets, n’est pas particulièrement habile.)

The Hunters. Crédit : Enzo Velvett
The Hunters. Crédit : Enzo Velvett

Yvan Ponton :  « De la bière, des jeans troués et des studs infinis. RÉCAPITULATIF : Pouzza Fest (édition spéciale du samedi soir) »

Débutons.

Il est 19h, moi et mon compagnon sommes en route pour aller voir le show 10e anniversaire du band The Hunters, les alter-ego punk du groupe Caravane. Il fait très beau, c’est samedi. C’est prometteur. En plus, j’ai pris une soupe Tom Yum pour souper, je suis comblé.

Arrivés aux foufs, le show débute dans 8 minutes, je donne mon nom. Il n’est pas sur la liste. Les deux gars à l’entrée cherchent pas vraiment à m’aider, c’est des vrais punks, donc ils veulent pas avoir l’air trop smat j’imagine.

« Faut que t’ailles au QG »

« Okay »

« … »

« J’pense à ça, c’est où le QG mon brave ? »

Il finit par m’indiquer que c’est à un bon 15 minutes à pied des foufs. Ni une ni deux, nous entamons une course effrénée à travers la mer de punkrockeurs déambulant dans le quartier. Ce qui est l’fun, c’est que y’a du punk qui joue au loin à la Place des Arts, donc j’ai l’impression d’être un épais qui court dans une comédie d’ado de 2001, fait que j’aime ça!

On arrive là. On pogne nos passes. On remercie la gentille demoiselle qui était au QG et on repart à la course vers les Foufs.

Le show de The Hunters vient de commencer, on a manqué une chanson, plus de peur que de mal. On prend quelques photos, quelques bières et avant même de pouvoir commencer à relaxer et tripper, leur set tire à sa fin…

Wouzza-2
Crédit : Enzo Velvett

CONSTAT : j’aime beaucoup Caravane, mais y’a un p’tit quelque chose dans The Hunters que j’aime un peu plus. La p’tite hargne plus agressive est ben ben l’fun, j’aime ça voir des musiciens s’énerver pis s’époumoner sur une scène. Moments forts : 01/01/11, It Had To Be You et Van Party Forever.

C’était trop court, j’en aurais pris plus. Si j’peux me reprendre et pogner leur show au Festival d’Été de Québec, je serais comblé. Si ça vous adonne, vous devriez y aller vous aussi, je le recommande fortement.

Après une petite cigouille,  hop c’est parti pour Less Than Jake.

Je me rends sur le site de la Place des Arts pour y trouver une foule quand même assez dense pour festoyer en compagnie du bon vieux SKA, toujours fidèle au poste lors de l’effervescence du printemps.

Alex Martel, le fondateur du Rockfest,  introduit le groupe armé de son charisme naturel, de son fedorah noir et de son dynamisme tiré d’un berlingot de lait aux amandes.

Au moins, les gars de Less Than Jake n’ont pas besoin d’être présentés par un gars sur le speed non plus. Y s’occupent eux-mêmes de nous réveiller et de nous faire tripper.

Leurs petites intéractions avec la foule entre les chansons sont très sympathiques, j’apprécie les plaisanteries fofolles du quintet punk. Notamment lorsqu’ils font monter deux personnes sur scène pour les forcer à s’embrasser devant la foule. C’est ocasse mais surtout ÉMOUVANT.

Bref, Less Than Jake est à la hauteur des attentes.

Crédit photo : Enzo Velvett
Crédit photo : Enzo Velvett

CONSTAT : Le Ska, c’est l’fun. Look What Happened est vraiment une chanson qui reste dans tête, d’une bonne façon. Overrated (Everything is) est encore meilleur en show. J’ai hâte au Rockfest.

Poursuivons l’aventure.

C’est dans un état de festivalier avancé que je retourne vers les Foufs pour The Suicide Machines et The Saintes Catherines, la raison principale de ma sortie, pour tomber sur le foutu bordel devant le bar. Les portiers des Foufs, reconnus pour leur tact, crient et envoient chier les gens dans l’énorme file/tas de gens qui est en train de se former devant l’entrée.  L’ambiance n’est pas particulièrement chaleureuse.

Je me dis qu’avec nos passes média, on a peut être des chances de rentrer.

Hé bien non. C’est plein pis c’est ça! Le portier belge m’annonce que passe média ou non, c’est non. Lui il s’en fout, il est pas responsable de l’organisation du Pouzza, il est responsable de la sécurité des clients des Foufs, au même moment son collègue est en train de sortir un gars avec une passe média en le serrant par la gorge. À chacun son portier. Je remercie le Belge pour sa courtoisie et je quitte.

J’attends donc un peu en compagnie d’un crew de vidéo qui souhaitait continuer son reportage sur la journée au Pouzza. On espère que ça débloque ou quelque chose, mais finalement c’est peine perdue. Shoutout à Rocket.Tv vous étiez pas mal gentils, j’espère que vous avez eu une belle fin de soirée.

J’ai donc acheté trois Octane pis j’me suis PACKTÉ’A’FACE.

Je rigole, je rigole, rigolo que je suis. On a plutôt fini ça dans le salon de quelques amis à écouter du Less Than Jake pis du Sainte Catherines. Ça aurait pu être pire.

Pouzza Fest du vendredi : «That’s why I fuckin’ quit my job! »

Le grand quadrilatère formé par les rues Sainte-Catherine, University, Sherbrooke et Saint-Denis rayonne par ses passants aux couleurs de cheveux surnaturelles et aux vestes en denim sans manches. Ces gens souriant arrivent de partout dans le monde pour s’enivrer de l’énergie de la ville, et ce, à juste titre : la cinquième édition du Pouzza Fest bat son plein au cœur de la métropole. Cette grand-messe de la contre-culture punk et ses différents genres musicaux se présente comme un équivalent nordique du fameux The Fest de Gainesville et, à ce jour, y parvient plutôt bien.

Avec ses trois soirs de concerts séparés sur huit scènes différentes, il était difficile de choisir quel concert, ou même quel itinéraire, choisir pour parler du festival. Mon cœur a dû trancher pour la soirée aux Katacombes du vendredi avec le concert de Solids. Il faut dire que j’ai eu un coup de foudre pour le duo montréalais lorsque j’ai écouté leur EP Generic Dog, en 2012. Le batteur en moi a succombé dès les premières notes de la chanson Whatevers and Neverminds et l’interprétation originale de Louis Guillemette. Cet amour a beau être pur et fort, il se doit, d’après mon conseiller matrimonial, d’être entretenu.

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Au-delà du duo qui prenait la scène à 1h05 du matin, la liste des groupes qui prenaient d’assaut les Katacombes ce vendredi était truffée de noms intéressants, ce qui a facilité mon choix.

Je suis arrivé vers 22h40, au milieu de la performance de Pile, une formation bostonnaise tirant sur le stoner rock et avec un goût bien marqué pour les dissonances ainsi que les structures de chanson peu orthodoxes. Les pièces, pour ce que j’ai pu voir, ont été livrées avec aplomb et précision. À réécouter dans de meilleures conditions.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« Have fun, but be nice to each other. » Ces mots ont été le credo de l’énergique formation brooklynoise Chumped, qui a pris la scène vers 23h. La formation de pop punk a proposé au public montréalais les grands succès de leur album Teenage Retirement, un opus au ton bon enfant mais rigoureusement efficace traitant, entre autres, de consommation de café. Au milieu de la performance, la chanteuse Anika Pyle a profité de sa plateforme pour passer quelques messages par rapport au respect de l’intégrité corporelle des différentes personnes présentes dans un spectacle; certaines personnes n’aiment pas se faire pousser dans un spectacle, ni même se faire toucher par des inconnus. On se doit de respecter leurs limites. Le public a accueilli le message et la musique de Chumped avec enthousiasme, tout en respectant la direction prise par le groupe.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« That’s why I fuckin’ quit my job! You guys are beautiful! » La formation punk de Philadelphie Beach Slang s’est emparé de la scène à minuit dans des Katacombes pleines à craquer. Visiblement, le groupe était le chouchou du public, qui réagissait positivement aux moindres sparages du chanteur James Alex. J’avais d’ailleurs de la difficulté à croire ce que j’entendais lorsque quelques quidams dans la foule ont commencé à crie « USA! USA! » au milieu de l’une des nombreuses histoires que le leader du groupe racontait. Les gens ont rapidement commencé à sauter de la scène, cracher de la bière sur la foule et commencer des mosh pits pour montrer leur enthousiasme devant la performance endiablée. Dommage pour les valeurs véhiculées par Chumped, juste avant. Peut-être, après tout, que pour les gens présents hier, la bousculade était leur tasse de thé. Le groupe a terminé son set avant de réaliser qu’il avait encore 20 minutes à faire. Ils en ont profité pour gracier la foule d’une reprise impromptue de The Replacements et d’une autre par The Psychedelic Furs. Une habile manœuvre.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« Vous avez toute manqué le dernier métro. » À 1h05, Solids prend place devant un public certes moins nombreux, sans doute en raison du dit dernier métro, mais constitué d’irréductibles fans de la formation montréalaise. On présente aux festivaliers un set chargé, constitué de pièces autant tirées de l’album Blame Confusion paru en 2013 que de titres antérieurs. Xavier Germain Poitras et Louis Guillemette ont profité de l’occasion pour présenter un nouveau titre qui assure un avenir prometteur aux amateurs de la formation. La performance s’est terminé vers 2h du matin pour laisser place au groupe The Hunters offrant un spectacle secret. Les oreilles pleines, c’était malheureusement l’heure de rentrer.

Ah, oui. J’oubliais. Ils ont joué Whatevers and Neverminds. J’ai donc pu renouveler mes vœux comme me l’a conseillé Dr. Love. Une chance que j’avais mon tuxedo dans mon sac à dos.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

Pré-trash au Pouzza Fest

Hier, je me suis rendu au party d’ouverture de la cinquième édition du Pouzza Fest, armé de ma chemise hawaïenne, de mon appareil-photo et de ma bonne volonté. Je suis revenu chez moi, cinq heures plus tard, sans  kodak , mais avec un sourire.

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C’était quand même un très gros line-up que nous offrait l’organisation pour le party d’ouverture, d’ailleurs 100% gratuit, à la Coop Katacombes. L’évènement commençait tôt (16 h, c’est tôt pour un show de punk) avec des sets acoustiques sur la terrasse, auxquels je n’ai malheureusement pas assisté. C’est pas l’envie qui manquait, vu que manger des hot-dogs en écoutant Ariane Zita aurait probablement été une belle expérience, mais j’avoue que le fait de rester 9 heures debout en ligne me turnait un peu off.

C’est donc pour le set de Lost Love, vers 8 h 45, que je me suis présenté au bar, le temps d’assister à la performance du band pop-punk de Montréal. Le quatuor, super sympathique, a lancé la soirée devant une salle un peu vide, mais quand même bien réveillée.

Ils ont ensuite cédé leur place aux Viennois de Dee Cracks, band de punk old school que j’avais vraiment hâte de voir en live. Même si leur musique entre hardcore et Ramones a très bien marché, je pense que c’est surtout du batteur que la foule se souviendra. Des shorts à motifs de bananes, des cris de singe et des contorsions faciales, ça trompe pas!

Audio Visceral est venu par la suite ralentir un peu les ardeurs encore plus ou moins refoulées du public. Remarquez que ce n’est pas leur faute non plus: mettre un band de punk plus prog – lire ici: qui utilise plus de trois accords et deux beats par toune – et très «adulte» directement après l’énergie brute de Dee Cracks, c’était pas l’idée du siècle.

Après un long break, les Montréalais de Dig It Up se sont enfin pointés devant une salle maintenant remplie à rabord pour offrir aux fans leur «party-punk pour toute la famille». C’est là que le party a vraiment pris, envahissant les Katacombes d’un déluge de bière, de sueur et de crachats, le tout malaxé dans le très beau moshpit qui s’était formé entre temps. Pis c’est là que j’ai cassé mon appareil photo…

Finalement, après 4 grosses heures d’attente, le band pour lequel je m’étais principalement déplacé est enfin monté sur scène. Ça faisait quand même plus d’un an que j’attendais de voir Single Mothers, les génies qui nous ont offert Negative Qualities l’automne dernier. La salle s’est étrangement vidée de moitié dès la fin de la première chanson du band, mais les vrais sont restés et la performance s’est ensuite résumée à un trash collectif et des fans qui criaient les paroles au micro avec le chanteur.

Parce que c’est aussi ça un show punk. Un moshpit, des bousculades pis des crachats de bière, ça peut devenir très beau, surtout devant une communauté allumée comme celle qui traîne au Pouzza. Bon festival tout le monde, on se voit à Solids ce soir!

pouzzafest.com

L’Odyssée au Pouzza Fest d’un gars qui connait pas le punk – Jour 1

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les-foufsC’est sous une pluie intermittente que j’ai grimpé sur mon vélo pour faire la ride Hochelaga – Centre-ville en quête de nos passes média pour le Pouzza Fest. Déjà tout trempé de la tête aux pieds, j’ai réalisé que le déplacement en vélo fut la première erreur de ma soirée, sans être la dernière. Récit d’un gars pas punk au festival punk de Montréal.

Après deux pintes au pub St-Élisabeth, arrêt nécessaire puisque mon coloc m’avait mis du Laurence Jalbert dans la tête plus tôt, on a débuté notre escapade aux Foufs pour voir Junior Battles, suivant les bons conseils de mon ami Le P’tit Bouchard. J’ai vite réalisé qu’en ma qualité de jeunot trop peu âgé pour avoir pu profiter de Nirvana, Sonic Youth et autres groupes des années 90 sur les planches des Foufs, c’était la première fois que je ne rentrais dans ce bar ni un mardi, ni un jeudi soir. Faisant fi de mes vieux souvenirs d’adolescent saoul de 17 ans dans les escaliers des Foufs, on est aller écouter le set de Junior Battles.

Junior Battles

Deuxième erreur de la soirée.

J’aurais cru entendre du Sum 41 boosté, une sorte de version pop aréna d’un groupe hardcore qui veut pogner. On a fini par se dire que le weekend allait être long si tous les groupes ressemblaient à ça. Mention honorable à cette citation du chanteur : « congratulations on kicking out those racists assholes in the last election ». Ah.

Heureusement, on s’est ensuite déplacé au Théâtre Ste-Catherine pour voir Lovechild. Pas de déception ici : gros hardcore mathématique très bien construit, avec un chanteur gueulard à la chemise trop petite. On s’imagine souvent que les frontmans de groupes hardcore doivent avoir plein de tattoos et piercing, mais lui avait l’air du average college nird aux cheveux rasés. Une belle découverte de ce Pouzza Fest.

Notre escouade pas punk a ensuite fait une halte au Café Chaos, lieu encore inexploré par nos très prudes personnes. Ce fut, encore, une erreur : la bière coûtait 6$ au lieu de 4$, comme c’est le cas pratiquement partout ailleurs.

Pour citer mon collègue Fred, le band « a l’air d’aller jouer une game de Halo dans un sous-sol ».

Pit stop au St-Ciboire, autre erreur : la bière est 5.75$ et le band invité joue encore du pop-punk pas écoutable.

Retour à la source du Théâtre Ste-Catherine pour tenter de retrouver un semblant de punk dans la musique de ce festival. On tombe sur Disaster Strikes, quatuor de Boston dont les chansons sont (presque) toutes à propos des droits des travailleurs. C’était bien intéressant, nonobstant le t-shirt des Bruins porté par le drummeur. La foule a scandé un « nah nah nah nah, hey hey hey, goodbye! », on les a envoyé chier un peu, mais tout est resté très convivial.

Le prix de la meilleure foule de la soirée revient à celle du Cabaret Underworld qui assistait au show de The Fundamentals : festive et participative, elle a fait sourire de nombreuses fois les musiciens sur scène.

La soirée s’est conclue avec The Hold Steady, seul groupe de la journée dont j’avais connaissance avant de mettre les pieds à ce Pouzza Fest. Craig Finn semble être le frère spirituel de Michael Stipe, avec un charisme weird et des moves scéniques de geek pas assumé. Un bon show.

La suite, à lire demain.