Tout ce qu’on va chercher à Osheaga

C’est aujourd’hui que commence le festival Osheaga, une excellente occasion de pogner des coups de chaleur avec des Ontariens sur l’Île-Sainte-Hélène pendant trois jours. Comme Feu à volonté n’a pas peur des défis, on a décidé de se faire une liste de choses qu’on a l’impression qu’on va probablement croiser. On vous revient avec nos résultats en photos lundi, mais c’est aussi un jeu pour vous. Amusez-vous à trouver le plus d’éléments possible! C’est plus l’fun que chercher Carmen Sandiego.

LA LISTE

  • Ce gars-là
  • Quelqu’un qui vomit
  • Un humain en manque d’attention qui se promène avec un objet contondant 
  • Des mamelons d’hommes 
  • Des mamelons de femmes
  • Un Tamagochi
  • Philippe Fehmiu
  • Un joint gonflable géant
  • Quelqu’un sans bracelet qui essaie de sauter la clôture
  • Une paire de souliers abandonnés
  • Un influenceur qui prend une photo avec un autre influenceur
  • Des Ontariens qui cherchent de la drogue
  • Un bodysurfer dans un show qui n’est pas propice au bodysurfing
  • Un sac à dos en peluche
  • Un bébé avec des coquilles sur les oreilles qui n’a pas envie d’être là
  • Quelqu’un qui tourne un court-métrage de piètre qualité avec son cell
  • Un ventilateur à batteries
  • Quelqu’un qui a amené du mobilier de camping
  • Des fratboys qui vivent leur best life
  • Au moins 30 paires de lunettes de Kurt Cobain
  • Clodelle et Claude Bégin
  • Une fille saoule les épaules de son chum qui cache la vue à 100 personnes
  • Cette chose:
  • L’un ou l’autre de ces objets interdits sur le site:

Drogues illégales 

Attirail de drogue (!?)

Glacière rigide

Mégaphone

Feux d’artifice

Animaux 

Une tente

Un totem (!?)

Un pointeur au laser

Osheaga 2018: on va respecter les règlements cette année

L’an dernier, on n’avait pas reçu d’accréditation pour aller couvrir Osheaga. Question de s’excuser pour y être tout de même allé les trois jours semi-officiellement, on a décidé de faire un beau texte pour parler de la programmation 2018 du festival montréalais. Ça l’air que c’est de même que ça marche, dans le milieu de la culture.

Force est d’admettre qu’on aimerait bien y aller cet été parce que la prog est assez solide. Une des plus belles depuis un petit bout de temps en fait. Si en 2017, c’est le Festival d’été de Québec qui s’était imposé comme ayant le plus beau setlist de la saison, Osheaga reprend ici le titre haut la main. Et question de prouver le tout, on vous présente ici nos faits marquants de l’affiche dévoilée ce midi.

Les têtes d’affiches:

  • Blondie: La formation new wave américaine de Debbie Harry viendra célébrer ses 44 ans de carrière au Parc Jean-Drapeau. 44 ans et elle se retrouve tout de même sur la seconde ligne de sa journée, soit le samedi 4 août, ce qui prouve assez bien le niveau de qualité de la soirée. Elle est juste derrière Anderson .Paak, qui fera son 158e show au Québec en deux ans, approximativement.

  • Franz Ferdinand: C’est pas vraiment une méga tête d’affiche, mais le groupe efficace est honnêtement un incontournable en spectacle si vous ne les aviez jamais vus. Le quintette viendra présenter son dernier opus Always Ascending au public montréalais, mais de nombreux hits de leur incroyable album Franz Ferdinand de 2004 sont à prévoir.

  • The National: Avis à tous, Élise, notre rédac-chef, compte se défenestrer depuis qu’elle a appris la présence de la bande à Matt Berninger à Montréal. Les Américains, toujours aussi suaves et doux, feront fort probablement brailler des tonnes de post-emos reconvertis en hipsters inassumés le dimanche 5 août.

  • Arctic Monkeys: Grosse prise pour l’organisation d’Osheaga! Les anglais, qui headline cet été plusieurs grands festivals américains, devrait faire courir les foules pour leur passage en terres montréalaises, même cinq ans après la sortie de leur dernier album AM, qui reste encore aujourd’hui un must.

  • James Blake: Dernier, mais non le moindre: le producer anglais James Blake. Celui qui passe parfois inaperçu en offrant ses productions léchées aux plus grands noms de la pop et du rap, viendra présenter des extraits de son impressionnante discographie lors de la soirée d’ouverture du festival, le 3 août prochain. Le son de festival lui rendra-t-il toutefois justice? Seul l’avenir nous le dira.

Les bands à ne pas manquer:

  • Alex Cameron: L’Australien, en plus d’avoir sorti l’excellent album Forced Witness l’an dernier, nous aura aussi offert un des clips les plus fuckalls de 2017 avec la chanson Big Enough de Kirin J Callinan. Ça s’annonce déjà comme un excellent set sous le chaud soleil de l’après-midi.

  • GoldLink: Un rappeur américain qui commence à se faire connaître, entre autres pour ses collaborations répétées avec Kaytranada. Son hip-hop fortement teinté de R&B devrait enchanter les foules et on peut peut-être s’attendre à des invités surprises lors de son show.

  • Julien Baker: Jeune chanteuse folk américaine, elle a fait tout un buzz avec la sortie de son magnifique album Turn Out The Lights l’automne dernier. Probablement un des sets les plus émouvants de cette fin de semaine, mais on a déjà bien hâte quand même.

  • Modeselektor: Présence assez surprenante pour le duo de Djs berlinois sur cette programmation, alors qu’ils n’ont pas la réputation de courir les festivals à outrance. Surtout connus pour leurs ambiances technos et leur rôle dans la formation Moderat, ils ont aussi travaillé avec d’aussi gros noms que Radiohead ou Mr Oizo dans le passé. Ça risque d’être assez dansant comme set.

  • Carpenter Brut: Finalement, les amateurs de musique qui brasse ne seront pas en reste avec la présence du Français Franck Hueso et son groupe synthwave au festival. Pour ceux qui n’auraient jamais vécu l’expérience de les voir en live, c’est vraiment quelque chose d’incontournable, que vous soyez des fans d’électro dystopique ou pas.

Le volet québécois est aussi maintenu cette année avec quelques beaux noms sur la programmation. En rafale: Milk & Bone, Matt Holubowski, Essaie Pas, A-Track, Loud, John Jacob Magistery, Paupière, The Brooks, Ponctuation et quelques autres.

Donc voilà, on a fait patte blanche. La balle est maintenant dans votre camp, Osheaga! On vous rappelle en terminant que Osheaga 2018, c’est du 3 au 5 août prochain. Manquez pas ça!

Les 10 pires évènements musicaux de 2018

Vous savez déjà tout ce que vous ne voulez pas manquer en 2018: le mariage du prince Harry, les derniers JO de Marianne St-Gelais et Charles Hamelin et les dix ans depuis l’arrestation de Tony Conte. Mais est-ce que quelqu’un vous a dit ce qu’il fallait NE PAS attendre en 2018? Non. Eh bien nous, on vous le dit! Voici les 10 évènements musicaux à manquer en 2018. Vous saurez où et quand ne pas être quelque part. De rien.

Par Mathieu Aubre et Élise Jetté

 

1 Le retour de Corneille

Oui, oui, Corneille! Le gars dont on n’a pas entendu parler depuis l’excellent projet Forever Gentlemen. Nos informateurs ont déterré, lors de notre party de Noël, des archives prophétiques qui annoncent sans nul doute un retour du chanteur rwandais en 2018.

Comme vous pouvez le voir sur cette photo, Corneille a toujours été un grand visionnaire, prévoyant avec 14 ans d’avance le meme game actuel. Si Corneille connaissait déjà les memes du futur en 2004, tout indique qu’il en profitera justement pour surfer sur la vague de popularité de cet infâme symbole pour se réintégrer en force dans le paysage musical de la francophonie internationale.

2 Eminem

Le nouvel album d’Eminem dure 77 minutes et la chose la plus excitante du disque, c’est le titre: Revival. C’est rempli de promesses un album qui s’appelle de même et pourtant, tout tombe à plat excepté le sample de Zombie des Cranberries qu’il utilise sur In Your Head. Cet hommage désormais posthume est le seul élément pouvant créer de l’engouement autour de sa nouvelle oeuvre. Méfiez-vous donc du Festival d’Été de Québec, car le rappeur a prévu faire la grande tournée des festivals nord-américains et le FEQ serait dans sa mire. Le voici à l’époque où on l’aimait:

3 Le retour de Marjo

La provocante artiste québécoise nous revient pour une nouvelle tournée québécoise cette année et s’impose même dans les milieux normalement plus indépendants. En effet, c’est elle qui headlinera la Ligue rock 2018. En espérant qu’elle saura se rendre compte que les bands qu’elle côtoie sur l’affiche sont bons aussi, contrairement à ce qu’elle affirmait en 2015.

4 La course à la présidence américaine de Fred Durst

Alors que les Américains se déclarent en faveur de l’arrivée d’Oprah Winfrey à la tête de leur pays, un autre joueur commence à faire ses marques. En effet, Fred Durst, le chanteur de Limp Bizkit, a eu un beef Twitter assez remarqué avec le président Trump la semaine passée. Et on sait tous qu’en 2018, c’est sur Internet que ça se passe, la politique. Une éventuelle éviction de Trump pourrait bien lui laisser la porte grande ouverte! Au Québec, on aimerait bien voir Jonas tenter la même chose.

 

5 Petite-Vallée sans Cheval-Serpent

L’an dernier, quand Feu à volonté s’est rendu en Gaspésie pour le Festival en chanson de Petite-Vallée, il nous est arrivé de manquer des shows de fin de soirée pour aller regarder Cheval-Serpent sur Tou.TV. Malheureusement, cette année, il faudra faire sans Claude Bégin, comme une deuxième saison ne semble pas dans les cartes. Or, comme le chanteur/acteur-nu est supposé sortir un album au printemps, on pourrait le retrouver à Petite-Vallée dans un autre contexte. À noter qu’en plus de vivre Petite-Vallée sans Cheval-Serpent, il faudra vivre Petite-Vallée sans le Théâtre de la Vieille Forge :(

Photo: ICI Radio-Canada Télé

P.S.: Après le Cheval-Serpent, on ne pourra même pas se rabattre sur les chevaux dans le Vieux-Port de Montréal, la nouvelle mairesse ayant promis d’abolir les calèches en 2018. Tsé quand ça va mal…

6 Loud en général

Aussi surprenant que ça puisse paraître, y’a déjà des gens qui commencent à se tanner de #theshit de 2017. Ces hérétiques vont probablement trouver le temps long cette année, alors que Loud est devenu mainstream et que des armées de soft boys et de basic white girls n’écouteront que ça dans les 5-6 prochains mois. Pis comme c’est pas vrai que toutes les femmes savent danser, ça va être rough dans les bars pis les partys étudiants.

7 La merch de Marc Dupré

En 2018, il faudra essayer de rester loin de quiconque portant ce hoodie black & gold. Il est préférable, notamment, d’éviter le Centre Bell le 9 juin dans le cadre des Francos, sous peine d’entendre des phrases plus creuses qu’un puits artésien telles que:

«Prends les routes où personne encore ne va. Et puis dans le doute, j’aimerais que tu penses à moi»;

«On finit par trouver une raison d’exister, par trouver la maison où l’on voudrait rester»;

ou encore, «Il faudrait dans ce monde, tenir à quelque chose, de plus beau de plus beau de plus beau, s’imaginer un autre jour à sauver, avant qu’il ne soit trop tard.»

8 Les 50 ans de Céline

C’est son 50ième en mars et si elle s’habille comme ça pour Vogue, imaginez ce qu’elle peut mettre pour célébrer son demi-siècle.

9 Un voyage au Mexique avec Kaïn

Tu as toujours rêvé de prendre des vacances au chaud dans un environnement où il est possible d’entendre Embarque ma belle sur demande? Ton rêve le plus fou, c’est de manger dans le même plateau de fruits de mer que Steve Veilleux? Paul Daraîche en chest qui boit de la sangria dans une piscine à remous, ça te parle? Ben dans moins de dix jours, ton rêve pourrait se réaliser! Le voyage exclusif Kaïn et ses potes au soleil t’invite à des concerts uniques (on espère, en fait, que ça se reproduira pas) dans le confort d’un resort au Mexique. On annonce aussi un jam session, donc si tu t’y rends, amène ta mandoline et mémorise les (2) accords des tounes du groupe!

10 La nouvelle saison de La Voix Junior

Bon, vous allez dire que c’est une cible facile et que c’est assez consensuel. Mais non, ça s’inscrit ici dans une vision plus large. Parce que, La Voix Junior, ça vient combler un manque dans le domaine des shows télévisés de jeunes qui chantent mal au Québec, et au final, ça vient nous faire regretter L’École des fans (et, selon Élise, Décibel). Et si vous ne voyez pas le parallèle, vous en jaserez avec Charles Lafortune. Et non, on ne fait pas dans la théorie du complot, on fait juste s’ennuyer un peu.

P.S.: L’an dernier aussi, on vous avait avertis!

Les aventures de Noé à Osheaga 2017

Cette année, Feu à volonté n’a pas reçu d’invitation média de la part de l’équipe d’Osheaga. Suspectant que c’est parce que nous sommes trop drôles, Mathieu a décidé d’y aller quand même, mais sans payer, en se lançant le défi de trouver une façon différente chaque jour pour accéder au site. Son récit vous est ici livré.

Les attentes sont élevées.
Les attentes sont élevées.

J’arrive sur le site d’Osheaga en cette première journée à 6 h 30 du matin. En effet, pour réussir à avoir ma première passe, j’ai décidé de travailler comme technicien pour Evenko et de participer au montage des installations de commanditaires pendant deux jours. Un total de 17 h de job réparties en moins de 24 h me permettra d’obtenir une passe all access pour la soirée du vendredi. On pourra pas dire que je me suis pas donné, comme en témoignent les 12 ampoules que j’aurai plus tard sur les pieds et la tendinite que j’ai développée.

Finissant mon shift à midi pile, je prends le temps de me changer pour aller m’installer à l’avance sur le faux gazon brûlant près de la Scène des Arbres, aka la scène avec le moins d’arbres. Au passage, je prends également quelques photos d’installations qui tiennent de façon louche et sur lesquelles j’ai parfois moi-même travaillé. Vous ne les verrez toutefois jamais puisqu’elles étaient sur mon cellulaire. (Vous allez comprendre pourquoi plus bas, continuez la lecture! #suspense)

À 13 h, c’est à Vulvets d’ouvrir officiellement mon premier Osheaga. Vêtues de leurs habituelles robes colorées, les filles se présentent avec un grand sourire devant le public encore intimiste. La palme du meilleur suit revient cette fois à Dorothée, parce que j’aime bien les flamands roses, qui sont en parfaite harmonie, à ce moment-là, avec la température encore estivale de Montréal. Bien en énergie, le quatuor nous présente un show sans anicroche, parfait pour bien amorcer le tout.

Je me déplace ensuite tranquillement pas vite vers la Scène Verte où était normalement programmé BadBadNotGood pour 14 h 45. En y allant, je fais une pause sur la Scène de l’Île, le temps d’anticiper avec plaisir le bout où je devrai tanguer sur la brosse pour aller voir un show.

Je me rends ensuite sur le terrain gazonné de ma destination et profite de la prestation de Blaenavon, un jeune band anglais qui doit ben triper sur New Order, pour faire une sieste. Oubliez pas que je suis magané d’avoir fait un 9 h AM – 1 H AM et 7 h AM – midi de job… En tout cas, moi je m’en souviens!

Et c’est à ce moment que le déluge survient. Une pluie magistrale, de type 43 sur l’échelle de Richter, vient arroser allègrement le site d’Osheaga et son public légèrement vêtu. Alors que tous tentent tant bien que mal de se protéger de l’averse, moi je me sors une Four Loko de mon sac de technicien et je marche tranquillement dans les allées pour aller me bencher sur un divan gonflable tout en criant non-stop «Osheaga tabarnak». Oui, je suis déjà un peu affecté à ce moment de la journée. Finalement, des gens viennent me jaser et prendre des photos, signe que je suis un excellent remplacement aux shows qui sont annulés les uns après les autres.

Heureux de ne pas être mort noyé, où écrasé durant la chute d’une quelconque installation instable comme le gars dans la vidéo ci-dessus, je retourne à la Scène Verte, où BadBadNotGood rejoue en remplacement de De La Soul, qui a laissé tomber Montréal.

Seule déception: avoir manqué Noname à cause de la météo. Sinon, trois minutes après le début du show des quatre Torontois, la pluie reprend. Pas chanceux, les jazzmen: ils avaient eu droit au même traitement lors de leur show extérieur à OUMF en 2015. Ne se laissant pas impressionner, le drummer décide de continuer le show tout seul, en jouant des rythmes et en invitant le monde à chanter par-dessus. On aura droit à Thunderstruck pis Seven Nation Army, deux chansons très jazz, vous en conviendrez. Les gars reprennent finalement le show pour quelques minutes de soleil à mon plus grand bonheur. Reste qu’au final, je donne un A pour l’effort, mais pas pour la qualité du show. Dommage!

Je me retourne et Sampha prend d’assaut la scène d’en face, audacieusement vêtu d’un genre d’imper à bretelles/sac. Je suis pas sûr de tout comprendre, mais je suis pas très deep dans le #modegame non plus, faut dire. Sa musique reste toutefois plus accessible que son linge, et il nous présente le contenu de son excellent album Process dans une formule assez statique et mellow. Pas mon show préféré, mais reste que le gars est solide dans ces interprétations.

Encore une fois, je n’ai qu’à me revirer de bord pour pogner le prochain show, et c’est en l’occurrence celui de Car Seat Headrest qui débute. Voulant visiblement que les gens le comparent encore plus à Rivers Cuomo de Weezer, Will Toledo porte pour l’occasion des grosses barniques, du linge preppy et un toupet qui ferait rougir d’envie n’importe quel jeune emo. Très fort.

Sinon, côté musical, les gars font dans l’assez épique, ouvrant le show sur Vincent, version allongée avec plus de solos. Je reste pas mal bouche bée pendant les 40 minutes du show, où ne seront d’ailleurs jouées que six tounes tellement les gars se gâtent. Pourquoi faire un pacing de show à l’avance quand tes tounes durent toutes 7-8 minutes, hein! Le résultat final est pas mal un de mes shows préférés de 2017.

Étant maintenant avec pas mal de chums de d’autres médias qui se sacrent assez ouvertement de Milky Chance, on décide d’aller manger et de visiter la section VIP, aka l’autre caliss de bout du monde. Après une marche d’une dizaine de minutes, on arrive dans un bar sec – potentiellement le seul endroit pas mouillé sur le Circuit Gilles-Villeneuve –, et je mange une poutine avec des tater tots à la place des frites. #osheagras2017

Le temps de finir de me mettre chaud à faible coût, il faut déjà repartir pour aller pogner la fin de MGMT. Je vais me placer habilement dans la zone VIP près de la scène de la Montagne. La terrasse, qui accueillera Justice plus tard, semble être un bon endroit pour sniffer du Ritalin en mâchant du mush, si j’en crois les dires de deux dudes assis à côté de moi.

On finit par jaser un peu en écoutant les trois tounes de Oracular Spectacular connues du band, laissant de côté tout ce qu’il a fait d’autre depuis et à quoi personne ne semble jamais s’être intéressé. Pas grave, tu peux rider sur un méchant bon bout de temps avec une toune comme Kids.

Il est rendu 20 h 30, il pleut toujours et Justice monte sur scène. Pis là, le fun commence après une journée correcte, tout au plus. Les deux gars se placent entre un mur d’amplis Marshall qui flashent et jouent quasiment dos au public, probablement pour se protéger les yeux de l’orgie d’éclairage qui les accompagne et éviter de se faire rôtir comme un délicieux poulet Piri Piri par les projecteurs.

Remixant eux-mêmes leurs chansons, mais dans une formule live, le duo français a juste l’air vraiment de deux rockeurs bad-ass en coat de cuir, ce qu’ils sont visiblement devenus à coup de tounes toutes plus grasses et violentes les unes que les autres. Le rappel sera d’ailleurs constitué de Chorus, un moment très fort de musique.

Pour bien finir ma soirée, quoi de mieux qu’un show de Lorde. Moment confession ici: je tripe vraiment beaucoup beaucoup et sans ironie sur la musique de la fille. Faque je suis vraiment heureux de pouvoir assister à son show en sol montréalais, surtout de la bien située terrasse VIP Virgin Mobile, à laquelle j’ai accédé en déclarant être Marc-André Mongrain de Sors-tu.ca; un habile stratagème que je compte répéter de plus en plus souvent.

La Néo-Zélandaise commence avec un bunch de tracks de son premier album, que je chante avec un peu trop de plaisir, et un cover de Magnets, sa chanson avec Disclosure. Je danse pas mal sur tout ce qui se passe, mais à ce moment-là je sais plus trop si c’est parce que c’est bon ou si c’est à cause des trois Monster que je viens de boire en moins de 15 minutes pour rester réveiller.

Elle sera accompagnée de danseurs, et éventuellement de Tove Lo et même de Martha Wainwright, qui viendra ne pas dire un criss de mot pendant un cover de sa chanson Bloody Mother Fucking Asshole. Le public semble emporté par la prestation, que je quitte finalement avant la fin pour éviter d’attendre une heure et demie en file pour me rendre jusqu’au métro. Je raterai donc Green Light, ce qui anéantira un peu ma fin de soirée. Pis once again: aucune ironie ici. Les gens ont jamais l’air trop sûrs quand je dis aimer Lorde dans la vie…

Après avoir finalement dormi comme un très gros bébé, selon les dires de ma blonde, je me prépare pour ma journée de samedi comme le pire des cons. Ne voyant pas de pluie dehors, je décide en effet de me rendre à Osheaga en vélo. Il commencera à pleuvoir après seulement 8 minutes de pédalage et je reste dans Villeray, je vous laisse donc imaginer l’ampleur de mon imbécillité notoire. Mon cellulaire y laissera d’ailleurs sa peau par ma faute. Dieu ait son âme.

Vais-je intégrer Le Couleur?
Vais-je intégrer Le Couleur?

Le public semble vouloir en tout cas.
Le public semble vouloir en tout cas.

C’est donc bien humide, mais au très gros soleil, sorti seulement à mon arrivée sur l’île Sainte-Hélène, que je vais voir Le Couleur, sans toutefois participer au show. C’est d’ailleurs à eux que je dois mon entrée gratuite du jour, alors que j’ai réussi à me tailler une place sur leur guestlist pour la journée. Donc, pour éviter tout conflit éthique, je dirai seulement de leur show que je suis bien heureux de les voir performer avec un gros système de son professionnel et que la participation de Paul Hammer de Savoir Adore a quelques chansons est très efficace.

Je me déplace ensuite pour voir Heat et je commence enfin à apprécier mon Osheaga. Je m’assois stratégiquement loin du stage, mais près des fontaines d’eau de l’entrée, me rafraîchissant ainsi un peu tout en chillant sur une trame sonore parfaite pour ce faire. Les gars sont en forme, Susil Sharma s’assure d’être aimé du public et moi, je mange plein de jerky de bœuf donnés gratis à une tente pas loin. Qu’est-ce que tu peux vouloir de plus pour passer un bel après-midi, hein? De la bière, oui. Mais comme elle est fucking 9 $, je reste sobre.

De retour à la Scène de la Vallée, je vais voir le show de Beach Slang. Le public assiste ici d’ailleurs à un festival d’incongruités qui me fait sentir bien à ma place. Le fun commence en effet quand James Alex achète une demi-bière tablette 20 $ à un dude du public entre 2 tounes.

On aura ensuite droit à 4 fois l’intro de Smooth de Santana pis Rob Thomas (une inspiration pour le groupe), à pas mal d’interventions pas rapport, pis à un correct cover de Where Is My Mind des Pixies. Un show assez bien rempli, mettons. Pis qui confirme aussi que la bière est vraiment hors de prix à Osheaga. 

N’ayant plus de cellulaire, je me retrouve aussi sans horaire et je commence à avoir un peu de misère à me souvenir des bands que je veux voir. En entendant les premières notes du show de Peter Peter en face, je me souviens toutefois que je veux sacrer mon camp ailleurs, et je tombe finalement sur le show de River Tiber à la scène qui flotte.

Si les douches ne semblent pas trop catcher pourquoi trois hipsters torontois avec des guitares ont pris possession de leur QG, la partie réellement mélomane du public pogne agréablement de quoi. Le chant R&B de Tommy Paxton-Beesley est encore plus efficace en live que sur album et on espère au final qu’il déménage à Montréal, comme il affirme l’envisager.

Je quitte un peu avant la fin pour ne pas manquer Temples. À ce moment-là, vu la chaleur, je décide d’adopter un look d’inspiration hippie: je déboutonne ma chemise et je noue autour de ma tête un bandana, qui m’a été donné gratis par une compagnie de pot plus tôt dans la journée. Quatre personnes me demanderont si je vends de la drogue dans les quinze minutes suivantes. Le côté psych efficace de Temples doit d’ailleurs aider le phénomène. J’imagine que, ben gelé, tu dois comprendre pas mal d’affaires de leur musique, contrairement à quand ils parlent avec un insane accent anglais. Moi, je fais plutôt une sieste dans le faux gazon, again.

Je passe ensuite l’heure suivante à tenter, comme la veille, de m’infiltrer dans les VIP, où chillent pas mal tous mes amis, et je décide d’arrêter et de faire du jogging quand un dude veut caller la sécurité. Ma petite course de santé m’amène finalement au show du très dad-rock Liam Gallagher. Malgré la température de 28 000 degrés Celsius, le gars porte un coupe-vent sur scène, et on craint qu’il ne parte après 20 minutes comme il l’avait fait deux jours avant à Lollapalooza. Finalement, il ne le fait pas, mais ça reste assez plate comme prestation, surtout que le tout se conclura sur Wonderwall, qui reste quant à moi la toune la moins intéressante de tout le mouvement Madchester.

Plus efficace, Danny Brown enchaîne sur la Scène Verte. Avec un dj qui a l’air gelé comme une balle et un suit qui ressemble à un pyjama de Godzilla, le rappeur frappe fort. Tellement fort que je me fais éventuellement crisser à terre par le dude de la sécurité qui voulait me sortir plus tôt au VIP parce qu’il est trop sur le party. On se réconciliera finalement à force de crier «pussy» et «molly» sans arrêt. Je suis sûr que si Jésus avait utilisé cette technique-là, dans le temps, il serait jamais mort crucifié. Au final, je pense que c’est ce show aura été celui avec la crowd la plus intense et la plus motivée du festival.

Commençant à être affamé, je décide de visiter la section bouffe non-VIP du site et de me prendre une poutine. Grave erreur: 9 $ plus tard, je me retrouve avec un poutine au mozzarella râpé à saveur de sel. Une chance que je peux aller voler du beef jerky non-stop pas loin pour le reste de la journée!

Ce sera d’ailleurs ce que je ferai durant l’excellente performance des légendaires Broken Social Scene sur la Scène de la Montagne. Avec la formation originale au grand complet, y compris Emily Haines, le band fait plaisir à voir. On passe surtout par des nouvelles tracks, mais Texico Bitches me met ben de bonne humeur, plus que les filles devant moi qui passeront l’entièreté du show à se photographier duckfaces et underboobs et sirotant des bouteilles de vodka format mini-bar.

Dans ce show-là, tout est trop gros: plein de guitares, des cuivres partout. C’est rendu tellement too much que tu peux juste trouver ça beau à entendre comme prestation! On aura finalement droit, pour mon plus grand plaisir, à une prolongation de 15 minutes du show, Tory Lanez ayant visiblement de la misère à partir en face.

Et question de continuer dans l’épique et la qualité, je me rends au show de Father John Misty tout de suite après pour avoir une bonne place. Je dois par contre endurer le show d’Arkells en face, qui n’arrête pas de chanter des tounes qui parlent de pluie. Pour une fois qu’on a du soleil, tsé…

Josh Tillman embarque finalement sur scène, commençant directement sur Pure Comedy, et ça me prendra juste trois minutes avant de me mettre à pleurer un petit peu parce que c’est beau. Très théâtral dans ses interprétations, Tillman fait l’inverse de ce qu’il fait d’habitude et ne perd pas une seule seconde à parler au public.

Il faudra attendre qu’il se coupe avec son pied de micro, pour qu’il ne s’adresse à nous. Ce sera pour nous dire qu’il est déçu de ne pas pratiquer un style musical qui lui permet de s’étaler plein de sang dans la face, avant de tenter de s’étaler plein de sang dans la face, sans succès. Finalement, probablement à cause des appels incessants de l’autre con à Max Kerman, la pluie re-kick-in pendant Nancy From Now On, juste pour ajouter au côté dramatique de la chose. Le show se termine finalement après douze chansons, quatre pieds de micro remplacés et sur I Love You Honeybear, moment où je me remettrai d’ailleurs à pleurer un ti-peu. #mâlealpha

Pis vu qu’après ça, tout a l’air un peu plate, comme sur lendemain de MDMA, je reste pas trop longtemps à Nicolas Jaar et je décide d’aller faire dodo. Je profiterai quand même de ma marche vers le métro pour crier en mongol Resistance de Muse, qui joue en background. Une belle fin de soirée!

Les 10 pires évènements musicaux de 2017

Vous avez pris en note les évènements marquants à ne pas manquer en 2017? Tout le monde vous parle de ça! De notre côté, pour vous éviter des déplacements inutiles (Über, c’est plus cher depuis que c’est légal), des soirées ratées et peut-être même des échecs de vie, on a listé pour vous les 10 évènements musicaux à manquer en 2017. Voici où ne pas être et quoi ne pas écouter durant la prochaine année.

 

Par Mathieu Aubre, Etienne Galarneau et Élise Jetté

 

1 N’importe quelle apparition publique de Yann Perreau

Les esseulés du Nouvel An qui se sont résignés à écouter le spécial des Fêtes de l’émission En direct de l’univers ont tous eu la même révélation: Yann Perreau, lors de ses apparitions publiques, n’est désormais plus capable de faire autre chose que de parler de sa passion ornithologique. Le faire en criant, avec un regard montrant qu’il frôle la psychose, est quelque chose d’horrible. Craignez désormais chacune de ses apparitions publiques: sa condition ne peut qu’empirer.

2 La Voix sans Hugo Mudie

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas ses projets les plus récents, le vétéran punk Hugo Mudie est un personnage incontournable de la scène underground. Il n’a pas la langue dans sa poche, il a un look unique en son genre et des anecdotes qui impliquent Fat Mike de NOFX. Sa volonté de participer à La Voix pour rire l’a mené jusqu’à la sélection à l’aveugle, qu’il a malheureusement abandonnée avant l’heure d’après un article publié par Vice Québec. La Voix n’aura définitivement pas le même attrait et on se dira tout le temps «À quoi bon, si Hugo Mudie n’y est pas?»

3 L’imminente sortie de l’album de Charles Kardos

Depuis Jordi, est-ce que quelqu’un a réellement aimé un album chanté par un enfant? À part l’immortel duo entre Marilou et Gino Quilico? Et est-ce que quelqu’un a cautionné La Voix Junior? Tout le monde parlera de l’album de Charles Kardos et personne ne saura comment lui dire, gentiment, qu’il vaut parfois mieux attendre que sa voix ait mué pour penser à une carrière long terme. Il existe des cas rares, mais pour chaque René Simard, il y a au moins 10 Régis Simard.

4 La compilation d’Étienne Drapeau

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Après une incursion dans le milieu musical latin lui ayant entre autres permis d’interpréter une version en espagnol de T’es ma femme, Étienne Drapeau est passé à travers toute la gamme des émotions, récemment, entre autres en pensant avoir attrapé la tourista. C’était finalement la dengue, pis c’était ben inquiétant. Cette life changing experience aurait pu inspirer un nouvel album à notre bon Étienne, mais une fois que t’as déjà écrit «T’es ma femme, t’es la plus douce. Je t’aime en blonde, brune ou rousse», on se demande ce que tu peux écrire de plus. Ça sort le 14 février au National. On espère que t’as une date.

5 L’album d’Annie Villeneuve sans Ariane Zita

L’ancienne Star-Académicienne nous arrivera le 10 avril prochain avec son cinquième album en carrière, de quoi faire dresser les cheveux sur la tête, même pour un chauve. Cet album sociofinancé lui aura coûté plus de 60 000 $ pour un enregistrement à Nashville, endroit plus glamour que son Jonquière natal. Par contre, ce que l’on retiendra de toute cette aventure, c’est l’arrivée de la chanteuse Ariane Zita dans le décor quand elle a lancé une campagne de sociofinancement visant à amasser de l’argent pour avoir le privilège d’être choriste sur l’album. On apprendra par la suite que cette intervention était ironique et Zita sera taxée d’intimidation par les fans de la sœur jumelle de Suzie Villeneuve. Comme quoi, quand ça va mal… Nous, on se désole principalement de l’absence d’Ariane Zita à ce lancement. On serait allés.

6 Le concours de chant de Belle et Bum

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Belle et Bum lance un concours de chant. Ça peut pas bien virer cette histoire-là… Un vaste répertoire de 8 pièces permet aux participants de sélectionner le morceau qui les fait vibrer. Ceux-ci pourront peut-être passer à la télévision pour chanter ladite pièce. L’histoire ne dit pas si Normand Brathwaite qui joue du tam-tam fait partie du prix. À noter que la Bourse Belle Gueule de 1500 $ offerte au gagnant, on sait pas si c’est en bière ou en argent. Nous, on prendrait la bière.

7 Le prochain jingle de Maxime Bernier

Notre Bernier Sanders national nous avait collectivement charmés avec une des ritournelles les plus efficaces de 2015. Si son auteur reste inconnu, deux ans plus tard, il est encore important de remercier abondamment Aline Drouin sans qui rien n’aurait été possible. Depuis, il a confirmé à l’équipe d’Infoman la parution imminente d’un nouveau single, question de nous permettre de lâcher son excellente vidéo de jogging. Feu à volonté espère tout simplement que cette chanson fera d’aussi bons remix que la dernière.

8 Le moment où Jonathan Roy va enlever ses mains de sa bouche

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… Parce que ça veut dire qu’il va sûrement chanter.

9 Le retour de K.Maro

Une photo parue pour le jour de l’An sur la page Facebook de Cyril Kamar laisse présager le pire. Sous ses airs angéliques et sa paisible citation «Happy New Year #2017», il reste néanmoins un inquiétant message caché dans cette image: la possibilité de se faire offrir du nouveau matériel par l’artiste. Après nous avoir volé du QI en 2004 et avoir utilisé le franglais avant Dead Obies, il faut s’attendre à tout sauf du bon rapkeb de la part de l’artiste. Le 450 sera comblé.

10 Les 4,5,6 août pour les résidents de Saint-Lambert

La Presse nous annonçait en octobre que les haut-parleurs d’Osheaga 2017 se trouveraient maintenant à 750 mètres des maisons de Saint-Lambert, plutôt qu’à 1,5 km, de quoi faire friser les oreilles des banlieusards. Rappelons que la Ville de Saint-Lambert souhaite que les décibels soient mesurés pour qu’on s’assure qu’ils demeurent assez bas pour pas que les vitres des citoyens cassent. Pour notre part, nous on aimait beaucoup Décibel.

*L’an dernier aussi, on vous avait prévenus!

Osheaga 2016 jours 2 et 3 – Entendre Creep live et voir beaucoup de seins

Difficile de déterminer avec certitude si nous avons vu plus de mamelons ou de groupes de musique en fin de semaine durant Osheaga. Une chose est sûre, le ratio de personnes éthyliquement endommagées était plus élevé au Parc Jean Drapeau qu’au show de Céline.

C’est dans un climat de problèmes de santé qu’on arrive sur le site en milieu d’après-midi, samedi. Quelqu’un est visiblement déjà au bout du rouleau:

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Problème de santé/Photo: Élise Jetté

C’est la fin du show de Daughter. Vaporeuse à souhait, la chanteuse s’exécute avec un plaisir palpable. Selon la fille visiblement imbibée à mes côtés «la meilleure sensation au monde ça doit être de pouvoir toucher à cette fille-là».

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Daughter/Photo: Élise Jetté

Premier véritable arrêt: les Barr Brothers se donnent sur la scène principale. Ce coup de foudre musical qui date de quelques années déjà n’arrivent pas à la cheville de mon nouveau conjoint, ce gars qui ne pouvait être présent au festival, mais dont les amis très cool ont trimballé la tête. D’emblée, ils me proposent de faire de cet ami absent ma douce moitié. Facile de même, l’amour au temps du numérique.

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Mon nouveau chum

Même si les frères Barr savent capturer notre attention, c’est néanmoins Pietro Amato qui vole le show avec son t-shirt félin.

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Beau t-shirt/Photo: Élise Jetté

Le festival, lieu de perdition des plus communs, est un endroit où les gens peuvent perdre, égarer ou se faire voler plusieurs choses. Entre perdre sa virginité avec un chanteur rock dans une toilette chimique et perdre toutes ses économies dans les kiosques de bière, il est également possible d’égarer ses chaussures pour toujours.

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Abandon de sandales/Photo: Élise Jetté

Parce que semblerait-il qu’une bonne vue sur les décolletés d’Osheaga n’a pas d’égal, certains mâles de la faune osheagaienne se convertissent en primates pour augmenter leur niveau de bonne vue.

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Des singes/Photo: Élise Jetté

C’est l’heure du show de Kurt Vile qui, avec une nonchalance de grandes occasions présente ses succès, caché derrière son rideau de cheveux. En regardant ses doigts quelques femmes se désolent qu’il semble marié.

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Kurt Vile/Photo: Élise Jetté

C’est toutefois son bassiste qui nous interpelle avec son mal de vivre et son t-shirt acheté au Zoo de Granby.

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Un tigre/Photo: Élise Jetté

On se déplace de l’autre côté du site pour attraper une partie de la performance de Coeur de pirate. Visiblement enthousiasmée par ses nouvelles aptitudes en danse aérobique, elle s’élance d’un côté à l’autre de la scène, hypothéquant au passage les paroles de ses chansons qui sortent comme les directives d’exercices d’un prof de zumba. Il faudra trouver l’équilibre entre faire des roues latérales et continuer à chanter sans crise d’asthme.

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Coeur de pirate/Photo: Élise Jetté

On termine le périple du samedi en dansant dans un fleuve de gens en dévoilement de peau au son de Kaytranada et par la suite, sur la musique du Norvégien Todd Terje, qui est bien vite devenu le préféré des convives de la scène Piknic Électronik.

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Kaytranada/Photo: Élise Jetté

C’est en quittant le site que, parce que nous sommes de bonnes personnes, nous décidons de réveiller ce jeune homme en pleine sieste qui allait manquer le dernier métro.

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Un assoupi/Photo: Élise Jetté

Le dimanche s’amorce sous le signe de la découverte alors qu’on se rend au show de BORNS, groupe mené par le jeune Garrett Borns. Du haut de ses 24 ans et avec une chevelure à faire compétition à Kurt Vile, il envoie son électro-rock aux guitares peaufinées avec beaucoup de maturité. Il offre même une solide reprise de Bennie and the Jets. De quoi titiller solidement les fans d’Elton.

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BORNS/Photo: Élise Jetté

En traversant le site, on repère ce kiosque de tatouages animaux conçus pour encourager la protection de la faune et de la flore dans un festival où le gazon et les espaces verts sont couverts de vomi depuis vendredi.

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L’animal en toi/Photo: Élise Jetté

La seconde découverte de la journée est St. LuciaJean-Philip Grobler, de son véritable nom. Avec une énergie musicale digne d’un show de plage à Miami, le groupe joue ses pièces dance-pop en courant d’un bout à l’autre de la scène tels des profs d’éducation physique en quête d’attention d’ados blasés.

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St. Lucia/Photo: Élise Jetté

Les ados (et autres), pas blasés, au contraire, se nourrissent de ces baies douteuses pour «tester» si ça provoque des effets secondaires.

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Le fruit défendu/Photo: Élise Jetté

Pendant ce temps, sur scène, ça ressemble étrangement au Beachclub même s’il fait beau.

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Le Beach Club/Photo: Élise Jetté

De retour de l’autre côté de la force, la scène principale nous transporte dans une ambiance sixties survoltée. Habité par le soul, le jeune Leon Bridges, 27 ans réussit à rallier les indécis qui déambulent sans but.

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Leon Bridges/Photo: Élise Jetté

Pendant ce temps, un peu plus loin, cet homme subit un coup de chaleur ou un overdose de mayonnaise. Il n’avait probablement pas entendu parler de la zone spéciale pour faire un bad trip en paix.

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Surdose de mayo/Photo: Élise Jetté

Inquiets de devoir dormir sur les lieux si jamais le métro venait à ne plus passer sur l’île, certains ont apporté le nécessaire pour faire dodo en tout confort.

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Ben relax/Photo: Élise Jetté

En plus des toilettes sanitairement discutables, des paravent-à-pisse ont été érigés pour permettre aux plus exhibitionnistes d’avoir la graine au vent.

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Zone de pisse/Photo: Élise Jetté

Impatient de faire partie d’une nouvelle file d’attente, certains ne peuvent se contenter d’attendre pour pisser, manger, boire et s’acheter des t-shirts, ils patientent aussi pour se faire des tatouages en glitters.

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Encore plus de files/Photo: Élise Jetté

Je remets en question la légitimité du coin des enfants quand je vois un nombreux groupe consommer très ouvertement de la cocaïne en face de la zone bricolage.

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Zone enfant/Photo: Élise Jetté

Insouciant, Jimmy du 281 expose, pendant ce temps, son torse à la manière d’un dieu grec. Est-il là par plaisance où avons-nous manqué le show privé qu’il vient de donner? Cette question nous hantera toujours.

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Le 281 se déplace/Photo: Élise Jetté

Donald Trump est sur place, direction scène Piknic Électronik.

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Donald/Photo: Élise Jetté

Souhaitant éviter les files pour manger, certains décident de porter leur lunch.

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C’est accompagnée d’une horde de queen de la chorégraphie que Grimes monte ensuite sur la scène de la Montagne avec une énergie difficile à égaler. Portant un bandeau pour cheveux qui ne ferait bien à personne (sauf elle) elle chante dans les aigus et les graves comme s’il n’y avait pas de lendemain, et ce, malgré des conditions de santé non-optimales (de son propre aveu). Le girl power est sauf. L’auteure-compositrice-interprète électro est clairement toujours au sommet de son art.

Grimes/Photo: Élise Jetté
Grimes/Photo: Élise Jetté

Essayant de profiter d’un effet de succion de la foule pour être près de Thom Yorke à 20h30, on assiste au show de M83 qui livre un show grandiose où les variations de chanteur/chanteuse et les échanges d’instruments démontrent une maîtrise solide du matériel. Impossible de ne pas danser avec bonheur sur Midnight City, en fin de prestation.

M83/Photo: Élise Jetté
M83/Photo: Élise Jetté

Voulant palier l’absence de Disclosure coincé à Chicago, l’organisation du festival nous envoie en guise de pré-Radiohead, Gramatik, producteur slovène qui ne réussit pas à faire en sorte que les gens soient contents d’attendre le show suivant dans un mélange visqueux de leur sueur avec celle de plusieurs Ontariens présents dans la foule. On aurait largement préféré que Dead Obies soit devancé et placé en scène principale, nous permettant ainsi de ne pas manquer la perfo de la formation québécoise qui jouait en même temps que Radiohead.

Pendant ce temps, ces gars-là élabore un plan pour sauver le monde:

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Des belles capes/Photo: Élise Jetté

Et c’est finalement le clou du spectacle, la cerise au marasquin sur le sundae au chocolat, le ketchup sur le pâté chinois. Radiohead entre en scène 20 minutes plus tôt pour excuser l’absence de Disclosure. Démarrant la machine avec Burn The Witch et Daydreaming tirées du plus récent A Moon Shaped Pool, le groupe prouve qu’il a la foule dans sa poche dès les premières secondes, semant un silence eucharistique sur toute la longueur de l’esplanade.

De grands moments ont été vécus durant 2+2=5, Bodysnatchers, Idioteque et Everything In Its Right Place, entre autres, sans parler de Karma Police à la fin du premier rappel et Creep à la toute fin du second rappel, laissant tout le monde en état de choc. Malgré de grandes oubliées (The National Anthem, 15 Steps), l’enchaînement est rigoureux et les arrangements lumineux nous gardent captifs. De toute façon, Thom Yorke aurait pu mettre un point final au show en disant fuck you all et tout le monde serait quand même reparti béat grâce à Creep.

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Radiohead/Photo: Élise Jetté

En conclusion, comme plusieurs de nos besoins rudimentaires n’ont pas été à 100% comblés durant le festival, nous avons décidé de proposer notre propre kiosque de vente de cossins pour l’an prochain. Après analyse sociologique des manques à combler, voici ce que les festivaliers pourront se procurer à notre stand:

  • De la gomme
  • Du papier de toilette
  • Des fruits qui coûtent moins cher qu’un rein
  • Des hot-dogs rôtis et non vapeur-mouillés
  • De la glace
  • Du Purel
  • Des TOMS pour les réveils difficiles
  • Des soutien-gorges
  • Un peu de réconfort
  • Des tests de grossesse

À l’an prochain!

Osheaga 2016 jour 1 – Le départ du 11e safari

Les couronnes de fleurs foisonnent sur le quai d’embarquement de la station Berri-UQAM, direction Longueuil-Université-de-Sherbrooke. Une autre fin de semaine où les cyclistes sont bannis de la ligne jaune commence, et pas n’importe quelle: Osheaga, le nec plus ultra des festivals de musique dans le nord-est américain, débute pour sa onzième édition ce vendredi 29 juillet. Dans le wagon qui nous mène au Parc Jean-Drapeau, ça parle anglais, ça s’échange de l’alcool et ça ne gère pas vraiment bien son espace en transport en commun.

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À quoi bon se corder autour du poteau, il y a quand même plein de place…/Photo: Etienne Galarneau

Dès l’arrivée, les passagers sortent en s’enthousiasmant à la manière d’octogénaires passagers d’un autobus qui arrive à Plattsburgh. Nous avons atteint un point de non-retour. Par chance, le reste de l’expérience se passe mieux que son départ.

Après une file d’attente nous rappelant que nous sommes bel et bien sur l’Île Sainte-Hélène (salut La Ronde!), nous entrons sur le site sous les rythmes de la pièce Shine a Light de Banners, qui conclut son spectacle sur la Scène de la Rivière. Une bonne chose que je puisse identifier le groupe, car sinon, j’aurais continué à croire qu’il s’agit d’un titre d’un des albums subséquents à Mylo Xyloto de Coldplay.

S’enchaîne tout de suite après: la performance des Torontois Dragonette, qui me fait réaliser l’ampleur de l’événement et la petitesse de mon appareil photo.

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Martina Sorbara, en bas, à gauche/Photo: Etienne Galarneau

Très vite, on réalise qu’Osheaga s’inspire des autres festivals québécois en plaçant ici et là des spectacles cachés. Par exemple, ce guitariste à la tente Ibanez.

Une belle surprise, cette perfo
Une belle surprise, cette perfo/Photo: Etienne Galarneau

On se familiarise avec le site et on se retrouve à la Scène Verte où le chanteur sud-africain de folk-rock festif Jeremy Loops propose sa performance. Comme son nom l’indique, le musicien est un artiste de la boucle, préparant des séquences de guitare et d’harmonica en direct qu’il enchaîne pour faire danser la foule, curieuse et accueillante. Il avoue être «terrorisé de faire des spectacles sachant que personne ne connaît ses chansons… sauf cette fille-là, en avant» [NDLR : traduction approximative], mais son interprétation de la pièce Down South lui gagne son public.

Des danseurs dans les fontaines/Photo: Etienne Galarneau
Des danseurs dans les fontaines/Photo: Etienne Galarneau

Juste après, Scène de la Vallée, commence la performance du Britannique Jack Garratt, simplement installé avec une batterie et des séquenceurs. Son mélange électronica-r&b-brostepisant semble ravir son public, mais me laisse un peu perplexe quant à la nature de la proposition. À recommander si vous aimez les instrumentaux un peu feutrés doublés par un chanteur qui ajoute un grain agressif à sa voix et une pétarade de percussions remplies de basses. De quoi plaire à cette délégation du Cap Breton.

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CAPE Breton, n’est-ce pas?/Photo: Etienne Galarneau

On monte plutôt le monticule pour attraper la fin de la performance de Safia Nolin, qui demande si Skrillex joue sur la scène à côté d’elle.

Pendant sa performance, cet homme décide de s’entraîner. Un choix adéquat.

Un gymnaste/Photo: Etienne Galarneau
Un gymnaste/Photo: Etienne Galarneau

La sensation trap de Washington, D.C., GoldLink, débute sa performance sur la Scène Verte devant un public qui semble plutôt ontarien. On voit quand même la dédicace que le rappeur fait à Montréal en arborant le kit Adidas, à la manière d’un adolescent du Centre-Sud.

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Une belle touche mode par GoldLink/Photo: Etienne Galarneau

En nous dirigeant vers le spectacle de Silversun Pickups, on continue notre safari pour découvrir la faune locale d’Osheaga. Les plus attentifs auront la chance de croiser le Philippe Fehmiu dans son habitat naturel. Il ne mord pas, mais peut vous infecter par sa contagieuse festivité.

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Le Fehmiu d’Amérique est un party animal qu’on croise en festival/Photo:Etienne Galarneau

Les Californiens Silversun Pickups offrent une très solide performance sur la scène De la Rivière. On est bien contents qu’ils soient de la programmation et, à ce moment, on réalise qu’on doit au moins être 2-3 personnes à Osheaga à penser la même chose.

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La foule de Silversun Pickups/Photo:Dany Gallant

Passenger suit pour casser le rythme avec sa seule guitare et son long laïus pour expliquer qu’il ne va pas jouer son seul hit, Let Her Go, et que ça n’a rien à voir avec Frozen. Tu ne m’avais déjà pas dans ta poche, mais tu viens de confirmer le tout. Je vais voir White Lung sur la Scène des Arbres à la place.

Malgré une absence marquée de caisse claire dans le mix, on sent l’énergie de la formation vancouvéroise menée par Mish Way, qui se présente comme un genre de diva punk-rock envoutante. Leur dernière galette fait partie de la courte liste du Prix Polaris du meilleur album et ça tombe bien, leur performance fait partie de la courte liste du meilleur spectacle de la journée.

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White Lung/Photo: Etienne Galarneau

En route vers Cypress Hill, on aperçoit deux autres spécimens de la faune locale: le Denis de Montréal et la Mélanie de langue francophone. Aucun des deux ne semblait très Tequila Sunrise, bloodshot eyes.

Denis et Mélanie dans leur habitat naturel/Photo: Etienne Galarneau
Denis et Mélanie dans leur habitat naturel/Photo: Etienne Galarneau

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Denis et Mélanie dans leur habitat naturel/Photo: Etienne Galarneau

Cypress Hill, d’ailleurs, ne propose que des hits, incluant un long segment où B-Real se fume un énorme blunt et interprète Roll It Up Smoke It Up, Dr Greenthumb et Hits From The Bong. Après une routine où Sen Dog et lui séparent la foule et font crier des insultes à une moitié et à l’autre sur le rythme de Rapper’s Delight (belle compensation pour l’absence de Sugarhill Gang au Festival International de Jazz de Montréal s’il en est une), ils enchaînent avec Insane in the Brain et d’autres classiques. Une performance conservatrice, mais efficace.
Une petite pause est de mise avant le bloc final enrageant. Choisir entre Red Hot Chili Peppers, Vince Staples, Lapsley, Flume et Boys Noize est particulièrement difficile. La décision est prise d’attraper le début de Staples pour ensuite conclure avec les funk-rockers de la Californie sur la Scène de la Rivière. Le rappeur issu d’Odd Future ne fait qu’une seule bouchée de la scène et donne toute son énergie à la foule en liesse, quasiment extatique.

Vince Staples/Photo: Etienne Galarneau
Vince Staples/Photo: Etienne Galarneau

Je quitte après trois titres, tous plus efficaces les uns que les autres, pour attraper le début des Red Hot. Le visuel est époustouflant et les hits s’enchaînent. Cependant, de nombreux jams instrumentaux et temps morts viennent ponctuer la performance. On apprécie puisque ça montre leur côté humain, malgré la taille démesurée du groupe après toutes ces années, et leur plaisir apparent de jouer ensemble. Cependant, le tout fait place à des longueurs dans le spectacle, ce qui semble inapproprié pour un format de festival. Peut-être le groupe gagne-t-il à être vu en salle?

Red Hot Chili Peppers/Photo : Etienne Galarneau
Red Hot Chili Peppers/Photo : Etienne Galarneau

Un autre bémol revient au guitariste Josh Klinghoffer, non pas pour sa performance, mais pour la réception négative qu’on lui porte. Son style plus noisy et agressif est, certes, surprenant quand on le compare à son prédécesseur John Frusciante. N’empêche qu’il fait le travail et semble en harmonie avec ses collègues plus vieux. Le problème reste dans les critiques qui disent qu’il ne sera jamais Frusciante. C’est correct qu’il ait son identité. Personne n’a jamais reproché à Frusciante de ne pas être Dave Navarro.

Alors de voir que la balance de son ne laisse aucune place à la guitare, c’est spécial. On sait que ce sont Flea et Chad Smith qui forment l’architecture des pièces et le son spécifique de RHCP, mais jouer à quatre et n’entendre que trois musiciens, c’est bête. Surtout dans des titres comme Snow (Hey Ho), une pièce absolument guitaristique, où on entend que la ligne de basse qui ne sert qu’à accompagner la ligne mélodique mouvementée.

On quitte tout de même satisfaits, en prenant note que Red Hot Chili Peppers est meilleur en salle. Le retour se fait dans une boucle totale, comme elle a commencé, un peu pour nous rappeler que le festival continue samedi; avant d’entrer dans le métro, quelqu’un crie sur le quai de la station Jean-Drapeau. En l’occurrence, quelqu’un qui provient de cet amas de personnes.

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Les artistes québécois d’Osheaga : un guide pour les touristes

C’est une onzième édition du Festival Osheaga qui débute cet après-midi au Parc Jean-Drapeau. L’an dernier, on y accueillait près de 135 000 festivaliers, dont 65% provenaient de l’extérieur du Québec. Normal, puisque Osheaga est l’un des rares festivals à grand déploiement qui desserve le nord-est américain, de surcroît au Canada. Feu à Volonté a préparé un guide des artistes locaux à voir pour les nouveaux arrivants du week-end. Ce dernier fait également office d’aide-mémoire pour les experts de la scène locale qui auraient oublié quelques noms à voir. On sait que la majorité des visiteurs viennent d’Ontario et qu’il serait plus facile que le guide soit en anglais, mais on a confiance en l’excellence des cours de français langue seconde dans cette province; les joies des deux langues officielles.

Charlotte Cardin. Crédit : John Londono
Charlotte Cardin. Crédit : John Londono

Vendredi 29 juillet 

Bienvenue à Montréal, tout le monde. On espère que vous profitez bien de la température et de la splendide vue que vous offre la ligne jaune.

La programmation commence dès 13h, et vous pouvez directement vous diriger vers la scène du Piknik Électronik pour assister à la performance de Haute. Ce duo électro r&b formé à l’Université McGill par Anna Magidson et Romain Hainaut fait déjà parler de lui à travers le monde et devrait amorcer le festival de la bonne façon. Il faudra cependant quitter rapidement pour attraper la fin de la performance des gagnants de la dernière édition des Francouvertes, La Famille Ouellette, ou encore le rock psychédélique aux couleurs indiennes de Elephant Stone. Les deux formations jouent à 13h35, respectivement sur les scènes de la vallée et des arbres. Profitez de ce moment forestier pour vous laisser bercer par le folk saisissant de Safia Nolin à 14h45.

À 16h55, scène verte, venez goûter un peu d’histoire avec Wolf Parade, groupe emblématique de la scène indie rock montréalaise des années 2000. De retour après un arrêt de cinq ans, la formation devrait présenter quelques titres de son EP homonyme sorti cette année ainsi que quelques classiques. Pour garder une thématique lycanthrope, Half Moon Run jouera à 19h20 sur la scène de la rivière. Cette nouvelle devrait statistiquement faire plaisir à bien des gens, car quand on remplit le Métropolis quatre soirs de suite à guichets fermés, ça fait du monde à la messe. On ne peut garantir, cependant, que Garou sera présent à l’un ou l’autre des performances pour boucler la boucle thématique des noms d’artiste.

Samedi 30 juillet

Ils ne sont peut-être pas si ennuyants que ça, nos concours de chant télévisés, si des ancien-ne-s participant-e-s peuvent figurer sur la programmation d’Osheaga sans rougir. Charlotte Cardin, maintenant loin de son étiquette « Équipe Marie-Mai », faisait récemment paraître son EP Big Boy et devrait tout donner pour le défendre dans le cadre du festival. Ceux qui ont peur de se sentir petits dans leurs shorts peuvent laisser la chanteur à la scène verte et se diriger vers la vallée pour le trio rock n’ roll The Damn Truth.

À 16h, scène de la rivière, vous pouvez attraper The Barr Brothers et à 16h10, scène des arbres, la formation Foreign Diplomats. Les deux sont recommandables, mais les premiers présenteront également leur « sci-folk » au Théatre Fairmount dans le cadre d’un afterparty gratuit. Dans la vague des conflits d’horaires, le groupe Busty and the Bass prendra d’assaut les planches de la scène des arbres alors que Cœur de Pirate se chargera de la vallée. Les fans de potins mondains peuvent peut-être espérer un duo de la chanteuse avec Laura Jane Grace de la formation Against Me! comme elles nous ont offert au Festival d’été de Québec plus tôt durant le mois.

Dimanche 31 juillet

Votre dernière journée à Osheaga avant le retour à la maison – statistiquement en Ontario – ne sera pas particulièrement chargée en artistes locaux. Vous pourrez tout de même apercevoir le duo Le Matos sur la scène du Piknik Électronik à 13h. Le reste suit en soirée seulement avec un doublé hip-hop : Koriass à 19h15 et Dead Obies à 20h50, les deux sur la scène des arbres. On sait que Radiohead commence également à 20h50, mais vous pouvez toujours voir la fin de leur performance et vous vanter que, vous, au moins, vous aurez vu deux artistes dans le temps qu’il aura fallu à vos amis de n’en voir qu’un. Et c’est bien là l’un des avantages d’Osheaga : découvrir beaucoup pour le même prix que les autres.

Bon festival et bon séjour.