Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

FME 2019 jour 1: Y’é midi kek part

6h14 du matin. C’est l’heure de rendez-vous pour l’autobus voyageur qui nous liftera jusqu’à Rouyn-Noranda. Y’é tôt, mais y’é midi kek part.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté, Marielle Normandin-Pageau et Émilie Pelletier-Grenier

En plus de ne pas manquer le départ, il ne faut pas se tromper d’autobus. Les médias sont répartis selon leur provenance géographique: le Québec et l’Europe. Rien de xénophobe ici, simplement que les Européens préfèrent dormir durant le trajet tandis que les Québécois préfèrent s’ouvrir des canettes de bière et siroter un mimosa en parlant un peu trop fort à 7h30. Y’é midi kek part comme le chante Kaïn dans son nouveau single

L’Europe est là!

Dans l’autobus, un vestige de voyage passé, un sachet de beef jerky vide. On le laisse là pour que le souvenir persiste encore plus longtemps.

Un restant du passé

Lors de notre seul arrêt, au domaine de la Réserve de La Vérendrye, nous découvrons le côté cordon bleu d’Émilie, notre collaboratrice de Feu à volonté… Quatre sachets de vinaigre dans une poutine. Audacieux.

Le vinaigre se marie étonnamment bien à la sauce brune

Le trajet se poursuit jusqu’à Rouyn, bercer par l’ivresse du 4L de vin maison acheté 50$ au Domaine par mon voisin de bus, un richissime pauvre.

Le dîner du richissime pauvre
Le bon prix

Il y a clairement des gens avec un manque de savoir-vivre qui se sont déjà pointés ici:

Le gros bon sens

Dès notre arrivée au QG du festival, nous constatons que les membres des médias et les professionnels de l’industrie musicale seront tannants durant le FME.

Pas toujours facile de respecter les règlements.

Avant de nous séparer pour apprécier des shows diamétralement opposés (lire ici Les soeurs Boulay et Kid Koala), nous réalisons un rêve. Celui de tenir la barrière de sécurité à l’avant du parterre d’une scène extérieure. Plus besoin de dormir deux nuits dans des sleeping détrempés pour être à l’avant-scène, c’est fait!

Le calme avant déluge.

Nichée dans le quartier des spectacles rouynorandien, la 7e rue est le point de ralliement des festivaliers, la scène extérieure Desjardins se trouvant à proximité. C’est justement sur cette scène que Kid Koala a l’honneur d’ouvrir le volet extérieur du festival. Jeanne Added précède le dj.

La pluie n’a pas empêché Jeanne Added de se donner/Photo: Élise Jetté

La Française, peu connue de ce côté-ci de l’Atlantique a certainement réussi à se faire apprécier du public abitibien grâce à son énergie rappelant Alice Glass de Crystal Castles, mais avec une voix beaucoup moins criarde. Dès le début de sa prestation, la pluie s’invite. Alors que quelques spectateurs quittent les lieux, Jeanne Added redouble de fougue à chaque pièce, augmentant ironiquement l’intensité de l’averse qui s’abat sur nous.

Jeanne Added/Photo: Élise Jetté

Teintée de sonorités caribéennes, la musique électro-rock de Jeanne Added est portée avant tout par le lyrisme de sa voix tout simplement magistrale. La découverte de la première soirée. Petit bémol pour la chanson du rappel, qui est à l’opposé du party qu’elle vient de créer. Surtout avant le petit trop long temps d’attente avant Kid Koala.

Kid Koala présente Vinyl Vaudeville, un show mélangeant sa première passion (le scratching de vinyles) avec des danseurs et des énormes marionnettes. Spectacle plutôt éclectique qui alternera entre ses créations originales et du live scratching.

Impressionnant de le voir créer grâce aux caméras placées au-dessus des deux tables tournantes. En mélangeant trop les styles, Kid Koala ne réussit pas à établir une ambiance propice aux déhanchements. Toutefois, nous avons que des bons mots pour les marionnettes géantes déambulant au parterre. Gros shout out à son costume de koala ainsi qu’au trio de New York qui a transformé la 7e rue en école cours de danse avant l’arrivée du dj.

Les soeurs Boulay s’exécutent à l’intérieur de l’Agora au même moment. Elles ont ajouté du corps et des arrangements relevés à leurs plus vieilles chansons pour qu’elles se marient aux nouvelles sans qu’on ne se rende compte de rien.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Les soeurs demandent au public d’envoyer un DM à leur compte Instagram pour leur dire c’est quoi notre plus grand rêve.

«Je rêve d’avoir un wilipop par jour», a confié quelqu’un. «On sait pas c’est quoi mais on se l’imagine», répond Mélanie. Les autres rêves donnent des petits frissons d’espoir à tout le monde: «Avoir une permanente un jour» et «Que mon cochon d’Inde ait des bébés», figurent parmi les meilleurs.

Il pleur là/Photo: Élise Jetté

Un peu plus bas sur la 7e rue, Élise et Marielle se protègent de la pluie à l’Espace Lounge Hydro-Québec pour assister au spectacle de Millimetrik. Clairement que ces gars vont avoir un torticolis le lendemain. On espère qu’ils se sont booké un rendez-vous chez l’osthéo ou de quoi. Sans qu’on comprenne trop la raison, quelques fleurs du plafond nous tombent dessus. Millimetrik nous mentionne que tout le monde devrait se tasser vers la scène pour que d’autres gens puissent entrer au show parce qu’«il pleut en criss».

Millimetrik/Photo: Élise Jetté

Ils invitent quelques comparses à danser sur la scène. Une quinzaine de personnes montent et nous montrent leurs moves de danse qui sont assez basic.

Tentant de se réchauffer après le déluge, on se dirige pour le spectacle d’Ellemetue dans la salle bondée du Cabaret de la dernière chance. Le simple fait de rentrer à l’intérieur de la salle apporte son poids pluvial. La musique exploratoire et flyée du duo nous transporte dans tout autre univers. La texture boisée des murs va de pair avec la vibe exploratoire de l’oeuvre. Le cover de Pink Floyd était assez envoutant. Une fin de soirée qu’apprécient les spectateurs attentifs.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Pour conclure la première soirée, les routiers The Young Gods prennent d’assaut le Petit Théâtre du Vieux-Noranda autour de 00h04. 

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Les jeux de lumière sur leurs corps nous laissent croire qu’ils sont couverts de bestioles. C’est plus difficile à vivre pour ceux qui sont sur le mush. Les cheveux parfaitement poivre et sel et le calme des membres du groupe européen nous donnent envie d’avoir leur âge. «J’ai hâte d’être dans un band Suisse à 65 ans, de faire de la moto et d’avoir les cheveux poivre et sel», nous disons-nous. Il nous reste 35 ans pour réaliser notre rêve.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Voici nos 13 meilleures phrases entendues durant notre première journée au FME:

1- «Si Ratatouille est pas dans nos faces d’ici vingt minutes, je pète ma coche.» – Une personne essayant de faire fonctionner le système de divertissements des bus Maheux.

2- « C’tu beau hen? Le soleil qui se lève sur le Canadian Tire?

3- «Le premier album de Kaïn est un album progressif dans le style de Yes» – un journaliste fort ambitieux

4- «Sont où les chiottes» – Bernard Adamus cherchant à se vider pendant Les soeurs Boulay

5- «Va t’acheter des condoms» – Deux boys mangeant leur poutine dans le parking de Chez Morasse.

6- «J’aimerais ça être menstruée, sinon ça veut dire que je suis enceinte.» 

7⁃ «L’amour c’est overaté»

8- «Il reste trois heures de route! C’est beaucoup diront certains.»

«Trois heures c’est trois baises.»

9- «Ce breuvage m’a ballouné.»

10- «Ce breuvage goûte la jeune fille de 14 ans.»

11- «En traversant Malartic, on se dit la même chose que Jacques Cartier quand il a mis le pied ici: « Tabarnak y’a pas grand-chose icitte ».»

12- «Je suis pas mal plus saoule que je pense que je suis.»

13- «Eille, tu chantes mal, mais tu jappes bien.»

Le buffet : Jean-Michel Blais et CFCF dans les cascades

Chaque lundi mardi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

CFCFBLAIS

Le pianiste Jean-Michel Blais et le producteur CFCF annoncent la sortie du EP collaboratif Cascades qui sortira le 15 mars chez Arts & Crafts. Un album complet verra le jour le 14 avril.

Un nouveau clip pour Valaire qui part en tournée au Québec et en Europe. Ils feront aussi leur rentrée montréalaise le 1er mars au Club Soda.

Folk-pop de douceur infinie avec le premier EP d’Émile Poulin, épaulé par les frères Levac (Pandaléon).

Quelques jours après la sortie de l’album Chasser ses démons, le duo La Carabine dévoile un clip pour Billy The Kid.

Dear Denizen, qu’on a rencontré la semaine passée, vous offre une toune de love, Mary Love.

Un an après Fog Dreams, Millimetrik présente le EP Sour Mash qui sortira le 27 février. Il est en écoute sur le site du Voir.

The Great Novel présente un extrait de Skins, album coréalisé avec Dany Placard, à paraître le 3 mars chez Costume Records.

Vous pouvez méditer sur ce nouveau clip de Ghostly Kisses réalisé par Matt Charland.

Emma de Men I Trust, dévoile une aventure solo sous le nom de Bernache.

Leif Vollebekk présente un nouvel extrait de Twin Solitude à paraître la semaine prochaine.

Rouge Pompier vous offre Oudepelaille… en pyjama.

Un nouveau clip réalisé par Emmanuel Ethier pour Catherine Durand.

 

GAMIQ 2015 : Des timbits pour oublier la défaite

Le seul gala de musique au Québec durant lequel les gens peuvent boire avait lieu hier soir au Bain Mathieu. Le Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) a remis pendant quatre heures des trophées en forme de Lucien Francoeur en position bouddha. Retour pêle-mêle sur la soirée.

Par Élise Jetté et Olivier Boisvert-Magnen

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Photo: Élise Jetté

C’est avec des grosses Molson Export que l’équipe de Feu à volonté a amorcé la soirée à la très chic et «Bienvenue aux dames» Taverne Metro-Pub, aux abords du métro Frontenac.

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Après avoir contracté le scorbut dans un line-up extérieur longuet, similaire à une file d’attente pour toucher à Dieu, nous avons pu entrer dans le hall où on diffusait le gala déjà commencé via un système technologique des plus au point.

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Dans la catégorie Album ou EP roots de l’année, c’est Tummel d’Orkestar Kriminal qui a remporté le Lucien. «On est une gang de voleurs, mais c’est légal parce qu’on est payés par le gouvernement», a déclaré le groupe qui reprend des chansons. «VIVE LE VOL LÉGAL!»

#commissioncharbonneau

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Photo: Élise Jetté

Vêtus de sabres laser, les membres de Beat Market ont procédé à un hommage à Star Wars.

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Photo: Élise Jetté

En remportant le trophée de l’Album indie rock de l’année, Bernhari a pointé Feu à volonté en disant que c’était nous le média de l’année. Peut-être a-t-il pointé Antoine Corriveau pour lui dire qu’il s’excusait de lui avoir volé son look. Fallait être là pour connaître la vérité.

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Photo: Élise Jetté

Tire le Coyote a gagné deux prix. Il était malade et dans le jus, selon cet homme, GUILLAUME BEAUREGARD, qui a affirmé: «Il fait dire qu’il est content en criss»

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Photo: Élise Jetté

Lorsque Chocolat a vu Tss Tss être couronné Album rock de l’année, il y a eu un message téléphonique projeté dans le micro et nous n’avons pu que constater l’échec de la technologie.

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Photo: Élise Jetté

Récipiendaire du EP électro de l’année, Le Couleur a procédé à de brillants remerciements : «Merci à la machine à bière qui marche en haut. Merci à Dieu, mes parents et les Beatles. Merci à notre compagnie de disque que j’ai fondée.»

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Photo: Élise Jetté

Fâché comme un chien, le chanteur de Hashed Out y a été avec brutalité, tel un grand carnivore en manque de chair ensanglanté.

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Photo: Élise Jetté

Safia, elle, n’était pas fâchée.

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Croisé au hasard d’une recherche collective de toilettes libres, le rappeur expérimentalo-biscuité Digit Missile Command nous a confié que Michael Jackson et Paul McCartney, eux aussi, se sont rencontrés en cherchant les toilettes backstage.

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À notre saoul-venir, ça c’était Corridor.

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Photo: Élise Jetté

Après un entracte durant lequel plusieurs personnes du milieu alternatif ont vivement considéré l’alternative de crisser leur camp, on a assisté à un hommage-surprise à Vincent Peake. Même Marco Calliari s’était déplacé pour l’occasion. Sans doute trop habitué à chanter des menus du Pacini, il SEMBLAIT lire les paroles de Y’a tu kelkun? sur une feuille scotchée par terre, entre deux regards tendres.

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Photo: Élise Jetté

«Je m’y attendais pas, mais je le mérite en criss», a affirmé l’hommagé.

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Photo: Élise Jetté

Millimetrik ou Toast Dawg? Tout le monde était confus. Mais considérant le chest proéminent de l’artiste, on a rapidement écarté la deuxième option.

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Photo: Élise Jetté

Ému, Pierre Kwenders savait pas quoi dire.

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Photo: Élise Jetté

Remportant le prix de Spectacle de l’année, Alaclair Ensemble s’est pointé sur scène graduellement. Ogden (également animateur de la soirée) a annoncé que le reste du band était en train de fumer du pot dehors. Claude Bégin est monté sur scène «Il fume pas, lui, Claude Bégin», a confirmé Ogden devant cette évidence.

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Remportant l’EP folk de l’année, le duo Saratoga a annoncé qu’il travaillait sur du nouveau stock : «Y’a des limites à se crosser sur un EP de cinq tounes!»

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Photo: Élise Jetté

Ensuite, nous n’avons PAS gagné le Lucien du Média de l’année, contrairement à CISM. Nous sommes donc allés manger des beignes pour digérer la nouvelle. À cet instant, on a reçu une bien meilleure récompense: toutes les sortes de Timbits étaient présentes ET le gars du Tim Hortons Frontenac nous a donné 21 plaisirs gustatifs dans une boîte de 20. Le rêve.

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On était vraiment déçus de ne pas avoir pu lire notre discours sagement conçu pendant l’entracte à l’endos d’un programme. Voici donc ce que vous avez manqué:

«WOW! Merci beaucoup à tout le monde, à commencer par tous les médias qui mettent l’épaule à la roue locale, notamment des radios importantes comme CHYZ, CHOQ, CIBL, CKRL, CFAK et Radio NRJ Matane. Merci aussi au fondateur de notre site Olivier Morneau, un gars qui a pris la peine de créer un blogue comme projet de bac et qui a décidé de nous le léguer en héritage. Énormes props à nos collabos aussi : François, Alexandre, Jonathan, Étienne, Noémie, Caroline, Valérie, Alec et les quatre Mathieu, y compris Julie. Enfin, merci à la sueur de Grégory Charles, au drone de TVA, au retour de Piment Fort et au pionnier de l’internet québécois, qui est également le père de mes enfants, Gab Roy.»

ON SE REPREND L’AN PROCHAIN.

LES GAGNANTS:

Album Pop de l’année / Pop Album of the year
Milk & Bone : Little mourning

Album Rock de l’année / Rock album year
Chocolat : Tss Tss

EP Rock de l’année / Rock EP of the year
Heat : Rooms EP

Album Indie rock de l’année / Indie Rock album of the year
Bernhari : Bernhari

Album Folk de l’année / Folk album of the year
Tire le coyote : Panorama

EP Folk de l’année / Folk EP of the year
Saratoga : Saratoga

Album Heavy de l’année / Heavy album of the year
Sandveiss : Scream Queen

Album Musique électronique de l’année / Electronic music of the year
Pierre Kwenders : Le dernier empereur bantou

EP Musique électronique de l’année / Electronic Music EP of the year
Le Couleur : Dolce Desir EP

Album ou EP Roots de l’année / Roots Album or EP of the year
Orkestar Kriminal : Tummel

Album Jazz/Contemporain de l’année / Jazz/Contemporary album of the year
Benoit Paradis Trio : T’as tu toute?

Album Expérimental de l’année / Experimental album of the year
Jardin Mécanique : La sinistre histoire du théâtre Tintamarre épisode 2

Album Rap de l’année / Rap album of the year
Eman X Vlooper

Vidéo de l’année / Video of the year
Tire le Coyote : Ma révolution tranquille

Révélation de l’année / Upcoming artist of the year
Milk & Bone

Auteur-Compositeur de l’année / Songwriter of the year
Félix Dyotte

Chanson de l’année / Song of the year
Coconut Water – Milk & Bone

Spectacle de l’année / Show of the year
Alaclair Ensemble

Artiste de l’année / Artist of the year
Loud Lary Ajust

Festival de l’année / Music Festival of the year
Le Festif

Salle de spectacle de l’année / Venue of the year
Le Divan Orange

Illustration d’album de l’année / Album cover of the year
Louis-Alexandre Beauregard / Thomas B. Martin – Ponctuation/La réalité nous suffit

Maison de disques de l’année / Record Label of the year
Bonsound Records

Agent de spectacle de l’année / Booker of the year
Heavy Trip

Média de l’année / Media of the year
CISM 89,3

Debbie Tebbs: Comme si Xavier Dolan refaisait Mommy

Debbie Tebbs

Re-Up!

Cliché Musique (Universal Music Canada)

****

580

Lorsqu’un album est un succès retentissant autant auprès du public que de la critique, il faut beaucoup d’audace, voire d’aplomb, pour reprendre, peu de temps après sa sortie, la totalité de ses titres et réinventer une formule déjà gagnante.  Entre Up! et Re-Up!, le nouvel opus de la DJ montréalaise Debbie Tebbs, il y a un trait d’union franchement significatif.

Rencontres et mariages

L’intention de l’auteure-compositeure était claire dès le départ: «Ce projet visait à unir plusieurs artistes de musique électronique dont j’apprécie le travail, en les regroupant sur un même album». On peut certainement affirmer que l’univers de la musique électronique au Québec est en grande forme lorsqu’on prête nos oreilles et surtout nos corps à ces rythmes et mélodies savamment amalgamés par des mains de maîtres: Millimetrik (gagnant Album électro au GAMIQ 2014), Biobazar (nomination Album électro ADISQ 2009 et 2014), TSF, Franky Selector, pour ne nommer que ceux-là.

Fruit du travail

Lors de l’écoute d’un disque où chaque pièce est remixée par un artiste différent, il arrive plus souvent qu’autrement que le tout soit difficile à assimiler d’un bout à l’autre. Re-up! est certainement l’exception qui confirme la règle. Les collaborateurs puisent dans leurs influences pour travailler dans le même sens. Le produit de la multiplication des genres enrichit la congruence du résultat de manière puissante. Il est aisé de se laisser porter par la rencontre des courants musicaux, même si les années 80 sonnent souvent à la porte à grands coups de 8 bits. On retrouve autant l’aspect rétro-futuristique des grands-pères de l’électronique du groupe Kraftwerk, que l’impact des synthétiseurs de Daft Punk ou de Justice. Ce mariage emprunte les traits distinctifs de chaque période de l’évolution musicale du genre qui suit le développement fulgurant de la technologie. C’est à la jonction de ces influx que l’album se place (cette zone intemporelle garantira selon moi sa longévité). En plus d’être rythmiquement très prenantes, les mélodies accrocheuses traversent la barrière métallique pour venir nous toucher, un peu comme le fait si magnifiquement le duo TRST.

En somme, l’album de Debbie Tebbs et de ses collaborateurs se savoure autant de manière attentive qu’étourdi par la frivolité d’une soirée entre amis. Saluons l’exploit en décernant quatre étoiles à l’effort et en nous donnant le droit de rêver que Dolan refasse Mommy avec Cate Blanchett.