Une AG de Radio X sur les Plaines

Un nouveau record du monde a été battu hier lors du show de Metallica alors que rien de moins que 130 000 toebats se sont réunis sur les Plaines d’Abraham. On nageait dans le royaume du mononcle saoul et du quarantenaire de la classe moyenne ayant momentanément oublié la notion de respect dans son pick-up: le rêve quoi. Retour sur une soirée qui a donné raison à tous mes préjugés de Montréalais.

Je quitte mon chez-moi d’accueil vers 14 h, question d’aller rejoindre un ami qui avait dormi devant la gate des Plaines pour s’assurer d’être dans les premiers entrés sur le site. Je suis alors déjà conscient que je me lance dans une mission plus que périlleuse, digne d’un véritable Bear Grylls urbain. Il fait en effet particulièrement chaud et ensoleillé, et si je me suis muni d’un agréable lunch composé de salade de pâte, j’ai oublié de partir avec la source de vie par excellence: de l’eau.

Rendu sur le site, je suis évidemment trop pauvre pour en acheter et commence à sécher tout en cherchant mon téméraire chum. J’apprends finalement qu’en grand génie, il a oublié sa passe à Montréal et est en train de se taper un aller-retour à ce moment précis. Si je me fie à Garou, je serai au moins enfin en mesure d’aimer. Je réussis finalement à repérer un autre ami, et on va s’installer dans l’inconfortable moton de colons pour un bon deux heures. #livingthedream

On assiste alors à des scènes surréalistes: un paquet de dudes entre 30 et 50 ans sont installés sur des chaises de camping en chest partout, calant de la Coors Light et de la Molson Ex à la tonne, écoutant du Metallica trop fort sur des speakers et s’envoyant chier l’un l’autre parce que c’est comme ça que les vrais mâles agissent.

Régulièrement, on voit des gens trop saouls et/ou déshydratés qui doivent quitter pour éviter l’hospitalisation et d’autres qui passent près de se battre parce qu’un groupe plus en avant a invité du monde à se joindre. Question de combattre l’insanité ambiante, des jeunes ont apporté un jeu d’anneaux qu’ils lancent dans la foule. Autre rare moment de bonheur collectif: un hélicoptère passe pas loin et tout le monde se met à crier comme des Mongols, comme dirait Jean-Sébastien Girard. À ce moment-là, la file s’étend jusqu’à Sao Paulo.

Camion gris / Crédit capture d'écran : Romain Thibaud
Camion gris/Capture d’écran: Romain Thibaud

L’organisation ouvre finalement les portes un peu plus tôt que prévu, soit vers 17 h 30, et l’on doit alors se frayer un chemin à travers un véritable dépotoir. Les gens situés à l’avant n’ont en effet pas pris le temps de se débarrasser proprement de leurs déchets et on retrouve même des bouteilles remplies d’urine un peu partout.

Je vous laisse imaginer l’odeur, surtout lorsque tout a macéré depuis quelques heures à 27 degrés. Personnellement, je tombe éventuellement sur une glacière dans laquelle je trouve deux canettes de Pepsi encore intactes. Le nectar est doux, et je suis heureux de pouvoir m’abreuver sans avoir à pisser dans un serpent, comme dans la vidéo ci-dessous. Un autre, plus aventureux, décide de boire les fonds de bouteilles de bière qu’il trouve. Je reste persuadé qu’il est mort moins d’une heure plus tard, quand l’équipe d’urgence évacuera en ambulance une personne pas trop loin de moi. Je réussis finalement à entrer en terre promise vers 17 h 50.

Après deux heures debout, je décide d’aller m’asseoir dans la section colline du site et on tombe finalement sur un spot juste à côté d’un Beauceron bien en forme et jasant. Pas de problème, je me dis, ça va faire passer le temps. Après 30 minutes, il se lance sur le glissant sujet de «je me demande ce qui se passerait si y’avait un attentat terroriste en ce moment». Prévoyant, un dude juste à côté décide de lui offrir un joint pour changer subtilement de sujet. Je lui lance un regard reconnaissant. Et au moment où le premier allait reparler, Metalord monte sur scène. Sauvé par le gong!

Le groupe que j’avais découvert au Rockfest joue aujourd’hui sans le Petit Jérémy, un avantage notable côté crédibilité. Dans le même ordre d’idée, le fait que 70 % de leur répertoire sonne comme du vieux Metallica viendra leur promettre un succès inégalé devant une foule venue témoigner de son adoration sans bornes aux idoles trash.

Le set se déroule bien, les gars étant assez talentueux, et le public se laisse embarquer par le groupe local dans une aventure bien métallique. Seul le conglomérat de matantes dans lequel je suis installé ne semble pas voir d’un aussi bon œil le groupe, et je ne comprends pas l’intérêt de venir voir un show de métal si tu n’aimes pas le genre. Encore une fois, je suis étonné par la relation quasi-malsaine qu’entretient Québec avec le band de LA.

C’est ensuite au tour de Voivod, band mythique au Québec ayant également bénéficié d’un succès international dans les années 80-90, ne l’oublions pas. D’ailleurs, pour poursuivre dans la minute geek, Wikipédia nous apprend ceci: «Le Voivod est un chevalier-vampire-androïde de l’ère post-nucléaire. Inspiré d’une légende transylvanienne, cet antihéros est sorti tout droit de l’imaginaire de Away, le batteur, auteur et illustrateur du groupe.» Merci, Wikipédia.

Le band n’a pas vraiment besoin de travailler pour aller chercher le public, déjà conquis. Même sans Denis D’amour, décédé en 2009, le groupe réussit à rendre justice à sa gloire d’antan. Seul Snake semble avoir perdu un peu de sa voix, mais on se console en écoutant le drum, toujours aussi solide et incompréhensible à la fois. Naviguant dans leur vaste catalogue, les gars en profitent pour jouer un mélange de trash, de chansons un peu plus prog et même d’un vieux rock’n’roll pour l’occasion. Un show qui vient au final presque concurrencer ce qui suivra!

À ce moment, je décide d’aller rejoindre du monde dans la foule. Grave erreur, puisque je perdrai non seulement ma place assise, mais je ne retrouverai jamais qui que ce soit. C’est beaucoup de gens 125 000 personnes, quand même! C’est donc seul et me fiant principalement sur un écran de projection que j’aborde le concert de Metallica.

Avant même la traditionnelle intro d’Ennio Morricone, les fans sont déjà too much. Le Messie est en ville et, l’espace d’un instant, on pourra oublier toutes ces histoires de Troisième lien et d’enverdeurs montréalais. Au moment de leur entrée sur scène, je me dis que les gars du band sont aussi laids en vrai que sur photo et n’ont vraiment pas l’air plus intelligents non plus. Mais qui se ressemble s’assemble, qu’on dit, hein! Enchaînant les hits dès le départ, le groupe s’assure déjà une réponse dithyrambique de la foule. Après une heure de show, Hetfield annonce que le groupe va maintenant commencer à jouer des tounes heavy, comme si le show ne l’était pas encore assez.

Personnellement, je garde quelques réserves par rapport à tout cela. Les interventions manquent de mordant et le rythme du show laisse un peu à désirer. De plus, des séquences instrumentales, bien souvent inutiles, viennent ponctuer les changements de costumes ou certaines chansons. Je pense ici par exemple à un moment où les gars jouent laborieusement sur de très gros tambours sans que ça soit impressionnant pour deux cennes, ou encore à la séquence où Kirk jouera de la guitare rythmique funk pendant une minute pour aucune raison…

Je vous avouerai toutefois que j’ai manqué l’orgie pyrotechnique finale, préférant quitter pour aller écouter Jacques Greene, un artiste qui entre un peu plus dans le mandat de FAV. Par contre, si je me garde quelques réserves, spécifions que le public ne semblait en avoir aucune.

Le temps de me rendre au Cercle, je tombe sur un show de Tintamarre. On m’explique que Greene ne jouera pas avant 24 h 30, et que j’aurais donc pu rester sur les Plaines et voir du feu autrement que sur de très laides projections.

Je décide tout de même d’entrer voir un peu le groupe et je tombe sur une foule de hippies et de rastas en sueur et qui sentent à mon humble avis pire que le dépotoir de l’après-midi. Les moshpits, ça fait travailler l’odorat. Le groupe ne m’intéressant pas particulièrement, je rentre plutôt chez moi. Minuit et demi, c’est l’heure de mon dernier autobus, je vous le rappelle…

Citation de la soirée: «J’espère qu’il nous fera pas un Bob Bissonnette!» – Un dude en voyant l’hélicoptère passer.

Programme de demain: Mauves, Kelala, Danny Brown, Gorillaz, DJ Laurentia.

Mourir à petit feu (de Rammstein) au Rockfest

Je reviens du Rockfest, que je visitais pour la toute première fois, et devrais m’en remettre tranquillement pas vite d’ici la prochaine édition. Montebello m’aura offert une fin de semaine bien occupée, fidèle à sa réputation. Comme vous vous en doutez, les dérapes auront été fort nombreuses. J’ai donc décidé de dresser un portrait plus global du festival dans les lignes qui suivront, tout en relatant tout de même au passage les quelques rares moments dont je me souviens les shows qui m’ont le plus marqué!

J’arrive au Rockfest jeudi soir vers 18 h, après avoir fait pas loin de trois heures de route dans le trafic avec un char plus ou moins efficace. Le temps de récupérer mon laissez-passer, je me rends compte que je suis déjà en train de rater la première des deux prestations de Jérémy Gabriel, un incontournable assuré. Je décide donc de tout simplement lancer mon stock de camping dans la forêt près de mon terrain pour gagner le site principal à la course. J’arrive alors qu’il ne reste que deux chansons, soit une reprise de Don’t Stop Believin’ de Journey et notre chanson préférée à Feu à volonté, I Don’t Care. Le public, déjà bien torché, s’en donne à cœur joie, allant même jusqu’à monter un violent wall of death durant l’interprétation sentie du hit. Ça donne le ton à ce qui suivra.

Je quitte peu après la prestation, le temps de retourner à mon terrain de camping et de monter ma tente, une décision éclairée vu que je n’aurais clairement pas réussi à le faire deux ou trois heures plus tard… Je reviens rapidement, juste à temps pour attraper les dernières chansons du solide Bernard Adamus. Même si la Saint-Jean ne se déroulera que deux jours plus tard, on sent bien l’esprit patriotique de notre Fête nationale planer sur le site du Rockfest. Parce que quoi de mieux pour célébrer notre Québec qu’une couple de milliers de personnes ben torchées qui varge dans la bouette, hein!?! Dommage que Parizeau n’ait jamais pu y assister de son vivant. La soirée se déroule par la suite assez bien et de façon particulièrement tight pour un festival de cette envergure. Ça m’étonnera tout le long de mon séjour.

Points marquants du jeudi:

Jérémy Gabriel, pas Koriass, Robert Charlebois qui m’a fait pleurer en chantant Lindbergh, la caliss de grosse averse qui a noyé ma tente dès le jour 1.

Parce que oui, il a plu qu’el criss vers la fin du jeudi soir. J’étais déjà rentré à ma tente à ce moment, mais semblerait-il que le show des Cowboys Fringuants a même dû être retardé. C’est donc fort d’une nuit de 45 minutes sur des bancs de char inconfortables et vêtu de vêtements humides que je me lève vers 9 h vendredi matin.

Le temps de déjeuner au Four Loko, je me mets tranquillement pas vite en chemin vers le site, marchant entre des corps morts dans les parcs et des flaques de vomi un peu partout dans la rue, pour être sûr de ne pas manquer l’hommage à Watatow et D-Natural. C’est assurément une bonne décision parce que je me retrouve seul devant la scène Tony Sly à 11 h pour assister à la probante reprise de la chanson-thème de l’émission par l’actrice porno Vandal Vyxen et ses acolytes en fluo. Suivront ensuite trois chansons de D-Natural et une section varia nous présentant des covers de Limp Bizkit et autres Cypress Hill chantés notamment par un dude avec une grosse horloge Corona comme pendentif. Du génie bien ficelé.

Vandal Vyxen fait une entrée fluorescente au Rockfest. / Crédit : Mathieu Aubre
Vandal Vyxen fait une entrée fluorescente au Rockfest. / Photo: Mathieu Aubre

Trois minutes plus tard, c’est au tour du groupe Ta Mère de fouler les planches du Rockfest. Ils offrent une courte prestation de quelques-unes de leurs meilleures chansons, tous vêtus de robes. Je trashe allègrement sur du Mario Pelchat, mais je reste un peu sur ma faim: pas entendu Le temps des cathédrales en live. Les festivaliers commencent à arriver peu à peu, l’averse venant de se terminer, et je décide de quitter, le temps d’aller sécher ma tente et dormir un peu.


Je reviens à temps pour attraper les dernières chansons du mythique Wu-Tang Clan, auquel je ne m’intéresserai toutefois pas autant qu’il l’aurait mérité. C’est que juste après suivra la performance de Metalord et du Petit Jérémy sur la scène Headrush avoisinante et je décide de m’y rendre en avance afin de tâter le pouls de la foule:

«- Toi, t’es pour ou contre Jérémy Gabriel métal ?

– Complètement contre. Ça a pas d’affaire à se passer au Rockfest, ça. Moi je pense qu’on devrait jamais mêler pop pis métal. Je m’attends à ce qui se fasse calisser des canettes de bière dans la face.»

«Pour ou contre les apparitions du Petit Jérémy au Rockfest ?

– Fucking pour. À date, son show de la Saint-Jean, c’est ce qui m’a le plus fait rire en fin de semaine.»

«T’as pensé quoi de la prestation de Jérémy ?

– Bah, on dira ce qu’on voudra, mais il chante quand même juste, même si ça reste de la marde, ce qu’il chante.»

Fin de la conversation

Le show commence, alors que plusieurs membres du public scandent «Mike Ward» de concert. C’est le groupe de Québec Metalord qui entame le tout, avec du vieux métal bien gras. La performance est honnêtement très bonne, même si elle se fera tout de même totalement éclipser par la reprise de I Don’t Care version métal, qui viendra conclure le show. Je considère dès lors ma fin de semaine rentabilisée.

La pluie aura su rendre le site du Rockfest particulièrement propre. / Crédit : Mathieu Aubre
La pluie aura su rendre le site du Rockfest particulièrement propre. / Photo: Mathieu Aubre

Un début de soirée un peu flou s’ensuit, duquel je n’ai retrouvé qu’un enregistrement de moi qui dit «On oublie souvent à quel point AFI c’est de la caliss de marde», et je reviendrai finalement à mes esprits pour le show des Offsprings. Qu’on tripe ou pas sur leur musique, il faut quand même avouer qu’ils offrent des très bons spectacles avec constance dans un mood de party. Le genre de chose que tu veux voir dans un festival et que je suis heureux de retrouver pour une troisième fois, et ce, même s’ils jouent toujours les mêmes chansons depuis quelques années. Enchaînant les hits punk-rock qui les a fait connaître et les quelques tracks plus deeps au passage, le groupe originaire de la Californie reste fidèle à ses habitudes de bon animateur de foule et je ressors bien satisfait. Suivra ensuite, sur une note moins mythique, un show de Deadly Apples auquel je prêterai une oreille assez peu attentive en allant remplir mes réserves de bouteilles d’eau un peu plus loin sur le site.

AFI/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras
AFI/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras

C’est finalement à Rammstein, la principale tête d’affiche de l’édition 2017, de conclure la soirée sur la scène principale. Même si je n’aime pas particulièrement la musique des Allemands, on m’avait déjà parlé en bien de leurs performances scéniques et je décide d’aller au moins voir quelques chansons. Le tout commence avec un énorme rideau noir, sur lequel s’affichera un compte à rebours dans les minutes précédant le début du spectacle avant de tomber majestueusement sur un fond de feu d’artifice. Ça fesse déjà fort. Lâchant un simple «Bonjour» poli en arrivant sur scène, la bande de Till Lindemann se lance dans l’interprétation de ses classiques et je comprends rapidement pourquoi le groupe est si renommé et que je ferais bien de rester jusqu’à la fin.

Rammstein/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras
Rammstein/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras

C’est sur une scène reformée à 100% pour s’adapter à leurs éclairages parfaitement coordonnés, que le groupe offre un spectacle dont je ne pense jamais revenir. Ils sont équipés de plusieurs machines diverses visant principalement à crisser du feu, des confettis et des feux d’artifice partout. Alors que le guitariste est muni d’un instrument lance-flammes, le claviériste joue par moments sur un orgue qui lance de la boucane et le chanteur s’envolera finalement pendant la dernière chanson avec de gigantesques ailes de métal qui crache, elles aussi, du feu. Sans (presque) parler – trois très courtes interventions en français en presque 1 h 30 de spectacle!– , le groupe aura offert le show le plus tight et intelligent au niveau de la scénographie qu’il est possible d’imaginer. Je passerai les trois heures suivantes à ne reparler que de ce moment en marchant dans un Montebello déjà assez bien saccagé.

Points marquants du vendredi:

Metalord, les flaques de bouette dans lesquelles je patauge avec allégresse en gougounes, The Offsprings, le feu infini de Rammstein.

Le réveil de cette dernière journée de festival est assez difficile. Après trois courtes heures de sommeil, je décide d’aller déjeuner avec des amis à l’autre bout de la ville. À force d’attendre que tout le monde se lève, je finis par manquer avec énormément de tristesse l’apparition de Louis-Paul Gauvreau. On quitte plutôt vers 11 h 30 pour aller voir Anti-Flag qui offre un réveil assez solide. Le groupe punk, qui amorçait au Québec sa tournée nord-américaine estivale, semble bien en forme et heureux de se présenter devant nous, même s’il ne cessera de saluer Montréal tout au long du set.

Leur force est visiblement la musique, pas la géographie. Notons aussi leur très cool cover de Should I Stay or Should I Go des Clash qui me fera bien danser. On profite par la suite du seul spot avec un peu d’ombre et de bonne odeur: la tente Pizza Pizza. On y écoute tranquillement August Burns Red qui nous torche les tympans. Un set vraiment solide, même si je ne compte pas en réécouter régulièrement. Je me déplace ensuite, question de me calmer un peu les nerfs, vers le show de Pup, excellente formation canadienne qui attirera un bon public même si elle se produit sur une petite scène.

August Burns Red/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras
August Burns Red/Photo: Alexandre Duhamel-Gingras

Je quitte ensuite brièvement, le temps d’aller me rafraîchir un peu, vue la température élevée de la journée, et je reviens à temps pour attraper la fin de Eagles of Death Metal et le début de la prestation de Reverend Horton Heat. Le trio présente un show solide, mais malheureusement devant un public assez réduit. Les Texans en feront également sourciller plus d’un, vu le caractère un peu marginal et rétro de leur musique psychobilly. Je quitte peu avant la fin pour retourner au stage principal, où Good Charlotte vient présenter sa musique au facteur involontairement lol bien élevé. Sur une bonne brosse de Rockfest, c’est un show bien à propos.

Le temps de faire une entrevue avec un dude déguisé en Jésus et des vidangeurs de toilettes, de manquer à ma plus grande tristesse Megadeth, d’aller souper et de regarder des ambulanciers tenter d’aider un gars avec des mains pleines de sang et une conscience visiblement en vacances, je suis de retour sur le site pour voir un peu d’Exterio. L’après-midi bat des records de pertinence à date, et je me dis que le show, que j’avais déjà vu au Desbouleaux Fest l’an dernier, est toujours pas devenu meilleur depuis… Quoi de mieux pour introduire les excellents Alexisonfire sur la scène principale, hein!?! Le groupe canadien donnera un sans-faute à ses fans très nombreux sur le site, devant une série de moshpit un peu effrayants à regarder pour les porteurs de sandales. Ça fait changement des shows cutes de Dallas Green dans les églises de Sainte-Thérèse, mettons. De mon bord, je me permets un seul trash dans la boue pour This Could Be Anywhere In The World, ma préférée du groupe (et la préférée d’une bonne partie du public qui chante les bouts plus calmes en chœur).


Prochain spectacle sur ma liste: At the Drive-In. L’alcool faisant un peu trop bien sa job, je décide toutefois de faire un vox-pop interminable et particulièrement con avec des membres du public plutôt que d’écouter le show. Dommage parce que j’en recevrai de bons commentaires le lendemain! Arrive finalement le moment que j’attendais avec le plus d’impatience dans toute cette fin de semaine: Queens of the Stone Age! Le groupe, qui ferme la grosse scène, vient nous présenter principalement des pièces de Like Clockwork pour mon plus grand plaisir, l’album étant vraiment génial à la base. Si l’ouverture sur Song for the Dead (si je me trompe pas) offre une belle continuité avec les shows précédents, je constate quand même des réactions un peu mitigées dans le public: même si la troupe de Josh Homme n’a sélectionné que ses hits qui brassent ou se dansent le plus, la musique n’est pas assez violente pour certains membres de l’audience. Personnellement, j’ai énormément de plaisir quand même à observer une performance bien rodée et à découvrir un peu de nouveau matériel du groupe au passage. C’est sûr que c’est pas Rammstein, mais ça reste un bon show quand même.

Par contre, celui que je trouverai le plus intéressant à regarder en ce samedi soir, c’est Iggy Pop, sur la scène Jagermeister. Ne faisant pas ses 70 ans et étant toujours aussi dénudé du haut du corps, le pionnier de la punk enchaîne ses hits, repris par des musiciens talentueux. Si QOTSA marquait par une exécution carrée et rodée au quart de tour, on sent plutôt un certain laisser-aller contrôlé chez le groupe qui accompagne Iggy, surtout du côté des solos et des interventions. La présence scénique hypnotique du principal intéressé reste également à souligner et conclura de très belle façon la portion musicale du festival pour moi. La portion festive se poursuivra encore pendant quelques heures, par contre…

Points marquants du samedi:

Anti-Flag, August Burns Red, Alexisonfire, Queens of the Stone Age, Iggy Pop.

Au final, le Rockfest, c’est quoi? Une ville saccagée par plein de cons? Des policiers qui s’en sacrent à un niveau record? Un rassemblement de food-trucks offrant du gras à perte de vue? Une occasion de faire beaucoup de drogues en vidant toutes les épiceries du village de leurs réserves d’alcool cheap?

Le Rockfest, c’est un peu tous ces clichés à la fois, mais ça demeure vraiment professionnel côté organisation en offrant des spectacles de grande qualité, même s’ils sont parfois niaiseux ou très kitsch. Et si on dresse parfois un portrait peu reluisant et stéréotypé de son public, il reste, dans bien des cas, fort sympathique. C’est donc une belle fin de semaine mouvementée dans la bouette et la poussière que j’ai déjà hâte de revivre l’an prochain.

5 shows à voir au Rockfest de Montebello

Hommages à D-Natural & Watatatow – 23 juin, 11 h, scène Tony Sly 1

On ne pense pas vraiment qu’il soit nécessaire de dire quoi que ce soit de plus que le simple titre de ce spectacle pour vous convaincre d’y assister. On espère simplement que ce soit les Appendices qui offrent la portion Watatatow du show.

Ta Mère – 23 juin, 11 h 20, scène Tony Sly 2

Après t’être tanné des hommages wtf de la scène juste à côté après 15 minutes parce que t’es (potentiellement) pas encore assez sur la brosse pour vraiment triper, on te recommande le très cool band de reprises originaire de Québec: Ta Mère. Connus principalement pour leurs clips low-budget kitsch hautement satisfaisants et leur réel talent musical, les gars risquent de donner un show avec un fort facteur lol.

Metalord avec Jérémy Gabriel – 23 juin, 17 h 30, scène Headrush

Vous connaissez notre passion pour les nouvelles parutions de notre #liljay national . Eh bien, on ne pouvait tout simplement pas passer à côté de ce futur évènement marquant de l’histoire de la musique québécoise, au même titre que l’Osstidcho, le premier album d’Harmonium ou le retour de La Chicane. On se prépare à être aux anges, tout comme le pape en 2006.

Reverend Horton Heat – 24 juin, 17 h 05, scène Tony Sly 1

La légendaire formation psychobilly de Dallas est une des vraies belles prises du Rockfest cette année. Par contre, placée entre Dee Snider (dont tout le monde se crisse un peu lorsqu’il est en solo) et Good Charlotte, on ne sait pas encore si elle attirera pas mal de public. Dans tous les cas, j’ai bien hâte de l’entendre jouer Psychobilly Freakout, que les vrais reconnaîtront comme l’une des tounes les plus le fun à jouer pour se pogner une tendinite sur Guitar Hero 2.

Eagles of Death Metal – 24 juin, 15 h 55, scène Budweiser

Même s’ils sont principalement connus pour le côté explosif d’un certain show parisien et l’amour de Jesse Hughes pour les guns, reste que la bande californienne sait offrir du méchant bon stock bien dansant à ses fans. Notons également que la prestation permettra au bon Josh Homme de jouer deux fois sur le même stage en une journée, alors qu’on pourra le voir plus tard aux côtés des Queens of the Stone Age.