Longue liste du Polaris 2020: ENTREVUE avec la directrice du Prix Claire Dagenais

La longue liste du Prix de musique Polaris a été annoncée ce midi. La nouvelle directrice générale du prix Claire Dagenais, qui a commencé son mandat en mars dernier après avoir travaillé auprès du fondateur Steve Jordan durant dix ans, était accompagnée de 40 artistes nommés dans les années précédentes afin de révéler les 40 albums préférés du jury.

Claire Dagenais, directrice générale du Prix Polaris

On a jasé avec la nouvelle queen du Polaris la semaine dernière.

Comment s’est passée la transition de ton ancien poste vers celui de QUEEN du Polaris?

Je ne sais pas si je m’appellerais la queen (rire). Steve m’avait informée qu’il allait partir et comme j’ai été la première employée, il voulait que je prenne les rênes. J’ai une intuition assez forte quand on doit prendre des décisions importantes et je suis toujours ouverte aux initiatives de parités. J’ai beaucoup contribué au recrutement de juges lorsqu’on a voulu essayer de se rapprocher d’une parité homme-femme, entre autres.

Qu’est-ce que la pandémie a changé dans le processus menant à la liste?

Il a fallu que je garde mes anciennes tâches et que je prenne le rôle de leader en même temps, parce qu’on n’a pas eu le temps d’engager. C’est moi qui prends les décisions finales dans l’organisation, mais je ne suis pas quelqu’un qui croit tout connaitre. J’écoute le jury, j’écoute les experts. Et le jury a vraiment écouté la musique autrement cette année. C’est difficile d’écouter la musique pour ce qu’elle est sans les évènements sociaux qui l’entourent. 

Qui sont ces gens qui ont choisi les 40 albums cette année?

Toi! (Rire) Ça fait quelques années que tu es là! Il y a des nouveaux venus, mais je tiens à souligner le travail des jurés qui reviennent année après année. Ils sont vraiment dévoués, les discussions sont intenses, mais respectueuses et bien recherchées. J’apprends beaucoup à propos de la musique en écoutant et en lisant les suggestions. C’est vraiment une source de découverte axée sur la communauté. Je suis toujours impressionnée par le niveau d’éducation des membres du jury, voir comment les gens écoutent et comprennent les albums et tout ce qui en ressort. Ils sont 201 personnes dans tout le pays. Ils viennent de différents milieux et ils ont des goûts différents. Au total, ils ont proposé 223 albums. J’ai tellement confiance quand j’écoute le jury.

Comment décrirais-tu la liste dévoilée aujourd’hui?

Si on compare la Longue liste d’il y a dix ans à celles qu’on a depuis quelques années, il y a un changement dans l’ambiance générale, les choix sociaux que le jury fait. Au-delà d’aimer ou non un artiste ou un album, j’aime que les membres se questionnent sur les raisons pour lesquelles ils donnent de l’importance à un artiste ou à un autre. Cette année, comme dans les années passées, la musique est une réflexion sur la vie et sur la culture, mais au bout du compte, tous les choix sont des bons albums, et les choix 41 à 80 auraient autant pu faire partie de la liste. Il y a quelque chose pour tout le monde. Chaque personne a au moins un album sur la Longue liste qui va pouvoir devenir son préféré. En contrepartie, si quelqu’un aimait la liste au complet, ça voudrait dire qu’on aurait mal fait notre job.

Comment la remise du grand prix aura-t-elle lieu à l’automne?

On veut vraiment prendre le temps d’organiser quelque chose de spécial pour faire honneur à chaque album et que les 10 artistes de la Courte liste puissent avoir leur moment de gloire pour qu’ils rayonnent auprès du plus grand auditoire possible. Même si les mesures sanitaires vont nous empêcher de faire un gala, on est en train de trouver une manière responsable de faire briller nos artistes.

Voici la Longue Liste des nommés 2020

Allie XCape God

AnachnidDreamweaver

AquakultreLegacy

Marie-Pierre Arthur – Des feux pour voir

BackxwashGod Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It

Badge Époque EnsembleBadge Époque Ensemble

BegoniaFear

P’tit BelliveauGreatest Hits Vol. 1

CaribouSuddenly

Daniel CaesarCASE STUDY 01

Chocolat – Jazz engagé

Louis-Jean Cormier Quand la nuit tombe

CorridorJunior

dvsnA Muse In Her Feelings

Jacques GreeneDawn Chorus

Sarah HarmerAre You Gone

Ice Cream FED UP

Junia-TStudio Monk

KaytranadaBubba

Flore LaurentienneVolume 1

Cindy LeeWhat’s Tonight To Eternity?

Men I Trust Oncle Jazz

Nêhiyawaknipiy

OBUXUMRe-Birth

Owen PallettIsland

PantayoPantayo

Lido PimientaMiss Colombia

Joel Plaskett44

William PrinceReliever

Jessie Reyez BEFORE LOVE CAME TO KILL US 

Riitataataga

Andy ShaufThe Neon Skyline

Super Duty Tough WorkStudies in Grey

U.S. GirlsHeavy Light

Leif VollebekkNew Ways

WaresSurvival

The WeekndAfter Hours

WHOOP-SzoWarrior Down

Witch ProphetDNA Activation

Zen BambooGLU

La Courte liste (10 albums) sera dévoilée le 15 juillet.

Revoyez le dévoilement ici:

TOP 2019 ANGLO/INSTRU positions 20 à 11

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 20 à 11 de nos albums/EP anglophones et instrumentaux préférés de l’année.

20 Men I Trust – Oncle Jazz

«C’est quoi qui joue en ce moment?», moi de demander à ma coiffeuse lors de ma dernière séance de trim, pour me rendre compte par la suite que c’était l’album Oncle Jazz. C’est vaporeux. C’est doux. C’est planant. C’est de chez nous, bâtard! Emma Proulx chante peut-être dans la langue de Shakespeare, mais ça vient de chez nous ça, Men I Trust! Tokébak icitte! On a de quoi être fiers, parce que la musique de ce groupe qui a pris racine à Québec, mais qui a désormais pignon sur rue à Montréal, rayonne bien au-delà des frontières de la belle province. I drink to that! (ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

19 Hanorah – For the Good Guys and the Bad Guys

Hanorah est la nouvelle venue de l’année de la scène anglo. Elle a lancé au printemps son EP For the Good Guys and the Bad Guys, où elle chante pour guérir ses traumatismes passés. Et ça s’entend dans sa voix: ça te rentre dedans comme une chaise en pleine face quand tu t’y attends pas. Hanorah chante tantôt sa colère sur des chansons full-band groovy, tantôt se rend vulnérable sur des chansons guitare-voix. C’est en somme du soul puissant et authentique. J’attends impatiemment un album complet à venir. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

18 BIG BRAVE – A Gaze Among Them  

Difficile de décrire les émotions vécues lors de la première écoute de A Gaze Among Them mais je peux vous assurer que ça se bousculait en dedans. Ce quatrième long jeu de la formation montréalaise présente un parfait équilibre entre les ambiances lourdes et la voix merveilleuse de Robin Wattie qui nous permet d’apprécier pleinement l’expérience. Entre montées post-rock, guitares saturées et batterie tonitruante, la voix de la chanteuse s’immisce et nous offre des moments de pure beauté dans un chaos musical savamment organisé. Ça brasse en dedans et ça fait le plus grand bien!
(NICOLAS SIMARD)

17 Mike Shabb – Gloom

Il n’y a pas si longtemps, le jeune Shabbo est arrivé sur la scène rap Québ de façon aussi frappante qu’une grosse puff de backwood! Parlant de bon buzz, il est important de mentionner le changement de vibe plus chantée et mature de son nouveau projet, marqué entre autres par son trip à Los Angeles où il est notamment allé rejoindre le bon vieux Nate Husser. Le fait de s’associer à nouveau avec VNCE CARTER ajoute une kush de plus à la qualité de GLOOM. Bref, un Big Bang de bons sons! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

16 Hologramme – Felicity

Le «piu piu» bien exécuté. Voilà ce qu’est Hologramme. Entre autres choses, entendons-nous. La proposition musicale de Clément Leduc (compositeur et réalisateur) est riche et bien ciselée. C’est notamment Berlin qui a inspiré à Clément les sonorités présentes sur Felicity. Hautement cinématographique, le disque se vit comme un mini film où le protagoniste principal vit une saprée bonne soirée en boîte. Effets lasers en sus. (ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

15 Leif Vollebekk –  New Ways

Qu’y a-t-il dans la voix de Leif Vollebekk pour nous faire sentir aussi bien? Il se situe dans une courte liste de personnes qui, chaque fois qu’elles sortent un album, on est est stressés parce qu’on a peur de ne pas aimer ça autant que celui d’avant, tellement il était bon. Sa façon de constamment se renouveler sans perdre son essence est un don qui fait de lui un génie. Qui ne l’a jamais vu s’exécuter au piano comme s’il dansait remédie immédiatement à la situation. (ÉLISE JETTÉ)

14 Safia Nolin – xX3m0 $0ng$ 2 $!nG @L0nG 2Xx

Quoi de mieux pour accompagner son automne qu’un bon album de covers emo par Safia Nolin, question de revenir en secondaire 3 le temps de quatre chansons? Pas grand-chose, parce qu’avec sa façon de réinventer les classiques de Paramore, My Chemical Romance, Taking Back Sunday et Billy Talent, ça te permet de revisiter les émotions de ton adolescence avec une toute nouvelle approche pis de te dire qu’après tout tu es peut-être encore un peu emo… (ELISABETH MOTTARD)

13 Anemone – Beat My Distance 

Cet album est sorti au début de l’hiver avec un souffle d’été au coeur de lui. Comment ne pas se sentir bien au chaud quand défilent les chansons dansantes de Chloe Soldevilla? Son groupe maîtrise la pop autant que l’énergie joviale issue d’une autre époque. Si jamais ton party lève pas pendant les Fêtes, tu sais quoi faire. (ÉLISE JETTÉ)

12 Dominique Fils-Aimé – The Red 

Le dernier EP de Dominique Fils-AiméThe Red, est comme un beau cadeau que l’on développe tranquillement pour en savourer chaque instant avec le plus grand bonheur. Sa voix chaleureuse met bien en valeur ses mélodies toujours aussi efficaces. The Red a un son beaucoup plus rétro que les précédents albums de la chanteuse, laissant place à toute la pureté de ses interprétations. Si l’envie vous prend de sortir votre soul vous aussi, le EP comprend également les versions instrumentales de deux chansons, question de se prendre pour une reine du jazz le temps d’un karaoké suave ou tout simplement d’apprécier la profondeur de l’instrumentation. (ELISABETH MOTTARD)

11 Les Shirley – Les Shirley

Ce premier EP du trio Les Shirley nous rappelle que la pop-punk n’est pas morte et qu’on s’ennuyait de ça peut-être un peu plus qu’on le croyait. Chaque chanson a l’effet d’une claque au visage grâce à l’énergie débordante et le plaisir contagieux que semblent avoir les trois filles à jouer ensemble. Les mélodies sont empreintes d’une certaine nostalgie pour l’époque où on tripait solide sur Yellowcard pis Good Charlotte et cette réactualisation du style nous donne bon espoir pour la suite de l’aventure. Vive Les Shirley! (NICOLAS SIMARD)

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Men I Trust: Un trio (+ 1) de passage à L.A.

Comme la plupart de nos lecteurs, vous vous dites probablement d’emblée: «Ayoye Mathias, esti qu’on s’en sacre de ta vie personnelle. On a cliqué sur cet article pour avoir des informations pratico-pratiques sur le band dont tu parles, parce que tu ne fais jamais rien d’intéressant.»

En général, je vous aurais répondu «Même pas vrai!» en courant dans l’autre direction pour éviter que vous me voyiez pleurer, mais cette fois c’est différent puisque j’ai déménagé à Los Angeles pour les prochains mois, et que le prix de mon billet d’avion incluait le droit de me trouver bon, ainsi que celui d’avoir l’air cool sur Instagram.

Ceci dit, quand je me log sur un site web, je suis le genre de gars qui clique maladivement sur la case «Se souvenir de moi», c’est pourquoi je vais continuer à écrire pour FAV et aller voir des groupes québécois pendant mon absence, de peur de tomber dans l’oubli.

Par exemple, la semaine passée, je suis allé voir Men I Trust en première partie de Wild Nothing.

Premier constat: je sais pas si vous avez remarqué, mais Men I Trust, c’est rendu un trio+1 (si on compte le drummer), et c’est comme si ça les avait fait passer à l’essentiel. On n’a plus la petite folie de morceaux comme Morse Code et Dazed, mais en échange, on a une belle profondeur psyché un peu sleazerock qui se prend bien.

Musiciens aguerris, les cools de Québec n’ont pas besoin de beaucoup plus que 4 personnes pour nous en mettre plein le toupet. Vous croyez peut-être que ça a passé 10 pieds au-dessus de la tête des Américains? Que nenni, le monde se roulait par terre de joie d’entendre ces hymnes subtils et sensuels, en plus de s’acheter des t-shirts «Chaudière-Appalaches» à la caisse une fois arrivée à la table de merch. Pas sûr qu’ils comprenaient la référence décalée, mais qu’est-ce tu veux…

Parlant de Men I Trust, je me suis entretenu avec Dragos qui s’agite les phalanges sur les touches d’ivoire de la formation. Mon entrevue, digne des meilleurs questionnaires du 7 Jours, lui a permis de s’ouvrir le coeur et de parler des vraies affaires: Le gear, les partys pyjamas et la Vie D’Marde de Lindi K.

Quelle est votre pièce de gear préférée de ce temps-là?

On vient d’acheter un petit amplificateur Vox de voyage. Ça nous permet de brancher une guitare électrique directement avec des écouteurs pendant les longues heures de route. Emma joue là-dessus constamment et elle se demande pourquoi elle a attendu aussi longtemps avant de se le procurer.

Pas mal de soi-disant groupes sont en fait le front d’un projet solo. Ça fait quoi d’être un vrai groupe en 2018? (Défis? Avantages? Processus créatif? Partys pyjamas?)

Pour nous, c’est vraiment facilitant et beaucoup plus amusant. On est trois dans tout. On ne se casse pas là tête pour savoir qui fait quoi. Ça vient naturellement avec les forces de chacun. On a la chance de bien s’entendre alors partys pyjamas: oui.

Qu’est-ce que ça représente L.A. pour vous? Envisageriez-vous vivre ici un jour, admettons que l’occasion se présentait?

Ça fait quelques fois que nous allons à Los Angeles, et chaque fois on est très excités de s’y retrouver. C’est une ville importante pour notre groupe, pour la diffusion de notre musique ainsi que pour les spectacles, et nous avons plusieurs amis là-bas que nous avons toujours hâte de revisiter. La lumière est aussi vraiment belle à L.A. et la nature n’est pas très loin. Ça serait certainement vraiment le fun d’y rester quelques mois. Pour l’instant, on est tellement toujours sur la route qu’on s’ennuie beaucoup du Québec et on apprécie être à la maison.

Est-ce qu’il y a une chanson qui vous met particulièrement dedans en ce moment?

Ces temps-ci, on écoute en boucle la chanson Vie D’Marde de Lindi K. Quand on commence à s’ennuyer sur la route, on met la chanson dans le système de son de notre nouveau Dodge Grand Caravan et ça nous redonne espoir.

Vous avez la réputation de faire les fanfarons quand vous êtes ensemble. C’est quoi le meilleur running gag de votre tournée à date?

Notre nouveau batteur Éric, alias «Rick National», fait pas mal jaser de lui pendant les spectacles. Les gens l’adorent! Un soir, après un spectacle, quelqu’un l’a tagué dans une story Instagram en disant qu’il était «so pure», alors on s’amuse souvent à l’agacer avec ça nous aussi. C’est vrai que son visage est si pur et si tendre ☺ On l’aime. Il joue très bien aussi.

Comment sont les fans américains VS les fans québécois?

Les Américains sont vraiment cool! Ils ne sont pas tant différents de nos fans québécois. Je dirais qu’ils sont un peu plus «loud» et démonstratifs. Dans le sud des États-Unis, on a l’impression d’être dans un party d’été en permanence.

L’esthétique visuelle de votre projet fait partie intégrante de votre démarche. À un point tel que c’est difficile de ne pas avoir vos pochettes et vidéos en tête quand on écoute vos tracks. Pouvez-vous nous partager des vidéos qui vous inspirent particulièrement?

 

 

FAV éclipse ta journée

Cet après-midi, il va y avoir une éclipse solaire aux États-Unis, et elle risque fortement de devenir l’éclipse la plus regar dée ever. Soucieux, comme à notre habitude, de vous accompagner dans les moments-clés de votre vie, on a décidé de mêler nos talents musicologiques aux quelques trop rares infos pertinentes qu’on a pu entendre à Météomédia. Voici une playlist spécialement conçue pour accompagner vos observations. Les remerciements sont acceptés.

On s’entend qu’à Montréal, et au Québec en général, on ne verra malheureusement l’éclipse que de façon partielle. Par contre, pour compenser, tu peux quand même écouter la playlist Spotify ci-dessous et lire nos commentaires sur les chansons sélectionnées en même temps pour faire comme si tu la voyais au complet. Cette expérience multi-sensorielle est propulsée par Feu à volonté.

Sinon, on te recommande chaudement de starter ça vers 14 h, soit pendant l’éclipse centrale* et une heure avant le zénith montréalais qui va arriver à 14 h 48.

*J’ai trouvé cette expression-là sur Wikipédia pis je l’utilise pour flasher, mais je sais sweet fuck all ce qu’elle veut dire. À défaut d’être cultivé, je suis au moins honnête…

As the Moon Sets / We Are Wolves – Intro de circonstances.
Jenny / Walk the Moon – Succès-souvenir!
Entre la lumière et le bruit / Galaxie – Exactement ce que tu vas vivre si t’as fait l’erreur de monter le Mont-Royal pour l’occasion.
Holy Mountain / Moon – Un bon petit band indie-psych de Halifax, ça fait jamais de mal.
(Moon) Clouds / Pop Goes – On se souhaite collectivement qu’il y en ait pas trop, des nuages.
Kelly Watch the Stars / Air – Meilleure toune pour faire un safari photo de la lune.
Colour Of Moonlight (Antiochus) / Grimes feat. Doldrums – Un bon mélange de deux pas pire weird producteurs électro montréalais pour bien souligner le moment.
Eclipse / Twin Shadow – Dans le plus normal que ces prédécesseurs…
Decks Dark / Radiohead – La lune aura peut-être pas une forme de piscine, mais au moins elle va être accompagnée de plein de ben bonne musique.
On a pleuré sur la lune / Joëlle Saint-Pierre – Écouter trop de Radiohead, ça me fait ça, moi… Sinon, l’éclipse totale devrait tomber pile icitte si t’as suivi les consignes, donc prévois tes kleenex parce que ça risque d’être ben touchant.
La lune / Les Trois Accords – Tant qu’à brailler, on va y aller all-in.
Stars / The XX – Dans le beau et la contemplation.
Space Is The Place / Men I Trust – On aimerait bien y aller nous aussi, ne serait-ce que pour éventuellement gagner le salaire d’une gouverneure générale.
Sunshine/Moonliht / Wizzard – La gang de Wizaard te décrit, comme des vrais Pascal Yiacouvakis en herbe, le trippant phénomène du jour et de la nuit. Un must.
Moon Crystal / M83 – À ne pas confondre avec le Meth Crystal. Ça, c’est une autre game.
Darkness/Light/Darkness / Saint-Samuel – À peu près l’inverse de ce que tu vas voir.
My Place / Cri feat. Odile Myrtil – Je voulais mettre une track du EP, mais il est pas sur Spotify. Je me suis finalement dit «fuck it, on va en mettre pareil.»
Stars / Beat Market – Pour accompagner le retour de la machine solaire.
Jon F / M.O.O.N. – Un super DJ originaire de la galaxie de Brooklyn à découvrir.
Must Be the Moon / !!! – Si le party n’avait pas commencé à lever, t’es au moins sûr qu’il arrive icitte.
La fin de quelque chose / Fontarabie – Si t’as bien suivi notre playlist pis nos conseils, on devrait pas mal être rendu vers le milieu de l’éclipse centrale, soit le bout plate où le soleil réapparaît. Je sais toujours pas ce que ça veut dire, mais j’espère que tu as été diverti!

Autres recommandations, qui ne sont pas sur Spotify:

Picnic On The Moon / Nanimal
Ma lune, ma belle / Mon Doux Saigneur
Petit homme fusée / Sexe Illégal
Moonage Day Dream / PS I Love You

Liste des groupes qu’on ne vous recommande pas d’écouter durant l’éclipse:

– Half Moon Run, parce qu’elle sera pas juste là à moitié la Lune, si t’avais pas encore compris le concept de l’éclipse.
– The Weeknd, parce que c’est un mythe que Starboy est un bon record.
– Sun Kil Moon, parce que c’est pas mal l’inverse qui va arriver. Au pire, passe-toi juste des tracks de Mark Kozelek, mais à l’envers.
– R.E.M. On a rien contre le band en soit, pis Man on the Moon reste une bonne track, mais on est un peu plus ambivalent face au projet ferroviaire du même nom.
– Bonnie Tyler. Vous savez très bien où je veux en venir, prière de ne pas la chanter en public. Ceci dit, en privé, c’est très chill, on va le faire nous aussi, mais gardez ça chez vous s’il-vous-plaît.

On vous rappelle en finissant que l’éclipse partielle à laquelle les Canadiens vont pouvoir assister ne durera qu’un gros max de 2 heures, alors choisissez bien votre toune d’éclipse d’avance si vous écoutez pas notre playlist. Aussi, regardez pas le ciel directement s’il vous plaît, à moins de vraiment tenir à devenir comme Stevie Wonder. Sinon, have fun, ma gang de sélénites! (Ça. je sais ça veut dire quoi au moins.)

OUMF 2017 : un beau party hip-hop sur Saint-Denis

Sans être la plus surprenante de son histoire, la programmation 2017 du OUMF reste particulièrement intéressante de par la variété qu’elle offre. Ceux qui n’auront pas fait beaucoup d’autres festivals cet été trouveront le moyen d’y faire des belles découvertes.

Ce midi, le Bordel Comédie Club accueillait le lancement de programmation de l’édition 2017 du festival officiel de la rentrée: le OUMF. Avec du mimosa et des bouchées, c’est sûr qu’un pauvre pigiste comme moi n’allait pas manquer l’occasion. Je ferais tout pour de la bouffe gratuite. Y compris écouter quarante minutes de conférence de presse peu rythmée.

Hormis les nombreux présentateurs accueillis par Sébastien Nasra, président et fondateur d’Avalanche Productions, qui coorganise le festival, les journalistes et partenaires présents ont également eu droit à une brève prestation de Bad Nylon. Les deux chansons jouées m’ont permis de prendre un peu le pouls du groupe, que je n’avais pas revu en show depuis un peu plus d’un an, soit avant leur gros changement de line-up. Le résultat est pas mal différent, mais je compte les voir dans une formule de spectacle complet avant de critiquer. Ce sera donc un rendez-vous le 8 septembre prochain.

Sinon, pour ce qui est du line-up plus directement, parce qu’on le sait bien que c’est ce qui vous intéresse au fond, et non pas mes états d’âme: la diversité sera au rendez-vous, même si le hip-hop reste dominant.

Le OUMF répartira ses activités musicales sur trois scènes, et je vous invite surtout à surveiller la scène Fido. La soirée du 7 septembre sera sous le signe du rock, avec The OBGM’s, Fred Fortin, Les Deuxluxes, Les Hay Babies, Gulfer, Hoan et Anémone.

Le 8 septembre sera plus hip-hop et accueillera les deux grosses têtes d’affiche sur une même scène, soit DJ Windows 98 (Win Butler d’Arcade Fire) et DJ Yella (ex NWA). On pourra aussi voir et entendre, notamment, Ragers, Grandbuda, Bad Nylon et Hologramme.

Le 9 septembre oscillera encore une fois entre hip-hop et électro, en recevant sur les diverses scènes de la rue Saint-Denis, Koriass (qui sera peut-être là ou pas), Eman x Vlooper, Ryan Playground, Radiant Baby, Shash’U et Men I Trust.

Ajoutez à tous ces concerts des activités d’art de rue, des jeux et du sport et vous vous retrouvez avec un beau programme bien chargé. Notons d’ailleurs qu’une activité d’initiation au quidditch sera présentée par le Cégep du Vieux-Montréal samedi le 9 à midi. L’évènement de la rentrée pré-OUMF aura lieu le 24 août avec Paupière.

Pour tous les détails sur l’édition 2017 du OUMF, on vous invite à visiter leur site web officiel juste ici.

«Le festival de la saison en cours de Québec» – JOUR 1

Cette semaine, j’avais le choix entre payer mes quatre mois d’Hydro en retard ou partir deux semaines pour un autre festival de musique. Ça fait que je suis présentement à Québec en train de voir des shows dans ce que je surnommerai «Le festival de la saison en cours de Québec». Nous n’avons pas obtenu d’accréditation pour y assister cette année donc nous nous réservons le droit d’être passif-agressif. Retour sur la soirée d’ouverture sous le signe du calme et de la sobriété.

Mon aventure au «Festival de la saison en cours de Québec» commence avec la Haligonienne Ria Mae. Elle offre une proposition pop particulièrement inintéressante et assez éloignée de l’idée qu’on se fait normalement du concept général d’innovation. C’est assis au Parc de la Francophonie avec beaucoup de têtes blanches que j’arrive à ce constat et je ne suis visiblement pas le seul. Après deux chansons, un homme bien installé sur une chaise de camping dira assez fort à sa femme qu’il déteste la musique qu’il entend.

Pour poursuivre dans l’appréciation: un autre gars pas loin passe pas mal tout le début du show à crier aux gens de s’asseoir et à huer l’artiste. Moi aussi j’aimerais ça avoir assez de cash dans la vie pour me permettre d’aller voir des shows que j’haïs. Ça doit être l’effet Melissa Etheridge, censée monter sur scène plus tard dans la soirée… Le public est visiblement au comble de l’excitation: quelques minutes plus tard, la chanteuse descend prendre un bain de foule et offre des poignées de main. La quantité de gens intéressés se révélera aussi élevée que le nombre de photos dans cet article. Un set, donc, que je ne classerai probablement pas dans mon top de vie, mais, avoir été un fan de Rouge ou de Virgin, j’aurais pu danser un peu.

Je reste installé sur le site, maintenant plus grand et habilement agrémenté d’un écran géant pour projeter le show, et, le temps d’aller tester les fontaines d’eau du festival, c’est déjà aux légendaires The Zombies de prendre la relève. Le groupe, qui aura su durer plus longtemps que ses compatriotes et collègues The Beatles et Led Zeppelin, vient présenter un spectacle dans le cadre de sa 50e année de tournée. Si le groupe en a perdu pas mal avec les années, surtout le chanteur Colin Blunstone, il reste quand même que Rod Argent est toujours un génie à voir en spectacle. Le claviériste, qui a su préserver son talent à travers les âges, nous offre à répétition des solos d’orgue enlevants. Je tripe justement un peu trop lors de la présentation d’une version allongée de Time of the Season.

Très calmes, les Anglais prennent le temps de parler pas mal au public entre leurs chansons, pour raconter des anecdotes de tournée ou de studio. La proposition est sympathique, surtout avec leur accent anglais à trancher au couteau. Un autre que moi semble apprécier: assis derrière moi, un homme s’en donne à cœur joie en fumant un joint avec ses filles mineures. C’est aussi ça, la vie de festivalier!

Je quitte légèrement avant la fin, question de me rendre à l’Impérial avant que la salle n’affiche complet. C’est DJ Shadow qui y performera à 21 h. Ma première constatation une fois sur place: la moyenne d’âge est étonnamment élevée pour un show à tendance hip-hop comme celui-ci. Je ne crois pas qu’on retrouvera la même chose demain sur les Plaines pour Dead Obies: ça doit être l’absence d’autotune qui dépayse trop les jeunes pour les attirer. Après quelques minutes de retard, Joshua Paul Davis fait son entrée sur scène, juste après une toune débutant sur des samples d’outils. Je me demande s’il s’agit d’un subtil hommage au travail de DJ Dadmagnet.

Très posé, Shadow commence son set sur un petit discours de 2-3 bonnes minutes pour remercier les gens de Québec de s’être déplacés. Personnellement, je vis déjà un assez bon trip en tant que dj, rien qu’en regardant son équipement très simplifié. Je serai encore plus servi durant la performance alors qu’une caméra sera installée pour filmer les mains de l’illustre sampler, afin de projeter son travail sur les nombreux écrans qui l’entourent lors des séances de scratch.

Pendant que je suis dans l’observation et la sobriété, fait rare pour ceux qui me connaissent, d’autres sont beaucoup plus sur le party. Un groupe dans la quarantaine se met à danser au balcon, nous offrant sensiblement une réplique de cette mythique vidéo, moins les costumes. Pour mieux imaginer le résultat, je vous invite fortement à la mettre sur mute et à passer votre track de Shadow préférée en même temps. Ça devrait faire la job.

L’effort est particulièrement notable lorsque l’on considère qu’on n’est pas vraiment dans un dj set à proprement parler. Shadow utilise une formule de show plus conventionnelle sur scène, avec des pauses entre ses pièces et quelques interventions à l’occasion. Bravo aux fêtards pour leur inventivité lorsque vient le temps de combler ces trous. Le set se poursuit et on n’arrête pas le progrès: un gars vient déplier une toile transparente et on peut bientôt assister à des projections holographiques en plus des jeux de lumière et des écrans déjà nombreux. C’est le genre de moment où je regrette de ne pas être sur l’acide. Le show se conclut finalement sur un enchaînement audacieux entre le nouveau classique Nobody Speaks et le vrai classique Building Steam with a Grain of Salt. Un bon résumé de la polyvalence du dj.

Je décide d’aller finir ma soirée au Cercle. Dans le cadre du mini-festival Signaux de nuit, présenté chaque soir après le «Festival de la saison en cours de Québec», la salle accueille chaque soir des bands indie qui n’ont pas été invités dans les grandes ligues: une belle initiative. Ce soir, c’est l’ami Radiant Baby qui y joue en première partie des nouvellement Montréalais Men I Trust.

Le spectacle commence avec une quinzaine de minutes de retard et c’est malheureusement le coup de grâce pour moi, surtout considérant les horaires de nuit faméliques de la RTC. Je reste tout de même pour les premières chansons, question de faire acte de présence. Ça me donne le temps de constater qu’on peut maintenant acheter des lighters dans la merch du premier artiste: une excellente idée! Sinon, pas grand-chose à signaler, à part que la soirée s’annonce déjà bien belle pour Félix Gauthier-Mongeon qui fait face à une salle assez remplie!

Citation de la soirée: «Je commence à être vraiment bon au piano. Je suis juste pas encore capable de jouer avec mes deux mains, mais sinon je peux tout faire le reste.» -Un dude qui n’a visiblement pas tout saisi des bases du piano durant le show de Ria Mae.

Programme de demain: Dead Obies, Anderson .Paak, Kendrick Lamar et Voyage Funktastique.

Oui, vous avez le droit d’être jaloux.

On ne veut plus entendre Someone Else que CRi

CRi

Someone Else EP

Young Art

****

cri_3

Someone Else est le quatrième album du DJ montréalais Christophe Dubé, alias CRi. Ancien étudiant en musique numérique à l’Université de Montréal, il nous offre des sorties régulières depuis quelques années, mais avec un style toujours plus professionnel et actuel. Son nouvel EP ne fait d’ailleurs pas exception.

Pour commencer, je pense que la partie la plus intéressante de l’opus réside au niveau de la variété de ce qu’il a à offrir. En entrevue, CRi avait déjà défini ses influences principales comme étant Four Tet et Caribou et ça paraît encore plus que d’habitude, surtout sur une pièce comme For You. Pour le reste de l’album, il se tient tout de même dans son créneau: une house sensible au cœur d’un univers sonore vaste qu’il a réussi à solidifier au fil des années. Bien sûr, des volets plus pop et peut-être moins originaux viennent s’y greffer. Une Keep It Real n’est pas loin de ce que l’on pourrait retrouver sur un album de Disclosure, mais CRi réussit néanmoins à y laisser sa marque personnelle de façon évidente pour notre plus grand plaisir.

Côté collaborations, on reste en terrain connu avec les traditionnelles apparitions de Ouri, la collaboratrice de longue date de Christophe, et d’Odile Myrtil, qui avait participé à l’excellente Why I Love You de Tell Her (2016). À elles s’ajoute toutefois la surprise du EP: Jesse Mac Cormack. Alors qu’on connaît le Montréalais surtout pour avoir produit à peu près tous les albums folk de 2016 et comme membre principal du projet plus rock qui porte son nom, il vient quand même offrir une performance assez hallucinante sur Keep It Real. Un single que je verrais d’ailleurs tourner à l’international, autant sur des ondes alternatives ou étudiantes qu’à Virgin Radio.

Je pense honnêtement qu’au final, Someone Else témoigne vraiment de l’ascension rapide d’un jeune DJ qui, il y a encore quatre ans, faisait ses premiers essais sur Eclipse. Loin d’être un mauvais EP, il faut néanmoins admettre que la signature musicale personnelle et l’innovation dont l’artiste fait preuve aujourd’hui n’y étaient pas encore tout à fait au point. Quatre ans plus tard, CRi se retrouve sur la programmation d’Osheaga. Il fera aussi la première partie de Moderat au Métropolis pour une deuxième fois le 20 mai prochain, après avoir joué avant Apparat et Tokimonsta en 2016. Et il est également signé sur un label basé à Los Angeles, ce qui reste tout aussi impressionnant! Je pense que la prochaine étape serait peut-être la sortie d’un premier album complet, question de nous démontrer encore plus l’étendue de son talent. Ça où la belle tournée européenne qu’il souhaite obtenir et qu’on lui souhaite vivement!

Le buffet : Joe Rocca, dinde et atocas…

Chaque lundi mercredi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Joe Rocca (Jo RCA) de Dead Obies se lance en solo de manière sensuelle avec la chanson Commando, le premier extrait d’un EP attendu au printemps 2017. Attention, c’est chaud.

Fred Fortin, le numéro 13 de notre TOP FRANCO 2016, nous présente un magnifique clip pour Oiseau, réalisé par Robin Aubert et mettant en vedette les enfants de Fred Fortin.

Connus tous les trois grâce à la panoplie de projets auxquels ils collaborent, David Marchand (Mon Doux Saigneur, Eliza, Bolduc Tout CrocheÉtienne Dupré (Fire/Works, Caltâr-Bateau) et Francis Ledoux (Jesse Mac Cormack, Emilie & Ogden) propose Hubert, le premier extrait du EP de zouz, leur nouveau trio qui sortira un premier EP au début de l’hiver.

Le quatuor électro Men I Trust dévoile une nouvelle chanson et un clip tourné en Chine.

Milk and Bone fait une recette de biscuits (et un cover de Last Christmas) dans un décor et un accoutrement kitsch juste à temps pour le réveillon!

On se baigne dans le funk avec L’Amalgame et Of Course. Un clip de Lenskeight Production capté au Club Soda.

À la veille du temps des Fêtes, on a trouvé la recette du bonheur. Oui, oui! C’est une série de classiques des années 80 et 90 repris manière karaoké: Minneapolis Normcore Karaoke Mixtape. Merci Navet Confit

L’album L’appartement de Ludovic Alarie qui sortira le 27 janvier est disponible en pré-commande. Voici le premier extrait!

Avoir de la peine à Noël, c’est à la mode! Coeur de pirate te propose son EP de Noël triste sur lequel elle reprend Tino Rossi, Wham! et Anne Renée.

Petit projet fort cool: En collaboration avec l’équipe du festival SOIRLes Mêmes-Cacaïstes annoncent l’ouverture de leur espace éphémère du 1er janvier au 30 juin. Lieu d’exposition évolutive de leur travail le jour et d’happenings artistiques la nuit. Lary Kidd, Joe Rocca et Charlie Schulz y offriront une prestation le 20 janvier à 20h.

Joyeux Noël!

Et si jamais t’as pas fini tes cadeaux de Noël:

EN RAPPEL: NOTRE TOP 10 FRANCO 2016 ET NOTRE TOP 10 ANGLO 2016!