TOP 2020 FRANCO positions 20 à 11

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums francophones préférés de l’année, positions 20 à 11.

Photo: Pexels/Artem Podrez

20 Jimmy Hunt – Le silence 

Après avoir conquis tout le monde l’an dernier avec le Jazz engagé de son groupe Chocolat, Jimmy Hunt revient cette année avec un album surprise tout aussi grandiose. On reconnaît sa manière si unique de poser sa voix et ses arrangements créatifs (quoi que plus minimalistes) dans ce Silence et on en voudrait toujours plus. Cet album court et économe en refrains est bien à l’image des éclairs de génie qui peuvent surgir des vrais artistes même en période de confinement. Vieux amis, l’arbre et Le Silence, en particulier, sont des petites merveilles.

– RAPHAËL BOIVIN 

19 Lucill – Bunny 

Un feel good total s’installe dès le début de l’écoute de Bunny et il ne s’en va jamais. Les mélodies sont complexes et accrocheuses, les arrangements nous enveloppent sans masquer la voix qu’on entend comme si on nous confiait un secret. En 2017, Raphaël Bussières, qui se glisse ici derrière le nom Lucill, m’avait complètement captivée avec Overnight, l’album de Heat pour lequel il s’exécutait à la basse. Je ne m’étais pas remise de la chanson Lush. Et je cours, sur Bunny, me fait le même effet. Continue, Raphaël, de m’empêcher de sortir de tes chansons. C’est une captivité très bonne.

– ÉLISE JETTÉ

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18 Le Couleur – Concorde 

Cet automne, on a dit que Concorde était le meilleur album de Le Couleur et personne ne nous a contredit. Certes, l’avion d’inspiration, dans ce cas précis, est en mode écrasement, mais ce n’est pas une raison pour nous empêcher d’avoir envie de monter à bord. Tant qu’à crasher… La formation s’est dotée de nouveaux membres et a appris à fonctionner avec eux sans que le son écope. En fait, le son, il a fait le contraire d’écoper. On a dansé avec ces personnes de qualité devant notre ordinateur en zone rouge en novembre et DANS LA VRAIE VIE pendant un aperçu (au FME) de ce qui sera possible de vivre post-pandémie. Vous allez vouloir y être.

– ÉLISE JETTÉ

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RELISEZ NOTRE CRITIQUE DE CONCORDE.

RELISEZ NOTRE RETOUR SUR LE SPECTACLE DE LE COULEUR AU FME 2020.

17 LaF – Soin Entreprise 

À peine as-tu eu le temps de te familiariser avec leur plus récent projet que déjà ils t’en mettent un nouveau entre les mains. Et c’est parfait comme ça. LaF, c’est le genre de groupe qui reproduit les codes associés aux Boys Band d’autrefois. Je suis persuadée que tout le monde a son préf. «Oh, moi c’est Mantisse. Y’est tellement swag!». «Non! Moi, c’est BKay yo. Il est tellement mystérieux.» Outre ces considérations hautement superficielles, reste que ce qu’ils mettent dans nos oreilles est indéniablement délicieux.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

16 Larynx – Ruche de mouches 

Le Montréalais Alexandre Larin, alias Larynx, a lancé son premier album solo en octobre dernier. On parle de 26 minutes de rock psyché bien dosé sur fond de relations sentimentales complexes et d’univers éclatés. Avec de brillantes guitares lourdes à la Ty Segall (Sul party, Douille, Douille, Douille, Sourire ) et de jolies pièces plus douces (Lubie, Faveur, Muffin aux bananes Cowboy), l’ancien chanteur du groupe Rust Eden nous offre de quoi planer en douceur. 

– MATHIEU CATAFARD

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15 Totalement Sublime – Totalement Sublime 

Le duo montréalais présente un premier album soyeux, feutré, influencé par la synth pop japonaise. On y trouve des introspections chuchotées, oui; des ambiances bruitistes aux titres futuristes, certes; mais surtout des rythmes enveloppants ponctués de sax qui flashent un bon instinct pop et le franc désir de s’amuser.

– JULIEN ROCHE 

14 Rosie Valland – Blue 

Lancé deux semaines avant le début de la pandémie au Québec, le deuxième album de Rosie Valland n’a pas eu le temps vivre. Les neuf pièces qu’elle présente sur Blue s’enchainent comme les tableaux d’un spectacle qui finira bien. Rosie y renoue avec l’espoir dans une approche pop assumée et des textes qui touchent. Impliquée dans la réalisation de l’album, l’artiste tient son projet à deux mains et c’est bien solide.

– ÉLISE JETTÉ

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13 Population II – À la Ô Terre 

L’un de mes petits plaisirs, c’est d’aller à des concerts de groupes sans bandcamp. N’ayant que peu de temps à accorder à ce hobby, mon subterfuge consiste souvent à attendre pour découvrir un band s’il m’est possible de le voir bientôt sur scène. Population II et moi, ça n’a malheureusement jamais pu se faire. Mais pas déçue d’avoir attendu qu’ils signent chez Castle Face Records: en pandémie, les surprises, ça se fait plutôt rare. Le disque à se procurer absolument pour tous ceux à qui les émotions fortes des shows manquent et qui souffrent un peu plus à chaque show virtuel regardé. En plus de la job d’Emmanuel Ethier (Chocolat, Yocto), y’a tout pour s’accrocher: un processus créatif basé sur de l’improvisation, de la poésie suspendue, une progression vers la douceur dans l’album mauditement plus efficace qu’une séance de méditation et un mélange délicieux de sonorités, empruntant au psyché, au space rock, au free jazz, au stoner et au prog. La meilleure de transformer différemment tes quatre murs à chaque nouvelle écoute.

– LISE BRUN

12 Gab Bouchard – Triste Pareil 

Le show de son lancement, c’est le dernier que j’ai vu avant que le monde pète. Triste pareil est par la suite devenu l’album qui m’a accompagnée partout. Partout, même où je n’allais pas. La musique de Gab Bouchard a la capacité à la fois de te faire chanter trop fort au coin de la rue en te dandinant, et de te faire brailler en silence. Deux choses à te dire mon Gab: adjoye et merci.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

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RELISEZ NOTRE CRITIQUE DE TRISTE PAREIL.

11 Maude Audet – Tu ne mourras pas 

Dans une année déprimante comme 2020, un peu de douceur ça se prend bien. Pour ça, rien de mieux que les rythmes folk-pop et la voix sublime de Maude Audet. Des textes touchants, des mélodies entraînantes et surtout une esthétique charmante qui nous fait sentir comme dans une ballade hivernale en forêt. Ça réchauffe le cœur et ça fait sourire. On se sent le dehors à respirer l’air de l’Île d’Orléans ou de Kamouraska. Clairement un des futurs classiques du répertoire de l’artiste.

– RAPHAËL BOIVIN

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À VENIR SUR FAV: 

TOP 2019 FRANCO POSITIONS 10 à 1 – mercredi

TOP 2020 ANGLO/INSTRU POSITIONS 20 à 11 – jeudi

TOP 2020 ANGLO/INSTRU POSITIONS 10 à 1 – vendredi

Les bonnes nouvelles de la semaine

En ces temps sombres, nous avons eu envie de souligner hebdomadairement les belles choses musicales qui surviennent chaque semaine. Les vendredis matins, on vous partage trois bonnes nouvelles survenues dans les derniers jours. Lâchez pas!

1 C’est pas parce qu’on n’a pas de Noël cette année qu’on ne peut pas offrir et recevoir des cadeaux. On ne cesse de rappeler aux gens de faire des achats locaux cette année. Parmi ceux qui l’ont eu difficile durant les 9 derniers mois, il y a évidemment les artistes. Trois musiciennes qu’on aime se rassemblent jusqu’à ce demain pour te permettre de donner un bon cadeau à un proche. Maude Audet, Alexandra Stréliski et Beyries vont dédicacer leur merch à leur Pop Up shop au 24 Rue Prince-Arthur Ouest à Montréal. Une bonne façon pour toi de ne pas donner des cadeaux de marde cette année. Les heures de dédicaces sont précisées sur l’évènement.
2 Parlant de cadeaux de Noël, si jamais, comme nous, tu tripes ben raide sur les shows virtuels (parce qu’il n’y a rien d’autre en ce moment), tu es probablement familier avec Le point de vente. Eh bien le site de vente de billets propose un concours pour essayer de gagner 100 $ de billets à ceux qui achètent des cartes cadeaux. Tu peux en profiter ici.
3 Et parlant de shows virtuels, Ausgang Plaza a annoncé cette semaine le premier concert d’une série de spectacles virtuels hybrides qui aura lieu de janvier à mars. Laroie et Antony Carle ouvriront le bal le vendredi 15 janvier. Les deux artistes ont fait paraître chacun un EP en 2020 donc ce sera une belle occasion de voir tout ça se déployer sur scène. Ok, ça reste virtuel, mais c’est déjà beau. On fait du progrès. Le calendrier du Ausgang est ici.
Lâchez pas!

GAMIQ 2020: ma grand-mère se prononce

Je n’ai pas serré ma grand-mère dans mes bras depuis le mois de janvier et je ne l’ai pas vue en personne depuis la zone rouge montréalaise. Je la laisse tranquille dans sa zone orange. Elle a quand même accepté de passer une heure au téléphone avec moi pour que je lui fasse écouter les nommés du GAMIQ 2020. C’est vous dire à quel point les aînés ont besoin d’un coup de fil de temps en temps! J’ai profité de l’occasion pour ressortir une photo de mes archives personnelles (probablement en 2010), au moment où je faisais écouter de la musique à Claudette (de mémoire, c’était Martin Léon).

Claudette en 2010 écoutant Les atomes/Photo: Élise Jetté

ARTISTE DE L’ANNÉE

Bon enfant

Élise: Bon, grand-maman, t’as l’oreille bien collée sur ton téléphone? Ça commence!

Claudette: Oui, je suis prête. Quand j’aurai chaud à l’oreille droite, je changerai pour l’oreille gauche. Comme ça ça va être égal pour tout le monde.

É: Parfait! Là on va écouter les nommés comme Artiste de l’année. C’est comme le plus gros prix, donc t’as le droit d’être sévère. On commence avec un groupe qui s’appelle Bon enfant. La chanson que tu vas entendre, c’est Ménage du printemps.

C: Le titre fonctionne très bien parce que ça me donne le goût de faire mon ménage justement! Ils sont combien dans ce groupe?

É: Ils sont cinq. Deux filles, trois gars. Et t’as vu un des gars à La Voix.

C: C’est sûrement celui qui avait un chapeau de cowboy, ça fonctionnerait avec le style.

É: T’as tout compris.

C: J’aime beaucoup ça, Bon enfant!

Note de Claudette pour Bon enfant: 8/10

Corridor

É: Alors là, on change de style. Le groupe s’appelle Corridor.

C: C’est pas la chanson de Laurence Jalbert?

É: Non, malheureusement. La chanson que je te fais entendre s’appelle Domino.

C: C’est intéressant.

É: Intéressant comme la couleur de ton vomi après avoir bu de la slush ou intéressant comme un coucher de soleil d’automne?

C: Je ne suis pas certaine. Mais tes deux options sont pas mal aux antipodes, je trouve. Franchement! J’aime beaucoup qu’on entende de nombreux instruments. Ça parait qu’ils sont plusieurs et que tout le monde fait du bon travail. J’aime moins le fait que je n’entende pas très bien les paroles parce que la voix est en arrière-plan.

Note de Claudette pour Corridor: 7/10

KNLO

É: Grand-maman, on va maintenant entendre du rap Québ.

C: Du quoi?

É: Du rap Québ, du rap québécois.

C: Pourquoi tu dis pas tes mots au complet?

É: Je vais te faire entendre la chanson Ça fait mal de KNLO.

C: Je l’ai vu lui à l’ADISQ. Je le trouve tellement drôle. Bon, lui on comprend tout ce qu’il dit! J’aime beaucoup ça. Et le rythme nous rend de bonne humeur. C’est important ces temps-ci.

Note de Claudette pour KNLO: 9/10

LaF

É: On reste dans le rap Québ avec LaF, la chanson Eastman.

C: Comme la ville?

É: Oui.

C: Ils disent qu’ils boivent chaque jour. C’est pas l’idéal. Moi je bois juste du vin quand tu viens me voir, donc là, ça fait longtemps que j’ai pas bu de vin, mais j’ai quelques bouteilles de ton vin préféré pour quand tu vas venir.

É: J’ai hâte.

C: Je trouve ça vraiment bon, LaF. J’aime beaucoup le titre parce que j’aime cette ville. Et j’aime le mélange de l’accent français avec l’accent québécois. C’est pas souvent qu’on entend ça.

La note de Claudette pour LaF: 8/10

Les Deuxluxes

É: On va finir avec un duo qui s’appelle Les Deuxluxes. C’est un gars et une fille habillés vraiment funky. Comme la photo de grand-pa et toi à l’Halloween en 85.

C: Ha ben là, ça c’est un style que j’aime!

É: La chanson qu’on va écouter s’appelle Everything of Beauty.

C: Pour la voix et le style, ce sont mes préférés, mais je préfère la musique en français.

É: Ils chantent en français des fois!

La note de Claudette pour Les Deuxluxes: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, c’est KNLO l’artiste de l’année.

ALBUM FOLK DE L’ANNÉE

Basia Bulat – Are you In Love?

É: Là, grand-maman, on est rendues à la catégorie Album folk de l’année. J’ai pensé que t’aimerais pas mal les artistes dans cette catégorie. La première s’appelle Basia Bulat. Son album s’appelle Are you In Love? et la chanson que tu vas entendre s’appelle Your Girl.

C: C’est donc ben beau ça. Une belle voix. C’est doux à entendre. Je trouve ça étrange qu’elle ne soit pas plus connue.

La note de Claudette pour Basia Bulat: 9/10

Chandail de loup – Sul bord

É: Voici maintenant le groupe Chandail de loup, l’album Sul bord et la chanson Dansé nu.

C: Ça je trouve ça ben niaiseux. En plus, ils disent pas les mots au complet. Comme toi! C’est parce qu’ils viennent de Montréal?

É: Ils viennent de Val-David, donc c’est dur à dire…

La note de Claudette pour Chandail de loup: 6/10

Foisy – Mémoires

É: On va entendre un autre artiste qui s’appelle Foisy. Son album s’appelle Mémoires et la chanson que je te fais jouer, s’appelle Les anniversaires.

C: C‘est qui donc l’artiste que j’avais trouvé déprimé la dernière fois qu’on a fait ça? Je le trouvais triste.

É: Antoine Corriveau. C’est lui qui a réalisé l’album de Foisy.

C: Ils faudrait que tu leur donnes une petite tape dans le dos la prochaine fois que tu parles avec eux.

É: Parfait!

C: J’aime beaucoup ça, mais je pense qu’il pourrait essayer d’être plus gai pour la prochaine fois. Peut-être un peu plus d’Émile Bilodeau dans sa voix.

É: Je vais lui faire le message.

La note de Claudette pour Foisy: 8/10

Leif Vollebekk – New Ways

É: Lui c’est Leif Vollebekk. Son album s’appelle New Ways et la chanson que tu entends s’appelle Hot Tears.

C: Ça réchauffe, on dirait, écouter ça. Je pense que je le recommanderais pour les gens en hiver, mais pas en été.

La note de Claudette pour Leif Vollebekk: 7/10

Mathieu Bérubé – Roman savon

É: On va entendre Les fleurs du tapis de Mathieu Bérubé. Son album s’appelle Roman-savon.

C: Il est drôle lui. Il savait pas que roman-savon, ça veut dire des émissions pas très bonnes. Il voulait nous annoncer un mauvais album?

É: Je pense pas que c’était son objectif!

C: Je pense que c’est ma voix d’homme favorite à date. Il a la voix de quelqu’un de gentil. Et j’aime beaucoup la batterie. Ça me fait bouger un peu.

La note de Claudette pour Mathieu Bérubé: 8/10

Maude Audet – Tu ne mourras pas

É: Là c’est Maude Audet. Son album s’appelle Tu ne mourras pas et la chansons c’est Tu trembleras encore.

C: Ah la belle Maude! Son chum est assez drôle! J’aime ça, ça sonne comme la musique de mon temps. Comme Renée Martel.

La note de Claudette pour Maude Audet: 8/10

Mon doux saigneur – Horizon

É: On va maintenant entendre un groupe qui s’appelle Mon doux saigneur. L’album s’appelle Horizon et la chanson aussi.

C: Oh wow, c’est harmonieux ça. C’est comme si les musiciens étaient tous des spécialistes virtuoses et qu’ils avaient la chimie parfaite entre eux. La voix est l’fun. On n’entend pas souvent des voix comme ça. C’est pas une grosse voix, mais elle est toujours juste.

La note de Claudette pour Mon doux saigneur: 9/10

Saratoga – Ceci est une espèce aimée

É: On va entendre le duo Saratoga. Leur album s’appelle Ceci est une espèce aimée et la chanson, c’est Morceaux.

C: Oh la la. Ça c’est de la belle poésie. Eux autres leur force, c’est vraiment les mots. J’aimerais lire leurs textes.

É: L’album viens avec un livre des textes. Je vais te l’apporter.

C: J’aime vraiment beaucoup ça. Ça doit bien s’écouter pendant une tempête de neige.

La note de Claudette pour Saratoga: 8/10

Tomas Jensen – Les rêves sont faits

É: On va entendre Tomas Jensen avec Le fil qui vient de l’album Les rêves sont faits.

C: Ça me fait penser à du jazz. J’aime vraiment pas ça le jazz.

É: Moi ton commentaire me fait penser à cette vidéo des Appendices:

La note de Claudette pour Tomas Jensen: 6/10

Travelling Headcase – Songs For The Broken

É: Le dernier groupe s’appelle Travelling Headcase, la chanson s’appelle Baie Deception et l’album se nomme Songs For The Broken.

C: La voix pourrait être dérangeante sur le long terme, mais le style est original.

La note de Claudette pour Travelling Headcase: 7/10

VERDICT: Selon Claudette, les meilleurs albums folk de l’année sont ceux de Basia Bulat et de Mon doux Saigneur.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

Anachnid

É: Dernière catégorie, grand-maman. On va y aller pour la Révélation de l’année. La première artiste, c’est Anachnid, c’est une artiste autochtone. La chanson s’appelle Sky Woman.

C: Mais moi j’aime beaucoup Elisapie.

É: T’as pas besoin de choisir, grand-maman. Tu peux aimer les deux.

C: C’est vrai. Elle j’aime ça, mais on dirait qu’elle marmonne un peu.

La note de Claudette pour Anachnid: 8/10

Backxwash

É: Donc là, elle c’est Backxwash. Elle a gagné le prix Polaris. Celui pour lequel je fais le jury chaque année.

C: Ah oui, ok je suis curieuse.

É: La chanson s’appelle Devil in a Moshpit, ça veut dire Le diable danse ou quelque chose de même.

C: Elle danse avec le diable. C’est pour ça qu’elle est aussi fâchée! Il y a beaucoup de colère dans sa musique. Je ne suis pas certaine, mais c’est juste à cause de l’agressivité.

La note de Claudette pour Backxwash: 7/10

Bermuda

É: La prochaine s’appelle Bermuda. La chanson qu’on va entendre s’appelle Beach Bodé.

C: C’est drôle, ça! Ça swing! Ça me fait penser à l’été sur le bord de la plage, donc j’aime ça. C’est comme quand on était en vacances ensemble. C’était le bon temps. Je l’aime, elle. Elle me fait sentir bien et elle me rappelle des bons souvenirs.

La note de Claudette pour Bermuda: 9/10

NOBRO

É: Alors maintenant, ça va être un peu plus intense. On change de registre. Ce sont quatre filles. Le groupe s’appelle NOBRO et la chanson s’appelle Marianna

C: Au téléphone, c’est pas l’idéal pour écouter ça, mais je pense que j’aimerais voir un spectacle. C’est très entraînant et on a besoin de chansons comme celle-là pour bouger.

La note de Claudette pour NOBRO: 9/10

P’tit Belliveau

É: Le dernier artiste s’appelle P’tit Belliveau, c’est un Acadien de la Nouvelle-Écosse. La chanson s’appelle Income Tax.

C: Ça prend des sous-titres, hein, cette chanson-là.

É: Ça tombe bien, il y en a dans ses clips.

C: Très bonne idée. Y’est de bonne humeur lui là. Je trouve qu’il fait des belles façons. Un jeune homme qui semble gentil. Il me rappelle nos vacances dans les Maritimes.

La note de Claudette pour P’tit Belliveau: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, la Révélation de l’année est Bermuda ou NOBRO

Le GAMIQ 2020 aura lieu ce dimanche 6 décembre à 20h.

Évidemment, le gala est numérique. Vous pouvez obtenir votre billet gratuit ici.

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2018

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2017

FME 2020, jour 2 & 3: la fin ou le début du monde

Parce qu’on était loin d’être remis de notre karma de cul de la veille, on a commencé notre vendredi au FME en mangeant chacun une pomme parce que s’il y a une chose que tu peux manger pour raligner tes chakras, pas mal certain que c’est le fruit chaudement recommandé pour éloigner le médecin pour toujours.

Par Julien Roche et Élise Jetté

La voiture est tombée en panne à nouveau entre deux entrevues avec des artistes du FME. Le vendredi après-midi a donc été consacré à magasiner et installer une batterie de char. On ne peut pas dire qu’on n’est pas fiers de l’avoir installée nous-mêmes avec un outil acheté sur le fly dans la rangée 38 du Canadian Tire de Rouyn.

Élise teste ladite batterie en se rendant au fin fond de l’oubli, au lac Flavrian où Rosie Valland s’exécute pour le 5 à 7.

Comme si quelqu’un de mal intentionné voulait nous narguer, les sièges offerts aux spectateurs sont des pneus de voiture. Very funny, FME, very funny.

De la provocation/Photo: Élise Jetté

Au moment où l’on arrive sur place, une dame inconnue est en train de chanter et de jouer du piano. C’est avec une attitude circonspecte que nous allons nous asseoir en nous disant quand même «c’est pas Rosie, ça.»

C’était finalement la mairesse de Rouyn venue pour démontrer qu’elle peut accueillir quelques milliers de citoyens de zones covidiennes avec le sourire.

Au moment où Rosie s’installe au clavier, elle remarque que la mairesse a changé son set up. «Scusez, c’est la mairesse qui est venue jouer», dit-elle. Un sabotage volontaire? J’investiguerais.

Comme son album est sorti très peu de temps avant la pandémie, Rosie est heureuse de regagner la scène. C’est un duo avec son amoureux Frédéric Levac qu’elle nous présente en toute simplicité alors que la pluie s’en mêle. «Il faisait vraiment beau avant que tu arrives», m’annonce la bénévole à l’entrée. Avec la chance qui ne nous court vraiment pas après, on n’est pas surpris.

Rosie Valland/Photo: Élise Jetté

Rosie Valland nous annonce une sortie en novembre: un EP acoustique piano-voix inspiré par un show auquel nous avons assisté à La Chapelle l’hiver dernier. Une expérience sans micro et sans ampli qui donnait à voir la version la plus pure de la musique.

Rosie Valland/Photo: Élise Jetté

Pendant ce temps, Jonathan Personne s’exécute à la presqu’île du lac Osisko, réplique rouynorandienne de l’amphithéâtre de Pompéi, sous un ciel chamailleur où un immense nuage gris ponctue la lumière dorée d’averses intermittentes. On tirera grand bénéfice des chaleurs californiennes du rock de Personne, fraîchement équipé de son nouvel album Disparitions, déjà un de nos préférés cette année. Jonathan Robert transforme tout ce qu’il touche en or, c’est pas compliqué – un fait passablement frustrant pour les humains ordinaires que nous sommes, condamnés à l’insuffisance devant ce demi-dieu du rock. 

Jonathan Personne/Photo: Julien Roche

À 19 h, Le Couleur se donne en prestation secrète à l’intersection des rues Principale et Perreault. La température enfin radieuse sied parfaitement à leur électro-pop franchement plus rock qu’à l’habitude. Au détour d’un des nombreux licks de funk du guitariste Tellier, on se désole intérieurement de la foule engagée mais éparse: Le Couleur a du stock pour faire groover une foule d’un millier, et ils l’auraient fait avec brio dans un FME régulier. On se promet, pour l’après-covid, de revoir ce band avec une foule à la hauteur de ses ambitions.

Le Couleur/Photo: Julien Roche
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Rendez-vous, ensuite, avec Les Louanges à l’Agora des Arts, un spectacle qui affichait complet après trois minutes de libération des billets. Vincent Roberge met très peu de temps à établir pourquoi il est le nouveau roi du sexe au Québec en déformant sa figure sinueuse en déhanchements lascifs et maîtrisés. Pendant que tous les ovaires dans la salle tournent à trois cents tours-minute, on prend la mesure de l’ascension vertigineuse du band: c’est seulement deux ans plus tôt qu’on entendait, à Rouyn, et en primeur, la riche matière de l’album La Nuit est une panthère, véritable gamechanger pour le R&B francophone. Il nous parle d’ailleurs de cette soirée norandienne où il vivait son premier show avec une file à l’extérieur.

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

«J’ai atteint mon premier million, j’ai des bagues maintenant», nous ment-il au milieu du set alors que le sax se fait aller comme si la musique allait mourir demain.

«Comment ça va Rouyn?, mais putain, ça ressemble à un vrai concert», dit Roberge avec un accent français pêché au début de la pandémie durant ses frasques européennes. Il fait quelques réflexions au sujet de notre absence de sueur en ces temps restrictifs en ce qui a trait au mouvement (c’est toujours un show assis). «Moi je vais suer pareil», annonce-t-il alors qu’on voit déjà ses mouvements de bassins dignes de Dirty Dancing.

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Vincent finit son show masqué. Parce que.

La salle au complet quitte rangée par rangée et tout le monde a envie de faire l’amour. C’est l’effet Louanges.

Les Louanges/Photo: Élise Jetté
Backxwash/Photo: Élise Jetté

Notre soirée se termine au Cabaret de la dernière chance pour le spectacle de Backxwash qui attire les meilleures prédictions en ce qui concerne une victoire au Polaris 2020. Parmi les choisis de la shortlist, l’artiste s’exécute sur la petite scène, ébahie par l’intérêt viscéral des convives, captivées par autant d’aplomb.

Backxwash/Photo: Élise Jetté

C’est en quelque sorte le triomphe de la musique devant tout le reste. Beaucoup de messages réussissent à passer dans ses textes et c’est avec elle qu’on termine la soirée.

Samedi, rendez-vous aux abords du lac Flavrian, en début de soirée, pour la rencontre la plus exploratoire de cette 18e édition du FME. Encore une fois, une lourde chape de gris couvre nos têtes, de sorte qu’en dépit du temps initialement sec, tout le monde a prévu de quoi se protéger de la pluie. Mathieu David Gagnon, figure centrale du projet Flore Laurentienne, prend d’ailleurs la parole pour nous remercier d’être là: le spectacle n’a tenu qu’à un fil, menacé par une brève et intense averse d’après-midi. 

Flore Laurentienne/Photo: Julien Roche

Forte d’un quatuor à cordes et d’une montagne de claviers, la formation à sept présente la plupart du matériel de l’album Volume 1 à un parterre muré dans le plus grand des silences. Pas celui du désintérêt – cette scène étant la plus excentrée du festival, les gens qui sont ici ont VRAIMENT envie d’y être – mais celui d’une intense attention, d’un respect total. Lents crescendos, percussions feutrées, violons tantôt piqués, tantôt en canon, lignes mélodiques patiemment construites: tout dans cette musique invite à une écoute active et entière.

Quand l’acide kick in/Photo: Julien Roche

Puis la pluie, en crescendo puis en trombe, s’invite parmi nous. On sent grandir dans l’air le dilemme des spectateurs: rester sur place, stoïques, à subir le frisson pour l’amour de la musique, ou chercher refuge sous les résineux environnants? On y voit le signe d’une grande appréciation qu’autant aient subi volontairement cette Flotte Laurentienne (merci à Émilie Rioux de CHYZ 94,3 pour ce flash!) qui atteint un vertigineux sommet avec Fleuve No. 3  avant d’être récompensée en toute fin de parcours par une radieuse éclaircie. 

Oui/Photo: Julien Roche

Au golf, c’est Maude Audet qui garde captifs les spectateurs qui se concentrent sur le show pour ne pas mourir de froid. L’auteure-compositrice-interprète prend d’ailleurs à de nombreuses reprises le pouls de la foule, hésitant à mettre fin à la prestation pour permettre aux fans de se réchauffer dans leur char. Mais tout le monde en redemande. «On est là et on est plus forts que la pluie», dit simplement Maude, optimiste.

Elle demande d’ailleurs, dans toute sa bonté, aux spectateurs de s’avancer alors qu’ils n’ont pas le droit de quitter leur petit poteau.

À la fin, elle nous offre la dernière toune, car «ce serait un peu niaiseux de sortir de scène et d’aller mettre mon masque dans ma van en attendant le rappel», dit Maude.

Le froid et la pluie nous étaient passés de bord en bord, on a donc décidé d’aller goûter les plaisirs de l’Italie au Mikes.

Même une fois rendus au paradis de la pâte, on était rendus trop épais pour comprendre le code QR du menu. Le FME peut avoir cet effet: te mener bien haut et te lancer au fond du baril la dernière journée quand tu commences déjà à sentir la nostalgie arriver.

Heureusement, ils nous ont laissé manger pareil.

On n’a pas eu la chance d’aller voir Gab Bouchard pour son set, mais on lui a parlé quand même. De toute façon, on l’aimait déjà comme en témoigne notre retour sur son lancement que vous pouvez lire ici.

On avait littéralement tout donné ensuite. Notre samedi se termine donc par un film de James Bond version pour malentendants sur le câble de l’hôtel et une bonne nuit de sommeil à 21h45. On n’a plus vingt ans!

La route du retour s’est faite d’un trait, sans panne ni crevaison. Seulement avec un mal de dos et une salutation émotive au Point S sans qui nous n’aurions pas vécu cette ivresse musicale de 3 jours.

Le facteur COVID-19 a été un incontournable de ce curieux FME, et les règles des sécurité sanitaire ont été appliquées magistralement par le staff du festival, dont les membres portaient le masque en permanence. Pas plus de relâche pour les festivaliers: masque obligatoire lors de tous les déplacements dans les lieux publics, intérieurs ET extérieurs; places assises et assignées dans tous les parterres intérieurs; capacités de visiteurs fortement réduites, voire littéralement décimées: de ~35 000 pré-covid à ~3000 en 2020. Dans les circonstances, c’est un immense honneur d’avoir même été invités à le couvrir en tant que membres des médias. On n’a aucun doute que la santé publique soufflait fort à la nuque de l’organisation du FME, a fortiori considérant que l’Abitibi-Témiscamingue au grand complet n’avait même pas eu 200 cas au total depuis le début de la pandémie. Si une éclosion se déclare dans les prochains jours, les festivaliers seront premiers dans la liste de suspects; c’est une perspective qui nous pèse avec une lourdeur croissante depuis notre retour.

Si la pandémie est une neige folle qui s’est abattue sur le milieu du spectacle, le FME avait la lourde tâche de se parer de raquettes et de tracer le sentier pour toute une ribambelle d’artistes, organisateurs, diffuseurs et autres acteurs essentiels qui s’attaqueront à la tâche de redémarrer, à petits pas, l’industrie de la musique live au Québec. La PCU, ce n’est pas une saine manière de vivre, pas plus qu’il n’est sain pour la musique de n’avoir aucune scène à meubler.

Merci infiniment à l’organisation du FME, à la population rouynorandienne pour l’accueil et l’aventure en tous points hors du commun. On dit que l’on est toujours plus conscients de ce qu’on aime une fois qu’on l’a perdu. Cette fin de semaine, le FME nous a plutôt démontré qu’on aime la musique de manière démesurée une fois qu’on la retrouve. Merci aux organisateurs du festival et aux artistes de nous avoir aussi bien accueillis à bras ouverts que s’ils avaient réellement eu le droit de nous ouvrir les bras. Vous nous avez permis de recommencer à rêver au prochain festival.

À l’an prochain, Rouyn. En espérant te voir la face (démasquée) cette fois.

Lisez notre retour sur le JOUR 1 du FME

«Tu ne mourras pas» de Maude Audet: nos bras lâches lâchent

L’autrice-compositrice interprète Maude Audet a lancé jeudi dernier dans l’univers son troisième album en carrière, Tu ne mourras pas. La soirée donnait l’impression d’une grande fête de famille ou d’un anniversaire, où célébrer et se réunir ne sont que prétextes pour s’aimer.

Au cours des quelque deux heures qu’aura duré le lancement, Maude Audet a offert tout au plus quatre chansons, entrecoupées de remerciements, de gazouillis d’enfants et de cliquetis de verres.

Ce qu’on comprend, c’est que ce dernier opus en est un de vérité. Maude Audet cumule au moins dix ans d’expérience sur la scène musicale, mais elle propose ici son album assurément le plus dépouillé. Il est question de deuil, du beau et du grand, mais surtout, de la raison pour laquelle on arrive à apprécier cela: le fait que tout ne dure qu’un temps.

Dans la voix et les textes de l’artiste, on entend la mère, l’amoureuse, l’amie et la fille de. Et quand elle a entonné Tu ne mourras pas, la sublime pièce titre de l’objet, mes yeux se sont automatiquement remplis d’eau. J’étais déjà en train de faire le deuil de ceux toujours vivants. Frisson musical, quand tu nous prends.

Maude Audet sera en spectacle notamment le 13 février à Québec, le 15 février à Brossard, puis le 20 février à Roberval. Pour obtenir toutes les dates de ses concerts, consulter le www.maudeaudet.com

Le buffet: Maude Audet, les bonbons d’Halloween et la petite tirelire

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Maude Audet, grande âme, vient de faire paraître un tout nouveau titre dont tous les profits de vente seront versés à UNICEF Canada. Disons que c’est une petite boîte orange d’Halloween réinventée.

PREMIER GOALER AVEC UN MASQUE, PREMIER PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BAS-CANADA SANS MASQUE, ALL REAL, PUR FEU, JACQUES PLANTE ROBERT NELSON SAY WHAT???

Pas tout à fait la toune à Paul Piché, pas tout à fait le bar à jams au métro Berri-De Montigny, L’escalier, c’est surtout le nouvel extrait du EP Maille par maille de Belle Grand Fille.

Wanna be pianiste? C’est ta chance avec ce tutoriel d’Alexandra Stréliski qui vient avec l’annonce d’une tournée partout au Québec.

On dit que nul n’est prophète en son pays. Est-ce pour ça que Bleu Nuit a eu une exclusivité de son nouvel extrait chez Exclaim!? Qui sait?

Nouvel extrait pour Van Carton et son album à paraître dans deux semaines. Par contre, on va se le dire, même si ça s’appelle Sacs de fric, c’est vraiment pas le genre de musique qui va vous rendre subtil pendant un braquage de banque.

Matéo + Amigxs express, c’est le clan Harnois-Blouin et son entourage élargi (Gabrielle HB, Vuu, Ambroise), qui fait de la musique relax, lo-fi et exploratoire. En attendant le beau temps.

LUNES: Découvertes et redécouvertes

Poulin et Laura Sauvage/Photo: Naomie Gelper

Dans le cadre de la série Révèle la relève des Francouvertes, le laboratoire créatif LUNES se tenant habituellement au Quai des Brumes une fois par mois a déménagé le temps d’une soirée dans Hochelaga.

Jumelant des artistes émergentes et des artistes plus établies, LUNES donne lieu à des rencontres musicales inédites entre des femmes et des personnes non-binaires issues de milieux et de disciplines variés.

Un public homogène de femmes et d’hommes de tous les âges s’est réuni à la Maison de la culture Maisonneuve hier soir pour voir la magie se produire. Six duos de chanteuses ont présenté chacun trois chansons : une oeuvre de chaque artiste, ainsi qu’une reprise de leur choix. Le spectacle a également été ponctué de lectures de la part d’Ève Landry et de Lily Pinsonneault.

Kyra Shaughnessy et Catherine Durand/Photo: Naomie Gelper

C’est Mélanie Venditti et Catherine Leduc qui ouvrent la soirée avec la chanson La fin ou le début de cette dernière. «C’est beau de pouvoir faire ça entre femmes!», s’exclame-t-elle entre deux chansons. «Nous, les femmes, on a moins d’égo, renchérit Mélanie Venditti, mais ça veut aussi dire qu’on a moins confiance en nous.»

Catherine Durand et Kyra Shaughnessy montent ensuite sur scène. La guitare électrique a été troquée pour la guitare acoustique et le ukulélé a remplacé le violon. Chaque duo ne se connaissait pas avant de collaborer pour LUNES.

Kyra Shaughnessy a même expressément appris à jouer du ukulélé afin d’accompagner Catherine Durand. «C’est important de prendre le temps de les écouter, souligne la chanteuse par rapport aux autres femmes présentes sur scène. On ne peut jamais aller à leurs shows, parce qu’on en a un le même soir».

Laurence-Anne et Fanny Bloom/Photo: Naomie Gelper

Avec un différent éclairage et un changement d’instruments, le public est transporté à nouveau dans un autre univers. Lorsque le tour de Fanny Bloom et Laurence-Anne arrive, les teintes de violet envahissent la salle. Elles sont d’ailleurs toutes les deux vêtues de mauve. «On s’est donné une thématique vestimentaire ce soir!», lance Fanny Bloom. La chimie est particulièrement palpable entre les artistes qui s’échangent des regards et des sourires complices.

Catherine Leduc et Mélanie Venditti/Photo: Naomie Gelper

Après un court entracte, Marie-Pierre Arthur et Marie-Claudel font hocher plusieurs têtes dans le public. «C’est difficile de trouver un cover qu’on sait jouer toutes les deux», explique Marie-Pierre Arthur. Bizarrement, le binôme a une chose en commun: «une vieille chanson de Jim Corcoran».

Les reprises sont le clou de chaque numéro. Spécialement lorsque Maude Audet et Kayiri interprètent Blanche comme neige, une chanson du terroir qui parle de mariage forcé. Laura Sauvage et Poulin terminent la soirée en beauté en reprenant Pendant que les champs brûlent de Niagara devant une foule enthousiaste.

Bien que le temps de scène de chaque duo passe beaucoup trop rapidement, le talent de chaque artiste est mis de l’avant à tous les coups. Avec LUNES, le public a la chance de découvrir ou de redécouvrir différentes femmes musiciennes. Chacune n’a rien à envier à personne.

Le Festif! 2018 JOURS 3 & 4: «On va se permettre d’être scrap»

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas au Festif! de Baie-St-Paul. Alors que le réveil de la veille s’était déroulé au son de la guitare électrique, le soundcheck du samedi a quelque chose de médiéval et on ouvre les yeux au son de la cithare.

Par Élise Jetté et Marielle Normandin Pageau

Le nombre de jours écoulés depuis notre arrivée est inversement proportionnel à notre énergie. Ce qui fait en sorte que notre samedi commence véritablement à 14h, après un bon déjeuner contenant tous les groupes alimentaires.

Un spectacle surprise de Mon Doux Saigneur et Alex Burger attire notre attention. Ça se déroule dans le dépanneur ou on achète des sandwichs à la crème glacée depuis deux jours. Le line up infini qui jonche le trottoir devant l’établissement est peuplé de personnes qui tentent de vaincre sans succès le déversement d’odeurs corporelles et les cheveux gras. Fait chaud!

«Je fais quoi, moi, si je veux m’acheter des cigarettes?», demande un gars mécontent de ne pouvoir entrer dans l’édifice. «Va falloir aller ailleurs», dit ce bon bénévole. «C’est ben meilleur pour ta santé d’aller voir un show surprise», dit-on pour renchérir. Il est pas d’accord avec nous.

Le bon bénévole et la face de Phil Brach/Photo: Élise Jetté

Le premier à monter sur la scène le comptoir est Mon Doux Saigneur, qui explique à quel point c’est l’fun de jouer en secret avec son boy Alex Burger.

Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté

Il explique que Burger et lui jouent avec le même band et qu’ils sont venus avec deux chars et demi. On aimerait voir de quoi a l’air le demi-char. Entre les frigos à bières et la farine tout usage, les gens s’entassent pour apprécier la perfo trop courte.

À force de regarder le show, qui sonne de façon assez impressionnante pour un set up de dépanneur, on a très envie d’acheter des gratteux #lotoété

Alex Burger/Photo: Élise jetté

On croise ensuite des adeptes d’art du cirque. L’un d’eux, qui ressemble à un gars du Mile-End, ne cesse de dire «Yah man!» sur un unicycle:

Le cycliste/Photo: Marielle Normandin Pageau

On comprend vraiment que le soleil tape fort quand on voit ce jeu qui permet aux gens de faire tomber un agent d’immeuble (il ressemble vraiment à la pancarte d’immeuble à vendre en arrière de lui) dans une mini piscine à l’aide d’un mécanisme sophistiqué.

Le jeu/Photo: Élise Jetté

On passe devant Maude Audet qui s’exécute malgré la chaleur accablante devant un public qui cherche l’ombre à tout prix, comme en témoigne cette photo:

Maude Audet/Photo: Marielle Normandin Pageau

Après un pèlerinage quasiment catholique (que vous pourrez voir en vidéo prochainement) avec Salomé Leclerc, on répond à l’invitation du show surprise présenté par Philippe Fehmiu. Un incontournable. En arrivant à ce chilling, on reçoit environ 50 ballons de plage sur la tête. On se réveille encore la nuit pour haïr ces ballons.

Les maudits ballons/Photo: Marielle Normandin Pageau

Le show surprise implique Yann Perreau, Eman, Vlooper et Random Recipe. Philippe Fehmiu est aussi festif que d’habitude. Et comme d’habitude, il mentionne plus que trois fois que c’est l’heure de l’apéro.

Eman commence son set surprise avec le premier verse de Ça que c’tait et poursuit avec une variété de hits. Vlooper mixe les tounes debout, ben relax avec l’ordi dans les bras.

Yann Perreau, quant à lui, se fait aller les fesses au sommet d’un chariot élévateur.

Les filles de Random Recipe, sur le balcon d’en face, réussissent à bouger de gauche à droite même s’il fait 40.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Elles nous lancent des confettis.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Et on craint que Frannie se lance par-dessus bord.

Random Recipe/Photo: Élise Jetté

Par la suite, zouz, toujours aussi captivant en spectacle, nous entretient à la scène Pantoum. Chapeau levé, d’ailleurs, aux gens du son, à cette scène, qui connaissent particulièrement leurs shits.

Le groupe nous offre un aperçu d’un EP à paraître à l’automne. Dire qu’on a hâte est un euphémisme. Mention spéciale à Emerik (Mon Doux Saigneur) qui les accompagne pendant une toune aux maracas.

zouz/Photo: Élise Jetté

Dans la première rangée afin de tout capter, Élise soupçonne qu’elle vient de perdre 30% de son ouïe à tout jamais. Elle parle de ce souci à Louis-Pierre de Dare To Care, qui se trouve également dans la zone bruyante. Il lui remet ce petit tube contenant des bouchons pour les oreilles. Être au bon endroit au bon moment prend tout son sens ici.

Récupérer son ouïe/Photo: Élise Jetté

Ce chien fait dire qu’il aimerait en avoir une paire.

Un chien très tanné/Photo: Élise Jetté

On retourne ensuite à notre QG pour se ravitailler. Sur notre chemin, on croise des va-nu-pieds;

Va-nu-pieds/Photo: Élise Jetté

une zone de crime;

Criminalité/Photo: Élise Jetté

un esti de ballon;

Ballon perdu/Photo: Élise Jetté

et une escouade soleil.

Escouade soleil/Photo: Élise Jetté

Une fois au campement, il est 20h et c’est l’heure du show de Vincent Vallières, mais aussi…. on avait faim. Voici les images captées durant son show.

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Notre prochain arrêt: un sous-sol lugubre où on passe proche de ne pas nous laisser entrer parce qu’il y a déjà approximativement 45 personnes en dedans. Notre seul objectif de la soirée: voir Rymz. On ment donc sur la durée de notre visite à l’intérieur. Le pauvre bénévole avale notre mensonge goulûment.

Rymz/Photo: Élise Jetté

Ce poète des temps modernes réussit rapidement à charmer sa petite, mais très chaleureuse foule. Des jeunes fans, en première rangée ont l’air d’avoir douze ans et toutes leurs dents. Pis ils connaissent toutes les paroles. Rymz descend de sa scène pour leur apprendre à faire un mush pit. C’est de toute beauté. L’Éducation avec un grand É. La soirée commence de façon très électrique, surtout avec son t-shirt à éclairs.

Après le show, on cherche les toilettes, mais on aboutit dans la loge de Rymz. C’est à quel point l’endroit est minuscule, mais pas trop petit pour avoir tout le mobilier nécessaire à l’épanouissement de tous les types de clients:

Les clients de toutes les sortes/Photo: Élise Jetté

Sur la scène extérieure, on réussit à pogner le duo de Mara Tremblay et Keith Kouna sur …et j’ai couché dans mon char de l’Hommage à Desjardins. C’est très touchant.

Mara et Keith/Photo: Élise Jetté

Puis, pour la fin du show, toute la gang de l’hommage revient sur scène pour une dernière chanson. Tout le monde chante:

Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté

Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté

Sauf Koriass qui fait juste taper des mains:

Hommage à Desjardins/Photo: Élise Jetté

Ce dernier quitte la scène avant la fin de la toune.

Peu après, dans le sous-sol de l’église, Suuns nous donne envie de faire de l’acide (sans tous les effets secondaires).

Suuns/Photo: Marielle Normandin Pageau

Puis Le Nombre nous donne le goût de faire de la lutte (sans tous les effets secondaires).

Le Nombre/Photo: Marielle Normandin Pageau

Notre nuit culmine à 4h30 avec le show de Stéphane Lafleur au lever du soleil, une expérience qui n’est pas sans conséquence sur notre humeur du dimanche. Alors que le soleil commence à illuminer le top des montagnes au loin, le chanteur d’Avec pas d’casque nous interprète de belles chansons en solo.

Les moments forts de ce matin-là:

  • Un gars qui passe proche de mourir en cognant des clous (fallait être là pour comprendre).
  • La chanson de Noël inédite, sortie des boules à mites.
  • Les moutons qui font les backvocals.
  • Stéphane Lafleur qui réalise que ses tounes sont toutes pareilles sans son band: «Hey c’est tout le temps le même beat réconfortant hein?»
  • Des gens qui sortent de l’hôtel en robe de chambre pour voir le show:

La tenue choisie/Photo: Élise Jetté

Tout le monde s’entend pour dire que c’était le meilleur show du Festif!… sauf ceux pour qui le cadran n’a pas sonné.

Ces alpagas, croisés à la sortie, sont ben d’accord.

On est d’accord/Photo: Élise Jetté

Le jour se poursuit avec une sieste de deux heures suivie d’un tournage historique avec Philippe Brach avant son show (vidéo à voir plus tard cette semaine sur notre page Facebook).

Le canon de Phil/Photo: Élise Jetté

Le début de la perfo de Phil Brach, en clôture de festival, est audacieux: il commence avec un cover de The Dock of The Bay. Difficile de choisir meilleure chanson pour se marier avec le décor. Honnête, il nous annonce «On va se permettre d’être scrap». On est tous d’accord.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Avec son look de Jules César, Philippe montre qu’il n’est pas tuable. Avec une nuit de 45 minutes dans le corps, il s’exécute avec énergie, et ce, même s’il vient de gagner une année de plus (c’est sa fête!).

C’est sous le soleil de midi que les looks se réinventent pour permettre le rafraîchissement:

Un look frais/Photo: Élise Jetté

Les interventions de Phil sont toujours au point:

  • Parce qu’il est vraiment scrap de son Festif!: «L’an prochain, la seule close, c’est qu’on joue le jeudi».
  • En pointant les gens pas de billets entassés sur le quai, l’autre bord de la grille: «On rappelle qu’on amasse les dons afin de libérer les gens emprisonnés derrière la clôture».
  • À la très populaire madame qui vend des Mr Freeze dans la foule: «J’en mange deux fois par jour, merci».
  • À 14h: «YES, mon boost d’énergie de 2h vient de kicker in».
  • Devant la belle température: «Bon call, le soleil».
  • En s’adressant aux gens sur une licorne: «Stay rock, kids!»

Les gens de la licorne/Photo: Élise Jetté

Phil se donne énormément sur les covers et il y va de récentes et d’anciennes chansons. Il fera même une toune qu’il ne fait plus en show, Le matin des raisons, notamment pour cette phrase parfaite pour son état et le nôtre: «Y’é midi le monde est tranquille. J’vas aller me coucher».

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

On quitte Baie-St-Paul le coeur rempli de soleil. Aucune pluie n’a terni le week-end. C’est sûrement pour ça que toute la route vers la maison se passe dans un déluge.

Le retour du balancier.

Lisez le retour sur notre JOUR 1.

Lisez le retour sur notre JOUR 2.