ADISQ 2020: survivre à la grande dépression

J’espère que je ne recevrai pas de poursuite d’un regroupement de profs d’histoire en nommant ce qui suit la grande dépression. Et attendez-vous à être déprimés durant votre lecture. Je vous rapporterai quelques moments cocasses pour casser la tristesse ambiante, mais je ne sais pas si ça va être assez. Ça fait longtemps que l’ADISQ est mon moment musical préféré de l’année. Je m’ennuie des années où ma seule déception était celle de ne pas voir mes artistes favoris remporter les Félix. En 2020, ça fait plus mal que ça.

On ne fera pas comme si on n’avait pas passé l’année devant notre écran. Les photos de ce texte sont toutes les photos de ma télé. Quand les choses se passent dans l’écran, il faut parfois se résigner à capturer l’essence même du climat dans lequel on vit. Et c’est peut-être même une mise en abyme que d’illustrer cet article sur le Premier gala et le Gala de l’ADISQ à l’aide de photos de cadrage de télé. Une œuvre dans une œuvre où l’on parle des œuvres de l’année…

Le Premier gala de l’ADISQ

«Il n’y a pas de collègue, pas de public, on n’est pas en direct», nous annonce d’emblée l’animateur Pierre Lapointe muni d’une tenue on ne peut plus au point: moi aussi devant l’imminence de la fin du monde je voudrais qu’on me vêtisse d’objets contondants pour me défendre.

En symbiose avec l’année qu’on vit, l’introduction du gala nous montre une série d’artistes en nomination qui parlent à leur téléphone on qu’on nous sert en montage pixélisé au son inégal. «Moi j’fais pas de musique par exemple», dit  Yannick De Martino, nommé pour Spectacle de l’année – Humour. Inquiète-toi pas, Yannick, on est plusieurs, depuis plusieurs années à se demander pourquoi les Olivier sont invités à l’ADISQ!

Le numéro d’ouverture nous montre le groupe Salebarbes et on a la confirmation que, si on avait été invités, on n’aurait pas été déçus par rapport aux cheveux de Jonathan Painchaud.

Les Hay Babies se joignent à la partie avec les tenues les plus cool qu’on n’a jamais vues de notre vie. L’Internet nous apprendra plus tard que les tenues, elles les ont cousues elles-mêmes. J’ai juste une question, ici: les filles, je peux-tu être une Hay Babies moi aussi? 

C’est toujours avec son adéquate tenue de brontosaure que Pierre Lapointe nous parle de l’augmentation de l’offre des spectacles en Facebook live durant les 8 derniers mois, une offre qui est, selon moi, l’équivalent médical d’un diachylon de Spiderman sur une fracture ouverte de la hanche.

Pierre prononcera aussi les mots que tout le monde va dire et redire en cherchant un sens, en se demandant s’il y en a vraiment un: «notre industrie est à rebâtir».

Et c’est le début de ce que j’appellerai le constat «L’Amérique pleure, pis c’est vrai!» avec le premier trophée décerné aux Cowboys fringants, pour Antipodes, l’Album meilleur vendeur de l’année.

C’est autour d’un feu de camp qui est loin d’être assez chaud pour réchauffer l’âme de la culture Québ que le groupe procède à des remerciements standards. 

L’Album traditionnel de l’année est celui de Salebarbes: Live Au Pas Perdus

On est toujours satisfaits du cuir chevelu de Painchaud et que dire de la moustache à deux étages?

En regardant la salle du Corona où le house band s’exécute, pas de public, je ne peux m’empêcher de dire «bon enfin de la place pour montrer le house band». Sont toujours cachés dans le noir, en arrière d’un décor de Moment Factory, mais LÀ, c’est leur moment. Bravo.

C’est Dominique Fils-Aimé, récipiendaire du prix d’Album Jazz de l’année 2019, qui vient remettre le prix 2020.

C’est Jacques Kuba Séguin et son album Migrations qui l’emportent! Dans sa vidéo de remerciement, il dit: «merci à mes enfants, surtout à ma grande fille Ella». Donc les enfants, si papa vous a toujours dit qu’il n’avait pas de préféré, c’est ici que vos rêves cassent en morceaux. 

«On a été testés par les évènements», dit Jacques. Nous, on espère juste que t’as pas été testé COVID positif.

Le Spectacle de l’année interprète est celui de Véronic Dicaire qui reçoit étonnamment son premier Félix en carrière. Elle parle des 27 personnes qui la suivent en tournée tout le temps. De mon côté, je m’adresse aux 27: «ça roule la PCU?»

L’Album ou DVD de l’année Jeunesse est remis à celui qui ne change jamais de chapeau, mais on espère au moins qu’il le lave de temps en temps: Arthur L’Aventurier et L’aventure au bout du monde en Australie. Une chose est sûre, avec cette vidéo pour enfant, il a visé juste. Si on peut pu jamais aller nulle part, on va au moins aller en Australie avec Arthur. C’est tout ce qu’il nous reste.

Son remerciement contient la phrase que j’ai toujours haïe, mais que j’haïs encore plus en 2020: «Merci la vie».

Depuis le début du texte, je vous épargne quand même pas pire en termes de dépression, mais je dois mettre quelque chose au clair tout de suite: Le Premier gala de l’ADISQ nous montre durant toute la soirée, de petites entrevues avec des artistes d’ici qui nous racontent leur tristesse de ne plus faire de show, leurs remises en question, leurs idées folles de s’ouvrir une boulangerie, un potager urbain ou un magasin de vélos. Tout le monde a l’air d’amorcer sa quatrième saison de dépression saisonnière. Des bands nous disent qu’ils ne se sont même pas vus entre eux, séparés par des zones rouges, jaunes et oranges. Confinés dans les univers virtuels respectifs où les jams ne sont jamais vraiment des jams.

Ça pourrait être déjà assez triste de même, mais les pubs entre les remises de prix, c’est: la fille qui est partie en ambulance pour sa COVID le jour de sa fête, une madame qui a besoin d’une prescription pour ses infections urinaires chroniques, un gars qui tripe tellement sur le porc du Québec qu’il réveille sa chum en pleine nuit comme un sociopathe pour avoir la recette, un couple qui se sépare et qui pleure devant sa fille alors que toute la petite famille marche «sur des œufs» (mais pour vrai là! LE PLANCHER, C’EST DES ŒUFS) pour donner vie à la métaphore «marcher sur des œufs» de la manière la plus triste jamais vue. 

Miro et Sarahmée nous font une prestation agréable. Si l’humeur était à -4, on est rendus à 2 sur une échelle de 1 à Luc Senay.

Corridor s’est fait voler le trophée d’Album rock de l’année qui est rentré à la maison avec les Cowboys fringants pendant que l’Amérique pleurait de cette situation.

Mon seul point dans mon pool de l’ADISQ pour cette soirée-là, je le dois à la talentueuse Alexandra Stréliski qui est l’Artiste québécoise ayant le plus rayonné hors Québec. En guise de remerciement, elle nous sert une vidéo triste où on la voit se balader avec Inscape, son album, dans des rues européennes désertes. C’est ça, en 2020, rayonner à l’étranger. En termes de tristesse, cette scène arrive juste après celle où Kate laisse tomber Léo dans l’eau glaciale en gardant le radeau de fortune pour elle. 

Charles Richard Hamelin remporte son cinquième Félix avec celui de l’Album de l’année Classique soliste et petit ensemble: Chopin – ballades et impromptus.

L’Album de l’année Classique orchestre et grand ensemble est Pulsations d’Angèle Dubeau et la Pieta. «C’est mon 44e album», déclare-t-elle sans dire son âge.

Nomadic Massive monte sur scène juste avant que Flore Laurentienne perde le Félix d’album instrumental de l’année aux mains de Gregory Charles, ce qui suscite chez moi l’envoi de ce genre de message:

Comme j’attends Noël depuis le début de la pandémie (c’est la seule fête qui me rattache encore à un semblant de magie), je suis ravie qu’Isabelle Boulay gagne le Félix d’Album de l’année – Réinterprétation pour En attendant Noël.

L’Album de l’année autre langue est celui de Nikamu Mamuitun et si jamais vous n’avez pas entendu la chanson Tout un village, il faut remédier à ça maintenant, pleurer un peu et se ressaisir comme on peut après.

Pierre présente des prix devant le Mac – sûrement habillé par le MAC aussi, c’est de l’art, ça – avec Roxane Bruneau.

L’Album de l’année country est celui de Patrick Norman qui remercie plein de monde d’être venu à Nashville. Si t’es dans l’industrie pis que t’as pas été invité à Nashville par Pat, je t’invite à te poser des questions.

Le spectacle de l’année Humour est celui de Sam Breton, puis une bourse de 5000 $ est remise à l’un des artistes détenant sa première nomination cette année. On connaissait pas mal tout le monde sur la liste, sauf les gagnants: Le Diable à Cinq.

Le symptôme dépressif s’accentue lors de la pause publicitaire suivante avec des gens habillés en jaune pour parler de beurre de peanut. Je sais que les temps sont durs, mais sont payés combien? Écrivez-moi si vous savez.

Zal Sissokho repart avec le Félix de l’Album de l’année Musique du monde et Elisapie remporte celui du meilleur Spectacle autre langue.

Vous pouvez maintenant détourner le regard si les rencontres Zoom commencent à vous faire vomir dans votre bouche un petit peu. Le Spectacle de l’année anglophone est celui de Patrick Watson qui est présent avec sa gang: unis, mais séparés. 

Comme si l’état psychologique collectif en chute libre avait besoin d’un autre Zoom.

C’est sûrement pour faire remonter l’indice de bonheur des Québécois que P’tit Belliveau arrive. Dans sa vidéo de pandémie, après sa perfo, il dit – deux fois plutôt qu’une – qu’il vit sa vinaigrette. Merci man.

Alicia Moffet et Fouki viennent chanter pour les 18-24, puis le Zoom de Patrick Watson revient avec le prix d’Album anglophone de l’année.

Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur est sacré meilleur album Alternatif de l’année et Choix de la critique.

Entre deux remises de prix, Fouki nous dit que 2020, c’est comme tomber dans une bouteille d’alcool fort que tu ne connais pas, mais tu passes à travers quand même et le lendemain tu ne te souviens de rien. À date, je n’ai trouvé personne qui a eu une meilleure idée que lui.

Alors que les vidéoclips inventifs ont déferlé sur nous plus vite que la COVID l’aurait fait au Bal en Blanc, c’est pourtant un clip qui nous montre une danse en ligne dans un bar de campagne qui a remporté le Félix de Vidéoclip de l’année. L’Amérique pleure, pis c’est vrai.

LISEZ NOTRE ARTICLE PRÉ-ADISQ INTITULÉ «COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance» 

Le Gala de l’ADISQ

On a surnommé le gala du dimanche le festival du follow spot sur les toits de Montréal, du moins pour l’ouverture du gala durant laquelle toutes les lumières et les drones de la ville avaient été sollicités. De toute façon, il ne se passe rien d’autre ces temps-ci alors l’ADISQ avait le premier choix.

Louis-José Houde fait son numéro d’ouverture dans un studio de Radio-Canada devant un public aussi nombreux qu’à une messe du dimanche en ces temps où l’astrologie a remplacé la religion. 

Il ne nous présente pas pour autant un numéro approuvé par le clergé, lançant des flèches à tous ceux qui ont été dans les médias pour les mauvaises raisons durant l’année. «Bon qui qui reste? Ceux qui ne sont pas en prison, faites du bruit», dit-il avant de mentionner qu’il pensait être seul avec Renée Martel ce soir étant donné les délits commis en 2020 par les artistes d’ici. «Ce soir, y’aura pas d’hommage aux grands disparus. Sont tous vivants», mentionne-t-il également étant donné que les disparus sont disparus pour des raisons légales et ne sont pas morts, comme dans le bon vieux temps.

«J’ai dit oui pour animer le gala le 12 mars. Je ne pensais pas que ça finirait en PowerPoint», dit Louis-José devant une poignée d’artistes en dépression.

«Les gens veulent faire l’amour, c’est la tendance», dit-il ensuite en faisant des jokes de graines. Émile Bilodeau a l’air de dire «iiiiii va pas là».

Steven Guilbeault, nous fait son petit message de ministre et on réalise qu’il est fatigué comme nous tous. C’est pas comme si le Patrimoine canadien était si prenant ces temps-ci, Steven! Dors un peu!

Louis-Jean Cormier, désormais porteur de chapeau, nous interprète Je me moi, une chanson d’actualité puisque la pandémie nous a inévitablement menés à un repli sur nous-mêmes.

Le premier prix est remis à KNLO pour le meilleur album rap de l’année et tout le monde a un petit malaise cardiaque quand il reste à sa place. Eh oui! Les remerciements se font directement à la chaise du gagnant cette année. KNLO fait des salutations à tout le monde, même à La Mauricie.

Au retour de la pause c’est Marie-Pierre Arthur qui vient chanter Tiens-moi mon cœur et sa perfo est covid-friendly et demeure en mode bulle familiale : c’est son fils qui danse.

Louis-José y va d’un petit numéro sur la deuxième job que pourrait occuper chaque artiste: «Lisa Leblanc, elle pourrait être n’importe quoi pis ça serait l’fun. Broder un napperon, changer ta fournaise. Je la truste dans toute. C’est l’inverse de Kaïn. Eux j’les truste dans rien. C’est sûrement des bonnes personnes, mais ça m’a pas l’air porté sur le deadline

Robert Charlebois vient présenter le prix d’album Adulte contemporain. Il en profite pour dire à Louis-José qu’il le trouve drôle avec cette expression, jamais entendue avant, que l’on va désormais adopter: «Tu me fais pacter».

Assez troublant, dans cette catégorie, d’entendre back à back Yé midi kek part de Kaïn, puis Tatouage de Pierre Lapointe. On ne s’imagine pas que c’est possible comme adversaires. 

C’est le rebaptisé «Jean-Louis Cormier» qui gagne.

Eli Rose et Marc Dupré nous proposent un duo improbable, puis Louis-José fait des jokes sur la consommation de drogue des artistes, notamment en leur annonçant que la cocaïne coûte désormais trop cher pour leur budget en mode PCU.

L’Album folk de l’année est L’étrange pays de Jean Leloup.

Après, je me demande vraiment pourquoi la Révélation de l’année est présentée par Mazda. T’as pas de char quand t’es Révélation de l’année.

Installée en mode «piano bar» sur un piano de plus de deux mètres de long pour respecter les règles, la Révélation de l’année 2003 Ariane Moffatt présente un numéro d’intro avec Louis-José puis c’est la Révélation 2019, Alexandra Stréliski qui présente Eli Rose, la gagnante, qui est surprise pour vrai et qui se vide de ses larmes sous les recommandations d’Alexandra qui la réconforte à l’autre bout de la salle, à une distance de type «autre indicatif régional téléphonique».

L’Album pop de l’année est celui de Marc Dupré. On a ensuite droit à une bonne pub sur la gestion de patrimoine avec un homme pour qui c’est une passion, la gestion de patrimoine.

On apprend aussi qu’il est possible de louer un chauffe-eau.

Puis le meilleur numéro de 2020 est celui présenté par Anachnid, Flore Laurentienne et Matt Holubowski. Un trio bien pensé et bien distancé comme seule 2020 est capable de le faire.

Louis-José rit du mot «RÉINVENTER» avec raison, alors qu’on a passé les huit derniers mois à regarder les shows les plus tristes au monde sur Internet.

Robert Charlebois repart avec le Félix du meilleur Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Avec Ben Dion, adieu les problèmes de son», dit-il pour remercier son soundman. J’aimerais ça le rencontrer, Ben. Il remercie également Louise Forestier. «Louise, 50 ans d’amitié! La prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va être une chanson bubble gum comparé aux horreurs qui nous affligent.» En fait, il aurait probablement été plus adéquat de dire: la prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va l’être pour vrai.

Je me demande si ce Félix pourra être remis l’an prochain même si on aura eu 4,7 semaines de shows au total durant l’année et aucune véritable tournée.

On a ensuite droit à une pub de vin d’épicerie et à une autre pub qui nous montre une fille qui fait du lavage, mais que son linge pue pareil. Le clou du spectacle publicitaire: une pub de fuites urinaires qui a jouée six fois durant la soirée. Rien pour te permettre de fuir tes problèmes…

La vie d’écran, ça permet de faire un medley de Pauline Julien, au siècle dernier, qui chante avec Pierre Lapointe aujourd’hui, puis Isabelle Boulay, sur scène, qui chante avec une Monique Leyrac en noir et blanc.

Profiter du fait que notre vie est désormais virtuelle pour faire un medley qui mêle deux siècles différents: je dis oui.

Kent Nagano présente le prix Artiste autochtone de l’année en mode vidéo dans une pièce avec autant d’écho qu’un sous-marin. Elisapie l’emporte et fait un touchant discours qui est le seul que le chronomètre sonore ne coupera pas.

La Chanson de l’année est L’Amérique pleure des Cowboys fringants. Le groupe nous livre le mensonge du jour dans ses remerciements: «Merci d’avoir joué nos tounes à la radio et beaucoup de musique Québ durant toute l’année». NOPE.

On assiste ensuite à l’une des pubs les plus tristes depuis celles des banques alimentaires: une pub de banque avec Deux par deux rassemblés de Pierre Lapointe version piano en noir et blanc qui nous montre des travailleurs de divers milieux qui ne vont pas s’en sortir durant la crise sanitaire.

L’Auteur-compositeur de l’année est Louis-Jean Cormier, le Groupe de l’année est Les Cowboys fringants

Isabelle Boulay, qui était là pour le numéro avec Pierre Lapointe plus tôt n’est pas là pour la remise du prix d’Interprète féminine de l’année dans laquelle elle est nommée.

ÉTAIT-ELLE EN HOLOGRAMME TANTÔT? Ou est-elle allée se coucher avant sa catégorie?

C’est la grandiose Alexandra Stréliski qui remporte la statuette. «J’ai trop bu de Bulles de nuit», dit-elle comme si elle était à O.D. à l’autre poste. Elle aborde une fois de plus la douceur, parce que c’est pas mal juste ça qu’il nous reste cette année. «J’ai hâte de vous revoir à côté de ce cauchemar», ajoute-t-elle. Nous aussi.

Émile Bilodeau est l’Interprète masculin de l’année et il fait son discours, écrit sur une feuille quadrillée sans lever les yeux. Voyons, Émile! T’as pas appris ton exposé oral!

Il termine par «Vive le Québec libre!» pour faire plaisir à sa date: son petit frère, mais aussi, avouons-le, pour se faire plaisir à lui-même. Et en cette année sans plaisir, qui serions-nous pour juger ce comportement?

Louis-José Houde termine avec la phrase la plus 2020 possible: «Y’a tellement de Purell dans’ place que tout le monde est stérile».

À l’image de la musique durant la dernière année, l’ADISQ était là malgré tout. Mais les trous dans la salle, semblables aux trous dans les salles de spectacles (lorsqu’elles sont ouvertes) nous amènent à croire de moins en moins à de plus en plus de choses. Les derniers VRAIS shows, non-distancés, qu’on a vus au début du mois de mars dernier nous semblent déjà anachroniques. Approcher les autres, sans masque, que ce soit pour dire bonjour ou pour faire un mushpit, est une idée complètement déjantée, illusoire et probablement passible d’une amende. 

La musique est la solution à beaucoup de sentiments négatifs. Espérons qu’elle saura nous faire passer à travers la grande dépression.

Matt Holuboswki se paye un show à sa hauteur

Dans un Théâtre Corona juste assez plein, Matt Holubowski et ses six musiciens ont assouvi les attentes des amateurs de délicatesse, de cordes et de silence, vendredi soir.

Devant un décor simple sur fond de rideau noir, Holubowski a alterné toute la soirée entre clavier et guitares, toujours accompagné par ses impressionnantes cordes vocales. Entouré de musiciens et musiciennes maniant violon, alto, violoncelle, contrebasse, synthétiseur, basse et de nombreuses guitares sèches et électriques, l’auteur-compositeur-interprète en a mis plein la vue (et les oreilles) pour le dernier spectacle de sa tournée.

La soirée s’est déroulée dans une ambiance décontractée et légère, si bien que Jason Bajada a dû googler ses propres paroles avant de clore la première partie avec sa nouvelle composition Worry Bout’ You.

Parmi des couples qui tanguaient et des mélomanes aux yeux fermés, j’ai senti les poils se dresser sur mes bras au fil du spectacle, devant des arrangements saisissants. En plus d’interpréter presque tous les morceaux de son album Solitudes, Matt Holubowski a présenté deux nouvelles pièces, dont la mélancolique Dark Meadows. «Elle est déprimante, comme toutes mes chansons», a averti le chanteur, ce qui n’a pas empêché la foule de vibrer au rythme du nouveau son.

Jason Bajada, Aliocha et Matt Holubowski réunis / Photo: Camille Avery-Benny

Jason Bajada et Aliocha se sont également joints à Matt et son sextuor, le temps d’une interprétation désinvolte de Over My Shoulder, co-écrite par les trois artistes complices.

Si la soirée s’est amorcée sur une pièce classique de Stravinsky, elle s’est conclue sur une finale abrasive à travers une version punk de la chanson King, au grand plaisir de la foule obnubilée et jusqu’alors plutôt silencieuse.

Pour avoir assisté à beaucoup de concerts hip-hop récemment, j’avais oublié ce que c’était de pourvoir circuler confortablement dans une foule sans craindre d’être avalée par un mosh pit ou écrasée entre deux amateurs de rap suintants. À refaire.

Le buffet : Les Louanges au service au volant

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Brillante chanson de Les Louanges en amont de son album La nuit est une panthère. On vous en recommande l’écoute, mais avec un pincement au coeur, parce que, tsé, désacraliser un terrain de balle avec des clubs de golf, c’est audacieux.

Continue ta Saint-Jean en bonne et due forme avec le party Qualité Motel à domicile. Un vrai Holiday Inn pour tes oreilles.

La mode est aux clips minimalistes. La Force est du nombre (La pognes-tu?)

Yes McCan annonce son album OUI (tout, tout, tout, toutttte) avec un gros cover du Gars de la compagnie des Cowboys Fringants. Enfin, j’pense. Salutations à Caballero & JeanJass qui ont profité de leur passage au Québec pour enregistrer des features avec environ tout le monde. Vous allez voir ce nom surgir souvent dans les prochains mois.

Voici le carnet de voyage de Matt Holubowski, plaqué sur la chanson Dawn, She Woke Me. Vous reste juste à acheter un billet d’avion!

Osheaga 2018: on va respecter les règlements cette année

L’an dernier, on n’avait pas reçu d’accréditation pour aller couvrir Osheaga. Question de s’excuser pour y être tout de même allé les trois jours semi-officiellement, on a décidé de faire un beau texte pour parler de la programmation 2018 du festival montréalais. Ça l’air que c’est de même que ça marche, dans le milieu de la culture.

Force est d’admettre qu’on aimerait bien y aller cet été parce que la prog est assez solide. Une des plus belles depuis un petit bout de temps en fait. Si en 2017, c’est le Festival d’été de Québec qui s’était imposé comme ayant le plus beau setlist de la saison, Osheaga reprend ici le titre haut la main. Et question de prouver le tout, on vous présente ici nos faits marquants de l’affiche dévoilée ce midi.

Les têtes d’affiches:

  • Blondie: La formation new wave américaine de Debbie Harry viendra célébrer ses 44 ans de carrière au Parc Jean-Drapeau. 44 ans et elle se retrouve tout de même sur la seconde ligne de sa journée, soit le samedi 4 août, ce qui prouve assez bien le niveau de qualité de la soirée. Elle est juste derrière Anderson .Paak, qui fera son 158e show au Québec en deux ans, approximativement.

  • Franz Ferdinand: C’est pas vraiment une méga tête d’affiche, mais le groupe efficace est honnêtement un incontournable en spectacle si vous ne les aviez jamais vus. Le quintette viendra présenter son dernier opus Always Ascending au public montréalais, mais de nombreux hits de leur incroyable album Franz Ferdinand de 2004 sont à prévoir.

  • The National: Avis à tous, Élise, notre rédac-chef, compte se défenestrer depuis qu’elle a appris la présence de la bande à Matt Berninger à Montréal. Les Américains, toujours aussi suaves et doux, feront fort probablement brailler des tonnes de post-emos reconvertis en hipsters inassumés le dimanche 5 août.

  • Arctic Monkeys: Grosse prise pour l’organisation d’Osheaga! Les anglais, qui headline cet été plusieurs grands festivals américains, devrait faire courir les foules pour leur passage en terres montréalaises, même cinq ans après la sortie de leur dernier album AM, qui reste encore aujourd’hui un must.

  • James Blake: Dernier, mais non le moindre: le producer anglais James Blake. Celui qui passe parfois inaperçu en offrant ses productions léchées aux plus grands noms de la pop et du rap, viendra présenter des extraits de son impressionnante discographie lors de la soirée d’ouverture du festival, le 3 août prochain. Le son de festival lui rendra-t-il toutefois justice? Seul l’avenir nous le dira.

Les bands à ne pas manquer:

  • Alex Cameron: L’Australien, en plus d’avoir sorti l’excellent album Forced Witness l’an dernier, nous aura aussi offert un des clips les plus fuckalls de 2017 avec la chanson Big Enough de Kirin J Callinan. Ça s’annonce déjà comme un excellent set sous le chaud soleil de l’après-midi.

  • GoldLink: Un rappeur américain qui commence à se faire connaître, entre autres pour ses collaborations répétées avec Kaytranada. Son hip-hop fortement teinté de R&B devrait enchanter les foules et on peut peut-être s’attendre à des invités surprises lors de son show.

  • Julien Baker: Jeune chanteuse folk américaine, elle a fait tout un buzz avec la sortie de son magnifique album Turn Out The Lights l’automne dernier. Probablement un des sets les plus émouvants de cette fin de semaine, mais on a déjà bien hâte quand même.

  • Modeselektor: Présence assez surprenante pour le duo de Djs berlinois sur cette programmation, alors qu’ils n’ont pas la réputation de courir les festivals à outrance. Surtout connus pour leurs ambiances technos et leur rôle dans la formation Moderat, ils ont aussi travaillé avec d’aussi gros noms que Radiohead ou Mr Oizo dans le passé. Ça risque d’être assez dansant comme set.

  • Carpenter Brut: Finalement, les amateurs de musique qui brasse ne seront pas en reste avec la présence du Français Franck Hueso et son groupe synthwave au festival. Pour ceux qui n’auraient jamais vécu l’expérience de les voir en live, c’est vraiment quelque chose d’incontournable, que vous soyez des fans d’électro dystopique ou pas.

Le volet québécois est aussi maintenu cette année avec quelques beaux noms sur la programmation. En rafale: Milk & Bone, Matt Holubowski, Essaie Pas, A-Track, Loud, John Jacob Magistery, Paupière, The Brooks, Ponctuation et quelques autres.

Donc voilà, on a fait patte blanche. La balle est maintenant dans votre camp, Osheaga! On vous rappelle en terminant que Osheaga 2018, c’est du 3 au 5 août prochain. Manquez pas ça!

Le buffet : Les Louanges à cycle régulier

Chaque lundi mardi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Pensez à l’image mentale que vous aviez la semaine dernière en pensant à Les Louanges, après qu’il ait raflé la deuxième place aux Francouvertes. Slacker rock, jangle pop, une touche de Mac DeMarco dans la présence. Pour annoncer sa signature chez Bonsound, l’artiste troque la chanson rock pour un trip groovy qui lui donne une place plus assurée au Festival de Jazz qu’aux Francos. Impressionnante vrille. Alain Goldberg se pâmerait à décrire une si belle manœuvre.

On va se délecter du clip Ton corps au mien de Mara Tremblay, mais on aimerait quand même en savoir plus sur la tendance des vidéoclips à se passer dans le désert.

Huit ans après sa dernière aventure musicale, on attendait presque plus le retour de Camaromance. Audrey est ici pour confondre les sceptiques et rassurer les éternels contemplatifs qui ont compté les 252 460 800 secondes qui ont séparé les deux itérations.

Il semble qu’Aliocha soit dans une lignée de collaborations avec les chouchous anglophones des francophones. Après Charlotte Cardin, ce sont Matt Holubowski et Jason Bajada qui se joignent à lui sur la pièce Over My Shoulder.

Est-ce que Cherry Chérie a oublié d’enlever ses costumes de The Golden Tribe dans l’extrait dans l’espace du clip de Hurler à la lune? J’en dormirai pas de la nuit si je ne connais pas la réponse à la question. Comme le personnage principal du clip qui, malgré que la scène se passe dans un lit, passe la plupart du temps à ne pas dormir.

Admettons que vous ne suivez pas l’actualité musicale ailleurs qu’ici. D’abord, merci, c’est fin. Ensuite, est-ce que le premier réflexe que vous aviez, c’était de vous dire: «Cette semaine, on serait dû pour avoir un album borderline prog qui met en vedette François Lafontaine et Joe Grass»? C’est la proposition que personne n’attendait, mais dont tout le monde rêvait inconsciemment.

En deuxième position dans la série des choses qu’on ne s’attendait pas à recevoir cette semaine: un album d’ambiant en collaboration entre Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) et Christophe Lamarche-Ledoux (Organ MoodChocolat).

Le Charme a lancé une bouteille à la mer avec son album Fitzcarraldo en octobre 2016. Quelqu’un a répondu à l’appel près d’un an et demi après et les a aidé à produire un clip pour la chanson éponyme de la galette. Bonne seconde vie au rock oblique de la Vieille Capitale.

On connait la voix, mais l’énergie est toute nouvelle. Simon Laganière a délaissé son alter ego de Mario Goyette (des Frères du même nom) pour donner un single plus honnête, plus audacieux et plus personnel à la fois.

GAMIQ 2017 : ma grand-mère se prononce

Les gagnants du Gala alternatif de la musique indépendante du Québec seront connus dimanche et, comme d’habitude, nous avions très envie de faire des pronostics! C’est donc avec plaisir que ma grand-mère Claudette a accepté de se prêter à l’exercice d’analyse des nommés au titre d’artiste de l’année et de chanson de l’année.

Claudette/Photo: Élise Jetté

Chanson de l’année

Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

Élise: Donc là je vais te faire entendre les nominations pour chanson de l’année. Je vais te les montrer en vidéo pour que tu puisses voir c’est qui qui chante. Je pense pas que tu les connais. Le premier groupe s’appelle Alaclair Ensemble. Ce sont eux qui ouvraient l’ADISQ. Tu les as vus?

Claudette: Moi j’ai vraiment aimé Patrice Michaud à l’ADISQ…

Élise: La chanson s’appelle Ça que c’tait

Claudette: Comment?

Élise: Ça que c’tait. Comme ça que c’était.

*La chanson commence*

Claudette: Coudonc sont combien?

Élise: 6

Claudette: Tu pensais que c’était ça que c’était, mais c’était pas ça que c’était? HAHAHAHAHAHAHA! Mais c’est donc ben drôle, ça!

Verdict

Ça se répète pas mal. Ils perdent des points pour ça. Mais je trouve ça très drôle. Mais je me rappelle pas les avoir vus à l’ADISQ. Ils me font beaucoup rire, mais ils n’ont pas de voix. J’ai pas aimé ça qu’ils mettent une bouche sur une bedaine. Mais Claude Bégin a des beaux yeux et une barbe à la mode.

Beyries – Wondering


Claudette: Ha ben, elle fait le piano elle-même!

Élise: Oui. Et il y a Judith Little qui l’accompagne à côté.

Claudette: Les deux sont bonnes.

Verdict

Elle a une belle voix, elle. C’est reposant. Elle s’accompagne au piano donc elle gagne des points. J’adore ça. J’voterais pas mal pour elle. On sent par sa voix qu’elle a vécu des choses. Même si j’ai pas tout compris le texte, on dirait que je comprends quand même juste à cause de son ton. C’est magnifique, chaleureux.

Corridor – Coup d’épée


Claudette: C’est spécial comme nom de groupe. Sont ben drôles eux autres. Sont tu quatre? J’ai de la misère à suivre vu qu’ils sont tous en jaune.

Élise: Oui, ils sont quatre.

Verdict

C’est rythmé. Si t’as le goût de plus bouger, j’irais avec ça. Corridor, ça s’appelle? Très bizarre! C’est un bon groupe. Je pense qu’ils vont aller loin.

Lydia Képinski – Apprendre à mentir

Claudette: Apprendre à mentir c’est… Ça peut être correct de mentir des fois, mais là!

*La chanson commence*

Claudette: Ha c’est beau ça. «Je me ferais pas confiance si j’étais toi»! Hahah! Elle est drôle elle aussi!

Verdict

Elle a un bon orchestre, je trouve. C’est-tu à elle l’orchestre? Je ne l’ai jamais vue à la télé. Comment ça se fait? Elle est très bonne. Elle donne des bons conseils, mentir, ça peut être utile des fois. Elle a une belle voix.

Matt Holubowski – Exhale/Inhale

Claudette: Ha mais je l’ai vu à La Voix, lui! Je me rappelle de lui. Je l’aime beaucoup. Il va gagner c’est sûr. Il fait déjà des gros spectacles dans des théâtres. C’est pas juste pour les autres. Il peut pas se présenter dans ce concours-là, lui!

Élise: Oui, il peut! Il répond aux critères.

Claudette: Mais là il chante jamais en français lui?

Élise: Il a deux tounes en français sur son album.

Verdict

Il a raison, c’est ben important inspirer et expirer. Il est vraiment professionnel comparé aux autres. C’est beau, mais j’aimerais mieux qu’il chante en français.

VERDICT FINAL

Je choisis Beyries. Même si elle chante en anglais. Tout le monde va dire que j’ai choisi ça parce que je suis une grand-mère et que j’ai besoin de musique relaxante, mais c’est elle qui est la plus «vraie».

 

Artiste de l’année

Alaclair Ensemble

Élise: Tu les as déjà entendus tantôt eux autres. Ceux de la bedaine. Je te mets un autre petit bout de Sauce pois.

Claudette: Sauce pois! Mais pauvre eux! Ils pensent toujours que c’est ça que c’était pis c’est pas ça! Ils doivent être déçus, ces petits gars-là!

Verdict

Je les trouve encore drôles, mais ils sont trop bizarres pour moi.

Antoine Corriveau

Élise: On va écouter la chanson Rendez-vous et un petit bout de Les hydravions de trop.

Claudette: C’est pas gai ça! La fille est pleine de sang. Il dit que son corps au complet va s’arrêter!

Verdict

C’est lent et profond. Personne peut chanter aussi grave que ça, je pense. Faudrait que tu lui demandes comme il fait. C’est bizarre que ça commence avec une fille tout amochée. Il a l’air d’avoir de la peine. Tu lui demanderas s’il est correct.

Dear Criminals

Élise: On va entendre la chanson Lover’s Suicide. Elle date de 2015, mais elle vraiment belle. Je te mets un petit bout de Starless aussi.

Claudette: Je les connais-tu?

Élise: Le gars, Charles il vient de ton coin, c’est un Estrien.

Claudette: Ha oui? Je l’ai jamais vu.

Verdict

Ha ben c’est ben plus beau quand ils chantent les deux ensemble, le gars et la fille. Séparés j’aime pas ça. C’est de l’électro, ça? C’est agréable! Je trouve encore que le nom de groupe est étrange. Mais pourquoi ils parlent de suicide? Peut-être qu’ils pourraient parler d’autre chose.

Émile Bilodeau

Claudette: Ha lui, je l’aime assez! Il me fait rire! On voit que c’est un bon petit gars. Tu l’as déjà interrogé? Chanceuse! On écoute-tu J’en ai plein mon cass?

Émile: Si tu veux! Pis après je te mets un petit bout d’une toune qui n’est pas sur son CD. Une vidéo qu’il a fait avant pour Feu à volonté.

Verdict

Émile, c’est l’fun, c’est jeune, c’est vivant. Quand il chante, on a le goût d’arrêter et d’écouter. C’était assez beau quand il a chanté avec Patrice Michaud à l’ADISQ. Quand il dit «j’en ai plein mon cass de l’hiver», j’aime assez ça! Et la façon qu’il parle… Il est réfléchi, c’est pas un niaiseux!

Louis-Philippe Gingras

Claudette: Je le connais pas, lui. Je suis accrochée sur Émile.

Élise: On va écouter Le boat et un petit bout de Tigre Géant.

Claudette: Wow! C’est donc ben beau.

Élise: Regarde le clip jusqu’à la fin, c’est drôle!

Claudette: Y’a trouvé une sirène. C’est rare ça! Haha!

Verdict

«J’ai décidé que le bonheur c’tait toé», c’est très joli ça. C’est plus mature qu’Émile. Je suis vraiment en amour avec sa voix. Il est drôle en plus!

VERDICT FINAL

J’aime bien Émile, mais Louis-Philippe Gingras est plus intelligent dans ses propos. Le boat, ça me touche beaucoup. Il a une belle plume. On vote pour lui!

 

Le GAMIQ aura lieu ce dimanche 26 novembre au Café Campus.

Les billets sont ici et les nommés ici.

Ma grand-mère n’est pas disponible. Mariée à mon grand-père depuis 54 ans.

Elle voudrait que Lydia Képinski passe plus souvent à la télé et qu’Antoine Corriveau fasse un album complet de chansons sur le bonheur. Elle adore sa voix.

 

Le buffet : Fred Fortin dans un paquebot géant

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Paquebot 580

Tôt ce matin, Fred Fortin a dévoilé sa reprise de Tu m’aimes-tu de Richard Desjardins. Pour nous, la réponse est évidente. Un album de reprises de l’illustre auteur-compositeur (mettant en vedette plein d’autres artistes) arrive à la du mois.

On a envie de se mettre meilleur chum avec Abrdeen, et le vidéoclip pour Secret Handshake nous montre un peu comment le faire. Un manuel d’instruction apprécié. Une réalisation d’Antoine Bordeleau.

https://www.youtube.com/watch?v=-aYVFIQo8tk&feature=youtu.be

Lary Kidd pense-t-il être l’Élu? Blue Pills, Red Pills et ses analogies à la série de films The Matrix le laissent sous-entendre…

La comédienne Karine Vanasse prête son image à KROY pour le vidéoclip tout en textures et en textiles pour la pièce Learn.

Voyage au bout de la nuit avec Leif Vollebekk dans son nouveau vidéoclip pour la pièce All Night Sedans de son album Twin Solitude. On veut hop’ dans l’whip avec lui.

Prenez de profondes respirations avec Matt Holubowski pour le clip de Exhale/Inhale.

En avant-goût de son album Chromatique, Clément Jacques propose son premier extrait, Entonnoir.

Amylie lance un vidéoclip pour Grand-Maman, touchant hommage à sa famille (à vos, à nos familles aussi).

Le supergroup zouz a laissé son EP en écoute exclusive sur le Soundcloud de CISM 89,3 FM. Offre d’une durée limitée via ce lien d’écoute.

Ariane Moffat sortira le 21 avril l’album live de son spectacle intimiste à la Chapelle. On a un aperçu de tout ça avec cette vidéo réalisée par Mathieu Dupuis.

Matt Holubowski : De l’ombre à la lumière

Pour cette première soirée de Montréal en Lumière, le Club Soda accueillait Matt Holubowski dans une salle littéralement pleine. Pour avoir assisté à beaucoup de concerts à guichet fermé là-bas, il semblerait qu’il soit toujours possible de faire rentrer un peu plus de monde dans la salle! Peut-être qu’un jour on va découvrir qu’il y a un double-fond quelque part ou un tout autre élément magique…

Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady
Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady

Pour cette ouverture de festival, la mise en scène nous frappe d’abord par sa sobriété. On aurait pu s’attendre à un accent porté sur l’éclairage, mais à l’inverse la mise en scène est très intimiste pour ne pas dire inexistante, à un point tel qu’il est difficile de discerner qui est sur scène.

Avec aussi peu de lumière et autant de personnes dans la salle, le défi photographique qui s’offre à moi est de taille! Mais avant tout, la musique est à l’honneur ce soir et, sur ce point, nul doute que le public est gâté.

Thus Owls/Photo: Maxime Plantady
Thus Owls/Photo: Maxime Plantady

Peu après 20 h, le groupe suédo-montréalais imprononçable Thus Owls (à prononcer «Scott Towel» selon Simon Angell, moitié du duo) brise la glace et nous entraîne dans son univers à travers la voix angélique d’Erika.

La salle reste envoûtée par le timbre de sa voix, et même si j’aimerais faire preuve d’originalité et éviter la comparaison tant la ressemblance a déjà dû être mentionnée à maintes reprises, difficile de ne pas y entendre la parenté avec Kate Bush.

La prestation est tellement solide que l’on se demande si l’on assiste bien à une première partie. Matt Holubowski fait une apparition le temps d’une chanson et les voix opposées des deux artistes se fondent dans un bel équilibre, accompagné du jeu de guitare impeccable de Simon.

Après seulement quelques chansons, le duo termine sur une reprise magistrale de Wicked Game de Chris Isaak. On en voudrait encore, mais on se console en se disant que les occasions ne manqueront pas de les revoir à Montréal.

Matt Holubowski

Vers 21 h, Matt entre en scène dans une atmosphère feutrée, accompagné de sa violoniste. Il nous démontre dans cette introduction son habileté à la guitare dans un déluge harmonique, le temps d’échauffer sa voix pour le reste du show. La foule reste silencieuse et très respectueuse sans pour autant cacher son réel enthousiasme.

Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady
Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady

Il alterne ensuite successivement entre des apparitions seul sur scène et des passages plus dynamiques accompagné de tous ses musiciens qui, cachés dans l’ombre, font un travail remarquable pour le mettre en valeur.

Après un bref aparté sur les problèmes d’immigration actuels, il nous rappelle ses origines polonaises, et interprète A Home That Won’t Explode. Pour l’occasion il dégaine son ukulélé, histoire d’ajouter une touche de légèreté aux paroles et de ne pas trop plomber l’ambiance.

Il enchaînera ensuite une quinzaine de chansons issues de ses albums Solitudes et Ogen, old man, dans un concert généreux et avec une belle complicité avec son public. Il nous explique se sentir enfin jeune dans sa tête après avoir commencé sa carrière en suivant les stéréotypes de vieux chanteur folk. Le résultat est ironiquement plus mature que dans le passé et les prestations de ce soir sont beaucoup plus riches et puissantes que les versions enregistrées.

Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady
Matt Holubowski/Photo: Maxime Plantady

Avant d’entamer sa dernière chanson, l’éclairagiste semble nous avoir réservé une surprise: un beat lourd résonne doucement avec l’apparition d’effets stroboscopiques qui se font de plus en plus intenses. Matt entre ensuite en scène, un prisme lumineux à la main, et interprète une version aérienne et profonde de The Year I Was Undone. La révélation de cette soirée: un passage à travers l’obscurité, avec des ampoules suspendues, d’abord symboliquement éteintes et finalement allumées. 

Chansons jouées

The Warden & The Hangman

Exhale/Inhale

The King

The Folly of Pretending

A Home That Won’t Explode

La Mer/Mon Père

Old Man

Face to Face

Opprobrium

Dawn, She Woke Me

L’imposteur

The Year I Was Undone

Rappel

Wild Drums

Sweet Surreal (maybe)

Solitudes

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Photo: Maxime Plantady

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Photo: Maxime Plantady