Beauté et introspection à Outremont : Tambour x Maison Brume

Sur un lendemain de Nuit Blanche mouvementée pour plusieurs, les organisateurs de Montréal en Lumière ont eu l’excellente idée de programmer les biens calmes Tambour et Maison Brume au Petit Outremont en début de soirée. Un show bien coquet.

16487118_1168247719960205_5456709403195385175_o

Je me présente au Petit Outremont à 17 h pour me rendre compte que dans le fond, le Petit Outremont, c’est juste le hall d’entrée du Théâtre Outremont, mais avec des chaises… Ça me fait un peu rire, mais je m’installe quand même pas loin du stage, me considérant encore chanceux d’en avoir une, une chaise, en regardant les gens assis sur des petits coussins dans les escaliers. Je suis aussi assez fier parce que je constate que le programme du spectacle commence par une belle citation tirée d’un de mes articles sur le spectacle.

Le show commence avec un trio de cordes et des samples de musiques concrètes, alors que Simon Piché-Castonguay vient allumer une chandelle qui éclaire son piano à queue, procédé un peu kitsch, mais qui accompagne bien l’ambiance. En effet, l’éclairage restera travaillé et très réussi tout au long des deux performances, un des points forts de la soirée.

Simon s’installe ensuite pour ouvrir son set avec ses Esquisses oubliées en trois mouvements et le motton nous pogne déjà. Parce que veut, veut pas, un ensemble néo-classique bien conçu comme ça, ben ça donne de la musique vraiment belle pis des émotions. Je m’assume. Sinon, le show reste dans les mêmes eaux, avec l’ajout d’une clarinettiste vers la fin du set. Important à souligner également: le clash assez intéressant entre les interventions de Simon et sa musique.

Très blagueur, il s’amuse humblement avec le public ce qui contraste bien avec sa musique très introspective. Au moins, ça vient créer une certaine détente nécessaire. Un beau moment dont je sors vraiment satisfait et un peu ébloui. Merci au leader du groupe qui me harcèle depuis 3-4 mois pour que j’aille le voir en show.

Petite pause, le temps de changer entièrement le stage, pis par entièrement, j’entends l’ajout d’un drum, le retrait du piano et une modification totale de l’habillage et de l’éclairage scénique. Un quinze minutes efficace, mettons. Florian Seraul et sa bande, incluant Simon qui signe les arrangements de cordes du groupe, se présentent ensuite sur scène. Le set commence avec la présentation des quatre pièces froides et hivernales du EP Carnet d’hiver, première partie d’une série intitulée Les saisons d’être. Florian nous annonce d’ailleurs la sortie de ses tounes d’été dans les prochains mois. Et je dois ici vous faire une confidence: j’ai pas tripé sur les enregistrements des pièces, écoutées il y a quelques semaines.

J’étais un fan de la première heure de Maison Brume, à l’époque où le projet n’avait presque pas d’arrangements et je comprenais plus ou moins la nécessité d’en ajouter. Finalement, le show réussit à me convaincre: le projet est réellement conçu pour du live où la musique devient très efficace et habite mieux la scène. On assiste par la suite à la présentation d’extraits de La vie sabbatique, d’une nouvelle pièce à paraître et d’une conclusion en douceur avec Paris sous la pluie.

Visiblement, le groupe ambitionnait aussi sur un rappel par la suite, mais le public arrête d’applaudir assez rapidement et le reste est un peu flou. Finalement, l’équipe de la salle rallume les lumières après une bonne minute de silence dans le noir et les gens quittent. Faut dire que l’idée de rappel peut sembler étrange avec ce format de show et le groupe aurait tout simplement pu allonger un peu sa performance et éviter le malaise…

Au final, j’ai assisté à deux belles performances, oui, mais surtout à une soirée bien conçue. Sur le plan musical, il y a une belle adéquation entre les deux projets, mais on sentait également un effort concret mis dans les éclairages. Simon me confiait récemment que les deux leaders des formations sont amis. Et ça paraît! Rien qu’avec l’énergie tout en douceur qui se dégage sur scène, on le sent!

Le buffet : Maison Brume et des coeurs d’artichauts

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

17160800_10154309125751198_464561549_n

Tiré de son Carnet d’hiver, paru en janvier, Maison Brume propose un clip pour Les coeurs obliques.

Le rap récent ne cesse de progresser. Le Nouveau Rappeur arrive avec un nouvel EP, Cristobal Huait, ce vendredi. Voici le premier extrait très convaincant JE SUIS LE GÉNIE.

Rêvez éveillés avec le nouveau vidéoclip de Ludovic Alarie pour sa pièce Comme un rêve.

Formation culte menée par l’inégalable Vincent PeakeFloating Widget renaît avec un nouvel EP, lancé dans la foulée de ses spectacles durant la Ligue Rock.

Chaque semaine semble présenter sa nouvelle offrande de KNLO. La dernière de février se déroulait au son de ce nouveau clip avec Lou Phelps pour Ville-Marie.

Homme-orchestre de Saint-Jean-sur-Richelieu, Al Drapeau lance son appel hivernal sous forme de single: Call moé un taxi.

Le web était gracié, lundi, d’une nouveau vidéoclip de Krief, qui s’essaye en français avec son titre Luna.

Le French Troubadour Eric John Kaiser lançait la semaine dernière un nouveau vidéoclip pour son titre Une place au soleil.

Le buffet : Prince Mychkine pis des petites guimauves

Chaque lundi mardi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

24d2ac701f61e6e8532fa8e857f62cc4-copie

Prince Mychkine nous offre un deuxième album complet, Submersible. Électro, envoûtement, jolis mots et plus si affinités.


Le monument Daniel Bélanger présente son nouvel album, Paloma. C’est que du beau.

Quelques semaines après la sortie de son premier album, Cars Passing By, Victoria Lord offre un vidéoclip forestier pour l’extrait Figure It Out.

La Torontoise Alejandra Ribera et sa voix feutrée nous emporteront sur The Islands, un nouvel album à paraître le 27 janvier. En attendant, ce beau teaser.

Das Mörtal présente un thriller puissant pour la pièce Risking My Life en duo avec Karen Asmundson du groupe Ghost Twin. Une réalisation de l’Américain Joseph B. Carlin.

Mélanie Venditti, que l’on connait pour ses collaborations musicales aux projets de Klô Pelgag, Philippe Brach, Caltâr-Bateau et Mathieu Bérubé, fera paraître son premier EP en mars. Voici son premier extrait très convaincant, Pompéi.

Maison Brume, que nous avions pu découvrir lors des Francouvertes 2014, propose un extrait d’un EP à paraître en janvier 2017.

Le nouvel album de Quebec Redneck Bluegrass Project, Royale Réguine, est en écoute sur le site du Voir.

François Roy présente son deuxième album, Chérie, les heures.

Les Francouvertes | Maison Brume se place au 3e rang | Résumé et photos

Le son planant de Maison Brume a été le principal attrait de cette seconde soirée de préliminaires aux Francouvertes. Il n’a toutefois pas su déclasser l’authenticité troublante de Philippe Brach, toujours premier au classement. Gab Paquet et sa prestation caricature de la semaine dernière demeurent également cimentés en deuxième place.

Maison Brume a fait planer une aura mélancolique sur la foule massée au Lion d’Or. Avec finesse, le groupe a captivé le public avec un son qui de démarque visiblement des 5 autres candidats qui ont déjà mis leurs cartes sur la table. Avec une voix très similaire à celle de Raphaël, le chanteur Florian Seraul s’est détaché avec habileté de tout ce qui a été entendu jusqu’à présent cette année aux Francouvertes tout en étant soutenu par les mains de maîtres de ses musiciens au son orchestral et léché.

Temporairement placé au 4e rang, Jérôme Charette-Pépin a livré une prestation musico-humoristique intéressante. C’est la naïveté du jeune auteur-compositeur-interprète de Québec qui a ouvert les festivités. Malgré son inexpérience palpable (quoique 100 % assumée), il a su attendrir la foule avec ses histoires loufoques de « chicks » dans l’autobus ou dans les rayons de sa bibliothèque de cégep. « Je t’aime tellement que je vomirais mon coeur dans ta face » est l’une de ses phrases-clés que nous retiendrons.

Joanie Michaud, originaire de Gatineau, est montée sur scène ensuite avec un rock féminin maîtrisé, mais quelque peu générique. Malgré sa solide expérience scénique qui était tangible, sa musique n’a pas su se démarquer du lot. Elle récolte la 5e place du palmarès actuel, tout juste devant Nini Marcelle qui recule en 6e position.

Rappelons que durant les cinq autres soirées de préliminaires, 15 autres participants tenteront de convaincre les juges (50% de la note) et le public (50% de la note) de leur laisser une place en demi-finale. Les 9 candidats favoris y auront accès.

Le palmarès actuel va comme suis:

1- Philippe Brach

2- Gab Paquet

3- Maison Brume

4- Jérôme Charette-Pépin

5- Joanie Michaud

6- Nini Marcelle

Lundi prochain, voyez la ronde préliminaire de Joëlle Saint-Pierre, Michel Robichaud et Matt Tomlinson à 20h au Lion d’Or.

Pour en savoir un peu plus sur Jérôme Charette-Pépin, Joanie Michaud et Maison Brume, lisez nos entrevues avec eux.

© Photos Élise Jetté

À la découverte des Francouvertes 2014: Jérôme Charette-Pépin – Joanie Michaud – Maison Brume

La deuxième ronde des préliminaires de la 18e édition des Francouvertes aura lieu ce soir. Durant sept semaines, trois candidats participent au concours-vitrine chaque lundi. Les vainqueurs des préliminaires remporteront une place en demi-finale où ils tenteront d’atteindre la grande finale, le 12 mai prochain. Près de 120 000 $ en bourses et en prix seront remis aux participants. Feu à volonté vous présente chaque lundi vos trois candidats du jour. Cette semaine, Jérôme Charette-Pépin, Joanie Michaud et Maison Brume tenteront de gagner vos oreilles et celles des juges.

Jérôme Charrette-Pépin

Photo: courtoisie Francouvertes

« Je fais de la chanson simple qui touche au folk et au rock. C’est de la chanson avec des textes qui se veulent le plus simples possible et qui visent à promouvoir une communication facile. Je veux bien communiquer et utiliser des messages simples. »

Les Francouvertes ça représente quoi pour toi?

Ça représente la première fois où je mets mes pieds de musicien à Montréal. C’est la première chose big que je fais, mais ça ne me stresse pas, je ne suis pas quelqu’un de stressé. Je suis plus stressé que mes musiciens se trompent que pour l’événement en tant que tel. On n’a pas beaucoup pratiqué… (rire)

Qu’est-ce qui te différencie des autres candidats?

Je pense que je suis l’humain le plus normal au monde. Je me différencie dans la mesure où je vais chercher le côté différent de tout le monde et je rassemble tout ça dans une personne, je suis donc très ordinaire au bout du compte.

Pourquoi à ton avis, mériterais-tu ta place en finale?

Parce que je n’aime pas la liqueur brune et puisque la finale est au Club Soda ça me permettrait de consommer autre chose .

Qu’est-ce qui est le plus difficile selon toi dans le cheminement vers le succès musical?

De convaincre les gens de mettre 5 $ sur la table pour acheter un CD qu’on a mis des centaines d’heures à faire. À mon niveau, c’est de dire à son camarade de classe : ouais je fais de la musique ceci est mon CD; je sais que ton contrat de cellulaire te coûte 150 $ par mois et tu ne veux pas mettre 5 $ sur ma musique. Mais je ne suis un frustré.

Un artiste que tu aimerais nous faire connaître et pourquoi?

Mara Tremblay. Son disque Tu m’intimides est passé beaucoup trop inaperçu pour sa qualité. C’est un des meilleurs albums créés au Québec dans les dernières années et il n’a pas eu l’effervescence qu’il méritait.

L’artiste auquel tu t’identifies le plus?

Angus Stone

Le premier disque que tu as acheté?

Le premier disque de Cute Is What We Aim For.

Si tu pouvais être un instrument de musique ce serait lequel et pourquoi?

Le luth. J’ai entendu cet instrument et je j’ai vu le mot 50 fois, mais je ne l’ai jamais vu. Je suis curieux!

 

Joanie Michaud

Photo: courtoisie

« J’écris des chansons que je présente à l’état brut. C’est naïf; de l’indie pop envoyée selon l’impulsion du moment. »

Les Francouvertes ça représente quoi pour toi?

C’est très cool pour moi. Je viens de Gatineau. Je suis à Montréal depuis peu et les Francouvertes, c’est une énorme visibilité. Je le prends comme une super belle vitrine pour mettre mon nom sur les lèvres montréalaises. C’est sur que ce n’est pas le concept le plus zen pour faire mon premier show à Montréal. Je vais être dans le moment présent et profiter de l’instant. Je veux être une belle découverte pour les gens. Je n’ai rien à perdre. J’ai hâte.

Qu’est-ce qui te différencie des autres candidats?

La légèreté de ce que je fais. Les gens, après 3-4 minutes, ont compris ce que je voulais dire ils n’ont pas à comprendre des métaphores. J’écris au je et c’est un je que les gens peuvent s’approprier.

Pourquoi à ton avis, mériterais-tu ta place en finale?

Je vois vraiment plus ça comme une vitrine. J’aime mieux me concentrer à assurer mon quart de finale. Il y a tellement de diversité dans ce concours-là. Je ne sais pas comment ils font pour juger. Je vais donner tout ce que j’ai et si j’ai une place, tant mieux.

Qu’est-ce qui est le plus difficile selon toi dans le cheminement vers le succès musical?

L’instabilité du succès et l’instabilité financière. C’est beaucoup de travail et d’acharnement faire de la musique et il faut mettre beaucoup d’années de travail avant d’être payé. J’ai autofinancé mon EP. On vit dans des montagnes russes. On a un beau buzz et en un instant on ne parle plus de nous et on remonte la pente. On doit porter tous les chapeaux, se représenter soi-même, organiser ses évènements et écrire ses communiqués de presse. On est tous un peu fous, mais on est passionnés. En Outaouais je suis connue des médias et des gens, mais ici, à Montréal, je sors de ma zone de confort. C’est ici que ça se passe, je l’espère.

 Un artiste que tu aimerais nous faire découvrir et pourquoi?

Rosie Valland. C’est une amie rencontrée à l’École nationale de la chanson. Elle mérite de se faire découvrir. Elle propose des textes très imagés. Elle dévoilera son premier EP en avril.

L’artiste auquel tu t’identifies le plus?

Ariane Moffatt. C’est grâce à elle que j’ai commencé à composer et que j’ai voulu le faire en français. En étant près de la frontière ontarienne, j’avais de nombreuses influences anglophones.

Le premier disque que tu as acheté?

Robyn. La toune Show Me Love…  wow!

Si tu pouvais être un instrument de musique ce serait lequel et pourquoi?

Le ukulélé. Je peux paraître petite et inoffensive, je mesure 5 pieds. Cet instrument est vulnérable, mais rend les chansons émotives. Il est fragile et joli.

 

Florian de Maison Brume

Photo: Sadie Sea

« On fait de l’indie folk francophone, plutôt flottant, un truc suspendu. Les textes sont assez poétiques, oniriques. Dans le EP, on parle des sensations, de la nature et de l’environnement et de comment ça influe sur nous. Il y un petit côté nostalgique. »

 

Les Francouvertes ça représente quoi pour toi?

C’est un honneur d’être aux Francouvertes, c’est une super chance de pouvoir avoir une scène qui est vraiment suivie. Il y a beaucoup d’attention qui nous est accordée. J’ai l’objectif de faire un album et ça peut faire avancer les choses.

Qu’est-ce qui te différencie des autres candidats?

J’essaie de voir tous les autres, pour connaître à qui je me mesure. J’ai adoré Philippe Brach, qui est resté très simple. Il se distingue par ses morceaux et pas parce qui est autour. J’adore. Notre son se distingue par ses origines diverses. On est un groupe franco-québécois. On ne se rattache d’aucune manière à la scène québécoise; on a des racines différentes. L’ambiance sonore flottante et la poésie nous distinguent également.

Pourquoi à ton avis, mériteriez-vous votre place en finale?

C’est au public de répondre, mais je dirais, parce qu’on est sincères, on essaie de faire ce qui nous plaît. Je joue sur la simplicité. Je pense que c’est ce que les gens veulent aujourd’hui, ils ne veulent pas d’appart

Qu’est-ce qui est le plus difficile selon toi dans le cheminement vers le succès musical?

De façon globale la fluctuation du marché de la musique. D’un côté, on a une explosion de l’offre musicale: c’est facile d’avoir un studio chez soi et de diffuser sur internet. D’un autre côté, il y a le fait que l’accès à la musique gratuitement fait qu’il est difficile de vivre de sa musique. On n’a plus le support physique sur lequel s’appuyer. La taille du marché québécois est aussi un problème. La portion francophone dans l’Amérique du Nord est minuscule.

Un artiste que tu aimerais nous faire découvrir et pourquoi?

J’en reviens toujours à lui. Il est connu en France, mais pas beaucoup ici. C’est Bertrand Belin. Il a vraiment une façon d’écrire le français que je trouve intelligente. C’est minimaliste. Il fait un peu du post-Gainsbourg. Il amène ce que Gainsbourg a fait plus loin. Sinon, il y a quelques artistes d’ici que j’aimerais faire connaître en France. Klô Pelgag et Forêt par exemple.

L’artiste auquel tu t’identifies le plus?

Andrew Bird.

Le premier disque que tu as acheté?

Highly Evolved de The Vines.

Si tu pouvais être un instrument de musique ce serait lequel et pourquoi?

Le piano parce que j’ai un très bon ami qui disait: le piano est le roi des animaux, il peut tout faire. On peut utiliser ses deux mains et exprimer plus de choses. C’est un instrument de base, mais il est polyphonique.