Les 10 affaires qui vont se passer au FME selon notre expérience

J’éprouve toujours un certain réconfort à revivre des évènements sensiblement pareils d’une année à l’autre et c’est un sentiment qui s’est définitivement accentué avec la pandémie qui nous a privés de nos habitudes. Si à Noël on sait qu’un oncle en particulier aura trop bu à 18h et va devenir raciste, que grand-mère va immanquablement oublier un de ses pâtés au congélateur, qu’une certaine cousine portera trop de parfum et un cousin pas vraiment de déo, on sait également que ces incontournables rendent le temps des Fêtes si spécial: on a des attentes. De la même manière, c’est notre 8e FME cette année et ça fait en sorte qu’on sait déjà qu’on va vivre certaines affaires. Et s’il n’y a qu’une chose qui fait vraiment du bien après 17 mois de pandémie, c’est de revoir tout ce qu’on a déjà vu.

Voici 10 affaires qui vont se passer au FME

1 – Tu vas rencontrer quelqu’un qui a eu une malchance automobile en montant à Rouyn. En 2018, c’était Lydia Képinski en panne dans le parc de La Vérendrye, l’an dernier c’était Feu à volonté qui fait exploser un pneu dans un nid de poule une heure après le départ.

2 – Quelqu’un va croiser Richard Desjardins dans un contexte qui ressemble à une fable.

3 – Il n’est pas impossible que tu finisses ta soirée aux danseuses avec un auteur-compositeur-interprète de la relève.

4 – Des gens vont s’alimenter à même des 4 litres de vin et tout le monde va trouver que ça a bien du bon sens.

5 – À un moment donné, quelqu’un va chanter quelque chose que tu ne t’attendais pas à le/la voir chanter. Ça se pourrait que ce soit Patrick Watson qui interprète Bohemian Rhapsody en chest.

6 – À un moment ou à un autre, les forces policières seront déployées. C’est possible que ça coïncide avec l’utilisation imprévue et non-conforme d’un extincteur dans une salle de spectacle où devait se produire un rappeur populaire.

7 – Peut-être que des candidats aux élections profiteront des rassemblements de jeunes cool pour faire campagne entre un show rock et une balade autour du Lac Osisko.

8 – Le lac Osisko, tu le verras. Et tout le monde en parlera. Tu sauras que tu manges à la table des cool si quelqu’un raconte s’y être baigné la nuit.

9 – Tu vas manquer un show que tu voulais voir malgré ta détermination à ne pas le manquer. Peut-être que tu vas monter une montagne pendant 45 minutes pour arriver à un show qui est déjà fini.

Fred Fortin:

10 – Il y a un moins un show qui va venir te chercher d’une manière que t’avais pas prévue. Ça peut être Jean-Michel Blais, ça peut être Richard Desjardins. Ça se peut aussi que ce soit pendant Gab Paquet, mais que tu es juste tellement saoul.e que tu finis par comprendre des affaires sur ton enfance entre deux tounes. Et tu vas te dire «Ouf, j’avais pas braillé de même depuis la mort de Léo dans Titanic en 1997.» C’est ça le FME.

Prépare-toi pour toutes ces émotions!

Go!

Entrevues de crise, série balcons: Lydia Képinski

Je marchais sur le trottoir en direction du domicile de Lydia Képinski, cherchant l’adresse distraitement. Tout à coup, je levai la tête. Et la principale intéressée, juchée sur son balcon, me faisait de grands signes primitifs avec un bâton surmonté d’une queue de renard (?). «J’essaie de reconnecter avec mon animalité», me dit Lydia. «Ça paraît», répondis-je.

Le spectacle de Lydia fait partie des derniers que j’ai couverts avant le début du confinement. J’avais envie de voir comment elle vivait ce moment de bon timing.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

Élise: C’est quoi ton état d’esprit en ce moment?

Lydia: Élise, j’ai eu un criss de bon sens du timing parce que j’ai arrêté ma tournée une semaine avant la COVID. Ça, si c’est pas du génie, je sais pas ce que c’est. Sortir mon album deux semaines après Hubert Lenoir, ÇA, ce n’était pas le meilleur timing.

É: Je pense que t’es un peu une sorcière, pis c’est de ta faute. L’univers s’est dit «on peut tout fermer maintenant qu’elle a fait l’enterrement de son album».

L: Je serais contente d’avoir autant d’importance dans le cosmos.

LISEZ NOTRE COMPTE-RENDU DE SON DERNIER SHOW DE TOURNÉE

É: Comment ça a changé ta vie, ce qui se passe?

L: Mon petit studio, y’a juste moi qui y vais et je peux continuer à y aller et faire des maquettes. J’y vais chaque jour. C’est à côté. Ce que j’aime moins, c’est de ne plus faire de sport, ça, je trouve ça un peu plus difficile. J’avais commencé récemment un nouvel art martial: le jujitsu brésilien. Ça participait vraiment à ma qualité mentale. Je suis vraiment triste et de ne plus voir mes amis aussi.

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É: Que manges-tu durant ton confinement?

L: J’ai mangé une tablette de chocolat tout à l’heure.

É: Elle était bonne?

L: Oui! Moi je suis heavy, je suis dans le 90% – 100% cacao. Généralement les gens veulent y goûter et ils me demandent un verre d’eau après.

É: Les gens écrivent sur les réseaux qu’ils lisent plein de livres en ce moment, mais on sait qu’ils niaisent sur Netflix. C’est-tu ton cas?

L: Je suis pas dans la catégorie des gens qui écoutent des films. Je lis un peu, mais ce que je fais surtout, c’est que je me suis fait un gym dans mon salon. J’ai sacré tous les meubles dehors, je suis allée au Canadian Tire, ça m’a coûté 200 $, j’ai acheté plein de petits tapis et j’ai donc un gym modulaire et je fais de la danse contemporaine. Je mets de la musique dance et je fais des moves de même.

[Lydia s’exécute avec des gestes très prononcés.]

L: Bon, mon antiquaire rit de moi.

É: Il est pas fermé?

L: Il aime ça, «scèner»… Donc c’est ça, je me mets à quatre pattes, je fais des roulades, je fais tout ce qui est «singe» et ça me fait reconnecter avec mon côté primatologue, primatophile… en tout cas. Depuis la COVID, ce que je fais en studio est beaucoup plus dance. D’habitude je suis plus dans les trips intellectuels.

É: Laquelle de tes tounes ferait le plus de bien aux gens en ce moment?

L: Ma gérante a regardé mes streams. M’attends-tu a connu une hausse depuis la COVID, c’est statistique.

É: C’est ma préférée.

L: Moi je préfère Eye of The Tiger. Chaque fois que je l’entends, je me dis «YESSSSS».

É: Toi, t’écoutes quoi pour te détendre ?

L: Le nouveau single de Dua Lipa: Physical. J’aime pas la partie gospel wack, j’aime le synth. J’ai écouté aussi I Kissed a Girl and I Liked It. J’avais jamais pris le temps de le faire. Toute la première partie du refrain, la bass est sur la même note tout le long. C’est du génie. Je découvre le merveilleux dans la vie de tous les jours

É: Après le confinement, qui as-tu le plus hâte de serrer dans tes bras?

L: Ma mère.

É: Une de mes plus grandes fans.

L: Oui, elle me parle souvent de toi. Elle t’admire beaucoup. Quand elle a vu «Élise» dans mon calendrier pour aujourd’hui, elle a dit: «ÉLISE JETTÉ?». Mais oui, ça serait ma mère, parce que j’ai pris un break avec Émile (Bilodeau). J’avais besoin d’espace. Je m’imaginais deux semaines avec Émile tous les jours. Dans un contexte où il y a d’autre monde et d’autres activités, ça allait. J’ai constaté l’importance de la distance.

É: C’est quoi le prochain lieu public que tu aimerais visiter ?

L: J’aimerais aller donner du sang.

É: C’est quoi le dernier show que t’as vu avant de ne plus pouvoir en voir?

L: Le show en soutien à Wet’suwet’en, mais j’y participais. C’était bon et la cause était cool, mais c’était trop long. 33 personnes dans le line-up. C’est beau accepter tout le monde, mais personne n’est resté jusqu’à la fin, même pas les artistes.

É: Si tu pouvais faire un spectacle n’importe où, ça serait où?

L: J’étais censée faire la première partie de Philippe Katerine au MTelus durant les Francos. Pas sûre que c’est annulé. C’était mon objectif, en tout cas. Le Belmont, j’aimerais ça, sinon, mais on dit que le kit de son est de la marde.

É: Peux-tu nous donner de l’espoir en quelques mots?

L: Je vais essayer.

Lydia Képinski: le dernier Premier juin

Lydia Képinski avait entrepris de déstabiliser tous les habitués du 5 à 7 déplogue du dimanche au Quai des Brumes. Son show pour boucler la boucle de Premier juin était la chose la moins déploguée que j’ai vue depuis longtemps. Comme en témoignent les photos, on est restés à côté du bar, mais on n’a pas été déçus pour autant.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

«Je suis contente que vous ayez apprécié le morceau, dit Lydia après Brise-glace. Je ne dirai rien d’autre. Je suis vraiment une personne de peu de mots.» C’est ça, oui.

Durant 360 jours, très peu de personnes ne sont pas en complète fusion avec le texte au moment où Lydia s’écrie «j’aurais voulu que le printemps ce soit maintenant.»

On a bien fait de rester en arrière! La toune se termine avec Lydia juchée sur le bar du Quai ce qui nous permet d’admirer son indéniable flexibilité avec une quasi-Luc Senay sur le bois verni, mais surtout, une admirable gestion des luminaires qui pendent du plafond et qui, dans les circonstances, peuvent devenir des armes pour tuer.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

«On l’a fait pour nous, mais merci d’être là, lance l’artiste avant d’interpréter la chanson titre de son album qui ira se reposer.»

Elle parle ensuite de ses musiciens (plus nombreux que d’habitude, je crois, avec notamment Alex Guimond de Comment Debord) qu’il faut rémunérer. «Normalement je leur donne 250 $ chacun et là, à soir, on splite le chapeau.» Elle s’exécute pendant que le public crache le cash. 

«C’est la fête à quelqu’un?, demande-t-elle. Non? Bon ben ça va encore être ma fête. Pour la première ou la 27e fois.» Puis elle chante (et elle crie comme en témoignent toutes nos photos sur lesquelles elle a toujours l’air de crier).

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

C’est l’écrivaine autochtone Natasha Kanapé-Fontaine qui fait la première partie du rappel. Le concept «première partie de rappel», c’est du jamais vu, c’est audacieux et ça pense à l’extérieur de la boîte. J’aime.

Après le texte poignant livré avec fougue, Lydia vient conclure l’affaire avec Pie-IX et en sortant de scène, sa voix résonne encore pendant un temps, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus la voir, ni elle ni ses musiciens. Tous partis dans un nuage de fumée bleue alors que sa voix est encore là tel un battement.

Oui, Lydia nous reviendra.

Il y a bien un Premier juin à chaque année.

Il y a presque deux ans, on était au lancement de Premier juin. Vivez la différence. L’évolution.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

Francouvertes 2019, soir 3: tout le monde aime la Nouvelle-Écosse

«En tant qu’ancienne participante des Francouvertes, je peux vous dire qu’il y a dépression au moment de lire les lambeaux de commentaires», lance l’animatrice Isabelle Ouimet au moment d’expliquer pour une troisième semaine de suite qu’il ne faut pas écrire de la marde sur les bulletins de vote des Francouvertes.

Puis, pour ouvrir la soirée, le fardeau de «casser» une nouvelle chanson revient à Lydia Képinski, qui, pour l’occasion, s’est plutôt cassé le doigt. «Non, mon chien n’a pas mangé mon devoir, dit Lydia. J’ai fermé la porte de la voiture sur mon doigt», admet-elle en soulignant que la suite ne sera qu’improvisation.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

C’est sur la tablette de sa mère qu’elle fera ensuite jouer une maquette, puis elle chantera par-dessus ladite maquette avant de prendre les questions de la foule pour compléter ses 15 minutes. Avant de s’exécuter, elle tente d’expliquer la toune en précisant que c’est sûr qu’on va pas comprendre. C’est une chanson de 639 mots, comparables à Lose Yourself d’Eminem qui en compte 4063, selon Lydia.

C’est devant une foule au regard hagard qu’elle quittera la scène en ramassant ses bouts de kleenex épongeant son sang.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

En bons journalistes d’enquête, on est allé vérifier que la blessure était vraie. Elle l’est.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

Comment Debord inaugure le troisième soir du concours avec l’hymne des lundis: Je me trouve laide. Puis, c’est suivi d’une toune qui s’appelle Chalet et qui parle de la jalousie de Rémi, le chanteur, devant son ami qui a un chalet. «Merci aux Francouvertes de nous avoir booké avec Alex Burger. On essaye toujours, mais il est trop occupé», nous dit Rémi.

Comment Debord/Photo: Élise Jetté

Les textes ont un petit quelque chose de drôle qu’on attribuerait aux Appendices ou à 3 gars Su’l Sofa. On leur trouve aussi une candeur et une intelligence musicale et stylistique impressionnante. Beaucoup d’ingrédients au succès. Et que dire des solos de guitare électrique. La foule en redemande.

Comment Debord/Photo: Élise Jetté

Le P’tit Belliveau a beau ne pas venir de la place pantoute, il arrive sur scène et tout le monde l’aime déjà. Personne comprend ce qu’il dit, et tout le monde l’aime quand même. Le propos de ses chansons demeure un mystère à l’oreille du non-initié, mais tout le monde est heureux pareil.

Le P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

Chaussé comme un prince, il jase avec le sourire, pour une première fois en sol montréalais.

Le P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

Il nous parle de l’habit de ses comparses, Les Grosses Coques, habillés chez French’ys, un genre de Village des Valeurs néo-écossais. «Savais-tu poinne (pas) que ça va toute bonne (bien)», chante-t-il avec bonne humeur. «Pour nous autres, c’est vous autres qui parlent weird», nous affirme le chanteur.

Le P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

Puis, il mettra Les Acadjonnes dans la tête de tout le monde pour le reste de la soirée. Impossible de pas aimer ce gars-là.

Alex Burger/Photo: Élise Jetté

C’est Alex Burger qui ferme la danse en s’adressant au public ainsi: «vous êtes pas tannés? Moi, après deux bands, je suis toujours tanné». Il exécute ses deux hits bien connus des marginaux: Le rock & roll du bord d’la 20 et À’ment donné.

Alex Burger/Photo: Élise Jetté

Puis il dédie Pays chaud au P’tit Belliveau parce que, comme tous les humains présents, il l’a ben aimé! «C’est une chansons qui parle de vouloir mourir en hiver», dit-il, rejoignant ainsi every single soul dans la place.

David Marchand/Photo: Élise Jetté

Envoyant quelques pointes mesquines aux rappeurs, il continue de rouler son country-rock jusqu’à la fin de la soirée, avec à bord de son bateau, David Marchand, un gars qui, comme Étienne Dupré, n’en est pas à son premier BBQ de Francou.

Palmarès des préliminaires des Francouvertes 2019 après le soir 3:

1- P’tit Belliveau et les Grosses Coques

2- David Campana, Shotto Guapo, Major

3- Comment Debord

4- Anaïs Constantin

5- Alex Burger

6- Foisy

7- Marie-Gold

8- Simon Daniel

9- Miles Barnes

Le party se poursuit la semaine prochaine avec Thierry Larose, Vice e Roi et Olivier Lessard. Lundi 20h au Lion d’Or.

TOP 2018 FRANCO positions 10 à 1

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 10 à 1 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

10 Jérome 50 – La Hiérarchill 

Dans la vie, il ne faut pas trop se prendre au sérieux. Jérôme 50 l’a très bien compris et nous le démontre habilement sur La hiérarchill. La drogue, le chillage, le sexe: voici une ode à une vie sans tracas où l’on se sacre pas mal de tout. Pour ceux qui ne veulent pas vieillir et rester de vieux ados. Un album à écouter pendant un trip de bouffe. (MATHIEU AUBRY)

9 Jesuslesfilles – Daniel 

Daniel, c’est 27 minutes de rock garage pop à souhait. Daniel est ironique, un homme de peu de mots, il joue de la guitare crasseuse, il a une voix nasillarde et il est «comme personne». L’album transporte l’auditeur dans un joyeux bordel bruyant. Le chanteur Martin Blackburn et sa troupe ne font pas que du gros bruit. L’œuvre est en fait très pop, les mélodies restent en tête et s’enchaînent naturellement. On a droit à un disque homogène très bien fignolé. On adore les voix hautes-perchées de Blackburn et de Yuki Berthiaume-Tremblay. S’harmonisant l’une à l’autre, elles sont irrésistiblement irrévérencieuses, voire arrogantes à la sauce punk. Un bon coup de l’année! (MATHIEU CATAFARD)

8 Safia Nolin – Dans le noir

D’une honnêteté bouleversante, la voix de Safia apporte un peu de réconfort à travers la mélancolie des paroles sur Dans le noir, un album magnifique d’un bout à l’autre. Lesbian Break-up Song aura à jamais sa place dans ma playlist de jours de pluie. (CAMILLE AVERY-BENNY)

7 Salomé Leclerc – Les choses extérieures 

Les quatre ans d’attente depuis 27 fois l’aurore auront valu le coup avec son premier projet comme réalisatrice à part entière tout en jouant la quasi-totalité des instruments. À l’occasion, on peut déceler des sons ambiants rappelant même l’oeuvre de Jean-Michel Blais. Reste que la voix demeure son outil principal présentant une justesse, une pureté, une profondeur et une délicatesse en simultané. Et tout cela se ressent parfaitement lorsqu’elle se livre sur scène! Même si elle avait le plein contrôle de son oeuvre, elle a souhaité s’entourer convenablement de génies tels que Félix Dyotte et Antoine Corriveau. Le résultat est frappant et donne de loin son meilleur projet dans un parcours quasi sans faille. Salomé, on a clairement besoin de ton équilibre! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

6 Obia le Chef – Soufflette 

Véritable vétéran de la scène locale, Obia le Chef a administré une sévère soufflette au rapgame cette année grâce à la sortie de ce premier album paru sous 7e Ciel. Le genre de claque qui laisse une belle grosse marque. Notamment propulsé par des ingénieuses prods de High Klassified, Kaytranada, DoomX ou Benny Adams, le emcee montréalais d’origine haïtienne a proposé sur ce projet aux sombres sonorités une formule plus accessible, passant du trap contemporain à l’afro-beat, tout en gardant sa plume incisive axée sur les punchlines (on se remet d’ailleurs encore des grosses lines de Corn Flakes et de salade de chou). Un album qui frappe la cible en plein centre! (ALEXANDRE DEMERS)

5 Choses Sauvages – Choses Sauvages 

Rock pour amateurs de jazz. Poésie surréaliste pour amateurs de Doritos. Mathématiques pour amateurs de postpunk. Danse sociale pour amateurs de rouli-roulant. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

4 Hubert Lenoir – Darlène 

Darlène, c’est de la bonne pop originale et bien ficelée qu’il fait bon écouter sans relâche. J’ai Fille de personne II pognée dans la tête depuis février, pis je suis même pas fâchée. (CAMILLE AVERY-BENNY)

3 Alaclair Ensemble – Le sens des paroles 

Tu penses qu’ya rien qui s’donne sur la scène hip-hop locale? Le sens des paroles, c’est la famille Alaclair qui fout l’incendie, qui “ripa” pis qui shoot de partout pour remettre les pendules à l’heure. Les minces ont le pied sul gaz de 0 à 120 so quick jusqu’à s’en échapper d’la sauce à spaghat’ sur son gilet propre. Clairement le projet le plus dope depuis 4,99$ et qui donne un album plus real, mais quand même clean à la fois!! Pas besoin de suck un FLX pour se faire reconnaître par la paroisse rap québ! Un nouveau classique à mettre sous l’arbre à bébains de Noël. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

2 Les Louanges – La nuit est une panthère 

Je chante quelques tounes à tue-tête quand je passe devant le Belmont en auto et qu’il y a une file devant. Cependant je les chante aussi dans toutes les autres situations de ma vie. Un peu de funk, hip-hop, jazz fusion… J’ai pogné un gros kick sur son art. J’ai appris qu’il était vraiment fan de Frank Ocean, peut-être pas autant que moi, mais ça prouve que nos intérêts artistiques se rejoignent. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

1 Lydia Képinski – Premier juin 

Si le 1er juin, c’était la fête de Lydia, on profite de la fête du petit Jésus, dans quelques jours, pour souligner l’année incroyable de l’artiste en la hissant nous-mêmes en haut de l’échelle des bons albums. Quand on écoute les textes, on sait qu’elle est allée à l’université. Quand on écoute les arrangements, on comprend le travail qui a permis de rendre l’appareil beaucoup plus rock que lors de la parution de son EP. Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Lemieux à ses côtés, elle évoque plusieurs éléments culturels majeurs et elle dessine des univers uniques à chaque pièce, ces dernières devenant autonomes et voyageant adéquatement en solo. Je profite de l’occasion pour saluer la mère de Lydia, l’une de mes plus grande fan. Au lancement, elle a dit: «C’est mon anniversaire d’accouchement» et en tant que journaliste de terrain, il n’y avait pas grand-chose de plus délectable à rapporter. Merci et félicitations pour cette naissance qu’on peut comparer à celle du Messie. (ÉLISE JETTÉ)

Voyez les positions 20 à 11

À VENIR SUR FAV: 

  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 20-11 – jeudi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 10 à 1 – vendredi

GAMIQ 2018: les prédictions de l’équipe

C’est ce dimanche qu’on saura qui sont les indépendants alternatifs favoris du Québec. Feu à volonté vous fait ses prédictions.

Élise Jetté

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce qu’elle a quand même produit une monnaie à son effigie cette année en plus de sortir un premier album. Grosse année.

Révélation de l’année

Choses Sauvages parce que même si toutes les femmes savent danser, ma seule danse, cette année, c’est La valse des trottoirs.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, car ma grand-mère voudrait lui faire de la soupe.

François Larivière

Artiste de l’année

Lydia Képinski juste parce que cette fille-là est parfaite pis que ça s’écoute bien dans la douche le matin.

Révélation de l’année

Choses Sauvages, car Tommy Bélisle est très cute pis j’aime le Barbie’s Resto Bar Grill.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, car je l’ai vu en show à l’Esco pis j’aimerais ça qu’il soit genre mon beau-frère.

Mathieu Aubry

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce que c’est frais, imagé, rythmé, parfois triste, impossible de ne pas tomber en amour avec 1er juin. Fini, le 1er juillet, on déménage le 1er juin, jour de sa fête.

Révélation de l’année

Les Louanges, car à l’instar d’un strip-tease, il a publié un single à la fois jusqu’à la nudité directe de La nuit est une panthère.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose parce que c’est une chanson d’amour de paquetés exposant la sensualité de partager le vice à deux, entre autres dans l’bed.

Camille Avery-Benny

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce que j’étais déjà séduite avant que 2018 commence, mais un album encensé, neuf vidéos, et un Cinéma L’Amour plus tard, je pense que le Lucien est plus que mérité.

Révélation de l’année

Zach Zoya, car c’était déjà un exploit de sortir de Rouyn-Noranda, mais il a prouvé toute l’année qu’à 19 ans, il a l’étoffe d’un grand.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose parce que c’est une des seules chansons d’amour que je pourrais écouter en boucle à perpétuité.

Laurence Godcharles

Artiste de l’année

Fouki parce que c’est la nouvelle affaire.

Révélation de l’année

Helena Deland parce que c’est trop bon et qu’en plus c’est worldwide.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, parce qu’elle est dans plein de playlists Spotify.

Alexandre Demers

Artiste de l’année

Lydia Képinski,  car en plus de drop un des albums marquants de l’année, elle sort un vidéoclip ben space de toutes ses chansons. Et ça, c’est pas rien. Sa formule indie pop aux occasionnelles touches électros frappe droit au cœur et se démarque par son originalité, son audace et son approche décomplexée. Surtout lorsqu’elle se met à chanter l’air des Mystérieuses Cités d’or. Une belle brise de fraîcheur. Lydia se mérite une belle étoile dans son cahier Canada.

Révélation de l’année

Les Louanges parce que, tout droit sorti des Francouvertes, le bon Vincent se recentre avec pertinence et force sur sa proposition R&B/électro/hip-hop à thématique féline sur son tout premier album studio. La panthère va rugir de la savane de la relève et mettre la patte sur le trophée pas clair fait avec de la bière.

Chanson de l’année

Vintage à l’os de Seba et Horg, car malgré les bons choix, il n’y a rien qui rentre aussi creux dans le fond de la tête que du vintage à l’os. Ça renoue aussi assez bien avec les vieilles traditions du genre. C’est tout.

Julien St-Georges Tremblay

Artiste de l’année

Fouki parce que les gentils gagnent tout le temps.

Révélation de l’année 

Les Louanges, car Vincent Roberge a réussi à rendre funky le trajet du bus L2 de Lévis, c’est un exploit qui mérite définitivement un prix.

Chanson de l’année 

Chez Françoise de Dave Chose. Si elle gagne, j’en fais la chanson officielle de mon bar clandestin.

Le GAMIQ aura lieu ce dimanche 25 novembre au Café Campus.

Les billets sont ici et les nommés ici.

Vous pouvez connaître les prédictions de la grand-mère d’Élise ici.

On s’y voit!

GAMIQ 2018: les choix de ma grand-mère

L’an dernier, j’ai visité ma grand-mère et j’ai eu envie de lui parler du GAMIQ qui arrivait à grands pas. Elle a pogné d’quoi avec Beyries et Louis-Philippe Gingras. Elle attend toujours une dédicace de la part de Louis-Philippe, d’ailleurs. J’ai décidé de répéter l’exercice avec les artistes de cette année. Claudette strikes again. Voici son opinion sur les nommés 2018.

Claudette/Photo: Élise Jetté

– Grand-maman, tu te rappelles de ce qu’on avait fait ensemble pour le GAMIQ l’an dernier?

– Oui, oui, je me rappelle, on avait écouté Émile Bilodeau. Il a l’air tellement gentil, lui. Je vais les connaître ceux de cette année?

– On va voir.

ARTISTE DE L’ANNÉE

FOUKI

– Ça se pourrait que tu l’aies entendu, mais peut-être que non. Le premier c’est Fouki

– Ok. Il vient d’où?

– Montréal Est. La chanson que je te fais écouter s’appelle Gayé, ça veut dire avoir fumé du pot.

– Oh! Comme à la SQDC?

– Exactement…

– J’aime pas ça.

JESUSLESFILLES

Jesuslesfilles. C’est drôle ça. Je sais pas si c’est un groupe catholique.

– Je pense que non.

– La musique est belle. C’est qui lui, Daniel? C’est le chanteur?

– Non, c’est une entité quelconque. Pas vraiment un humain. Ils sont spéciaux, les gens de Jesuslesfilles.

– J’aime ça. Là je comprends les paroles et ils ont les cheveux longs comme dans mon temps.

KEITH KOUNA

– Il est Québécois? Il a l’air d’avoir un nom des États-Unis.

– C’est un Québ.

– Tu connais, Plastique Bertrand? Il est un peu comme lui.

– Un petit genre, oui.

– Mais quand il chante plus doucement, ça me fait penser à Noir Silence.

– Eh ben!

LYDIA KÉPINSKI

– Enfin, une fille!

– Je vais te faire écouter Les balançoires.

– Yes, sa vidéo, est un karaoké!

– Ma passion du karaoké était quelque chose d’héréditaire. Révélation!

– Ha ben oui! Elle, elle est très bonne, Lydia. Elle est jeune?

– La mi-vingtaine!

– Je trouve qu’elle a des belles paroles comparée aux autres. Elle a une belle exubérance.

MILK AND BONE

– Un duo de filles, pour finir.

– Comment ça je les ai jamais vues à la télé?

– Je pense qu’elles sont déjà allées à En direct de l’univers.

– Ha ok! Elles sont deux soeurs, ces filles-là?

– Non.

– Elles sont très jolies. Tu les as vues en spectacle quand t’es allée en Abitibi (FME)?

– Oui, je vais te montrer comme c’était cool sur scène (14min.38).

– J’aime moins ça parce que je comprends moins l’anglais.

LE VERDICT

– Celui qui gagne, c’est Keith Kouna, Je crois qu’il a une belle voix, il sait vraiment bien jouer de la guitare. Lydia, est mon deuxième choix.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

CHOSES SAUVAGES

– C’est un peu inquiétant comme nom de groupe.

– Inquiète-toi pas, grand-maman. On va écouter La valse des trottoirs.

– Ils sont originaux. Mais là, c’est pas une valse cette chanson-là.

– Non. Est-ce que tu les trouves cutes?

– Peut-être pour toi, mais ils ont pas l’air ben sages. J’aime ça, mais je ne pense pas que ça va être mes préférés.

DAVE CHOSE

– J’imagine que c’est pas son vrai nom?

– Bien vu, grand-maman.

– Il a l’air triste. Faudrait le réconforter. Comme Antoine Corriveau l’an dernier. Je pourrais lui faire ma soupe aux légumes. Ça marche avec toi pour le réconfort.

– C’est vrai, ça.

HELENA DELAND

– C’est la seule fille de la catégorie?

– Oui.

– Je trouve ça très beau et mélancolique. J’aimerais avoir son album.

– Je vais te le donner à Noël.

LES LOUANGES

– Lui non plus, c’est pas son vrai nom?

– Il s’appelle Vincent. La chanson, c’est Tercel.

– Comme l’auto?

– Oui.

(Mon grand-père, Yvan, fait irruption dans la pièce.)

Yvan: – C’est un bon char, ça.

Claudette: – On écrit un article, dérange-nous pas.

– On va écouter aussi Encéphaline.

– Mais là, lui je l’aime beaucoup. Pourquoi je le vois pas à la télé comme Émile Bilodeau?

– Ça s’en vient. Il faut être patient.

ZACH ZOYA

– Son nom, ça ressemble à de la sauce soya. Je pense qu’il dit des gros mots, mais je ne comprends pas tout.

– T’aimes pas ça?

– Non.

LE VERDICT

Helena Deland, c’est ma préférée. Mais Les Louanges, il est bon aussi. Il pourrait venir souper.

Le GAMIQ aura lieu ce dimanche 25 novembre au Café Campus.

Les billets sont ici et les nommés ici.

Ma grand-mère ne sera pas là. Mais elle invite tous les gagnants à Noël. Elle fait un solide coq au porc.

Claudette voudrait avoir plus de succès avec ses prédictions cette année. Elle est ben déçue d’avoir rien gagné l’an dernier. Yvan, lui, pense que Les Louanges devrait gagner toutes les catégories parce que la Tercel 96, c’est un maudit bon choix de véhicule.

ADISQ 2018: selon une source fiable, il est impossible d’avaler un Félix au complet

Dimanche soir à l’ADISQ, Hubert Lenoir a été couronné roi et la seule reine qu’on pourrait couronner est Klô Pelgag, comme aucune autre femme n’a gagné de statuette. Cela dit, on aime le duo royal que ça donne. On a regardé le gala dans la salle de presse de la Place des Arts. Voici notre retour sur cette soirée d’Halloween de gala.

Par Élise Jetté et Marielle Normandin Pageau

Sur le tapis rouge, on a plusieurs questions à poser aux artistes qui défilent en tenues de soirée.

Lydia Képinski est la première qu’on arrête.

Lydia Képinski/Photo: Élise Jetté

C’est quoi l’item de ta tenue que t’as le plus hâte d’enlever?

– Mes chaînes lol.

Qu’est-ce que t’as mangé aujourd’hui?

– Je suis allée au IGA du Complexe Desjardins et j’ai acheté de la mâche, un type de laitue! Avec du cresson, de la guacamole et du saumon fumé. J’ai tout mélangé ça.

Si t’étais pas à l’ADISQ, ce soir, tu serais où?

– Chez nous, en train de me dire «Pourquoi tout le monde boude mon album?»

Est-ce que ta tenue coûte plus ou moins cher que ton loyer?

– Vraiment moins! C’était tout un deal et mes bracelets m’ont coûté 5 $ chacun.

Avec qui tu voudrais le plus chiller durant l’after-party?

– J’aimerais ça avoir un triangle amoureux avec les 2Frères.

Les artistes finissent tous par se faire bumper du red carpet pour préserver la sécurité du premier ministre Justin Trudeau qui va défiler et, après tout, c’est lui la vraie vedette de la soirée (???).

Émile Bilodeau avec son agent Louis-Pierre/Photo: Élise Jetté

On décide donc de faire un off-tapis avec Émile Bilodeau:

C’est quoi l’item de ta tenue que t’as le plus hâte d’enlever?

– J’ai fait beaucoup de blagues sur le fait que j’étais commando donc pour être conséquent avec ça, je pourrais enlever mes bobettes.

Qu’est-ce que t’as mangé aujourd’hui?

– J’ai mangé des pâtes, mais ils ont mis plus de budget dans le cachet de Louis-José Houde que dans le craft. C’était moyen.

(Laurent Paquin pogne les fesses d’Émile au passage dans notre off-tapis.)

Si t’étais pas à l’ADISQ, ce soir, tu serais où?

– J’ai vu Safia, sur Instagram qui était en train de downloader Red Dead redemption. J’irais vraiment jouer avec elle.

Est-ce que ta tenue coûte plus ou moins cher que ton loyer?

– C’est Frank & Oak qui m’a fourni ça. C’est gratuit!

Avec qui tu voudrais le plus chiller durant l’after-party?

Yann Perreau serait dur à suivre sur les shooters.

On finit par attraper Tire le Coyote avant de se faire déloger par le premier ministre:

Tu as gagné ton premier Félix cette semaine (Album folk de l’année). Il est où en ce moment?

– Là, il est sur l’ilot central dans la cuisine parce que les seules tablettes à la maison sont pas assez solides pour le tenir. Mes enfants se le passent donc ça fait la job pour le moment.

C’est quoi l’item de ta tenue que t’as le plus hâte d’enlever?

– Tout! Mais je dirais le haut surtout.

Qu’est-ce que t’as mangé aujourd’hui?

– On a mangé une pizza au Parvis et un déjeuner au Complexe Desjardins, au Tutti Frutti, c’était très glamour.

Finalement, tous les artistes sont officiellement évincés du tapis pour laisser passer Justin.

Rien à signaler d’autre sur la carpette rouge à part cette fille qui était venue pour se marier. L’histoire ne dit pas si elle a réussi.

La mariée/Photo: Élise Jetté

On se rend donc dans la salle de presse et on révise nos cours de secourisme au cas où on aurait à performer un accouchement:

Une femme enceinte/Photo: Élise Jetté

Le gala commence avec quatre favoris des radios de salles d’attente: Guylaine Tanguay, Maxime Landry, Mario Pelchat et Martine St-Clair. Ils enchaînent à eux seuls des extraits des 39 chansons de l’année des 39 dernières années. Le concept des enchaînements, c’est Trois petits chats avec quelques failles. Le mot qui finit l’extrait nous amène sur le mot qui commence l’extrait. Nous, on aurait préféré Trois petits chats.

Louis-José Houde nous parle de sa nervosité: «Je suis TRÈS TRÈS TRÈS nerveux… Ben non! C’est ma 13e année, j’ai fumé un bat avec 2Frères avant de rentrer. Sont drôles finalement!»

Louis-José Houde/Photo: Élise Jetté

Il explique également que c’est un peu niaiseux de se tromper de côté quand tu sors de scène: «Ça fait 40 ans que c’est côté jardin, potager, les légumes, osti. Regardez ce que font les autres et faites pareil.»

Il juge la propreté des Félix en suggérant que personne n’embrasse sa statuette: «Embrasser un Félix, c’est comme embrasser une poignée de porte au Rockfest le dimanche soir.»

Puis, comme LJ nous parle souvent de sa soeur qui vit à l’étranger et qui lui demande qui sont les artistes d’ici, il nous explique ce qu’il a dû répondre concernant Hubert Lenoir: «Prends Iggy Pop, Joe Bocan et Francis Reddy et brasse très fort.»

Les artistes en nomination dans la catégorie Révélation de l’année y vont chacun d’une perfo. Certains sont convaincants et d’autres non.

Puis, Louis-José remercie Justin Trudeau, dans la salle, pour la légalisation du pot, soulignant que ceci pourrait avoir une influence sur les discours durant la soirée.

Et le prix le moins bien nommé de la soirée est le premier: Adulte contemporain. C’est Pierre Lapointe qui se voit décerner le trophée des grandes personnes pour La science du coeur. Nous, on lui fait remarquer que son album avec les Beaux Sans-Coeur est quant à lui très peu adulte contemporain. Il a l’air d’accord.

Pierre Lapointe/Photo: Élise Jetté

Après la pause, Pierre Lapointe et Galaxie nous proposent un mash-up spectaculaire de leurs oeuvres respectives. Dans nos têtes, musicalement, c’est l’histoire d’un gars en peine d’amour qui décide d’aller à la SQDC et il part sur tout un trip qu’il n’avait pas prévu et finalement termine son buzz sur une bonne petite sieste.

Sans surprise, le trophée de Révélation de l’année est décerné à Hubert Lenoir. «Je suis venu te dire que tu as gagné», nous dira Émile Bilodeau, récipiendaire du même prix un an avant. Et Hubert s’adresse à ceux qui ont toujours quelque chose à dire: «Les gens qui trouvent que je suis différent. On est tous différents. Au nom de la jeunesse, je veux vous dire que vous êtes wacks en esti.»

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

«Mon pays, ce n’est pas un pays c’est une pétrolière», dit Yann Perreau à Justin Trudeau avant de décerner le prix d’Album pop de l’année à Hubert.

En parlant des jeunes cools dont il fait partie, Hubert dit: «Y’est trop tard. On est là, on s’en vient vous chercher.»

2Frères/Photo: Élise Jetté

2Frères gagne le trophée de Groupe ou duo de l’année, ce qui permet à Mario Pelchat, pendant un instant, de respirer son gaz égal.

L’Album rap de l’année est celui de Loud qui, comme lors de sa remise de prix de mercredi dernier est en train de vivre le plus beau jour de sa vie comme en témoigne cette photo.

Loud/Photo: Élise Jetté

À noter, aussi, que les gens du rap ont toujours froid. En effet, la gang de Loud monte sur scène avec des manteaux d’hiver. Des garçons frileux!

Isabelle Boulay et Tire le coyote font un maudit beau duo.

Puis, Yvon Deschamps monte sur scène et raconte la fois où Félix Leclerc a vu le trophée pour la première fois: «Je savais pas que j’avais des totons!»

Le Spectacle de l’année interprète est Demain matin Montréal m’attend. La troupe obtient aussi le prix pour la meilleure photo de groupe. Ils sont aussi bien cordés que sur la photo de classe de maternelle de madame Françoise.

La classe/Photo: Élise Jetté

Le Spectacle de l’année auteur-compositeur-interprète est celui de Philippe Brach. Lorsqu’il nomme les gens de son équipe, il fait juste des bruits bizarres. «On dirait que je travaille juste avec des onomatopées», dit-il. en effet.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

L’hommage à Harmonium fait brailler tout le monde et on nous fait une mosaïque vidéo de type 2002 qui commence avec Céline, mais qui se poursuit avec le peuple sur la toune Un musicien parmi tant d’autres.

Le truc de la longévité selon Serge Fiori: «Faites des tounes de 15 minutes avec des paroles que personne comprend.»

Hubert revient choquer les matantes et Mario Pelchat en avalant la moitié d’un Félix, celui de Chanson de l’année. #deepthroat «J’ai juste de l’amour à vous donner», dira le gagnant à qui il manquera une main:

Hubert/Photo: Élise Jetté

L’Auteur-compositeur de l’année est Philippe Brach. Un peu plus tard, en salle de presse, on s’imagine qu’il va se battre avec Serge Fiori, mais finalement, ils se disent des mots d’amour.

Serge et Brach/Photo: Élise Jetté

L’Interprète féminine de l’année est Klô Pelgag, qui ira de poésie sur scène: «Soyez fous. La musique, c’est pas un concours, ça devrait toujours suffire.»

Comme Klô Pelgag est la seule femme qui a gagné un trophée au gala, dimanche, c’est à elle qu’on a décidé de jaser en salle de presse.

Klô Pelgag et Patrice Michaud/Photo: Élise Jetté

Au moment où on attend pour lui parler, elle est en train d’expliquer à un autre journaliste que son habillement n’est pas un statement:

«Les femmes ont le droit de porter des pantalons depuis 1920! Tout le monde est déguisé ce soir, sauf Philippe Brach, je l’ai déjà vu avec ce chandail-là. Peu importe ce que je mets, les gens vont avoir une opinion. Y’a des femmes qui ont du poil dans le visage, aussi, vous savez! Je voulais avoir du fun. J’ai essayé plein de belles choses, mais rien me faisait rire. J’ai choisi la tenue qui me faisait rire.»

On demande à Klô si c’était un trophée qu’elle voulait avoir, celui d’Interprète féminine de l’année. Si c’était sur sa checklist de vie: «Faut pas toujours s’attendre à être récompensés pour nos efforts. On mérite pas plus un trophée que les infirmières qui font un travail de merde et qui finissent par faire un burn-out d’avoir tout donné. La musique, c’est une grande gestion du cerveau. Il faut se parler à soi-même pour ne pas le faire dans ce but-là, dans le but de gagner quelque chose. Il ne faut pas courir après les trophées. Je voudrais qu’on en donne aux profs qui travaillent dans des écoles pourries. C’est eux les héros.»

L’Interprète masculin de l’année est Patrice Michaud qui s’adresse à ses enfants: «Ils sont toujours contents quand je ramène une nouvelle madame toute nue à la maison.» Il nous dira, en salle de presse que son t-shirt a été mépris pour un chandail de Serge Fiori. C’est Jésus, finalement.

À la fin de la soirée, tout le monde laisse traîner son trophée partout.

Trophée qui traîne/Photo: Élise Jetté

Trophée qui traîne/Photo: Élise Jetté

Comme à chaque année, on trouve une façon de s’inviter à l’after-party. Voici les meilleures phrases entendues là-bas, mais elles demeureront toutes anonymes.

– Quelqu’un a un t-shirt propre pour Émile Bilodeau?

– Je suis pompette, mais écris pas ça dans ton article.

– Y’a pas de bar à bonbons cette année, je suis ben déçu.

– Ils ont mis le DJ dans les airs cette année pour pas qu’on fasse de demandes spéciales.

Claude Bégin cherche Hubert Lenoir, l’as-tu vu?

– Mon bout préféré du gala, c’était Notre-Dame-de-Paris.

– J’ai vu Kaïn près des pad thaï.

– Il y a aucun moyen de recycler les bols en plastique du bar à poutine. Pas écolo ben ben.

– Pouvez-vous mettre du Beyonce au lieu des Cowboys fringants?

Lydia avait mentionné qu’elle voulait passer l’after-party dans un triangle amoureux avec 2Frères. Finalement, elle a passé du temps avec nous et sa gérante Noémie habillée en latex dans le photobooth. C’est un beau prix de consolation.

Photobooth ADISQ

Vous aurez fini par comprendre pourquoi notre article sort 36 h en retard: on s’est couchées à 3 h du matin.

Mais ça valait la peine.

LISEZ  NOTRE COMPTE-RENDU DU PREMIER GALA DE L’ADISQ.