FÉDÉRALES 2019: la playlist d’Elizabeth May

Ça fait des années qu’Elizabeth May s’implique en politique et au sein des mouvements écologistes, communément appelés «les maudit hippies sales». Ça a l’air que la cheffe du Parti vert du Canada aime pas ben ça, la politique, mais elle le fait pour la planète. Pour nous. Merci madame May pour votre persévérance. C’est sûr qu’à force de crier, quelqu’un va finir par vous entendre. Espérons seulement que ce soit avant que la fin du monde arrive pour vrai. Dans cette situation, c’est compréhensible que vous ayez besoin de cette douce playlist qui est la vôtre. C’est bien, il y a des façons très faciles d’apprendre le français, notamment l’application Duolingo, mais écouter du Marie-Mai, ça fait bien l’affaire aussi.

1 8 secondes Les Cowboys Fringants

Il n’y a pas que vous qui sonnez l’alarme depuis longtemps. Il y a les Cowboys Fringants qui rament dans le même sens que vous, Eli. Mais ramez vite, la rivière s’assèche. 

2 Poussière d’ange Ariane Moffatt

«Tu ferais une super maman, mais pas maintenant», qu’elle dit Ariane dans cette toune. Parce que comme vous le savez, Madame May, c’est important pour une femme de décider du moment où elle choisira de devenir mère – ou non. Hein, vous le savez?!?

3 ApocalypsoLouis-Philippe Gingras

Sur des airs tropico-groovy, Louis-Philippe nous rappelle que l’apocalypse est peut-être moins loin qu’on le pense. Cela dit, je pense que vous seriez heureuse, Eli, de la connaître telle que Louis-Philippe l’entend. Imaginez s’il pleuvait des chats et neigeait des seins! HOW FUN!

4 XO Tour LIif3 Lil Uzi Vert

Une piste de Lil Uzi Vert s’imposait parce que, comme son nom l’indique, il joue lui aussi dans la ligue des militants écologistes. Vous l’avez l’affaire!

5 Qui prendra ma placeMarie-Mai

Rien ne sert d’aller plus loin. Les paroles de la chanson parlent d’elles-mêmes.

Les âmes sensibles s’abstiennent
Et les plus courageux reviennent
Dans l’espoir qu’on se souvienne
Prier pour éviter un destin incertain
Si l’instant
Menacé par le temps
Change les vents
Qui prendra ma place en suivant mes pas
Effaçant mes traces et ma voie

6 J’en ai plein mon cassÉmile Bilodeau

Il dit qu’il en a «plein son cass de l’hi-voère», êtes-vous sûr que c’est pas un climatosceptique, lui?

7 La fin du mondePhilippe Brach

C’est pas un peu comme tourner le fer dans la plaie d’écouter ça, Eli?

8 Sk8ter BoiAvril Lavigne

J’ai tenté de trouver une explication à celle-là, mais sans succès.

9 PhotographNickelback

Franchement, après ça, j’ai tout simplement arrêté de chercher.

LA PLAYLIST D’YVES-FRANÇOIS BLANCHET, ICI

LA PLAYLIST DE JUSTIN TRUDEAU, ICI

LA PLAYLIST D’ANDREW SCHEER, ICI

LA PLAYLIST DE MAXIME BERNIER, ICI

LA PLAYLIST DE JAGMEET SINGH, ICI

Le buffet : Philippe B dans un TV Dinner

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Philippe B propose une petite vidéo qui fait partie de La grande nuit vidéo. Ça doit être un patchwork.

Un quatrième extrait pour l’album La pluie entre nous de Catherine Durand est disponible et nous fait nous demander si c’est pas cette dite pluie qui nous a fait passer à côté des trois autres extraits.

C’est l’Halloween la semaine prochaine, ce qui explique sans doute pourquoi Louis-Philippe Gingras veut nous faire croire aux sirènes avec son clip pour Le Boat.

C’est passé vraiment très proche que Jacques Jacobus soit en tête d’affiche du buffet tellement les patates-sourires sont nombreuses dans son clip pour Gone sur (une) trip. Mais ça aurait été trop facile.

Il y a un cruel manque de Jérémy Gabriel dans le clip I Don’t Mind de We Are Wolves. On est quand même à quatre lettres de I Don’t Care

La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais La Nuit est à nous d’après Laurence Nerbonne pis sa gang.

Tant qu’à donner dans ce genre de philosophie: celles et ceux qui vont manquer le retour de Karkwa au MTELUS ce soir peuvent se réjouir de vivre dans le présent et profiter du travail de Julien Sagot dans le clip Désordre et désordre.

On a un clip de Boskorgï à présenter en attendant qu’ils sortent du nouveau matériel (bientôt). Ceci s’appelle Saké Nuage.

Ce n’est pas l’objectif de personne, mais s’il le faut, créons un faux beef: vu qu’ils ont gagné Le combat des bands Octane 7.0, je soupçonne que Les Monsieurs vont rivaliser avec Lydia Képinski à titre de « lauréat d’un concours ». Anyways, voici Cul-d’sac, le premier extrait de leur album à paraître vendredi.

Tant qu’à inventer des beefs: est-ce que L’Indice s’en prend à Louis-Jean Cormier avec son titre Plus fort que Saint-Michel? J’veux dire, il a fait Saint-Michel

On a un peu attendu avant de vous présenter Missive de Aurore. On aurait pas dû. J’veux dire, y’a des petites icônes de bateaux dans les paroles. C’est suffisant pour nous charmer.

7 questions très sérieuses à Dany Placard (pour son album très sérieux)

Dany Placard vous livrait vendredi dernier l’un des meilleurs albums de l’année, Full Face, un ensemble de chansons écorchées qui nous écorchent aussi. Quelque chose de grand et fignolé qui est aussi un sixième album qui l’amène vers d’autres trajectoires. Nos questions. Ses réponses:

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Dany Placard/Photo: Sarah Marcotte-Boislard

1 Ton album emprunte une nouvelle tangente moins folk. Est-ce que c’est lui, le vrai Placard?

En fait j’avais recommencé à écrire pis c’était ben folk! Je m’enlignais encore pour ça! J’avais écrit des tounes pour les flos. J’ai fait beaucoup de réalisation dans l’année qui a précédé mon nouvel album et quand je me suis mis à repenser à ça avec le band je me suis dit que c’était pas là que je voulais aller je me suis déprogrammé au niveau de l’écriture. Je feelais comme ça à ce moment-là.

2 Est-ce que c’est une passe, ou c’est rendu le nouveau son de Placard?

Je pourrais revenir, mais je suis pas encore prêt! J’ai envie d’aller encore plus loin dans le changement de son. J’ai tout changé autour de moi, mais j’ai gardé Guillaume Bourque qui a coréalisé avec moi. Il est toujours là pour me garder les pieds sur terre, ce qui fait en sorte que, même si je me ressemble moins, ça reste écoutable pour les fans.

3 Parmi tes collaborations comme réalisateur, laquelle t’a fait le plus avancer?

Tous les albums m’ont fait évoluer à leur manière. La façon d’écrire, surtout, me vient vraiment de ceux pour qui j’ai travaillé dans les dernières années. Louis-Philippe Gingras, Les Chercheurs d’Or (album qui va sortir bientôt), Francis Faubert… Leurs approches par rapport aux textes me font évoluer.

4 Virer de bord est une chanson assez sombre. De type «fuck, on va-tu s’en sortir?» Ça vient d’où, pour toi, cette toune-là?

C’est l’équivalent de Parc’qui m’fallait sur Démon Vert. On passe tous par un moment où on se dit «Fuck, esti, j’ai pas pris la bonne décision.» C’est une chanson qui parle de moi… quand j’vais pas ben. Pis je sais que je suis pas le seul.

5 On entend des sacres et des gros mots sur ton album. Ça se voulait-tu 13 ans et plus?

En fait non! Je ne m’impose jamais de retenue en ce sens. Sur Santa Maria on avait enlevé des sacres parce que c’était trop. Moi, tant que ça reste poétique, je trouve que ça a sa place. La plupart du temps, c’est nécessaire, ça vient accentuer le sentiment que tu voulais exprimer…

6 T’as une toune qui s’appelle Mon amour était plus fort que ce qu’on voit dans les vues. Essayais-tu de battre Antoine Corriveau dans le domaine des titres très longs?

Non (rire)! Guillaume (Bourque) a sorti ce titre-là. Je l’ai trouvé excellent. Au début, cette toune-là s’appelait Manon (rire).

7 Ton album vient nous chercher dans nos zones les plus sombres. On sait pas si c’est normal, mais c’est le cas. As-tu l’impression qu’il faut être brisé pour créer?

Non, mais cet album-là, c’est six mois de ma vie où j’étais à fleur de peau. Ça dépend de ce que tu veux créer. Si t’as envie de faire brailler le monde, peut-être qu’il faut que tu sois pas ben… Mon prochain (album) fera peut-être danser!

Agrirock : Saint-Hyacinthe, coulée dans le rock

Samedi, on a quitté la grande ville pour se rendre à Saint-Hyacinthe. Bien sûr, c’était pour assister aux derniers spectacles d’Agrirock, mais on a profité de l’occasion pour se découvrir une vocation touristique avec un tour de ville d’au moins 11 minutes. Retour sur une soirée dans une région vaste:

Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Dès notre arrivée en ville, on s’intéresse au plus important: la politique! Sur un fond étoilé de type screen saver Windows 97, Jeannot nous dit qu’il se présente par amour et courage.

Les élections à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Les élections à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Notre marche nous mène à cette église dans une cave. Notre crainte d’y descendre est inversement proportionnelle à l’enthousiasme des filles qui veulent aller rejoindre le clan de l’amour à O.D.

La religion à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
La religion à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Un peu plus loin, un magasin nommé Cousin-Cousine…

Un magasin à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Un magasin à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

…à ne pas confondre avec le magasin voisin:

Un magasin à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Un magasin à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Aussi, tout près, un endroit de choix pour acheter des bijoux (il y a 7 ans).

Une bijouterie à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Une bijouterie à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Un endroit aussi excitant que son slogan (et l’illustration de celui-ci).

Une bijouterie à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Une bijouterie à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Un peu plus loin, une dame avec sa chaise de camping attend un spectacle qui ne viendra pas.

Un spectacle à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Un spectacle à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

Puis on a très envie d’aller jouer à cet endroit qui pourrait éventuellement recycler ses pancartes aux États-Unis pour un dessein différent.

Un jeu Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Un jeu à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

On trouve ensuite un ami fidèle en composant un numéro qui contient le mot poil.

Les poils à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Les poils à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

On y trouve également cette sculpture en rubans qui inspire quiétude et goûts raffinés.

Un ami à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté
Un ami à Saint-Hyacinthe/Photo: Élise Jetté

On se rend ensuite à un véritable spectacle, celui de Louis-Philippe Gingras.

Louis-Philippe Gingras/Photo: Élise Jetté
Louis-Philippe Gingras/Photo: Élise Jetté

On pourrait vous faire croire que tout ça commence en musique, mais en fait, ça commence en poulet.

Du poulet/Photo: Élise Jetté
Du poulet/Photo: Élise Jetté

Et en taboulé.

Taboulé/Photo: Élise Jetté
Taboulé/Photo: Élise Jetté

C’est la première fois de notre sainte vie qu’on peut déguster un shish taouk en se laissant bercer par le folk dans les vapeurs d’ail devant TVA Nouvelles. Y’existe pas grand-chose de mieux que ça dans la vie.

Du poulet/Photo: Élise Jetté
Du poulet/Photo: Élise Jetté

C’est aussi, à notre connaissance, le seul établissement qui sert le hot-taouk. Comme quoi, l’innovation, c’est pas juste réservé aux villes sans agriculture.

Du poulet/Photo: Élise Jetté
Du poulet/Photo: Élise Jetté

C’est «ben buzzé sur le Benylin» que Louis-Philippe Gingras se présente, malade, pour nous interpréter toutes ses tounes les plus smooth. «Un bon petit buzz pour pas cher», suggérera l’artiste à ses fans en parlant de son sirop codéiné.

Bien enclin à s’adresser à tous ses publics, LP fera une toune pour le jeune Cédric en remplaçant la bière par le Pepsi dans Parc à chien. Il fera aussi une toune en rappel pour une fan, Véro, à qui ce n’était l’anniversaire.

Une nouvelle toune, Walk of Shame traitant de post-sexe sur la Plaza Saint-Hubert, rejoindra quant à elle plus d’une personne.

Au Zaricot, on s’entretient avec Joëlle, l’une des amies du festival, qui est drôlement en forme pour une fin de festival. Elle nous dira que  «Risquer sa vie en se faisant éclabousser de caca, ça réveille.» On pourrait pas mieux dire.

Joëlle/Photo: Élise Jetté
Joëlle/Photo: Élise Jetté

Là, comme ça fait mille fois qu’on voit Lydia Képinski en show, on va juste vous dire que le monde parlait trop fort pendant son set. Aussi, on a beaucoup apprécié ce discours de ladite artiste:

«Par applaudissement qui aime l’époque dans laquelle on vit?

À main levée, qui a Netflix ici?

Par applaudissement qui paye des impôts?

Si Netflix était dans la salle, il lèverait pas la main.

Et si Mélanie Joly était dans la salle, je la crisserais dehors.

Jamais l’agriculture aura autant rimé avec le rock.»

En précisant qu’elle est sur Tinder, Lydia dira: «Pour nous, St-Hyacinthe, c’est swipe right!»

Également, un homme en salopette lui amènera des fleurs avec beaucoup de passion. La rumeur veut qu’il ait demandé sa main à sa mère qui était en première rangée.

Les fleurs de Lydia/Photo: Élise Jetté
Les fleurs de Lydia/Photo: Élise Jetté

Un petit tour dans les toilettes nous laisse pantois devant le programme des shows à venir. On sait pas si Jeresulam In My Heart est un band de covers de Jerusalem In My Heart.

Toilettes/Photo: Élise Jetté
Toilettes/Photo: Élise Jetté

On félicite toutefois le Zaricot de mettre des antidérapants sur les cuvettes pour éviter qu’on drop nos cells dans le bol.

Les toilettes/Photo: Élise Jetté
Les toilettes/Photo: Élise Jetté

Gros soleil, le groupe contraire à petit nuage, monte ensuite sur scène. «On va pas devenir douchebags à soir», nous promet-on d’emblée. On aime ça, la franchise. Très diversifié, le groupe s’assure de faire une toune d’amour, puis un classique rock, puis une collaboration entre Gros soleil et Georges Brassens, puis une toune rock garage qui parle d’aimer les filles au naturel.

Les anciens Truands y vont, plus tard avec la toune Poisson mort.  Les spectateurs se sont tellement énervés pendant le show, que c’est pas mal ça que ça sent dans le Zaricot. Tout est conforme.

Gros soleil/Photo: Élise Jetté
Gros soleil/Photo: Élise Jetté

La légende, Keith Kouna, s’amène ensuite avec ses six heures de sommeil en deux jours: sa conjointe a donné naissance à un mini-Kouna. «Je fais désormais partie de ceux qui repeuplent l’humanité», nous rassurera-t-il. Plus de Kouna, moins de Trump!

Keith Kouna/Photo: Élise Jetté
Keith Kouna/Photo: Élise Jetté

Il présentera plusieurs tounes de son album à venir ce vendredi, dont une pièce nommée Vaches, tout à fait au point pour la thématique agriculture.

Il ira aussi faire un tour au plafond du bar:

Keith Kouna/Photo: Élise Jetté
Keith Kouna/Photo: Élise Jetté

C’est Gab Paquet qui conclura le tout dans une ambiance romantico-sexuelle. Pour le dernier show de sa tournée, l’artiste se donne à fond et les gens sur le dance floor aussi.

Gab Paquet/Photo: Etienne Galarneau
Gab Paquet/Photo: Etienne Galarneau

FME 2017 JOURS 1 et 2 : des larmes de toutes les sortes et aucun repas complet

C’est jeudi que s’amorçait la 15e édition de L’INCONTOURNABLE Festival de Musique Émergente (FME) en plein cœur de Rouyn-Noranda. Pendant 4 jours, ce sont plus de 60 bands et artistes de tous horizons qui défileront un peu partout dans le cœur de la ville. À Feu à volonté, c’est avec enthousiasme qu’on est embarqué à bord du p’tit bus blanc un peu raide sur le tronc, nous rappelant qu’on n’a pu l’âge des membres de Zen Bamboo. Direction Nord!

Par Élise Jetté et Alexandre Demers

… Et on pensait qu’on partait, mais finalement, il faut aller cherche du poisson montréalais pour l’amener à Rouyn. Notre chauffeur d’autobus est donc catégorique: si vous voulez reprendre vos bagages dans le porte-bagages devenu porte-poissons, vous pouvez. Le poissonnier n’en croit pas ses yeux.

Le poissonnier/Photo: Élise Jetté
Le poissonnier/Photo: Élise Jetté

La première pause pipi en n’est pas une ordinaire: un concours pour gagner un voyage en Sicile avec Marco Calliari.

Marco/Photo: Élise Jetté
Marco/Photo: Élise Jetté

On profite également du temps sur la toilette afin de s’instruire sur la pollution des eaux:

L'environnement/Photo: Élise Jetté
L’environnement/Photo: Élise Jetté

On ne fait aucun arrêt dans cette butique:

Butique/Photo: Élise Jetté
Butique/Photo: Élise Jetté

Mais on s’arrête plutôt dans ce dépanneur qui a les priorités à la bonne place quand vient le temps de sélectionner les items que les voyageurs souhaiteraient se procurer.

L'abondance/Photo: Élise Jetté
L’abondance/Photo: Élise Jetté

Une chose est sûre: pas question de manquer de chocolat Bueno et de ketchup.

Abondance again/Photo: Élise Jetté
Abondance again/Photo: Élise Jetté

On a très envie de se procurer le nécessaire pour vivre la vraie vie abitibienne: un permis pour se nourrir à même la nature.

Élise à la pêche/Photo: Stéphanie Robillard
Élise à la pêche/Photo: Stéphanie Robillard

Après s’être dégourdi les jarrets à l’arrivée au motel, les shows ne se font pas attendre. Le froid sibérien de l’Abitibi-Témiscamingue, qui assassine le confort et les articulations, est assez omniprésent aussi. Les princiers Gilles et Doris, chauffeurs bénévoles et êtres humains d’exception, nous reconduisent sur le site principal pour que les émotions débutent.

Philippe B

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Philippe B/Photo: Alexandre Demers

En guise de coup d’envoi, pour nous, c’est à 21 h qu’on se dirige à l’Agora des Arts pour le set de Philippe B, venu réchauffer le cœur meurtri des âmes esseulées avec les pièces de son élégant cinquième album La grande nuit vidéo. Bien entassés dans la salle, on se plie les genoux de manière moyennement confortable au sol pour se faire rentrer dedans par la crème musicale qu’est l’œuvre du barbu de la nuit (on tombe dans la poésie pour oublier qu’on va peut-être faire de l’hypothermie.) Avec Guido Del Fabbro et Laurence Lafond-Beaulne, Philippe B enchaîne les performances à la guitare et au piano en faisant de beaux rappels du passé tout en demeurant dans la ligne directrice du plus récent opus. «Je vais pas réécrire toutes mes tounes juste à cause que, cruellement, on dirait que l’été est fini», dira-t-il avant d’entamer la pièce L’été. Il fera aussi Nocturne #632, en précisant que c’est toujours mieux quand il peut la jouer dans un espace qui est ou qui a déjà été une église. Pas capricieux ce gars-là!

A Tribe Called Red

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On ira se coucher relativement tôt, épuisés par la route et bercés par Philippe B, mais on se permettra tout de même un arrêt au show de Tribe Called Red qui nous ravivera une petite heure avant que nous tombions officiellement de fatigue (et mourions de froid).

En se faisant passer pour des employés d’Audiogram, on réussit à atteindre une zone pour personnes importantes. C’est toujours là qu’on se sent bien.

Importantes personnes/Photo: Alexandre Demers
Importantes personnes/Photo: Alexandre Demers

Les grooves sont bons, les costumes à plumes sont nombreux et le gérant du band mange beaucoup de melon d’eau backstage. Quand le show finit, la musique de fond avec laquelle le FME enchaîne est celle de Jean-Michel Blais. Transition des plus spectaculaires.

Louis-Philippe Gingras

Vendredi, notre journée commence avec le 5 à 7 de Louis-Philippe Gingras dans une salle normalement réservée aux Chevaliers de Colomb.

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Louis-Philippe Gingras/Photo: Alexandre Demers

Devant un public visiblement conquis (il est devant les habitants de sa mère patrie, mais c’est le talent qui parle avant tout!), il défile les éclectiques morceaux de son coloré répertoire country-folk-rock-etc. En plus d’offrir un tour d’horizon de son plus récent EP, La rangée des popsicles, il livre avec aplomb la touchante Troisième rangée.

Il offre une touchante dédicace à tous les jobeux de ce monde au moment d’interpréter une version épurée de Cap d’acier. Plusieurs spectateurs vêtus du stock 2011 de chez L’Équipeur accueillent cette dernière à bras ouverts. Mention spéciale aux boys de Gingras, dont Dany Placard, qui se prêtent à l’exercice du chant aigu pour remplacer la partie normalement chantée par La Bronze. C’est romantique à souhait. Le show d’une durée dépassant l’heure annoncée se conclut notamment avec un wall of death version lilliputienne pendant le puissant jam de la pièce Rahan. Louis-Philippe Gingras quitte la scène, fort content d’être heureux. Réussite sur toute la ligne.

Jason Bajada

C’est au Cabaret de la dernière chance que Jason Bajada vient lancer son nouvel album devant une salle comble.

Jason Bajada/Photo: Élise Jetté
Jason Bajada/Photo: Élise Jetté

Étant très occupés à essayer de trouver un repas complet contenant tous les groupes alimentaires, nous manquons le début de l’évènement, mais nous arrivons juste à temps pour pouvoir être émus à quelques reprises, le nouvel album étant environ à 12 sur une échelle de 1 à 10 de la tristesse. L’exécution est au top et Philippe Brault perd toutes ses allures de grand ténébreux au moment où Jason affirme qu’il s’agit de l’être le plus doux au monde.

Zen Bamboo

C’est alors qu’on a passé un après-midi en forêt avec eux à vivre des épreuves de scoutisme (vidéo à venir sur Feu à volonté cette semaine) que Zen Bamboo monte sur scène pour une performance beaucoup plus convaincante que celle donnée à SOIR dans un sous-sol d’église. L’énergie est palpable et le chanteur, Simon Larose est très chorégraphique. Tout le monde est très impressionné par sa présence scénique et sa chevelure, y compris lui-même, sans doute.

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté
Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Charles-Antoine, à la batterie, est concentré (ou fâché) des yeux, alors que ses comparses à la basse et la guitare sont d’une exactitude tout aussi désarmante que la sienne.

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté
Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Lary Kidd

Lary Kidd/Photo: Alexandre Demers

Le Paramount connaît son lot de va-et-vient tandis que la soirée hip-hop commence ensuite. Après un set à la bonne franquette du rappeur rouynorandien Matthew James venu lancé son nouvel EP, c’est le mythique et torsé Lary Kidd qui fait son entrée sur la scène. Accompagné de DJ Manifest et d’OG Bear de Dead Obies en tant que hypeman, le emcee d’Ahuntsic présente quelques morceaux de son premier album solo Contrôle.

Malgré la lourdeur des pièces sombres à saveur trap de son album, le rappeur se plait sur scène et fait lever la foule à grands coups de flow et de rimes. Peu après son verse d’Ondulations, il lance son manteau dans la foule, se présentant désormais en formule camisole. Après les efficaces FTSL et Blue Pill Red Pill, le rappeur est en pleine maîtrise de la salle. La température se stabilise, mais ça n’empêche pas notre hôte de retirer sa camisole et de performer désormais dans son immanquable formule chest. Le set se poursuit bonnement jusqu’à sa disparition. Il n’aura finalement pas perdu le contrôle, excepté celui de ses vêtements.

Eman & Vlooper

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Eman et Vlooper/Photo: Alexandre Demers

Venu lancer son tout nouvel album La Joie, le tandem d’Eman et Vlooper fait une timide entrée sur les planches du Paramount. Débutant son set par la pièce d’ouverture de ce deuxième opus, Love, Eman prend graduellement ses aises et enfile les morceaux sans broncher. Visiblement heureux de l’accueil du glorieux amas d’individus empaqueté dans la salle, celui-ci exécute avec finesse les chansons Nom de famille, La plage et La p’tite équipe (pour ne nommer que celles-ci.) Tandis que la fin approche, il fait monter son comparse KNLO pour livrer la pièce Monet et termine en offrant quelques autres morceaux de XXL, le premier album, et en saluant temporairement la foule, question de se rafraîchir le gosier en attendant son set au sein d’Alaclair Ensemble une quinzaine de minutes plus tard. La table est mise pour tous les minces (et aussi les moins minces… Jasmin Roy ne tolérera aucun bullying ou discrimination textuelle sous quelconque forme.)

Alaclair Ensemble

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Alaclair Ensemble/Photo: Alexandre Demers

La troupe bas-canadienne Alaclair Ensemble nous fait réaliser que c’tait vraiment ça que c’tait dès ses premiers instants sur scène. Armée de Maybe Watson, KNLO, Eman, Ogden, Vlooper et du très suave Claude Bégin (pratiquement tous chargés à bloc), la clique enchaîne un amalgame de ses succès. Tous les cous et les dos sont interpellés. On a d’ailleurs droit à quelques tricks driblés avec des ballons de basketball digne de NBA 2K12, gracieuseté de KNLO et d’un jeune prodige venu show-off ses skills.

On entend aussi de savoureuses reprises: La rue principale des Colocs et une version mâle alpha de Mon ange d’Éric Lapointe livrée par la virilité de Claude. Tout le monde y trouve son compte. Fait chaud ici d’dans. Dans le sauna collectif qu’incarne le Paramount, on quitte pour se rappeler qu’il existe de l’oxygène potable à l’extérieur. Le set d’Alaclair aura été à la hauteur de ce qu’ils savent faire de mieux: électriser une foule venue vivre l’existence humaine comme si demain n’existait pas. Props aux frères cueilleurs.

En fin de soirée, Audiogram nous accueille à l’Audiobar, un camionnette convertie en temple du gin tonique. On aimerait souligner l’ingéniosité de la table:

Audiobar/Photo: Élise Jetté
Audiobar/Photo: Élise Jetté

Diapason 2017 : Voyage aux pays des amateurs de poulet

On a fait comme Mon Doux Saigneur et on a pris le pont D’Avignon pour se rendre à Laval le week-end dernier afin d’apprécier quelques concerts du Festival Diapason. Retour sur la partie des festivités qu’on a vue.

C’est avec une performance boulangère que notre périple commence, alors qu’on se rend au spectacle de Louis-Philippe Gingras, jeudi soir, dans le très chaleureux Bagel Ste-Rose. Mon cellulaire est resté dans l’auto, alors pas de photo, mais Louis-Philippe était tout sourire avec ses boys. Fermez vos yeux, et imaginez trois gars aux barbes uniques (une longue, une mi-longue, une absente) qui font de la musique devant des amateurs de fromage à la crème/saumon fumé.

Parmi les moments forts de la perfo, notons les maints avertissements de Louis-Philippe afin que les enfants en première rangée (pas la troisième) se bouchent les oreilles chaque fois qu’il dit «toton». Bien essayé.

Également, cette citation relevée: «On a toujours rêvé de faire du rock dans une place à bagels.»

En sortant dudit endroit, il pleut pas mal, donc ça signe déjà la fin du premier périple à Laval.

Le lendemain, vendredi, la soirée débute avec Peter Peter qui descend de scène pour être près de son public. Regardez comme il est heureux:

Peter Peter/Photo: Élise Jetté
Peter Peter/Photo: Élise Jetté

Il vit également un moment moins heureux, mais c’est sûrement parce qu’il est très concentré:

Peter Peter moins heureux/Photo: Élise Jetté
Peter Peter moins heureux/Photo: Élise Jetté

Nous n’avons pas d’image de cet instant fâcheux, mais, à un certain moment, emporté par la passion durant Loving Game, Peter enroulera le fil de son micro autour de son cou. Inquiétant.

Pendant le spectacle, on réalise que, à Laval comme ailleurs, les gens apprécient toujours autant filmer les spectacles plutôt que de les regarder. Pas mieux que les autres, les Lavalois.

Un fan/Photo: Élise Jetté
Un fan/Photo: Élise Jetté

Il y a aussi quelques jeunes fans de Star Wars dans la foule. Un public diversifié.

Des Jedis/Photo: Élise Jetté
Des Jedis/Photo: Élise Jetté

Après Peter, c’est Chocolat qui s’empare de la scène principale.

Chocolat/Photo: Élise Jetté
Chocolat/Photo: Élise Jetté

Les gens sont captifs devant les Montréalais qui enchaînent les pièces sans pause. Jimmy Hunt, en plus de ne pas prendre de pause, fera des exercices de souplesse:

Jimmy Hunt, un athlète/Photo: Élise Jetté
Jimmy Hunt, un athlète/Photo: Élise Jetté

C’est pendant ce concert qu’on réalise que la scène a été placé sur une zone de travaux. Fâcheux.

Oups/Photo: Élise Jetté
Oups/Photo: Élise Jetté

On comprend aussi, qui sont les vrais fans de Chocolat: des amateurs de poulet.

Poulet/Photo: Élise Jetté
Depuis 1960/Photo: Élise Jetté

Après l’envoûtement chocolaté, on se déplace pour aller voir Émile Bilodeau qui a mis son public sous hypnose. Tout le monde chante toutes les paroles de toutes les tounes. On se croirait sur les Plaines devant Nick Carter. Durant ce concert, on apprend, entre autres, qu’Émile met du ketchup dans ses céréales et qu’il aime regarder les fesses de son claviériste quand il est dans la douche. On réalise également qu’Émile n’a pas perdu l’habitude de faire des drôles de faces en chantant:

Émile Bilodeau/Photo: Élise Jetté
Émile Bilodeau/Photo: Élise Jetté

Il propose au public plusieurs nouvelles chansons très convaincantes et des succès qui semblent être les tounes préférées de plusieurs fans massés devant lui.

Pour la fin de la soirée, on se dirige vers le centre communautaire où Lesbo Vrouven donne un show épicé. À un moment, on craint pour la vie du batteur:

Lesbo Vrouven/Photo: Élise Jetté
Lesbo Vrouven/Photo: Élise Jetté

Le groupe offrira un vinyle à la personne qui «va le plus danser durant la soirée». Le prix sera remis à un jeune mineur qui me confiera être en retard sur son couvre-feu depuis plusieurs minutes.

Puis un bingo endiablé suivra dans l’attente d’Organ Mood. Personne ne comprend les règlements, même le gars qui gagne… 25 $ chez Boston Pizza.

Organ Mood commence sa prestation par l’utilisation d’un instrument qui vise à placer les battements de coeur de quelqu’un au centre d’un jam. On aura vite l’impression d’avoir fait des drogues dures.

Organ Mood/Photo: Élise Jetté
Organ Mood/Photo: Élise Jetté

«Je me sens dans Trainspotting», entendra-t-on, alors que la moitié du public s’endormira au son du groupe entre les lignes de badminton du plancher de gymnase.

À bientôt, Laval!

Le grand bulletin des Francofolies 2017

Qui dit fin des Francofolies dit aussi fin d’année scolaire! On vous offre donc notre grand bulletin des shows que nous avons vus. Conformément aux recommandations du ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport, nous n’avons pas gonflé les notes.

Dubmatique/Photo: Élise Jetté
Dubmatique/Photo: Élise Jetté

Par Mathieu Aubre, Mathieu Aubry, Catherine Guay, Élise Jetté, François Larivière et Marielle Normandin-P.

Fred Fortin A+

En plus de son A+, Fred Fortin se mérite la palme de l’effort. Agissant sur une scène comme l’intègre rock star qu’il est et faisant une place toujours plus grande à ses musiciens, maîtres des solos, il s’est excusé à son public de ne pas avoir une voix A1. Un peu cassante, sa voix éraillée n’était que plus touchante. Personne lui en a voulu! L’auteur-compositeur y est allé d’un généreux rappel d’au moins cent chansons (à peine exagéré). Les grands classiques du musicien étaient scandés avec fougue par un Club Soda enflammé et plein à craquer. Y’en avait un qui avait la larme à l’oeil devant autant de love. (Élise J.)

Philippe Brach A+

Nous étions live à Radio-Canada. On a vu un portrait de Denis Coderre de style «Kim Jong-Il». Il y avait un taureau mécanique (très très gros). Et pour l’entracte, nous avons eu droit à la prestation de la chanson Ça que C’tait par le groupe Alaclair Ensemble, qui est monté sur scène de manière colorée. L’animation du show «live» était faite par Jo Cormier, humoriste. (Marielle N-P)

Gab Paquet A+

Faire vibrer le plancher de danse du Divan Orange à son lancement, c’est une chose, déjà, mais séduire une foule de passants sur une scène extérieure aux Francofolies, ça en est une autre. Les interventions entre les titres étaient au point, l’énergie généreuse et il y avait des paillettes à gogo. À la fin du show, qu’on trouve que le spectacle était sans failles, mais qu’il y aurait eu de la place pour encore plus de hits, c’est signe d’une réussite. A+ pour le show et A+ pour le booty à Gab dans ses pantalons de cuir. (Etienne G.)

Katerine A+ 

Le meilleur show que j’ai vu aux Francofolies ever! Avec ce show de Katerine, deux options s’offrent aux spectateurs: rire à gorge déployée à des gags aussi songés qu’un massage anal sur scène ou être touchés par l’intéressant deuxième degré que le musicien de génie fait passer sur scène, l’album Le film, qu’il défendait, étant probablement son oeuvre la plus personnelle et deep à ce jour. J’ai versé quelques larmes en y allant pour la seconde option. (Mathieu Aubre)

IAM l’école du micro d’argent A +

Je ne suis pas impartial dans ma note, puisque c’était quand même les 20 ans de L’École Du Micro d’Argent, qui est selon moi le plus grand album de rap français de tous les temps. La foule se rendait jusqu’à Ste-Catherine, donc on peut dire que les gens sont venus voir un phénomène d’une grande rareté! J’aurais échangé quelques morceaux plus récents pour plus de classiques de L’école, mais on a eu le plaisir d’entendre, entre autres, Samurai et Les Bad Boys de Marseille. Moment fort: quitter cette foule beaucoup trop dense avec cette chaleur et humidité écrasante pour aller au Peace Park décompresser un peu. (François L.)

Klô Pelgag et l’Orchestre du Temple thoracique + Mon Doux Saigneur A

Plus de trente personnes étaient sur scène pour accompagner Klô Pelgag dans son périple thoracique. Ça devait être énervant parce que la voix de la chanteuse cassait un peu dans les fins de phrases au début du show (c’est là qu’elle perd son + à côté du A). Contrairement à la plupart des concerts de la sorte où les arrangements amples prennent toute la place, ici, on était dans une approche qui soutient la chanson sans jamais la masquer. L’humour de Klô faisait du bien à entendre entre les chansons: «Ça faisait longtemps que je voulais jouer Pigeon d’argile (Kevin Parent)», dira-t-elle entre autres. «Je vois que c’est plein. Il y a juste quelques docteurs qui ne sont pas venus.» Ça nous aura fait rire aussi! Puis, le moment où elle a divagué au sujet du fait qu’elle aime bien écouter de l’humour, comme Mario Jean, alors que nous, on est plus du type «musique»: beau flash. Mention spéciale à Mon Doux Saigneur, en première partie, qui a fait un travail de confiance en soi assez exemplaire en étant seul avec sa guitare sur la grosse scène du Théâtre Maisonneuve. Son album à paraître à l’automne nous intrigue déjà. (Élise J.)

Fishbach A 

Je ne m’attendais à pas grand-chose du show solo de Fishbach sur la scène Sirius XM, mais j’ai été agréablement surpris. Parlant peu, Flora Fishbach laisse plutôt place à la musique, qu’elle joue sur une incroyable guitare, accompagnée de deux claviéristes et d’une bassiste. Le résultat est plus rock que pop, à mon plus grand bonheur. (Mathieu Aubre) 

Le Couleur A

Potentiellement le groupe que j’ai vu le plus souvent en show, mais ils réussissent tout de même encore à m’étonner. Le quatuor a présenté un show excessivement dansant comme à son habitude devant un Astral comble qui ne se faisait pas prier pour bouncer allègrement sur les rythmes de Steeven et Patrick. Un beau show qui prouve que le groupe a sa place sur la longue liste du Polaris 2017! (Mathieu Aubre)

Omnikrom (+ after Sharp à l’os) A

Quel gros retour sur scène! Pour ce vendredi soir, je n’avais qu’une idée en tête: laisser aller mes fesses, bouger, bouger et danser la poutine. Le groupe nous a même gâtés avec quelques succès de Pitché dans l’WOW!! Les gars sont still relevant et méritent bien plus une scène que certains artistes actuels. Moments forts: TOUT! Sans parler de l’after bien arrosé Sharp à l’os au Shag Savoy du Métropolis! (François L.)

Philémon Cimon A

«Beaucoup de mes tounes sont des nouvelles tounes. C’est une affaire de premières fois, donc soyez gentils, a averti Philémon. En même temps, je trouve que c’est pas si pire à date pour un blind date». L’artiste nous a fait une toune qui s’appelle Philé-douche (orthographe aléatoire) et une autre où il dit à répétition «comme un esti d’cave». Juste pour voir le visage ahuri des touristes français d’un certain âge, ça valait la peine d’assister à ça. Mention spéciale aux costumes de pirates des quatre acolytes présents sur scène. (Élise J.)

Chocolat A

Il y a quelque chose de froid à performer sur une grande scène extérieure et ça paraît un peu plus lorsqu’on a un groupe comme Chocolat qui s’adresse peu au public. Après, c’est la seule chose qu’on peut souligner, avec un faux départ retourné en blague par Jimmy Hunt, comme fausse note. Deux personnes dans la foule m’ont confirmé que Ah Ouin est la meilleure toune de l’histoire du rock québécois et je ne serais pas surpris que Rencontrer Looloo soit l’album francophone qui se rende le plus loin au Polaris (voir le retour sur Les Indiens). (Etienne G.)

Louis-Philippe Gingras A

Le lancement du EP La rangée des popsicles avait tout de rafraîchissant. L’ajout d’une section de cordes pour le spectacle était apprécié et les fous arrangements ont permis à une couple de personnes d’aller danser à l’avant de la scène de la Zone Coors Light. Très fort! (Etienne G.)

Avec un EP d’environ 13 minutes, Jeune Chilly Chill et Maître Jouissance ont réussi à nous épater avec des nouvelles tracks exclusives. En plus d’un throwback avec la chanson Larmes de métal du célèbre groupe Soupir, le recrutement de Figure 8 nous a aussi charmé. La majorité de la note va aux chorégraphies bien exécutées ainsi qu’aux costumes de style Men in Black. (Catherine G.)

zouz A-

Honnêtement, le seul gros défaut de ce show, c’est qu’il n’était pas assez long, les gars n’ayant joué qu’une vingtaine de minutes. Tout le reste y était, pourtant, et même si je trashais tout seul dans le public, il n’en reste pas moins que c’est une foule assez respectable qui aura assisté à la prestation. (Mathieu Aubre)

Dubmatique A-

Il n’y avait rien de plus à faire que les classiques de La force de comprendre pour convaincre le foule dense qui s’était déplacée pour le retour sur scène du groupe après huit ans d’absence. On a eu des frissons d’émotion durant toutes les grosses tounes. Le désormais duo perd ses points du côté des danseurs très moyens qui semblaient sortir de 1997 (c’était peut-être un concept). (Élise J.)

Peter Peter B+

C’est sur un plateau double avec le français Julien Doré au Métropoli que Peter Peter a pu nous défendre pour une deuxième fois le matériel de son très bon Noir Eden. Si la performance est impeccable, on réalise rapidement que Peter tient plus de l’introverti et de l’athlète de studio. Visuellement, on aimerait en avoir plus, les rares interventions résonnent drôlement («Étiez-vous là au Club Soda? Vous vous souvenez quand j’ai brisé ma guitare?») et il semble utiliser les codes de «ce qui se fait en spectacle» ou bien par spasmes (des sauts et des solos de guitare de nerveux et peu synchroniques, des moments criés qui apparaissent sans avertissement) ou «parce que ça se fait». On note, par exemple, son saut dans la foule lors de Vénus qui n’a pas vraiment servi à créer un momentum autre que celui d’être un chanteur dans la foule. Un Peter qui n’apparaît pas nécessairement dans son élément le plus pur, mais avec un plaisir certain et manifeste de revenir au pays avec ses musiciens. (Etienne G.)

Brown B+

Avec le release surprise de Popluv, les gars étaient prêts à livrer un bon show. Les nouvelles chansons en ont surpris plus d’un. On se donne une écoute attentive avant de juger. Mention spéciale à l’apparition de KNLO pour la chanson California. (Catherine G.)

Brown est arrivé au début de l’année 2016 avec un projet qui a jeté bien du monde à terre, moi le premier. Avec l’arrivée de leur nouveau truc tout juste avant les Francos, il est par contre possible de voir un bon clash entre les récentes chansons de pop estivale et l’intensité qu’on pouvait sentir dans le premier album. Moment fort: Robin Kerr dans son ensemble, mais surtout pour sa magnifique chemise fleurie. (François L.)

Xarah Dion B+

De la coldwave aux Francos, ça se peut, la gang (discret message aux programmateurs)! La Montréalaise a très bien fait en proposant un set live qui revisitait sa carrière musicale déjà bien remplie en bloquant la rue Ste-Catherine devant le kiosque de CISM où elle jouait. Ne manquait peut-être que des interventions avec un peu plus d’aplomb pour compléter le tout. (Mathieu Aubre)

Bernard Adamus B

T’as le goût de te mettre chaud? T’as envie d’entendre sacrer? Tu veux écouter de la musique de party? Avec Bernard, t’as tout ça et même plus. Clope au bec et bière à la main, il a été fidèle à lui-même en nous offrant un gros 1h30 de qualité. Moment fort: Quand finalement, y’a un vendeux de bière qui est apparu à côté de moi au moment où j’avais le plus soif pis que j’voulais pas me rendre au kiosque, car trop loin! Bébé avait besoin de son biberon! (François L.)

Caballero et JeanJass + Roméo Elvis B

B comme Bruxelles. B comme La Base. Le duo n’a peut-être pas le magnétisme de son compatriote Roméo Elvis, qui a été balancé un peu partout pendant son bref passage à Montréal (deux spectacles aux Francos, un à Mural et un indépendant de tout ça avec les autres Belges de L’or du commun), mais les Laurel et Hardy du rap wallon ont su montrer de quel bois ils se chauffent. Pour ça, on leur dit Merci beaucoup. (Etienne G.)

Soirée belge par excellence. La crème de la crème du rap venant du pays de Hergé. Les succès se sont enchaînés de part et d’autre, tellement qu’on aurait dit qu’ils n’avaient que ça! Leur mouvement fleurissant et celui de leur entourage méritent d’être suivis de très près! Moment fort: La dernière chanson avant minuit… Bruxelles arrive! La foule était autant en feu que feu Fort McMurray! (François L.)

 

Les Indiens B-

Le show du groupe stoner de Québec a vraiment bien commencé, mais je me suis surpris, à partir de la troisième toune, à discuter de la liste longue du Prix Polaris avec un des festivaliers présents, ce qui m’a déconcentré du show. Je leur donne minimalement la note de passage parce que ça semblait bon, mais je réalise que je n’ai pas vraiment écouté. Mon interlocuteur, par contre, semble avoir adoré. (Etienne G.)

Dumas B- 

Victime de pas mal de problèmes techniques en début de show, l’artiste qu’on n’avait pas vu sur une scène depuis plus d’un an semblait un peu en maudit. On l’a entendu sacrer sur scène et tenter d’improviser une chanson dont il a oublié le texte en début de show… Finalement, le séquenceur a décidé de collaborer et le reste de show a compensé pour le début: une espèce de dj set live sans trop de pauses avec des reprises encore plus dansantes qu’à l’origine. (Mathieu Aubre)

Yann Perreau à Rouge FM (choker le show pour l’apprécier à la radio) B-

Découvrant qu’il m’est possible d’écouter les spectacles via le 107,3 Rouge FM, je prépare mes lunchs pour les prochains jours tout en ayant l’impression d’être sur la Place des Festivals. Yann est sur un nuage, ses invités lui volent la vedette (Philippe Brach, Laurence Nerbonne et ajoutons Pierre Kwenders – pour Ani Kuni). Ne pas avoir closé son spectacle avec J’aime les oiseaux lui vaut cette note. (Mathieu Aubry)

Loud C+

Le problème ne revient pas à Loud, qui a su montrer pour son premier spectacle en solo qu’il est capable de se défendre. C’est qu’avec l’entièreté de son EP, l’ajout de Young Summer avec l’apparition de Shash’U sur scène, de Pardon tiré du Love Suprême de Koriass, d’une pause instrumentale signée Ajust, de deux chansons en solo de Lary Kidd (Contrôle et FTSL), une autre pause instrumentale, deux tounes de Loud Lary Ajust (Rien ne va plus et XOXO) et un rappel (Blue Volvo), le spectacle n’a duré que 45 minutes de l’heure programmée. C’est bien de vouloir avoir l’exclusivité, les Francos, mais ce show était peut-être prématuré. On a quand même hâte d’en voir plus. (Etienne G.)

Teddy the Beer C+

Malgré de mini inégalités, le show était très divertissant dans l’ensemble. Cette recrue du rap québ à l’accent de nos cousins est une belle découverte qui risque de nous surprendre dans les années à venir. Dans les moments forts: chaque fois qu’on a l’impression que c’est le Doc Gynéco d’Hochelaga qui est dans la place! Fou vibe old school! (François L.)

Pierre Kwenders C+

C’est dommage parce que le show n’était pas si mauvais en soi, mais les soundmen, un peu. Quand tu vas voir un show de musique plutôt dance, tu t’attends quand même à avoir la musique qui te permet de le faire dès le début, et non pas rien que de la voix jusqu’à un ajustement de volume à trois tounes de la fin… S/o aussi à Jacobus, qui est venu faire Mardi gras en ouverture de show: c’est le seul dude que je connaisse qui se promène chaque criss de jour de sa vie avec une casquette avec son nom dessus, agencée avec son linge. (Mathieu Aubre)

Les Cowboys Fringants C

Bien que certaines pièces, mythiques à l’époque, n’aient plus le même effet envoûtant aujourd’hui (La manifestation, 8 secondes), programmer les Cowboys Fringants en conclusion des Francos, est un choix qui va de soi. Les Cowboys restent un band qui a permis à une génération de découvrir la musique francophone. Belle exécution sur scène, l’expérience transpire. (Mathieu Aubry)

Desjardins, on l’aime-tu! C?

Ce show-là, ça vient avec un gros point d’interrogation. Y’avait de la belle musique, ça c’est incontestable. L’album est un bel hommage, d’emblée, et les réinterprétations sont au point la plupart du temps. Or, la mise en scène (ou l’absence de) était ahurissante. Difficile de se concentrer sur le beau chant de Fred Fortin quand on nous envoie des images bas de gamme sur un écran géant placé de façon non-centrée au milieu d’un grand cercle lumineux qui n’allume pas au complet. Stéphanie Boulay, après près de 40 minutes de spectacle, a été la première à s’adresser directement au public en présentant Keith Kouna comme un grand poète (merci!). Les artistes étaient, autrement, nommés par les écrans géants comme si on était dans un téléthon. Sinon, les perfos se sont awkwardly succédées, entrecoupées par des instants de slam qui auraient facilement pu être lus de façon plus poétique; Richard Desjardins étant poète et non slameur. Chapeau à l’interprétation de Klô Pelgag et Philippe Brach pour Les Yankees. C’est fou sur disque et c’est fou sur scène. (Élise J.)

Karim Ouellet et invités C-

Karim a un talent, certes. Mais la cassette a joué pas à peu près. Malgré une bonne performance de sa part, c’est le genre de show parfait lorsque tu veux juste avoir une petite trame musicale en fond pendant que tu jases et bois avec ton monde. Moments forts: L’apparition de MHD pour A kele nta, Muzion pour La vi ti neg et Sans Pression pour Territoire hostile. (François L.)

Alaclair Ensemble D+

N’ayant plus besoin de présentation, Alaclair Ensemble était programmé sur la scène Ford de la rue Ste-Catherine. Devant respecter la rigidité organisationnelle des Francos, la troupe aurait mérité d’avoir une heure de plus à son set. Beaucoup de jeunes dans la foule semblaient en être à leur première expérience à ce festival. C’est toujours agréable à observer comme phénomène. En passant, suis-je le seul qui a remarqué que Claude Bégin n’était pas torse nu durant le spectacle?!? (Mathieu Aubry)

Formule classique, donc pas de réelle formule. Un show d’Alaclair, c’est toujours différent, mais avec certains éléments qui reviennent. Claude Bégin qui veut montrer qu’il a une voix et des bras, ça fait partie du lot… Au moins, le reste est toujours aussi divertissant, tel un discours bien senti de Robert Nelson, les steppettes lyricales de KNLO, le good vibe d’Eman ou les torsions faciales de Maybe. Moment fort: Se croire dans un rappel de Jay-Z et Kanye West avec Ça que c’tait trois fois consécutives. (François L.)

Paradis D 

Ça faisait plus d’un an que j’attendais de les voir en show, ayant tripé solidement sur leur album Recto Verso. Le groupe m’avait confié en entrevue jouer des versions live avec instruments de leurs chansons, un peu comme Caribou ou The Avalanches. On a finalement droit à un genre de show indie pop un peu drabe, vues les chansons volontairement lentes et répétitives du band, plutôt qu’à la house géniale qu’ils offrent sur enregistrement. Je suis parti assez rapidement, déçu, même si une bonne partie du public semblait conquise. (Mathieu Aubre)

Lary Kidd D-

Prestation somme toute correcte. Le gars a de l’énergie. Mais c’est pas à la hauteur des projets passés… T’sais, ceux pas en solo. Moments forts: 1) Loud qui monte sur scène en rappel pour faire 56K avec une scène qui s’allume pour la première fois du show. 2) Le tout suivi de Tiens mon drink pour profiter de la nouvelle intensité de la foule. Ça laisse présager ce qui va se passer à Loud le lendemain… (François L.)

Taktika 20 ans  D-

Taktika full band. Vous me direz que ça semble être une bonne idée? Je vous réponds non. C’était entre autres correct pour Mon mic, mon forty et mon blunt.. Mais entendre Un été chez nous en version chantée à la place de rappée, c’est un crime. Parlant de crime, dans la foule, les gars tatoués dans le cou/la face/partout, arborant fièrement t-shirst et casquettes Explicit Production en se saoulant en gang alors que 2-3 blondes s’occupaient des kids de certains, je vous dirais que c’était ça le vrai show. Moment fort: Au test de son, le technicien a échappé le micro pis les gars trop allumés, devant moi, se sont mis à s’énerver jusqu’à ce qu’un d’eux dise «Plok plok plok c’est qui qui s’est fait shot?? Hahahaha». (François L.)

Pierre Lapointe :)

Comme sur certains bulletins de la réforme, j’ai décidé de noter Pierre Lapointe avec un bonhomme. Amours, délices et orgues représentait la volonté de l’artiste de sortir du cadre et c’est ce que nous avons pu voir. De nombreux artistes de tous les horizons se sont partagé la scène, faisant en sorte qu’on a eu des points d’interrogation dans les yeux à quelques reprises. Mais qu’est-ce que l’art, sinon une série de questionnement qui nous amène à envisager les choses autrement? Chapeau à la nouvelle chanson Le retour d’un amour, qui devrait être sur le prochain album et qui est on-ne-peut-plus-bouleversante. Chapeau aussi à Pierre qui était très en forme sur scène (pour la danse notamment). Je l’ai croisé au gym tout l’hiver. C’était pas des efforts investis en vain. (Élise J.)

FRANCOS 2017 : 10 questions et un popsicle avec Louis-Philippe Gingras

C’est dans la très festive salle de presse des Francos, peuplée de faux palmiers, que j’ai rencontré Louis-Philippe Gingras pour parler de son spectacle de ce soir et de sa fascination pour les popsicles. Y’avait pas le nécessaire en popsicles dans la salle de presse donc il est allé au bar chercher de la glace. Un gars débrouillard!

Louis-Philippe Gingras/Photo: Flamme (Camille Gladu)
Louis-Philippe Gingras/Photo: Flamme (Camille Gladu)

«Pour les Francos, on sera sept musiciens sur scène en m’incluant, dit Louis-Philippe. C’est mon orchestre élargi que je sors pas souvent. Ça coûte cher!» Hormis les pièces de son album Troisième rangée, sorti en novembre, Gingras offrira ce qu’il refuse de qualifier de EP, et qu’il qualifie plutôt de recueil de chansons, La rangée des popsicles. «C’est une continuité de Troisième rangée. C’est l’œuvre la plus happy que j’ai faite. Même s’il y a de la mélancolie, ça en est une de belles choses, d’une fille qui te donne envie de devenir meilleur, et d’un bro love avec un ami qui vit loin. J’ai pas souvent entendu de tounes d’amour pour un chum de gars. La calvette du Saint Graal, c’en est une.

Les Francos, ça permet à Louis-Philippe de rencontrer un autre public. «Même mes amis ne peuvent pas toujours venir me voir dans mes shows de bars, avec leurs enfants. Y’ont pas toujours des gardiennes. Là c’est vraiment familial. Mes parents, mes oncles, mes tantes viennent aussi. Ma mère a planifié ses vacances pour être sûre de pouvoir être ici. Ça va être rassembleur. J’ai hâte!»

1 Comme les Francos, ça s’adresse à un large public, comment décrirais-tu ton show à une madame qui écoute juste l’émission de Marina Orsini?

Premièrement, si Marina était là, je dirais bonjour à Marina. Elle a l’air funny, cette madame-là. Ma musique, c’est rock et gentil. Ça fait partie du grand monde de la chanson. Dans les magasins de disques, je suis dans la catégorie «Francophone» et c’est ben correct.

2 Tu vas jouer dans la zone Coors Light. Qu’est-ce que tu penses de cette bière-là?

C’est pas de la bonne bière, mais ils financent les shows. Tant mieux s’ils mettent de l’argent dans la culture. S’ils gardaient tous leurs profits, ça serait ben plate. Je bois surtout de la bière de micro-brasserie. Mais même quand je bois de la bière cheap, c’est Laurentide, O’Keefe, Labatt 50.

3 Si t’avais fait partie du show d’illumination du pont Jacques-Cartier pour le 375e de Montréal, t’aurais chanté quelle toune?

Je reviendrai à Montréal. La toune a été écrite par Daniel Thibon et on dirait que le gars est jamais venu à Montréal. «Les remparts blancs de l’hiver.» Y’a pas de rempart à Montréal! J’ai déjà vu des aurores boréales, aussi, mais ça s’est jamais passé à Montréal.

4 Ton non-EP s’appelle La rangée des popsicles. Que fais-tu dans cette rangée quand tu vas à l’épicerie?

J’achète rarement ça, des popsicles. Dans mon congélateur, j’ai beaucoup de viandes sauvages que mes oncles chassent. Les popsicles, c’est une gâterie. J’en n’ai pas chez nous au quotidien. Je tripe sur les popsicles trois couleurs ces temps-ci.

5 Sur la chanson Dairy Queen, tu parles de crème glacée et c’est une toune un peu sexu. Est-ce que la crème glacée t’inspire toujours des trucs grivois?

La chanson me donne tout le temps des bons souvenirs. Mais je suis capable de manger de la crème glacée sans penser au sexe, mais ce Dairy Queen-là, en particulier, quand je passe devant, j’ai des bons souvenirs, oui…

6 Sur Vieux Noranda, tu parles de Rouyn-Noranda, évidemment. Que mettrais-tu dans le guide touristique de Rouyn-Noranda?

La patate Pierrot et La patate Linda, tu peux gagner des choses avec leur machine à Pepsi… Tu peux gagner une caméra à chevreuil! Je mettrais aussi le Centre musical En sol mineur. Pour plusieurs, c’est l’accueil du FME, mais c’est aussi l’école de musique que gère ma mère.

Questions FRANCOS

7 Quels sont les trois plus beaux mots de la langue française?

Louis-Philippe: Le premier, c’est chalet j’y pense beaucoup. J’économise toutes mes redevances radio pour m’acheter un chalet. Tu dis ce mot-là et t’es déjà relax. C’est plus relaxant que cottage.

Ensuite, crème en glace. Certains disent crème à glace. Ma grand-mère a toujours dit «en». Ça a beaucoup plus de sens, parce que c’est de la crème faite en glace. Et c’est beaucoup plus beau que crème glacée.

Sinon… Parmi les mots que je vois en ce moment: bar. C’est super simple, c’est le même mot qu’en anglais.

Élise: Tu peux le dire même sur la brosse, aisément.

Louis-Philippe: Exact! Pas besoin de dire le «r» et tout le monde comprend.

8 Quel est le mot qui a été trop entendu dans les chansons en français?

Bonne question! J’essaye d’éviter les choses qui sonnent pas vrai, qu’on dit pas. Genre «ma chérie». Placard le dit, ça fonctionne parce qu’il appelle sûrement sa blonde de même, mais il y en a d’autres qui disent ça pis ça leur fit pas dans yeule.

9 Quelle est la plus belle chanson de la langue française?

En ce moment, ce qui me donne encore des frissons après multiples écoutes, dans certains enchaînements d’accords: Une fois par jamais d’Olivier Bélisle. À égalité avec Philippe B, Nous irons jusqu’au soleil. Je peux les avoir dans tête pendant trois jours et ça me va.

10 Comment réagirais-tu si tu constatais que Denis Coderre est en train de danser devant la scène pendant ton show?

À cause des nids de poules:

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Louis-Philippe Gingras sera aux Francofolies dans la Zone Coors Light, ce mardi 13 juin à 19h.