TOP 2019 FRANCO positions 10 à 1

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 10 à 1 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

10 Les sœurs Boulay – La mort des étoiles

La phrase «que restera-t-il de nous après nous?» s’est insérée dans l’année 2019 comme dans une chaussure faite sur mesure. Notre conscience de la suite, notre peur de la fin et notre espérance pour plus beau ont embrassé avec candeur les mots des soeurs Boulay qui ont proposé un troisième album étoffé et audacieux. Sur scène, les arrangements se sont déployés comme de grands navires remplis de possibilités. Il y aura au moins ça pour nous garder au chaud après la mort du reste. (ÉLISE JETTÉ)

9 Philémon Cimon – Pays 

Un album transformatif pour Cimon chez qui a poussé une barbe et une conscience historique, plongeant ici dans le ventre infini du Charlevoix de son enfance. Il pose cette fois son vibrato tout vulnérable sur des histoires situées à l’Isle-aux-Coudres ou au village de Saint-Joseph-de-la-Rive dont il se fait un touchant ambassadeur, appuyé par quelques plumes de la lignée familiale. Soulignons l’apport de Lucile Cimon, grand-mère de Philémon, qui pose sa voix sur Les Éboulements en fermeture. Un album-racines, sorti de manière indépendante, où Cimon jette le pont entre son histoire propre et celle du Pays. (JULIEN ROCHE)

8 Lou-Adriane Cassidy – C’est la fin du monde à tous les jours

Quoi de mieux qu’une magnifique voix, des textes évocateurs et des arrangements efficaces? Sûrement le premier album de Lou-Adriane Cassidy C’est la fin du monde à tous les jours. Sur ce délicieux album, Lou-Adriane nous fait voyager entre l’amour et la mort grâce à une voix puissance. Les textes nous font vaciller dans un amalgame d’émotions qui ne laisse pas dans l’indifférence. Un album qui lui a permis de récolter deux nominations au dernier gala de l’ADISQ. (MATHIEU AUBRY)

7 Maybe Watson – Enter the dance

Que tu sortes downtown ou à Santa Monica avec ta team, Juulie, Heidy ou Pablo Meza, t’as pas le choix d’entrer dans la danse avec ce nouveau projet de Maybe Watson aka Baby. Pour ce dernier Alaclair Solo de l’année, y’a plusieurs bons coups à mentionner. Entre autres, shouts à la websérie homonyme qui aura servi d’outil promo au lancement et props aux fous beats de ce cher Gab Fruits, qui nous donne une solide collabo avec Wats. Les Pokémons n’ont qu’à bien se tenir! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

6 Laura Babin – Corps coquillage

Qu’arrive-t-il quand notre corps devient un coquillage? Non, on n’y entend pas la mer, mais on y entend un son qu’on se doit d’écouter au complet. La nonchalance bien dosée de Laura Babin a su se coller à sa guitare électrique et sa poésie audacieuse. On y a trouvé la fougue au féminin et les arrangements savants qui transcendent le rock pour en faire du doux. À la plage, tout le monde! (ÉLISE JETTÉ)

5 Corridor – Junior 

Ce fou désir de faire du Women en français a mené les gars de Corridor tout droit vers le catalogue de Sub Pop (!) où ils s’offrent d’ailleurs une page d’histoire en s’y produisant dans la langue de Molière. Un peu moins Viet Cong, un peu plus d’Omni dans cet album qui, quoique confectionné dans une relative urgence, s’avère leur plus cohésif et lumineux jusqu’ici. Le dialogue des guitares avec leur jangle signature, tirant davantage cette fois du kaléidoscope que d’une grisaille post-punk, précise les contours d’un rock hypnotique ascendant shoegaze qui, de la West Coast américaine à l’Europe, cumule confortablement les Air Miles. Junior, mais majeur.(JULIEN ROCHE)

4 Jean Leloup – L’étrange pays 

Chaque fois qu’il sort un nouvel album, c’est comme si enfin tout le monde au Québec était d’accord sur un point: on est toujours heureux d’entendre du nouveau Jean Leloup. Avec L’étrange paysJohn TheWolf s’est permis de laisser sa voix et sa guitare sèche bien en évidence, laissant de côté tout arrangement ou enregistrement studio. Même si certaines pistes sont tellement homemade qu’on y entend le bruit d’une notification sur son cellulaire, ça nous rapproche encore plus de l’artiste qu’est Leloup, comme s’il venait chanter dans notre salon le temps d’une couple de tounes. L’étrange pays, c’est comme si t’étais devenu Best Friend avec la vedette la plus cool du Québec. (ELISABETH MOTTARD)

3 Chocolat – Jazz Engagé

D’un rock crasse jouissif qui fonctionne à merveille avec des passages de psych-folk délicats. Jazz engagé c’est un rêve éveillé chaotique qui peut inquiéter, mais dont on veut savoir la fin à tout prix. En fermant les yeux entre deux solos de saxophone, on peut apercevoir Réjean Ducharme, un masque de BDSM sur le visage, en train de faire du body-surfing pendant Raining Blood. Peut-être par accident, mais assurément en s’en foutant, les chocolatiers du rock québécois ont réalisé leur meilleur album. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

2 KNLO – Sainte-Foy

Quand Amadit est parue au mois de mai 2019, c’était déjà annonciateur de la bonne nouvelle et signe que l’album à paraître allait être générateur de grandes grouillades. Déçu.e.s ne nous fûmes pas. KNLO a mis trois ans à nous offrir du matériel solo après Long jeu. Je ne sais pas pour vous, mais Sainte-Foy a vraiment été la trame de mon été. D’ailleurs on se demande encore pourquoi les radios commerciales ne se sont pas empressées de s’emparer de cette délicieuse galette. En même temps, ça lui confère une espèce d’aura privée. Comme s’il était juste à nous. C’est permis de rêver.(ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

1 Laurence-Anne – Première apparition

J’étais au lancement de Laurence-Anne l’hiver dernier et également à son Bye Bye 2019 aux Katacombes ce mois-ci et je reviens sur une phrase que j’ai dite dès la sortie de l’album: il y a quelque chose de grand qui se trouve dans cette Première apparition et on espère qu’il n’y aura jamais de disparition. La poésie de Laurence-Anne est fluide et s’étend d’un bout à l’autre d’un disque dense, mais varié, bercé par la musique d’un band qui équivaut à se promener en voiture de luxe. La singularité de cette apparition n’a pas trouvé d’égal en 2019. C’est une médaille d’or. (ÉLISE JETTÉ)

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FÉDÉRALES 2019: La playlist d’Yves-François Blanchet

À quelques jours des élections, Feu à volonté a utilisé l’apport de ses journalistes d’enquête pour déterminer quelle musique se retrouve sur les playlists des chefs des principaux partis fédéraux. Voici un bon moyen pour l’électeur moyen de choisir son camp avant lundi. Aujourd’hui: Yves-François Blanchet

1 Dr. Strangeluv – Blonde Redhead

Le chef bloquiste s’est offert une cure d’image à l’occasion des débats télévisés nationaux. Les observateurs coast to coast ont noté, même en anglais, son ton professoral voire une dégaine de bon docteur calme et au-dessus de ses affaires. Même au Canada anglais, il s’est exprimé un quelque chose comme de l’amour pour un séparatiste.

2 Deux Par Deux Rassemblés (Remix de Jérôme Minière) – Pierre Lapointe

Qui parle encore de Martine Ouellet? La fougueuse ingénieure s’est cassé les dents en passant au leadership du Bloc. Il paraît pourtant loin, déjà, ce douloureux février 2018 qui a vu 70% de la députation démissionner d’un coup. Blanchet a ramené l’ordre dans le troupeau, et hormis quelques moutons noirs qui auront à se nettoyer la langue, tout le monde marche au pas du chef. (Si l’on conseille le remix de Minière, c’est bien que les sondages indiquent poindre un Bloc redevenu solide comme le roc.)

3 Utopia – Björk

Yves-François Blanchet est ce soldat qu’on envoie au front dans une quête tragique qu’il n’aura jamais le pouvoir d’accomplir. Comment le fait-il? Où trouve-t-il l’élan pour se lever le matin, beurrer ses toasts et porter une nation entière sur son dos? L’utopie est une drogue dure. Espérons que cette envolée de flûte donne des ailes à notre Blanchet national.

4 Anticosti – Catherine Leduc

Blanchet était ministre de l’Environnement dans le cabinet Marois alors que celui-ci a lancé des travaux exploratoires sur l’île d’Anticosti, dans l’espoir (finalement vain) de trouver des hydrocarbures. C’est une épine à son pied et une faille sur son flanc environnemental, mais surtout une source de beef: Anticosti, ce n’est pas un jardin d’Éden, disait récemment le chef bloquiste pour défendre son bilan, soulevant l’ire de John Pineault, maire d’Anticosti. On précise que pour sauver des sous, vaut mieux opter pour la viande de chevreuil que celle de bœuf dans votre prochain séjour sur l’île, quitte à gunner vous-même votre animal – cela rendra service.

5 Nous après nous – Les soeurs Boulay

«Le Québec, c’est nous». C’est aussi s’gunner un chevreuil sur Anticosti et verser quelques larmes après.

6 Western Questions – Timber Timbre

Dans l’hypothèse d’un Bloc ragaillardi au Parlement… Pourrait-on voir une résurgence de sentiments autonomistes à l’ouest? À quand la Ceinture céréalo-gazière Alberto-Manitobaine???

7 The Comeback – Alex Cameron

Blanchet s’est efficacement recyclé en communicateur et analyste politique, notamment au Club des Ex, depuis sa défaite au comté de Johnson en 2014. C’est dans Beloeil-Chambly que se prépare le plus gros comeback politique de l’année.

8 Mal aux mains – Corridor

S’il ne porte pas la nation sur son dos, Yves-François Blanchet doit ben la porter à bout de bras. Ceci place énormément de pression sur les mains, qui doivent agripper solidement pour éviter que le «nous» ne s’écrase en bouillie sur le plancher des vaches, éparpillé en multitude de «moi» sans direction commune.

9 Sortie/Exit – Philippe B

Le chef bloquiste dort d’un sommeil profond et apaisé. Il sait qu’au 21 octobre en soirée, lui et ses candidats auront le plus grand des sourires en sonnant la sortie pour l’essentiel des députés néodémocrates de la province.

10 Pâle cristal bleu – Peter Peter

Je n’ai pas d’enfant à endoctriner, mais si j’en avais un, je le ferais, et je lui apprendrais les choses sous cette forme: Les bleus foncés, c’est les méchants. Les bleus pâles, c’est les gentils.

LA PLAYLIST DE JUSTIN TRUDEAU, ICI

LA PLAYLIST D’ANDREW SCHEER, ICI

LA PLAYLIST D’ELIZABETH MAY, ICI

LA PLAYLIST DE MAXIME BERNIER, ICI

LA PLAYLIST DE JAGMEET SINGH, ICI

FME 2019 jour 1: Y’é midi kek part

6h14 du matin. C’est l’heure de rendez-vous pour l’autobus voyageur qui nous liftera jusqu’à Rouyn-Noranda. Y’é tôt, mais y’é midi kek part.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté, Marielle Normandin-Pageau et Émilie Pelletier-Grenier

En plus de ne pas manquer le départ, il ne faut pas se tromper d’autobus. Les médias sont répartis selon leur provenance géographique: le Québec et l’Europe. Rien de xénophobe ici, simplement que les Européens préfèrent dormir durant le trajet tandis que les Québécois préfèrent s’ouvrir des canettes de bière et siroter un mimosa en parlant un peu trop fort à 7h30. Y’é midi kek part comme le chante Kaïn dans son nouveau single

L’Europe est là!

Dans l’autobus, un vestige de voyage passé, un sachet de beef jerky vide. On le laisse là pour que le souvenir persiste encore plus longtemps.

Un restant du passé

Lors de notre seul arrêt, au domaine de la Réserve de La Vérendrye, nous découvrons le côté cordon bleu d’Émilie, notre collaboratrice de Feu à volonté… Quatre sachets de vinaigre dans une poutine. Audacieux.

Le vinaigre se marie étonnamment bien à la sauce brune

Le trajet se poursuit jusqu’à Rouyn, bercer par l’ivresse du 4L de vin maison acheté 50$ au Domaine par mon voisin de bus, un richissime pauvre.

Le dîner du richissime pauvre
Le bon prix

Il y a clairement des gens avec un manque de savoir-vivre qui se sont déjà pointés ici:

Le gros bon sens

Dès notre arrivée au QG du festival, nous constatons que les membres des médias et les professionnels de l’industrie musicale seront tannants durant le FME.

Pas toujours facile de respecter les règlements.

Avant de nous séparer pour apprécier des shows diamétralement opposés (lire ici Les soeurs Boulay et Kid Koala), nous réalisons un rêve. Celui de tenir la barrière de sécurité à l’avant du parterre d’une scène extérieure. Plus besoin de dormir deux nuits dans des sleeping détrempés pour être à l’avant-scène, c’est fait!

Le calme avant déluge.

Nichée dans le quartier des spectacles rouynorandien, la 7e rue est le point de ralliement des festivaliers, la scène extérieure Desjardins se trouvant à proximité. C’est justement sur cette scène que Kid Koala a l’honneur d’ouvrir le volet extérieur du festival. Jeanne Added précède le dj.

La pluie n’a pas empêché Jeanne Added de se donner/Photo: Élise Jetté

La Française, peu connue de ce côté-ci de l’Atlantique a certainement réussi à se faire apprécier du public abitibien grâce à son énergie rappelant Alice Glass de Crystal Castles, mais avec une voix beaucoup moins criarde. Dès le début de sa prestation, la pluie s’invite. Alors que quelques spectateurs quittent les lieux, Jeanne Added redouble de fougue à chaque pièce, augmentant ironiquement l’intensité de l’averse qui s’abat sur nous.

Jeanne Added/Photo: Élise Jetté

Teintée de sonorités caribéennes, la musique électro-rock de Jeanne Added est portée avant tout par le lyrisme de sa voix tout simplement magistrale. La découverte de la première soirée. Petit bémol pour la chanson du rappel, qui est à l’opposé du party qu’elle vient de créer. Surtout avant le petit trop long temps d’attente avant Kid Koala.

Kid Koala présente Vinyl Vaudeville, un show mélangeant sa première passion (le scratching de vinyles) avec des danseurs et des énormes marionnettes. Spectacle plutôt éclectique qui alternera entre ses créations originales et du live scratching.

Impressionnant de le voir créer grâce aux caméras placées au-dessus des deux tables tournantes. En mélangeant trop les styles, Kid Koala ne réussit pas à établir une ambiance propice aux déhanchements. Toutefois, nous avons que des bons mots pour les marionnettes géantes déambulant au parterre. Gros shout out à son costume de koala ainsi qu’au trio de New York qui a transformé la 7e rue en école cours de danse avant l’arrivée du dj.

Les soeurs Boulay s’exécutent à l’intérieur de l’Agora au même moment. Elles ont ajouté du corps et des arrangements relevés à leurs plus vieilles chansons pour qu’elles se marient aux nouvelles sans qu’on ne se rende compte de rien.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Les soeurs demandent au public d’envoyer un DM à leur compte Instagram pour leur dire c’est quoi notre plus grand rêve.

«Je rêve d’avoir un wilipop par jour», a confié quelqu’un. «On sait pas c’est quoi mais on se l’imagine», répond Mélanie. Les autres rêves donnent des petits frissons d’espoir à tout le monde: «Avoir une permanente un jour» et «Que mon cochon d’Inde ait des bébés», figurent parmi les meilleurs.

Il pleur là/Photo: Élise Jetté

Un peu plus bas sur la 7e rue, Élise et Marielle se protègent de la pluie à l’Espace Lounge Hydro-Québec pour assister au spectacle de Millimetrik. Clairement que ces gars vont avoir un torticolis le lendemain. On espère qu’ils se sont booké un rendez-vous chez l’osthéo ou de quoi. Sans qu’on comprenne trop la raison, quelques fleurs du plafond nous tombent dessus. Millimetrik nous mentionne que tout le monde devrait se tasser vers la scène pour que d’autres gens puissent entrer au show parce qu’«il pleut en criss».

Millimetrik/Photo: Élise Jetté

Ils invitent quelques comparses à danser sur la scène. Une quinzaine de personnes montent et nous montrent leurs moves de danse qui sont assez basic.

Tentant de se réchauffer après le déluge, on se dirige pour le spectacle d’Ellemetue dans la salle bondée du Cabaret de la dernière chance. Le simple fait de rentrer à l’intérieur de la salle apporte son poids pluvial. La musique exploratoire et flyée du duo nous transporte dans tout autre univers. La texture boisée des murs va de pair avec la vibe exploratoire de l’oeuvre. Le cover de Pink Floyd était assez envoutant. Une fin de soirée qu’apprécient les spectateurs attentifs.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Pour conclure la première soirée, les routiers The Young Gods prennent d’assaut le Petit Théâtre du Vieux-Noranda autour de 00h04. 

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Les jeux de lumière sur leurs corps nous laissent croire qu’ils sont couverts de bestioles. C’est plus difficile à vivre pour ceux qui sont sur le mush. Les cheveux parfaitement poivre et sel et le calme des membres du groupe européen nous donnent envie d’avoir leur âge. «J’ai hâte d’être dans un band Suisse à 65 ans, de faire de la moto et d’avoir les cheveux poivre et sel», nous disons-nous. Il nous reste 35 ans pour réaliser notre rêve.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Voici nos 13 meilleures phrases entendues durant notre première journée au FME:

1- «Si Ratatouille est pas dans nos faces d’ici vingt minutes, je pète ma coche.» – Une personne essayant de faire fonctionner le système de divertissements des bus Maheux.

2- « C’tu beau hen? Le soleil qui se lève sur le Canadian Tire?

3- «Le premier album de Kaïn est un album progressif dans le style de Yes» – un journaliste fort ambitieux

4- «Sont où les chiottes» – Bernard Adamus cherchant à se vider pendant Les soeurs Boulay

5- «Va t’acheter des condoms» – Deux boys mangeant leur poutine dans le parking de Chez Morasse.

6- «J’aimerais ça être menstruée, sinon ça veut dire que je suis enceinte.» 

7⁃ «L’amour c’est overaté»

8- «Il reste trois heures de route! C’est beaucoup diront certains.»

«Trois heures c’est trois baises.»

9- «Ce breuvage m’a ballouné.»

10- «Ce breuvage goûte la jeune fille de 14 ans.»

11- «En traversant Malartic, on se dit la même chose que Jacques Cartier quand il a mis le pied ici: « Tabarnak y’a pas grand-chose icitte ».»

12- «Je suis pas mal plus saoule que je pense que je suis.»

13- «Eille, tu chantes mal, mais tu jappes bien.»

En solo «je peux aller plus deep dans le caca» – Stéphanie Boulay

Il est 17h45 au moment où je m’assois avec Stéphanie Boulay au Miami Déli. Elle déguste des œufs brouillés, mais les préfère pochés. Les patates, couvertes d’assaisonnement en poudre orange, font toute la job. «Des fois j’en demande un cup à côté pour les tremper dedans», admet Stéphanie.

Stéphanie Boulay/Photo: Élise Jetté

C’est aujourd’hui que Ce que je te donne ne disparaît pas débarque dans les oreilles des auditeurs, un premier album solo pour Stéphanie qui œuvre cette fois sans sa sœur.

«Je peux aller plus deep dans le caca sans ma soeur, dit-elle. Il y a des choses que je ne pouvais pas faire endosser par ma sœur, je ne voulais pas partager la charge. J’ai gratté tous les bobos jusqu’au bout. C’est cliché, mais c’était une thérapie.»

L’album qui devait d’abord être un EP s’étend plutôt sur huit pièces intimistes où Stéphanie Boulay se met autant à nu que sur les photos du livret. «On avait enregistré cinq tounes à la fin mai et au courant du mois de juin la pièce Les médailles m’est tombée dessus en une heure. Je l’ai envoyée à Alex (McMahon), mon réalisateur et à Éli (Bissonnette), de mon label, et ils m’ont dit de l’enregistrer.»

C’est à ce moment qu’Éli a mentionné à Stéphanie qu’elle n’avait besoin que de huit pièces pour que ce soit un album plutôt qu’un EP. En escapade à Carleton, dans son coin de pays, elle a imaginé Sauvage et fou lors d’une promenade entre amis. «Puis, finalement, quelques jours plus tard, je racontais une histoire sans queue ni tête à Alex et il m’a dit « tu sais le coyote aime mieux manger sa propre patte prise dans le piège plutôt que de mourir dans le piège. Écris une toune là-dessus. »»

Elle sait que «ça gosse les gens», mais Stéphanie croit en la magie. La qualité des gens qui se sont greffés au projet et qui ont mis toute leur âme dedans, l’impressionne beaucoup. «Alex McMahon et moi, on fait énormément de télépathie. J’écoutais une toune avec du triangle et je l’ai texté pour qu’on ajoute du triangle et il venait de se prendre une note pour ajouter du triangle. C’est à ce point-là.» Avec Alex et Guillaume Chartrain, en studio, elle avoue même avoir réussi à pousser des notes qu’elle ne réussissait pas chez elle.

Entre les projets littéraires et musicaux, Stéphanie trouve toujours le juste milieu, mais elle ne se repose vraiment que dans une autre forme de travail. «La littérature, c’est un espace dans lequel je ne suis pas regardée. Je ne suis plus dans l’image, explique-t-elle. Ça me fait plaisir de me remaquiller et de me retrouver belle après, mais si j’ai pas ces moments-là où je m’en criss, ça marche pas.»

Stéphanie Boulay/Photo: Élise Jetté

Les bobos, les «cacas», elle les a tous grattés. Et celui qui faisait le plus mal est la solitude. «C’était l’absence totale de sens. J’avais l’impression que je n’avais rien. J’ai pas de chum, j’ai pas de projet. Je me suis dit « Y’a ben un esti de boutte, je peux pas être célibataire, pas de job et pas d’enfant ». J’ai eu mon projet à moi, comme ma sœur a eu son projet solo d’avoir un enfant. Ça me rend vraiment forte.»

Toute seule sur scène, Stéphanie vit énormément d’anxiété, c’est pourquoi elle se concentrera sur les premières parties. «Le premier show que j’ai fait toute seule, j’ai demandé s’il y avait un médecin dans la salle», précise-t-elle. Elle honorera la première partie de Philippe B dans le cadre de Coup de cœur francophone la semaine prochaine, un artiste qu’elle respecte énormément: «Ça faisait un bout que je n’avais pas écouté son matériel et j’ai réalisé que c’est lui mon inspiration. C’est le maître ultime.»

Les bobos sont encore là, mais Stéphanie Boulay est sans doute un peu guérie. «Ingrid St-Pierre dit souvent que chaque chanson est une maison et chaque fois que tu la chantes tu dois retourner dedans.» C’est pourquoi Stéphanie affirme qu’elle n’est ni amère, ni fâchée. «Je suis rendue ailleurs. Mais il n’y a rien d’absolu. Un jour sur deux, je me réveille et je me sens comme un tas de marde.»

Les sœurs Boulay ont déjà la moitié d’un album d’écrit et leur retour officiel est prévu pour 2019.

Stéphanie fera des PETITS spectacles solos. Vous pourrez d’ailleurs la voir au Club Soda en première partie de Philippe B & The Alphabet, jeudi prochain dans le cadre de Coup de cœur francophone.

Le buffet : Zach Zoya dans une grosse partie de Qui est-ce?

Chaque lundi jeudi(?), on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Des fois, il y a tellement de nouveautés dans le rap jeu qu’on a de la difficulté à suivre qui sort d’où. Pour vrai, je ne sais toujours pas qui est Cape Tula. Mais bon. On ne parle pas de lui ici. On est plutôt là pour remercier Zach Zoya d’adresser la question avec son dernier single: Who Dat?

Laura Lefebvre en aura charmé plusieurs pendant sa performance aux Francouvertes. Si vous voulez revivre le moment, il y a son nouveau single La Bête pour vous.

Pour celles et ceux qui s’ennuient de la série Trop, qui pensent que de payer pour Tou.TV c’est exagéré ou qui n’ont pas envie de voir le jeu d’acteur de Jean-François Provençal, sachez que la chanson des soeurs Boulay, écrite pour la série, est disponible dans ce buffet.

Non, mais, elle est tu pas active, Beyries? Encore un nouveau clip, cette fois-ci pour Same Light. Good job. Très fort.

Si vous pensiez avoir compris la direction de Zen Bamboo, veuillez réévaluer votre analyse. Le Volume 3 sort et sera la «Carrière solo» du chanteur Simon Larose. Le premier extrait, La mort, met cette nouvelle identité de l’avant.

Le nouveau clip de San James devrait vous donner des sentiments conflictuels vis-à-vis les gars avec un col roulé dans une soirée dansante.

Rod le Stod est sans doute une figure polarisante dans le milieu rap au Québec. Par contre, il a su mettre de l’avant, dans son nouveau clip, une chose à laquelle tout le monde peut se rattacher: Guy Jodoin qui lit sur la bolle.

CCF 2017 : Les soeurs Boulay comme un plateau de muffins aux bananes

Les sœurs Boulay offraient, hier soir, leur dernier concert à Montréal avant une année remplie de projets extérieurs à la chanson (la procréation entre autres). Devant une salle comble, les sœurs se sont montrées à nous sous un jour nouveau, avec une assurance percutante. Leurs voix aux harmonies parfaites avaient pris du gallon, hier, habillées d’une chaleur humaine qui se sentait autant devant la scène que dans le fond du Club Soda. Retour sur une soirée chaude (en dedans) de novembre.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Dans la salle, il y a un gars. Le voici.

Le seul/Photo: Élise Jetté

Les sœurs entrent sur scène et ont du mal à commencer à siffler les premières notes des Couteaux à beurre tant les cris de joie sont intenses. Puis, elles s’élancent et une minute après le début de la pièce, un ampli commence à faire des sons de fin du monde. Le show s’arrête le temps qu’on trouve «quelqu’un dans la salle qui a amené un ampli dans sa sacoche», dixit Stéphanie. Celle-ci en profite pour se questionner à voix haute sur la vie des gens qui vivent à Normétal. Une activité qu’on ne prend pas assez la peine de faire, ensemble, collectivement.

De retour sur scène, les sœurs proposent de recommencer la toune au début ou au milieu. C’est le début qui gagne le référendum. De la belle démocratie, ça! «C’est un beau soir, dit ensuite Stéphanie. Tantôt c’était un mauvais soir.» Sa sœur renchérit en disant que Stéphanie a arrêté de fumer il y a onze jours et que ça la rend irritable. «Je ne vous menacerai pas avec un couteau», assure néanmoins Stéphanie pour rassurer les fans de OD Bali.

Au moment de chanter Maison, Stéphanie salue les couples dans la salle pour qui «ça a marché». «Ça t’apprendra à avoir sorti avec Alex Nevsky», rétorque sa sœur. Gaaaaa, y’en n’a pas, de tabou, à soir.

Racontant une très touchante histoire concernant l’amour sans bornes de leurs grands-parents, les sœurs affirment que leur grand-maman tripe solide sur Patrice Michaud et que c’est réciproque. Avis à Monde de Stars: On tient de quoi! Elles enchaînent avec un cover de Ils s’aiment de Daniel Lavoie. Leurs voix se font plus franches que jamais, plus réconfortantes, aussi. Il y a quelque chose de grand et de chaleureux dans toutes les interprétations qu’elles nous livrent avec authenticité. Leur Félix de Groupe ou duo de l’année était mérité, quoiqu’en pense Mario Pelchat.

Pour interpréter Gab des Îles, Mélanie nous explique que, quand elles ont joué cette toune aux Îles, elles l’ont appelée Samuel de Kamouraska, parce que le Gab en question travaillait sur le tech de la salle. «Mais tout le long, il était au courant!» C’est un malicieux, ce Gab des Îles.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Par le chignon du cou emporte les gens qui ne s’étaient pas encore emportés. C’est fou. «J’ai presque vu un mush pit», dit Mélanie. Du jamais vu pour un show des Boulay.

On nous donne ensuite l’ordre de ne chanter que si on chante bien pour la pièce Mappemonde, «parce qu’il y a déjà eu des plaintes pour ça», pendant les shows antérieurs.

Il y a une sensibilité exacerbée dans chaque chanson et une fougue dans chaque légère modification d’intonation qui donne une nouvelle vie à chaque morceau. Les sœurs Boulay fonctionnent magnifiquement en duo et le résultat de l’amalgame des pièces de tous leurs albums (et EP) est chaud comme un muffin aux bananes qui sort du four en novembre.

Bon appétit.

Je suis pas du genre à parler du linge des musiciens, mais je terminerai en disant que je voudrais l’adresse pour me procurer les robes que les sœurs portaient hier soir. Même si celle de Mélanie est une robe de maternité, je suis intéressée. Ok. Bye.

FME 2017 JOURS 3 et 4 : rien de plus bucolique qu’une scène devant un Rona…

Repas irréguliers et sommeil à temps partiel ponctuent encore notre FME pour la deuxième moitié de nos aventures en terre norandienne. C’est par un samedi ensoleillé qu’on se réveille à coups de pizza, de Pabst et de soundchecks. T’inquiètes, on a aussi une bouteille de Gravol.

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FME/Photo: Alexandre Demers

Par Élise Jetté et Alexandre Demers

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KROY/Photo: Alexandre Demers

C’est au bar Le Groove de la rue principale que KROY (une des moitiés de Milk & Bone) a donné rendez-vous à ses admirateurs pour le 5 à 7 du samedi. Tandis qu’on esquive quelques corps maladroits armés de bières (dommages collatéraux de la veille, on devine), on réussit à se tailler une place de choix près de la grande fenêtre qui souffle un malicieux vent glacial sur nos omoplates. Toute vêtue de noir (quoi d’autre?), elle fait son entrée sur scène, accompagnée de son comparse. Pendant une heure, elle déploie avec charme et délicatesse sa pop électro contemplative par le biais de morceaux enjôleurs issus de son premier album solo, Scavenger, paru l’an dernier. Elle se permettra quelques covers pas piqués de vers, dont la pièce Read My Mind de The Killers. Même si elle porte la couleur vedette chez tous les bons Alfred Dallaire, elle sait mettre de la vie dans un bar qui en redemande!

Mon Doux Saigneur

Pendant ce temps, le 5 à 7 de Mon Doux Saigneur en est un sous le signe du lancement. Cinq musiciens dont un marimba accompagnent Emerik St-Cyr Labbé, «aussi stressé qu’avant un oral au secondaire ou un tournoi de soccer.» Sur son album, il explore de grands thèmes controversés: «On vient de la Montérégie et on a dû apprendre le code vestimentaire de Montréal. La prochaine toune parle de ça», dit Emerik avant d’entamer Île aux calvaires. «Il est même pas sorti, pis il est là», dira-t-il également en expliquant que son album pas encore paru est quand même disponible en copies physiques. La magie existe, au FME.

Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté
Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté

En sortant de la salle des Chevaliers de Colomb, on tombe sur cette pancarte que l’on trouve très restrictive.

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Bingo/Photo: Élise Jetté

Boskorgï

Au pop-up shop sur la 7e rue, on devient tous fous lors de la perfo de Boskorgï. Authentischen Barbier est sur place pour couper les couettes en trop et donner des conseils de vie. Thomas et Antoine, concentrés, offrent la trame musicale à toute la sagesse qu’on réussit à puiser dans cet établissement. Tout le monde en ressort grandi et en état d’ébriété.

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Boskorgï/Photo: Élise Jetté

Au FME, il y a toujours une soirée où tu finis par manquer 5/6 des shows que tu voulais voir parce que t’es occupé à déguster des drinks aux fraises à 11 % d’alcool. Pour nous, c’était samedi. On n’a donc pas d’autres informations à vous donner sur ce samedi soir à part qu’il y avait beaucoup de vin gratuit au souper offert par la SOCAN. C’est pendant ce souper qu’on a fait un voyage dans le temps en voyant ce gars-là qui est le sosie d’au moins 3/4 des Beatles en 1964.

Le gard du groupe Anemone/Photo: Élise Jetté
Le gars du groupe Anemone/Photo: Élise Jetté

Le Couleur

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Le Couleur/Photo: Mathieu Aubre

Pour notre dernière journée de FME, on trouve du réconfort comme on peut en se faisant livrer de la lasagne en regardant une rafale d’épisodes d’Un souper presque parfait. Le motel: notre sanctuaire. Puisqu’on a le goût de s’activer lors du 5 à 7 quotidien, c’est à la scène Évolu-Son qu’on se dirige pour la performance disco-dansante de la formation Le Couleur. Tandis que les quidams de l’assistance sont répartis sur deux étages, on décide de prendre place au parterre parce qu’on sait ce qui nous attend: des chansons enflammées avec pas mal de groove langoureux. Le groupe le rend parfaitement alors qu’il entame une ribambelle musicale de son savoureux répertoire.

Le parterre se réchauffe autant au niveau des danseurs que de ceux qui regardent de façon louche les filles se déhancher un brin. Le groupe rend justice à sa réputation, notamment grâce aux performances remarquées des pièces La Fuite de Barbara et Voyage Amoureux, durant lesquelles son enthousiasme et son savoir-faire sont mis de l’avant. La troupe conclut le tout avec son succès L’amour le jour. Le Couleur est un peu à l’image de notre sommeil durant le FME: on en aurait pris plus longtemps.

Jean-Michel Blais

Pendant ce temps, on retombe sous le charme de Jean-Michel Blais à l’Agora des Arts. Plongé dans l’obscurité, il réussit à être le seul à briser le silence de la foule prosternée. Il y a un gars, sûrement un Italien, qui dit tout le temps «Bravissimo» entre les tounes. Blais, pour sa part, parle en français et interprète ses jolies pièces ainsi qu’une autre de Satie en guise de conclusion.

Jean-Michel Blais/Photo: Élise Jetté
Jean-Michel Blais/Photo: Élise Jetté

Klô Pelgag

C’est l’unique et colorée Klô Pelgag qui a la mission d’inaugurer la soirée sur la ô combien bucolique scène de la plage du lac Kiwanis. Dans un décor enchanteur incluant une sublime étendue d’eau et un poétique Rona l’Entrepôt (qui nous rappelle que la chainsaw de Black & Decker est actuellement en solde à 139 $), l’artiste livre un pot-pas-pourri-du-tout de ses chansons, mettant l’accent sur son plus récent opus L’étoile thoracique.

Rona/Photo: Alexandre Demers
Rona/Photo: Alexandre Demers

Entourée de ses musiciens/équipe de sécurité, elle exécute avec justesse et brio un set enchanteur qui charme toutes les oreilles rassemblées autour de la scène. Elle se permet d’ailleurs de remercier chaleureusement la foule de Rouyn avec qui elle avait précédemment eu un rendez-vous manqué, faute de santé. Tout est pardonné!

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Klô Pelgag/Photo: Alexandre Demers

Elle terminera le tout avec Les ferrofluides-fleurs tandis que le soleil fait ses adieux pour la journée (mais nous on est toujours là!). Elle dira aussi «Merci à la Terre de nous porter», un remerciement que trop peu d’artistes songent à faire.

Desjardins, on l’aime-tu!

Avant le tout dernier spectacle, c’est Matt Holubowski qui occupe la scène aquatique. Comme on l’avait déjà vu au Festival de Jazz, on choisit ce moment-là pour aller faire pipi (la file est vraiment longue) et aller acheter du gin tonique (la file est vraiment longue).

C’est le show d’hommage à Richard Desjardins qui conclut notre week-end, toutes les chansons baignant dans un brin de magie, que ce soit L’engeôlière, chantée par les soeurs Boulay ou Tu m’aimes-tu?, interprétée par Fred Fortin. Le frisson est présent à chaque toune.

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Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

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Fred Fortin/Photo: Élise Jetté

Rien ne pourra toutefois nous toucher autant que l’arrivée en triomphe de Richard Desjardins pour chanter Les Yankees avec Klô Pelgag. Beaucoup fondent en larmes pendant … et j’ai couché dans mon char, chantée avec les soeurs Boulay. Puis, tous se joignent à lui pour Chaude était la nuit.

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Richard Desjardins et Klô Pelgag/Photo: Alexandre Demers

Rarement un moment musical aura provoqué d’aussi grands émois, la foule étant bien consciente du peu de concerts offerts par Desjardins dorénavant, de son appartenance bien spéciale à sa ville où nous étions et de la puissance évoquée par tous les bons enfants de la musique québécoise qui s’unissent pour dire bravo et merci.

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La gang de l’hommage à Desjardins/Photo: Alexandre Demers

Pour avoir vu la version du spectacle (sans Desjardins) offerte au début de l’été aux Francos, je (Élise) dois avouer que le FME a eu droit à un tout autre spectacle, mieux rodé, d’abord, plus sensible et mieux enchaîné. J’avais pas braillé de même depuis la mort de Léo dans Titanic en 1997.

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Richard Desjardins/Photo: Alexandre Demers

Notre retour en petit bus blanc s’est fait le lendemain à l’aube. On mentirait si on disait qu’on n’a pas eu le mal des transports, mais tout ça en valait bien la peine.

Petite-Vallée JOURS 2 et 3 – Tragi-comédie avec Patrick Norman et Klô Pelgag

Après une première soirée haute en rebondissements à Petite-Vallée, les deux jours suivants nous ont également fait vivre des émotions fortes, notamment grâce à Patrick Norman en amour, les membres des Hôtesses d’Hilaire couchés sur le plancher du théâtre et Klô Pelgag en train de devenir ghost writer pour Mario Jean. Retour sur les jours 2 et 3 du Festival en Chanson de Petite-Vallée.

En début de soirée, c’est après quelques verres d’Aperol Spritz, un excellent repas de poulet et un shot de gin gaspésien, le Radoune, offert par le serveur au bar, que nous nous dirigeons vers le spectacle de Patrick Norman au chapiteau.

Notre chauffeur de navette nous étonne énormément en répondant au téléphone pendant qu’il conduit. Le plus étonnant n’étant pas qu’il réponde en conduisant, mais bien qu’il réponde en disant «Kess tu veux?», nous précisant, que, ici, c’est de même qu’on dit salut au téléphone.

Nathalie Lord et Patrick Norman/Photo: Élise Jetté
Nathalie Lord et Patrick Norman/Photo: Élise Jetté

On réalise bien vite que c’est presque un spectacle en duo, Patrick ayant beaucoup de mal à être séparé de sa concubine Nathalie Lord. Une voix entendue dès notre arrivée nous confirmera qu’il s’agit bien de sa blonde: «Patrick Norman, c’est avec elle qu’il frenche.»

Alors qu’on se laisse emporter par l’aspect romantico-tragique de la plupart des chansons de Patrick Norman, l’une de mes complices du week-end se révèle: «Moi je veux des Patrice Michaud dans ma vie, mais je finis toujours avec des Éric Lapointe.» Romantico-tragique, oui.

Patrick Norman provoque l’émoi, pour ne pas dire le scandale, lorsqu’il s’adresse à la foule en disant «Nathalie et moi, on a déjà partagé la même maîtresse.» On réalisera ensuite, avec les paroles de la chanson suivante, que la maîtresse en question, c’est la musique! Patrick, ce snoreau!

Mon amie et moi nous ferons également demander bien sérieusement par une fan de Patrick: «C’est-tu vous les Hôtesses d’Hilaire?». On n’a pas su interpréter si c’était un compliment ou non.

Pendant ce temps, y’a eu un beau coucher de soleil sur Petite-Vallée. Romantique.

Le soleil à son meilleur/Photo: Élise Jetté
Le soleil à son meilleur/Photo: Élise Jetté

Aussi, on a développé une passion pour les quotes, dispersées un peu partout ici. Romantique.

Félix Leclerc/Photo: Élise Jetté
Félix Leclerc/Photo: Élise Jetté

Il n’est pas faux d’affirmer que le show des Hôtesses d’Hilaire aura été flou pour la plupart des spectateurs qui semblaient affectés à différents niveaux par l’alcool, entre autres. Le début du spectacle, où un représentant des médias dont on taira le nom a offert au groupe une statue de moitié de crèche volée, demeurera un moment fort.

Les Hôtesse d'Hilaire/Photo: Élise Jetté
Les Hôtesses d’Hilaire/Photo: Élise Jetté

On a aussi aimé quand Serge Brideau, vêtu de ses plus beaux atours, s’est couché sur le dancefloor en demandant aux spectateurs affectés de faire un cercle assis autour de lui. Il manquait juste Raël.

C’est un spectacle qui permettait vraiment à tout le monde de s’exprimer à sa façon. Par exemple, cette fille, qui consommait son quart cuisse en utilisant la scène comme table.

Manger n'importe où/Photo: Élise Jetté
Manger n’importe où/Photo: Élise Jetté

Ce couple, les seuls spectateurs assis, a affirmé ne pas avoir de plaisir.

Pas de bonheur/Photo: Élise Jetté
Pas de bonheur/Photo: Élise Jetté

Le vendredi s’est terminé avec un concours de feux de camp sur la plage.

Le lendemain matin, après un déjeuner avec le boss du Festival en Chanson, on s’est rendu au spectacle Les rencontres qui chantent, des gens d’un peu partout qui ont bu de la bière à Petite-Vallée pendant dix jours pour composer des tounes.

Il y a eu des moments forts, comme ce moment où un participant de l’Alberta nous a expliqué que ce qui le passionnait, au Québec, c’est le bonheur de commander au Subway en français. Romantico-tragique.

Durant une chanson, aussi, une trompette s’est illuminée tel le pont Jacques-Cartier pour le 375e de Montréal.

En fin d’après-midi, c’est Klô Pelgag qui faisait son show au théâtre. «Aimez-vous les histoires d’amour? Moi oui! J’ai écouté Casper récemment», nous a-t-elle raconté d’emblée avant de nous faire une chanson d’amour.

Cette fille sait préparer le terrain.

Klô Pelgag/Photo: Élise Jetté
Klô Pelgag/Photo: Élise Jetté

Comme la dernière fois que je l’avais vue, elle avait une armée de musiciens de plus de trente personnes à ses côtés, j’avais peur de trouver la proposition réduite moins excitante, mais la jeune chanteuse sait se faire captivante tout comme elle sait se faire humoriste: «On me dit souvent que mon style ressemble à celui de Luc de Larochellière. Arrêtez de nous comparer!»

Klô Pelgag/Photo: Élise Jetté
Klô Pelgag/Photo: Élise Jetté

«Je vais vous faire une blague, mais je sais pas si Mario Jean la veut, nous a également dit Klô. J’ai rêvé à ça la nuit dernière et j’ai ri dans mon sommeil. C’est quoi le nom de l’ancien band de Fuudge? Sandwich aux œufs.»

Je suis pas experte, mais je pense que Mario Jean devrait être approché à ce sujet-là.

Elle terminera son spectacle en nous faisant des confidences: «C’est la première fois que je faisais un show avec un suppositoire.» Romantico-tragique.

Merci Klô. Pour l’honnêteté et le reste.

Alors qu’on fume partout comme s’il n’y avait pas de lendemain depuis trois jours (c’est un festival), on réalise qu’il fallait en fait, faire ça dans une zone réservée au tabac et munie d’une chaudière.

Zone pour fumer/Photo: Élise Jetté
Zone pour fumer/Photo: Élise Jetté

On se rend ensuite au grand chapiteau pour le show des soeurs Boulay qui vient avec des extras: Marie-Pierre Arthur, Klô Pelgag et Amylie. En plus de nous offrir des extras aussi excitants, les soeurs prennent le pouls de notre bien-être: «On espère que vous avez pas trop envie de pipi!»

Les soeurs Boulay et Marie-Pierre Arthur/Photo: Élise Jetté
Les soeurs Boulay et Marie-Pierre Arthur/Photo: Élise Jetté

C’est bien connu, les shows des soeurs Boulay, ça a tendance à virer trash. Heureusement, l’ensemble du corps policier de Grande-Vallée avait été déployé au cas où.

Tous les policiers/Photo: Élise Jetté
Tous les policiers/Photo: Élise Jetté

Tous les arrangements des chansons ont été remaniés, donnant un aspect surtout électro-pop très convaincant aux chansons. «On a fait des nouveaux arrangements, dit Stéphanie. On a mis papa en première rangée et il arrête pas de dire qu’il trouve ça bon. On va toujours faire ça.»

Pour la fin de soirée, Fuudge (Sandwich aux oeufs) jouait au théâtre, mais la fatigue nous gagnait et Cheval-Serpent, mettant en vedette Claude Bégin, avait été mis en ligne sur Tou.TV, donc nous sommes rentrés pour apprécier les talents de comédien de l’homme à la plus belle chevelure du Québec (accessoirement, en train de danser dans une cage).

Cheval-Serpent
Cheval-Serpent