TOP 2020 FRANCO positions 10 à 1

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums francophones préférés de l’année, positions 10 à 1.

Photo: Pexels/Artem Podrez

10 Olivier Bélisle – Broderie 

Juste avant la première vague de COVID-19, je suis allée au Quai des Brumes pour le lancement de ce doux album. Ça a fini jam packed avec tout le monde assis sur le plancher collant du bar, le smile fendu jusqu’aux oreilles. Même si on avait su ce qui s’en venait pandémiquement parlant, on n’aurait pas pu en profiter plus: on était déjà au max! De «la misère qui se lit dans les yeux de la caissière» à la phrase «tout le monde est parti sans nous dire salut», on a reconnu notre vie des derniers mois dans les textes de Bélisle qui sont simplement humains. Je me suis réchauffée la fin de printemps triste avec la Broderie d’Olivier Bélisle et, croyez-moi, c’était vraiment moins pire après qu’avant.

– ÉLISE JETTÉ

9 Comment Debord – Comment Debord 

Qui n’a jamais écoeuré un de ses amis qui devait aller au chalet de ses parents au lieu de faire le party dans un sous-sol à 16 ans ? En 2020, c’était cette personne qui était dans une position confortable.  Travailler dans la résidence secondaire qu’elle recevra en héritage d’ici une couple d’années, pendant nous autres, encore sur le party 14 ans plus tard, ont a passé l’année dans notre 4 1/2 encombré de plantes. Si j’ai réussi à vous soutirer un petit sourire, c’est exactement l’effet que les paroles du premier album de Comment Debord auront sur vous. Les références linguistiques servent de carburant au voyage que nous propose le groupe. La langue française est ici un vecteur de la réussite de cet album. Les images sont fortes, l’amour de notre langue nationale résonne au travers des dix chansons de ce premier album réussi.

– MATHIEU AUBRY

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8 Original Gros Bonnet – Tous les jours printemps 

Original Gros Bonnet. Que dire! Moi qui pensais que le jazz c’était juste bon pour les gens qui aiment se la jouer Tit Joe Connaissant au souper de famille. Ben torpinouche! Le jazz, y’a des jeunes qui font ça. Pis qui en font du hip-hop (insérer une face de surprise). Le pire là-dedans, c’est qu’ils sont 32 dans ce groupe-là, mais il n’y a qu’un seul MC. Plus facile comme ça. Personne ne se bat pour le spotlight. En même temps, ça aurait très bien pu s’appeler Franky Fade et ses copains. Mais ce sont des reals. Chaque instrument compte. Avec pas de plug-ins. Des puristes dont l’album se doit d’être savouré bord en bord et plus d’une fois.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

7 Jonathan Personne – Disparitions 

L’aventure rock-spaghetti se poursuit avec succès pour le troubadour de Corridor, et à l’entendre produire autant de belles manières de nous dire qu’il s’ennuie de sa blonde, on en vient à se demander si, finalement, ça nous tente qu’il la retrouve. Jokes! On veut toujours le mieux pour ce Jo Robert, par ailleurs illustrateur de talent qui, je me fatigue à le dire, transforme en or tout ce qu’il touche.

– JULIEN ROCHE

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6 Antoine Corriveau – Pissenlit 

Ce quatrième album m’a permis de découvrir, enfin, l’univers d’Antoine Corriveau. À l’écoute de Pissenlit, étrangement, je me suis retrouvée avec Mano Solo dans une voiture à Paris. Mano, c’est l’un des artistes qui m’a donné le plus de frissons avec des textes francophones. À sa manière, Pissenlit impose lui aussi de s’arrêter pour écouter ce qui est proposé. Musicalement, l’émotion embarque à chaque nouvelle direction que prend l’album: un rock bruyant, parfois explosif, très cinématographique. Corriveau nous projette dans son roadtrip par une force narrative irréprochable. On voit tout: les poubelles, la sortie pour Lewis, l’urinoir. La route, on l’entend tout le temps. Mais il y a aussi quelque chose de très universel quand il nous parle de lui, de la perte d’êtres chers, du Québec, de réconciliation avec les peuples autochtones et du racisme systémique. C’est sûrement pour ça que ses textes m’ont évoqué ceux de Mano Solo, qui crachait pourtant, dans un tout autre style, sa rage d’échapper à la mort. Ces deux-là mettent toute la beauté de la langue française au service des pensées parfois sombres, des gens à peine regardés, des lieux crades. Pissenlit mettra tout le monde d’accord: de très loin, c’est l’un des plus beaux albums de cette année.

– LISE BRUN

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5 Eman – 1036 

Toc toc toc? Qui est là? Eman, avec un nouvel album. Ah tu pensais que c’tait bon ce que j’avais fait jusque-là? Ouin, ben j’ai des petites nouvelles pour toi. Ça, c’est comme vraiment bon. Je pense en tout cas. Mais de ce que j’ai compris, y’a des gens qui ne peuvent plus se passer de cet album et qui l’écoutent en boucle. C’est sûrement parce que c’est pas pire. Oh! Pis je fais une bonne partie de la prod moi-même. En tout cas. Achète ça, pis au pire donne-le en cadeau à ta belle-soeur à qui tu sais pas quoi acheter. Paix.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

4 P’tit Belliveau – Greatest Hits Vol. 1 

Avec son premier album Greatest Hits Vol. 1, P’tit Belliveau arrive déjà à s’inscrire dans la cour des grands. Avec un son unique qui mélange le country, les synthés et les rythmes hip-hop: c’est un incontournable de l’année. Income Tax, on en est certains, a rythmé bien des soirées de danse confinées. On présume aussi que Les bateaux dans la baie a suivi plusieurs visites à la SQDC. Tout ça sans compter sur les grandes qualités de mélodiste de l’Acadien qui réussit aussi à nous rendre nostalgico-mélancolique avec L’eau entre mes doigts et Rain and Snow. À écouter à tout prix.

– RAPHAËL BOIVIN

POUR LIRE L’OPINION D’UNE GRAND-MÈRE SUR P’TIT BELLIVEAU, CLIQUEZ ICI.

3 Les Hay Babies – Boîte aux lettres

Quel genre de lettre trouve-t-on dans la boîte des Hay Babies? Des correspondances des années 60 entre Montréal et Moncton. Plus qu’un regard sur un autre temps et une totale plongée dans une époque aussi intéressante que culturellement riche, les trois girls nous montrent aussi un regard sur la vie qui sort de tout ce qui prend normalement racine à Montréal. On fait du tourisme sans bouger grâce au trio du Nouveau-Brunswick qui sait manier l’instrument à cordes sous tous ses aspects avec style et éclat. J’aimerais faire partie du groupe.

– ÉLISE JETTÉ

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2 Klô Pelgag – Notre-Dame-des-Sept-Douleurs 

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, c’est le plus beau cadeau qui me soit arrivé pendant la pandémie. Avant sa sortie, Klô Pelgag nous dévoilait des vidéos de ses nouvelles chansons tranquillement, comme si elle voulait qu’on prenne le temps de les déguster comme les petits chocolats de mon calendrier de l’Avent Kinder. Sauf qu’à la fin, c’est pas un gros œuf sucré avec une bébelle en plastique dedans que j’attendais avec impatience, mais un album concept extraordinaire, rempli d’émotions, de cohérence et que j’ai dévoré avec appétit. J’affirme même sans hésiter que Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est encore plus délicieux que tous les chocolats du calendrier!

– ELISABETH MOTTARD

1 Mon Doux Saigneur – Horizon 

Mon Doux Saigneur fait partie des chanceux qui ont fait paraître leur album avant l’arrivée de la COVID, ce qui nous a permis de vivre l’album Horizon sur scène. Sur la ligne de cet horizon, Emerik St-Cyr Labbé dessinait déjà en janvier un soleil indélébile, une joie transcendante, des rythmes qui accompagnent les plus tristes années afin qu’on ose bouger quand même. Oui, l’avenir pandémique se dressait devant nous comme une montagne, la COVID était en route, mais on avait une armure lumineuse pour entamer la guerre. La formation a fait un progrès fou depuis la sortie de son premier album homonyme en 2017. L’assurance et la maîtrise des instruments s’est rendue jusqu’à nous. Mon Doux, merci.

– ÉLISE JETTÉ

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ADISQ 2020: survivre à la grande dépression

J’espère que je ne recevrai pas de poursuite d’un regroupement de profs d’histoire en nommant ce qui suit la grande dépression. Et attendez-vous à être déprimés durant votre lecture. Je vous rapporterai quelques moments cocasses pour casser la tristesse ambiante, mais je ne sais pas si ça va être assez. Ça fait longtemps que l’ADISQ est mon moment musical préféré de l’année. Je m’ennuie des années où ma seule déception était celle de ne pas voir mes artistes favoris remporter les Félix. En 2020, ça fait plus mal que ça.

On ne fera pas comme si on n’avait pas passé l’année devant notre écran. Les photos de ce texte sont toutes les photos de ma télé. Quand les choses se passent dans l’écran, il faut parfois se résigner à capturer l’essence même du climat dans lequel on vit. Et c’est peut-être même une mise en abyme que d’illustrer cet article sur le Premier gala et le Gala de l’ADISQ à l’aide de photos de cadrage de télé. Une œuvre dans une œuvre où l’on parle des œuvres de l’année…

Le Premier gala de l’ADISQ

«Il n’y a pas de collègue, pas de public, on n’est pas en direct», nous annonce d’emblée l’animateur Pierre Lapointe muni d’une tenue on ne peut plus au point: moi aussi devant l’imminence de la fin du monde je voudrais qu’on me vêtisse d’objets contondants pour me défendre.

En symbiose avec l’année qu’on vit, l’introduction du gala nous montre une série d’artistes en nomination qui parlent à leur téléphone on qu’on nous sert en montage pixélisé au son inégal. «Moi j’fais pas de musique par exemple», dit  Yannick De Martino, nommé pour Spectacle de l’année – Humour. Inquiète-toi pas, Yannick, on est plusieurs, depuis plusieurs années à se demander pourquoi les Olivier sont invités à l’ADISQ!

Le numéro d’ouverture nous montre le groupe Salebarbes et on a la confirmation que, si on avait été invités, on n’aurait pas été déçus par rapport aux cheveux de Jonathan Painchaud.

Les Hay Babies se joignent à la partie avec les tenues les plus cool qu’on n’a jamais vues de notre vie. L’Internet nous apprendra plus tard que les tenues, elles les ont cousues elles-mêmes. J’ai juste une question, ici: les filles, je peux-tu être une Hay Babies moi aussi? 

C’est toujours avec son adéquate tenue de brontosaure que Pierre Lapointe nous parle de l’augmentation de l’offre des spectacles en Facebook live durant les 8 derniers mois, une offre qui est, selon moi, l’équivalent médical d’un diachylon de Spiderman sur une fracture ouverte de la hanche.

Pierre prononcera aussi les mots que tout le monde va dire et redire en cherchant un sens, en se demandant s’il y en a vraiment un: «notre industrie est à rebâtir».

Et c’est le début de ce que j’appellerai le constat «L’Amérique pleure, pis c’est vrai!» avec le premier trophée décerné aux Cowboys fringants, pour Antipodes, l’Album meilleur vendeur de l’année.

C’est autour d’un feu de camp qui est loin d’être assez chaud pour réchauffer l’âme de la culture Québ que le groupe procède à des remerciements standards. 

L’Album traditionnel de l’année est celui de Salebarbes: Live Au Pas Perdus

On est toujours satisfaits du cuir chevelu de Painchaud et que dire de la moustache à deux étages?

En regardant la salle du Corona où le house band s’exécute, pas de public, je ne peux m’empêcher de dire «bon enfin de la place pour montrer le house band». Sont toujours cachés dans le noir, en arrière d’un décor de Moment Factory, mais LÀ, c’est leur moment. Bravo.

C’est Dominique Fils-Aimé, récipiendaire du prix d’Album Jazz de l’année 2019, qui vient remettre le prix 2020.

C’est Jacques Kuba Séguin et son album Migrations qui l’emportent! Dans sa vidéo de remerciement, il dit: «merci à mes enfants, surtout à ma grande fille Ella». Donc les enfants, si papa vous a toujours dit qu’il n’avait pas de préféré, c’est ici que vos rêves cassent en morceaux. 

«On a été testés par les évènements», dit Jacques. Nous, on espère juste que t’as pas été testé COVID positif.

Le Spectacle de l’année interprète est celui de Véronic Dicaire qui reçoit étonnamment son premier Félix en carrière. Elle parle des 27 personnes qui la suivent en tournée tout le temps. De mon côté, je m’adresse aux 27: «ça roule la PCU?»

L’Album ou DVD de l’année Jeunesse est remis à celui qui ne change jamais de chapeau, mais on espère au moins qu’il le lave de temps en temps: Arthur L’Aventurier et L’aventure au bout du monde en Australie. Une chose est sûre, avec cette vidéo pour enfant, il a visé juste. Si on peut pu jamais aller nulle part, on va au moins aller en Australie avec Arthur. C’est tout ce qu’il nous reste.

Son remerciement contient la phrase que j’ai toujours haïe, mais que j’haïs encore plus en 2020: «Merci la vie».

Depuis le début du texte, je vous épargne quand même pas pire en termes de dépression, mais je dois mettre quelque chose au clair tout de suite: Le Premier gala de l’ADISQ nous montre durant toute la soirée, de petites entrevues avec des artistes d’ici qui nous racontent leur tristesse de ne plus faire de show, leurs remises en question, leurs idées folles de s’ouvrir une boulangerie, un potager urbain ou un magasin de vélos. Tout le monde a l’air d’amorcer sa quatrième saison de dépression saisonnière. Des bands nous disent qu’ils ne se sont même pas vus entre eux, séparés par des zones rouges, jaunes et oranges. Confinés dans les univers virtuels respectifs où les jams ne sont jamais vraiment des jams.

Ça pourrait être déjà assez triste de même, mais les pubs entre les remises de prix, c’est: la fille qui est partie en ambulance pour sa COVID le jour de sa fête, une madame qui a besoin d’une prescription pour ses infections urinaires chroniques, un gars qui tripe tellement sur le porc du Québec qu’il réveille sa chum en pleine nuit comme un sociopathe pour avoir la recette, un couple qui se sépare et qui pleure devant sa fille alors que toute la petite famille marche «sur des œufs» (mais pour vrai là! LE PLANCHER, C’EST DES ŒUFS) pour donner vie à la métaphore «marcher sur des œufs» de la manière la plus triste jamais vue. 

Miro et Sarahmée nous font une prestation agréable. Si l’humeur était à -4, on est rendus à 2 sur une échelle de 1 à Luc Senay.

Corridor s’est fait voler le trophée d’Album rock de l’année qui est rentré à la maison avec les Cowboys fringants pendant que l’Amérique pleurait de cette situation.

Mon seul point dans mon pool de l’ADISQ pour cette soirée-là, je le dois à la talentueuse Alexandra Stréliski qui est l’Artiste québécoise ayant le plus rayonné hors Québec. En guise de remerciement, elle nous sert une vidéo triste où on la voit se balader avec Inscape, son album, dans des rues européennes désertes. C’est ça, en 2020, rayonner à l’étranger. En termes de tristesse, cette scène arrive juste après celle où Kate laisse tomber Léo dans l’eau glaciale en gardant le radeau de fortune pour elle. 

Charles Richard Hamelin remporte son cinquième Félix avec celui de l’Album de l’année Classique soliste et petit ensemble: Chopin – ballades et impromptus.

L’Album de l’année Classique orchestre et grand ensemble est Pulsations d’Angèle Dubeau et la Pieta. «C’est mon 44e album», déclare-t-elle sans dire son âge.

Nomadic Massive monte sur scène juste avant que Flore Laurentienne perde le Félix d’album instrumental de l’année aux mains de Gregory Charles, ce qui suscite chez moi l’envoi de ce genre de message:

Comme j’attends Noël depuis le début de la pandémie (c’est la seule fête qui me rattache encore à un semblant de magie), je suis ravie qu’Isabelle Boulay gagne le Félix d’Album de l’année – Réinterprétation pour En attendant Noël.

L’Album de l’année autre langue est celui de Nikamu Mamuitun et si jamais vous n’avez pas entendu la chanson Tout un village, il faut remédier à ça maintenant, pleurer un peu et se ressaisir comme on peut après.

Pierre présente des prix devant le Mac – sûrement habillé par le MAC aussi, c’est de l’art, ça – avec Roxane Bruneau.

L’Album de l’année country est celui de Patrick Norman qui remercie plein de monde d’être venu à Nashville. Si t’es dans l’industrie pis que t’as pas été invité à Nashville par Pat, je t’invite à te poser des questions.

Le spectacle de l’année Humour est celui de Sam Breton, puis une bourse de 5000 $ est remise à l’un des artistes détenant sa première nomination cette année. On connaissait pas mal tout le monde sur la liste, sauf les gagnants: Le Diable à Cinq.

Le symptôme dépressif s’accentue lors de la pause publicitaire suivante avec des gens habillés en jaune pour parler de beurre de peanut. Je sais que les temps sont durs, mais sont payés combien? Écrivez-moi si vous savez.

Zal Sissokho repart avec le Félix de l’Album de l’année Musique du monde et Elisapie remporte celui du meilleur Spectacle autre langue.

Vous pouvez maintenant détourner le regard si les rencontres Zoom commencent à vous faire vomir dans votre bouche un petit peu. Le Spectacle de l’année anglophone est celui de Patrick Watson qui est présent avec sa gang: unis, mais séparés. 

Comme si l’état psychologique collectif en chute libre avait besoin d’un autre Zoom.

C’est sûrement pour faire remonter l’indice de bonheur des Québécois que P’tit Belliveau arrive. Dans sa vidéo de pandémie, après sa perfo, il dit – deux fois plutôt qu’une – qu’il vit sa vinaigrette. Merci man.

Alicia Moffet et Fouki viennent chanter pour les 18-24, puis le Zoom de Patrick Watson revient avec le prix d’Album anglophone de l’année.

Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur est sacré meilleur album Alternatif de l’année et Choix de la critique.

Entre deux remises de prix, Fouki nous dit que 2020, c’est comme tomber dans une bouteille d’alcool fort que tu ne connais pas, mais tu passes à travers quand même et le lendemain tu ne te souviens de rien. À date, je n’ai trouvé personne qui a eu une meilleure idée que lui.

Alors que les vidéoclips inventifs ont déferlé sur nous plus vite que la COVID l’aurait fait au Bal en Blanc, c’est pourtant un clip qui nous montre une danse en ligne dans un bar de campagne qui a remporté le Félix de Vidéoclip de l’année. L’Amérique pleure, pis c’est vrai.

LISEZ NOTRE ARTICLE PRÉ-ADISQ INTITULÉ «COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance» 

Le Gala de l’ADISQ

On a surnommé le gala du dimanche le festival du follow spot sur les toits de Montréal, du moins pour l’ouverture du gala durant laquelle toutes les lumières et les drones de la ville avaient été sollicités. De toute façon, il ne se passe rien d’autre ces temps-ci alors l’ADISQ avait le premier choix.

Louis-José Houde fait son numéro d’ouverture dans un studio de Radio-Canada devant un public aussi nombreux qu’à une messe du dimanche en ces temps où l’astrologie a remplacé la religion. 

Il ne nous présente pas pour autant un numéro approuvé par le clergé, lançant des flèches à tous ceux qui ont été dans les médias pour les mauvaises raisons durant l’année. «Bon qui qui reste? Ceux qui ne sont pas en prison, faites du bruit», dit-il avant de mentionner qu’il pensait être seul avec Renée Martel ce soir étant donné les délits commis en 2020 par les artistes d’ici. «Ce soir, y’aura pas d’hommage aux grands disparus. Sont tous vivants», mentionne-t-il également étant donné que les disparus sont disparus pour des raisons légales et ne sont pas morts, comme dans le bon vieux temps.

«J’ai dit oui pour animer le gala le 12 mars. Je ne pensais pas que ça finirait en PowerPoint», dit Louis-José devant une poignée d’artistes en dépression.

«Les gens veulent faire l’amour, c’est la tendance», dit-il ensuite en faisant des jokes de graines. Émile Bilodeau a l’air de dire «iiiiii va pas là».

Steven Guilbeault, nous fait son petit message de ministre et on réalise qu’il est fatigué comme nous tous. C’est pas comme si le Patrimoine canadien était si prenant ces temps-ci, Steven! Dors un peu!

Louis-Jean Cormier, désormais porteur de chapeau, nous interprète Je me moi, une chanson d’actualité puisque la pandémie nous a inévitablement menés à un repli sur nous-mêmes.

Le premier prix est remis à KNLO pour le meilleur album rap de l’année et tout le monde a un petit malaise cardiaque quand il reste à sa place. Eh oui! Les remerciements se font directement à la chaise du gagnant cette année. KNLO fait des salutations à tout le monde, même à La Mauricie.

Au retour de la pause c’est Marie-Pierre Arthur qui vient chanter Tiens-moi mon cœur et sa perfo est covid-friendly et demeure en mode bulle familiale : c’est son fils qui danse.

Louis-José y va d’un petit numéro sur la deuxième job que pourrait occuper chaque artiste: «Lisa Leblanc, elle pourrait être n’importe quoi pis ça serait l’fun. Broder un napperon, changer ta fournaise. Je la truste dans toute. C’est l’inverse de Kaïn. Eux j’les truste dans rien. C’est sûrement des bonnes personnes, mais ça m’a pas l’air porté sur le deadline

Robert Charlebois vient présenter le prix d’album Adulte contemporain. Il en profite pour dire à Louis-José qu’il le trouve drôle avec cette expression, jamais entendue avant, que l’on va désormais adopter: «Tu me fais pacter».

Assez troublant, dans cette catégorie, d’entendre back à back Yé midi kek part de Kaïn, puis Tatouage de Pierre Lapointe. On ne s’imagine pas que c’est possible comme adversaires. 

C’est le rebaptisé «Jean-Louis Cormier» qui gagne.

Eli Rose et Marc Dupré nous proposent un duo improbable, puis Louis-José fait des jokes sur la consommation de drogue des artistes, notamment en leur annonçant que la cocaïne coûte désormais trop cher pour leur budget en mode PCU.

L’Album folk de l’année est L’étrange pays de Jean Leloup.

Après, je me demande vraiment pourquoi la Révélation de l’année est présentée par Mazda. T’as pas de char quand t’es Révélation de l’année.

Installée en mode «piano bar» sur un piano de plus de deux mètres de long pour respecter les règles, la Révélation de l’année 2003 Ariane Moffatt présente un numéro d’intro avec Louis-José puis c’est la Révélation 2019, Alexandra Stréliski qui présente Eli Rose, la gagnante, qui est surprise pour vrai et qui se vide de ses larmes sous les recommandations d’Alexandra qui la réconforte à l’autre bout de la salle, à une distance de type «autre indicatif régional téléphonique».

L’Album pop de l’année est celui de Marc Dupré. On a ensuite droit à une bonne pub sur la gestion de patrimoine avec un homme pour qui c’est une passion, la gestion de patrimoine.

On apprend aussi qu’il est possible de louer un chauffe-eau.

Puis le meilleur numéro de 2020 est celui présenté par Anachnid, Flore Laurentienne et Matt Holubowski. Un trio bien pensé et bien distancé comme seule 2020 est capable de le faire.

Louis-José rit du mot «RÉINVENTER» avec raison, alors qu’on a passé les huit derniers mois à regarder les shows les plus tristes au monde sur Internet.

Robert Charlebois repart avec le Félix du meilleur Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Avec Ben Dion, adieu les problèmes de son», dit-il pour remercier son soundman. J’aimerais ça le rencontrer, Ben. Il remercie également Louise Forestier. «Louise, 50 ans d’amitié! La prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va être une chanson bubble gum comparé aux horreurs qui nous affligent.» En fait, il aurait probablement été plus adéquat de dire: la prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va l’être pour vrai.

Je me demande si ce Félix pourra être remis l’an prochain même si on aura eu 4,7 semaines de shows au total durant l’année et aucune véritable tournée.

On a ensuite droit à une pub de vin d’épicerie et à une autre pub qui nous montre une fille qui fait du lavage, mais que son linge pue pareil. Le clou du spectacle publicitaire: une pub de fuites urinaires qui a jouée six fois durant la soirée. Rien pour te permettre de fuir tes problèmes…

La vie d’écran, ça permet de faire un medley de Pauline Julien, au siècle dernier, qui chante avec Pierre Lapointe aujourd’hui, puis Isabelle Boulay, sur scène, qui chante avec une Monique Leyrac en noir et blanc.

Profiter du fait que notre vie est désormais virtuelle pour faire un medley qui mêle deux siècles différents: je dis oui.

Kent Nagano présente le prix Artiste autochtone de l’année en mode vidéo dans une pièce avec autant d’écho qu’un sous-marin. Elisapie l’emporte et fait un touchant discours qui est le seul que le chronomètre sonore ne coupera pas.

La Chanson de l’année est L’Amérique pleure des Cowboys fringants. Le groupe nous livre le mensonge du jour dans ses remerciements: «Merci d’avoir joué nos tounes à la radio et beaucoup de musique Québ durant toute l’année». NOPE.

On assiste ensuite à l’une des pubs les plus tristes depuis celles des banques alimentaires: une pub de banque avec Deux par deux rassemblés de Pierre Lapointe version piano en noir et blanc qui nous montre des travailleurs de divers milieux qui ne vont pas s’en sortir durant la crise sanitaire.

L’Auteur-compositeur de l’année est Louis-Jean Cormier, le Groupe de l’année est Les Cowboys fringants

Isabelle Boulay, qui était là pour le numéro avec Pierre Lapointe plus tôt n’est pas là pour la remise du prix d’Interprète féminine de l’année dans laquelle elle est nommée.

ÉTAIT-ELLE EN HOLOGRAMME TANTÔT? Ou est-elle allée se coucher avant sa catégorie?

C’est la grandiose Alexandra Stréliski qui remporte la statuette. «J’ai trop bu de Bulles de nuit», dit-elle comme si elle était à O.D. à l’autre poste. Elle aborde une fois de plus la douceur, parce que c’est pas mal juste ça qu’il nous reste cette année. «J’ai hâte de vous revoir à côté de ce cauchemar», ajoute-t-elle. Nous aussi.

Émile Bilodeau est l’Interprète masculin de l’année et il fait son discours, écrit sur une feuille quadrillée sans lever les yeux. Voyons, Émile! T’as pas appris ton exposé oral!

Il termine par «Vive le Québec libre!» pour faire plaisir à sa date: son petit frère, mais aussi, avouons-le, pour se faire plaisir à lui-même. Et en cette année sans plaisir, qui serions-nous pour juger ce comportement?

Louis-José Houde termine avec la phrase la plus 2020 possible: «Y’a tellement de Purell dans’ place que tout le monde est stérile».

À l’image de la musique durant la dernière année, l’ADISQ était là malgré tout. Mais les trous dans la salle, semblables aux trous dans les salles de spectacles (lorsqu’elles sont ouvertes) nous amènent à croire de moins en moins à de plus en plus de choses. Les derniers VRAIS shows, non-distancés, qu’on a vus au début du mois de mars dernier nous semblent déjà anachroniques. Approcher les autres, sans masque, que ce soit pour dire bonjour ou pour faire un mushpit, est une idée complètement déjantée, illusoire et probablement passible d’une amende. 

La musique est la solution à beaucoup de sentiments négatifs. Espérons qu’elle saura nous faire passer à travers la grande dépression.

«Boîte aux lettres», des Hay Babies: quand les kilomètres se comptent en miles

Les Hay Babies

Boîte aux lettres

Simone Records

****

Montréal, c’est le centre du monde. C’est là où les espoirs déchus croisent la confiance précaire et le succès provisoire. But c’est là que ça se passe Mom, que Jackie elle a dit à sa mère. L’espérance plein le baluchon et la vieille guitare sur le dos, elle a quitté son Acadie natale pour la «grand-ville». Le nouvel opus et troisième album du trio de Néo-Brunswickoises Les Hay Babies, Boîte aux lettres (Simone Records), raconte en musique le parcours de vie de ce personnage, cette artiste, qu’on devine mi-fictive, mi-réelle.

Cette jeune femme que racontent les filles, Jacqueline, aurait réellement existé quelque part dans les sixties. Cette même époque qui prescrit une ambiance sonore caractéristique à l’album. Les lignes de basse grasse et la guitare ondulante nous rendent nostalgiques d’une ère musicale que l’on a pour la plupart pas vécue – les autrices-compositrices-interprètes y compris. 

Pour moi qui ai eu la chance en 2016 de faire le chemin inverse de Jackie – c’est-à-dire quitter l’Outaouais pour Moncton – l’album s’écoute d’un trait et se vit comme un roadtrip sur une transcanadienne que je connais déjà trop bien. 

Boîte aux lettres est un disque concept, mais peut aisément s’écouter sans aucune référence. Vivianne Roy (guitare électrique, guitare acoustique, guitare classique, batterie, percussions, voix), Katrine Noël (basse, percussions, voix) et Julie Aubé (guitare acoustique, guitare électrique, guitare 12 cordes, piano, synthétiseurs, voix) offrent certainement leur album le plus abouti en carrière.

Elles seront de passage à Gatineau en avril prochain, puis aux Francos de Montréal en juin, mais l’idéal, c’est d’aller à leur rencontre à la maison, chez elles en Acadie.

Festif! 2019 JOURS 3 & 4:

Dur matin où l’essoufflement physique et psychique commence à se faire sentir. On prend rapidement congé du spectacle de la relève charlevoisienne qui a lieu dans notre tente (pour ne pas dire dans notre corps) pour aller déjeuner. En fait, on est parti tout juste après avoir fait la connaissance de Garou version Secondaire en spectacle.

Par Élise Jetté et Julien Roche

On colle une éternité à nos sièges au bistro La Muse, question de se remettre les yeux en face des trous, en se frappant les cuisses d’histoires sur Kevin Parent. Les casseroles et les bénédictines sont un upgrade significatif sur par rapport aux huevos de la veille (ou ce sont les mimosas qui ramollissent nos caprices).

Tire le coyote/Photo: Élise Jetté

On est rendu à une portion du week-end où on commence à sentir la présence inhabituelle des 40 000 festivaliers dans une ville qui en compte 8 000. En gros, les autres humains sont vraiment trop là. On écoute quelques tounes de Tire le coyote sur le quai, dont sa traduction libre de Video Games de Lana Del Rey. Un hélicoptère surgit au même moment et le chanteur s’exclame: «Ça doit être Lana». Puis on file tout droit vers le Mordor de glaise qui nous jute à travers les orteils. Au bout du périple: le sanctuaire. On s’installe le cul dans l’eau, au coin Saint-Laurent/du Gouffre. Pas de crème solaire. Pas de cellulaire. Pas de souci.

Pomme et Philémon/Photo: Élise Jetté

La Cour à Johanne est remplie de forains assis, sereins, qui apprécient tout autant que nous un spectacle surprise à l’ombre. Philémon Cimon, attendrissant de nervosité, explique ses premières phrases qui tiennent par du tape en s’écriant «chu Gauvreau!». Il est aussi super excité au moment où Pomme joue avec sa guitare: «Je suis fan de Pomme, c’est pour ça que je parle toujours de pommiers dans mes chansons.»

S’ensuivent des chansons touchantes avec Pomme à l’appui et de larges exposés historiques sur St-Joseph-de-la-Rive, hameau voisin, qui devrait considérer Philémon comme ambassadeur officiel –  rarement entendu un gars jaser de son village avec autant d’amour sincère. 

«Il va où le capo?», demande Pomme avant l’un de leurs duos. «Tu peux tricher et faire semblant de jouer comme à la télé française», répond Philémon en riant.

Durant la prestation, il est aussi souvent question de LSD.

CRABE/Photo: Julien Roche

Détour vers la scène Pantoum/ la Bête pour rejoindre Gab et Mertin, le duo le plus fusionnel du festival: CRABE. Une foule compacte est au rendez-vous pour une petite rasade de musique normale.

CRABE/Photo: Julien Roche

Le temps d’un jingle de la Nintendo Wii, le band prend un instant pour nous confier que «Martha Wainwright aime vraiment une de nos tounes, elle l’a dit au show de Louis-Jean Cormier» avant d’entamer Ab hoc & ab hac, extrait de Le Temps Feel.

Les gars s’amusent avec une complicité punk gamine qui nous fait oublier qu’ils ont déjà une décennie de carrière et que le récent Notre-Dame de la vie intérieure est leur 7e (!) album.

«Après nous, c’est Fet.Nat, c’est un groupe de malades. Ils sont tout le temps en train de nous copier, mais genre un an à l’avance…»

– Mertin

Fet.Nat offrait un show et un set assez similaire à sa présence aux Francos

Fet.Nat/Photo: Julien Roche

Ils offrent peu d’interactions entre les décoctions jazz-punk qu’on leur connaît et la poésie franglaise ronchonnée de JF.No.

Poule/Photo: Julien Roche

La foule est polie, quoique assez maigre pour un groupe dont l’album récent se retrouve en short list du Polaris… surtout lorsqu’on se rappelle comment Les Louanges, également sur la shortlist, a tout brûlé jeudi soir!

TEKE::TEKE/Photo: Julien Roche

Enfin! Les fans, très nombreux à se coller dans la boucane chaude des food trucks avoisinants, auront enfin autre chose à se mettre sous la dent que le court EP Jikaku.

TEKE::TEKE/Photo: Julien Roche

C’est de la bouche du célèbre curé Armand Bégin que l’on apprend la sortie imminente d’un album pour la troupe de rock surf/eleki. Ce même curé Bégin aime le métal et tolère les beuveries sur le parvis de son église, « tant que ça se ramasse après ».

TEKE::TEKE/Photo: Julien Roche

Il en est seulement à son deuxième Festif, lui qui passait d’ordinaire ses vacances à l’extérieur, mais c’est en direct de son garage que trombones, flûtes et guitares se font aller. 

Chapeau à une foule très dense malgré les Trois Accords qui font une féroce compétition à trois minutes de marche.

Élise sacrifie sa nuit de sommeil pour assister au show de Philippe B au lever du soleil.

C’est facile pour personne, comme en témoigne cette image:

Pas facile/Photo: Élise Jetté

Il n’y a pas d’endroit inapproprié pour se planifier un trip à trois.

Petite sieste/Photo: Élise Jetté

Sur le quai à l’heure du midi, on essaie de rester réveiller en se recrinquant à la bière. Emilie Kahn nous berce pour la fin des festivités et c’est dans cette enveloppe qu’on se met à la poste. Retour à Montréal après tout ce qu’il y a eu de beau à Baie-St-Paul.

OUMF 2017 : un beau party hip-hop sur Saint-Denis

Sans être la plus surprenante de son histoire, la programmation 2017 du OUMF reste particulièrement intéressante de par la variété qu’elle offre. Ceux qui n’auront pas fait beaucoup d’autres festivals cet été trouveront le moyen d’y faire des belles découvertes.

Ce midi, le Bordel Comédie Club accueillait le lancement de programmation de l’édition 2017 du festival officiel de la rentrée: le OUMF. Avec du mimosa et des bouchées, c’est sûr qu’un pauvre pigiste comme moi n’allait pas manquer l’occasion. Je ferais tout pour de la bouffe gratuite. Y compris écouter quarante minutes de conférence de presse peu rythmée.

Hormis les nombreux présentateurs accueillis par Sébastien Nasra, président et fondateur d’Avalanche Productions, qui coorganise le festival, les journalistes et partenaires présents ont également eu droit à une brève prestation de Bad Nylon. Les deux chansons jouées m’ont permis de prendre un peu le pouls du groupe, que je n’avais pas revu en show depuis un peu plus d’un an, soit avant leur gros changement de line-up. Le résultat est pas mal différent, mais je compte les voir dans une formule de spectacle complet avant de critiquer. Ce sera donc un rendez-vous le 8 septembre prochain.

Sinon, pour ce qui est du line-up plus directement, parce qu’on le sait bien que c’est ce qui vous intéresse au fond, et non pas mes états d’âme: la diversité sera au rendez-vous, même si le hip-hop reste dominant.

Le OUMF répartira ses activités musicales sur trois scènes, et je vous invite surtout à surveiller la scène Fido. La soirée du 7 septembre sera sous le signe du rock, avec The OBGM’s, Fred Fortin, Les Deuxluxes, Les Hay Babies, Gulfer, Hoan et Anémone.

Le 8 septembre sera plus hip-hop et accueillera les deux grosses têtes d’affiche sur une même scène, soit DJ Windows 98 (Win Butler d’Arcade Fire) et DJ Yella (ex NWA). On pourra aussi voir et entendre, notamment, Ragers, Grandbuda, Bad Nylon et Hologramme.

Le 9 septembre oscillera encore une fois entre hip-hop et électro, en recevant sur les diverses scènes de la rue Saint-Denis, Koriass (qui sera peut-être là ou pas), Eman x Vlooper, Ryan Playground, Radiant Baby, Shash’U et Men I Trust.

Ajoutez à tous ces concerts des activités d’art de rue, des jeux et du sport et vous vous retrouvez avec un beau programme bien chargé. Notons d’ailleurs qu’une activité d’initiation au quidditch sera présentée par le Cégep du Vieux-Montréal samedi le 9 à midi. L’évènement de la rentrée pré-OUMF aura lieu le 24 août avec Paupière.

Pour tous les détails sur l’édition 2017 du OUMF, on vous invite à visiter leur site web officiel juste ici.

Le buffet : Brown sous les pluies diluviennes

Chaque lundi mercredi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Brown rapplique avec un incroyable clip pour la meilleure chanson de son album homonyme.

Les producteurs GooMar et GrandHuit (du collectif franco-québécois Tour de Manège) envoient un EP «érotico-délirant»

L’intraitable Souldia met la table pour son Sacrifice avec un nouveau clip.

Tout nouveau projet formé par des membres de Red Mass, Pypy, Loose Pistons et Révolution En Cours, le groupe hip-hop Brakhage frappe fort avec son premier EP.

Le Montréalais d’adoption Dead Horse Beats propose le premier extrait de sa prochaine parution, qui fait suite à l’intéressant Single People paru en 2014.

Toujours impliqué dans plusieurs projets en même temps, le beatmaker Dr. MaD présente un autre EP de calibre.

Sur un génial beat de Tommy Kruise, le rappeur Gabe ‘Nandez dévoile son flow détendu avec précision. Le clip est à voir au moins jusqu’à la fin.

Le duo électro Beat Market se joint à la chanteuse/rappeuse Aiza (dont le flow rappelle celui d’Azealia Banks) pour la relecture de See What I Mean.

Gagnante des Francouvertes 2009, la formation Ariel sort sa pop rock aux accents funky sur Serpents/Échelles, premier extrait de son prochain album.

Réalisé par Didier Charette, ce nouveau clip de Caravane met en scène une jolie passion aveugle.

À quelques jours de la sortie de leur nouvel album, les Hay Babies dévoilent le clip de Môtel 1755.

Enfin, Émile Bilodeau lançait Rites de passage il y a quelques jours. L’ensemble de ce premier disque est en écoute sur son Bandcamp.

Le buffet : déferlement de cactus avec Plants and Animals

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine dernière. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Plants and Animals a dévoilé la semaine dernière cette vidéo pour la pièce Stay, enregistrée au studio Mixart à Montréal. Réalisée par Joseph Yarmush de Suuns, cette vidéo donne un bel avant-goût de l’album Waltzed in from the Rumbling, attendu pour le 29 avril.

Premier extrait d’un EP à paraître en mai pour Charlotte Cardin.

Du rock triste avec La Fête qui présente L’amour tantrique / CXVI.

Sam Eloi propose une toune qui se veut comme une pause introspective dans le processus d’écriture d’un album entièrement inspiré d’un canari (t’as bien lu).

Après J’aime les oiseaux, Yann Perreau récidive avec T’embellis ma vie, tirée de Le fantastique des astres, à paraître le 15 avril.

Voici l’album solo complet en anglais de Laura Sauvage du groupe Les Hay Babies. De la très bonne musique de dimanche après-midi pour chiller (ou n’importe quel autre jour de la semaine si vous avez l’habitude de chiller souvent).

Rouge Pompier y va de chevelure bleue et de jogging intense motivé par une fuite dans ce clip de la chanson Autobus, réalisé en 4K par Jessy Fuchs, le chanteur du groupe.

La chanteuse d’Eli et Papillon se joint à Rymz pour ce premier extrait de son second album.

Un clip tout simple pour la montréalaise FOXTROTT et sa pièce Brother, tirée de son premier album A Taller Us.

Critique de l’album Mon Homesick Heart des Hay Babies

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La vague Acadienne post-Lisa Leblanc a accouché d’un premier rejeton qui va faire beaucoup jaser, bouger, mais qui ne marquera pas les esprits.

hay-babies-mon-homesick-heartLa comparaison entre Lisa Leblanc et les Hay Babies était inévitable. Celles qui ont remporté les Francouvertes l’année dernière font dans le country-folk bien au goût du marché musical québécois. Le son est juste assez léché, les harmonies vocales juste assez présentes et les paroles juste assez touchantes et drôles pour plaire à un public assez vaste.

L’album ouvre sur Bonnie And Clyde, chanson drivée par un duo banjo et harmonies vocales avec des gros coups de drums en percussions. Une pièce qui va certainement faire taper des mains et hocher de la tête lors des spectacles. Les petits breaks rythmiques du refrain sont bien sentis et les couplets sont solides.

J’ai vendu mon char a un petit côté cinématographique à la The Last Shadow Puppets, mais en plus atmosphérique. C’est la meilleure pièce de l’album, et de loin.

Il est impossible de ne pas apporter de comparaison avec Lisa. Pas que les Hay Babies soient incapables d’avoir un style bien à eux, mais la populaire protégée de Bonsound a tellement pavé la voie à cet hybride folk rock country indie qu’il est très difficile de s’en éloigner. Un album double Lisa Leblanc/Hay Babies, dans lequel les deux artistes font des covers de l’autre, serait, par exemple, un succès assuré, tant les deux musiques se rejoignent.

Les Hay Babies n’ont toutefois pas ce petit côté trash propre à Lisa. C’est beaucoup plus propet et soft tout en restant country et banjo-friendly, comme sur Fil de téléphone. Il y a aussi de beaux moments de douceurs avec Trop Frette, Mon Homesick Heart et Me Reconnais-Tu?.

Avec François Lafontaine (Galaxie, Karkwa) à la réalisation, on aurait pu s’attendre à une belle surprise. Au final, on a droit à un album honnête, qui s’écoute très bien, mais dont on ne parlera plus l’année prochaine. Il faut toutefois que cet album est la preuve que le country est en train de se tailler une place dans la musique alternative du Québec.