La Saint-Jean à Laval : si t’arrives de la Rive-Sud, ça te fait deux ponts à traverser

C’était soir de Fête nationale, à Laval, dimanche et tous les sceptiques pouvaient rapidement être convaincus à la vue des quidams vêtus de chapeaux-parapluie (deux en un) à l’effigie du drapeau provincial. Le périple commence à Montréal, évidemment. Retour sur une aventure en terre lavalloise:

Klô Pelgag/Photo: Élise Jetté

Au bout de la ligne orange, on réalise d’abord que personne s’en va à Laval:

Personne/Photo: Élise Jetté

Dans la frénésie nationaliste et parce qu’on n’a pas de public, la station Sauvé ne nous inspire qu’une chose: une interprétation a capella de Sauvez mon âme #Luc

En sortant du métro, on réalise qu’on est à Laval. Il y a des pylônes électriques.

L’hydroélectricité/Photo: Élise Jetté

Après avoir joué aux charades dans un autobus de la STL pendant exactement 15 arrêts, on arrive au Centre de la nature où l’on suit le troupeau en quête de l’entrée VIP où nous sommes attendus. Des gens avec des walkies-talkies nous invitent à rebrousser chemin environ sept fois, sans nous donner d’indication sur la bonne direction à prendre. Ça ne serait pas la situation la plus chiante au monde s’il ne mouillait pas à plein ciel et si j’avais pas autant envie de pipi.

Une pénible marche humide sur cette rue des moins attrayantes nous laisse espérer une arrivée imminente.

La lumière au bout du tunnel/Photo: Élise Jetté

Puis, après avoir consulté un responsable de stationnement ébahi de nous voir arriver sans auto, on se ramasse au coeur d’un safari.

Le safari/Photo: Élise Jetté

On a marché tellement longtemps et la vue est tellement belle qu’on pense s’être rendus dans les basses Laurentides.

Les Laurentides?/Photo: Élise Jetté

Ce sont finalement les affiches VIP et une odeur de purin qui nous guident, de même que le son des poules en émoi. On atteint une tente d’accréditation VIP où l’on nous dit: «vous pouvez vous rendre à la zone avec une petite marche de 7 minutes ou bien vous pouvez attendre la voiturette de golf.» L’envie de pisser étant à son paroxysme, l’idée de marcher encore 7 minutes provoque notre hilarité. À ce moment de l’histoire, tout le monde pense qu’on a perdu l’esprit.

La faune/Photo: Élise Jetté

Une fois dans la zone VIP, il n’y a pas de doute qu’on est VIP: on fait pipi dans les mêmes toilettes que le maire de Laval.

Le maire/Photo: Élise Jetté

Sur scène, le début du spectacle est imminent. Le gars que personne connaît tant que ça, Neev, fait des blaguettes que les gens ne rient pas tant que ça:

«Est-ce qu’il y a des gens de Laval? Yes, le 450 est dans la place!»

«Est-ce qu’il y a des gens de la Rive-Sud? Bravo! Ils ont traversé deux ponts!»

Puis, le maire, qu’on a déjà croisé aux toilettes, monte sur scène pour un discours de 33 secondes avant qu’on nous ébahisse avec les Petits Chanteurs de Laval, bien juchés au plafond.

Les chanteurs dans les airs/Photo: Élise Jetté

Vincent Vallières les rejoint pour deux tounes et s’exclame: «Laval est la meilleure place au monde pour célébrer la Saint-Jean!» Vraiment, Vincent? La meilleure place AU MONDE?

Marc/Photo: Élise Jetté

Marc Déry, que personne n’avait vu depuis 2011 à part Élyse Marquis, assure la suite du spectacle. Il est rapidement rejoint par Antoine Corriveau et Matiu pour Les femmes préfèrent les ginos, une toune dans laquelle on peut entendre des valeurs d’aujourd’hui:

Un jour j’vas m’tanner, j’vas devenir
Phallocrate et macho
J’les aurai toutes à mes pieds
Quand y’ auront peur de moé
Pis qu’y m’auront dans’ peau

Klô Pelgag vient sauver la situation avec Les ferrofluides-fleurs dans son habit de grande occasion. Elle enjoint même le caméraman de montrer sur les écrans, sa broderie à la hauteur des hanches: les années des deux référendums. En coulisses, après le spectacle, Klô nous avouera que cet évènement était d’autant plus excitant que le caméraman était Manu, de Mixmania.

Antoine Corriveau/Photo: Élise Jetté

Antoine Corriveau entre ensuite en scène pour le meilleur cover de la chanson québécoise depuis l’album de Safia: il nous interprète N’importe quoi d’Éric Lapointe avec la même passion que moi au karaoké, mais avec du talent pour le chant.

Neev échoue dans la tâche de nommer l’album d’Antoine qui vient de chanter sa toune Croix blanche et France D’Amour monte sur scène en mettant le mauvais temps sur le dos de Justin Trudeau.

La pauvre France tente de faire chanter quelques phrases de ses tounes par le public, mais elle doit se buter à une évidence: les Lavallois connaissent pas les paroles de ses chansons.

C’est au moment où elle chante Animal en gesticulant avec des moves hips, qu’on comprend d’où vient le rap Québ.

La crème/Photo: Élise Jetté

Gros highlight de la soirée, ensuite: Random Recipe, Donzelle, Marie-Gold et Sarahmée s’emparent de la scène pour un medley hip-hop tout à fait délicieux. La «crème du hip-hop féminin», nous dit-on en fin de prestation. VRAI.

Énorme pied de nez à l’épouvantable idée des Francos de ne mettre aucune femme dans son spectacle hip-hop. Merci.

Matiu, France D’Amour et Vincent Vallières chantent à nouveau pendant qu’on cherche des cèleris pour nos bloody caesar.

La pénurie/Photo: Élise Jetté

Puis, Émile Bilodeau chante Tu me dirais-tu?, une pièce qui n’est pas sans rappeler les thématiques abordées plus tôt par Zébulon dans Les femmes préfèrent les ginos:

Tu me dirais-tu si la longueur de sa graine était au-dessus de la moyenne?

Finalement, Paul était correct la veille au soir, mais ça n’a pas empêché Émile Bilodeau de mettre son t-shirt de Paul Piché. Un bel hommage.

En fin de prestation, qui est la seule à date à susciter les chants de la foule, Émile a ben de la misère à nommer André Papanicolaou et Alex McMahon.

Puis, il quitte en soulignant qu’on est un peuple qui a dit non à son indépendance deux fois. C’est le troisième message patriotique de la soirée après la broderie de Klô et la pluie due à Trudeau de France D’Amour.

Marc Déry revient chanter et ça a l’air que c’est propice à se frencher:

L’amour/Photo: Élise Jetté

Il nous chante encore deux pièces, Marie-Louise et Poisson d’avril, parce que ça a l’air qu’il va plus chanter ce soir que durant les cinq dernières années.

Beyries s’amène pour nous faire son interprétation de Si j’étais un homme. Avec le déluge qui nous assaille, nous aussi, on aimerait ça qu’elle soit capitaine d’un bateau vert et blanc. Marc Déry devient Louis-Jean Cormier, le temps de chanter J’aurai cent ans.

Klô Pelgag nous revient pour Samedi soir à la violence et elle salue bien bas la chorale comme le démontrent ces deux images:

Klô/Photo: Élise Jetté
Klô/Photo: Élise Jetté

Kim Thuy vient expliquer toute l’étendue du terme «être Québécois». On l’aime.

Kim/Photo: Élise Jetté

Puis, c’est l’arrivée de Diane Dufresne qui chante Oxygène au même moment où plus personne ne peut respirer à cause de la fumée. Ça tombe sous le sens.

Diane?/Photo: Élise Jetté

Notons que ça se pourrait que Diane n’ait jamais vraiment été là. Très peu l’ont vue à travers l’épais nuage.

Daniel Bélanger est le clou du spectacle. Parce que c’est Daniel Bélanger. Il déroge au setlist pour nous chanter Le parapluie parce que personne est sorti de là au sec.

Les feux d’artifice se déroulent sur la musique d’Afrikana Soul Sister et c’est beaucoup plus beau que ça en a l’air:

Affreux feu d’atifice/Photo: Élise Jetté

Tout le monde revient (sauf Diane et France) pour chanter Dans un Spoutnik. Parce que c’est la Saint-Jean.

Philippe B, Klô Pelgag et Keith Kouna à Laval pour Diapason

Ça fait longtemps que t’as pas pris le pont vers Laval? Non seulement tu vas pouvoir y aller pour une bonne raison cet été, mais tu vas pouvoir camper là-bas! Le Festival Diapason, qui se tiendra du 5 au 8 juillet, propose cette année le premier camping urbain à Laval.

Le Festival musical indépendant Diapason soufflera ses 10 bougies en inaugurant son premier camping urbain. Pour cette édition, quatre jours de festivités attendent le public sur la Berge des Baigneurs, dans le quartier de Sainte-Rose (là où l’on trouve des bagels), avec plus de 30 formations musicales, des croisières sur la Rivière des Mille-Îles, le retour du Village Diapason et plein d’autres affaires comme des produits dérivés excitants qu’on collectionne depuis plusieurs années.

Pour souligner ses 10 ans, le festival se permet une rétrospective en rappelant trois artistes qui ont marqué les dernières éditions à plusieurs reprises. Philippe B et Klô Pelgag seront de la fête le 6 juillet et Keith Kouna montera sur la scène lavalloise le 7 juillet.

Du vendredi au dimanche, il sera possible de dormir sous les étoiles au coeur de la ville BECAUSE IT’S SO TRENDY.

Les forfaits camping sont en vente dès aujourd’hui au www.festivaldiapason.com

Restez à l’affût pour le dévoilement de la programmation complète!

Venez donc avec nous en 2018!

Pouzza Fest 2017 : Vivre vite, consommer local

La septième édition du Pouzza Fest, le rendez-vous des punks de tout acabit au centre-ville, débute le 19 mai et, comme de raison, FAV vous prépare un topo sur les groupes locaux à surveiller pendant cette fin de semaine de disto, de friture et de sueur.

Pouzza en 2016. / Photo: Caroline Perron
Pouzza 2016 / Photo: Caroline Perron

On ne se mentira pas. Notre passion pour la scène locale est infinie et c’est sûr et certain qu’on va militer pour nos talents locaux au-delà des Daggermouth, PUP, LagwagonMustard Plug et autres têtes d’affiche. Mais on vous parle de nos héros locaux aussi parce que nous sommes à peu près certains qu’ils ne se feront pas annuler leur spectacle pour des raisons hors de notre contrôle. À la lumière des menaces formulées en futilités grammaticales par Owen Pallett envers des groupes de noise rock, on vous propose plusieurs options pour rester sain-e-s et sauf-ve-s dans le monde des musiques dangereuses. «Live fast, eat fast, die whenever», mais seulement si whenever c’est pas en fin de semaine, OK?

Ce sont 46 des 158 projets proposés par le Pouzza qui viennent du Québec, ce qui fait un pourcentage assez costaud pour des projets qui ne sont pas nécessairement boudés par les autres festivals de l’été, mais pas toujours en tête dans les listes des promoteurs. Tant mieux pour nos papilles avides de découvrir le goût de la pouzza de ce qui est beau et bon par chez nous. Classons-les en trois catégories.

Les trésors cachés de l’Île

On dit «trésors cachés», mais certains des noms qu’on va entendre nous sont bien connus. Qu’on parle de Barrasso, BonVivant, Laval (L/\ \/ /\ L) qui a fait bonne figure sur notre top 20 des parutions de 2016 ou de La Carabine et leur #drumjaune, on a des bons repères et de bonnes valeurs sûres. Il suffit d’arriver un peu avant ou un peu après pour trouver ces fameux joyaux qui font moins souvent la manchette. Pensons à Dumb Adults, nom auquel l’auteur du présent billet peut aisément s’identifier, qui passent avant BonVivant, Crash Ton Rock et The Dirty Nil, vendredi aux Katacombes. Ou encore Sunday, qui joue à point nommé, dimanche et qui se faufile entre The Wet Bandits et Serenity Now aux Foufounes Électriques. L’horaire est assez varié pour être Capable! (samedi, Théâtre Sainte-Catherine) de passer une soirée au centre-ville sans que ce soit un Downtown Fiasco (vendredi, Foufounes Électriques).

Québec sans le Pantoum

La ville de Québec a réussi à rayonner au-delà de la région de la Capitale nationale au courant des dernières années grâce aux vaillants efforts d’une bande dans une salle DIY. Par contre, il serait faux de penser que c’est le seul point de création culturelle dans la ville. Quelques projets qui vont dans le sens du punk font aussi un contrepoids face à tous les auditeurs du FM93 qui restent pris sur l’autoroute Henri IV. Ils font preuve de Persistence (dimanche, Café Cléopâtre) pour montrer le meilleur d’eux-mêmes à Montréal. On note les passages de The Robert Creek’s Saloon et de Our Darkest Days, respectivement au Jardin des Bières (Clark/Maisonneuve) le samedi et au Café Cléopâtre le dimanche, ainsi que de Mhedved, dimanche aux Katacombes, juste après L /\ \/ /\ L.

Je r’viens d’loin, toi tu t’en vas nulle part

C’est cruel dit de même, mais si tu viens de Montréal et que tu restes à Montréal pour le Pouzza, c’est vrai que ta route est moins longue que celle de ceux qui viennent des scènes décentrées. On a nommé Crash Ton Rock, straight outta Jonquière, mais notons au passage les valeureux Two Miles Left de Saint-Jérôme, My Cone Buddy, fameux one-man-band de Neuville ou encore Cirrhose et Cendrier de Valleyfield et Toy Gun Criminal de Sherbrooke.

Le centre-ville prend son beat d’été avec le Pouzza. Manque pas ta chance de représenter ta scène locale. La programmation, plus détaillée et plus claire, se trouve juste ici.

TOP 2016 ANGLO positions 20 à 11

C’est le moment de revenir sur 2016 pour souligner les bons coups. On reviendra pas sur les moins bons coups parce que ça nous obligerait à avouer que, cette année, le Caboose Band a fait le Club Soda avant Dead Obies. Voici, pour commencer, nos albums anglophones locaux préférés de l’année (on a étiré notre amour de la musique locale jusqu’en Ontario cette année. C’est quand même juste à 1h56 de Montréal en train).

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20 Jessy Lanza – Oh No

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Découverte en 2014 avec son excellent Pull My Hair Back, puis appuyée par nul autre que Caribou, la réputation de l’Hamiltonienne – et de Jeremy Greenspan de Junior Boys par le fait même – n’était plus à faire. Si elle ne parvient pas à battre sa première parution avec Oh No, reste que l’album présente une électro pop variée, actuelle et toujours bien produite. Aussi à surveiller: son court EP de remix Oh No No No paru le 10 décembre dernier. (MATHIEU AUBRE)

19 Laval – | /\ \/ /\ | |(EP)

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Nouveau nom et nouvelle forme pour les magnats du rock méchant de la scène anglo de Montréal, Fashion Police. Sous son sobriquet Laval (écrit | /\ \/ /\ |), la formation a fait paraître en novembre un premier EP d’une quinzaine de minutes qui fait preuve d’une grande férocité et qui frappe là où il faut. Quinze minutes et «une férocité qui frappe», c’est aussi le temps et le sentiment créés en moi quand j’écris | /\ \/ /\ | (ETIENNE GALARNEAU)

18 Laura Sauvage – Extraordinormal 

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Additionnant une couche agréablement plus sale et rock par rapport à son travail avec Les Hay Babies, Viviane Roy propose avec Extraordinormal une aimable transformation appuyée par son réalisateur, Dany Placard. Cet album aux tons psychédéliques et libertins rassemble profondes et franches allégations qui entrent dans nos veines épurées de monotonie. On ne se lasse point du détachement accrocheur de son univers éclaté. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

17 CRi – Tell Her (EP)

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Pour CRi, 2016 aura été l’année de la confirmation. On savait qu’il était bon, on se doutait qu’il s’en allait quelque part avec ses beats future bass qui flirtent avec le house. Et on n’a pas été déçus avec la sortie de Tell Her, un mini album époustouflant qui a ajouté une nouvelle dimension à la musique du producer. Pas mal sûr que 2017 sera l’année de la consécration. (MATHIAS BP)

16 The Posterz – Bored In Canada (EP) 

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Sans parenté aucune avec la toune de Father John Misty, The Posterz a sorti le concis, mais efficace, EP Bored in Canada, proposant des échantillonnages du groupe d’électro quasi-homonyme, Boards of Canada. Les trois pièces, en quinze minutes, prouvent que le trio du West Island a une force de frappe qui mérite l’attention au sein des deux solitudes. (ETIENNE GALARNEAU)

15 Leonard Cohen – You Want It Darker 

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La légende montréalaise Leonard Cohen a fait son chant du cygne sur You Want It Darker, un 14e et dernier album doux, poétique et touchant qui présageait subtilement sa mort (il s’est pas mal fait scooper son concept par David Bowie au début de l’année, mais bon). Monsieur Cohen était déjà une icône mondiale de la musique avant son passage dans l’au-delà, mais il est maintenant immortalisé à tout jamais parmi les étoiles de Montréal dans le cœur de tous les amoureux de la culture. On est un peu tristes, mais on est surtout ben fiers! Hallelujah! (ALEXANDRE DEMERS)

14 Rust Eden – Apartment Green 

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– C’est pas moi qui l’a choisi.

– Okay…

Apartment Green, c’est un bijou qui mérite d’être connu. Ce 2e album, nous aide à voir où les gars veulent aller, parce que ça prend deux points pour tracer une flèche, une direction. Réminiscences floues. L’ambiance est étrange sur ce disque-là. C’est comme se rappeler d’un évènement sans savoir si on était triste ou heureux au moment où c’est arrivé. C’est du bon stoner rock psychédélique, mais très accessible. Faut voir ça en spectacle, c’est incroyable. (LOUIS-ALEXANDRE COUTURE)

13 Groenland – A Wider Space 

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Les membres de la formation indie pop Groenland n’auront pas trop écouté les conseils hurlés de PKP («En français!») et auront plutôt suivi leurs instincts en proposant A Wider Space, un deuxième album organique avec un pas pire sens de la mélodie, tout en douceur et en beauté. PKP n’est plus en poste, mais Groenland l’est encore et toujours. On dit ça, on dit rien… (ALEXANDRE DEMERS)

12 Dear Criminals – Live (avec le Choeur JFP)

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Il y a des moments musicaux qui sont difficiles à oublier. La soirée passée avec Frannie, Charles, Vincent et un choeur complet dans l’Église Saint-Jean-Baptiste fait partie de mes moments phares de l’année, tout comme l’album live qui en découle. Une sensibilité accrue émane des pièces que l’on entend résonner dans le vaste espace. Si y’avait eu une mouche dans l’église, on l’aurait entendue voler. Heureusement, y’en n’avait pas. L’enregistrement est au point! (ÉLISE JETTÉ)

11 Charlotte Day Wilson – CDW (EP) 

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Après deux singles lancés l’an dernier et des collaborations avec Badbadnotgood, Froyo Ma et Iglooghost, on avait assez hâte de voir ce que Charlotte Day-Wilson avait de plus à nous offrir. Son CDW EP ne déçoit pas, avec des textures R&B chaleureuses et satinées, accompagnées d’une charmante voix toujours complètement on point. Shoutout également à son merveilleux acolyte River Tiber pour le featuring réussi sur Where Do You Go. (MATHIEU AUBRE)

 

À venir sur FAV:

TOP 2016 ANGLO positions 10 à 1 – vendredi 16 décembre

TOP 2016 FRANCO positions 20 à 11 – lundi 19 décembre

TOP 2016 FRANCO positions 10 à 1 – mardi 20 décembre

Diapason 2016 : Une fin de semaine au pays de Sainte-Rose à Laval

Il mouillait à boire debout, samedi midi, sur l’Île de Montréal, alors que je comptais me rendre à mon rendez-vous annuel à Sainte-Rose, Laval, pour la huitième édition du Festival Diapason. Bien déçu, j’ai troqué mon vélo pour un transport en voiture. La municipalité de l’Île Jésus devra me re-séduire, puisque la piste cyclable a beaucoup ajouté à mon expérience de l’an dernier.

 

Samedi 9 juillet: Comme si j’étais Luck Mervil

Un billet pour le Festival de Jazz et de fausses promesses de mon fournisseur internet m’ont tenu loin de Laval pour les deux premiers jours de Diapason. Ainsi, j’ai malheureusement manqué des performances, entre autres, de Bernhari, Rosie Valland, Simon Kingsbury, We Are Wolves et Les sœurs Boulay. J’y ai même manqué Les Goules, ce qui vient vraiment diminuer ma cote d’assiduité sur mon défi personnel de voir le plus de spectacles possible de la tournée Coma.

On m’a proposé de me joindre à quelques journalistes et blogueurs pour découvrir Sainte-Rose et les différentes activités du festival. J’ai préféré me mêler à la foule foisonnante de Diapason. Vivre le terrain. Avec les spectacles sur la Scène Découverte, devant l’école Villemaire, l’expérience Diapason ne sera que plus complète! Surtout si je parviens à voir Marc Gravel de Laval, North of the Border, Give Me Something Beautiful et La Greffe.

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Programmation de la Scène Découverte, 9 juillet

Sauf qu’il mouillait à boire debout, samedi midi, sur l’Île Jésus aussi. Alors, hormis Marc Gravel de Laval qui a joué un peu avant mon arrivée, tout était annulé. C’est bien dommage pour le festival, et aussi pour l’unique festivalier présent sur le site: moi. J’aurais aimé, comme Luck Mervil, être seul dans la foule, mais la foule elle-même ne m’en a pas laissé le privilège.

Comme la pluie tombe sur la mer…/Photo: Etienne Galarneau
Comme la pluie tombe sur la mer…/Photo: Etienne Galarneau

Au moins, le Salon du vinyle et de la musique est ouvert jusqu’en soirée dans l’école Villemaire. Cependant, l’absence de festivaliers coupe court aux activités. J’ai le temps de fouiller pour quelques aubaines pendant que les exposants, présents depuis le petit matin, commencent à quitter vers 16h30. Parmi mes trouvailles, le nom de ce duo guitare et flûte de pan m’interpelle particulièrement.

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Toute une famille, de toute évidence/Photo: Etienne Galarneau

De retour sur la rue Sainte-Rose, je cherche une activité qui n’est pas mise en péril par la pluie. À ma grande déception, les ateliers de karaté shotokan ne sont pas reliés à Diapason.

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Le karaté, c’est le mardi et le jeudi/Photo: Etienne Galarneau

Je retrouve des collègues qui ont fait la tournée médiatique et je commence à me dire que je pourrais les rejoindre. Cette décision se conclut par un repas au Boating Club de Laval qui a gâché ma vie: savoir que je ne pourrai manger la nourriture de ces chefs tous les jours rend désormais mon existence similaire au septième cercle de l’enfer. Mais je m’égare.

Toujours est-il qu’en plus de me rendre existentialiste, ce repas m’a également fait arriver sur le site principal un peu après la prestation de The Vasts. Par chance, Diapason voit son terrain rempli par des festivaliers enthousiastes. Pour Milk and Bone ainsi que Timber Timbre qui suivent juste après, le public est ouvert, à l’écoute et très satisfait. En général, les gens sont plus heureux que ce surveillant du trampoline, fermé en raison des intempéries.

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C’est pas son quart de travail le plus trépidant, on va se le dire/Photo: Etienne Galarneau

Milk and Bone introduit le mot qui résume le mieux la programmation du samedi: audace. L’audace de commencer une prestation avec Coconut Water, leur plus gros succès. Certaines langues salles pourraient dire qu’il n’y a plus rien à présenter après le hit, mais les filles confondent les sceptiques, exactement comme le ferait le Capitaine Bonhomme. Leur performance est ponctuée par quelques nouveaux morceaux, notamment une musique composée pour la bande sonore du film King Dave de Podz. Le tout se conclut par une autre nouvelle composition, présentant des accents beaucoup plus dansants que ce que nous a proposé le duo par le passé. Un signe de bon augure pour leur postérité.

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Milk and Bone/Photo: Etienne Galarneau

La suite est offerte par Timber Timbre. À la demande du groupe, nous ne pouvons prendre des photos qu’à partir de la console au fin fond du terrain, et ce, durant les deux premières chansons seulement. J’ai tenté l’expérience durant le spectacle de Milk and Bone. À distance égale, le résultat est le suivant. Et rappelons-nous que je suis un expert photographe.

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Milk and Bone pas net/Photo: Etienne Galarneau

Pour la peine, nous avons tenté de recréer avec grand talent une scène du spectacle. La formation est placée à contre-jour avec de grands éclairages monochromes pendant une grande partie de la performance. Le tout crée une ambiance psychédélique et mystérieuse qui ajoute du grandiose au spectacle. Timber Timbre est électrisant. Dans ses interventions fugaces, Taylor Kirk remercie le festival et ajoute un énigmatique «It’s not so bad after all». Parle-t-il de la météo ou de la ville de Laval? Nul ne saurait dire.

Timber Timbre, dans l’œil de Galarneau
Timber Timbre, dans l’œil de Galarneau

Dimanche 10 juillet: le rattrapage

Pour une raison ou une autre, j’ai été sollicité pour faire l’animation musicale sur le site du festival dès 11h le dimanche. Acoquiné avec un membre du personnel, j’arrive très tôt sur le site et je crains de revivre la solitude. La température est encore un peu grise à l’Île Jésus et on sent les remous de la veille. De 11h à 13h, les âmes sont rares à Diapason. On apprend cependant que le responsable des grillades aime Pup, les serveuses au bar trippent Dead Obies, la sécurité adore Dubmatique et les spectateurs assis à la zone VIP ont un faible pour Richard Séguin. On salue au passage ce spectateur qui a profité de l’événement pour alimenter son Snapchat.

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On intercepte le début de la performance de Bolduc Tout Croche qui présente son country chargé d’une sensibilité urbaine unique et touchante. Il ajoute également quelques pièces électriques, absentes de sa performance aux Francofolies, qui lui donnent un côté rock très appréciable et qui ajoutent une belle diversité à la prestation. Une performance égale à l’accueil du Festival, selon l’artiste: «king size».

Bolduc Tout Croche/Photo: Etienne Galarneau
Bolduc Tout Croche/Photo: Etienne Galarneau

Pharaon joue sur la Scène Découverte, enfin ouverte!, mais a presque terminé sa performance lorsque j’arrive pour les voir. Leur proposition noisy me donne confiance en la formation, malgré la présence d’un violon; signe de méfiance chez moi depuis Capitaine Révolte et Yellowcard. À mettre sur ma liste des groupes à voir dans un avenir rapproché.

Pharaon/Photo: Etienne Galarneau
Pharaon/Photo: Etienne Galarneau

Retour à la Scène Principale pour capter Pépé et sa guitare (et son ukulélé, des fois, aussi). Je ne l’ai pas vu en performance depuis environ 11 ans et son spectacle à Diapason ne m’a pas dépaysé. Ce qui est un bon signe. Le début est marqué par de vieux classiques et le chanteur transite tranquillement vers des titres d’albums plus récents. On note le travail exemplaire de deux musiciens qui s’échangent basse, guitare et percussions. Il interprète également un nouveau titre, intitulé «C’pas parce que t’as quequ’tattoos qu’t’es tough», qui parle peut-être de notre rédactrice en chef, Élise Jetté.

Pépé et sa guitare/Photo: Etienne Galarneau
Pépé et sa guitare/Photo: Etienne Galarneau

Au même moment, Mordicus propose des hits de ses albums Cri Primal et Edgar Allan Pop sur la Scène Découverte. Mention spéciale aux interventions du chanteur Max Desrosiers, qui souligne que c’est «un bel après-midi malgré la pluie, les intempéries et les incertitudes à ne pas savoir quoi mettre».

Mordicus/Photo: Etienne Galarneau
Mordicus/Photo: Etienne Galarneau

On doit malheureusement trancher entre les ShrimpS sur la Scène Découverte et Mononc’ Serge à la Berge des Baigneurs. N’ayant jamais vu l’ancien bassiste des Colocs en spectacle, je me laisse tenter par ce dernier. Sa performance séduit évidemment le public, réuni en grand nombre en ce dimanche après-midi, mais est surtout orientée vers des titres de son plus récent opus, 2015, qui n’est pas nécessairement mon favori. Le tout reste quand même bien rendu et charmant, malgré le propos cru et graphique du chanteur.

Mononc’ Serge/Photo: Etienne Galarneau
Mononc’ Serge/Photo: Etienne Galarneau

Petite escapade en haut de la côte vers la Scène Découverte où Samuele offre une performance énergique et précise. Pendant notre bref passage, elle mentionne que son style se décrit comme du «stoner rock blues fusion». On se demande si cette étiquette n’est pas aussi valide pour la formation Fuudge. Pourtant, musicalement, la ressemblance n’est pas frappante. Nous y réfléchirons plus tard.

Samuele/Photo: Etienne Galarneau
Samuele/Photo: Etienne Galarneau

Retour à Mononc’ Serge, qui propose des pièces un peu plus vieilles. Il commence Hitler Robert, de son Serge Blanc d’Amérique et fait chanter «Hitler» à la foule. Je ne sais pas trop si je suis à l’aise. Sur une note plus heureuse, le chanteur nous fait également part durant la performance qu’il n’a «jamais joué devant autant de chiens». Ce qui nous paraît contre-indiqué, puisque ceux-ci sont interdits sur le site.

Un peu moins interdit que les armes blanches, mais encore moins qu’un lunch
Un peu moins interdit que les armes blanches, mais encore moins qu’un lunch

Le chansonnier conclut finalement avec ses pièces Laval (de circonstance), Marijuana et une pièce inédite qui se moque du public qui a consacré son après-midi à venir voir Mononc’ Serge. L’autodérision est bonne, mais nous devons contredire le musicien, car la performance a su rallier tout le monde, y compris ce spectateur que nous avons peut-être aperçu aussi à la Saint-Jean de Laval.

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Il est 16h40 quand tout le monde quitte, bien heureuses et heureux, sous le rythme endiablé de la chanson Amoureuse de Marjo. Une conclusion parfaite pour une fin de semaine mouvementée.

Évidemment, les aléas sont ce qu’ils sont et on aurait préféré tout voir et tout entendre. On ne contrôle pas la pluie et c’est dommage pour le festival. Diapason, qui en est à sa huitième édition officielle, mais deuxième sous sa nouvelle formule, n’a cependant rien à se reprocher. La programmation mélange adroitement les terrains communs, l’audace et la découverte. L’apport des musiciens provenant de Laval est important et montre la vivacité de la scène locale. De plus, les diverses activités extra-musicales sont intéressantes et valent le détour. À ajouter à vos calendriers pour l’an prochain. En implorant dame nature, à la manière du propriétaire du Beach Club de Pointe-Calumet, que la température sera du rendez-vous pour la prochaine édition.

La St-Jean à Laval : soirée endiablée au royaume des chaises de camping

Il n’y avait plus de places disponibles dans le stationnement du Centre de la nature, vendredi, au moment de notre arrivée sur les lieux du party. C’est dans une forêt dense de spectateurs en marche vers Richard Séguin que nous nous sommes frayé un chemin pour nous stationner dans les rues de la banlieue: parking stratégique entre un VUS familial et une voiture de luxe, deux véhicules qui, pour des raisons évidentes feraient bien attention de ne pas rentrer dans les pare-chocs de notre Hyundai Accent.

En guise de boussole pour retrouver le nord et atteindre la scène: la marée humaine composée de gens munis de chaises de camping. «On ne restera pas debout certain», ont déclaré plusieurs.

C’est Journée d’Amérique qui ouvre la cérémonie devant un auditoire composée à 80 % de gens assis dans des chaises en toile. La chevelure argentée de Richard Séguin ne laisse personne indifférent. Semblerait-il que, pour certaines femmes dans la cinquantaine avancée, le beau musicien a le pouvoir d’arrêter net les symptômes multiples de la ménopause. Tel un rêve éveillé pour Carmen, ma voisine de gauche, Richard poursuit avec Protest Song.

Richard Séguin/Photo: Élise Jetté
Richard Séguin/Photo: Élise Jetté

C’est en chantant Félix Leclerc que Bernard Adamus s’élance ensuite avec Attends-moi ti-gars. Il enchaîne avec La question à 100 $ pour laquelle il invite son ami Mon Doux Saigneur. Artiste phare des dernières Francouvertes, ce dernier est présenté maladroitement par un Bernard probablement déshydraté vu la quantité de sueur sur son corps en camisole. On ne revoit plus du tout Mon Doux Saigneur durant le show. C’est une petite déception.

Bernard Adamus/Photo: Élise Jetté
Bernard Adamus/Photo: Élise Jetté

Sèxe Illégal entre sur scène quand Adamus termine Hola les lolos. «On est pro lolos, nous», affirment-ils de manière édifiante.

Le gars en avant de moi qui porte ses lunettes de soleil dans la nuque et qui arbore un t-shirt Point Zero est d’accord avec l’affaire des lolos.

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Photo: Élise Jetté

Sèxe Illégal explique que c’est plutôt Pâques qu’ils ont envie de fêter ce soir. Chacun son trip.

L’animatrice Claudine Prévost entre néanmoins en scène pour rétablir les faits: on célèbre bel et bien la St-Jean. Les visages inquiets reprennent peu à peu des couleurs.

Claudine Prévost/Photo: Élise Jetté
Claudine Prévost/Photo: Élise Jetté

Annonçant la thématique Céline Dion, Prévost présente Safia Nolin, en beauté dans sa jupe blanche, qui se lance avec On ne change pas.

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Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

C’est Safia qui présente «un de ses groupes prèfs»: Les BB. C’est alors que Patrick Bourgeois interprète Tu ne sauras jamais que la majorité des femmes enceintes de plus de 8 mois dans l’assistance perdent leurs eaux. Patrick a ce pouvoir-là sur les hormones féminines.

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Les BB/Photo: Élise Jetté

Il enchaîne avec Seul au combat, accompagné des Petits chanteurs de Laval. Il y en a parmi eux qui sont quand même grands, mais je n’ai pas trouvé de section commentaires sur leur site web.

Les petits (et grands) chanteurs de Laval poursuivent avec la toune Le grand cerf-volant de Gilles Vigneault.

Transition étonnamment très naturelle pour ensuite faire entrer Dead Obies qui interprète quelques récents succès pour conclure avec une nouvelle toune ébauchée autour de Le monde est stone en duo avec Charlotte Cardin

«On aurait voulu sampler la toune Je danse dans ma tête, mais Le monde est stone fitait plus avec notre démarche», a déclaré le band, visiblement très touché par les propos de Plamondon.

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Dead Obies/Photo: Élise Jetté
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Snail Kid/Photo: Élise Jetté

La petite Charlotte poursuit en solo avec sa chanson Les échardes avant de reprendre J’irai où tu iras en duo avec Alex Nevsky. Ce dernier rattrape la balle au bond et envoie ensuite sa nouvelle toune Polaroïd sur laquelle il témoigne de son désir immense de faire l’amour sur la plage en prenant des photos.

Alex présente ensuite son ami Alex McMahon, chef d’orchestre de la soirée que l’on peut ici apercevoir dans une illusion d’optique quasi-parfaite d’un matelot en train de perdre le contrôle de son bateau voguant sur une marée houleuse d’enfants.

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Alex McMahon/Photo:Élise Jetté

Plus sérieusement, il a mené comme un capitaine de bateau (héhé) les interventions des nombreux collaborateurs. Une job de pro.

C’est avec Martine St-Clair que Nevsky poursuit le show en chantant Ce soir l’amour est dans tes yeux. Ça a l’air de ça de l’amour dans les yeux:

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Alex Nevsky et Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté

Pendant un medley de Martine St-Clair nous constatons la présence d’un regroupement de filles de 13-14 ans qui ont reçu une permission spéciale de leurs parents pour sortir toutes seules au show. Elles tentent un savant mélange de jujubes en abondance et de boissons alcoolisées au melon d’eau. Je me plais à imaginer la couleur du vomi qu’elles produiront dans une heure dans le confort des toilettes chimiques.

Demande spéciale de Sèxe Illégal: Martine St-Clair doit chanter Lavez lavez .

«Je vous la chante en Camerounais», annonce-t-elle. «Nonnnn, en français. On est au Québec, tabarnak», rétorque un fervent défenseur de la langue présent dans la foule. Sans doute Bernard Pivot.

Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté
Martine St-Clair/Photo: Élise Jetté

Sous les écrans géants qui projettent des animations vidéo dignes de Windows 95, Safia Nolin revient pour chanter Noël partout sous la neige en papier lancée avec professionnalisme par Sèxe Illégal.

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Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

«Elle chante tellement bien que c’est chien pour les autres», nous dit-on. Vrai.

Olivier Langevin, Fred Fortin et la bande de Galaxie s’amènent pour quelques morceaux.

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Olivier Langevin/Photo: Élise Jetté

«Je ne suis pas toujours fier d’être Québécois, mais ce soir, je suis crissement fier», annonce Olivier Langevin, probablement un grand fan de chaises de camping.

Sèxe Illégal nous demande ensuite de faire un voeu pour le gâteau d’anniversaire du Québec.

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Sèxe Illégal/Photo: Élise Jetté

Le duo call ensuite le Nevsky à l’aide des papapapapapapa de On leur a fait croire. Ça marche.

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Alex Nevsky/Photo: Élise Jetté

Quand Richard Séguin remonte sur scène pour interpréter Dans nos silences, plusieurs voix s’élèvent dans la foule: Dead Obies, Les BB, Alex Nevsky… Tout le monde scande le nom de son artiste préféré sans unisson. C’est là que l’on comprend toute la diversité qu’on a ici au Québec. On comprend aussi pourquoi personne n’a jamais l’air content du résultat final de La Voix.

Christian Bégin est invité à lire son texte patriotique très émouvant. Celui que l’on surnomme affectueusement Curieux se permet de se namedropper: «Laisse moi être curieux de qui je suis», dit-il.

«Je n’attends que toi pour me nommer au complet», dit-il aussi. Très beau.

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Christian Bégin/Photo: Élise Jetté

Pauvre Curieux semble avoir des relents de laryngite vers la fin du speech. Ça aurait pris un petit suppositoire.

Richard Séguin poursuit avec Les petits (et grands) chanteurs qui interprètent Qu’est-ce qu’on leur laisse.

La touche finale est laissée à Patrick Watson qui s’entoure aussi des enfants habillés en bleu pour chanter S’il suffisait d’aimer. Les poils de bras lèvent en crescendo.

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Patrick Watson et Les petits chanteurs de Laval/Photo: Élise Jetté

Un feu d’artifice constelle ensuite le ciel noir de Laval quand un jeune homme utilise la pick-up line suivante sur la demoiselle à ses côtés: «Regarde, j’ai pogné un feu d’artifice avec ma langue».

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Photo: Élise Jetté

Après avoir croisé le gars le plus chaud ayant existé depuis que les fervents du OUI qui ont perdu le referendum en 95, on poursuit notre périple vers la sortie où l’on aperçoit des gens qui, au lieu de dormir à la belle étoile, préfèrent dormir à la belle lueur d’un vif lampadaire.

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Photo: Élise Jetté

Une bonne St-Jean ne se termine pas correctement sans une gastronomie appropriée. À l’intérieur, un homme commande une grande poutine à la viande fumée avec un extra fromage. Repas digne d’une indigestion à la hauteur de la fête nationale. Ce gars-là était probablement assis dans une chaise de camping.

Festival Diapason : Voyage au bout du monde de l’île Jésus

Il s’est déroulé une heure dix minutes et neuf secondes entre le moment où j’ai enfourché ma bicyclette dans le quartier Parc-Extension et celui où j’ai débarqué sur la Berge des Baigneurs à Ste-Rose-de-Laval pour assister à la dernière soirée du Festival Diapason.

Ce résultat m’apprend deux choses : d’abord, que si j’avais pris mes crédits en géographie au cégep, je serais moins propice à penser que Ste-Rose est situé à Laval-des-Rapides et vice versa. Ensuite, que malgré que j’ai également été élevé sur la rue du Tracel à Cap-Rouge, je suis encore loin d’avoir des performances cyclistes comparables à celles de David Veilleux

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Après quelques détours et mauvaises indications par des commis de dépanneur qui n’ont aucune idée où se trouve la Berge, malgré que leur commerce soit situé à moins d’un kilomètre de celle-ci, j’arrive sur le site du festival à temps pour le premier groupe de la soirée à performer sur la Grande Scène. La veille, les lavallois y ont eu droit à des performances de Kandle & the Krooks, The Muscadettes, Alex Calder et Alvvays. Ce soir, la programmation est dominée par la musique francophone avec Les Fous de la Reine, Bernard Adamus et Galaxie.

Les Fous de la Reine est un projet d’indie rock montréalais ayant gagné le Concours Diapason en 2014, leur assurant une place de choix dans la programmation du festival homonyme. Le quatuor, augmenté par la présence à la guitare de Vincent Appelby, présente avec précision leur répertoire original. On regrette cependant la piètre qualité des textes truffés de rimes faciles (« Il collectionne les miroirs/Pour ne plus voir/Tous ces regards ») rappelant les meilleurs tubes de champions en titre de Secondaire en spectacle. Le leader du groupe, dont l’attitude semble toute droit sortie d’un clip de Treble Charger, parle trop entre les pièces à un public assis qui ne semble absolument pas réchauffé par la prestation. Le claviériste Cédrick Hébert, cependant, vole le spectacle par ses harmonies vocales, bien placées et plus intéressantes que la voix principale, et ses parties instrumentales qui ajoutent une touche intéressante au matériel. Le groupe finit avec une reprise de la pièce Rock n Roll Queen de The Subways. « Y’auraient dû jouer de même toute le long! » ajoute alors mon voisin d’en arrière.

Dès que les techniciens installent les micros pour Bernard Adamus, la foule se lève et se corde devant la scène. En moins de quinze minutes, le chanteur folk et son orchestre se placent et commencent leur prestation, ce qui a laissé très peu de temps au public assoiffé de remplir leurs verres réutilisables à l’un des deux débits d’alcool sur le site. Pendant une heure, le musicien et sa troupe interprètent des titres de son album No 2, quelques classiques comme Brun et Rue Ontario ainsi qu’une reprise de Faire des enfants de Jean Leloup.

Je dois avouer que la dernière fois que j’ai vu Adamus sur scène, c’était à l’époque de l’album Brun. Pour la peine, je ne sais pas si ses musiciens de tournée sont les mêmes que pour ses spectacles entourant la sortie de son deuxième album, mais la présence d’une trompette, d’un trombone et d’un sousaphone viennent enrichir et colorer les titres traditionnellement plus folk et blues. Son classique Brun est interprété comme un titre de Ringo Rinfret (il conclue même avec le dernier refrain de Pourquoi se droguer?), Arrange-toi avec ça prend des allures de jazz New Orleans et Faire des bébés fait sortir le côté bossa nova de la chanson de Leloup.  La tendance de l’orchestre vers les sonorités plus tropicales semble indiquer le chemin qu’Adamus prendra dans son prochain album à venir en septembre, déjà entamé par son dernier extrait Hola les lolos. Cette pièce est d’ailleurs bien reçue par les lavallois, notamment l’homme à côté de moi qui jouait avec les seins de sa copine. La grande classe.

Les festivaliers commencent à quitter tranquillement quand les organisateurs somment les gens de rester pour Galaxie. Si la foule est moins dense pour la performance de la troupe du Lac St-Jean, elle n’en est pas moins enivrée par le rock électrisant d’Olivier Langevin. Celui-ci a d’ailleurs réussi son défi avoué plus tôt dans l’année à l’équipe de Feu à Volonté. Si l’album avait ses aspects dansants et ses influences world beat, la prestation live décuple cette qualité. On accorde beaucoup de crédit là-dessus au trio infernal de Pierre Fortin, Jonathan Bigras et Karine Pion, qui fusionnent si bien les rythmiques associées aux musiques africaines avec les guitares fuzzées si chères au « son du Lac » qu’on croirait que Bamako est une ville voisine de Péribonka.

Galaxie est une formation puissante et virtuose, ce qui nous permet de croire sans aucun doute qu’Olivier Langevin est le guitar hero messianique dont le paysage musical québécois avait besoin. Et pour les dévots, la traversée de l’Île Jésus n’est qu’un maigre pèlerinage pour aller montrer notre allégeance à la nouvelle alliance avec le rock.