Les questions «L’espoir n’est pas mort» avec Laurence-Anne

L’espoir a décidé d’arrêter de mourir et telle la lumière qui finit par s’allumer à la fin de la crise du verglas, Feu à volonté se réveille tranquillement et renoue avec les artistes qui s’embrasent dans la lumière de mai. Laurence-Anne a fait paraître l’album Musivision le 23 avril dernier. Elle est en concert ce soir dans le cadre du festival EN PRÉSENTIEL Santa Teresa.

Laurence-Anne en train de devenir Luc Langevin dans son clip de la chanson Tempête

1 Le festival Santa Teresa est le premier de 2021 à réveiller les morts-vivants que nous sommes après un hiver assis sur nos divans. Beaucoup de gens n’en croient pas leurs yeux. À une semaine du festival (moment de l’entrevue), y crois-tu?

Je pense que je suis très optimiste. Le fait d’être allée visiter l’église, avoir travaillé la scéno et fait des répétitions, ça m’a rendue optimiste. Je sais de quoi auront l’air mon maquillage, ma coiffure… Dans mon univers, il n’y a aucun nuage à l’horizon.

2 On a eu quelques belles annonces qui nous ont rassurés: on va le voir en vrai, Musivision! Comment tu vas nous le présenter en vrai, cet album-là?

C’est sûr qu’en festival il n’y a pas toujours moyen d’apporter toute la scénographie. Pour Santa Teresa, on a la chance de pouvoir travailler une scénographie particulière. On va voir ce qui est possible pour la suite. J’aime beaucoup les costumes. En un mot, je dirais: inspiré de la pochette.

3 Ton show de Santa Teresa va avoir lieu dans une église. Le bon dieu ne sera pas loin et il a beaucoup de pouvoirs. T’aimerais ça qu’il te donne lequel?

Sil pouvait me donner un pouvoir, je prendrais la téléportation. Ça rendrait les choses tellement plus simples. Apparaître n’importe où, quand tu veux. C’est mieux que toute dans ma tête. Si tu veux te téléporter, tu peux choisir d’aller dans la tête d’Élise Jetté, mettons.

Élise: COMME DANS LE BUS MAGIQUE.

Laurence-Anne: C’est la notion qui m’a le plus marquée dans le Bus Magique. Indigo, c’est inspiré du Bus Magique.

4 Quel est le pourcentage des membres de ton band qui sont vaccinés?

Moi lundi dernier. Je vais poser la question aux autres.

5 Quelle est la chanson de ton nouvel album qui devrait nous laisser voir la lumière au bout du tunnel? Pourquoi?

Tempête. À la fin, ça dit que tout est beau dans la tempête. Ça s’ouvre dans un solo à la Fleetwood Mac.

6 Parmi tous les bands qui peuvent enfin prendre la route des shows en présentiel cet été, lequel as-tu le plus hâte de voir?

Avec la sortie de la programmation du Festif, Corridor et Jesuslesfilles.

7 On aime beaucoup Thérèse, la vieille dame qui est l’emblème du festival. Dans ta vie, c’est quoi le meilleur conseil de personne âgée que t’as reçu?

C’était quelque chose de vraiment simple: Ma petite fille, lâche pas, continue.

8 Dans une église, sur les bancs en bois, on a souvent mal aux fesses. As-tu un truc pour remédier à ça?

Je suggère que tout le monde s’apporte un petit coussin ou juste un coton ouaté en boule.

9 On ne pourra pas boire pendant ton show, mais qu’est-ce qu’on devrait boire avant et après celui-ci? 

Une tisane au mush avant. C’est le remède aux petits maux.

Une grande bouteille d’eau (réutilisable) après pour rester bien hydratés.

10 C’est quoi l’endroit le plus spécial ou t’as porté un masque pendant la pandémie?

Les bars masqué et les salles de spectacles avant ton sound check. Je ne me suis jamais habituée.

Laurence-Anne est en spectacle en plateau double avec Ariane Roy, ce samedi 22 mai 2021 à Santa Teresa. Les billets sont ici.

Le Spectacle spectral de Klô Pelgag: meilleur que Star Wars

Ça faisait plus d’un an que j’avais mis les pieds dans un cinéma au moment où je suis arrivée au Cineplex pour voir le Spectacle spectral de Klô Pelgag, un show que vous pourrez visionner ce soir à 20h dans le confort de votre foyer.

Spectacle spectral/Photo: William Arcand

Je le sais, ça fait 13 mois qu’on vous invite chaque semaine à gauche et à droite à vivre dans le confort de votre foyer des affaires que vous aviez l’habitude de vivre en public. Pour ne parler que de Klô, je me rappelle notamment des Francos en 2018, un spectacle durant lequel je m’étais installé les bases d’un cancer du poumon de fumée secondaire auprès d’un spectateur trop proche qui fumait sa vie. Durant ce concert, je pouvais lire les textos d’une fille qui parlait de sa vaginite et j’avais aussi assisté à des recherches infructueuses d’amis à travers une foule dense… Des retrouvailles qui n’avaient jamais lieu dans une foule parce que des humains étaient trop collés les uns sur les autres. C’était dans une autre vie ou quoi?

J’ai également souvenir du lancement de L’étoile thoracique, au Club Soda en 2016, quand Klô avait demandé à son public de s’étendre au sol le temps de former une galette immense d’humains. «Ça a été l’fun 17 secondes», avait alors déclaré un jeune homme grognon qui aujourd’hui ne se ferait probablement pas prier pour entrer en communion physique avec d’autres personnes sous forme de biscuit humain.

Donc, il est clair que, depuis un an, quand on vous demande de docilement profiter de la musique qui vous fait vibrer, tout en ne quittant jamais le divan dans lequel vous passez vos journées, vos soirs, vos nuits, vos vies… ben c’est clairement pas le projet qui vous emballe le plus. C’est précisément la raison pour laquelle vous avez besoin du Spectacle spectral de Klô Pelgag réalisé par Laurence Baz Maurais. C’est que tout ce qui vous manque pour que ce soit l’fun: les amis, le gin tonic trop petit, la chaleur humaine, la clope du voisin, l’amour, les applaudissements, le coucher de soleil sur la Place des Festivals, l’odeur de la boucane et les hot-dogs du Pool Room à la sorite… tout ça est remplacé par une réalisation qui nous donne l’impression d’y être et une histoire qui nous laisse croire qu’on fait partie d’un film de science-fiction à grand déploiement. Et la musique est encore là: belle et grandiose au centre de l’oeuvre.

Klô Pelgag et ses musiciens, aussi nombreux que les personnages pourvus de sabres laser dans Star Wars, interprètent des chansons du plus récent album de Klô, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, ainsi que de nombreuses pièces des deux albums précédents qui prennent un sens nouveau au coeur de cette année tumultueuse. Insomnie nous enracine davantage dans cette année pandémique ou personne ne dort vraiment. La phrase «je veux te toucher à tous les jours» dans Le sexe des étoiles nous rappelle drôlement que ça fait un an qu’on ne touche plus à personne. Mon visionnement de ce spectral évènement m’a donné le frisson facile.

Et par-dessus tout ça, il y a l’histoire racontée. Emmanuel Schwartz interprète un employé désabusé de bureau gris qui se tape une solide dépression (comme nous tous, soyons francs) en travaillant (probablement à l’Agence du revenu du Canada) quand tout à coup, des zombies du fun vêtus d’habits protecteurs anti-COVID jaunes ouvrent un tunnel magique du plaisir pour le convertir à la joie musicale simple et belle. Ce n’est pas un spectacle en présentiel, c’est plus que ça. Le produit cinématographique que ce show représente nous est offert comme un petit jet d’espoir au coeur des jours de la marmotte qu’on enfile depuis mars 2020.

Si jamais vous n’êtes pas encore convaincus, voici quelques mots-clés que j’ai notés durant la projection du spectacle: poulet frit, musiciens costumés en suits de nudité poilue, smash the cake grandeur nature pour adulte, Étienne Dupré qui fait le mort avec des fleurs dans la barbe 10/10, trio de choristes de type «Cadillac» avec Laurence-Anne, N Nao et Lysandre, pauvre Élise dans Für Élise qui se fait pleuvoir dessus en chantant comme à la fin de Quit Playing Games With My Heart.

Je conclurai en disant que ça ne serait pas une mauvaise idée de tous nous procurer les habits jaunes des figurants (dont fait partie Philippe Brach qui casse les locaux de l’Agence du revenu à la fin du film) afin de pouvoir reprendre notre vie normale dès aujourd’hui. My two cents.

Le Spectacle spectral est présenté en Amérique du Nord, ce soir, 23 avril à 20h. Les billets sont ici.

La Plage musicale: coït interrompu

plage-show-luis-clavis-bon-enfant

Aussi abruptement que l’automne est venu sacrer une volée à l’été, la pandémie a eu raison du dernier souffle estivalier de la saison: La Plage musicale. Elle était prometteuse, mais ça a l’air que trop peu de gens prennent la peine de tousser dans leur coude. Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de se planter les pieds dans le sable, par un bon mercredi, au Village au Pied du courant, voici un résumé tout en acrostiches des shows que j’ai eu la chance de voir.

plage-show-luis-clavis-bon-enfant

S on look est vraiment fresh.
O pelaille on entend plus le train que sa voix, maudite marde!
P ourquoi j’ai pas écouté ça avant? C’est tellement bon.
H eille. Elle joue du piano PIS de la guit.
I ncroyable.
A quel point j’ai l’air bizarre tu seule dans mon coin?

B on…
E n même temps, elle doit pas être ben vieille!
L a vérité c’est que c’est moi qui vieillis.

L uis Clavis, il a vraiment du swag.
U ne chance, parce que le son est pourri.
I hhhhhhsshhh OK ils vont essayer de régler le problème.
S hit c’est impossible. Le son est encore pourri.

C ’est bizarre parce que ses amis et lui sont tous des wiz de la musique.
L uis se résigne. Il fait ce qui a à faire.
A h! 
V alaire c’est bon en calvaire.
I ntéressant le set-up avec le pont en arrière et le soleil qui se couche. C’est sexu.
S ainte-Bénite! Ça danse bien, ce monde-là!

A yoye Aliocha, il fait partie d’une famille avec une bonne génétique hein!
L es amours imaginaires, c’était bon entre autres à cause de son frère.
I l semble que son petit frère soit là.
O n dirait aussi que tous ses amis comédiens sont là pour l’encourager.
C ’est tu legit de manger un cheeseburger et de valser en écoutant Aliocha!
H a! Je suis une femme indépendante!
A quel point il est talentueux, lui? Il est bon même dans ses interactions avec la foule!

V avavavoom!
A mènes-en des jeunes suavés.
L a moustache comme ça, ça lui va bien.
E st-ce qu’il a joué ma toune?
N on, mais il a pas le choix!
C ’est ma toune!
E ille! C’est le fun le set-up! Mais je suis pas capable de reconnaître personne avec les maudits masques.

L ol.
A lors Laurence-Anne c’est une badass.
U ne fille qui se laisse pas impressionner.
R idicule à quel point elle est cool.
E n même temps elle s’est entourée de musiciennes tout aussi cool.
N ’empêche que je pourrais m’approcher du stage pour prendre une photo pour Instagram.
C riss, j’ai pas le courage.
E n temps de pandémie, c’est bizarre les foules.
– 
«A llô! Je te ferais bien la bise, mais…hein! COVID! (rires mal à l’aise)
N on, merci. Ma bière est encore pleine.
N on. Pas grand chose de neuf, toi?
E st-ce que quoi? Eille scuse esti, on comprend rien avec les masques.

B ye là! On se revoit tantôt!»
O uais ok, on se revoit tantôt, mais on se dira pas grand-chose.
N ice! C’est le tour de Bon Enfant.

E n même temps, ça donne le goût de danser c’t’affaire-là.
N o way! Ils font des nouvelles tounes!
F ucking bon ce groupe!
A menez-en des tounes de rupture qui te donnent envie de sauter.
N on! Fini? Déjà?
T ’as raison Daphné, levons-nous tous et dansons, parce qu’on ne connaît pas demain…

Entrevues de crise, série balcons: Laurence-Anne

C’est juchée sur un banc de neige pour avoir la proximité la plus acceptable possible que j’ai jasé avec Laurence-Anne. Le soleil de fin d’après-midi illuminait son balcon de la même manière que la lumière au bout du tunnel se laisse voir en ces temps sombres: avec parcimonie. 

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Laurence-Anne était sur le point de quitter la ville de peur de ne plus jamais pouvoir la quitter. Quand on n’a plus le contrôle sur rien, c’est normal d’avoir envie de saisir toutes les opportunités qu’il nous reste. Heureusement pour nous, Laurence-Anne a décidé de rester en ville un moment.

Élise: Est-ce que la crise actuelle a contrecarré quelques plans de ton côté?

Laurence-Anne: Comme tout le monde, j’ai eu quelques concerts annulés, sinon, je préparais possiblement de nouvelles choses, on devait aller en studio au mois de mai. À suivre, si c’est maintenu ou pas.

É: C’est quoi ton état d’esprit en ce moment?

L-A: Ça va. J’ai commencé à jouer à des jeux sur mon téléphone. Je n’avais jamais fait ça avant. Je suis tombée dans un vortex. Mais sinon juste avant que tout ça arrive j’étais en Gaspésie pour composer des chansons donc j’avais déjà du nouveau matériel et je me donnais un petit break donc ça ne change pas grand-chose pour moi, le confinement.

É: Quel jeu de téléphone tu nous suggères?

L-A: En ce moment, c’est Futurama, comme le dessin animé, mais tu te rends compte que tous les jeux de téléphone, tu dois y aller tous les jours. Tu joues ton tour et après, tu passes une journée en pause. C’est terrible.

É: C’est quoi le dernier repas de confinement que tu as mangé?

L-A: Un sandwich au végépâté avec zucchini, carottes et fromage râpé

É: Il n’y a rien de tout ça que t’as dévalisé à l’épicerie?

L-A: Non, en fait, chez moi on est plusieurs en rotation pour dévaliser, mais plus du côté des jujubes et du chocolat. Sans oublier les Radler, c’est comme une limonade alcoolisée.

É: C’est la meilleure façon d’être sur la brosse en plein jour.

L-A: J’oserais dire que t’as tout compris.

É: Laquelle de tes chansons permettrait aux gens de reprendre espoir?

L-A: Comme tu le sais, Élise, moi j’ai une chanson qui s’appelle C’est un virus. Jamais je n’aurais cru que ça pourrait être une chanson de circonstances. On peut s’en servir pour dédramatiser la situation en la fredonnant.

É: Quel album écoutes-tu pour être zen?

L-A: J’ai ressorti mon vinyle Valse 333 de Julien Sagot.

É: C’est quoi le dernier spectacle que t’as vu avant de ne plus avoir le droit d’en voir?

L-A: J’étais partie en voyage et à mon retour je suis allée au lancement de Mon Doux Saigneur. Sinon j’ai vu We Are Wolves aux Foufounes électriques. Je ne les avais jamais vus live. Je trouve ça cool que la dernière soirée musicale que j’aie eue, ce soit aux Foufs. Je suis satisfaite et c’était vraiment un bon show.

É: C’est qui la personne que tu as le plus hâte de serrer dans tes bras quand tu vas avoir le droit d’être à moins de deux mètres des autres?

L-A: Les membres de mon band. 

É: Si tu pouvais faire un spectacle, ce soir, n’importe où, ce serait où?

L-A: Je pense que je referais un show aux Katacombes. Je réanimerais l’endroit et je referais un show de fin du monde.

É: Moi je pense que ton show aux Katacombes en décembre, c’était juste une prémonition. T’as fini 2019 avec un show morbide aux Katacombes pis 2020 a commencé avec l’apocalypse.

L-A: Oups

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

É: Peux-tu nous aider à voir la lumière au bout du tunnel à l’aide d’une vidéo?

L-A: Oui, bien sûr.

TOP 2019 FRANCO positions 10 à 1

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 10 à 1 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

10 Les sœurs Boulay – La mort des étoiles

La phrase «que restera-t-il de nous après nous?» s’est insérée dans l’année 2019 comme dans une chaussure faite sur mesure. Notre conscience de la suite, notre peur de la fin et notre espérance pour plus beau ont embrassé avec candeur les mots des soeurs Boulay qui ont proposé un troisième album étoffé et audacieux. Sur scène, les arrangements se sont déployés comme de grands navires remplis de possibilités. Il y aura au moins ça pour nous garder au chaud après la mort du reste. (ÉLISE JETTÉ)

9 Philémon Cimon – Pays 

Un album transformatif pour Cimon chez qui a poussé une barbe et une conscience historique, plongeant ici dans le ventre infini du Charlevoix de son enfance. Il pose cette fois son vibrato tout vulnérable sur des histoires situées à l’Isle-aux-Coudres ou au village de Saint-Joseph-de-la-Rive dont il se fait un touchant ambassadeur, appuyé par quelques plumes de la lignée familiale. Soulignons l’apport de Lucile Cimon, grand-mère de Philémon, qui pose sa voix sur Les Éboulements en fermeture. Un album-racines, sorti de manière indépendante, où Cimon jette le pont entre son histoire propre et celle du Pays. (JULIEN ROCHE)

8 Lou-Adriane Cassidy – C’est la fin du monde à tous les jours

Quoi de mieux qu’une magnifique voix, des textes évocateurs et des arrangements efficaces? Sûrement le premier album de Lou-Adriane Cassidy C’est la fin du monde à tous les jours. Sur ce délicieux album, Lou-Adriane nous fait voyager entre l’amour et la mort grâce à une voix puissance. Les textes nous font vaciller dans un amalgame d’émotions qui ne laisse pas dans l’indifférence. Un album qui lui a permis de récolter deux nominations au dernier gala de l’ADISQ. (MATHIEU AUBRY)

7 Maybe Watson – Enter the dance

Que tu sortes downtown ou à Santa Monica avec ta team, Juulie, Heidy ou Pablo Meza, t’as pas le choix d’entrer dans la danse avec ce nouveau projet de Maybe Watson aka Baby. Pour ce dernier Alaclair Solo de l’année, y’a plusieurs bons coups à mentionner. Entre autres, shouts à la websérie homonyme qui aura servi d’outil promo au lancement et props aux fous beats de ce cher Gab Fruits, qui nous donne une solide collabo avec Wats. Les Pokémons n’ont qu’à bien se tenir! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

6 Laura Babin – Corps coquillage

Qu’arrive-t-il quand notre corps devient un coquillage? Non, on n’y entend pas la mer, mais on y entend un son qu’on se doit d’écouter au complet. La nonchalance bien dosée de Laura Babin a su se coller à sa guitare électrique et sa poésie audacieuse. On y a trouvé la fougue au féminin et les arrangements savants qui transcendent le rock pour en faire du doux. À la plage, tout le monde! (ÉLISE JETTÉ)

5 Corridor – Junior 

Ce fou désir de faire du Women en français a mené les gars de Corridor tout droit vers le catalogue de Sub Pop (!) où ils s’offrent d’ailleurs une page d’histoire en s’y produisant dans la langue de Molière. Un peu moins Viet Cong, un peu plus d’Omni dans cet album qui, quoique confectionné dans une relative urgence, s’avère leur plus cohésif et lumineux jusqu’ici. Le dialogue des guitares avec leur jangle signature, tirant davantage cette fois du kaléidoscope que d’une grisaille post-punk, précise les contours d’un rock hypnotique ascendant shoegaze qui, de la West Coast américaine à l’Europe, cumule confortablement les Air Miles. Junior, mais majeur.(JULIEN ROCHE)

4 Jean Leloup – L’étrange pays 

Chaque fois qu’il sort un nouvel album, c’est comme si enfin tout le monde au Québec était d’accord sur un point: on est toujours heureux d’entendre du nouveau Jean Leloup. Avec L’étrange paysJohn TheWolf s’est permis de laisser sa voix et sa guitare sèche bien en évidence, laissant de côté tout arrangement ou enregistrement studio. Même si certaines pistes sont tellement homemade qu’on y entend le bruit d’une notification sur son cellulaire, ça nous rapproche encore plus de l’artiste qu’est Leloup, comme s’il venait chanter dans notre salon le temps d’une couple de tounes. L’étrange pays, c’est comme si t’étais devenu Best Friend avec la vedette la plus cool du Québec. (ELISABETH MOTTARD)

3 Chocolat – Jazz Engagé

D’un rock crasse jouissif qui fonctionne à merveille avec des passages de psych-folk délicats. Jazz engagé c’est un rêve éveillé chaotique qui peut inquiéter, mais dont on veut savoir la fin à tout prix. En fermant les yeux entre deux solos de saxophone, on peut apercevoir Réjean Ducharme, un masque de BDSM sur le visage, en train de faire du body-surfing pendant Raining Blood. Peut-être par accident, mais assurément en s’en foutant, les chocolatiers du rock québécois ont réalisé leur meilleur album. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

2 KNLO – Sainte-Foy

Quand Amadit est parue au mois de mai 2019, c’était déjà annonciateur de la bonne nouvelle et signe que l’album à paraître allait être générateur de grandes grouillades. Déçu.e.s ne nous fûmes pas. KNLO a mis trois ans à nous offrir du matériel solo après Long jeu. Je ne sais pas pour vous, mais Sainte-Foy a vraiment été la trame de mon été. D’ailleurs on se demande encore pourquoi les radios commerciales ne se sont pas empressées de s’emparer de cette délicieuse galette. En même temps, ça lui confère une espèce d’aura privée. Comme s’il était juste à nous. C’est permis de rêver.(ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

1 Laurence-Anne – Première apparition

J’étais au lancement de Laurence-Anne l’hiver dernier et également à son Bye Bye 2019 aux Katacombes ce mois-ci et je reviens sur une phrase que j’ai dite dès la sortie de l’album: il y a quelque chose de grand qui se trouve dans cette Première apparition et on espère qu’il n’y aura jamais de disparition. La poésie de Laurence-Anne est fluide et s’étend d’un bout à l’autre d’un disque dense, mais varié, bercé par la musique d’un band qui équivaut à se promener en voiture de luxe. La singularité de cette apparition n’a pas trouvé d’égal en 2019. C’est une médaille d’or. (ÉLISE JETTÉ)

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FME 2019 jour 2: Le jour où la pluie nous crachait dessus

C’est vendredi au FME. On capote déjà à cause de la programmation trop dense, donc on fait ce que tous les psychologues suggèrent pour s’assurer une meilleure santé mentale: on laisse aller. On voit juste ce qu’il faut de musique pour constater que les foules de spectacles extérieurs, c’est comme aller au spa: l’idée générale de la chose semble divertissante, mais tu regrettes toujours d’avoir partagé autant de fluides corporels avec autant de monde.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté et Émilie Pelletier-Grenier

Ce n’est sûrement pas la pluie qui allait nous empêcher de nous déplacer pour le traditionnel Pool Party de Bonsound. Cette année, c’est le P’tit Belliveau et les Grosses Coques qui sont en charge de divertir la foule. Leur musique aux accents acadiens se marie bien aux gros maïs servis par l’équipe de la maison de disques. «Le refrain de Mon drapeau Acadjonne vens d’Taïwan est pas compliqué, c’est moi qui l’ai écrit, donc chantez», dit Belliveau. Musique ludique et beurre sur les joues, la bonne humeur est contagieuse en ce lendemain d’ouverture du FME.  C’est ben juste icitte qu’on peut considérer le parmesan au persil comme une bonne idée culinaire à rajouter sur son blé d’Inde.

P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

La nouvelle scène de la Fonderie Horne (sûrement créée pour faire oublier à tout le monde qu’ils sont en train de respirer 1000 fois trop d’arsenic à cause de leurs activités) accueille en après-midi un Philémon Cimon éventé par les bourrasques cancérigènes.

Philémon Cimon/Photo: Élise Jetté

Il se voit dans l’obligation de faire un show écourté à cause de la pluie qui s’abat sur la scène non-couverte.

Trop d’arsenic/Photo: Émilie Pelletier Grenier

«Rendu à mon âge, je suis un peu tanné de chialer sur des filles… ben des femmes», dit Philémon en parlant de son nouvel album Pays. Il offre son imperméable à qui le veut bien et raconte son processus de création en se comparant à Jésus: «Tout à coup, Jésus avait pu de label. Il cherchait une petite main, un petit sein.»

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

Sûrement avec un début de cancer dans le corps, nous nous rendons à la Scène Paramount pour le 5 à 7 de Lou-Adriane Cassidy. «C’est-tu un resto en même temps», demande l’artiste qui joue dans un souper-spectacle.

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

La salle est pleine pour le concert de la jeune artiste qui enchaîne les tounes de sont album C’est la fin du monde à tous les jours. Quelque chose de gai. Les arrangements étoffés mettent la table pour la suite de notre soirée.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Nous nous nous déplaçons à la salle Évolu-son  pour apprécier le show de Laurence-Anne. Dès notre arrivée dans la salle, nous fonçons directement sur la poubelle quadruple, volée au Tim Hortons juste en face.

La coopération est de mise en commerce lors du FME/Photo: Mathieu Aubry

La noirceur de la salle va de pair avec l’ambiance boisée/vaporeuse qui remplit l’espace dès le début de la prestation. Sur scène, la Kamouraskoise d’origine est accompagnée par un full band et de la décoration botanique. «Ce n’est pas des fougères, c’est des algues ancestrales», lance-t-elle entre deux pièces. «On va faire une chanson sensuelle. Est-ce que tout le monde est correct avec ça?», dit Laurence-Anne avant un solo de sax transcendant. Nous n’avons que de beaux mots pour la sensuelle saxophoniste Ariel Comptois et le percussionniste Étienne Côté qui alternera entre une grosse cloche dans son cou, des tambourins, des clochettes, un vibraphone et un long truc ressemblant à un fouet pour se flageller.

Étienne Côté en pleine séance de flagellation musicale/Photo: Mathieu Aubry

Félix Bélisle, chanteur de Choses Sauvages, a l’air dans un état complètement second (et d’un tueur en série) lorsqu’il débarque sur la scène lors de la dernière chanson. «Est-ce qu’on peut donner au moins un peu d’applaudissements à cette ostie d’affaire-là», beugle-t-il en quittant avant même la fin de la toune.

Félix Bélisle/Photo: Élise Jetté

La voix de Naomie de Lorimier (N Nao) pourrait tout briser en fin de show alors qu’elle monte assez aigu pour casser nos éco-cup. En duo avec Laurence-Anne, on dirait les soeurs McGarrigle en 89. «Pour Poison, fermez tout, même les lumières, même vos yeux», dit la musicienne pour faire vivre une expérience post-Jean-Marc-Parent-flash-tes-lumières.

Par la suite, direction Le Cabaret de la dernière chance afin d’attraper un hamburger au show d’Elliot Maginot. Il ne reste plus de délice bovin à notre arrivée. Nous sautons donc sur le reste de tranches de tomates. Nous souperons approximativement un peu plus tard en soirée.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Sarahmée est sur la grande scène avec une énergie à faire fendre la terrasse VIP où sont massés les influenceurs qui attendent Loud. «Shit, j’en ai défait mes lacets», dit la rappeuse qui s’est donnée à fond.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Nous manquons beaucoup de shows à ce moment-là, car nous préférons nous remplir d’alcool offert gratuitement par Audiogram dans un parking. Élise finit sur le toit de l’Audiobar après avoir perdu une gageure concernant la météo. Un long moment de fantaisies avant d’aller se régaler de la deuxième moitié du show de Philippe Brach.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

«Ça va-tu Rouyn? Toutes les régions parlent dans votre dos», dit Philippe. Vêtu de son attirail asiatique, il fait sa dernière toune après avoir dit: «Ok, on a le temps pour une dernière, mais on a crissement pas le temps de boire de la bière. J’avais dit deux tounes, mais je suis plein de bullshit.» On t’aime pareil, Philippe.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Félix de Choses Sauvages refait surface pour aller l’embrasser. Il n’a pas l’air d’aller mieux qu’au 5 à 7 de Laurence-Anne.

Encore Félix/Photo: Élise Jetté

Dehors, la foule de Loud et Degrassi Nouvelle Génération: même combat.

Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

«Rouyn a toujours été la ville la plus chaude», lance le rappeur alors qu’il fait quelque chose comme 2 degrés. Lary Kidd, invité sur scène par son comparse, a quelque chose à dire: «Yo, j’aime tellement Rouyn!»

Lary Kidd et Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

C’est l’heure du gansta rap avec Souldia. Prévoyant que ça pouvait brasser, deux gardes du corps se retrouvent aux extrémités de la scène du Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ce qui n’empêche pas le rappeur de sauter à de nombreuses reprises dans la foule. Peut-être voulait-il voler le casque de sécurité que portait un fan?

Les fans du rappeur auront droit à un Souldia content de retrouver son public abitibien. Naya Ali aura même l’honneur de venir brasser la cage lors d’une performance.

Souldia/Photo: Mathieu Aubry

Pendant ce temps, d’autres membres du groupe s’époumonent à Victime au Cabaret de la dernière chance.

Victime/Photo: Élise Jetté

Simon Provencher décalisse ses lunettes et de nombreuses personnes se décalissent en général.

Victime/Photo: Élise Jetté

Quelqu’un qui voulait se battre se fait également crisser dehors. Comme quoi la sécurité aurait dû se répartir entre le show de Souldia et celui-là.

Les lunettes de Simon de Victime/Photo: Élise Jetté
Victime/Photo: Élise Jetté

Nous quittons finalement pour attraper le trio rock garage japonais The 5.6.7.8’s.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Tout devient mongol au Diable Rond, devant les trois madames, habillées en comptables des années 70, qui produisent des sons incroyables et reconnus (notamment dans les films de Tarantino).

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Le constat est simple: se faire chanter des tounes en japonais quand le buzz d’une substance plus ou moins illicite décide d’embarquer, c’est affolant.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

La soirée se conclut en gang aux danseuses avec l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose qui a été berné par ses amis afin de l’entraîner dans le vice. Un endroit où il en coûte 3$ d’entrée.

Thierry aux danseuses

Seules les filles se font carter. Après 45 minutes d’attente, une danseuse ose sortir des isoloirs pour venir sur scène pendant que l’animatrice recule la chanson afin de SUCEtenter l’appétit de la foule. «On va la rewindée pour toi Charlène», dit-elle. Charlène retournera aussi vite qu’elle est arrivée dans l’isoloir. À l’appel du last call, nous quittons aussi vite que possible cet étrange endroit au moment où System of a Down joue à tue-tête. Dans une chambre, au Motel Mistral, on mange du fromage effiloché qui a des allures d’organes.

Miam

Tout est beau.

Voici le récit de notre JOUR 1

Voici nos 11 meilleures phrases entendues durant notre deuxième journée au FME:

1- «Je suis allée dans des funérailles et cette toune-là jouait» – Élise Jetté aux danseuses.

2- «On dirait que la pluie aujourd’hui, c’est quelqu’un qui nous crache dessus» – Élise Jetté au Pool Party

3- «Tu as du parmesan dans le dos» – Quelqu’un qui n’est pas un Italien

4- «Sans oui, c’est non piquant» – Un homme qui dit vrai

5- «Quand on aime, on fait mal» – Sûrement la même personne qui a dit la phrase précédente.

6- «Je rêve d’entendre Guy A. Lepage commencer une entrevue par: « C’est quoi ton esti de problème? »» – Quelqu’un qui sera déçu

7- «Fuck le rap, mange-moi la cenne» – Entendu en direction du show de Souldia

8- «Jean-Sébastien Bach a été oublié comme Britney Spears» – Philémon Cimon

9- «Faudrait pas que je refasse cette note-là» – Un artiste dur avec lui-même

10- «Tu mérites mieux qu’un gars qui te pitche son cell dans face» – Une fille remplie de bon sens dans les toilettes du Cabaret

11- «Ça va, j’ai tout flushé le fromage» – Quelqu’un qui trouve la fin de soirée tof

Festif! 2019 JOUR 2: vendre du rêve et chasser les horcruxes

C’est vers 8h bien tapantes que la deuxième journée du Festif! débute, avec des techniciens un brin zélés qui décident de tester les speakers avec une grande sélection mp3 de leur cru.

Par Élise Jetté et Julien Roche

Se faire blaster la Trololo song de Eduard Khil autour de 8h15 le matin, c’est un réveil qui fait grincer quelques dents chez les campeurs du gîte TerreCiel.

De passage aux toilettes, Julien croise bien des gens qui partagent le what-the-fuck suspendu à son visage. Élise, activée par ses trois heures de sommeil, sort de la tente en bobettes pour s’exprimer.

Sara Dufour/Photo: Élise Jetté

Sara Dufour prend la scène autour de 11 h en nous partageant d’abord sa passion pour l’amour et les petits moteurs, et blâme candidement ses ex d’avoir manqué de gaz pour la suivre, elle qui «tire fort avec son petit deux-temps». À ce moment, nos tentes sont environ exactement le sidestage.

Le sidestage/Photo: Élise Jetté

Sans doute inspirés par Dufour qui a longtemps cassé son espagnol au soundcheck, on se commande des huevos rancheros au resto qui font une job correcte.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Direction Laurence-Anne au bout du Quai Bell. La marée basse souffle une whiff algue & sel qui nous rappelle qu’on est loin de Montréal.

Laurence-Anne’s band/Photo: Élise Jetté

Y’a quelque chose des algues qui va bien à Laurence-Anne. Y’a beaucoup de floral chez elle, en fait – les tatouages, le champ lexical, la pochette de Première apparition. Tout son band porte les couleurs jaune et mauve de son incroyable outfit des Lakers du West Island. La foule est encore un peu endormie, mais la funk aquatique de C’est un virus arrive à délier les jambes.

Un band qui a compris la thématique/Photo: Élise Jetté

Devant une foule en milieu de vie et vendue d’avance, Ariane Moffatt chasse les nuages et fait briller le soleil…. un peu trop même.

Ariane Moffatt/Photo: Élise Jetté

Pour une première fois de ce Festif, le soleil sort son calibre maximal et on en paie les frais. Les quelques génies qui ont eu la bonne idée d’écouter le spectacle en flotteur, en kayak ou bien le cul dans la rivière profitent d’un rafraîchissement qu’on jalouse beaucoup.

L’un des fils d’Ariane, lui, n’est pas impressionné.

Not impressed/Photo: Élise Jetté

Ce gars-là tente par tous les moyens de voir le show sans payer.

Retour au coeur du festival dans la chaude chaleur chaleureuse pour retrouver Comment Debord et son funk tendre, tantôt soul, tantôt disco. Le groupe décide de casser beaucoup de nouvelles tounes. Il n’y a qu’un seul EP enregistré à se mettre sous la dent, mais la bande fait un spectacle comme si un album s’en venait. Comme si un album s’en venait? Hé ho, comme si un album s’en venait?

Comment Debord/Photo: Julien Roche

Julien se laisse gagner par un petit stress en apprenant que son nom n’est pas sur la liste des choyés qui pourront voir Bleu Jeans Bleu directement sur l’eau. L’activité nautique est sold out depuis belle lurette pour avoir le luxe de vivre le tout assis dans une trip. 

Bleu Jeans Bleu/Photo: Julien Roche

On inscrit gentiment son nom sur la liste de réserve en attendant qu’un no-show lui permette de se faufiler… Mais une fois sur les lieux, il trouve facilement le moyen de marcher dans l’eau (ou sur l’eau, tel Jésus). Tout compte fait, le bonheur est grand, les jarrets dans l’eau, libre d’exister sans gilet de sauvetage. Bleu Jeans Bleu envoie les hits. Cette nouvelle scène, installée pour le 10e anniversaire du festival est facilement dans notre top 3 du week-end.

La foule aquatique/Photo: Julien Roche

Avant même le rappel, Claude Cobra est dévêtu pour faire une bombe…. Pour mieux revenir sur le stage, essuyé par son équipe à la vitesse d’un arrêt aux puits au circuit Gilles-Villeneuve. 

Le comité santé et sécurité de Feu à Volonté vous déconseille cependant de sauter à l’eau et de revenir sur une scène électrifiée.

Stéphanie Boulay/Photo: Élise Jetté

Stéphanie Boulay et Safia Nolin sont les hôtesses d’un plateau double au Germain question de vivre, grâce à l’air climatisé, un choc thermique digne d’une infusion corporelle dans la glace sèche.

C’est l’émotivité de Steph Boulay qui nous capte en premier, notamment avec la dernière chanson, Je pourrai plus jamais, destinée à son neveu et durant laquelle l’enfant de Bianca Gervais pousse un petit cri cute d’enfant. Toute est dans toute.

Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

Safia est en formule full band avec notamment Joseph Marchand qui prend pas de break pantoute, lui qui était sur scène avec Ariane Moffat le même jour.

Joseph Marchand/Photo: Élise Jetté

Safia nous raconte qu’elle a acheté 40$ de bonbons dans une confiserie alors qu’elle n’aime pas ça tant que ça les bonbons. Un enfant dans la foule est jaloux. «Un jour tu auras 18 ans et tu pourras t’acheter tes propres bonbons», dit Safia.

Safia Nolin/Photo: Élise Jetté

Pomme se joint à elle pour Lesbian Break Up Song qui parle d’«être lesbienne et avoir le coeur brisé.» Safia tente de nous voler des punchs de Stranger Things et nous donne aussi le punch du Roi Lion: «Mufasa meurt au début».

Elle invite également son ami Philémon Cimon «un joyau de Charlevoix» pour la chanson Le chien le coq et le cheval tirée de l’album Pays de Philémon. «Il a vu mes fesses tantôt», dit Safia en parlant de son ami qui manque de timing pour rentrer dans une loge.

Safia et Philémon/Photo: Élise Jetté

En fin de spectacle, Safia avoue qu’elle n’a jamais eu de bouteille d’eau sportive comme celle distribuée durant Le Festif. «J’ai le goût de faire comme les joueurs de hockey», dit-elle en mimant de se splasher la face d’eau.

Elle demande à son public de lui offrir ce dont elle a été témoin au show d’Éric Lapointe:

Puis elle conclut en disant «C’est l’fun de voir que les gens s’intéressent encore à la musique triste francophone». C’est vrai, ça. Quand elle annonce la dernière chanson du rappel, une petite fille derrière moi dit à sa mère «C’est sa dernière chanson. Il faut bien l’apprécier». C’est encore vrai, ça.

Sur la route du retour, on croise un artiste qui s’adonne à la peinture d’un entrejambe féminin au coeur du festival.

Noune sur toile/Photo: Élise Jetté

Notre soirée se termine par une quête que l’on pourrait comparer à celle de la collecte des horcruxes dans Harry Potter 7. Dans l’histoire qui nous occupe, les horcruxes sont des indices qui mènent au feu de camp/show secret du Hangar 29. Au bout de la quête: un show de Geoffroy.

Une enquête sur Google Maps nous guide vers un point sur la carte situé à 24 minutes de marche du centre-ville. Déterminés, nous suivons la rue principale, puis nous traversons une autoroute et nous remettons nos vies en question dans une cour lugubre et déserte de Super C adjacent à un Dollarama. Le festival mis en scène dans le film Midsommar vous semble terrifiant? Avez-vous déjà cherché Geoffroy dans une cour déserte de Super C?

On passe 48 minutes à se demander si on l’aime tant que ça, Geoffroy. Puis, chaque fois qu’un élément du décor fait en sorte qu’on pense avoir trouvé un indice de présence ou un semblant de répit, on crie: YES! ON EST ARRIVÉS. Devant l’évidence qu’on n’est pas arrivés, Julien devra souvent se repentir en disant: «Désolé. J’essaye juste de vendre du rêve.»

Sur la route, on croise 6 vomis. En voici deux.

Vomi 1/Photo: Élise Jetté
Vomi double/Photo: Élise Jetté

À notre retour de la quête qui, si on continue le comparatif avec Harry Potter 7 aurait fait en sorte que Harry serait mort, on se réconcilie avec ce qu’il nous reste de vie avec les Vulgaires Machins.

Ils offrent une performance survoltée, mais après notre grande excursion, on a les jambes un peu trop molles pour renverser le capitalisme.

On finit donc le tout dans un nuage de cannabis au show de Fouki. Le public est tel qu’on se croirait à la jonction de la 15 et la 40 à 17h un lundi.

On termine notre soirée avec Bob au bar clandestin. Non, on n’a peur de rien.

Bob

LISEZ NOTRE RÉCIT DU JOUR 1

Laurence-Anne et au moins 100 choses pas normales, mais fantastiques

Il fallait être au Ausgang pour comprendre, mais, le lancement de Laurence-Anne à Montréal rassemblait toute une partie de la société montréalaise. Parmi ces gens spécifiques desquels tu dis «ha oui, lui/elle aime Laurence-Anne», il ne manquait personne. Ils étaient tous là parmi les choses pas normales, mais fantastiques.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Le lancement d’un premier album est rarement une affaire sold out pour laquelle les gens attendent dehors derrière une petite corde élastique et un doorman costaud. C’est pourtant le cas ici. Les amis de la musique se les gèlent dans une file d’attente pour aller entendre et voir la Première apparition de Laurence-Anne.

Une fois dedans, les affaires spéciales commencent à se passer, à commencer par la merch qui contient les fameuses disquettes du stunt médiatique, puis des bonbons de l’Halloween dernier.

La merch de Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Pendant que les gens se procurent des dinosaures violets, les discussions se font aller. Un membre de Jesuslesfilles et un membre de CRABE discutent de la quantité de protéines recommandée par le guide alimentaire canadien. Ils font partie des «gens qu’on attendait là et qui n’ont pas déçu».

Les dinosaures de Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Laurence-Anne a tout prévu, jusqu’aux agréments feuillus pour nous faire sentir en nature au beau milieu de la déforestation de la rue Saint-Hubert.

Il y a aussi une salle stroboscopique, endroit prédéterminé pour tous ceux qui ont prévu faire de l’épilepsie.

La salle d’épilepsie/Photo: Élise Jetté

Parmi les choses pas normales, mais fantastiques, cette amie du groupe en train de se déguiser pour une danse spéciale.

Jasmine Lebel/Photo: Élise Jetté

Le show commence avec Laurence-Anne au milieu de la foule. Il y a des danses et des masques. Puis, sur scène, la planche à repasser reçoit les instruments en attente.

Des instruments et Laurent St-Pierre/Photo: Élise Jetté
Étienne Côté/Photo: Élise Jetté

Pendant qu’Ariel Comtois s’élance pour un solo de saxophone, Laurence-Anne danse un slow avec son instrument dans une lumière bleutée. Dans la salle, c’est Bleu nuit. Les gens font presque l’amour. Mais on peut pas leur en vouloir, c’est propice.

Naomie De Lorimier, Ariel Comtois, Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Pendant qu’un Rubik’s cube noir et blanc marche dans la salle, Laurence-Anne procède à des remerciements sentis. Notamment sa mère qui est dans la salle et qui a donné des sous pour l’enregistrement de l’album.

Madame, ne vous inquiétez point, le reste va se financer tout seul. Parce que tout va, dans le produit de Laurence-Anne. C’est accrocheur, c’est doux, c’est dur, c’est expérimental, mais pas trop, ça rafle tout, madame.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Voici trois excellentes phrases entendues dans la salle durant le lancement:

  • «J’ai reçu le dinosaure dans l’œil, mais je vais être correct.»
  • «J’ai vu passer un esti de gros chapeau dans mon angle mort. Je me suis dit « ça doit être Bernhari ». Je me suis retournée, c’était Bernhari.»
  • «Comment ça se fait qu’on n’est pas su’l mush?»
Le dinosaure de Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Les dinosaures tombaient sur la tête, mais Laurence-Anne, elle était bien campée sur ses deux pieds. Groundée autant que sur cet album qui n’apparaît que pour la première fois, mais qui est déjà, après deux mois, l’une des meilleures affaires qui soit arrivée à 2019.

Essayez de battre ça.