TOP 2019 FRANCO positions 20 à 11

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 20 à 11 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

20 Saratoga – Ceci est une espèce aimée

Avec ce deuxième album, Saratoga offre probablement une des plus belles collections de chansons du répertoire de ses deux membres Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse. Ceci est une espèce aimée, c’est des textes remplis de sincérité, des mélodies poignantes et sans doute l’un des albums les plus réconfortants de l’année. À écouter en prenant son temps un dimanche après-midi à regarder la neige tomber par la fenêtre. C’est feutré, c’est doux, ça nous rend nostalgique et amoureux. (RAPHAËL BOIVIN)

19 LaF – Citadelle

Avec Citadelle, LaF nous prouve qu’on peut chanter sur un album de rap et que ce n’est pas obligé de passer par l’auto-tune pour que ça sonne bien. Les gentils Bkay, Jah Maaz et Mantisse poussent la note sur les gentilles productions de BLVDR, Bnjmn. Lloyd et Oclaz pour nous offrir un album lumineux, positif et décomplexé qui peut plaire à un public de 7 à 77 ans, comme un bon jeu de société que toute la famille aime. Du gros fun, mais sans le danger! (NICOLAS SIMARD)

18 Safia Nolin – Reprise Vol.2

Cet album est sorti cette année durant mes vacances aux Îles-de-la-Madeleine avec ma mère et ma grand-mère. Inutile de dire qu’il fut écouté à maintes reprises durant les 15 heures de route qui nous séparaient de la maison au retour. Bien que ma mère ait trouvé que La soirée est encore jeune faisait passer la route plus vite que Reprises Vol.2, elle a trouvé vraiment audacieuse l’idée de reprendre Céline Dion. «Ça prend du courage et c’est bien fait», a-t-elle déclaré. Claudette, ma grand-mère, était pour sa part très heureuse de fredonner sa pref’ Marie-Denise Pelletier au sortir du traversier où elle avait peur que je scratche le toit de son auto. Cela dit, les pièces s’enchaînent comme des chants d’espoir, des ritournelles qu’on a assez chantées au karaoké pour pouvoir sing along avec Safia et ses chums de filles. Le piano d’Alexandra Stréliski et la voix de Pomme se mêlent à tout ça comme si ça avait toujours été prévu comme ça. On aime les chansons originales de Safia, mais personne ne gère la reprise comme elle. (ÉLISE JETTÉ)

17 Les Louanges  – Expansion Pack

Ce EP porte vraiment bien son nom. Tout en gardant le son RnB-franco-jazzy de son album La nuit est une panthère, ce petit bijou montre un désir d’éclater les frontières, d’expérimenter avec les sons, avec les styles et avec des gens. Les Louanges nous transportent dans un univers juste assez fucké su’é bords, où l’on retrouve des beats de trap, des rappeurs et les chill vibes de Vincent Roberge qui font du bien. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

16 Robert Nelson – Nul n’est roé en son royaume

Y’a pas juste le ruisseau qui est motivé. Y’a aussi le Bobby Nel qui nous arrive par le chemin du roé avec un premier album flambant neu. Un projet plus sombre et personnel que dans le passé, mais qui prouve encore qu’il est dominant tel un Jacques Plante du rap Québ. En spectacle, il profite de la pièce Luciole pour expliquer ce qu’est le «Dutch Reach». Donc si tu sais pas c’est quoi en lisant ces lignes, please google that en l’honneur de Bernard Carignan! Peace. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

15 Eman – Maison

Eman complète avec une exceptionnelle intelligence sa transition de bum à pousseux de poussette, sur fond de pop ou de rap. Ses mots décrivent un quotidien rythmé par les engagements d’un père et d’un artiste conscient de ses forces, tout en aspirant à mieux. Une des grosses annonces est l’ouverture de son club de lecture nocturne post-trap: « Catch moi late night en train de lire un livre dans la cour». Il devrait y inviter l’humble french catholique François Legault pour qu’il commence à avoir du sens. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

14 Fred Fortin – Microdose 

Le Jeannois nous a fait l’honneur de la plus belle surprise de l’année avec cette dose macro de récits folk-rock. Les narrations au Je, sourires en coin question de désamorcer le blues, s’acoquinent des suspects habituels (Langevin, Lafontaine, Grass) qui complètent ici une Microdose plus sensible et moins pop que le précédent Ultramarr. On chouchoute déjà Fortin pour son total dénuement d’artifices – heureux de voir que rien ne le presse de saboter une formule gagnante. (JULIEN ROCHE)

13 Bleu Jeans Bleu – Perfecto

Y’a tu quelqu’un d’autre qui est pu capable d’entendre «hey» sans répliquer «t’es tu ben dans ton coton ouaté»? C’est probablement le hit de l’année, mais cette chanson n’est pas la seule à nous faire vibrer sur le troisième album de Bleu Jeans Bleu, Perfecto. Bien qu’ils aiment écrire des textes légers et humoristiques (ils parlent tout le temps de bouffe, je relate), les Bleus ont la composition savante et manient avec brio les grooves solides et les mélodies accrocheuses. Perfecto s’écoute d’une traite dans un road trip pour gueuler dans son char en dansant sur son siège (en cuir).  (SARA-DANIELLE FAUCHER)

12 Lary Kidd – Surhomme

Après avoir perdu le Contrôle sur son précédent album, Lary Kidd s’impose tel un Hercule des temps modernes avec ce second effort en solo. Réalisé par le tandem Ajust et Ruffsound, ce nouvel opus nous offre d’excellents beats qui n’ont rien à envier à ceux de nos voisins du Sud. Influencée autant par les productions lo-fi de New York que par les productions grandioses à la Kanye West, la réalisation permet d’assurer une certaine cohérence entre les titres malgré les différentes ambiances offertes. Lary Kidd livre ici ses textes les plus engagés, dénonçant dans le virage certains travers de notre société, sans toutefois se montrer moralisateur et démontre ici toute la justesse de sa plume. (NICOLAS SIMARD)

11 Alaclair Ensemble – AMERICA Volume 2

Après tous les projets 2019 d’Alaclair Solos, la gang de minces vient tout juste de nous livrer une galette surprise au seuil de nos portes sans faire Ding Dong. Cet album, qui a été écrit et enregistré lors de leur tournée, nous démontre encore une fois qu’ils sont aussi big que Céline sur la scène rap Québ. Autant sur l’Île qu’en banlieue, et même au ciel (surtout le 7ième), on s’crinque, on chill, on vibe dès les premières notes. Take a seat and enjoy because the soucoupe is about to pop off! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

À VENIR SUR FAV: 

Lary Kidd, celui qui dit

Lary Kidd

Surhomme

Coyote Records

***

L’influence du groupe Loud Lary Adjust (LLA) est indéniable dans le hip-hop jeu actuel. Gullywood, le premier projet officiel du collectif, paru en 2012, marquait un moment pivot dans le paysage hip-hop québécois. C’est à peu près à ce moment qu’on commençait à se dissocier du rap traditionnel québécois pour endosser les codes du rap américain, tout cela dans un mélange de français et d’anglais.

Plus tôt ce mois-ci, Lary Kidd, ancien membre du collectif LLA, nous est revenu avec son plus récent album intitulé Surhomme, où il offre un produit plus homogène et plus cohérent qu’à l’habitude.

Lary Kidd avait délaissé le rap conventionnel dans son premier album Contrôle afin d’offrir un produit plus expérimental, rappelant le trap psychedelic qu’on retrouve notamment dans l’album Rodeo de Travis Scott. Le résultat dans Contrôle pouvait toutefois sonner un peu désorganisé et décousu.

Dans Surhomme, on retrouve le rappeur de l’époque de LLA soit celui qui se veut un brin arrogant avec des textes parfois sombres, mais surtout celui qui s’exécute sur des beats et des sonorités conventionnelles au hip-hop moderne.

Bien que réalisé dans un cadre plus structuré que son album précédent, Surhomme démontre tout de même une versatilité et une excentricité. Prenons la 4e chanson de l’album, Mal élevé, qui pourrait être un véritable «club banger» avec ses sonorités dansantes rappelant le Bounce music; ce genre musical popularisé par l’artiste Big Freedia. Mal élevé est diamétralement opposée à la chanson Barcelone, qui nous montre la tristesse et la vulnérabilité du Jeune Homme avec une production minimaliste s’apparentant à un slam:

« Ces temps-ci j’suis absent

J’essaie de crever l’abcès avec un peu d’absinthe…

En fait, j’essaie de crever »

Barcelone

Faisant moins que 37 minutes, l’album s’apprivoise rapidement et comprend, selon moi, nettement plus de moments réussis que de moments ratés. Coupe-vent Columbia est l’un des moments forts de l’album, où Lary livre un couplet dans une rythmique semblable à celle de Drake dans 0 to 100 et l’opus comprend une collaboration de son collège 20some de Dead Obies qui démontre son habileté lexicale avec des paroles parfois tranchantes:

«Let’s roll, super hard, and then we did it

Pas pire pour des mal engueulés

Mon préféré, c’tait Lary back in the days avec LLA.»

Coupe-vent Columbia

Surhomme met en lumière ce qui démarque Lary Kidd de ses pairs dans le paysage hip-hop québécois: son utilisation singulière du franglais, son agressivité au micro, mais surtout son lexique unique. Ce qui fait qu’on reconnaît un texte du «Jeune Homme» parmi tant d’autres, c’est son utilisation de la langue de manière peu orthodoxe, même dans le hip-hop:

«Ton crack cocaïne vient d’à côté du gars qui pop the bottles

Qui mange des Avocado toasts

In a crib in Cala basas.»

Surhomme

«So c’est contre-filet triple A

Évidemment vin nature, ton resto a cinq étoiles

Nous on va l’rendre insalubre »

Mal élevé

Qui peut dire ça à part Lary ?

Lary Kidd: Vin nature, Belle Gueule et MD

C’est dans le cadre du Coup de Coeur Francophone que Lary Kidd nous conviait au lancement de son nouveau projet à Montréal. Pour l’occasion, le designer montréalais a concocté une fine sélection de vins natures, lesquels étaient disponibles tout au long de la soirée.

C’est pourquoi on a décidé d’enfiler notre chapeau d’oenologue amateur une partie de la soirée afin de tester les vins sélectionnés par l’artiste, mais nous y reviendrons. On suppose que ça fait partie de la démarche artistique de Lary Kidd afin que l’on puisse mieux saisir la subtilité de sa plume. La seule attrape? Le tout se déroulait dans un fin établissement de la culture montréalaise, les Foufounes Électriques. Dans le genre Surhomme, difficile de trouver un endroit qui représente mieux ce concept développé par Nietzsche 

En entrant aux Foufs, on est surpris par la longue file d’attente et on commence rapidement à se décourager avant de se rendre compte que c’est la file pour le vestiaire. Tel un Surhomme, on décide de passer notre tour et de monter directement dans la salle afin de déguster les meilleurs nectars offerts lors de cette soirée.

Alors que le parterre est rempli à craquer par la plèbe, on choisit plutôt de s’élever au-dessus d’elle afin de se rapprocher le plus possible du divin en s’installant au balcon. Afin de bien respecter la thématique de la soirée, Lary Kidd a confié l’ouverture de la soirée à une DJ pour qui le concept de plaisir semble inexistant. Peut-être est-ce ainsi lorsque l’on tente de surmonter notre nihilisme dans le but d’atteindre l’état de Surhomme

Photo: Nicolas Simard


C’est tout de blanc vêtu que Lary Kidd se présente sur scène afin de présenter les pièces de son dernier album. Enchaînant les chansons une après l’autre alors que la foule chante et se pousse aux sons des excellents beats d’Ajust, Lary Kidd semble impressionné par l’énergie de la foule et laisse même la foule compléter les paroles à sa place. «Tapez-vous su’a yeule!» lance d’ailleurs Ajust entre deux chansons, en se disant peut-être que ça allait se produire vu l’énergie du public. 

Photo: Nicolas Simard

Peu d’invités, mais d’une grande qualité, se joignent à Lary au courant de la soirée à débuter par 20som, membre du groupe de pop Dead Obies, afin d’interpréter son verse 100 % coulé dans la culture du skate. Par la suite, Loud, le rappeur rebelle au coton ouaté à mille piasses, est présent afin d’interpréter la pièce Sac de sport en compagnie de Lary et la foule en redemande, scandant: «LLA! LLA!» en espérant avoir droit à des pièces du célèbre duo. Sans succès. La valse des collaborateurs se termine alors que Lary nous annonce que Tizzo ne pourra pas être présent, probablement en train de fouetter dans Ahuntsic si on se fit à notre instinct. Pendant que la musique se poursuit, on trouve pour notre part que c’est un bon moment afin de nous rendre au bar dans le but de vérifier si l’offre de vin nature est bel et bien réelle.

Photo: Nicolas Simard/Crédit manque d’intérêt au gars sur son cell

«Avez-vous la sélection de vin nature à ce bar-ci?

  • Pardon? Si tu veux du vin cheap, va falloir aller au bar en bas mon loup.
  • Non, je voudrais goûter au vin qui est servi juste pour la soirée, c’est possible?
  • Ah! Ça…c’est 11 $ le verre, t’es sûr?»

C’est ainsi que débute notre expérience des vins natures aux Foufounes Électriques. Lary Kidd, en collaboration avec la firme d’importation privée Wino Import, a sélectionné trois vins: un rouge, un blanc et une macération. Notre équipe d’experts se tourne d’abord vers la macération, le Vej Bianco Antico de Podere Pradarolo. On se trouve ici face à un vin orange au goût complexe, rappelant à certains le goût d’une bonne tête de mush. Un de nos experts oenologues y va d’une déclaration allant dans le même sens: «J’ai l’impression de sucer des racines». 

Note finale: 4/5

Photo: Nicolas Simard

Pour notre deuxième verre au pays des vins natures, notre équipe a opté pour le blanc, le muscadet Les Parcelles du Domaine Les Hautes Noëlles. Un blanc frais, tout de même un peu funky, qui fait dire à nos fins palais qu’on a affaire ici à un «excellent glouglou» qui «goûte le bon apéro» et certains vont même jusqu’à déclarer qu’ils seraient «prêts à dépenser toute leur paie pour ça». Les avis sont sans équivoque et on commence à comprendre le concept alors que notre état se rapproche peu à peu de celui du surhomme.

Note finale : 4/5

Photo: Nicolas Simard

Comme le dit le dicton «blanc sur rouge y’a rien qui bouge, rouge sur blanc tout fout le camp», notre équipe a malheureusement dû se résoudre à n’essayer que ces deux vins afin de pouvoir écouter la fin du spectacle. Le concert se termine déjà à la suite de notre dégustation. Faut croire que de vivre l’extase nous a fait perdre la notion du temps. Toutefois, on se console en se disant qu’on a vécu l’expérience complète alors qu’on a bu du bon vin, aux Foufs, au lancement de Lary Kidd. Si c’est pas ça vieillir, on se demande ce que c’est. 

Surhomme à Québec: Also Sprach motherfuckin’ Lary Kidd

Quand on a appris que Lary lançait son album au Lieu, une galerie d’art edgy de la Basse-Ville de Québec, on s’attendait à du grandiose. Choisissant d’opter pour un lieu de déambulations artistiques au lieu d’un classique bar où une salle de spectacle, l’ex LLA devait avoir un concept en tête.

Le décor nous mettait dans l’ambiance/Photo: Raphaël Boivin

La hype ne faisait que monter en entrant dans la salle qui sert de boutique aux éditions Inter. Une table de merch, des canettes de Boréal, des posters un peu louches et du Frédéric Chopin qui blaste dans les speakers. Que demander de plus?

Un élément capte l’attention. Une porte entrouverte gardée par un membre du staff. Après quelques minutes de retard, une lumière, une voix, un signal! On peut entrer.

Lary, droit comme une statue de marbre/Photo: Raphaël Boivin

Rappelant l’imagerie de son clip pour Lucidité, Lary Kidd pose comme une pièce de musée. Droit, debout, immortel grâce à son art comme un surhomme. Quand la foule est presque tout amassée autour de lui, il se lance. Ajust drop les premières notes de Surhomme et c’est parti pour le marathon.

On aura droit, au fil de la soirée, à toutes les pièces de la dernière galette de Lary en ordre et entrecoupées de courtes interventions où il lance des petits défis à ses fans. Ceux-ci, conquis dès le premier «JEUN’HOMME» sont en forme.

Photo: Raphaël Boivin

Les tounes s’enchaînent les unes après les autres et on est témoins de quelques beaux moments. Lary a la capacité de toucher son public et ceux qui le suivent depuis Contrôle et ses textes lourds sont parfois très émotifs devant lui. Voir des tatoués verser quelques larmes pendant les «je sais pas pourquoi j’suis triste comme ça» de Barcelone aide à comprendre le charme de Lary Kidd et le charme de la vie.

On se reconnaît dans le côté un peu croche, mais sincère de Lary. Avec la crowd qui invoque Jean Leloup durant Lucidité, le nouveau gourou du Lieu fait sortir son énergie punk chanelée par le fantôme de Tony Sly salué au passage. En le voyant comme ça se tenir humble et dans le moment, on a notre épiphanie. Tout va bien, Lary n’atteindra jamais les sommets de Loud et c’est vraiment mieux comme ça.

Photo: Raphaël Boivin

Le set se conclut avec Petit Jésus scandé d’un bout à l’autre par la foule qui en vient, par moment, à enterrer le rappeur qui rit de ne pas être le rappeur préféré de tous tes rappeurs préférés. C’est une œuvre d’art en mouvement qui se tient au milieu de son public. C’est le Kidd et c’est plus qu’assez.

FÉDÉRALES 2019: la playlist d’Andrew Scheer

La campagne électorale tire à sa fin. Le plus meilleur pays au monde, comme aimait tant nous le répéter Jean Chrétien, se couchera le 21 octobre avec un nouveau dirigeant. Au cours des derniers jours, Feu à volonté s’est amusé à imaginer ce qui joue dans les oreilles des chefs des partis fédéraux. Aujourd’hui, nous passons au crible les choix musicaux du chef conservateur, Andrew Scheer.

1 Poussière d’angeAriane Moffatt

Encore une fois, un homme veut prendre des décisions à la place des femmes et les empêcher de choisir librement. Pour se rassurer dans ces convictions, il se laisse bercer par la douce voix d’Ariane Moffat:

«Juste au mauvais moment
Une poussière d’ange t’es tombée dedans
Tu ferais une super maman, mais pas maintenant, non pas maintenant.»

2 Faites-moi une pipeline !JiCi Lauzon

Homme des sables bitumineux, il n’est pas surprenant d’entendre Andrew Scheer souhaiter un pipeline transcanadien. Comprendra-t-il le jeu de mots ici?

3 Les palmiers brûlent dans la nuit feat. Yes McCanLary Kidd

«J’ten 4×4 sur la lune, j’ten 4×4 sur la lune». Voici le projet objectif lunaire du chef conservateur. Vive les chars! Les palmiers de la forêt amazonienne brûlent, il s’en sacre, c’est trop loin pour l’affecter.

4 La chasse est ouverte – Les vulgaires machins

Quoi de mieux qu’une petite partie de chasse entre boys blancs autour d’une belle Coors Light?

5 La moraleDubmatique

La foi religieuse vient de pair avec la morale religieuse pour Andrew. Mais connait-il la morale de la rue?

6 Marijuana – Monon’c Serge

Il y a un an, le cannabis était légalisé au Canada. Andrew Scheer est en plein bad trip depuis ce temps.  

7 1979 The Smashing Pumpkins

Des informateurs en stage chez Urbania m’ont affirmé que le premier show auquel Andrew aurait assisté en était un des Smashing Pumpkins. Nous voilà bien surpris chez Feu à volonté.

8 Jingle de Maxime Bernier

Revirement en fin de campagne, les conservateurs auraient engagé une firme pour discréditer le Parti populaire de Maxime Bernier? La ritournelle du Beauceron vient encore une fois les hanter. Le Canada étant un pays bilingue, on vous a trouvé une version sous-titrée en anglais.

9 Chez Maxi et Cie – Michael Perry / DJ Iron Ben

La classe moyenne, la classe moyenne, la classe moyenne… Elle a le dos large cette fameuse classe moyenne. Et elle l’achète où son baloney, cette tranche de la population? Chez Maxi. Ben oui, Maxi.

10 Pendant que tu fais de la poudre aux toilettes – Navet Confit

Pas mal certain qu’Andrew cache un côté trash derrière l’image d’homme droit qu’il projette. Fera-t-il un André Boisclair de lui-même? Je l’espère.

LA PLAYLIST D’YVES-FRANÇOIS BLANCHET ICI

LA PLAYLIST DE JUSTIN TRUDEAU, ICI

LA PLAYLIST D’ELIZABETH MAY, ICI

LA PLAYLIST DE JAGMEET SINGH, ICI

LA PLAYLIST DE MAXIME BERNIER, ICI

FÉDÉRALES 2019: La playlist de Justin Trudeau

À quelques jours des élections, Feu à volonté a utilisé l’apport de ses journalistes d’enquête pour déterminer quelle musique se retrouve sur les playlists des chefs des principaux partis fédéraux. Voici un bon moyen pour l’électeur moyen de choisir son camp avant lundi. Aujourd’hui: JUSTIN TRUDEAU

SQDC – Le Nouveau Rappeur

Bien évidemment, pas le choix de commencer avec le plus grand accomplissement de notre boy Justin Trudeau! Ça a été rough dans les premiers temps, ça rushait solide aux caisses, mais au moins c’est légal! Notre vie se porte tellement mieux depuis qu’on deal pu avec les méchants criminels. Maintenant, suffit d’un clic pour que tout devienne limpide! 

Stoners For Justin – YLIB [Yung Liberalz]

Est-ce que le cri du coeur des Jeunes libéraux du Canada s’est fait entendre avant les élections de 2015? Nul doute! 17/10 is the new 4/20 donc allons sur le Mont-Royal faire retentir nos tam-tams pis nos grosses puffs, car on attend toujours la 2e phase de légalisation. C’est pas les Conservateurs qui vont nous donner nos brownies donc vous savez quoi faire le 21 octobre prochain!

3 Faites-moi une pipeline! – JiCi Lauzon

Parlant d’accomplissement, on ne peut passer sous silence son changement de position à propos des oléoducs avec l’acquisition du pipeline de Trans Mountain. Alors que la lutte contre les changements climatiques devait être sa priorité absolue, notre premier ministre a su écouter la voix du peuple se Trans Mettant ici par notre légende nationale JiCi Lauzon!

Voici également une autre preuve que JiCi est un hardcore fan de Justin:

Cahier Canada – Patrice Michaud

On a beaucoup entendu parler des relations tendues avec les États-Unis dans la renégociation de l’ALENA avec Trump. Malgré la signature, on peut nous aussi se mettre au protectionnisme afin de sauver notre beau pays. Et qu’est-ce qui représente le mieux un produit typiquement d’ici? Le bon vieux cahier Canada! Au yiable Hilroy!!!

Prince Ali – Aladdin

Prince Justin, le légendaire, le tout puissant, le séduisant! Ce classique de Disney représente assez bien la belle parure de notre beau premier ministre lors de ses sorties publiques et voyages diplomatiques. En plus, ça l’air qu’Aladdin est son déguisement préféré… Un hasard? Je ne crois pas!

6 Smile back at me (remix) – Sophie Grégoire

Comment peut-on en vouloir au jeune Justin d’avoir été si naïf de se maquiller à l’époque alors que sa femme a pris le micro de façon si touchante quelques années plus tard lors d’un hommage à Martin Luther King au Ottawa City Hall? En tout cas, clairement que les doux «Mmmm Mmmm» de sa femme l’aident à s’endormir telle une douce berceuse en cette dure période de campagne électorale!

Petit Jésus – Lary Kidd

Notre Messie, Sauveur du Canada, Fils bien-aimé de PET, naquît un 25 décembre. Doux Seigneur, on ne peut pas inventer ça! Lors des débats, alors qu’Andrew Scheer le traitait sans cesse de Judas, Jésus Trudeau devait clairement se dire «Oh Lord, why you have to put it on me?». Dernièrement, avec la remontée des conservateurs, notre bon berger doit bien se demander si son «fashion game est on fleek» pour ses brebis. Nous prions le Tout-Puissant pour sa résurrection!

Please come back to me – Patrick Brazeau

Notre Justin n’aime pas ça les gens qui disent de quoi et font tout le contraire… C’est bien connu qu’il ne ferait jamais ça lui! Y’arrête pas de le dire qu’il est là pour défendre les droits des femmes et des peuples autochtones. C’est pour ça qu’avant même que l’affaire Brazeau sorte en public, il a voulu le remettre à sa place dans un ring. Il fallait bien que quelqu’un lutte contre ce cancer…En souvenir de ce moment historique, voici la bande annonce du documentaire «God save Justin Trudeau»:

Justin Trudeau – Les Anticipateurs

Visiblement, ce n’est pas tout le monde qui est down avec notre beau Justin. C’est quand même étonnant considérant que Tronel et Monak étaient les vedettes du tout premier 4/20 légal sur le Mont-Royal en pitchant des joints plus gros que mes bras pis en chantant «J’fume des bats». Peut-être qu’ils ont pris le temps de laisser la boucane retomber entre temps… ou que pour son prochain mandat, «légaliser la Poud ça c’est un beau débat».

10 La tête à Papineau – Les Cowboys Fringants

Maintenant que tout ça est dit, n’oubliez pas qui est la tête d’affiche de la circonscription de Papineau. Qui sait, le 22 octobre au matin, vous aurez peut-être à nouveau la chance de prendre un selfie avec lui à la station Jarry. Manquez pas le métro, me semble que ça prend pas la tête à Papineau pour savoir pour qui voter!!

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Exercice de haute voltige pour Loud

Le lancement de Tout ça pour ça présenté par Air Francoricain a transporté plus 8 000 amateurs de rap dans un vol historique en destination du sommet, vendredi soir, au Centre Bell.

Après DJ Kelly et ses platines laissant tourner des succès de 2pac et Snoop Dogg, Milk & Bone se chargent de réchauffer le Centre Bell déjà bien rempli, si ce n’est de l’autre moitié de la salle et du dernier balcon, condamnés pour l’occasion. Entouré de ballons épelant son nom, le duo offre des extraits de ses derniers projets électro-pop avec énergie dans une mise en scène minimaliste. 

Milk & Bone / Photo: Camille Avery-Benny

J’aurais dû me douter que quand Loud lançait «Aucun accès backstage pour les photographes» sur la chanson Pas sortables, il était sérieux. Si la sécurité est déjà accrue au Centre Bell (sacs à dos et caméras interdits), impossible d’y circuler, même avec une accréditation média.

Confinée au soundboard pour prendre des photos, je dois sortir par la porte arrière de l’aréna après les trois chansons durant lesquelles il m’est permis d’utiliser ma caméra et faire le tour par l’extérieur pour entrer par l’entrée principale et gagner mon siège pour la suite du spectacle. Ça me permet de saisir l’envergure de l’évènement. 

Loud fait donc une entrée remarquée dès 22h15, sortant d’un énorme avion entouré d’écrans sur lesquels sont projetées des ailes. À peine les premières notes de 56K ont-elles résonné que le Centre Bell entame le premier couplet en chœur. Loud rappe une ligne, puis se laisse porter par la voix du public qui chante pour lui presque l’entièreté du couplet.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Paru il y a un peu plus de deux ans, le clip de 56K laissait déjà présager les idées de grandeur du rappeur, qui s’en est inspiré pour sa mise en scène notable.

Vêtu de blanc de la tête aux pieds, Loud poursuit avec Nouveaux riches, puis Hell, What A View, tirées de son premier album. Les pièces ne manquent pas de faire sauter la foule, qui ne s’assoira pas de la soirée.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Fallait y aller débute pendant que les photographes sont gentiment expulsés de la salle. S’amorce alors ma course contre la montre sur Saint-Antoine pour en rater le moins possible. C’est du sport.

De retour dans l’assistance, j’arrive juste à temps pour voir Loud terminer Le pont de la rivière Kwaï, perché sur une plateforme au bout de la scène qui traverse le parterre.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Entre les chansons et pendant les instrumentaux, Loud prend le temps de profiter de l’expérience, marquant une longue pause après la ligne «On a déjoué des centres d’appels de Bell jusqu’au Centre Bell», et s’agenouillant sur scène pour recevoir les applaudissements et cris chaleureux de la foule. 

LISEZ NOTRE CRITIQUE DE L’ALBUM TOUT ÇA POUR ÇA

Contrairement à ce que laissent croire ses paroles, Loud n’est pas seul au sommet; il s’accompagne de son producteur de toujours, Ajust. Une Charlotte Cardin solide se joint à eux le temps de Sometimes, All the Time, alors que les artistes se font face sur deux niveaux différents de la scène, rappelant le vidéoclip paru en même temps que l’album.

Cœur de Pirate fait également une brève apparition pour le duo Dans la nuit, marqué par la voix fatiguée de la chanteuse.

Charlotte Cardin et Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Lary Kidd se fait attendre, mais rejoint finalement ses amis Loud et Ajust pour leur nouvelle pièce, Off The Grid. L’ancien trio en profite également pour performer SWG et On My Life, à laquelle s’ajoute 20Some.

Pas de classique de Loud Lary Ajust pour les nostalgiques, mais une chanson solo pour le jeune homme Lary Kidd, qui pourra se vanter d’avoir chanté Petit Jésus devant 8 000 personnes, dont probablement plusieurs qui se demandent qui il est et quelques-unes qui en profitent pour faire une pause-pipi.

Lary Kidd et Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Ajust, le «commandant de bord» posé derrière sa station surélevée, est sans doute l’un des hypemen les plus divertissants du rapqueb. «They do take time», peut-on entendre alors que Loud interprète TTTTT (These things they take time), dont les paroles prennent tout leur sens dans un Centre Bell comble.

Quelques problèmes de son ne perturbent pas le premier rappeur québécois à remplir l’aréna, qui enchaîne ses nouvelles chansons et ses succès précédents avec verve et assurance, rappelant ici et là qu’on est tous en train de «faire l’histoire.» 

Avec plus d’un tour dans son sac, Loud garde le meilleur pour la fin: la pyrotechnie et les explosions. Il faudra attendre le rappel pour que des musiciens (un guitariste et un batteur) montent sur scène pour clore la pièce la plus instrumentale du nouvel album, GG, et du même coup, mettre un terme à cette soirée historique. 

Loud et Ajust / Photo: Camille Avery-Benny

Contre toute attente, le vol se déroule sans traverser de zone de turbulence. Ça prenait Loud et le Centre Bell pour qu’un parterre de show de rap s’abstienne de faire des mosh pits

Pour ce spectacle légendaire, Loud a fait un choix de chansons judicieux, mélangeant parfaitement les premiers succès aux nouveaux au grand plaisir de la foule qui en redemande. Fidèle à sa parole alors que «tous les sièges et tous les verres sont remplis jusqu’au balcon», le rappeur d’Ahunstic-Cartierville, peut se vanter d’avoir fait Tout ça pour ça.

Le buffet: Alexandra Stéliski dans la lasagne de ta mère, pour le réconfort

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Après Jean-Michel Blais, duquel on parle tout le temps depuis 2 ans, on a désormais un nouveau crush pianistique: Alexandra Stréliski. Elle présentait cette semaine en exclu sur CBC Music, un clip de jour de pluie pour Changing Winds. Une réalisation de Vincent René-Lortie. Le nouvel album de Stréliski, INSCAPE, paraîtra le 5 octobre chez Secret City Records. T’inquiètes, JM, on t’aime encore!

Dear Denizen offre un nouveau single pour son EP qui sera lancé le 8 novembre dans le cadre de Coup de Coeur Francophone. C’est un retour au français pour Ngabonziza. Écoutez BEC:

Les mélodies sont dansantes sur le nouvel EP All Good de Beat Market, paru vendredi dernier. Cinq pièces qui touchent, même ton âme.

Le terrain de jeu musical de François Lafontaine, Samuel Joly et Joe Grass arrive finalement dans nos oreilles. Le trio harmonise tout ce qu’il a appris durant les dernières années. Une fusion qui ne peut qu’être riche.

On vous mentirait si on vous disait qu’on n’écoute pas cet album en boucle chaque jour. C’est pas mêlant: l’album de Choses Sauvages, on est en train de se demander comment on pourrait faire pour voter pour ça aux élections.

NOVEMBER arrive à point avec Endless Summer. On commençait justement à capoter en voyant l’été partir. Son troisième EP Romance in Silver sera présenté lors de son passage à la 17ème édition de Pop Montréal, le 27 septembre au Bar Le Ritz PDB et en première partie de Molly Nilsson et le 29 septembre pour la soirée Millenium Pop à The Diving Bell.

L’artiste au multiple disciplines que l’on connaissait sous le nom de APigeon revient avec une nouvelle proposition, CLEAR, un EP qui sera lancé dans le cadre de Pop Montréal le 27 septembre sous le nom d’Annie Sama. Ça va marcher… c’est clair comme de l’eau de roche.

Marie Claudel joue dans nos oreilles depuis près de deux semaines déjà, avec son premier album Ne parle pas aux étranges. À elle, vous pouvez lui parler par contre.

Après la Mixtape, voici la Misstape. Un mot de jeu offert par le bon nouveau venu de la scène hip-hop Zach Zoya et l’acolyte High Klassified.

La Force, nouveau projet solo de la chanteuse de Broken Social Scene, Ariel Engle, a dévoilé son premier album homonyme sous l’étiquette Arts & Crafts. Ça vient avec une magnifique vidéo pour TBT.

Ariane Moffatt annonce son prochain album à paraître le 19 octobre. Elle raconte la genèse de cette nouvelle galette aux amis du Voir.

Vincent Appelby annonce un deuxième album, Maladie d’écran, à paraître le 19 octobre. En attendant, trouvez-vous quelqu’un avec qui être à deux:

Voici le clip de Lary Kidd pour la pièce Ce monde là. À ne pas confondre avec Ce beau monde là.

Lary prendra part au Jeunes Princes Tour qui parcourra le Québec à l’automne, il partagera la scène avec Rymz, Shash’u et David Lee.

Jérome Casabon et Jesse Proteau (Zagata) se sont rencontrés durant les tournages de La Voix. Ils unissent leur voix sur ce tube pop assez intéressant qui s’inscrit dans une belle continuité estivale.

Moins d’un an après la sortie de son premier album Fatale, le trio montréalais Dear Criminals présente LULLABY, un huitième EP créé autour du thème de la berceuse et réalisé par Philippe Brault. Les dernières représentations du concert-lancement ont lieu ce soir et demain à La Chapelle Scènes Contemporaines.

Anatole offrira son album Testament, à la fin du mois. Et il présente tout de suite la chose en commençant par les Aveux.