TOP 2020 FRANCO positions 20 à 11

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums francophones préférés de l’année, positions 20 à 11.

Photo: Pexels/Artem Podrez

20 Jimmy Hunt – Le silence 

Après avoir conquis tout le monde l’an dernier avec le Jazz engagé de son groupe Chocolat, Jimmy Hunt revient cette année avec un album surprise tout aussi grandiose. On reconnaît sa manière si unique de poser sa voix et ses arrangements créatifs (quoi que plus minimalistes) dans ce Silence et on en voudrait toujours plus. Cet album court et économe en refrains est bien à l’image des éclairs de génie qui peuvent surgir des vrais artistes même en période de confinement. Vieux amis, l’arbre et Le Silence, en particulier, sont des petites merveilles.

– RAPHAËL BOIVIN 

19 Lucill – Bunny 

Un feel good total s’installe dès le début de l’écoute de Bunny et il ne s’en va jamais. Les mélodies sont complexes et accrocheuses, les arrangements nous enveloppent sans masquer la voix qu’on entend comme si on nous confiait un secret. En 2017, Raphaël Bussières, qui se glisse ici derrière le nom Lucill, m’avait complètement captivée avec Overnight, l’album de Heat pour lequel il s’exécutait à la basse. Je ne m’étais pas remise de la chanson Lush. Et je cours, sur Bunny, me fait le même effet. Continue, Raphaël, de m’empêcher de sortir de tes chansons. C’est une captivité très bonne.

– ÉLISE JETTÉ

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18 Le Couleur – Concorde 

Cet automne, on a dit que Concorde était le meilleur album de Le Couleur et personne ne nous a contredit. Certes, l’avion d’inspiration, dans ce cas précis, est en mode écrasement, mais ce n’est pas une raison pour nous empêcher d’avoir envie de monter à bord. Tant qu’à crasher… La formation s’est dotée de nouveaux membres et a appris à fonctionner avec eux sans que le son écope. En fait, le son, il a fait le contraire d’écoper. On a dansé avec ces personnes de qualité devant notre ordinateur en zone rouge en novembre et DANS LA VRAIE VIE pendant un aperçu (au FME) de ce qui sera possible de vivre post-pandémie. Vous allez vouloir y être.

– ÉLISE JETTÉ

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17 LaF – Soin Entreprise 

À peine as-tu eu le temps de te familiariser avec leur plus récent projet que déjà ils t’en mettent un nouveau entre les mains. Et c’est parfait comme ça. LaF, c’est le genre de groupe qui reproduit les codes associés aux Boys Band d’autrefois. Je suis persuadée que tout le monde a son préf. «Oh, moi c’est Mantisse. Y’est tellement swag!». «Non! Moi, c’est BKay yo. Il est tellement mystérieux.» Outre ces considérations hautement superficielles, reste que ce qu’ils mettent dans nos oreilles est indéniablement délicieux.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

16 Larynx – Ruche de mouches 

Le Montréalais Alexandre Larin, alias Larynx, a lancé son premier album solo en octobre dernier. On parle de 26 minutes de rock psyché bien dosé sur fond de relations sentimentales complexes et d’univers éclatés. Avec de brillantes guitares lourdes à la Ty Segall (Sul party, Douille, Douille, Douille, Sourire ) et de jolies pièces plus douces (Lubie, Faveur, Muffin aux bananes Cowboy), l’ancien chanteur du groupe Rust Eden nous offre de quoi planer en douceur. 

– MATHIEU CATAFARD

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15 Totalement Sublime – Totalement Sublime 

Le duo montréalais présente un premier album soyeux, feutré, influencé par la synth pop japonaise. On y trouve des introspections chuchotées, oui; des ambiances bruitistes aux titres futuristes, certes; mais surtout des rythmes enveloppants ponctués de sax qui flashent un bon instinct pop et le franc désir de s’amuser.

– JULIEN ROCHE 

14 Rosie Valland – Blue 

Lancé deux semaines avant le début de la pandémie au Québec, le deuxième album de Rosie Valland n’a pas eu le temps vivre. Les neuf pièces qu’elle présente sur Blue s’enchainent comme les tableaux d’un spectacle qui finira bien. Rosie y renoue avec l’espoir dans une approche pop assumée et des textes qui touchent. Impliquée dans la réalisation de l’album, l’artiste tient son projet à deux mains et c’est bien solide.

– ÉLISE JETTÉ

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13 Population II – À la Ô Terre 

L’un de mes petits plaisirs, c’est d’aller à des concerts de groupes sans bandcamp. N’ayant que peu de temps à accorder à ce hobby, mon subterfuge consiste souvent à attendre pour découvrir un band s’il m’est possible de le voir bientôt sur scène. Population II et moi, ça n’a malheureusement jamais pu se faire. Mais pas déçue d’avoir attendu qu’ils signent chez Castle Face Records: en pandémie, les surprises, ça se fait plutôt rare. Le disque à se procurer absolument pour tous ceux à qui les émotions fortes des shows manquent et qui souffrent un peu plus à chaque show virtuel regardé. En plus de la job d’Emmanuel Ethier (Chocolat, Yocto), y’a tout pour s’accrocher: un processus créatif basé sur de l’improvisation, de la poésie suspendue, une progression vers la douceur dans l’album mauditement plus efficace qu’une séance de méditation et un mélange délicieux de sonorités, empruntant au psyché, au space rock, au free jazz, au stoner et au prog. La meilleure de transformer différemment tes quatre murs à chaque nouvelle écoute.

– LISE BRUN

12 Gab Bouchard – Triste Pareil 

Le show de son lancement, c’est le dernier que j’ai vu avant que le monde pète. Triste pareil est par la suite devenu l’album qui m’a accompagnée partout. Partout, même où je n’allais pas. La musique de Gab Bouchard a la capacité à la fois de te faire chanter trop fort au coin de la rue en te dandinant, et de te faire brailler en silence. Deux choses à te dire mon Gab: adjoye et merci.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

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11 Maude Audet – Tu ne mourras pas 

Dans une année déprimante comme 2020, un peu de douceur ça se prend bien. Pour ça, rien de mieux que les rythmes folk-pop et la voix sublime de Maude Audet. Des textes touchants, des mélodies entraînantes et surtout une esthétique charmante qui nous fait sentir comme dans une ballade hivernale en forêt. Ça réchauffe le cœur et ça fait sourire. On se sent le dehors à respirer l’air de l’Île d’Orléans ou de Kamouraska. Clairement un des futurs classiques du répertoire de l’artiste.

– RAPHAËL BOIVIN

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GAMIQ 2020: ma grand-mère se prononce

Je n’ai pas serré ma grand-mère dans mes bras depuis le mois de janvier et je ne l’ai pas vue en personne depuis la zone rouge montréalaise. Je la laisse tranquille dans sa zone orange. Elle a quand même accepté de passer une heure au téléphone avec moi pour que je lui fasse écouter les nommés du GAMIQ 2020. C’est vous dire à quel point les aînés ont besoin d’un coup de fil de temps en temps! J’ai profité de l’occasion pour ressortir une photo de mes archives personnelles (probablement en 2010), au moment où je faisais écouter de la musique à Claudette (de mémoire, c’était Martin Léon).

Claudette en 2010 écoutant Les atomes/Photo: Élise Jetté

ARTISTE DE L’ANNÉE

Bon enfant

Élise: Bon, grand-maman, t’as l’oreille bien collée sur ton téléphone? Ça commence!

Claudette: Oui, je suis prête. Quand j’aurai chaud à l’oreille droite, je changerai pour l’oreille gauche. Comme ça ça va être égal pour tout le monde.

É: Parfait! Là on va écouter les nommés comme Artiste de l’année. C’est comme le plus gros prix, donc t’as le droit d’être sévère. On commence avec un groupe qui s’appelle Bon enfant. La chanson que tu vas entendre, c’est Ménage du printemps.

C: Le titre fonctionne très bien parce que ça me donne le goût de faire mon ménage justement! Ils sont combien dans ce groupe?

É: Ils sont cinq. Deux filles, trois gars. Et t’as vu un des gars à La Voix.

C: C’est sûrement celui qui avait un chapeau de cowboy, ça fonctionnerait avec le style.

É: T’as tout compris.

C: J’aime beaucoup ça, Bon enfant!

Note de Claudette pour Bon enfant: 8/10

Corridor

É: Alors là, on change de style. Le groupe s’appelle Corridor.

C: C’est pas la chanson de Laurence Jalbert?

É: Non, malheureusement. La chanson que je te fais entendre s’appelle Domino.

C: C’est intéressant.

É: Intéressant comme la couleur de ton vomi après avoir bu de la slush ou intéressant comme un coucher de soleil d’automne?

C: Je ne suis pas certaine. Mais tes deux options sont pas mal aux antipodes, je trouve. Franchement! J’aime beaucoup qu’on entende de nombreux instruments. Ça parait qu’ils sont plusieurs et que tout le monde fait du bon travail. J’aime moins le fait que je n’entende pas très bien les paroles parce que la voix est en arrière-plan.

Note de Claudette pour Corridor: 7/10

KNLO

É: Grand-maman, on va maintenant entendre du rap Québ.

C: Du quoi?

É: Du rap Québ, du rap québécois.

C: Pourquoi tu dis pas tes mots au complet?

É: Je vais te faire entendre la chanson Ça fait mal de KNLO.

C: Je l’ai vu lui à l’ADISQ. Je le trouve tellement drôle. Bon, lui on comprend tout ce qu’il dit! J’aime beaucoup ça. Et le rythme nous rend de bonne humeur. C’est important ces temps-ci.

Note de Claudette pour KNLO: 9/10

LaF

É: On reste dans le rap Québ avec LaF, la chanson Eastman.

C: Comme la ville?

É: Oui.

C: Ils disent qu’ils boivent chaque jour. C’est pas l’idéal. Moi je bois juste du vin quand tu viens me voir, donc là, ça fait longtemps que j’ai pas bu de vin, mais j’ai quelques bouteilles de ton vin préféré pour quand tu vas venir.

É: J’ai hâte.

C: Je trouve ça vraiment bon, LaF. J’aime beaucoup le titre parce que j’aime cette ville. Et j’aime le mélange de l’accent français avec l’accent québécois. C’est pas souvent qu’on entend ça.

La note de Claudette pour LaF: 8/10

Les Deuxluxes

É: On va finir avec un duo qui s’appelle Les Deuxluxes. C’est un gars et une fille habillés vraiment funky. Comme la photo de grand-pa et toi à l’Halloween en 85.

C: Ha ben là, ça c’est un style que j’aime!

É: La chanson qu’on va écouter s’appelle Everything of Beauty.

C: Pour la voix et le style, ce sont mes préférés, mais je préfère la musique en français.

É: Ils chantent en français des fois!

La note de Claudette pour Les Deuxluxes: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, c’est KNLO l’artiste de l’année.

ALBUM FOLK DE L’ANNÉE

Basia Bulat – Are you In Love?

É: Là, grand-maman, on est rendues à la catégorie Album folk de l’année. J’ai pensé que t’aimerais pas mal les artistes dans cette catégorie. La première s’appelle Basia Bulat. Son album s’appelle Are you In Love? et la chanson que tu vas entendre s’appelle Your Girl.

C: C’est donc ben beau ça. Une belle voix. C’est doux à entendre. Je trouve ça étrange qu’elle ne soit pas plus connue.

La note de Claudette pour Basia Bulat: 9/10

Chandail de loup – Sul bord

É: Voici maintenant le groupe Chandail de loup, l’album Sul bord et la chanson Dansé nu.

C: Ça je trouve ça ben niaiseux. En plus, ils disent pas les mots au complet. Comme toi! C’est parce qu’ils viennent de Montréal?

É: Ils viennent de Val-David, donc c’est dur à dire…

La note de Claudette pour Chandail de loup: 6/10

Foisy – Mémoires

É: On va entendre un autre artiste qui s’appelle Foisy. Son album s’appelle Mémoires et la chanson que je te fais jouer, s’appelle Les anniversaires.

C: C‘est qui donc l’artiste que j’avais trouvé déprimé la dernière fois qu’on a fait ça? Je le trouvais triste.

É: Antoine Corriveau. C’est lui qui a réalisé l’album de Foisy.

C: Ils faudrait que tu leur donnes une petite tape dans le dos la prochaine fois que tu parles avec eux.

É: Parfait!

C: J’aime beaucoup ça, mais je pense qu’il pourrait essayer d’être plus gai pour la prochaine fois. Peut-être un peu plus d’Émile Bilodeau dans sa voix.

É: Je vais lui faire le message.

La note de Claudette pour Foisy: 8/10

Leif Vollebekk – New Ways

É: Lui c’est Leif Vollebekk. Son album s’appelle New Ways et la chanson que tu entends s’appelle Hot Tears.

C: Ça réchauffe, on dirait, écouter ça. Je pense que je le recommanderais pour les gens en hiver, mais pas en été.

La note de Claudette pour Leif Vollebekk: 7/10

Mathieu Bérubé – Roman savon

É: On va entendre Les fleurs du tapis de Mathieu Bérubé. Son album s’appelle Roman-savon.

C: Il est drôle lui. Il savait pas que roman-savon, ça veut dire des émissions pas très bonnes. Il voulait nous annoncer un mauvais album?

É: Je pense pas que c’était son objectif!

C: Je pense que c’est ma voix d’homme favorite à date. Il a la voix de quelqu’un de gentil. Et j’aime beaucoup la batterie. Ça me fait bouger un peu.

La note de Claudette pour Mathieu Bérubé: 8/10

Maude Audet – Tu ne mourras pas

É: Là c’est Maude Audet. Son album s’appelle Tu ne mourras pas et la chansons c’est Tu trembleras encore.

C: Ah la belle Maude! Son chum est assez drôle! J’aime ça, ça sonne comme la musique de mon temps. Comme Renée Martel.

La note de Claudette pour Maude Audet: 8/10

Mon doux saigneur – Horizon

É: On va maintenant entendre un groupe qui s’appelle Mon doux saigneur. L’album s’appelle Horizon et la chanson aussi.

C: Oh wow, c’est harmonieux ça. C’est comme si les musiciens étaient tous des spécialistes virtuoses et qu’ils avaient la chimie parfaite entre eux. La voix est l’fun. On n’entend pas souvent des voix comme ça. C’est pas une grosse voix, mais elle est toujours juste.

La note de Claudette pour Mon doux saigneur: 9/10

Saratoga – Ceci est une espèce aimée

É: On va entendre le duo Saratoga. Leur album s’appelle Ceci est une espèce aimée et la chanson, c’est Morceaux.

C: Oh la la. Ça c’est de la belle poésie. Eux autres leur force, c’est vraiment les mots. J’aimerais lire leurs textes.

É: L’album viens avec un livre des textes. Je vais te l’apporter.

C: J’aime vraiment beaucoup ça. Ça doit bien s’écouter pendant une tempête de neige.

La note de Claudette pour Saratoga: 8/10

Tomas Jensen – Les rêves sont faits

É: On va entendre Tomas Jensen avec Le fil qui vient de l’album Les rêves sont faits.

C: Ça me fait penser à du jazz. J’aime vraiment pas ça le jazz.

É: Moi ton commentaire me fait penser à cette vidéo des Appendices:

La note de Claudette pour Tomas Jensen: 6/10

Travelling Headcase – Songs For The Broken

É: Le dernier groupe s’appelle Travelling Headcase, la chanson s’appelle Baie Deception et l’album se nomme Songs For The Broken.

C: La voix pourrait être dérangeante sur le long terme, mais le style est original.

La note de Claudette pour Travelling Headcase: 7/10

VERDICT: Selon Claudette, les meilleurs albums folk de l’année sont ceux de Basia Bulat et de Mon doux Saigneur.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

Anachnid

É: Dernière catégorie, grand-maman. On va y aller pour la Révélation de l’année. La première artiste, c’est Anachnid, c’est une artiste autochtone. La chanson s’appelle Sky Woman.

C: Mais moi j’aime beaucoup Elisapie.

É: T’as pas besoin de choisir, grand-maman. Tu peux aimer les deux.

C: C’est vrai. Elle j’aime ça, mais on dirait qu’elle marmonne un peu.

La note de Claudette pour Anachnid: 8/10

Backxwash

É: Donc là, elle c’est Backxwash. Elle a gagné le prix Polaris. Celui pour lequel je fais le jury chaque année.

C: Ah oui, ok je suis curieuse.

É: La chanson s’appelle Devil in a Moshpit, ça veut dire Le diable danse ou quelque chose de même.

C: Elle danse avec le diable. C’est pour ça qu’elle est aussi fâchée! Il y a beaucoup de colère dans sa musique. Je ne suis pas certaine, mais c’est juste à cause de l’agressivité.

La note de Claudette pour Backxwash: 7/10

Bermuda

É: La prochaine s’appelle Bermuda. La chanson qu’on va entendre s’appelle Beach Bodé.

C: C’est drôle, ça! Ça swing! Ça me fait penser à l’été sur le bord de la plage, donc j’aime ça. C’est comme quand on était en vacances ensemble. C’était le bon temps. Je l’aime, elle. Elle me fait sentir bien et elle me rappelle des bons souvenirs.

La note de Claudette pour Bermuda: 9/10

NOBRO

É: Alors maintenant, ça va être un peu plus intense. On change de registre. Ce sont quatre filles. Le groupe s’appelle NOBRO et la chanson s’appelle Marianna

C: Au téléphone, c’est pas l’idéal pour écouter ça, mais je pense que j’aimerais voir un spectacle. C’est très entraînant et on a besoin de chansons comme celle-là pour bouger.

La note de Claudette pour NOBRO: 9/10

P’tit Belliveau

É: Le dernier artiste s’appelle P’tit Belliveau, c’est un Acadien de la Nouvelle-Écosse. La chanson s’appelle Income Tax.

C: Ça prend des sous-titres, hein, cette chanson-là.

É: Ça tombe bien, il y en a dans ses clips.

C: Très bonne idée. Y’est de bonne humeur lui là. Je trouve qu’il fait des belles façons. Un jeune homme qui semble gentil. Il me rappelle nos vacances dans les Maritimes.

La note de Claudette pour P’tit Belliveau: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, la Révélation de l’année est Bermuda ou NOBRO

Le GAMIQ 2020 aura lieu ce dimanche 6 décembre à 20h.

Évidemment, le gala est numérique. Vous pouvez obtenir votre billet gratuit ici.

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2018

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2017

TOP 2019 FRANCO positions 20 à 11

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 20 à 11 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

20 Saratoga – Ceci est une espèce aimée

Avec ce deuxième album, Saratoga offre probablement une des plus belles collections de chansons du répertoire de ses deux membres Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse. Ceci est une espèce aimée, c’est des textes remplis de sincérité, des mélodies poignantes et sans doute l’un des albums les plus réconfortants de l’année. À écouter en prenant son temps un dimanche après-midi à regarder la neige tomber par la fenêtre. C’est feutré, c’est doux, ça nous rend nostalgique et amoureux. (RAPHAËL BOIVIN)

19 LaF – Citadelle

Avec Citadelle, LaF nous prouve qu’on peut chanter sur un album de rap et que ce n’est pas obligé de passer par l’auto-tune pour que ça sonne bien. Les gentils Bkay, Jah Maaz et Mantisse poussent la note sur les gentilles productions de BLVDR, Bnjmn. Lloyd et Oclaz pour nous offrir un album lumineux, positif et décomplexé qui peut plaire à un public de 7 à 77 ans, comme un bon jeu de société que toute la famille aime. Du gros fun, mais sans le danger! (NICOLAS SIMARD)

18 Safia Nolin – Reprise Vol.2

Cet album est sorti cette année durant mes vacances aux Îles-de-la-Madeleine avec ma mère et ma grand-mère. Inutile de dire qu’il fut écouté à maintes reprises durant les 15 heures de route qui nous séparaient de la maison au retour. Bien que ma mère ait trouvé que La soirée est encore jeune faisait passer la route plus vite que Reprises Vol.2, elle a trouvé vraiment audacieuse l’idée de reprendre Céline Dion. «Ça prend du courage et c’est bien fait», a-t-elle déclaré. Claudette, ma grand-mère, était pour sa part très heureuse de fredonner sa pref’ Marie-Denise Pelletier au sortir du traversier où elle avait peur que je scratche le toit de son auto. Cela dit, les pièces s’enchaînent comme des chants d’espoir, des ritournelles qu’on a assez chantées au karaoké pour pouvoir sing along avec Safia et ses chums de filles. Le piano d’Alexandra Stréliski et la voix de Pomme se mêlent à tout ça comme si ça avait toujours été prévu comme ça. On aime les chansons originales de Safia, mais personne ne gère la reprise comme elle. (ÉLISE JETTÉ)

17 Les Louanges  – Expansion Pack

Ce EP porte vraiment bien son nom. Tout en gardant le son RnB-franco-jazzy de son album La nuit est une panthère, ce petit bijou montre un désir d’éclater les frontières, d’expérimenter avec les sons, avec les styles et avec des gens. Les Louanges nous transportent dans un univers juste assez fucké su’é bords, où l’on retrouve des beats de trap, des rappeurs et les chill vibes de Vincent Roberge qui font du bien. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

16 Robert Nelson – Nul n’est roé en son royaume

Y’a pas juste le ruisseau qui est motivé. Y’a aussi le Bobby Nel qui nous arrive par le chemin du roé avec un premier album flambant neu. Un projet plus sombre et personnel que dans le passé, mais qui prouve encore qu’il est dominant tel un Jacques Plante du rap Québ. En spectacle, il profite de la pièce Luciole pour expliquer ce qu’est le «Dutch Reach». Donc si tu sais pas c’est quoi en lisant ces lignes, please google that en l’honneur de Bernard Carignan! Peace. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

15 Eman – Maison

Eman complète avec une exceptionnelle intelligence sa transition de bum à pousseux de poussette, sur fond de pop ou de rap. Ses mots décrivent un quotidien rythmé par les engagements d’un père et d’un artiste conscient de ses forces, tout en aspirant à mieux. Une des grosses annonces est l’ouverture de son club de lecture nocturne post-trap: « Catch moi late night en train de lire un livre dans la cour». Il devrait y inviter l’humble french catholique François Legault pour qu’il commence à avoir du sens. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

14 Fred Fortin – Microdose 

Le Jeannois nous a fait l’honneur de la plus belle surprise de l’année avec cette dose macro de récits folk-rock. Les narrations au Je, sourires en coin question de désamorcer le blues, s’acoquinent des suspects habituels (Langevin, Lafontaine, Grass) qui complètent ici une Microdose plus sensible et moins pop que le précédent Ultramarr. On chouchoute déjà Fortin pour son total dénuement d’artifices – heureux de voir que rien ne le presse de saboter une formule gagnante. (JULIEN ROCHE)

13 Bleu Jeans Bleu – Perfecto

Y’a tu quelqu’un d’autre qui est pu capable d’entendre «hey» sans répliquer «t’es tu ben dans ton coton ouaté»? C’est probablement le hit de l’année, mais cette chanson n’est pas la seule à nous faire vibrer sur le troisième album de Bleu Jeans Bleu, Perfecto. Bien qu’ils aiment écrire des textes légers et humoristiques (ils parlent tout le temps de bouffe, je relate), les Bleus ont la composition savante et manient avec brio les grooves solides et les mélodies accrocheuses. Perfecto s’écoute d’une traite dans un road trip pour gueuler dans son char en dansant sur son siège (en cuir).  (SARA-DANIELLE FAUCHER)

12 Lary Kidd – Surhomme

Après avoir perdu le Contrôle sur son précédent album, Lary Kidd s’impose tel un Hercule des temps modernes avec ce second effort en solo. Réalisé par le tandem Ajust et Ruffsound, ce nouvel opus nous offre d’excellents beats qui n’ont rien à envier à ceux de nos voisins du Sud. Influencée autant par les productions lo-fi de New York que par les productions grandioses à la Kanye West, la réalisation permet d’assurer une certaine cohérence entre les titres malgré les différentes ambiances offertes. Lary Kidd livre ici ses textes les plus engagés, dénonçant dans le virage certains travers de notre société, sans toutefois se montrer moralisateur et démontre ici toute la justesse de sa plume. (NICOLAS SIMARD)

11 Alaclair Ensemble – AMERICA Volume 2

Après tous les projets 2019 d’Alaclair Solos, la gang de minces vient tout juste de nous livrer une galette surprise au seuil de nos portes sans faire Ding Dong. Cet album, qui a été écrit et enregistré lors de leur tournée, nous démontre encore une fois qu’ils sont aussi big que Céline sur la scène rap Québ. Autant sur l’Île qu’en banlieue, et même au ciel (surtout le 7ième), on s’crinque, on chill, on vibe dès les premières notes. Take a seat and enjoy because the soucoupe is about to pop off! (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

À VENIR SUR FAV: 

L’explosion de l’échelle de Richter par LaF

«Un tremblement de terre doit être traumatisant» – Pas mal de monde

En effet, c’est une catastrophe naturelle que nul n’a envie de vivre. Quand on y pense, c’est une secousse de la croûte terrestre. Oui, la Terre a une croûte bien épaisse. Cette secousse est tellement intense qu’il en résulte une immense quantité d’énergie dans la lithosphère (couche externe solide de la Terre). Cette énergie crée le séisme.

Je n’ai jamais vécu de tremblement de terre intense (knock on wood), mais un vendredi soir d’octobre, je me suis retrouvée les deux pieds sur une croûte bien tremblante pendant deux bonnes heures. Retour sur le lancement du tout premier album officiel Citadelle du groupe LaF au Théâtre Fairmount.

J’entre dans la pénombre aux effluves d’houblons du Théâtre Fairmount tout en contemplant cette salle déjà pleine. Je regarde autour – comme tout bon humain qui entre dans une salle de spectacle – et soudainement je sens de basses fréquences d’ondes sismiques me chatouiller les chevilles. La tension monte. Le Théâtre Faimount est en préparation pour ce qui s’en vient. Le Théâtre Fairmount est en prédrink. Le Théâtre Faimount se bâtit un refuge. Le Théâtre Fairmount se fait faire un brushing.

Planet Giza réchauffe la foule et surtout le plancher. Eh oui, le plancher (la croûte) a besoin d’un bon réchauffement. Un peu comme notre corps avant un entraînement de cross fit. Un ‘tit jogging de 15 minutes pour un humain pré-cross fit & un ti set d’environ 1 h de Planet Giza pour un réchauffement de salle. Chacun son combat, tu comprends?

Planet Giza / Photo: Marielle Normandin Pageau

LaF monte sur scène aussi rapidement que la tension. Ils commencent avec Blanc qui se trouve à être la première chanson de l’album.

Le groupe en quart de siècle nous donne de l’énergie dès la première chanson. Le public chante les paroles à tue-tête. Ça a tout pris pour me rendre en avant afin de prendre une photo.

Ma tentative de prendre une bonne photo de proche / Photo: Marielle Normandin Pageau

Le groupe enchaîne avec Hélium, la deuxième mélodie de Citadelle. Et  ensuite arrive Avalanche, qui est la troisième chanson. Pas obliger de vous décrire l’ordre du reste des chansons. Dois-je? Il y a d’autres choses davantage importantes que je voudrais aborder avec vous aujourd’hui.

Avant de nous performer Tour du monde, Mantisse, portant son t-shirt de Choses Sauvages,  nous demande si nous sommes prêts à chanter et que si on ne chante pas «on lui a menti». Je te dirais que selon ce que j’ai entendu pendant la performance, y’a pas grand menteurs dans place.

Sur scène, on a eu un saxophoniste, un guitariste (Clément Langlois-Légaré), Franky Fade qui a sauté sur scène pour Rencontre fortuite, Vince James pour Nos roues et Ariane Moffatt qui a chanté avec eux une track que vous pourrez éventuellement entendre. Pas tu’ suite. Une collaboration qui en enchante plusieurs.

Ariane Moffatt se trouve à être une vraie fan de LaF. À la fin de sa performance, elle nous mentionne que nous n’avons pas fini d’entendre parler de ce groupe. #cute parce que c’est bien #vrai.

La foule none-stop / Photo: Marielle Normandin Pageau

Le plancher du Théâtre Fairmout atteint des niveaux de tremblements de croûte que je n’avais jamais encore expérimentés dans cette salle. Me demande si le milieu de la salle va devenir un sinkhole. Une chance que non. Cependant pour ceux qui veulent expérimenter un sinkhole, vous pouvez vous rendre en Californie.

Just doin’ their thang / Photo: Marielle Normandin Pageau

BLVDR aux platines nous livre tous ses beats de manière impeccable. J’ai un feeling que ce dude était hyper organisé au secondaire. Il gardait clairement son agenda très propre, il y notait tous ses devoirs et en temps libre il écoutait du Tupac et/ou du Souls of Mischief et écrivait des bouts de leurs lyrics dans ses cahiers de notes.

Chaque membre de LaF a son rôle. Ce rôle est hyper bien défini entre eux. Ils sont différents et se complètent. Le travail que les gars ont mis sur cet album est palpable. La Citadelle dans laquelle LaF évolue semble être une terre très fertile pour la synergie créative qu’ils développent présentement. Je ne suis pas la seule à avoir hâte à la suite.

Pis leur merch est trop swell. Check it out.

Marie-Gold et LaF: La relève du rap québécois dans toute sa splendeur

Pour la dernière soirée de la série Révèle la relève présentée par les Francouvertes, Marie-Gold et le groupe LaF ont livré une soirée de rap haute en énergie à la Maison de la culture Maisonneuve vendredi soir.

C’est la rappeuse Marie-Gold, ancienne membre du groupe Bad Nylon, qui ouvre le spectacle, accompagnée d’un bassiste, d’une batteuse, ainsi que de son amie et agente Audrey Bélanger derrière les platines.

En première rangée, une pré-adolescente se déhanche timidement sur la musique. Marie-Gold joue quelques chansons de son EP paru en mai 2018, Goal: une Mélodie. La rappeuse, qui a arrêté ses études en génie-physique à Polytechnique pour se consacrer uniquement à sa musique, dévoile également quelques nouveautés, comme sa chanson Pousse ma luck, une collaboration avec le producteur belge Mowley. Marie-Gold sait totalement comment allier textes sensés et mélodies entrainantes. Son style progresse et se définit sans cesse.

Le public a droit à une apparition surprise de la rappeuse Sarahmée pour chanter Jamais trop tard en duo avec Marie-Gold. Les deux femmes n’ont rien à envier à personne et elles méritent leur place distincte sur la scène du rap au Québec.

Marie-Gold revient d’ailleurs sur une vidéo qu’elle avait publiée sur Instagram le mois dernier concernant un article sur la place des femmes dans le rap au Québec. À la suite de cela, elle s’est rendue en studio pour enregistrer une chanson qu’elle performait pour la première fois ce soir-là devant un public. «Je ne veux pas dégager de mauvaises vibes», affirme-t-elle avant de commencer sa chanson beaucoup plus douce qu’à l’habitude.

L’artiste termine son concert comme elle le fait habituellement: avec sa chanson Attitude de merde durant laquelle elle affiche son mauvais caractère en sautant et en «flashant» ses fesses.

La pré-adolescente n’est plus dans la première rangée. Devant la scène, dansent plutôt des jeunes armés de bières et de shots de téquila. Les trois rappeurs de LaF, le beatmaker, ainsi que le saxophoniste de O.G.B. s’emparent de la scène et ils débutent avec la chanson Drapeaux, le premier titre de leur dernier EP Hôtel Délices.

LaF/Photo: Naomie Gelper

Toujours aussi à l’aise et heureux de donner un spectacle, les membres du groupe débordent d’une énergie contagieuse. Ils bondissent d’un bord à l’autre de la scène et se poussent amicalement dans un synchronisme étonnamment calculé.

«On a invité notre ami, exprime l’un des membres de LaF. Si vous ne le connaissez pas, vous allez le découvrir». Le rappeur Kirouac fait son apparition sur la scène pour chanter Terre du dernier EP Amos de Kirouac et Kodakludo. Franky Fade de O.G.B. est également un des invités surprise de la soirée. C’est dans ces moments qu’on remarque que la force de ces rappeurs sont la complicité et l’unicité.

LaF/Photo: Naomie Gelper

«On travaille présentement sur un prochain album, et c’est honnêtement de la bombe!», dévoile Bkay au public avant de jouer une exclusivité.

L’éclairage se tamise et un projecteur se braque sur Jah Maaz qui débute la chanson OBB. La foule se déhanche alors sensuellement au rythme de la chanson, alors que Mantisse et Bkay sont assis pour reprendre leur souffle et laisser toute la place à Jah Maaz.

LaF/Photo: Naomie Gelper

«Chantez pas trop fort, Mantisse aime pas ne pas s’entendre», blague Bkay avant de jouer la chanson la plus connue Tangerine. «Coeur sur vous », dit-il avant de quitter.

La jeunesse est belle au coeur d’Hochelaga dans la Maison de la culture Maisonneuve. Le rap québécois réunit beaucoup plus qu’il divise, hommes et femmes confondus.

The Big Boys Band Show plonge dans un bain tourbillon de rêves

Kirouac, Kodakludo, LaF et O.G.B. ont créé un raz-de-marée vendredi soir, soulevant la foule réunie pour voir la crème de la relève du rap montréalais au Bain Mathieu.

Les DJ et beatmakers Oclaz (LaF) et Rousseau (L’Amalgame) réchauffaient déjà le bain quand j’ai mis les pieds dans la salle vers 22h30, après quelques minutes à attendre en file dehors alors que les doormen cartaient les quelque quatre cents personnes présentes.

Pour les moins érudits, le Bain Mathieu est un ancien bain public converti en salle de spectacle, dans Hochelaga.

«Il est temps de prendre son bain», a annoncé solennellement Kirouac avant de demander au public timide de descendre dans la piscine. // Photo: Zoé Arcand

Introduit par une narration théâtrale servant de prologue au EP Amos, le duo Kirouac et Kodakluko a notamment interprété toutes les pièces de son dernier projet, sauf EAU… Laissés sur leur soif, les baigneurs ont tout de même pu apprécier une nouvelle chanson inédite, en plus d’une version hip-hop de la musique thème de la Wii. Même si FouKi n’a pas osé se saucer au Bain Mathieu pour son featuring sur AIR, Vendou (L’Amalgame), Jah Maaz (LaF) et Nomad ont su agrémenter ce set parsemé de nouveaux classiques et de moshpits.

Bkay, Jah Maaz et Mantisse // Photo: Zoé Arcand

Toujours perplexes à l’idée de descendre dans le bain, plusieurs spectateurs sont demeurés au bord de la piscine, malgré l’appel du rappeur Bkay entrant sur scène aux côtés de LaF: «Venez vous baigner!» Avec BLVDR aux platines et ict (O.G.B.) au cuivre le temps de quelques chansons, les trois emcees ont offert un spectacle tout en énergie. Si une nouvelle composition mettant en vedette Franky Fade (O.G.B.) est tombée à plat alors que le micro du rappeur faisait défaut, la chaleureuse voix de Mantisse a heureusement ravi le public, avant de le laisser sans avoir interprété l’incontournable de LaF, Tangerine.

Franky Fade aux côtés de Smitty Bacalley et sa coiffe. // Photo: Zoé Arcand

À peine la foule a-t-elle eu le temps de reprendre son souffle que le septet O.G.B. prenait d’assaut la scène surmontant la piscine. Dans une ambiance plus décontractée, le groupe a charmé avec le flow assuré de Franky Fade entrecoupé de pauses instrumentales jazz mêlant cordes, cuivres et percussions. Les rappeurs ST et Smitty Bacalley (qu’on aurait pu méprendre pour Mia Wallace dans Pulp Fiction) se sont à leur tour joints à la formation pour interpréter leurs lignes juteuses tirées du dernier EP d’O.G.B., Fruit Jazz.

Malgré un spectacle qui affichait complet, le bain est demeuré à moitié plein (ou à moitié vide) pour toute la durée de la soirée. // Photo: Zoé Arcand

Si la piscine a semblé plus vide pour la dernière partie du spectacle, le pool party a réellement commencé quand le Big Boys Band s’est déployé sur scène en tenue de plage. Rassemblant plus d’une douzaine de musiciens, rappeurs et beatmakers, la clique s’est assurée de garder le meilleur pour la fin.

The Big Boys Band: Kirouac et Kodakludo, LaF et O.G.B. // Photo: Zoé Arcand

Omettant volontairement leurs plus grands succès lors de leurs sets respectifs, les Grands Garçons en ont livré des versions revisitées résonnantes, accompagnées par la guitare, le clavier, la basse, la batterie, le saxophone et la flûte traversière. Bixi, Rebondir et Tangerine auront finalement valu l’attente, sans oublier EAU, assortie de son solo de guitare électrisant signé Will Murphy.

Will Murphy (guitare) et Vincent « Claude » Bolduc-Boulianne (basse) // Photo: Zoé Arcand

Malgré un son affecté par l’écho de la salle, s’il y avait un spectacle à ne pas manquer dernièrement dans le monde effervescent du jeune hip-hop montréalais, c’est celui que le Groupe de Grands Garçons a donné vendredi.

Une entrevue au parc Laf avec LaF

Les Francos, Osheaga, Le Festif… c’est rare qu’un groupe qu’on connaissait à peine l’année d’avant fasse déjà la tournée des grands-ducs de l’été. Après une victoire aux Francouvertes, LaF en était à ses premières grosses expériences de scène. «Ça passe ou ça casse», c’est ce que les boys de LaF se sont dit. Ils monteront sur scène le 21 septembre pour défendre leur nouvel EP délicieux. Et nous, on a jasé avec eux au parc Laf avec du délicieux poulet portugais.

LaF/Photo: Élise Jetté

*AVERTISSEMENT*

D’abord, mettons quelque chose au clair: quand on parle avec les boys de LaF, 5 fois sur 8, ils finissent par parler tous en même temps. L’entrevue qui suit sera donc écrite comme si LaF n’était qu’une seule et même personne un tout, une entité. Ils sont bel et bien six humains différents (cinq lors de l’entrevue) avec des rêves, des espoirs et des souvenirs distincts.

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«On n’avait pas les meilleurs spots dans les festivals, mais on faisait partie de la programmation des Francos, où on va chaque année comme spectateurs depuis qu’on est petits», disent-ils. «Faire de la musique en mode voyage, c’est une belle expérience, aussi», admettent-ils entre deux bouchées de poulet portugais. «C’était pas gagné d’avance de gagner des scènes à l’extérieur de Montréal, mais ça faisait partie du défi. On n’était pas prêts pour ça, mais finalement on était prêts pour ça.»

Au printemps, le groupe s’est mérité plein de cadeaux, comme à L’École des fans, sauf que, aux Francouvertes, c’est pas tout le monde qui a gagné.

«La fameuse bourse Sirius XM va servir pour l’album qui va sortir en 2019. On s’attendait pas à gagner, on était déjà en mode «préparer la suite».» Et préparer la suite, ça voulait dire préparer un EP, qui est sorti à la fin du mois d’août. «Hôtel Délices, c’est un pit stop. Ça représente notre démarche. Hôtel parce qu’aucun des beats n’a été fait à Montréal. On fait ça dans les chalets de tout le monde, des endroits où l’on reste de façon éphémère à la manière d’un hôtel. Pis, Délices c’est juste le meilleur mot qu’on a trouvé.»

Le rap québ est en train de se «mainstreamiser» et ça pourrait angoisser quiconque ayant envie d’y poursuivre sa route. «Pour nous, c’est plus encourageant. C’est de la concurrence positive. On les connaît, les autres. Ça ouvre nos horizons. De toute façon, on ne fait pas que du rap, on est dans un style un peu hybride. On voudrait vraiment jouer à Îlesoniq l’an prochain», disent-ils en riant.

«C’est tellement large, le rap. N’importe qui qui veut faire du rap, peut faire du rap. On fait quelque chose d’authentique. Mais on dirait jamais que les propos qu’on tient n’ont jamais été tenus. On se différencie comme on peut. Peu importe ce qu’on fait, on veut que ça groove et on côtoie des gens qui sont sur une scène musicale tout court, par nécessairement sur une scène rap. Le rap québ s’est fucking décomplexé durant les dernières années. On adore ça.»

Poser 10 questions qui contiennent les lettres LAF à LaF au parc Laf.

1- Qu’est-ce que vous préférez de Charles LAFortune?

Sûrement sa fortune personnelle. Il a le nom de famille pour. On n’est pas des gens qui écoutent la télé. Il a un beau sourire. Il est gris pâle, c’est bien.

2- Décrivez-moi LA Fraternité qui vous unit.

Il y a deux vrais frères, ça aide. Notre fraternité est basée sur une vision de faire ce qu’on aime. C’est dur de pas être cheeze avec ta question. On a une relation amour haine, souvent. Y’a pas juste du rose.

3- LA Framboise, ça vous inspire?

Ça donne mal au ventre. On préfère la tangerine, mais sinon, c’est comme une métaphore de qui on est, la framboise, on est chacun une petite boule de la framboise. En même temps, on a de la misère à faire une line avec le mot framboise. Mais si t’es un Français tu peux. Tout marche quand t’es un Français.

4- Dans la vie qu’est-ce qui vous donne LA Frousse?

La peur d’exprimer ses peurs. Le réchauffement climatique, ça nous fait freaker aussi. Y’a plein d’articles là-dessus. On a dépassé les ressources utilisables pour l’année selon les chercheurs. Les serres urbaines, ça va nous sauver. Ça se pourrait que tout soit bien correct, aussi. On a quand même peur que les fleurs meurent, que la fontaine arrête de couler.

5- LA Fille qui pourrait faire partie de LaF?

LaF: Charlotte Cardin. PLEASE. Charlotte Cardin. Ou Little Simz, mais on perdrait nos subventions. Sinon, c’est quoi son nom? Mardo? Margo?

Élise: MARJO?

LaF: Oui, c’est ça, Marjo!

Élise:

6- LA Famille choisie par LaF, c’est qui?

Le père de Mantisse qui nous prête sa van et ses amis qui sont des fans. Toutes les fourmis. Surtout Vendou.

7- LA Fayette, l’avez-vous déjà montée?

Non, mais on a des shoes pour. Et on a déjà monté des montagnes. Le mont Royal au moins 40 fois.

8- L’AFfaire dont vous avez le plus envie de parler?

Il fut un temps où c’était le weed. On a une toune qui parle de sexe. Mais clairement l’amour. La réussite jusqu’à ce que tu aies réussi.

9- LA Frénésie se manifeste comment chez vous?

En répétant toujours les mêmes phrases. Sur scène, Mantisse, quand il essaie de mimer plusieurs mots dans un seul texte: rien de plus frénétique que ça. On pourrait aller se baigner dans cette fontaine (du parc Lafontaine). Ça, ça serait la frénésie.

LaF/Photo: Élise Jetté

10- LA Face que vous aimeriez que les gens fassent en regardant votre show?

LaF/Photo: Élise Jetté

Hôtel Délices est disponible ici:

Si tu veux te rendre au lancement, dis-le à tout le monde en te mettant attending ici.

Finale des Francouvertes 2018 : le secret des trous noirs et des trous dans les guitares

Les trois finalistes des Francouvertes ont accédé à la grande scène du Club Soda, hier soir, un terrain de jeux 4,57 fois plus vaste que la scène du Lion d’Or où l’on avait pu les voir lors des préliminaires et des finales du concours. De quoi pouvoir offrir une performance 4,57 fois plus grandiose.

C’est dans sa «plus belle robe d’inspiration biblique» qu’Isabelle Ouimet accueille d’abord Alain Chartrand, président du Conseil d’administration des Francouvertes qui nous lit un texte s’intitulant «Merci».

Klô Pelgag et Tire le Coyote/Photo: Élise Jetté

Les porte-parole Klô Pelgag et Tire de Coyote (Benoit Pinette) lui succèdent pour la première partie du spectacle. Ils sont accompagnés du guitariste Shampoing (Benoit Villeneuve). «Oui, c’est Shampoing, ça provoque toujours ça», dit Tire le Coyote devant la foule qui n’en revient pas qu’un savon à cheveux puisse jouer de la guitare. C’est Benoit (Pinette) qui s’élance d’abord seul avec le Shampoing puis Klô Pelgag arrive pour Incendie et Benoit joint sa voix à la sienne. Avec les deux voix qui se mêlent, on assiste au meilleur mariage depuis celui de Kate et du Prince William. Ils terminent avec une poignante version de Jeu vidéo, une traduction/adaptation de la chanson de Lana Del Rey que l’on trouve sur le dernier album de Tire le Coyote. «Pour moi et Benoit vous êtes tous, comme dirait Nathalie Petrowski, des petits Xavier Dolan de la chanson», lance Klô avant que l’on enchaîne avec les performances des concurrents.

Isabelle Ouimet nous explique pour une dernière fois de la saison, comment fonctionne le formulaire de vote et elle refuse d’emblée les langages «millenial et mystique».

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

Lou-Adriane Cassidy s’élance en premier avec ses chansons tristes doublées d’arrangements grandement peaufinés depuis les demi-finales. Il y a plus de netteté dans la proposition et un aplomb beaucoup plus probant. Elle nous envoie quelques blaguettes maladroites, comme lorsqu’elle présente La petite mort en disant que c’est une chanson qui parle «de son dernier voyage dans le sud». «Ça a été long et stressant», conclut Lou en parlant du concours, mais aussi de l’hiver, sûrement.

LaF/Photo: Élise Jetté

Quand Isabelle présente LaF, l’excitation est à son comble chez les cégépiens et cégépiennes au parterre. On se croirait en 1999 quand tout le monde faisait sa petite chute de pression devant Musique Plus pour l’arrivée des Backstreet Boys.

Certes, l’énergie débordante des rappeurs réveille ceux qui siestaient avec les pièces mélancoliques de Lou. Or, en ce qui a trait aux histoires, les textes sont parfois tronqués, le débit trop rapide. Dur de comprendre où l’on veut nous amener, l’histoire n’étant pas toujours perceptible à l’oreille humaine.

Mais qu’à cela ne tienne, les fans scandent les textes et n’ont d’yeux que pour le groupe, et ce, même au moment où un pénis gonflable géant tombe du balcon. Rien ne les arrête.

Morts-vivants/Photo: Élise Jetté

C’est finalement avec l’entrée de deux morts-vivants déguisés en moines tibétains que Crabe commence sa performance. Une source nous informe qu’il s’agit de Lou-Adriane Cassidy et d’un membre de Ponctuation. Le mystère est mort. Avant même que la dernière prestation de la soirée commence, une cohorte crabiste est déjà massée en avant de la scène, un comportement des plus rares en finale des Francouvertes.

Crabe/Photo: Élise Jetté

Plusieurs problèmes techniques ponctuent cette fin de soirée, autant du côté de la guitare de Mertin que du côté des baguettes de drum de Gab. Mais tout ça ne fait qu’ajouter à l’esprit désinvolte qui enrobe normalement leurs perfos.

Crabe/Photo: Élise Jetté

On nous fait alors la meilleure déclaration de la soirée: «Merci à Martha Wainwright qui a aimé la prochaine chanson, dit Mertin. Elle en a parlé à Microphone, ce qui nous a donné 900 $ pour 20 secondes de toune jouées à la télé. Ça a payé plus de la moitié de notre album.»

La fin du show est marquée par un numéro de cirque-menuiserie qu’on va se permettre de ne décrire qu’en photo:

Crabe/Photo: Élise Jetté

Au moment de la remise de prix, Sylvie Courtemanche se présente sur scène et félicite tous les groupes présents durant cette édition en soulignant, encore une fois l’immense variété à laquelle nous avons accès chaque année. La directrice des Francouvertes aime beaucoup la variété, ce qui nous amène à croire qu’elle doit acheter le mélange du montagnard à l’épicerie plutôt que les sacs de noix avec une seule sorte de noix.

Klô Pelgag est econfuse au moment de donner les «milliers de douilles» et elle passe proche de remettre un prix à Lisa Leblanc.

Après l’éternelle explication des prix à gagner, on nous annonce que LaF l’emporte, suivi par Lou-Adriane Cassidy. «Esti de beau chèque», diront les membres de LaF en brandissant l’immense montant d’argent destiné au futur album.

Les possibilités sont infinies pour l’avenir de ces trois artistes, comme l’univers, comme les trous noirs: TOUTE se peut.