FME 2017 JOURS 3 et 4 : rien de plus bucolique qu’une scène devant un Rona…

Repas irréguliers et sommeil à temps partiel ponctuent encore notre FME pour la deuxième moitié de nos aventures en terre norandienne. C’est par un samedi ensoleillé qu’on se réveille à coups de pizza, de Pabst et de soundchecks. T’inquiètes, on a aussi une bouteille de Gravol.

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FME/Photo: Alexandre Demers

Par Élise Jetté et Alexandre Demers

KROY

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KROY/Photo: Alexandre Demers

C’est au bar Le Groove de la rue principale que KROY (une des moitiés de Milk & Bone) a donné rendez-vous à ses admirateurs pour le 5 à 7 du samedi. Tandis qu’on esquive quelques corps maladroits armés de bières (dommages collatéraux de la veille, on devine), on réussit à se tailler une place de choix près de la grande fenêtre qui souffle un malicieux vent glacial sur nos omoplates. Toute vêtue de noir (quoi d’autre?), elle fait son entrée sur scène, accompagnée de son comparse. Pendant une heure, elle déploie avec charme et délicatesse sa pop électro contemplative par le biais de morceaux enjôleurs issus de son premier album solo, Scavenger, paru l’an dernier. Elle se permettra quelques covers pas piqués de vers, dont la pièce Read My Mind de The Killers. Même si elle porte la couleur vedette chez tous les bons Alfred Dallaire, elle sait mettre de la vie dans un bar qui en redemande!

Mon Doux Saigneur

Pendant ce temps, le 5 à 7 de Mon Doux Saigneur en est un sous le signe du lancement. Cinq musiciens dont un marimba accompagnent Emerik St-Cyr Labbé, «aussi stressé qu’avant un oral au secondaire ou un tournoi de soccer.» Sur son album, il explore de grands thèmes controversés: «On vient de la Montérégie et on a dû apprendre le code vestimentaire de Montréal. La prochaine toune parle de ça», dit Emerik avant d’entamer Île aux calvaires. «Il est même pas sorti, pis il est là», dira-t-il également en expliquant que son album pas encore paru est quand même disponible en copies physiques. La magie existe, au FME.

Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté
Mon Doux Saigneur/Photo: Élise Jetté

En sortant de la salle des Chevaliers de Colomb, on tombe sur cette pancarte que l’on trouve très restrictive.

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Bingo/Photo: Élise Jetté

Boskorgï

Au pop-up shop sur la 7e rue, on devient tous fous lors de la perfo de Boskorgï. Authentischen Barbier est sur place pour couper les couettes en trop et donner des conseils de vie. Thomas et Antoine, concentrés, offrent la trame musicale à toute la sagesse qu’on réussit à puiser dans cet établissement. Tout le monde en ressort grandi et en état d’ébriété.

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Boskorgï/Photo: Élise Jetté

Au FME, il y a toujours une soirée où tu finis par manquer 5/6 des shows que tu voulais voir parce que t’es occupé à déguster des drinks aux fraises à 11 % d’alcool. Pour nous, c’était samedi. On n’a donc pas d’autres informations à vous donner sur ce samedi soir à part qu’il y avait beaucoup de vin gratuit au souper offert par la SOCAN. C’est pendant ce souper qu’on a fait un voyage dans le temps en voyant ce gars-là qui est le sosie d’au moins 3/4 des Beatles en 1964.

Le gard du groupe Anemone/Photo: Élise Jetté
Le gars du groupe Anemone/Photo: Élise Jetté

Le Couleur

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Le Couleur/Photo: Mathieu Aubre

Pour notre dernière journée de FME, on trouve du réconfort comme on peut en se faisant livrer de la lasagne en regardant une rafale d’épisodes d’Un souper presque parfait. Le motel: notre sanctuaire. Puisqu’on a le goût de s’activer lors du 5 à 7 quotidien, c’est à la scène Évolu-Son qu’on se dirige pour la performance disco-dansante de la formation Le Couleur. Tandis que les quidams de l’assistance sont répartis sur deux étages, on décide de prendre place au parterre parce qu’on sait ce qui nous attend: des chansons enflammées avec pas mal de groove langoureux. Le groupe le rend parfaitement alors qu’il entame une ribambelle musicale de son savoureux répertoire.

Le parterre se réchauffe autant au niveau des danseurs que de ceux qui regardent de façon louche les filles se déhancher un brin. Le groupe rend justice à sa réputation, notamment grâce aux performances remarquées des pièces La Fuite de Barbara et Voyage Amoureux, durant lesquelles son enthousiasme et son savoir-faire sont mis de l’avant. La troupe conclut le tout avec son succès L’amour le jour. Le Couleur est un peu à l’image de notre sommeil durant le FME: on en aurait pris plus longtemps.

Jean-Michel Blais

Pendant ce temps, on retombe sous le charme de Jean-Michel Blais à l’Agora des Arts. Plongé dans l’obscurité, il réussit à être le seul à briser le silence de la foule prosternée. Il y a un gars, sûrement un Italien, qui dit tout le temps «Bravissimo» entre les tounes. Blais, pour sa part, parle en français et interprète ses jolies pièces ainsi qu’une autre de Satie en guise de conclusion.

Jean-Michel Blais/Photo: Élise Jetté
Jean-Michel Blais/Photo: Élise Jetté

Klô Pelgag

C’est l’unique et colorée Klô Pelgag qui a la mission d’inaugurer la soirée sur la ô combien bucolique scène de la plage du lac Kiwanis. Dans un décor enchanteur incluant une sublime étendue d’eau et un poétique Rona l’Entrepôt (qui nous rappelle que la chainsaw de Black & Decker est actuellement en solde à 139 $), l’artiste livre un pot-pas-pourri-du-tout de ses chansons, mettant l’accent sur son plus récent opus L’étoile thoracique.

Rona/Photo: Alexandre Demers
Rona/Photo: Alexandre Demers

Entourée de ses musiciens/équipe de sécurité, elle exécute avec justesse et brio un set enchanteur qui charme toutes les oreilles rassemblées autour de la scène. Elle se permet d’ailleurs de remercier chaleureusement la foule de Rouyn avec qui elle avait précédemment eu un rendez-vous manqué, faute de santé. Tout est pardonné!

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Klô Pelgag/Photo: Alexandre Demers

Elle terminera le tout avec Les ferrofluides-fleurs tandis que le soleil fait ses adieux pour la journée (mais nous on est toujours là!). Elle dira aussi «Merci à la Terre de nous porter», un remerciement que trop peu d’artistes songent à faire.

Desjardins, on l’aime-tu!

Avant le tout dernier spectacle, c’est Matt Holubowski qui occupe la scène aquatique. Comme on l’avait déjà vu au Festival de Jazz, on choisit ce moment-là pour aller faire pipi (la file est vraiment longue) et aller acheter du gin tonique (la file est vraiment longue).

C’est le show d’hommage à Richard Desjardins qui conclut notre week-end, toutes les chansons baignant dans un brin de magie, que ce soit L’engeôlière, chantée par les soeurs Boulay ou Tu m’aimes-tu?, interprétée par Fred Fortin. Le frisson est présent à chaque toune.

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Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté
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Fred Fortin/Photo: Élise Jetté

Rien ne pourra toutefois nous toucher autant que l’arrivée en triomphe de Richard Desjardins pour chanter Les Yankees avec Klô Pelgag. Beaucoup fondent en larmes pendant … et j’ai couché dans mon char, chantée avec les soeurs Boulay. Puis, tous se joignent à lui pour Chaude était la nuit.

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Richard Desjardins et Klô Pelgag/Photo: Alexandre Demers

Rarement un moment musical aura provoqué d’aussi grands émois, la foule étant bien consciente du peu de concerts offerts par Desjardins dorénavant, de son appartenance bien spéciale à sa ville où nous étions et de la puissance évoquée par tous les bons enfants de la musique québécoise qui s’unissent pour dire bravo et merci.

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La gang de l’hommage à Desjardins/Photo: Alexandre Demers

Pour avoir vu la version du spectacle (sans Desjardins) offerte au début de l’été aux Francos, je (Élise) dois avouer que le FME a eu droit à un tout autre spectacle, mieux rodé, d’abord, plus sensible et mieux enchaîné. J’avais pas braillé de même depuis la mort de Léo dans Titanic en 1997.

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Richard Desjardins/Photo: Alexandre Demers

Notre retour en petit bus blanc s’est fait le lendemain à l’aube. On mentirait si on disait qu’on n’a pas eu le mal des transports, mais tout ça en valait bien la peine.

Le buffet : Maude Audet et son festin gaélique

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Commence ta semaine avec le nouvel extrait de Maude Audet, tiré de son album Comme une odeur de déclin à paraître le 29 septembre. C’est le genre de réveil du lundi duquel on écrit des légendes.

Le toujours adéquat Hugo Bourcier a lancé le premier album de son projet power pop Minotaures mercredi dernier à la Taverne Jarry. Vous pouvez l’écouter en l’absence de serveurs en chemises blanches ici même.

C’est d’adon que Laura Sauvage sorte un nouvel album cet automne, parce que sa collègue des Hay Babies, Julie Aubé se lance aussi en solo pour la saison. Son premier extrait est ici.

Pierre Lapointe continue à nous poser de grandes questions. Aujourd’hui, c’est Sais-tu vraiment qui tu es?

Il n’y a pas grand-chose de monstrueux dans le clip Montrosity de KROY. Mais on y retrouve beaucoup d’intensité.

Le prince de St-Léonard, Rowjay, sera de retour cet automne avec une nouvelle mixtape. Il montre ses moves comme Captain Falcon dans son single F-Zero.

Amélie Mandeville s’ouvre à nous dans le single Faibles, paru la semaine dernière.

Nous sommes probablement les seuls surpris que le nouvel extrait de Sarah BourdonGamma, n’ait rien à voir avec le groupe de power metal Gamma Ray. À moins qu’on ait mal compris le principe.

Si le spectacle de Blood and Glass de ce mercredi ressemble minimalement à ce qu’on voit dans le clip de Hop the Fence, on peut vous garantir que vous en aurez pour votre argent.

On est down avec la musique de Scarfold, mais le titre de leur nouvel EP Divide/Decline frappe un peu trop proche de la maison quand on regarde le panorama politique actuel. Merci pas merci?

Le buffet : Fred Fortin dans un paquebot géant

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Tôt ce matin, Fred Fortin a dévoilé sa reprise de Tu m’aimes-tu de Richard Desjardins. Pour nous, la réponse est évidente. Un album de reprises de l’illustre auteur-compositeur (mettant en vedette plein d’autres artistes) arrive à la du mois.

On a envie de se mettre meilleur chum avec Abrdeen, et le vidéoclip pour Secret Handshake nous montre un peu comment le faire. Un manuel d’instruction apprécié. Une réalisation d’Antoine Bordeleau.

https://www.youtube.com/watch?v=-aYVFIQo8tk&feature=youtu.be

Lary Kidd pense-t-il être l’Élu? Blue Pills, Red Pills et ses analogies à la série de films The Matrix le laissent sous-entendre…

La comédienne Karine Vanasse prête son image à KROY pour le vidéoclip tout en textures et en textiles pour la pièce Learn.

Voyage au bout de la nuit avec Leif Vollebekk dans son nouveau vidéoclip pour la pièce All Night Sedans de son album Twin Solitude. On veut hop’ dans l’whip avec lui.

Prenez de profondes respirations avec Matt Holubowski pour le clip de Exhale/Inhale.

En avant-goût de son album Chromatique, Clément Jacques propose son premier extrait, Entonnoir.

Amylie lance un vidéoclip pour Grand-Maman, touchant hommage à sa famille (à vos, à nos familles aussi).

Le supergroup zouz a laissé son EP en écoute exclusive sur le Soundcloud de CISM 89,3 FM. Offre d’une durée limitée via ce lien d’écoute.

Ariane Moffat sortira le 21 avril l’album live de son spectacle intimiste à la Chapelle. On a un aperçu de tout ça avec cette vidéo réalisée par Mathieu Dupuis.

KROY : l’ambiance avant les mots

Plus d’une semaine que Montréal en lumière est commencé. Dans le cadre du festival, les arts de la scène, la gastronomie et des activités extérieures sont proposés pour le bonheur de tous. Jeudi, c’était au tour de KROY de visiter le Théâtre Fairmount pour son premier spectacle montréalais de l’année. Forrest meets Douglas Miles assurait la première partie.

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KROY/Photo: François Larivière

La prestation de la moitié du duo Milk & Bone est loin d’être marquée par des interactions avec le public. Elle profite du temps entre les chansons pour dire merci aux gens d’être présents sauf une fois où elle annonce que le show est à guichet fermé.

KROY/Photo: François Larivière
KROY/Photo: François Larivière

Par contre, nul besoin de prendre le micro pour jaser trop souvent quand la puissance de la voix et des mélodies parlent par elles-mêmes. Si tu as vraiment aimé son album Scavenger, tu n’es pas déçu.

KROY/Photo: François Larivière
KROY/Photo: François Larivière

La protégée de Dare to Care nous livre son projet de façon très linéaire, avec quelques surprises au passage. Comme sur le CD, la prestation débute très fort avec Hull. Après une mini pause pour saluer la foule, Bones, Learn et Monstrosity s’enchaînent à un rythme effréné, mais le rendu reste de grande qualité.

KROY/Photo: François Larivière
KROY/Photo: François Larivière

Au grand plaisir des gens présents, elle nous livre ensuite une excellente reprise de Read My Mind de The Killers. S’ensuit l’envoûtante pièce Stay, qui se mérite une ovation, en deux temps plutôt qu’un. À peine les cris de joie terminés, elle continue directement avec la vaporeuse Days, pour finalement faire danser la crowd sur fond de lumière verte lors de Cold. Au moment où les dernières notes se font entendre, la salle se fait alors envahir par une longue acclamation bien sentie!

KROY/Photo: François Larivière
KROY/Photo: François Larivière

Avant le dernier droit, c’est le moment idéal pour un autre très bon cover, Going To A Town de Rufus Wainwright. Après, elle nous annonce que ce sera la dernière chanson. Comment finir en beauté avec nulle autre que la chanson River. Elle quitte alors la scène pour revenir avec une rapidité fulgurante pour dire «Vous êtes tellement les plus fins du monde, ça pas de bon sens. […] J’vous fais une dernière chanson.» Ainsi, elle clos le survol de l’entièreté de Scavenger avec la pièce finale Go.

Le spectacle aura duré, en tout, près d’une heure mais aura été ô combien efficace dans son ensemble. Pour ceux qui seront à Osheaga cet été, un petit détour vers sa prestation est de mise pour apprécier ce talent plus qu’exceptionnel.

TOP 2016 ANGLO positions 10 à 1

C’est le moment de revenir sur 2016 pour souligner les bons coups. On reviendra pas sur les moins bons coups parce que ça nous obligerait à avouer que, cette année, le Caboose Band a fait le Club Soda avant Dead Obies. Voici, pour commencer, nos albums anglophones locaux préférés de l’année (on a étiré notre amour de la musique locale jusqu’en Ontario cette année. C’est quand même juste à 1h56 de Montréal en train).

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10 PUP – The Dream Is Over

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Les Torontois de PUP ont proposé 450 spectacles en deux ans avant que le chanteur Stefan Babcock ne se fasse dire par son médecin que la musique, c’était fini. The Dream Is Over. Deuxième album doté d’une puissance avec des hooks uniques, qui redonnent ses lettres de noblesse au pop punk et qui ouvrent un champ des possibles. Pour les fans de chansons qui parlent d’animaux de compagnie (Sleep In The Heat) et de vouloir tuer son meilleur ami (If This Tour Doesn’t Kill You, I Will). (ETIENNE GALARNEAU)

9 Hoan – Modern Phase (EP)

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C’est grâce à un tout premier EP de sept morceaux post-punk ben convaincants que les trois têtes créatrices formant Hoan ont fait une entrée réussie dans le paysage musical d’ici. Leur mini-album se veut un peu comme une petite dégustation dans un kiosque chez Costco: ça te donne envie d’acheter le produit complet. Va falloir attendre pour la suite, par contre. Prenez votre temps, mais faites ça vite. (ALEXANDRE DEMERS)

8 Jean-Michel Blais – II

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Rarement une musique instrumentale aura évoqué tant d’éléments concrets. Les compositions de piano de Jean-Michel Blais sont bouleversantes par les images fortes et sincères qu’elles font apparaître dans nos esprits. Un premier disque qui n’est pas passé inaperçu et qui est nécessaire comme soundtrack pour toutes vos introspections mélancoliques. (ÉLISE JETTÉ)

7 Basia Bulat – Good Advice 

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Très difficile de parler de Good Advice sans parler du show (que j’ai vu 4 fois cette année) complètement énergisant qui en découle. En tous contextes (petites et grandes salles, festivals), les pièces de la charismatique auteure-compositrice deviennent toutes des hymnes réjouissants. Même les chansons qui parlent de se faire crisser là (la plupart). En insufflant aux pièces une force féminine brute et une audace des grandes occasions, elle a échafaudé un album réconfortant et beaucoup plus pop que ses précédentes parutions. Un album qui donne envie de se faire briser le coeur pour pouvoir le réparer avec la musique. (ÉLISE JETTÉ)

6 Jesse Mac Cormack – After The Glow (EP)

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On a affaire à un gars qui domine totalement toutes les subtilités du son, jusque dans le moindre silence qui évoque toujours quelque chose. Le réalisateur (Rosie Valland, Betty Bonifassi, Helena Deland) fabrique ici des espaces éthérés qui se situent au coeur d’un rock qui fraternise avec le blues et le folk. Ce troisième petit album sera-t-il le dernier avant qu’on puisse avoir accès à la vraie affaire (un album complet)? Il semblerait que oui. On attend! (ÉLISE JETTÉ)

5 Samito – Samito

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Un album franchement rafraîchissant pour l’entièreté de la culture musicale du Québec. C’est une exploration aux rythmes funk-musique-du-monde-electro-pop qui nous séduit, ainsi qu’une utilisation intelligente du multilinguisme agité. Le tout suscite la bonne ouverture de crâne et une envie souriante d’ouvrir son rideau en chantant LOL ou Tiku La Hina. La variation de style de cet album surprend et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ravissante milliseconde. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

4 Duchess Says – Sciences Nouvelles 

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En 2016, Duchess Says a fait son retour en selle l’instant d’un 3e album électro-punk qui écorche comme il faut. Sur Sciences Nouvelles, la troupe s’est démarquée de ses offrandes précédentes tout en conservant son côté abrasif assez «rentre-dedans» qui ferait probablement badtripper tes voisins immédiats. Full props! (ALEXANDRE DEMERS)

3 Badbadnotgood – IV

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Quatre. Le nombre d’albums pour la formation jazz torontoise Badbadnotgood, mais également son nombre de membres pour ce nouvel opus. L’ajout de Leland Whitty au saxophone, pour la quatrième galette du groupe, permet d’explorer de nouvelles dimensions pour rendre le jazz edgy à nouveau. Collaborations avec Kaytranada, Colin Stetson, Sam Herring, Mick Jenkins et Charlotte Day Wilson pour ajouter des couleurs distinctes et donner une expérience globale ahurissante. (ETIENNE GALARNEAU)

2 KROY – Scavenger

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Les tops de fin d’année arrivent généralement en même temps que les premières bordées de neige. Et le froid qui vient avec. Qui dit froid dit manque de chaleur. La chaleur humaine reste le meilleur moyen pour rester au chaud, mais quand on n’a personne à prendre en cuillère, la musique reste la quintessence des manières pour garder sa fournaise allumée. KROY a réussi à nous allumer sur Scavenger. Sa voix mielleuse nous frappe de plein fouet, le tout agrémenté d’un soupçon sucré dans l’emballage sonore. L’ambiance vaporeuse nous enveloppe et nous berce sur la houle de la vie. Le temps s’arrête à l’écoute de Scavenger; les rappels mélancoliques de nos amours manqués nous poignardent le cœur. Grâce à son timbre de voix enivrant et brûlant, elle nous permet de rêver à un avenir sous le soleil. Au chaud. (MATHIEU AUBRY)

1 Kaytranada – 99.9 %

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Louis Kevin Celestin, alias Kaytranada, a fait son entrée officielle dans la cour des grands en 2016 avec son premier album 99,9%. Les attentes élevées ont été amplement comblées avec ce ben beau projet qui se veut un savant alliage de d’house, de dance, de hip-hop et de R&B. Un album rythmé, éclectique et brillant qui reflète fidèlement tout le flair musical et le talent IN-DÉ-NI-A-BLE de notre étoile locale. En plus de mettre la main sur le prix Polaris et de se tailler une place de choix sur la plupart des palmarès internationaux, il pourra maintenant affirmer qu’il a été l’album anglo de l’année 2016 sur Feu à volonté, un éloge qu’il surlignera assurément en jaune fluo sur son CV. Yessir Miller, comme dirait l’autre! (ALEXANDRE DEMERS)

 

Découvrez les positions 20 à 11 de notre TOP 2016 ANGLO

À venir sur FAV:

TOP 2016 FRANCO positions 20 à 11 – lundi 19 décembre

TOP 2016 FRANCO positions 10 à 1 – mardi 20 décembre

10 questions à KROY pour la sortie de Scavenger

Camille Poliquin est la moitié la plus sombre de Milk and Bone, mais elle est aussi son propre maître sur un projet solo esthétique et léché pour lequel on l’appelle KROY. Elle lançait son premier album, Scavenger, au Artgang dans le cadre de Pop Montréal vendredi dernier. On a jasé avec elle.

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Lancement de KROY/Photo: Élise Jetté

1 Tu avais fait paraître un premier EP en juin 2014 et l’album arrive plus de deux ans après. Avais-tu mis KROY sur la glace pour aller de l’avant avec Milk and Bone?

Le EP, c’était pour me positionner en tant qu’artiste solo. Je voulais prendre le temps de trouver les meilleures équipes. Je peux maintenant profiter d’un booking partout au Canada, d’un label aux États-Unis. Je voulais m’assurer que j’allais avoir une équipe pour me backer, avant de me lancer officiellement.

2 Qu’est-ce que tu te permets de faire en solo et que tu ne te permets pas de faire avec Milk and Bone?

Je pense que c’est pas une affaire de permission. J’ai pas de compromis à faire. Je me suis tout permis avec Milk and Bone aussi. C’est sûr que je devais prendre en considération l’autre personne et le résultat est le fruit de notre rencontre créative, mais j’ai vraiment l’impression que ma créativité est mise à profit dans les deux projets.

3 Milk and Bone et KROY ont-ils le même public?

À date, non; c’est étrange! Beaucoup de personnes ne connaissent pas du tout Milk and Bone. En ce moment, les gens accrochent en écoutant ma musique et après ils vont aller découvrir Milk and Bone. C’est quand même une trame électro dans les deux cas. Oui, c’est pas mal plus sombre que Milk and Bone, mais normalement, les gens finissent par aimer les deux projets.

4 Ta musique est en anglais et ton son très exportable. Est-ce que c’était une priorité pour toi?

Pas nécessairement. Je savais depuis que j’ai fondé KROY que ça serait en anglais, c’est comme ça que j’écris. J’envisageais daller à l’étranger, oui. Dans les discussions qu’on a avec la maison de disques, on vise partout: Europe, États-Unis, Asie, Australie…

5 Tu cultives un personnage assez noir; il y a des rumeurs qui courent comme quoi tu serais une sorcière. Est-ce que c’est le cas?

Non (rire)! Je pourrais peut-être creuser le dossier. C’est peut-être mon cas et je ne l’ai pas encore découvert. J’ai un personnage un peu sombre, mais dans la vie, je suis assez enjouée et de bonne humeur. La musique est une échappatoire pour évacuer ce qui est sombre. Ça serait plus difficile de canaliser mes émotions noires sans la musique. C’est en écrivant des chansons sombres que je vis mon côté dark.

6 On remarque une esthétique vraiment peaufinée pour l’ensemble de ton projet, de la pochette au clip. C’est important pour toi que KROY ait une identité visuelle forte?

J’en suis pas maniaque et je vais pas devenir rushante avec ça, mais c’est un aspect qui, pour moi, est super important. De nos jours, la présence web est super importante. C’est une bonne manière de faire découvrir notre musique. Le cover de l’album, ça peut faire en sorte que quelqu’un ait envie de savoir comment ça sonne.

7 Comment c’est possible de mener deux grands projets musicaux de front comme tu le fais actuellement?

J’ai des équipes très talentueuses et aptes à gérer ça (rire)! J’ai des compromis à faire, mais en même temps tout se fait naturellement. Comme il nous reste peu de shows à la tournée de Milk and Bone, on va pouvoir commencer à préparer notre prochain album pendant que je tâte le terrain sur scène avec KROY. Idéalement, ça continuera à bien s’emboîter. Organiquement, les choses devraient finir par être très fluides. Par exemple, on pourrait se rendre dans un seul festival et on bookerait les deux shows.

8 KROY, c’est tu une fusion entre le prénom de Roy Dupuis et un autre mot qui commence par K?

(Rire). C’est un mot inventé! Je voulais pas nommer ça avec mon nom. KROY, c’est pas un personnage, mais une facette de ma vie. Je voulais pas que les gens se disent «elle est ben triste dans ses shows». Je voulais un nom qui n’était pas associé à un style musical ou à un sexe. Je voulais que le nom, à l’oreille, ça puisse être un band de métal ou de comptines pour enfants…

9 Quand on tape Scavenger sur Google Images, on voit des gros oiseaux dégueulasses. C’est quand même audacieux comme nom d’album…

Oui! Ce sont des charognards en fait! Ils se nourrissent de carcasses. Je suis pas de même dans la vraie vie, mais j’aimais l’autre facette du mot… d’être quelqu’un qui ramasse des objets chez les antiquaires et trouve des trésors qui vont servir plus tard. Après avoir choisi les tounes, j’ai réalisé que le thème commun c’était la mort, donc le lien avec l’animal solitaire était aussi vrai. C’est comme ça que j’ai écrit mon album. Écrire un album, c’est une solitude, un genre de désespoir imposé. Ce que j’aime beaucoup de cet oiseau, c’est qu’il représente la mort et la solitude, mais aussi la force parce qu’il ne dépend de personne pour se nourrir.

10 Pour ceux qui n’auraient pas pu entrer à ton lancement sold out, décris-moi KROY sur scène.

Pour le lancement, je voulais préparer un vrai spectacle. C’est une scénographie où l’on joue beaucoup avec la lumière et l’éclairage crée des genres de portraits. C’est plutôt statique, mais le mouvement est dans la lumière.

KROY part en tournée au Canada. Son album et ses dates de shows sont disponibles ici.

Le buffet : pique-nique sur le bord de l’eau avec KROY

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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KROY, Camille Poliquin du duo Milk and Bone, confirme son petit côté sorcière mystérieuse avec cette nouvelle chanson et ce nouveau clip aquatique et obscur. Son premier album est prévu pour la fin septembre.

Lisa Leblanc offre une nouvelle toune pour son album à paraître fin septembre. Dump the Guy ASAP est une toune dédiée aux filles qui ont sorti (ou sortent) avec des losers.

Le quatuor montréalais Human Human propose une première toune de leur prochain album, The Last Scene of the Monuments, prévu cet automne.

Abigail & Bliss nous amène dans un univers sombre dans ce court métrage/vidéoclip pour l’extrait Pez Dispenser.

Troisième clip pour l’album Hold/Still, Suuns offre un univers flou dans cette oeuvre réalisée par par Pamela Maddaleno.

Le buffet : bain de SOLEIL avec SUUNS

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine dernière. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Le groupe électro-rock expérimental montréalais Suuns revient avec un troisième album Hold/Still le 15 avril prochain.

Kroy aka Camille Poliquin (de Milk & Bone) signe une très belle reprise d’Adele.

Le trio électro pop Paupière envoie un nouveau clip.

Nouveau clip de Martin Pariseau pour le duo Coeur de Pirate/Allan Kingdom.

Deux nouvelles chansons live de Koriass en exclusivité sur ICI musique.

Le rappeur lavallois Green Hypnotic se joint aux deux rappeurs de la relève Jei Bandit et Yen Dough.

Le rappeur ontarien Derek Wise manie le micro avec justesse sur cette production de Tommy Kruise.

ET ENFIN : On ne pouvait pas passer à côté de notre préf Yann Perreau qui a pogné un gros crush sur les oiseaux récemment. Profitez-en pour consultez nos cinq meilleurs moments.