FME 2020, jour 1: un orage éternel qui est sûrement de notre faute

En partant pour le Festival de la musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME), il ne nous a pas fallu plus d’une heure et quart de route pour commencer à recevoir les conséquences karmiques de nos mauvais choix de vie. Même si Élise avait troqué sa vieille ferraille automobile pour le véhicule paternel de qualité, on a fait exploser le pneu avant gauche dans un nid de poule sur la 15 nord. Si vous trouvez qu’on n’est pas chanceux, vous n’avez encore rien vu.

Par Julien Roche et Élise Jetté

Un karma qui laisse à désirer/Photo: Julien Roche

Une fois la roue de secours installée, le véhicule décide qu’il ne démarre plus. Nos choix de vie étaient pires que vous pensiez. Avec l’aide chaleureuse de Paul de CAA Québec, on reprend la route jusqu’au Point S en chantant leur chanson-slogan qui nous aide à oublier le stress.

La résilience/Photo: Élise Jetté

Une fois sur place, on commence d’ores et déjà à travailler sur nos compétences transversales en choisissant le bon pneu pour attaquer le Parc de la Vérendrye.

Compétences transversale: choisir un pneu/Photo: Élise Jetté

Les mésaventures nous mettent en retard d’une heure 45, ce qui fait en sorte qu’on se stationne tout croche pour quinze minutes une fois à Rouyn. Il n’en fallait pas plus pour qu’on se fasse coller un ticket de parking devant notre hôtel. Au moment où l’on se dirige vers nos premiers shows de la fin de semaine, le soleil laisse la place à une pluie de type «petites gouttes crachées au gré du vent». Comme quoi le nuage noir au dessus de nos têtes depuis le matin finit par libérer son fiel.

Julien constate qu’il mouille également à la diagonale au driving range du club de golf le Noranda, où Gus Englehorn combat un coriace cocktail météo pour se préserver d’un froid qui pénètre les os. Sa drummeuse, que Dieu la garde, frissonne sous un trenchcoat et bat les tambours pour sauver ses extrémités, implorant la foule du regard de la délivrer de son calvaire. Englehorn, natif d’Alaska et transplanté à Montréal, charmant dans son français cassé, déploie un chant déjanté sur des riffs qui évoquent les belles années du rock indie, façon Modest Mouse ou Wolf Parade. Malgré les conditions, c’est une intro magnifique et l’hypothermie qui guette n’atteint en rien l’immense plaisir qu’on a à voir un premier show en plus de 6 mois.

Gus Englehorn/Photo: Julien Roche

De son côté, Élise se rend au spectacle de NOBRO qui se déroule sous une pluie battante de catégorie «compétition». Voici les cinq raisons pour lesquelles c’était le moment le plus rock du week-end:

1- La chanteuse Kathryn McCaughey se dédie une toune à elle-même. Self-empowerment à son meilleur.

2- La guitariste Karolane Carbonneau chante en poussant un cri assez strident pour réveiller le monstre du lac Osisko.

3- Quand Lisandre Bourdages s’exécute sur les bongos, on oublie que c’est un instrument de hippies à vocation de musique latine.

4- Cette dernière ainsi que Sarah Dion s’échangent les instruments au fil des pièces comme si elles étaient nées avec l’ensemble des talents musicaux que le ciel pouvait donner.

5- Elles poussent un toune sur la cocaïne devant un groupe d’enfants installés au premier rang.

En voulant se lever pour danser à quelques reprises, Élise reçoit ses premières réprimandes. Si elle veut se lever, elle doit mettre son masque. Mais si elle met son masque, elle ne peut pas boire sa cannette de pinot grigio. La situation nous amène à devoir choisir entre la fièvre du rock et le désir de se mettre chaud. C’est pas le genre de décision qu’on est habitués de prendre.

NOBRO/ Photo: Élise Jetté
NOBRO/Photo: Élise Jetté

La route a été parsemée d’embuches, donc c’est à 19h qu’on choisit de manière savante notre premier repas de la journée. Le côté conservateur d’Élise en ce premier soir de festival la pousse à choisir une poutine sans flafla. Un choix que lui reproche sévèrement Julien qui a fait preuve de toute l’audace d’un inconscient en choisissant la poutine au curry, comme s’il n’allait pas regretter cette décision après sa sixième cannette de gin fizz dans deux heures. DÉ-BU-TANT.

Le premier repas de la journée/Photo: Julien Roche

Transit vers Les Shirley, adjacentes à la plage Kiwanis, qui se produisent devant un parterre entrecoupé d’enclos-bulles. Nouvelle réalité, nouvelles difficultés pour ce genre de band d’énergie qui carbure au voltage d’une foule compacte. «Comment on se sent dans vos petits carrés», demande la chanteuse Raphaëlle qui est visiblement fascinée par le concept. Distanciés, mais hardis, parés d’imperméables et de parapluies, les braves spectateurs doivent néanmoins baisser pavillon devant une furieuse averse qui met fin au show et empêche les subséquents Deuxluxes de jouer. «On va prendre une petite pause à l’intérieur, mais vous, je ne vois pas vraiment où vous pouvez aller», annonce Raphaëlle avant de quitter la scène. La zone réservée aux médias, en arrière, est le seul espace légèrement couvert. On se fera rapidement lancer les enfants par dessus une clôture au moment de l’orage. On se serait crus dans un remake de Titanic où l’orchestre cesse toutefois de jouer avant la fin. On croisera la députée locale Émilise Lessard-Therrien, flanquée d’amis et de son dernier-né, se dirigeant vers le show des Deuxluxes qu’ils ne savent pas encore annulé. Leurs mines déconfites au retour symbolisent bien le petit drame de cette première soirée du FME, soirée qui se déroule essentiellement sous le signe de l’intempérie. 

Les Shirley/Photo: Élise Jetté
Les enclos pour le show des Shirley/Photo: Julien Roche
Les Shirley/Photo: Élise Jetté
Les Shirley/Photo: Élise Jetté

On se dirige ensuite vers l’Agora des Arts pour le spectacle de Jesse Mac Cormack. «Vous êtes biens sur vos chaises», demande-t-il, amusé, alors qu’on a vraiment envie de répondre qu’on n’est pas triste d’être assis… on n’a plus vingt ans.

Il nous fait une nouvelle pièce en disant «elle a juste un work title donc je ne vous le dirai pas». L’énergie de son groupe est à un niveau impressionnant après six mois de hiatus. On perd le drummeur pendant une minute au milieu du show et la rumeur veut qu’il soit parti pisser. Les shows en temps de COVID sont vraiment rendus spéciaux…

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Il conclut son spectacle en abordant le privilège de faire des shows en ce moment. Une émotion nous traverse alors qu’on pense à notre propre privilège de pouvoir être témoins desdits shows.

Corridor/Photo: Élise Jetté

C’est les souliers pleins d’eau, la petite narine morvant tendrement, que Julien entre au Petit Théâtre du Vieux Noranda. Corridor au programme, deux fois dans la soirée: c’est ici sa place. C’est un dur apprentissage d’exprimer cet amour, bien vissé à une chaise, surtout pour ce band qu’il aime avec une rare intensité. La prestation de 20h est tatillonne; les gars shakent la rouille de leurs guitares en jouant Junior puis Goldie trois fois trop vite, remarquant au passage que la configuration de la salle rappelle la rigidité du théâtre. 

Rebelote à 22 h pour une deuxième prestation identique, plus rodée cette fois, avec une foule plus large et dynamique. Déjà, les boys sont revenus à leur excellence typique. C’est sans gêne qu’on avoue avoir usé de charme et d’un peu de duperie pour que Julien puisse revenir une deuxième fois à ce show… (Note de Julien: Si par malheur ma carrière de journaliste musical se termine par cette faute, ç’aura été pour une cause juste et noble). «Merci au FME d’avoir donné des cigarettes à notre soundman», nous dit Jonathan Personne. «Fais-moi un enfant», lance quelqu’un dans la foule (peut-on vraiment appeler ça une foule dorénavant?). «Ben là, tantôt», répond Samuel Gougoux. Mentionnons au passage le travail de l’artiste projectionniste, baignant la scène de couleurs psychotropes comme s’il voulait fournir un décor en harmonie avec l’état mental des festivaliers.

Corridor/Photo: Élise Jetté

Au début du rappel, il est question de malaria et de vaccin contre la malaria. Clairement, on essaie de détourner notre attention de la COVID et du vaccin contre la COVID.

Corridor/Photo: Élise Jetté

On finit la soirée au Show de Fuudge, mais à cette heure-là, notre capacité d’attention est rendue à un minimum. On se rappelle juste des toilettes et d’une fille qui dit «Moi j’ai déjàa eu une date dans un shpw de Fuudge.» Audacieux.

Le Cabaret/Photo: Élise Jetté

TOP 2019 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

Fin d’année = renouveau. Greta Thunberg, notamment, doit se dire que 2019 lui a pas mal soufflé dans l’dos et que 2020 is the one. Nous autres, nos psychologues sont d’avis qu’on vit dans le passé. On n’est pas rendus à la nouvelle décennie. Voici donc la belle musique qu’on a vue naître en 2019: Les positions 10 à 1 de nos albums/EP anglophones et instrumentaux préférés de l’année.

10 Ada Lea – What We Say in Private

Ada Lea nous charme dans ce premier album avec sa folk grunge originale. What We Say in Private rappelle un peu les années 2000, faisant ressortir en moi la nostalgie de l’adolescence. Je suis allée la voir en show il y a quelques années au Divan Orange (RIP), alors qu’elle chantait en solo accompagnée de sa basse. Depuis, Ada Lea s’est greffée à un band complet et apporte à nos oreilles des chansons à la fois douces et empreintes d’une grande force. (SARA-DANIELLE FAUCHER)

9 Heartstreets – Why Make Sense

Emma Beko et Gab Godon nous ont offert leur premier album complet cette année. Le R&B et la soul s’y fréquentent dans des rythmes qui nous élèvent. Heartstreets ne s’excuse de rien et fonce, tant dans les discours soutenus dans les pièces que dans l’énergie scénique qui les définit. Un album de nonchalance, de force et d’instinct. (ÉLISE JETTÉ)

8 Munya – Munya

Mon coup de cœur de l’année. Un coup directement dans le cœur. Comment ne pas se laisser séduire par la sensuelle Des bisous partout, qui commence l’album. Un hymne au plaisir d’aimer tendrement. Tout au long des neuf chansons de l’album, Munya nous berce, en nous susurrant dans les oreilles que l’amour existe bel et bien. Seul bémol, elle ne fait pas assez de spectacles au Québec. Très populaire à l’extérieur de la Belle province, elle n’a fait que deux concerts à Montréal en 2019, lors du Festival de Jazz et d’Osheaga. Je ne peux plus me contenir tellement j’ai hâte de la voir en show. (MATHIEU AUBRY)

7 Common Holly – When I Say to You Black Lightning 

Brigitte Naggar fait partie de nos joyaux qui brillent davantage au sud de la frontière, mais qui devraient pourtant être chéris chez nous. Rien n’est prévisible dans ce second album de Common Holly: une suite de pièces qui n’appartiennent à aucune catégorie sinon qu’à la sienne. Difficile de ne pas s’y laisser porter comme sur un grand fleuve, tantôt tranquille, tantôt agité. Laissez-vous la chance de repérer et de tenter de définir l’origine de tous les sons qu’elle offre sur When I Say To You Black Lightning. (ÉLISE JETTÉ)

6 Planet Giza – Added Sugar

Avec ce second long jeu, Planet Giza démontre tout son savoir-faire quand vient le temps de produire de petites bombes aux rythmes contagieux. On navigue ici en eaux connues alors que les trois comparses mêlent habilement les sonorités future funk à des influences R&B et rap et on en redemande. Si jamais le café ne réussit plus à vous redonner l’énergie nécessaire pour passer à travers la journée, Added Sugar peut être un supplément à ajouter à votre routine. (NICOLAS SIMARD)

5 Boskorgï – Jazz Pranksters

Le duo composé d’Antoine Bordeleau et Thomas B. Martin n’est pas ici pour blaguer et il le prouve avec ce premier album. Pour ce faire, les gars ont décidé de s’entourer d’une tonne de collaboratrices et collaborateurs de première qualité dont Ariane Moffatt, Guillaume Chiasson et particulièrement Hubert Lenoir, qui est méconnaissable! Ouvre-toi un bon p’tit vin nature pis laisse-toi transporter dans les multiples vibes aux tendances jazz, funk, hip-hop et plein d’autres affaires que j’pas capable de nommer, mais qui font que c’est bon. J’leur lève mon verre, cheers!
(FRANÇOIS LARIVIÈRE)

4 Emilie Kahn – Outro

Elle a laissé tomber Ogden pour mieux la garder. La harpe d’Emilie est restée centrale dans ce premier album avec un nouveau nom. Et la réinvention de soi est au coeur du spectacle qu’est Outro. Emilie Kahn visite la pop comme une amie de longue date avec laquelle on décide de rester chiller un peu finalement. Des chansons de break up qui entraînent une danse lascive, mais soutenue, c’est ce qu’Outro contient et la Montréalaise derrière ce son n’a plus rien à envier à Feist ou Lykke Li. (ÉLISE JETTÉ)

3 Flore Laurentienne – Volume 1

Pas juste Jean-Michel Blais qui soit capable de nous offrir du néo-classique digne de ce nom. Il y a Flore Laurentienne aussi! Au premier abord, on se demande surtout ce que le titre du célèbre herbier du frère Marie-Victorin a bien pu inspirer à Mathieu David Gagnon. Ce qu’on retient surtout, c’est la capacité de cette musique à faire entrer en transe. L’effet transcendant est particulièrement réussi lorsqu’apprécié en live. (ÉMILIE PELLETIER GRENIER)

2 Jesse Mac Cormack – Now

Now parce que maintenant est tout ce qu’il nous reste. Jesse Mac Cormack a offert, au printemps, un premier album complet flirtant avec la pop, mais baignant dans un rock tantôt galvanisant, tantôt tranquille, poignant. L’érudition de Jesse s’exécute autant dans la distorsion des guitares que dans la délicatesse du piano. Il invente le silence qui se pose entre les sons et fabrique une ambiance que l’on peut toucher. Rendez-vous dans les décors désertiques que vous inventerez au son de son album, un voyage intérieur. (ÉLISE JETTÉ)

1 Patrick Watson – Wave 

Je m’attendais à un album agréable, mais pas surprenant. Au final c’est difficile de ne pas être charmé (encore) par les lamentations chatoyantes des chansons de Patrick Watson. On divague tranquillement en suivant les flots instrumentaux, plus synthétiques qu’à l’habitude. Aucune chance de se perdre dans ces ambiances d’un doux flou. Suffit de suivre la voix de ce lamantin lyrique, qui nous guide vers des profondeurs mélancoliques. (JULIEN ST-GEORGES-TREMBLAY)

LISEZ AUSSI SUR FAV: 

Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

Le buffet: Jesse Mac Cormack réessaye la nourriture qu’il n’aimait pas avant, juste pour voir

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Le message de Jesse Mac Cormack doit de toute évidence être destiné à un public plus international, parce que ça fait un bout qu’on a plus besoin de lui Give A Chance; on sait déjà ce qu’il vaut!

On a aussi Sophia Bel qui nous annonce que c’est le Time. De quoi? De l’écouter, on pense ben. Ça aurait ben du bon sens.

RIP le rock-nono-attachant de Autruche, qui veut qu’on pense à leur mort comme à un chien triste (on pense). C’est un album posthume.

Les chevaliers de la Fransaskoisie, Ponteix, lancent leur album complet ce vendredi. Mettez-vous dans le bain avec ce single de choix.

Je saisis vraiment pas c’est quoi le lien entre le cauchemar et le hot-dog (peut-être la digestion difficile?), mais Magic Dawn semblent avoir une idée claire, pis ça, pour la comprendre, faut juste les écouter.

ILOVEMAKONNEN peut aller se cacher, parce que Lenoir est là pour le challenger dans son statut de personnalité canadienne R&B moody et un peu dark.

Allô les amis de Québec! Valence n’est pas que le nom de l’astronaute favorite des milléniaux. C’est aussi le nom que prend Vincent Dufour pour nous présenter son projet solo. L’auteur-compositeur-interprète nous présente un premier extrait de son art-pop francophone et on est convaincus.

Bad Dylan nous offre un nouveau single tout en devenant deep: «Si pour certains les parois peuvent faire office de murs, pour d’autres elles représentent les fondations les plus profondes de leur être.» Ok.

C’est via le webzine belge (?) La Vague Parallèle que Mélanie Venditti fait paraître un premier extrait de son album-concept Épitaphes qui sera disponible le 19 avril.

Le buffet: Safia Nolin et le show d’avaleurs de couteaux

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Le titre nous parle de couteaux acérés, mais on est à un «r» près de parler du sujet du clip. De quoi parle-t-on? De Dagues par Safia Nolin, bien sûr!

Jesse Mac Cormack dévoile Now un premier album disponible le 3 mai qui a été mixé par Matt Wiggins (Adele, London Grammar, Lorde). Depuis le temps qu’on l’attendait! Le premier single s’appelle No Love Go, rien à voir avec No Cars Go. Le clip va vous faire halluciner. C’est en primeur chez Exclaim!

À quelques heures de leur grand concert au Théâtre Fairmount, découvrez le clip pour Nuages de Choses Sauvages.

Jamais de Faux pas avec Ponteix. Juste du bon contenu de l’Ouest canadien.

La météo est plus clémente depuis 24h et Lafleur et Marcie ont sorti un single tropical olé Playa Sonrisa. Illuminati?

Parlant de choses tropicales, on salue le reggae nordique de Shauit et son nouvel extrait Eshku Inniu Innu.

Du soleil en hiver avec Jesse Mac Cormack

Il y avait longtemps que l’on avait vu Jesse Mac Cormack sur scène pour interpréter ses propres chansons. La scène du Quai des Brumes était donc on-ne-peut-plus propice pour qu’on puisse regarder Jesse dans le blanc des yeux. Retour sur une soirée d’hiver avec un soleil comme ça:

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

C’est avec No Other et en s’interrompant pour tousser que le musicien entame son spectacle. Ce soir, tout est permis. C’est Noël, comme en témoignent les lustres enguirlandés.

Lustre noëlisé/Photo: Élise Jetté

C’est également un concert que certains ont décidé d’écouter de proche. Très proche. En même temps, si je me pogne un acouphène post-spectacle, j’aime autant que ce soit pour avoir entendu Jesse, l’oreille sur le speaker, comme cette fille-là.

L’acouphène/Photo: Élise Jetté

Comme en témoigne cette même photo, c’est un show qui s’écoute avec n’importe quelle boisson. Une soirée inclusive.

On y entendra des pièces du EP Crush et du EP After The Glow, puis, quelques chansons qu’on ne peut pas trouver sur Spotify, mais qui serait sûrement dans notre recap de fin d’année si c’était le cas.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Lorsqu’on parle de la basse on compare souvent l’instrument à quelque chose qui imite le battement d’un coeur, quelque chose d’assez invasif pour qu’on le sente dans tout notre corps. Après, le rythme devient soi. On devient le rythme et le corps bouge sans qu’on fournisse le moindre effort.

Si ce n’est pas une expérience que vous avez déjà vécue, il faudra commencer par un spectacle de Jesse Mac Cormack.

Ce gars-là, à droite, a probablement un torticolis depuis les évènements. Ça fait partie des risques à prendre.

Le gars qui a bougé la tête de façon vive/Photo: Élise Jetté

On retrouve l’érudition de Jesse autant dans la distorsion des guitares que dans la délicatesse du piano. Il cultive le silence entre les sons et en fait un instant qu’on peut quasiment toucher.

Nombreux seront les spectateurs qui, attentifs, commanderont à nouveau le silence dans la petite salle pleine. À grands coups de schuuuuuuuut, la mouche volera à nouveau chaque fois. Parce que l’instant est riche, parce que le son qu’on veut entendre est là.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Puis, la fin du show arrive. Plutôt rapidement. La prestation n’aura duré qu’une petite heure, rappel inclus, question de rendre l’attente encore plus grande avant le premier album complet de l’artiste. Comme quoi 2019 est déjà remplie de promesses.

60 moments marquants du GAMIQ 2017

Dimanche soir au Café Campus, lors du Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ), on n’a pas gagné le trophée de Média numérique de l’année, mais on a rencontré France D’Amour et on a mangé des chips à saveur de BLT avec une trempette de légumes et une salade tomates-bocconcini. On a aussi eu froid et on a écouté Vlooper faire du recrutement pour sa ligue de basketball. Tout ça est difficile à suivre, mais voici la chronologie des 60 évènements qui nous ont marqués.

Vlooper/Photo: Alexandre Demers

Par Mathieu Aubry, Mathieu Aubre, Alexandre Demers, Élise Jetté, François Larivière, et Marielle Normandin Pageau

1 Avant le début du gala, la table de Feu à volonté est le lieu de cueillette des objets perdus. On a retrouvé les bouchons du drummeur de Crabe et la tuque de la rédactrice en chef du blogue Les Méconnus. On a aussi récolté un nuage de fumée de cannabis chaque fois qu’un des membres d’Alaclair Ensemble est passé.

2 Au début, c’est avec grande tristesse qu’on remarque que ce n’est pas Normand Brathwaite qui monte sur scène, mais bien Debbie Tebbs, qui ne chante pas assez fort pour enterrer les gens dans la salle qui jasent autant que dans des retrouvailles d’école secondaire.

3 Les gars de Sèxe Illégal montent sur la scène et annonce qu’ils n’ont pas de guitare ce qui est «l’équivalent d’un astronaute qui essaye de chier pas de sac.»

Sèxe Illégal/Photo: Alexandre Demers

4 Ils nous disent aussi qu’on est tellement des amoureux de la musique qu’on envoie nos «enfants laites à télé pour imiter d’autres chanteurs.» #LAVOIXJUNIOR

5 On nous annonce qu’il y aura tellement de prestations durant la soirée que la loge ressemble à celle de Québecquissime.

6 On nous explique qu’il y a des prix à donner durant la soirée, mais qu’il faut les mériter:

«Mais on les vend pas non plus. On sait que vous avez pas une cenne.» – Sèxe Illégal

Bad Nylon fait une perfo avec 2/3 des micros qui fonctionnent.

Bad Nylon/Photo: Alexandre Demers

8 La perfo finit et les filles ont tellement bougé que les fils des micros sont tous emmêlés:

«On a créé une toile d’araignée» – Bad Nylon

9 Le Divan Orange annonce sa fermeture: le porte-parole a la voix tremblante dès les premiers mots et le reste de sa gang se tient par les hanches en arrière de lui. Ça sent la mauvaise nouvelle. Quelqu’un est malade? Quelqu’un est enceinte? Hé non…

10 Dead Obies gagne le trophée de EP hip-hop de l’année. La présentatrice ignore que le groupe est en Europe et elle est très déçue. Les spectateurs, eux, sont déçus de ne pas pouvoir voir le nouvel accoutrement de Joe Rocca.

11 Le trophée de cette année est une grosse bière de microbrasserie. Combien de récipiendaires l’ont déjà bue au lendemain du gala ? Sûrement plusieurs (bière gratuite)! Combien l’ont rapportée au dépanneur pour la consigne? Sûrement plusieurs (money)!

12 Le EP rock de l’année est celui de Jesse Mac Cormack, maître de la concision: «Merci.»

Jesse Mac Cormack/Photo: Alexandre Demers

13 Le EP pop est celui de Lydia Képinski qui est un peu moins brève: «Je suis contente, j’aime tout le monde.»

Lydia Képinski/Photo: Alexandre Demers

14 Crabe fait une perfo et Sèxe Illégal conclut en disant: «C’était pas Marc Dupré, ça.»

15 L’album ou EP punk est celui de Fuck Toute qui termine son discours en disant: «Mangez-nous tous le cul.»

16 20h34. Les notifications d’applications de nouvelles sont catégoriques: C’est précisément le discours de Fuck Toute qui a tué Patrick Bourgeois.

17 Obey The Brave remporte le Lucien pour le meilleur EP métal. Le groupe ne cite pas le chanteur des BB comme inspiration.

18 On ne gagne pas le prix Média numérique de l’année. C’est la gang de CHOQ.ca, pognée pendant de longues minutes au balcon, qui gagne le trophée et qui quitte le gala à l’entracte.

CHOQ/Photo: Alexandre Demers

***

19 On ne gagne pas, mais on applaudit pareil parce qu’on est des adultes. Des adultes qui ont froid, mais des adultes pareil (le Café Campus est-il chauffé?). En cas de victoire, notre rédactrice en chef Élise était pourtant prête pour ce discours inédit qu’on vous révèle en exclusivité:

On est très heureux de gagner ce trophée-là parce, comme une bonne partie des musiciens de la relève, on fait pas une maudite cenne avec notre projet.

Y’a donc autant d’amour dans notre travail que dans les paroles des tounes Kaïn.

Merci à tous ceux qui ont voté pour nous. On a autant de gratitude que Joanie d’Occupation Double quand elle fait du yoga tantrique.

Merci à mes collaborateurs qui sont toujours prêts à faire beaucoup de choses pour écrire des bons articles, mais aussi pour prendre des photos de Philippe Fehmiu à son insu.

Merci Mathieu, Mathieu, Mathieu, Mathias, Maxime, Alexandre, Etienne, Jonathan, Julien, François, Marielle, Catherine et Laurence.

Merci aux artistes qui acceptent de nous expliquer leur album, autant quand on leur demande de nous expliquer la signification profonde d’une toune que quand on leur demande de comparer la chanson à une sorte de pizza. On apprécie. Merci d’embarquer dans nos multiples niaiseries: nous laisser assister à votre épicerie chez Costco, manger des plateaux de fromages d’ici ou simuler une cueillette de petits fruits dans un champ ou rien ne pousse.

Quand on va dans un festival, on laisse toujours une partie de nous-mêmes, par exemple notre santé. En échange, on aime toujours ramener quelque chose avec nous. Merci donc au Festif de Baie-Saint-Paul de ne pas avoir appelé la police quand on est partis avec la pancarte du show d’Antoine Corriveau.

Pour finir, merci à la Pepito Sangria en sac qui a été notre moyen de nous désaltérer par excellence durant tous les festivals de l’été.

Merci à notre idole, Philippe Fehmiu.

Merci aux gens qui savent pas boire dans les shows. Vous êtes une source d’inspiration inépuisable.

Merci au père d’Émile Bilodeau qui nous remet toujours sur le droit chemin quand on oublie d’aller au spectacle d’Émile.

Merci à la mère de Lydia Képinski, notre plus grande fan.

Une chose est sûre, on essaie toujours de s’améliorer. La preuve c’est que cette année on n’a reçu aucune lettre de plainte du Caboose Band. C’est une très bonne nouvelle.

Longue vie à votre musique et longue vie à Feu à volonté

***

20 On se rappelle pas le contexte, mais cette phrase est prononcée: «Il n’y a rien de plus nice que de gagner un prix sur la peanut.» – Sexe Illégal

21 Sors-tu et Le Canal auditif doivent présenter un prix, mais Louis-Philippe Labrèche, du second média, est parti fumer. «Applaudissez pas, il est pas connu», affirme Paul Sèxe quand il finit par finir d’arriver.

22 Louis-Philippe (ci-haut mentionné) et Mélissa des Méconnus ne savent pas quel prix ils présentent. Ils prennent un guess. C’était pas le bon guess.

23 Le EP indie-rock de l’année est celui d’Adam Strangler. «Le band s’est séparé il y a deux mois, mais merci quand même», nous dit-on avec la même joie de vivre que celle de Joanie d’OD Bali. Le cueilleur de trophée va pouvoir ajouter cette bière à sa collection de bières dégustées sur l’obscure application Untappd. Personne n’utilise cette application.

24 Le EP folk est celui d’Helena Deland. On est d’accord avec ça.

25 Le EP électro est celui de Dear Criminals. Charles Lavoie réclame le prix. Il est le seul à dire le bon mot «nommé», au lieu de «nominé». Ça nous gossait depuis le début. Merci Charles.

26 Charles dit: «On avait juste les moyens pour un billet. On l’a tiré au sort et c’est moi qui l’a eu.»

27 Pendant la performance de Héliodrome, tout le monde trouve que c’est un bon moment pour sortir fumer.

28 Ecoutedonc.ca présente un prix et la fille dit: «La dernière fois que j’ai été sur scène c’était à secondaire en spectacle et je jouais un arbre.» Beau progrès, ça.

29 L’album ou EP world est celui de The Brooks, la plus belle pochette d’album est celle de Chocolat. Quelqu’un gagne un prix de jazz, mais on connait rien là-dedans.

30 Le spectacle de l’année est L’Osstidtour et Toast Dawg demande «Y’est où l’chèque?»

L’osstidtour/Photo: Alexandre Demers

31 La performance de Briga est agréablement accompagnée de notre dégustation de crudités.

Un snack/Photo: Marielle Normandin Pageau

32 Sexe Illégal propose que Barry Paquin Roberge, qui s’en vient chanter, fasse une toune sur le Dix30: «Ça, ça a été inventé pour garder les mongols en dehors de Montréal.»

33 À propos de Barry Paquin Roberge, Paul Sexe de Sèxe Illégal: «Ils me donnent le goût de fumer un bat dans un vaisseau spatial en 72.» Le groupe chante une toune nommée Stranded on the Avalon, ce qui veut dire en français «étranglé en avalant».

34 La salle de spectacle de l’année est Le Cercle, une forme géométrique qu’on apprécie.

35 Lucien Francoeur doit venir présenter le prix hommage, mais il est imprévisible, comme d’habitude: il est pas là.

36 Le récipiendaire du trophée hommage, le boss du Café Campus, ressemble à Léo dans Radio Enfer. Il remercie plein de gens dont Sèxe Illégal qui fournit beaucoup d’argent à la salle en y buvant des bières chaque jour. Nous, ce qui nous a le plus marqué du Café Campus, ce sont les tournages de Piment Fort, notre émission préférée.

37 On profite de l’entracte pour manger la nouvelle saveur de chips Lay’s: BLT. DU GÉNIE! Le goût de mayo est plus présent lorsqu’on rajoute une demi-tomate cerise sur la chip. On partage le sac avec Le Couleur, la gang des Francouvertes, les filles de CHYZ et quelqu’un de pas connu.

Un festin/Photo: Marielle Normandin Pageau

38 Sèxe Illégal suggère qu’on profite de l’entracte pour commencer à fumer, mais déconseille de «commencer la poudre. Elle est pas bonne dans l’coin!»

39 Sèxe Illégal présente le groupe Charôgne: «Voici le cauchemar de Guy Nantel.»

40 Question: France D’Amour a-t-elle aimé la prestation de Charôgne? Oui parce que la chanteuse est rousse.

41 On se rappelle pas du contexte, mais ceci a été dit: «C’est quoi un cover? C’est Sylvain Cossette. Pis Sylvain Cossette, c’est le père d’Andrée Watters.» – Sexe Illégal

42 Gab Paquet nous fait vivre le meilleur moment de notre soirée (hormis les chips BLT) avec un melting pot de feu (à volonté).

43 La radio de l’année est CKRL. On ne les avait jamais écoutés, mais maintenant oui et on sait qu’il est possible de gagner des pneus sur leur site.

 

44 Ça que c’tait est la chanson de l’année au grand désarroi de la grand-mère d’Élise. Vlooper commence à parler de basketball.

45 La présentatrice du prix d’album pop, décerné à Peter Peter (absent), est ben en maudit qu’il soit en France: «Faudrait comprendre le message à un moment donné…» Nous on pense que tous les absents étaient dans une autre salle pour écouter OD Bali.

46 «C’est 18 ans et plus parce qu’il y a de la boisson»  – Emmanuel Éthier de Chocolat, en recevant le prix d’album rock de l’année. Le seul qui a compris notre amour pour Piment Fort.

Emmanuel Éthier/Photo: Alexandre Demers

47 «Si vous dormiez à l’hôtel de glace, vous vous appelleriez fuudge-sicle» – Sèxe Illégal après la prestation du groupe Fuudge.

48 Ce gars de Fuudge aurait pu mettre son clavier plus bas.

Fuudge/Photo: Marielle Normandin Pageau

49 La révélation de l’année est Lydia Képinski et, comme c’est son deuxième trophée de la soirée, elle dit ceci:«C’est plus facile la 2ème fois. C’est comme faire l’amour. Merci à ma mère de m’avoir accouchée. Même si c’est plus facile en césarienne.» Elle se fait montrer la sortie de scène. Nous on en aurait pris encore.

Lydia Képinski/Photo: Alexandre Demers

50 Antoine Corriveau gagne le Lucien de l’album indie-rock de l’année. Il hésite entre sa bonne Labatt 50 à gauche et son trophée à droite.

Antoine Corriveau/Photo: Alexandre Demers

51 Dès aujourd’hui, notre seul but dans la vie est d’être aussi heureux que les (trop nombreuses) choristes d’Ana Leda.

52 France D’Amour présente l’artiste de l’année: Alaclair Ensemble (la grand-mère d’Élise n’est toujours pas d’accord avec ce choix). «Challengez Vlooper à NBA 2k18.», nous suggère-t-on dans le discours.

France est down/Photo: Alexandre Demers

53 Les deux présentateurs du vidéoclip de l’année sont aussi saouls que ton oncle qui dit toujours des choses déplacées dans les partys de famille. «Patrick Bourgeois est mort et tout le monde s’en criss», nous disent-ils. FAUX. Nous, ça fait deux heures qu’on parle juste de ça.

54 Le clip de l’année est celui d’Alaclair Ensemble pour Ça que c’tait, ce qui nous permet d’entendre Vlooper faire encore plus de recrutement pour faire du 3 contre 3 au basketball.

Vlooper/Photot: Alexandre Demers

55 Eman profite du temps de micro pour dire un mot: «C’tait de l’osti de marde, notre clip.»

56 Ce qui est fort dans la vie en général: Vlooper et son tournoi de basket. L’ensemble des remerciements de Vlooper.

57 On songe à faire exorciser le band d’Orloge Simard. Beaucoup de choses pourraient ressortir de ça.

58 Le gars de Québec Redneck Bluegrass Project vient récupérer son prix du public et renverse sa bière sur le stage. Pas grave, il pourra boire son trophée!

59 C’est la fin du gala, donc Sèxe Illégal conclut: «On voulait faire tirer 15 000 $ pour enregistrer à Los Angeles Avec Brian Eno, mais on pouvait pas prendre la chance que 2Frères gagne.»

60 Sèxe Illégal termine le gala sur ce bon conseil: «Plus fort vous jouez de la musique moins on entend les humoristes.»

P.S. On vous rappelle que le Lafleur ferme à minuit les dimanches et lundis. Pas une minute de plus. On l’a appris à nos dépens.

Voici la liste complète des gagnants du GAMIQ 2017:

Artiste de l’année : Alaclair Ensemble
Prix du public : Québec Redneck Bluegrass Project
Révélation de l’année : Lydia Képinski
Chanson de l’année : Ça que c’tait, Alaclair Ensemble
Vidéoclip de l’année : Ça que c’tait, Alaclair Ensemble – Réalisation de GED
Album Pop de l’année :  Peter Peter – Noir Éden
EP Pop de l’année : Lydia Képinski – EP
Album Folk de l’année : Leif Vollebekk – Twin Solitude
EP Folk de l’année : Helena Deland – Drawing Room
Album Rock de l’année : Chocolat – Rencontrer Looloo
EP Rock de l’année :  Jesse MacCormack – After the glow
Album Indie Rock de l’année : Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
EP Indie Rock de l’année : Adam Strangler –  Key West
Album Hip Hop de l’année : Alaclair Ensemble –  Les frères-cueilleurs
EP Hip Hop de l’année : Dead Obies – Air Max
Album Electro de l’année : Suuns – Hold/Still
EP Electro de l’année : Dear Criminals – Seven songs for Nelly
Album ou EP Post-rock/Post-Punk de l’année : Duchess Says –  Sciences nouvelles 
Album ou EP Folk-Bluegrass de l’année : Canailles – Backflips
Album ou EP Expérimental de l’année : Julien Sagot – Bleu Jane 
Album ou EP Punk de l’année : Fuck Toute – Fuck Toute
Album ou EP World de l’année : The Brooks – Pain & Bliss
Album ou EP Métal de l’année : Obey The Brave – Mad Season
Album ou EP Jazz de l’année : Parc X Trio – Dream
Spectacle de l’année : L’osstidtour
Pochette de l’année : Rencontrer Looloo (Chocolat) – Johnatan Robert
Média numérique de l’année : CHOQ
Salle de spectacle de l’année : Le Cercle
Radio de l’année : CKRL
Hommage : Café Campus

Philippe Brach : converser autour de 10 chansons de fin du monde

Un après-midi de septembre, on a jasé avec Philippe Brach, chez lui, pour en apprendre plus sur Le silence des troupeaux, un album qui s’écoute un peu comme un film et qui, malgré les doutes semés, n’a pas été créé en collaboration avec un quatuor a capella, ni un duo frisé. Voici le compte-rendu d’une écoute côte à côte avec l’artiste (devant un bureau rempli de figurines animales, mais on n’a pas posé de question sur le décor).

Philippe Brach/Photo: Christian Blais

Le silence des troupeaux

Élise: C’est un instrumental, donc. C’est qui qui respire au début?

Philippe: C’est un animal! L’album commence avec une impression que la fin du monde est proche. On vient d’avoir l’élément déclencheur qui va closer ça. Quand tous les animaux courent en même temps dans la même direction et qu’ils pensent pas à se manger entre eux, ça va pas ben. Donc, c’est ça. On vient d’assister à ce qui va créer la fin du monde.

É: Pourquoi tu commences avec un instru?

P: Un instrumental au début, ça enlève tous les guides de compréhension que tu peux avoir. La personne qui écoute se dit juste «J’men criss d’où que ça s’en va, je vais prendre la claque dans face et regarder comment elle me fait sentir.»

É: On entend les animaux courir. T’imagines quoi comme animaux?

P: Ben tsé, sur la pochette, ma face c’est comme la représentation de ce que seraient les néo-humains qui restent après le cataclysme. Y’a un peu de ça. Y’a beaucoup d’animaux africains. Des zèbres, des girafes. Des affaires que tu te demandes vraiment qu’est-ce que ça calisse dans la savane parce qu’ils peuvent zéro se camoufler. Tsé, une girafe, c’est l’fun le long cou pour manger des feuilles, mais c’est crissement pas pratique. Y’a aussi des bisons, des animaux d’ici. C’est une scène avec pas mal plein d’affaires.

É: Ben là, c’est-tu un film?

P: Oui, c’t’un film finalement. J’avais pas de budget pour la pellicule faque j’ai fait «Fuck it. Vous avez juste le son.» (Rires).

La fin du monde

P: Là, ici, c’est l’être humain qui disparaît de façon exponentielle.

É: Ça va super mal….

P: Ben y’a un peu de lumière. L’apocalypse vient de se passer, mais c’est pus de la nourriture qu’il nous faut pour vivre, c’est de l’amour. On entend comme des zombies de l’amour, ils veulent pas te manger, ils veulent juste un câlin.

É: Ça va arriver quand selon toi?

P: Sérieux, si on est pour manger de la marde pendant 25 ans, qu’elle arrive le plus vite possible, la fin du monde. Je veux pas parler de ça… Ça me fait freaker. Plus je sors de chez nous et plus j’ai envie de rester en dedans. Tout de ce qu’on fait, c’est s’enfoncer la tête plus profond dans notre propre cul. On se demande combien de likes on a eus. Serrons la main des gens et essayons de les comprendre! On est à une époque gorgée de haine, comme si ça venait justifier le fait qu’on n’aime pas les situations dans lesquelles on est.

La peur est avalanche

É: Qu’est-ce que c’est, cette avalanche?

P: Ça veut dire qu’on part souvent en couille. C’est assez fou a quel point on peut décoller rapidement sur un sujet. La haine, ça déboule. Ça se sent au niveau musical dans la pièce. T’as tout le temps l’impression que ça va péter. Y’a un anti-refrain pas l’fun, pis BANG, tout le monde joue en même temps. L’avalanche, c’est que n’importe qui qui dit n’importe quoi a une tribune aujourd’hui. Comment on fait pour enlever cette tribune? Les gens sont drainés par l’ignorance et la peur.

É: Tu dis «dividu», comme Claude Poirier…

P: OUI! C’est grâce à lui. Ça vient de là! C’est ma manière de dire que j’ai vu ça à TVA…

É: Y’a une nouvelle facette musicale très blues ici…

P: C’tait pas ça pantoute au début (il prend sa guit et fait une mélodie plus folk). C’tait plus gentil. C’est Jesse (Mac Cormack), qui a réalisé avec moi, qui a essayé la toune et ça a donné ça du premier coup. Je savais que ça fonctionnerait avec la toune que je voulais mettre après. On a gardé ça. J’étais vraiment content.

Mes mains blanches

P: Celle-là est sur une musique de Bill Withers, Grandma’s Hands. J’ai déjà écouté cette toune-là 500 fois. Je l’écoutais dans une playlist de Bill. Un jour je me suis levé et je me suis dit gnanffggnan (il fait un drôle de bruit avec sa bouche pour signifier la constatation d’une évidence), j’ai eu envie de faire mes paroles.

É: Sont à toi les mains dans l’histoire?

P: Oui! Je ne parle pas du fait que mes mains sont blanches, comme ma peau. Je veux dire qu’elles ne sont pas tachées, elles ont toujours été dans la ouate. Je pourrais faire beaucoup plus avec mes mains que ce que je fais en ce moment, dans le fond.

Pakistan

P: Là, ça, ça parle de tout sauf du Pakistan. (Rires) Je m’en vais l’oublier en voyage. C’est la chanson bonbon cheezy, clichée. Je l’assume.

É: Tu fais rimer tarmac avec tabarnaque. C’est singulier.

P: C’est ça j’te dis, c’est pas la grande richesse de texte. Je suis pogné dans une esti de république islamique et j’essaie d’oublier une fille. C’est bien trempé dans le clich’

É: Parlant de voile… La loi 62?

P: Personnellement, je m’en caliss de ce que le monde porte. L’épanouissement de la femme, c’est important. C’est pas normal de commencer à vouloir choisir pour ces femmes-là ce qui est mieux pour elles. On est qui pour leur dire quoi faire? Ça donne un pouvoir à l’État que je trouve dangereux. C’est comme si on changeait pour quelque chose de ben banal comme si on interdisait aux gens de marcher dans la rue avec un concombre dans les mains. Ça ouvre une porte que je veux pas qu’on ouvre.

Rebound

P: Là, Élise, c’est la post-relation-qui-marche-pas. On fait ça pour diverses raisons, le rebound. Pour se prouver qu’on peut aller ailleurs. Des fois c’est maladroit, c’est rarement mémorable. Je parle à la fille d’avant et à celle qui sert de rebound, la pauvre. Mais c’est dans un consentement mutuel là, quand même!

É: C’est bien de préciser! Tu dis à la fille «J’t’ai dit je t’aime, c’tait même pas vrai». Te sens-tu mal?

P: WO, j’ai jamais dit ça pour vrai. C’est de l’autocaricature. Je ferais pas des move de marde de même!

É: Elle commence a capella. C’est une inspiration de QW4RTZ ou c’est la Bonne journée, de cet album?

P: C’est plus comme si j’écrivais une lettre au début, pis après, la toune, c’est vraiment ma pensée, c’est moi qui parle.

Cantique de l’abandon

P: Je l’aime bien ce truc-là. Ça c’est fait fucking vite. Je pouvais pas inscrire 84 personnes à la SOCAN donc les droits vont aller dans les airs.

É: Décris-moi la scène.

P: Je voulais éventuellement écrire de quoi par-dessus, mais finalement j’ai décidé que non. J’ai demandé à l’orchestre de faire un crescendo rapide angoissant pour closer la peine d’amour et rouvrir sur la guerre qui est plus orchestrée. Finalement je trouvais ça trop fort. J’ai laissé ça instrumental pour ne pas fausser l’interprétation des gens. Nicolas Ellis (le chef d’orchestre) faisait des gestes qui n’avaient pas de bon sens. On a fait deux takes pis on a gardé la première.

Tu voulais des enfants

É: Tu compares un enfant à un bibelot vivant…

P: C’pas fin…

É: Non…

P: Ça parle de faire des enfants pour les mauvaises raisons et le propos s’adoucit un peu après… Ben pas tant que ça dans le fond. Musicalement, c’est carrément Nat King Cole. Je voulais que ça sonne comme ça. Y’a deux couplets et ensuite un troisième couplet fucking long de l’orchestre qui part dans tous les sens Je voulais un propos moderne pour illustrer le clivage entre faire des enfants aujourd’hui par rapport aux années 50.

É: L’orchestration est puissante…

P: Y’a trois paliers. C’est soft et ça explose. Je capote là-dessus.

É: J’adore le mot capharnaüm.

P: Moi aussi! Musulmane et capharnaüm, ça coule vraiment bien. Ça virevolte dans le vent on dirait. Ça pourrait être le nom du prochain album. Y’a des mots qui s’imposent juste de par leur sonorité.

La guerre (expliquée aux adultes)

É: Ça ressemble à un chant religieux.

P: Je voulais une ritournelle à la début de toune de Vigneault. Quand tu likes quelque chose, dans vie, ça a un impact. Tu partages tes valeurs. Mais ça prend plus que ça pour régler les problèmes. La toune, ce sont les enfants qui disent. «C’est ben facile, faut juste s’aimer. Pis ils retournent dans le champ de mines.» Quand quelqu’un me dit qu’il veut la paix dans le monde… Fair enough. Par quoi qu’on commence?

É: Avec les sons, tu veux qu’on comprenne que les enfants explosent?

P: Oui, mais c’est plus délicat que ça. Les enfants de la chorale étaient next level. Quand ils ont écouté la toune, ils ont dit «On comprend pas pourquoi ça s’en va dans le flou. On pourrait arrêter de chanter un à un comme si on était fusillés un à un.» Ils ont 11 à 17 ans et ils sont 100 fois plus trash que moi. Ils ont d’ailleurs refusé de faire le lancement parce qu’ils ne trouvaient pas ça legit d’être le visage des enfants soldats. Parce que c’est là qu’ils puisent leur émotion. Je suis rassuré de savoir que ce sont eux qui s’en viennent. Ça va être une belle génération.

Joyeux anniversaire

P: Là ici, c’est un court-métrage! Le gardien de phare, basically, sa job, c’est de pas être vu et d’aveugler les gens. Il est seul avec son chat, ben relax. À un moment donné il pète la lumière, pis il ferme la chope. Bien sûr, ça implique de tuer le monde sur les bateaux.

É: Donc ce n’est pas la nouvelle toune qu’on va se chanter pour nos fêtes?

P: (Rires) Peut-être pour les anniversaires de décès: il est mort depuis 10 ans, on va se pousser la toune de Brach.

É: D’après toi, qui retrouve son chat?

P: Bonne question! Peut-être un genre de pompier premier répondant, un gars qui connaissait ben les gens sur le bateau qui devait accoster au port.

Pis la pochette…

É: Dans tes remerciements, tu demandes à France Beaudoin de te rappeler. Est-ce que tout va bien de ce côté-là?

P: Elle a pas répondu à ma missive #34. Je lui ai envoyé un album.

 

Tu devrais acheter la version physique de l’album parce que la pochette est malade.

Le lancement aura lieu le 6 novembre dans le cadre de Coup de coeur francophone.

La première montréalaise promet d’être assez fucked up. C’est le 16 mars et les billets sont ici.