TOP 2020 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums anglophones préférés de l’année, positions 10 à 1.

Photo: Pexels/Artem Podrez

10 CRi – Juvenile 

Les multiples couches d’arrangements rencontrent le silence au bon moment avec CRi et l’album Juvenile qui est loin d’être le travail d’un enfant. Les collaborations de l’artiste, sur l’album comme ailleurs, démontrent son extrême agilité lorsque vient le temps de marier les forces de chacun. Le jeu des codes de CRi est complètement renversant: l’électro se dessine en toile de fond et attend les influences multiples de la pop au rock. Déjà un expert!

ÉLISE JETTÉ

9 Sophia Bel – Princess of the Dead, Vol. II 

La princesse futuriste! Sophia Bel doit avoir une connexion directe avec l’univers. Ça expliquerait son style vestimentaire. Entendons-nous, c’est sa musique l’aspect intéressant de la chose. C’est comme The Yeah Yeah Yeahs rencontre Milk and Bone. C’est du bonbon. Vu son jeune âge, elle doit vraiment être connectée avec l’au-delà pour avoir des référents musicaux aussi riches. C’est louche tout ça.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

8 Helena Deland – Someone New 

La pochette claire obscure définit bien ce premier album d’Helena Deland qui prend racine dans la noirceur pour laisser poindre la lumière. La pop alternative des années 90 résonne en échos alors que la musicienne nous nomme, avec sa voix, comme avec ses arrangements profonds, les chagrins d’amour, les hommes qui déçoivent, indubitablement, et les différents péchés capitaux comme la jalousie et la luxure. L’instrumentation puise sa richesse dans une structure qui nous amène une surprise partout où on n’attentait plus rien. Un premier saut complètement réussi dans le monde de l’album complet.

– ÉLISE JETTÉ

7 Pottery – Welcome To Bobby’s Motel 

Hiver 2018. J’arrive trop tôt à un concert, je bois ma bière tranquillement dans une salle presque vide. Un gars parvient malgré tout à me rentrer dedans et à me renverser de la bière dessus sans même bafouiller un «pardon». Je le vois monter sur scène pour jouer la première partie, Pottery, un band pas encore assimilé à un buzz puisque même le titre Hank Williams n’est pas encore sorti. Pendant tout leur set, ça me gosse. Je ne peux pas entièrement apprécier le show, je suis encore un peu fâchée de la bousculade. Décembre 2020. Je range Welcome to Bobby’s Motel dans mes albums préférés de l’année: difficile de ne pas continuer de laisser son cœur et son corps à l’abandon à l’écoute de ces nouveaux morceaux de plus en plus convaincants, entre post-punk, new wave, voire disco. Peu importe qui ça rappelle, on avait tous besoin d’un Bobby dans nos maisons cette année: pour ma part, non pas d’«un père à la maison», mais d’«un sac de boxe rempli d’humour», ça oui. Je n’en demeure pas moins embêtée: en dansant avec lui, je ne suis pas encore capable d’oublier ma robe trempée. Ça va prendre un autre LP.

– LISE BRUN

6 NOBRO  – Sick Hustle EP 

Que toutes celles qui se sont déjà excusé d’exister lèvent la main. C’est ici que ça se termine. NOBRO ne permettra à aucune d’entre vous de ne pas crier aussi fort qu’elle le voudrait. Le quatuor punk nous livre un son extrêmement libre (libre de bros, notamment) et libérateur pour son auditeur. Aucun cri ne vous aura fait autant vivre que celui que vous pousserez en même temps que la chanteuse lors d’un concert du groupe. J’admets avoir été avertie à maintes reprises par la sécurité du FME lors de leur show: je n’étais pas capable de rester assise. C’est le genre de groupe pour lequel on attend le déconfinement de la culture comme d’autres attendent l’arrivée du Messie. Et si le Messie était une femme qui gueule dans un micro? Simple suggestion.

– ÉLISE JETTÉ

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5 Les Deuxluxes  – Lighter Fluid 

Les Deuxluxes, quel duo fabuleux et inspirant à souhait! Avec Lighter Fluid, un album au son rock psychédélique vintage absolument efficace, il nous offre du pur divertissement de qualité. C’est la musique parfaite pour oublier qu’on est en 2020 et s’imaginer à une époque où le mot COVID n’existe pas, où on porte un masque juste pour se déguiser mais surtout où tout le monde se rassemble pour faire le party! J’dis ça de même, mais je dirais pas non à un party post-COVID avec Les Deuxluxes, qui embarque?

– ELISABETH MOTTARD

4 Maky Lavender – …At Least My Mom Loves Me 

Maky Lavender ne savait probablement pas qu’on allait cesser d’avoir du fun à cause du virus deux semaines exactement après la parution de son album lorsqu’il était en studio pour enregistrer …At Least My Mom Loves Me. Une maudit chance parce que, du fun, on allait en avoir de besoin cette année et c’est exactement ce à quoi on a droit avec cet opus. On aurait juste envie de se rassembler à plus que deux ménages pour écouter la musique du MC montréalais, à moins de deux mètres de nos amis qu’on n’a pas vus depuis un boutte. Merci pour ces 27 minutes de musique bien ficelée qui nous ont aidées à passer au travers.

– NICOLAS SIMARD

3 Mike Shabb – Life Is Short 

La réputation de Mike Shabb dans le rab jeu n’est plus à faire. Sur Life is short, le rappeur confirme sa place comme l’un des rappeurs anglophones à suivre dans les prochaines années. À l’écoute de cet album, on a l’impression que le Montréalais souhaite conquérir de nouveaux territoires. Mike Shabb délaisse les paroles  plus street pour un poésie plus mature, plus personnel et aux divers flows qu’il s’approprie. Le tout entourer des beatmeakers d’excellence VNCE CARTER et Danny Ill

– MATHIEU AUBRY

2 Naya Ali – Godspeed : Baptism (Prelude) 

À la sortie de Godspeed: Baptism, à peine un an s’était écoulé depuis les propos de Steve Jolin, propriétaire du label 7ème Ciel. Il affirmait dans La Presse: «Je ne vais pas baisser mes standards de sélection pour avoir une femme sur mon label». Heureusement pour nous, de nombreuses rappeuses ont ensuite émergé en révélant, du même coup, qu’on était loin de manquer de talent ici. Avec son premier LP, Naya Ali se hisse parmi les figures incontournables du rap au Québec. On est impatients de la revoir en spectacle avec son énergie débordante.

– RAPHAËL BOIVIN

1 BACKXWASH – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It 

La trajectoire de Backxwash en 2020 est simplement phénoménale, et rarement une fenêtre se sera-t-elle ouverte ainsi pour un projet aussi fermement champ gauche, entre horrorcore et rap-métal gothique. Adulée par la critique, soulignons par ailleurs sa victoire historique au prix Polaris 2020, une rare victoire symbolique pour une artiste au carrefour des minorités ethnique et sexuelle.

– JULIEN ROCHE

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Helena Deland: Surprise douce pour affronter la pluie

Helena Deland

Someone New

Chivi Chivi

****

Helena Deland, artiste musicale provenant de Québec et habitant maintenant Montréal, sort un premier album complet: Someone New. Elle nous a surtout donné de petites bribes d’elle dans les dernières années. Son premier EP Drawing Room, paru en 2016, qui m’a instantanément charmée, a été suivi d’une sorte d’album fragmenté en quatre volumes contenant quelques chansons seulement, chacune comme un single en soi. Mais même ce «vrai album», comptant pourtant 13 titres, me paraît trop court, dans le sens où Helena semble toujours avoir quelque chose d’autre à dire. Et c’est peut-être ce qui fait sa particularité: sa capacité à nous captiver, à nous envelopper de mystère et à nous garder sur le bout de notre chaise en nous susurrant ses histoires infinies.  

Les thèmes de la nostalgie, du souvenir, de la tristesse qu’on connaît si bien à la chanteuse se mêlent à celui d’une nouvelle confiance en soi, une détermination retrouvée. C’est un album doux, apaisant, mais dont les compositions contiennent plusieurs surprises, ce qui renouvelle notre intérêt tout au long de l’écoute. La voix apaisante d’Helena est agrémentée d’arrangements originaux, peu conventionnels, qui nous sortent de notre zone de confort, et dont la guitare parfois rock, parfois folk, est toujours reine.

Dans Pale, on retrouve une tonne de synthés gras, des effets de voix weird, et une ligne mélodique lumineuse dans le refrain, alors que la structure traditionnelle couplet-refrain-bridge est tordue. 

D’ailleurs, les structures de toutes les chansons sont tout sauf traditionnelles. Les hooks, ces petits airs populaires qui nous restent et qui me passionnent tant ne se retrouvent pas qu’à la voix, mais aux différents timbres originaux qui s’entrecoupent. 

Comfort, Edge

Une virgule dans un titre, j’aime ça. Ouverture sur des voix chuchotées, musique comme sous l’eau. La mélodie d’Helena est plaintive et entraînante à la fois. 

Smoking at the gas station

L’album n’est pas sans rappeler Radiohead, particulièrement dans Smoking at the Gas Station. Les ambiances, le strumming de guitare, la voix lugubre et répétitive, les arrangements vaporeux et remplis de reverb, la voix chargée d’émotion crient Thom Yorke au féminin.

Fill the rooms

La dernière pièce est une jolie berceuse, qui clôt l’album en douceur, sur ces paroles apaisantes «fill the empty rooms with music», comme une lueur d’espoir. 

Je vous conseille d’écouter Someone New d’une traite (oui, gros engagement en cette ère du single à 2 minutes 50). Les chansons se succédant l’une à l’autre dans des transitions ingénieuses, on arrive ainsi à se plonger pleinement dans l’univers envoûtant d’Helena Deland. Une oeuvre accomplie, originale, douce et poignante, qu’on a envie de réécouter pour découvrir ses multiples secrets. 

Bleubleu 2019: À la plage avec Helena Deland, Philémon Cimon et Choses sauvages

Le Festival Bleubleu, c’est la rencontre fantasmagorique entre l’une des plus belles parties de la Gaspésie (Carleton-sur-Mer) et toute la félicie et l’allégresse qu’on peut ressentir lors d’un festival musical. J’en suis à peine revenue. Je suis certaine que plusieurs autres festivaliers ont remis leur carrière en question et se sont demandé si c’était viable au fond de faire pousser des pois sur une terre en Gaspésie. Entre les pintes, les spectacles, le soleil, les rencontres, les guédilles aux crevettes et la poutine, j’ai quand même pris le temps de kidnapper respectivement Helena Deland, Philémon Cimon et Choses sauvages, et de les emmener à la plage pour leur poser des questions en apparence peu pertinentes.

Helena Deland et l’amour des road trips

  • Si tu es sur une île déserte où seuls trois objets te sont permis, lesquels prends-tu? Elle a hésité longtemps avant de répondre, après mûre réflexion: «une couverte, un lecteur mp3 et un canif».
  • Maillot une pièce ou deux pièces? «Ça fait une couple d’années que je suis dans le une pièce. Ça permet plus de coquetterie [puisque c’est] échancré dans le bas du dos.»
  • Lequel des éléments du feu, de la terre, de l’eau et de l’air te représente le mieux? «Le feu, c’est ce qui me pousse.»
  • Qu’est-ce que t’évoque le nom «Bleubleu»? «L’eau et le ciel», celle-ci de dire en regardant la mer.
  • C’est une pas pire ride se rendre à Carleton-sur-Mer. Quelle est ta toune de road trip pour ce genre de trajet? «Ça a pris 6 heures et on n’avait pas de prise usb. La meilleure toune qu’on a entendue c’était Jenny from the Block, de Jennifer Lopez», a-t-elle expliqué, racontant que les six heures de char ont aussi occasionné quelques petits différends de route et menaces de démission. 

La serviette de chat de Philémon Cimon

  • Si tu es sur une île déserte où seuls trois objets te sont permis, lesquels prends-tu? «Une brosse à dents, une guitare ce serait pratique et un petit cahier. Non! Une bonne enregistreuse!»
  • Maillot style short ou speedo? «Sur l’île déserte, je me baignerais nu.»
  • Lequel des éléments du feu, de la terre, de l’eau et de l’air te représente le mieux? «L’eau. Je trouve ça extraordinaire et j’ai envie que ça soit l’eau.»
  • Qu’est-ce que t’évoque le nom «Bleubleu»? «C’est beau hein? C’est tout doux.»
  • C’est une pas pire ride se rendre à Carleton-sur-Mer. Quelle est ta toune de road trip pour ce genre de trajet? «À peu près 75 % du temps, j’écoute du Félix Leclerc.»

L’amour de la mayonnaise de Choses sauvages

  • Si vous êtes sur une île déserte où seuls trois objets sont permis, lesquels prenez-vous? Un cristal de guérison, une slackline et notre bonne humeur. Pas besoin de musique ou d’instruments sur une île puisqu’il n’y a pas de cachets.»
  • Maillot style short ou speedo? «Le short, mais on respecte les autres choix. Et de toute façon Tommy a un trop gros pénis pour les Speedo. On salue sa mère.» 
  • Qu’est-ce que vous évoque le nom «Bleubleu»? «Les baleines, le viagra, quelqu’un qu’on entend crier «bleubleubleu» parce qu’il se noie, Bleu nuit et la bière.»
  • C’est une pas pire ride se rendre à Carleton-sur-Mer. Quelle est votre toune de road trip pour ce genre de trajet? «La meilleure ça a été Beautiful Girls de Sean Kingston.»

Les gars de Choses sauvages ont trouvé difficile de trouver le consensus pour répondre à mon quizz, mais s’entendent tous en ce qui concerne la mayonnaise. Ils en raffolent.

TOP 2018 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 10 à 1 de nos albums/EP québ anglophones et instrumentaux préférés de l’année.

10 Klaus – Klaus

Joe Grass, Samuel Joly, François Lafontaine. Trois forces pas si tranquilles se sont alliées cette année pour mélanger de nombreuses influences et arriver à un résultat des plus concluants. Il fait bon découvrir la voix de Joe Grass (Patrick Watson) qui est le principal lead de la bande. On attend la suite avec beaucoup d’impatience. (ÉLISE JETTÉ)

9 Zach Zoya X High Klassified – Misstape

Au début de l’année, plusieurs personnes se demandaient Who dat? Ça n’a pas pris de temps à ce natif de Rouyn-Noranda pour imposer son style partout au Québec! Son talent et son flow unique auront attiré l’attention d’un de nos meilleurs beatmakers pour la folle pièce 1919. Cette association allait assurément nous livrer un projet au-dessus des attentes. Même si l’album est assez court, on a un excellent condensé de plusieurs gammes d’émotions qui nous permettent de constater l’ampleur du talent de ce duo. Bref, fou prod + fou flow = j’écouterais ça barely everyday (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

8 Ought – Room Inside The World

Les attentes étaient élevées pour ce troisième album de la formation post-punk montréalaise. Heureusement pour son fanbase de fidèles, le groupe a su exploiter son filon stylistique habituel sur ce nouveau projet, tout en y incorporant des touches new wave surprenantes, voire même détonantes, ayant pour effet de rebrasser la sauce et stimuler les molécules d’une recette déjà fort gouteuse. Trêve de parallèles culinaires, Room Inside the World mérite simplement votre attention!  (ALEXANDRE DEMERS)

7 Helena Deland – Altogether Unaccompanied Vol. I & II

Intense et délicate à la fois, Helena Deland réussit un quatre en quatre avec sa série de chansons Altogether Accompanied, qui charme grâce a des mélodies planantes et une voix enveloppante. (CAMILLE AVERY-BENNY)

6 Alexandra Streliski – Inscape

Impossible de passer sous silence cet album qui meuble si joliment les silences de la vie. Le talent de la pianiste pour agrémenter les histoires (les films) lui sert habilement ici alors qu’elle installe des ambiances et raconte des choses sans dire un mot. Un album prenant qui accompagne toutes choses. (ÉLISE JETTÉ)

5 Ryan Playground – 16/17

Il faut être né à la fin des années 80 pour saisir toutes l’ampleur de la chose. Ryan Playground esquisse une oeuvre personnelle qui met en relief des inspirations tirées de l’adolescence. On entend Blink 182 en 2003 et on entend une femme qui réfléchit à l’âge adulte, aux relations, au monde dans lequel on vit. Même si on l’associe beaucoup à son rôle de DJ, elle s’en détache ici très habilement, offrant des pièces électro qui frôlent souvent la chanson acoustique. Que du beau. (ÉLISE JETTÉ)

4 High Klassified – Kanvaz

Kevin, je l’ai connu quand il jouait avant Lunice au Coda club, genre. Il était déjà à l’aise et funné. Tout le monde avait hâte à la sortie de cet opus de ce cool dude qui fait la musique dans le sous-sol chez sa mère, à Laval. Le gamer quasi-professionnel et l’expert en collection de sneaks a choisi que de bonne collabs qui ne font que commencer! (MARIELLE NORMANDIN-PAGEAU)

3 De.Ville – Sables 

Dès les premières notes, on comprend que les gars arrivent en ville avec du gros stock et ce n’est pas très long avant qu’on ait l’impression qu’il fait 37 degrés dans la place! Un parfait mélange de sons qui voyagent entre l’actuel et le traditionnel tout en passant par des vibes festives et smooth à la fois. Avec des titres comme The Love We Lost, Oublie moi et Mon amour, on peut facilement s’imaginer la source d’inspiration d’une bonne partie de l’album. La qualité du projet a su nous surprendre à sa sortie par sa justesse et nous laisse présager un solide avenir. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

2 Milk & Bone – Deception Bay

Les deux femmes ont donné un coup d’émancipation à l’ensemble de leur oeuvre cette année. Se produisant sur scène que toutes les deux, elles ont démontré une grande liberté artistique et stylistique. Elles ont chanté sur Deception Bay des chagrins immenses. Puis, elles les ont farcis d’une puissante lumière intérieure. On a envie de rencontrer beaucoup de gens là où nos déceptions se baignent. La baie des déceptions. (ÉLISE JETTÉ)

1 Jean-Michel Blais – Dans ma main

C’est dans les mots d’Hector de Saint-Denys Garneau que les mains du pianiste Jean-Michel Blais s’incarnent pour ce deuxième album solo Dans ma main. «Le commencement de toutes présences / Le premier pas de toute compagnie / Gît cassé dans ma main», écrivait le poète dans Monde irrémédiable désert. Des mots qui trouvent leur écho dans les mains du compositeur, tout comme dans sa réflexion artistique: qu’allons nous faire de nos mains. Lui, il jouera du piano. Une allégorie qui nous fait découvrir de nouvelles choses à chaque écoute et qui se colle aux situations de la vie au moment où il le faut. (ÉLISE JETTÉ)

Voyez les positions 20 à 11 du TOP ANGLO/INSTRU

Voyez les positions 20 à 11 du TOP FRANCO

Voyez les positions 10 à 1 du TOP FRANCO

GAMIQ 2018: les prédictions de l’équipe

C’est ce dimanche qu’on saura qui sont les indépendants alternatifs favoris du Québec. Feu à volonté vous fait ses prédictions.

Élise Jetté

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce qu’elle a quand même produit une monnaie à son effigie cette année en plus de sortir un premier album. Grosse année.

Révélation de l’année

Choses Sauvages parce que même si toutes les femmes savent danser, ma seule danse, cette année, c’est La valse des trottoirs.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, car ma grand-mère voudrait lui faire de la soupe.

François Larivière

Artiste de l’année

Lydia Képinski juste parce que cette fille-là est parfaite pis que ça s’écoute bien dans la douche le matin.

Révélation de l’année

Choses Sauvages, car Tommy Bélisle est très cute pis j’aime le Barbie’s Resto Bar Grill.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, car je l’ai vu en show à l’Esco pis j’aimerais ça qu’il soit genre mon beau-frère.

Mathieu Aubry

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce que c’est frais, imagé, rythmé, parfois triste, impossible de ne pas tomber en amour avec 1er juin. Fini, le 1er juillet, on déménage le 1er juin, jour de sa fête.

Révélation de l’année

Les Louanges, car à l’instar d’un strip-tease, il a publié un single à la fois jusqu’à la nudité directe de La nuit est une panthère.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose parce que c’est une chanson d’amour de paquetés exposant la sensualité de partager le vice à deux, entre autres dans l’bed.

Camille Avery-Benny

Artiste de l’année

Lydia Képinski parce que j’étais déjà séduite avant que 2018 commence, mais un album encensé, neuf vidéos, et un Cinéma L’Amour plus tard, je pense que le Lucien est plus que mérité.

Révélation de l’année

Zach Zoya, car c’était déjà un exploit de sortir de Rouyn-Noranda, mais il a prouvé toute l’année qu’à 19 ans, il a l’étoffe d’un grand.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose parce que c’est une des seules chansons d’amour que je pourrais écouter en boucle à perpétuité.

Laurence Godcharles

Artiste de l’année

Fouki parce que c’est la nouvelle affaire.

Révélation de l’année

Helena Deland parce que c’est trop bon et qu’en plus c’est worldwide.

Chanson de l’année

Chez Françoise de Dave Chose, parce qu’elle est dans plein de playlists Spotify.

Alexandre Demers

Artiste de l’année

Lydia Képinski,  car en plus de drop un des albums marquants de l’année, elle sort un vidéoclip ben space de toutes ses chansons. Et ça, c’est pas rien. Sa formule indie pop aux occasionnelles touches électros frappe droit au cœur et se démarque par son originalité, son audace et son approche décomplexée. Surtout lorsqu’elle se met à chanter l’air des Mystérieuses Cités d’or. Une belle brise de fraîcheur. Lydia se mérite une belle étoile dans son cahier Canada.

Révélation de l’année

Les Louanges parce que, tout droit sorti des Francouvertes, le bon Vincent se recentre avec pertinence et force sur sa proposition R&B/électro/hip-hop à thématique féline sur son tout premier album studio. La panthère va rugir de la savane de la relève et mettre la patte sur le trophée pas clair fait avec de la bière.

Chanson de l’année

Vintage à l’os de Seba et Horg, car malgré les bons choix, il n’y a rien qui rentre aussi creux dans le fond de la tête que du vintage à l’os. Ça renoue aussi assez bien avec les vieilles traditions du genre. C’est tout.

Julien St-Georges Tremblay

Artiste de l’année

Fouki parce que les gentils gagnent tout le temps.

Révélation de l’année 

Les Louanges, car Vincent Roberge a réussi à rendre funky le trajet du bus L2 de Lévis, c’est un exploit qui mérite définitivement un prix.

Chanson de l’année 

Chez Françoise de Dave Chose. Si elle gagne, j’en fais la chanson officielle de mon bar clandestin.

Le GAMIQ aura lieu ce dimanche 25 novembre au Café Campus.

Les billets sont ici et les nommés ici.

Vous pouvez connaître les prédictions de la grand-mère d’Élise ici.

On s’y voit!

GAMIQ 2018: les choix de ma grand-mère

L’an dernier, j’ai visité ma grand-mère et j’ai eu envie de lui parler du GAMIQ qui arrivait à grands pas. Elle a pogné d’quoi avec Beyries et Louis-Philippe Gingras. Elle attend toujours une dédicace de la part de Louis-Philippe, d’ailleurs. J’ai décidé de répéter l’exercice avec les artistes de cette année. Claudette strikes again. Voici son opinion sur les nommés 2018.

Claudette/Photo: Élise Jetté

– Grand-maman, tu te rappelles de ce qu’on avait fait ensemble pour le GAMIQ l’an dernier?

– Oui, oui, je me rappelle, on avait écouté Émile Bilodeau. Il a l’air tellement gentil, lui. Je vais les connaître ceux de cette année?

– On va voir.

ARTISTE DE L’ANNÉE

FOUKI

– Ça se pourrait que tu l’aies entendu, mais peut-être que non. Le premier c’est Fouki

– Ok. Il vient d’où?

– Montréal Est. La chanson que je te fais écouter s’appelle Gayé, ça veut dire avoir fumé du pot.

– Oh! Comme à la SQDC?

– Exactement…

– J’aime pas ça.

JESUSLESFILLES

Jesuslesfilles. C’est drôle ça. Je sais pas si c’est un groupe catholique.

– Je pense que non.

– La musique est belle. C’est qui lui, Daniel? C’est le chanteur?

– Non, c’est une entité quelconque. Pas vraiment un humain. Ils sont spéciaux, les gens de Jesuslesfilles.

– J’aime ça. Là je comprends les paroles et ils ont les cheveux longs comme dans mon temps.

KEITH KOUNA

– Il est Québécois? Il a l’air d’avoir un nom des États-Unis.

– C’est un Québ.

– Tu connais, Plastique Bertrand? Il est un peu comme lui.

– Un petit genre, oui.

– Mais quand il chante plus doucement, ça me fait penser à Noir Silence.

– Eh ben!

LYDIA KÉPINSKI

– Enfin, une fille!

– Je vais te faire écouter Les balançoires.

– Yes, sa vidéo, est un karaoké!

– Ma passion du karaoké était quelque chose d’héréditaire. Révélation!

– Ha ben oui! Elle, elle est très bonne, Lydia. Elle est jeune?

– La mi-vingtaine!

– Je trouve qu’elle a des belles paroles comparée aux autres. Elle a une belle exubérance.

MILK AND BONE

– Un duo de filles, pour finir.

– Comment ça je les ai jamais vues à la télé?

– Je pense qu’elles sont déjà allées à En direct de l’univers.

– Ha ok! Elles sont deux soeurs, ces filles-là?

– Non.

– Elles sont très jolies. Tu les as vues en spectacle quand t’es allée en Abitibi (FME)?

– Oui, je vais te montrer comme c’était cool sur scène (14min.38).

– J’aime moins ça parce que je comprends moins l’anglais.

LE VERDICT

– Celui qui gagne, c’est Keith Kouna, Je crois qu’il a une belle voix, il sait vraiment bien jouer de la guitare. Lydia, est mon deuxième choix.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

CHOSES SAUVAGES

– C’est un peu inquiétant comme nom de groupe.

– Inquiète-toi pas, grand-maman. On va écouter La valse des trottoirs.

– Ils sont originaux. Mais là, c’est pas une valse cette chanson-là.

– Non. Est-ce que tu les trouves cutes?

– Peut-être pour toi, mais ils ont pas l’air ben sages. J’aime ça, mais je ne pense pas que ça va être mes préférés.

DAVE CHOSE

– J’imagine que c’est pas son vrai nom?

– Bien vu, grand-maman.

– Il a l’air triste. Faudrait le réconforter. Comme Antoine Corriveau l’an dernier. Je pourrais lui faire ma soupe aux légumes. Ça marche avec toi pour le réconfort.

– C’est vrai, ça.

HELENA DELAND

– C’est la seule fille de la catégorie?

– Oui.

– Je trouve ça très beau et mélancolique. J’aimerais avoir son album.

– Je vais te le donner à Noël.

LES LOUANGES

– Lui non plus, c’est pas son vrai nom?

– Il s’appelle Vincent. La chanson, c’est Tercel.

– Comme l’auto?

– Oui.

(Mon grand-père, Yvan, fait irruption dans la pièce.)

Yvan: – C’est un bon char, ça.

Claudette: – On écrit un article, dérange-nous pas.

– On va écouter aussi Encéphaline.

– Mais là, lui je l’aime beaucoup. Pourquoi je le vois pas à la télé comme Émile Bilodeau?

– Ça s’en vient. Il faut être patient.

ZACH ZOYA

– Son nom, ça ressemble à de la sauce soya. Je pense qu’il dit des gros mots, mais je ne comprends pas tout.

– T’aimes pas ça?

– Non.

LE VERDICT

Helena Deland, c’est ma préférée. Mais Les Louanges, il est bon aussi. Il pourrait venir souper.

Le GAMIQ aura lieu ce dimanche 25 novembre au Café Campus.

Les billets sont ici et les nommés ici.

Ma grand-mère ne sera pas là. Mais elle invite tous les gagnants à Noël. Elle fait un solide coq au porc.

Claudette voudrait avoir plus de succès avec ses prédictions cette année. Elle est ben déçue d’avoir rien gagné l’an dernier. Yvan, lui, pense que Les Louanges devrait gagner toutes les catégories parce que la Tercel 96, c’est un maudit bon choix de véhicule.

Les 8 choses qui se passeront sans doute à Mile Ex End

La fin de semaine prochaine, c’est Mile Ex End. Comme je serai probablement trop high pour vous en faire un compte-rendu complet, voici ce que je suis pas mal sûr qui va se passer.

1- Hubert Lenoir nous fera cringer en déclarant quelque chose d’inutilement sexuel et poétique du genre: «Le Mile Ex End, c’est la seule ex sur laquelle je veux éjaculer une fleur de sperme avec mon pénis».

2- Loud rappera devant un peloton de fans qui feront semblant qu’ils ne connaissent pas juste la toune qui passe à la radio. À l’avant du parterre, un adolescent à la pomme d’Adam saillante et au dad hat à l’envers sera arrivé beaucoup trop tôt pour être certain d’avoir le meilleur spot. Il lipsynchera chaque syllabe du set.

3- Tire Le Coyote décidera qu’il faut qu’il mette le paquet pour cette performance, et il tirera littéralement un coyote par la queue sur scène.

4- Kid Koala sera twee as fuck.

5- Un collégien américain, trop cassé pour suivre ses amis qui allaient à Osheaga, ou ses amis qui allaient à Île Soniq, se pointera tout seul à Mile Ex End en faisant semblant qu’il est content de sa décision. Trop saoul, il se fera revirer de bord par toutes les Québécoises dans la place, comme il est de mise pour tout collégien américain assistant à un festival montréalais.

6- Durant la performance d’Helena Deland, plusieurs blogueurs culturels, émoustillés, s’évanouiront d’émotion à la manière des trois chicks blondes qui tripent sur Gaston dans La Belle et la Bête.

7- Arnaud Soly, paniqué, brainstormera des jeux de mots à faire avec les noms des artistes du festival. Le mieux qu’il pourra trouver sera «Quand tu joues avec les Barr Brothers, la barr est haute» et «Le band Rhye n’est pas né pour un petit pain. Quand les membres montent sur scène, ils se seigle à blanc».

8- Le bouncer me fouillera parce qu’il a lu mon texte et il saura que, tel que je l’ai mentionné plus haut, je planifie être en possession de cannabis durant Mile Ex End. Cependant, il ne réussira pas à trouver ce qu’il cherche, car, comme à chaque festival, le tout sera habilement logé entre mes deux cuisses.

Toute la programmation est disponible ici.

Le buffet : Helena Deland dans un resto comme il y en a mille

Chaque lundi mardi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

On met peut-être souvent Helena Deland en une. On comprendrait si vous trouvez qu’on devrait varier. Mais tsé. Julien PoulinUne légende. Le réal d’Helena sait comment nous prendre par les sentiments.

There Are a Thousand by Helena Deland on VEVO.

Si jamais vous vous demandez encore quelle est L’histoire populaire de Jonathan Cadeau, sachez que Corridor en a préparé une version animée. On espère que ça clarifie tout pour vous.

Le nouveau visuel pour On s’aimera de Fanny Bloom est hivernal et sucré comme un produit de l’érable. 100% saisonnier.

Pas besoin d’attendre l’Halloween pour regarder des films d’horreur. Mais bon, si jamais vous avez une règle maison qui vous en empêche, y’a toujours le nouveau clip de Das Mörtal qui peut vous satisfaire.

Idem pour le clip Zombielove de Perdrix. Les références sont moins directes, mais les zombies au ski alpin, ça ferait un super bon long métrage.

Julien Déry nous avait offert Rouge à lèvres (la la la) il y a un an et demi, maintenant il sort C’est ça l’amour (bang bang), prouvant sa passion pour les onomatopées entre parenthèses.

Robert Motivé, c’est le premier single du nouvel album de Frank Custeau, mais c’est aussi un modèle matinal pour les gens qui font une compilation des sorties de la semaine sur un blogue de musique émergente. Gros gars, grosse vibe.

Avis aux fans de folk mystère dans la place, retenez le nom de Foisy. dans vos prochaines séances d’écoute. Un EP complet s’en vient en mai, mais d’ici là, on a Chisasibi pour se conforter.

On s’éloigne de nos terres, mais on s’est dit que vous apprécieriez l’apport musical d’un gars avec un sac sur la tête qui lui donne un peu l’air d’un œuf miroir. Mr Joy lance un album aujourd’hui. Jetez-y une oreille, pour voir!