GAMIQ 2020: ma grand-mère se prononce

Je n’ai pas serré ma grand-mère dans mes bras depuis le mois de janvier et je ne l’ai pas vue en personne depuis la zone rouge montréalaise. Je la laisse tranquille dans sa zone orange. Elle a quand même accepté de passer une heure au téléphone avec moi pour que je lui fasse écouter les nommés du GAMIQ 2020. C’est vous dire à quel point les aînés ont besoin d’un coup de fil de temps en temps! J’ai profité de l’occasion pour ressortir une photo de mes archives personnelles (probablement en 2010), au moment où je faisais écouter de la musique à Claudette (de mémoire, c’était Martin Léon).

Claudette en 2010 écoutant Les atomes/Photo: Élise Jetté

ARTISTE DE L’ANNÉE

Bon enfant

Élise: Bon, grand-maman, t’as l’oreille bien collée sur ton téléphone? Ça commence!

Claudette: Oui, je suis prête. Quand j’aurai chaud à l’oreille droite, je changerai pour l’oreille gauche. Comme ça ça va être égal pour tout le monde.

É: Parfait! Là on va écouter les nommés comme Artiste de l’année. C’est comme le plus gros prix, donc t’as le droit d’être sévère. On commence avec un groupe qui s’appelle Bon enfant. La chanson que tu vas entendre, c’est Ménage du printemps.

C: Le titre fonctionne très bien parce que ça me donne le goût de faire mon ménage justement! Ils sont combien dans ce groupe?

É: Ils sont cinq. Deux filles, trois gars. Et t’as vu un des gars à La Voix.

C: C’est sûrement celui qui avait un chapeau de cowboy, ça fonctionnerait avec le style.

É: T’as tout compris.

C: J’aime beaucoup ça, Bon enfant!

Note de Claudette pour Bon enfant: 8/10

Corridor

É: Alors là, on change de style. Le groupe s’appelle Corridor.

C: C’est pas la chanson de Laurence Jalbert?

É: Non, malheureusement. La chanson que je te fais entendre s’appelle Domino.

C: C’est intéressant.

É: Intéressant comme la couleur de ton vomi après avoir bu de la slush ou intéressant comme un coucher de soleil d’automne?

C: Je ne suis pas certaine. Mais tes deux options sont pas mal aux antipodes, je trouve. Franchement! J’aime beaucoup qu’on entende de nombreux instruments. Ça parait qu’ils sont plusieurs et que tout le monde fait du bon travail. J’aime moins le fait que je n’entende pas très bien les paroles parce que la voix est en arrière-plan.

Note de Claudette pour Corridor: 7/10

KNLO

É: Grand-maman, on va maintenant entendre du rap Québ.

C: Du quoi?

É: Du rap Québ, du rap québécois.

C: Pourquoi tu dis pas tes mots au complet?

É: Je vais te faire entendre la chanson Ça fait mal de KNLO.

C: Je l’ai vu lui à l’ADISQ. Je le trouve tellement drôle. Bon, lui on comprend tout ce qu’il dit! J’aime beaucoup ça. Et le rythme nous rend de bonne humeur. C’est important ces temps-ci.

Note de Claudette pour KNLO: 9/10

LaF

É: On reste dans le rap Québ avec LaF, la chanson Eastman.

C: Comme la ville?

É: Oui.

C: Ils disent qu’ils boivent chaque jour. C’est pas l’idéal. Moi je bois juste du vin quand tu viens me voir, donc là, ça fait longtemps que j’ai pas bu de vin, mais j’ai quelques bouteilles de ton vin préféré pour quand tu vas venir.

É: J’ai hâte.

C: Je trouve ça vraiment bon, LaF. J’aime beaucoup le titre parce que j’aime cette ville. Et j’aime le mélange de l’accent français avec l’accent québécois. C’est pas souvent qu’on entend ça.

La note de Claudette pour LaF: 8/10

Les Deuxluxes

É: On va finir avec un duo qui s’appelle Les Deuxluxes. C’est un gars et une fille habillés vraiment funky. Comme la photo de grand-pa et toi à l’Halloween en 85.

C: Ha ben là, ça c’est un style que j’aime!

É: La chanson qu’on va écouter s’appelle Everything of Beauty.

C: Pour la voix et le style, ce sont mes préférés, mais je préfère la musique en français.

É: Ils chantent en français des fois!

La note de Claudette pour Les Deuxluxes: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, c’est KNLO l’artiste de l’année.

ALBUM FOLK DE L’ANNÉE

Basia Bulat – Are you In Love?

É: Là, grand-maman, on est rendues à la catégorie Album folk de l’année. J’ai pensé que t’aimerais pas mal les artistes dans cette catégorie. La première s’appelle Basia Bulat. Son album s’appelle Are you In Love? et la chanson que tu vas entendre s’appelle Your Girl.

C: C’est donc ben beau ça. Une belle voix. C’est doux à entendre. Je trouve ça étrange qu’elle ne soit pas plus connue.

La note de Claudette pour Basia Bulat: 9/10

Chandail de loup – Sul bord

É: Voici maintenant le groupe Chandail de loup, l’album Sul bord et la chanson Dansé nu.

C: Ça je trouve ça ben niaiseux. En plus, ils disent pas les mots au complet. Comme toi! C’est parce qu’ils viennent de Montréal?

É: Ils viennent de Val-David, donc c’est dur à dire…

La note de Claudette pour Chandail de loup: 6/10

Foisy – Mémoires

É: On va entendre un autre artiste qui s’appelle Foisy. Son album s’appelle Mémoires et la chanson que je te fais jouer, s’appelle Les anniversaires.

C: C‘est qui donc l’artiste que j’avais trouvé déprimé la dernière fois qu’on a fait ça? Je le trouvais triste.

É: Antoine Corriveau. C’est lui qui a réalisé l’album de Foisy.

C: Ils faudrait que tu leur donnes une petite tape dans le dos la prochaine fois que tu parles avec eux.

É: Parfait!

C: J’aime beaucoup ça, mais je pense qu’il pourrait essayer d’être plus gai pour la prochaine fois. Peut-être un peu plus d’Émile Bilodeau dans sa voix.

É: Je vais lui faire le message.

La note de Claudette pour Foisy: 8/10

Leif Vollebekk – New Ways

É: Lui c’est Leif Vollebekk. Son album s’appelle New Ways et la chanson que tu entends s’appelle Hot Tears.

C: Ça réchauffe, on dirait, écouter ça. Je pense que je le recommanderais pour les gens en hiver, mais pas en été.

La note de Claudette pour Leif Vollebekk: 7/10

Mathieu Bérubé – Roman savon

É: On va entendre Les fleurs du tapis de Mathieu Bérubé. Son album s’appelle Roman-savon.

C: Il est drôle lui. Il savait pas que roman-savon, ça veut dire des émissions pas très bonnes. Il voulait nous annoncer un mauvais album?

É: Je pense pas que c’était son objectif!

C: Je pense que c’est ma voix d’homme favorite à date. Il a la voix de quelqu’un de gentil. Et j’aime beaucoup la batterie. Ça me fait bouger un peu.

La note de Claudette pour Mathieu Bérubé: 8/10

Maude Audet – Tu ne mourras pas

É: Là c’est Maude Audet. Son album s’appelle Tu ne mourras pas et la chansons c’est Tu trembleras encore.

C: Ah la belle Maude! Son chum est assez drôle! J’aime ça, ça sonne comme la musique de mon temps. Comme Renée Martel.

La note de Claudette pour Maude Audet: 8/10

Mon doux saigneur – Horizon

É: On va maintenant entendre un groupe qui s’appelle Mon doux saigneur. L’album s’appelle Horizon et la chanson aussi.

C: Oh wow, c’est harmonieux ça. C’est comme si les musiciens étaient tous des spécialistes virtuoses et qu’ils avaient la chimie parfaite entre eux. La voix est l’fun. On n’entend pas souvent des voix comme ça. C’est pas une grosse voix, mais elle est toujours juste.

La note de Claudette pour Mon doux saigneur: 9/10

Saratoga – Ceci est une espèce aimée

É: On va entendre le duo Saratoga. Leur album s’appelle Ceci est une espèce aimée et la chanson, c’est Morceaux.

C: Oh la la. Ça c’est de la belle poésie. Eux autres leur force, c’est vraiment les mots. J’aimerais lire leurs textes.

É: L’album viens avec un livre des textes. Je vais te l’apporter.

C: J’aime vraiment beaucoup ça. Ça doit bien s’écouter pendant une tempête de neige.

La note de Claudette pour Saratoga: 8/10

Tomas Jensen – Les rêves sont faits

É: On va entendre Tomas Jensen avec Le fil qui vient de l’album Les rêves sont faits.

C: Ça me fait penser à du jazz. J’aime vraiment pas ça le jazz.

É: Moi ton commentaire me fait penser à cette vidéo des Appendices:

La note de Claudette pour Tomas Jensen: 6/10

Travelling Headcase – Songs For The Broken

É: Le dernier groupe s’appelle Travelling Headcase, la chanson s’appelle Baie Deception et l’album se nomme Songs For The Broken.

C: La voix pourrait être dérangeante sur le long terme, mais le style est original.

La note de Claudette pour Travelling Headcase: 7/10

VERDICT: Selon Claudette, les meilleurs albums folk de l’année sont ceux de Basia Bulat et de Mon doux Saigneur.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

Anachnid

É: Dernière catégorie, grand-maman. On va y aller pour la Révélation de l’année. La première artiste, c’est Anachnid, c’est une artiste autochtone. La chanson s’appelle Sky Woman.

C: Mais moi j’aime beaucoup Elisapie.

É: T’as pas besoin de choisir, grand-maman. Tu peux aimer les deux.

C: C’est vrai. Elle j’aime ça, mais on dirait qu’elle marmonne un peu.

La note de Claudette pour Anachnid: 8/10

Backxwash

É: Donc là, elle c’est Backxwash. Elle a gagné le prix Polaris. Celui pour lequel je fais le jury chaque année.

C: Ah oui, ok je suis curieuse.

É: La chanson s’appelle Devil in a Moshpit, ça veut dire Le diable danse ou quelque chose de même.

C: Elle danse avec le diable. C’est pour ça qu’elle est aussi fâchée! Il y a beaucoup de colère dans sa musique. Je ne suis pas certaine, mais c’est juste à cause de l’agressivité.

La note de Claudette pour Backxwash: 7/10

Bermuda

É: La prochaine s’appelle Bermuda. La chanson qu’on va entendre s’appelle Beach Bodé.

C: C’est drôle, ça! Ça swing! Ça me fait penser à l’été sur le bord de la plage, donc j’aime ça. C’est comme quand on était en vacances ensemble. C’était le bon temps. Je l’aime, elle. Elle me fait sentir bien et elle me rappelle des bons souvenirs.

La note de Claudette pour Bermuda: 9/10

NOBRO

É: Alors maintenant, ça va être un peu plus intense. On change de registre. Ce sont quatre filles. Le groupe s’appelle NOBRO et la chanson s’appelle Marianna

C: Au téléphone, c’est pas l’idéal pour écouter ça, mais je pense que j’aimerais voir un spectacle. C’est très entraînant et on a besoin de chansons comme celle-là pour bouger.

La note de Claudette pour NOBRO: 9/10

P’tit Belliveau

É: Le dernier artiste s’appelle P’tit Belliveau, c’est un Acadien de la Nouvelle-Écosse. La chanson s’appelle Income Tax.

C: Ça prend des sous-titres, hein, cette chanson-là.

É: Ça tombe bien, il y en a dans ses clips.

C: Très bonne idée. Y’est de bonne humeur lui là. Je trouve qu’il fait des belles façons. Un jeune homme qui semble gentil. Il me rappelle nos vacances dans les Maritimes.

La note de Claudette pour P’tit Belliveau: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, la Révélation de l’année est Bermuda ou NOBRO

Le GAMIQ 2020 aura lieu ce dimanche 6 décembre à 20h.

Évidemment, le gala est numérique. Vous pouvez obtenir votre billet gratuit ici.

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2018

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2017

ADISQ 2020: survivre à la grande dépression

J’espère que je ne recevrai pas de poursuite d’un regroupement de profs d’histoire en nommant ce qui suit la grande dépression. Et attendez-vous à être déprimés durant votre lecture. Je vous rapporterai quelques moments cocasses pour casser la tristesse ambiante, mais je ne sais pas si ça va être assez. Ça fait longtemps que l’ADISQ est mon moment musical préféré de l’année. Je m’ennuie des années où ma seule déception était celle de ne pas voir mes artistes favoris remporter les Félix. En 2020, ça fait plus mal que ça.

On ne fera pas comme si on n’avait pas passé l’année devant notre écran. Les photos de ce texte sont toutes les photos de ma télé. Quand les choses se passent dans l’écran, il faut parfois se résigner à capturer l’essence même du climat dans lequel on vit. Et c’est peut-être même une mise en abyme que d’illustrer cet article sur le Premier gala et le Gala de l’ADISQ à l’aide de photos de cadrage de télé. Une œuvre dans une œuvre où l’on parle des œuvres de l’année…

Le Premier gala de l’ADISQ

«Il n’y a pas de collègue, pas de public, on n’est pas en direct», nous annonce d’emblée l’animateur Pierre Lapointe muni d’une tenue on ne peut plus au point: moi aussi devant l’imminence de la fin du monde je voudrais qu’on me vêtisse d’objets contondants pour me défendre.

En symbiose avec l’année qu’on vit, l’introduction du gala nous montre une série d’artistes en nomination qui parlent à leur téléphone on qu’on nous sert en montage pixélisé au son inégal. «Moi j’fais pas de musique par exemple», dit  Yannick De Martino, nommé pour Spectacle de l’année – Humour. Inquiète-toi pas, Yannick, on est plusieurs, depuis plusieurs années à se demander pourquoi les Olivier sont invités à l’ADISQ!

Le numéro d’ouverture nous montre le groupe Salebarbes et on a la confirmation que, si on avait été invités, on n’aurait pas été déçus par rapport aux cheveux de Jonathan Painchaud.

Les Hay Babies se joignent à la partie avec les tenues les plus cool qu’on n’a jamais vues de notre vie. L’Internet nous apprendra plus tard que les tenues, elles les ont cousues elles-mêmes. J’ai juste une question, ici: les filles, je peux-tu être une Hay Babies moi aussi? 

C’est toujours avec son adéquate tenue de brontosaure que Pierre Lapointe nous parle de l’augmentation de l’offre des spectacles en Facebook live durant les 8 derniers mois, une offre qui est, selon moi, l’équivalent médical d’un diachylon de Spiderman sur une fracture ouverte de la hanche.

Pierre prononcera aussi les mots que tout le monde va dire et redire en cherchant un sens, en se demandant s’il y en a vraiment un: «notre industrie est à rebâtir».

Et c’est le début de ce que j’appellerai le constat «L’Amérique pleure, pis c’est vrai!» avec le premier trophée décerné aux Cowboys fringants, pour Antipodes, l’Album meilleur vendeur de l’année.

C’est autour d’un feu de camp qui est loin d’être assez chaud pour réchauffer l’âme de la culture Québ que le groupe procède à des remerciements standards. 

L’Album traditionnel de l’année est celui de Salebarbes: Live Au Pas Perdus

On est toujours satisfaits du cuir chevelu de Painchaud et que dire de la moustache à deux étages?

En regardant la salle du Corona où le house band s’exécute, pas de public, je ne peux m’empêcher de dire «bon enfin de la place pour montrer le house band». Sont toujours cachés dans le noir, en arrière d’un décor de Moment Factory, mais LÀ, c’est leur moment. Bravo.

C’est Dominique Fils-Aimé, récipiendaire du prix d’Album Jazz de l’année 2019, qui vient remettre le prix 2020.

C’est Jacques Kuba Séguin et son album Migrations qui l’emportent! Dans sa vidéo de remerciement, il dit: «merci à mes enfants, surtout à ma grande fille Ella». Donc les enfants, si papa vous a toujours dit qu’il n’avait pas de préféré, c’est ici que vos rêves cassent en morceaux. 

«On a été testés par les évènements», dit Jacques. Nous, on espère juste que t’as pas été testé COVID positif.

Le Spectacle de l’année interprète est celui de Véronic Dicaire qui reçoit étonnamment son premier Félix en carrière. Elle parle des 27 personnes qui la suivent en tournée tout le temps. De mon côté, je m’adresse aux 27: «ça roule la PCU?»

L’Album ou DVD de l’année Jeunesse est remis à celui qui ne change jamais de chapeau, mais on espère au moins qu’il le lave de temps en temps: Arthur L’Aventurier et L’aventure au bout du monde en Australie. Une chose est sûre, avec cette vidéo pour enfant, il a visé juste. Si on peut pu jamais aller nulle part, on va au moins aller en Australie avec Arthur. C’est tout ce qu’il nous reste.

Son remerciement contient la phrase que j’ai toujours haïe, mais que j’haïs encore plus en 2020: «Merci la vie».

Depuis le début du texte, je vous épargne quand même pas pire en termes de dépression, mais je dois mettre quelque chose au clair tout de suite: Le Premier gala de l’ADISQ nous montre durant toute la soirée, de petites entrevues avec des artistes d’ici qui nous racontent leur tristesse de ne plus faire de show, leurs remises en question, leurs idées folles de s’ouvrir une boulangerie, un potager urbain ou un magasin de vélos. Tout le monde a l’air d’amorcer sa quatrième saison de dépression saisonnière. Des bands nous disent qu’ils ne se sont même pas vus entre eux, séparés par des zones rouges, jaunes et oranges. Confinés dans les univers virtuels respectifs où les jams ne sont jamais vraiment des jams.

Ça pourrait être déjà assez triste de même, mais les pubs entre les remises de prix, c’est: la fille qui est partie en ambulance pour sa COVID le jour de sa fête, une madame qui a besoin d’une prescription pour ses infections urinaires chroniques, un gars qui tripe tellement sur le porc du Québec qu’il réveille sa chum en pleine nuit comme un sociopathe pour avoir la recette, un couple qui se sépare et qui pleure devant sa fille alors que toute la petite famille marche «sur des œufs» (mais pour vrai là! LE PLANCHER, C’EST DES ŒUFS) pour donner vie à la métaphore «marcher sur des œufs» de la manière la plus triste jamais vue. 

Miro et Sarahmée nous font une prestation agréable. Si l’humeur était à -4, on est rendus à 2 sur une échelle de 1 à Luc Senay.

Corridor s’est fait voler le trophée d’Album rock de l’année qui est rentré à la maison avec les Cowboys fringants pendant que l’Amérique pleurait de cette situation.

Mon seul point dans mon pool de l’ADISQ pour cette soirée-là, je le dois à la talentueuse Alexandra Stréliski qui est l’Artiste québécoise ayant le plus rayonné hors Québec. En guise de remerciement, elle nous sert une vidéo triste où on la voit se balader avec Inscape, son album, dans des rues européennes désertes. C’est ça, en 2020, rayonner à l’étranger. En termes de tristesse, cette scène arrive juste après celle où Kate laisse tomber Léo dans l’eau glaciale en gardant le radeau de fortune pour elle. 

Charles Richard Hamelin remporte son cinquième Félix avec celui de l’Album de l’année Classique soliste et petit ensemble: Chopin – ballades et impromptus.

L’Album de l’année Classique orchestre et grand ensemble est Pulsations d’Angèle Dubeau et la Pieta. «C’est mon 44e album», déclare-t-elle sans dire son âge.

Nomadic Massive monte sur scène juste avant que Flore Laurentienne perde le Félix d’album instrumental de l’année aux mains de Gregory Charles, ce qui suscite chez moi l’envoi de ce genre de message:

Comme j’attends Noël depuis le début de la pandémie (c’est la seule fête qui me rattache encore à un semblant de magie), je suis ravie qu’Isabelle Boulay gagne le Félix d’Album de l’année – Réinterprétation pour En attendant Noël.

L’Album de l’année autre langue est celui de Nikamu Mamuitun et si jamais vous n’avez pas entendu la chanson Tout un village, il faut remédier à ça maintenant, pleurer un peu et se ressaisir comme on peut après.

Pierre présente des prix devant le Mac – sûrement habillé par le MAC aussi, c’est de l’art, ça – avec Roxane Bruneau.

L’Album de l’année country est celui de Patrick Norman qui remercie plein de monde d’être venu à Nashville. Si t’es dans l’industrie pis que t’as pas été invité à Nashville par Pat, je t’invite à te poser des questions.

Le spectacle de l’année Humour est celui de Sam Breton, puis une bourse de 5000 $ est remise à l’un des artistes détenant sa première nomination cette année. On connaissait pas mal tout le monde sur la liste, sauf les gagnants: Le Diable à Cinq.

Le symptôme dépressif s’accentue lors de la pause publicitaire suivante avec des gens habillés en jaune pour parler de beurre de peanut. Je sais que les temps sont durs, mais sont payés combien? Écrivez-moi si vous savez.

Zal Sissokho repart avec le Félix de l’Album de l’année Musique du monde et Elisapie remporte celui du meilleur Spectacle autre langue.

Vous pouvez maintenant détourner le regard si les rencontres Zoom commencent à vous faire vomir dans votre bouche un petit peu. Le Spectacle de l’année anglophone est celui de Patrick Watson qui est présent avec sa gang: unis, mais séparés. 

Comme si l’état psychologique collectif en chute libre avait besoin d’un autre Zoom.

C’est sûrement pour faire remonter l’indice de bonheur des Québécois que P’tit Belliveau arrive. Dans sa vidéo de pandémie, après sa perfo, il dit – deux fois plutôt qu’une – qu’il vit sa vinaigrette. Merci man.

Alicia Moffet et Fouki viennent chanter pour les 18-24, puis le Zoom de Patrick Watson revient avec le prix d’Album anglophone de l’année.

Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur est sacré meilleur album Alternatif de l’année et Choix de la critique.

Entre deux remises de prix, Fouki nous dit que 2020, c’est comme tomber dans une bouteille d’alcool fort que tu ne connais pas, mais tu passes à travers quand même et le lendemain tu ne te souviens de rien. À date, je n’ai trouvé personne qui a eu une meilleure idée que lui.

Alors que les vidéoclips inventifs ont déferlé sur nous plus vite que la COVID l’aurait fait au Bal en Blanc, c’est pourtant un clip qui nous montre une danse en ligne dans un bar de campagne qui a remporté le Félix de Vidéoclip de l’année. L’Amérique pleure, pis c’est vrai.

LISEZ NOTRE ARTICLE PRÉ-ADISQ INTITULÉ «COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance» 

Le Gala de l’ADISQ

On a surnommé le gala du dimanche le festival du follow spot sur les toits de Montréal, du moins pour l’ouverture du gala durant laquelle toutes les lumières et les drones de la ville avaient été sollicités. De toute façon, il ne se passe rien d’autre ces temps-ci alors l’ADISQ avait le premier choix.

Louis-José Houde fait son numéro d’ouverture dans un studio de Radio-Canada devant un public aussi nombreux qu’à une messe du dimanche en ces temps où l’astrologie a remplacé la religion. 

Il ne nous présente pas pour autant un numéro approuvé par le clergé, lançant des flèches à tous ceux qui ont été dans les médias pour les mauvaises raisons durant l’année. «Bon qui qui reste? Ceux qui ne sont pas en prison, faites du bruit», dit-il avant de mentionner qu’il pensait être seul avec Renée Martel ce soir étant donné les délits commis en 2020 par les artistes d’ici. «Ce soir, y’aura pas d’hommage aux grands disparus. Sont tous vivants», mentionne-t-il également étant donné que les disparus sont disparus pour des raisons légales et ne sont pas morts, comme dans le bon vieux temps.

«J’ai dit oui pour animer le gala le 12 mars. Je ne pensais pas que ça finirait en PowerPoint», dit Louis-José devant une poignée d’artistes en dépression.

«Les gens veulent faire l’amour, c’est la tendance», dit-il ensuite en faisant des jokes de graines. Émile Bilodeau a l’air de dire «iiiiii va pas là».

Steven Guilbeault, nous fait son petit message de ministre et on réalise qu’il est fatigué comme nous tous. C’est pas comme si le Patrimoine canadien était si prenant ces temps-ci, Steven! Dors un peu!

Louis-Jean Cormier, désormais porteur de chapeau, nous interprète Je me moi, une chanson d’actualité puisque la pandémie nous a inévitablement menés à un repli sur nous-mêmes.

Le premier prix est remis à KNLO pour le meilleur album rap de l’année et tout le monde a un petit malaise cardiaque quand il reste à sa place. Eh oui! Les remerciements se font directement à la chaise du gagnant cette année. KNLO fait des salutations à tout le monde, même à La Mauricie.

Au retour de la pause c’est Marie-Pierre Arthur qui vient chanter Tiens-moi mon cœur et sa perfo est covid-friendly et demeure en mode bulle familiale : c’est son fils qui danse.

Louis-José y va d’un petit numéro sur la deuxième job que pourrait occuper chaque artiste: «Lisa Leblanc, elle pourrait être n’importe quoi pis ça serait l’fun. Broder un napperon, changer ta fournaise. Je la truste dans toute. C’est l’inverse de Kaïn. Eux j’les truste dans rien. C’est sûrement des bonnes personnes, mais ça m’a pas l’air porté sur le deadline

Robert Charlebois vient présenter le prix d’album Adulte contemporain. Il en profite pour dire à Louis-José qu’il le trouve drôle avec cette expression, jamais entendue avant, que l’on va désormais adopter: «Tu me fais pacter».

Assez troublant, dans cette catégorie, d’entendre back à back Yé midi kek part de Kaïn, puis Tatouage de Pierre Lapointe. On ne s’imagine pas que c’est possible comme adversaires. 

C’est le rebaptisé «Jean-Louis Cormier» qui gagne.

Eli Rose et Marc Dupré nous proposent un duo improbable, puis Louis-José fait des jokes sur la consommation de drogue des artistes, notamment en leur annonçant que la cocaïne coûte désormais trop cher pour leur budget en mode PCU.

L’Album folk de l’année est L’étrange pays de Jean Leloup.

Après, je me demande vraiment pourquoi la Révélation de l’année est présentée par Mazda. T’as pas de char quand t’es Révélation de l’année.

Installée en mode «piano bar» sur un piano de plus de deux mètres de long pour respecter les règles, la Révélation de l’année 2003 Ariane Moffatt présente un numéro d’intro avec Louis-José puis c’est la Révélation 2019, Alexandra Stréliski qui présente Eli Rose, la gagnante, qui est surprise pour vrai et qui se vide de ses larmes sous les recommandations d’Alexandra qui la réconforte à l’autre bout de la salle, à une distance de type «autre indicatif régional téléphonique».

L’Album pop de l’année est celui de Marc Dupré. On a ensuite droit à une bonne pub sur la gestion de patrimoine avec un homme pour qui c’est une passion, la gestion de patrimoine.

On apprend aussi qu’il est possible de louer un chauffe-eau.

Puis le meilleur numéro de 2020 est celui présenté par Anachnid, Flore Laurentienne et Matt Holubowski. Un trio bien pensé et bien distancé comme seule 2020 est capable de le faire.

Louis-José rit du mot «RÉINVENTER» avec raison, alors qu’on a passé les huit derniers mois à regarder les shows les plus tristes au monde sur Internet.

Robert Charlebois repart avec le Félix du meilleur Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Avec Ben Dion, adieu les problèmes de son», dit-il pour remercier son soundman. J’aimerais ça le rencontrer, Ben. Il remercie également Louise Forestier. «Louise, 50 ans d’amitié! La prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va être une chanson bubble gum comparé aux horreurs qui nous affligent.» En fait, il aurait probablement été plus adéquat de dire: la prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va l’être pour vrai.

Je me demande si ce Félix pourra être remis l’an prochain même si on aura eu 4,7 semaines de shows au total durant l’année et aucune véritable tournée.

On a ensuite droit à une pub de vin d’épicerie et à une autre pub qui nous montre une fille qui fait du lavage, mais que son linge pue pareil. Le clou du spectacle publicitaire: une pub de fuites urinaires qui a jouée six fois durant la soirée. Rien pour te permettre de fuir tes problèmes…

La vie d’écran, ça permet de faire un medley de Pauline Julien, au siècle dernier, qui chante avec Pierre Lapointe aujourd’hui, puis Isabelle Boulay, sur scène, qui chante avec une Monique Leyrac en noir et blanc.

Profiter du fait que notre vie est désormais virtuelle pour faire un medley qui mêle deux siècles différents: je dis oui.

Kent Nagano présente le prix Artiste autochtone de l’année en mode vidéo dans une pièce avec autant d’écho qu’un sous-marin. Elisapie l’emporte et fait un touchant discours qui est le seul que le chronomètre sonore ne coupera pas.

La Chanson de l’année est L’Amérique pleure des Cowboys fringants. Le groupe nous livre le mensonge du jour dans ses remerciements: «Merci d’avoir joué nos tounes à la radio et beaucoup de musique Québ durant toute l’année». NOPE.

On assiste ensuite à l’une des pubs les plus tristes depuis celles des banques alimentaires: une pub de banque avec Deux par deux rassemblés de Pierre Lapointe version piano en noir et blanc qui nous montre des travailleurs de divers milieux qui ne vont pas s’en sortir durant la crise sanitaire.

L’Auteur-compositeur de l’année est Louis-Jean Cormier, le Groupe de l’année est Les Cowboys fringants

Isabelle Boulay, qui était là pour le numéro avec Pierre Lapointe plus tôt n’est pas là pour la remise du prix d’Interprète féminine de l’année dans laquelle elle est nommée.

ÉTAIT-ELLE EN HOLOGRAMME TANTÔT? Ou est-elle allée se coucher avant sa catégorie?

C’est la grandiose Alexandra Stréliski qui remporte la statuette. «J’ai trop bu de Bulles de nuit», dit-elle comme si elle était à O.D. à l’autre poste. Elle aborde une fois de plus la douceur, parce que c’est pas mal juste ça qu’il nous reste cette année. «J’ai hâte de vous revoir à côté de ce cauchemar», ajoute-t-elle. Nous aussi.

Émile Bilodeau est l’Interprète masculin de l’année et il fait son discours, écrit sur une feuille quadrillée sans lever les yeux. Voyons, Émile! T’as pas appris ton exposé oral!

Il termine par «Vive le Québec libre!» pour faire plaisir à sa date: son petit frère, mais aussi, avouons-le, pour se faire plaisir à lui-même. Et en cette année sans plaisir, qui serions-nous pour juger ce comportement?

Louis-José Houde termine avec la phrase la plus 2020 possible: «Y’a tellement de Purell dans’ place que tout le monde est stérile».

À l’image de la musique durant la dernière année, l’ADISQ était là malgré tout. Mais les trous dans la salle, semblables aux trous dans les salles de spectacles (lorsqu’elles sont ouvertes) nous amènent à croire de moins en moins à de plus en plus de choses. Les derniers VRAIS shows, non-distancés, qu’on a vus au début du mois de mars dernier nous semblent déjà anachroniques. Approcher les autres, sans masque, que ce soit pour dire bonjour ou pour faire un mushpit, est une idée complètement déjantée, illusoire et probablement passible d’une amende. 

La musique est la solution à beaucoup de sentiments négatifs. Espérons qu’elle saura nous faire passer à travers la grande dépression.

COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance

C’est ce soir qu’aura lieu le Premier gala de l’ADISQ, la première partie de notre party préféré de l’année. Il y a toujours des bonbons, on peut toujours jaser avec les prêtres qui chantent avec Mario Pelchat. C’est vraiment une belle soirée. Et en plus, ça aurait pu être pas pire, cette année de demander deux-trois affaires à un curé dans les circonstances de fin du monde qu’on vit. Bref, la déception fait partie de la vie. Elle fait surtout partie de 2020. Voici une partie de ce qu’on va manquer.

1 On ne pourra pas demander aux gens ce qu’ils ont mis dans leur sac à main.

Hubert Lenoir / Photo: Élise Jetté / Archives 2019

2 On ne pourra pas capter l’essence des moments après minuit, quand y’a plus rien qui est facile pour personne.

Photo: Élise Jetté / Archives 2019

3 On ne pourra pas être témoin du bonheur palpable qui vient avec le fait de gagner le prix d’Interprète de l’année.

Coeur de Pirate et Loud / Photo: Élise Jetté / Archives 2019

4 On ne pourra pas comparer le moins beau linge des gens du Premier gala avec le linge de ceux du VRAI gala du dimanche comme en 2016.

5 On ne pourra pas savourer les remerciements les plus courts de l’histoire quand Chocolat va gagner le trophée d’Album rock de l’année, comme en 2017 où Jimmy Hunt avait dit: «Merci à ma blonde, tout le monde pis Réjean Ducharme

Chocolat / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

6 On pourra pas toucher aux cheveux solides de Jonathan Painchaud comme en 2016.

Jonathan Painchaud / Photo: Élise Jetté / Archives 2016

7 On n’aura pas de conversation avec poético-légendaire avec Fred Pellerin qui nous explique comment il place ses Félix sur le manteau de sa cheminée. On était clairement pas à deux mètres de lui, en 2015, quand il nous disait qu’il n’avait déjà plus du tout de place pour installer ses statuettes.

Fred Pellerin / Photo: Élise Jetté / Archives 2015

8 On ne pourra pas dire un mot sur le look de Claude Bégin, le plus bel homme du Québec.

Pieds de Claude Bégin / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

9 On ne dansera pas sur Alexandrie, Alexandra de Claude François avec Philippe Fehmiu pendant que des acrobates craches du feu à l’after-party. Et, accessoirement, on n’aura pas besoin de se fabriquer une magouille de haut calibre pour rentrer à l’after-party comme on le fait depuis les 6 dernières années.

Philippe Fehmiu / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

10 Surtout, on ne pourra pas faire comme en 2017 quand on a avait fait manger le plus de gagnants possible dans le même gâteau McCain dans un espoir vain de recevoir une éventuelle commandite de la compagnie de gâteau. Je pense que pour ce genre de geste, en 2020, on se ramasserait en prison.

Gâteau qui est le meilleur anachronisme aujourd’hui / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

Gala de l’ADISQ 2019: personne a fini en prison selon nos sources

C’était la meilleure soirée de l’année à la Salle Wilfrid-Pelletier dimanche. Le soir où tout le monde se dit «Hey j’aimerais ça gagné plus qu’une demi-cenne par écoute sur Spotify pour pouvoir me payer une robe de soirée. Retour sur l’ADISQ 2019.

Sur le tapis rouge, Lou-Adriane Cassidy et son conjoint Anatole, acceptent de répondre à nos questions après avoir parlé de leur tenue à thématique «La Matrice».

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Avec notre gang. Personne d’autre.» – Lou-Adriane

«Dumas.» – Anatole

Qu’avez-vous fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«On a commencé à écouter Shoah, un documentaire de 10 heures sur l’Holocauste par Claude Lanzmann.» – Anatole

«C’est vrai! Comme ça on n’aura pas le choix d’avoir du fun à soir.» – Lou-Adriane

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Plus cher.» – Lou-Adriane

«Moins cher.» – Anatole

Les 2Frères ne sont pas avec Mario Pelchat, donc aucune crainte à avoir. On les arrête alors pour jaser.

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Émile Bilodeau il est tout le temps crinqué. Il laisse pas la fête s’éteindre trop facilement. C’est un bout-en-train.»

C’est stressant, un gala. Qu’avez-vous mangé pour vous préparer le système digestif?

«Un déjeuner chez McDo. Un souper fast food au Complexe Desjardins.»

*FAV et Le Guide alimentaire canadien se dissocient de ces suggestions.

Si vous aviez un trophée à donner ce soir. Ce serait à qui et pour quelle catégorie?

«Groupe de l’année. À Bleu Jeans Bleu

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Nos vêtements valent beaucoup moins cher que notre loyer.»

Alexandra Stréliski est tout sourire avec son veston en écailles de poisson doré (aucun poisson n’est mort pour la confection du vêtement).

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«C’est tout un défi de manger, Élise. Tu veux que ça passe bien. J’ai pris une petite moitié de soupe tonkinoise et du quinoa.»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Ariane Moffatt. Mon coup de cœur. On s’est rencontrées dans un photoshoot et on riait à la seconde 1.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Mon suit vaut… le même prix que mon loyer.»

Photo: Élise Jetté

La grande dame Salomé Leclerc s’arrête quelques minutes pour jaser avec nous.

Qu’as-tu fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«J’ai rempli une demande de subvention.» *voir l’alinéa «les artistes se font voler»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Bleu Jeans Bleu.»

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«Moi, j’aime manger! Faut que je me contrôle. Beaucoup de yogourt avec des noix. Une boîte de thon pour dîner. Un oeuf et du fromage mal coupé parce que j’étais stressée.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Je l’ai eue en spécial. La robe, pas le loyer.»

«On va tous mourir aujourd’hui», disent des admirateurs en pâmoison devant Rick Pagano. Juste au moment où tout le monde losait sa shit, la madame de la gestion du tapis demande à tout le monde de rentrer dans la salle. Fiou.

Photo: Élise Jetté

C’est Loud qui a la lourde tâche d’ouvrir la soirée. Il est vêtu de son coton ouaté de Paris pour montrer que malgré le Félix remis à Hubert Lenoir mercredi, lui aussi il a «rayonné hors Québec».

Sarahmée et Souldia suivent, juchés aux mezzanines comme s’ils allaient faire une cascade. La cascade ne vient guère. Tout le monde est secrètement déçu.

Fouki, lui, est sur scène. Vertige? Peur de se faire pousser en bas du balcon? Notre étude ne le dit pas. Koriass arrive déguisé en abeille qui s’entraîne afin de clore le numéro.

Photo de TV

C’est ensuite l’arrivée triomphale de Louis-José Houde qui réveille la foule. «Y’est 8h04, Mario Pelchat est déjà en tabarnak», dit l’animateur avant de dire qu’il y a une possibilité de marge d’erreur à cette soirée parce que Herby Moreau est là. Nous, on a vu Herby acheter des hot-dogs au Pool Room à 3h du matin. Si ça, c’est pas une erreur…

LJ rappelle à tout le monde le tour de magie d’Hubert l’an dernier. «Se mettre le trophée dans yeule, c’était drôle une fois. C’était son idée. On va pas commencer à se rentrer le Félix dans tous les orifices. Félix Leclerc a de la famille. J’ai animé dans une garderie et au Gala de l’ADISQ. Même discours.»

Au retour de la pause, Marie-Mai fait un remake de La Matrice. Y a-t-il eu bisbille avec le couple Cassidy-Martel questionné plus haut? Notre équipe d’enquête n’avait pas le budget d’aller là.

Photo de TV

Pendant ce temps, dans la salle de presse Johanne, de la SODEC achète les journalistes avec des biscuits maison.

Photo: Élise Jetté

«J’aimerais souligner la progression géographique de Fouki», annonce Louis-José avant de nous parler du siège EE du rappeur. L’artiste qui était au fond de la salle l’an dernier a fait «60 pieds de travail cette année», selon l’animateur. Il se moque aussi de son devis de loge, la liste des choses qu’il souhaite avoir en loge lorsqu’il est en show: «Citron et miel. Pour la gorge, sûrement. Trois paquets de 25 cigarettes. Décide», ordonne-t-il à celui qui se détruit/adoucit la trachée de manière inquiétante et bipolaire.

Les nommés dans la drôle de catégorie «Album – Adulte contemporain» sont trois monuments (Ginette, Rivard et Charlebois) et deux super girls (Lou-Adriane Cassidy et Ingrid St-Pierre).

«J’ai regardé dans le dictionnaire et contemporain, ça veut dire vieux. J’ai amené mon ami coroner, annonce la gagnante Ginette Reno. Si jamais j’ai un crise cardiaque, il peut toujours constater le décès.» C’est toujours ça de gagné.

Album de l’année  – Adulte contemporain

C’est la fin du monde à tous les jours de Lou-Adriane Cassidy

Et voilà de Robert Charlebois

À jamais de Ginette Reno GAGNANTE

L’origine de mes espèces de Michel Rivard

Petite plage d’Ingrid St-Pierre

Au retour de la pause c’est Ariane Moffatt et Les Louanges qui mash up leur vie en tête à tête décalé dans un cylindre futuriste. Ariane est en body suit et Vincent en chemise hawaïenne et lunettes miroir: «C’EST TU L’ÉTÉ?», que tout le monde se demande.

«J’tu tout seul qui ai passé l’été à expliquer Les Louanges à des baby boomers?», demande LJ, perplexe. Non.

Louis-José s’assoit ensuite au piano bar d’Ariane Moffatt pour faire un hommage à (feu) Musique Plus. «C’était la marge avant la marge: c’est un peu se frotter sur du monde avant #metoo». Wow.

Photo de TV

Cœur de pirate passe l’Halloween pour venir annoncer les nommés de la catégorie Album rap.

Photo: Élise Jetté

Album de l’année – Rap

Le sens des paroles d’Alaclair Ensemble GAGNANT

ZayZay de Fouki

La nuit des longs couteaux de Koriass

Tout ça pour ça de Loud

Survivant de Souldia

Alaclair décide de rapper le décompte qui leur est imposé sur l’écran.

En salle de presse, ils boivent du Pares Balta. On les comprend.

Une photographe quinquagénaire doit leur dire: «restez concentrés svp.» Rien de mieux pour discipliner six boys issus du rap.

Hubert Lenoir vient livrer l’offrande reçue l’an dernier: c’est Alexandra Stréliski qui est sacrée Révélation de l’année.

Révélation de l’année

Lou-Adriane Cassidy

Jérôme 50

Les Louanges

Alexandra Stréliski GAGNANTE

Sarahmée

«Il ne faut pas sous-estimer la force de la douceur», assure-t-elle avec douceur. Oui, oui, c’était un boutte doux.

Elisapie et elle s’exécutent dans un duo digne d’une soundtrack de documentaire nommé aux Oscars.

Florent Vollant gagne la première statuette octroyée pour «Artiste autochtone de l’année». «On vient en amis», dit-il tout sourire.

Artiste autochtone de l’année

Elisapie

Maten

Matiu

Shauit

Florent Vollant GAGNANT

Les Trois Accords ouvre les yeux de Simon puis Pierre Lapointe demande à tous les autres d’ouvrir les leurs: «Pour un million d’écoutes de Je déteste ma vie sur Spotify, j’ai eu 500 $», dit-il afin d’éveiller les députés qui dorment. «Les artistes se font voler.»*

Cœur de pirate frôle l’ACV au moment de sa victoire pour Album pop de l’année.

Album de l’année – Pop

Perfecto de Bleu Jeans Bleu

En cas de tempête, ce jardin sera fermé de Cœur de pirate GAGNANTE

Papillon de Lara Fabian

Elle et moi de Marie-Mai

Petites mains précieuses d’Ariane Moffatt

Et c’est le conteur Fred Pellerin qui part avec le Félix d’Album folk.

Album de l’année – Folk

Disparition de Guillaume Beauregard

Hélas Végas de David Marin

Dans le noir de Safia Nolin

Après de Fred Pellerin GAGNANT

Retour à Walden, Richard Séguin sur les pas de Thoreau de Richard Séguin

Il ne se met pas le trophée dans la bouche, il se le met dans la face.

Photo: Élise Jetté

Gagnant du Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète, Michel Rivard parle pendant un nombre de minutes exagéré pendant que la musique anxiogène se fait aller.

Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète

Nos idéaux de Dumas

Rester forts de Marc Dupré

Darlène de Hubert Lenoir

Une année record de Loud

L’origine de mes espèces de Michel Rivard GAGNANT

«C’est la toute première auteure-compositrice-interprète québécoise qui viendra remettre le prochain prix. Il aurait été compliqué d’avoir la vraie, car elle est morte. Voici La Bolduc, Debbie Lynch-White», explique Louis-José.

«Là j’ai un petit papier parce que je ne suis plus capable d’exister, lance Alexandra Stréliski au moment où elle réceptionne la statuette. Maman, merci de m’avoir amenée à des cours de piano beau temps mauvais temps. Papa, merci d’avoir écouté de la musique classique. Je suis partie d’une période très sombre. Le brouillard peut se dissiper. Emmanuelle, c’est pas ma blonde, c’est ma gérante.» Toutes des choses importantes, qui ont été dites ici.

Auteur ou compositeur/Auteure ou compositrice de l’année

Koriass

Salomé Leclerc

Les Louanges

Ariane Moffatt

Alexandra Stréliski GAGNANTE

En salle de presse, Alexandra passe par toute la gamme des émotions.

D’abord «Hein? Mais là, voyons?!!»

Photo: Élise Jetté

Ensuite «J’ai les cheveux plus longs que Félix!»

Photo: Élise Jetté

Puis, finalement, «Wow, ils ont pas lésiné sur le doré!»

Photo: Élise Jetté

La chanson de l’année est celle de Roxane Bruneau, un texte où il est question de faire les choses en grand en faisant la vaisselle. «J’ai mangé deux Tylenol aujourd’hui», lance-t-elle, utilisant sa tribune pour glorifier les choix sains.

Photo: Élise Jetté

Chanson de l’année

Léo Gagné de 2Frères

Tu trouveras la paix d’Artistes variés

Des p’tits bouts de toi de Roxane Bruneau GAGNANTE

Fous n’importe où de Charlotte Cardin et Cri

Tout le monde de Corneille

Dans la nuit de Cœur de pirate et Loud

La tempête de Marc Dupré

Pitou de Les Louanges

Ouvre tes yeux Simon! de Les Trois Accords

Fallait y aller de Loud

Le Groupe de l’année est tout en jeannnnnsssss d’habitude, mais là, c’est l’heure des beaux vestons. Les boys de Bleu Jeans Bleu montent chercher un prix qui témoigne d’un effort d’assiduité de plus de six ans. «On sait qu’on sort de nulle part pour certains, mais on a commencé il y a 6 ans. Si j’ai oublié quelqu’un je vous appelle demain», promet Claude Cobra.

Photo: Élise Jetté

Groupe ou duo de l’année

2Frères

Alaclair Ensemble

Bleu Jeans Bleu GAGNANT

Les cowboys fringants

Les Trois Accords

Béatrice, pas encore remise de son premier trophée de la soirée est d’autant plus sul’ cul d’être Interprète féminine de l’année.

Interprète féminine de l’année

Cœur de pirate GAGNANTE

Lara Fabian

Marie-Mai

Ariane Moffatt

Ginette Reno

Loud récolte le même trophée du côté des boys.

Interprète masculin de l’année

Marc Dupré

Éric Lapointe

Hubert Lenoir

Loud GAGNANT

Fred Pellerin

«On appelle ça un Hochelag’ toxedo», dit Loud pour justifier son crewneck. Je sais que c’est un prix individuel, mais merci à Ajust et Ruffsound.

Les deux Interprètes de l’année pensaient sûrement que ces Félix venaient avec une sentence de prison à vie, comme en témoigne cette photo:

Photo: Élise Jetté

À la fin du gala, on comprend que ça n’a pas été facile pour tout le monde, cette soirée-là, notamment en découvrant ces offrandes laissées aux derniers passants: des napkins, Souldia, un kleenex souillé et 2,50$ (?).

Photo: Élise Jetté

Dans le party post-gala, il se passe «des choses», comme d’habitude.

Photo: Élise Jetté

Comme d’habitude, voici les meilleures phrases qu’on a entendues:

«Je suis nouvellement député. Je vais servir vos intérêts. Plus de vin?»

«J’ai perdu ma game de frisbee contre Jérôme 50 sur la Place des Festivals.»

«Les kids de La Voix Junior savent pas les paroles de Gayé

«Je viens de recevoir une proposition d’une chanteuse d’un certain âge.»

«Je me cherche un beigne. C’est qui ce gars-là, qui était nominé, mais qui a juste mangé des beignes finalement?»

Photo: Élise Jetté

Au niveau du soulier, à 2h du matin, c’était pu facile pour personne.

Photo: Élise Jetté

Mais c’était un beau gala.

Le premier gala de l’ADISQ : Ses majestés Leloup et Lapointe

Le Métropolis était en fête hier pour Le premier gala de l’ADISQ, à Montréal. Le chroniqueur culturel Olivier Robillard Laveaux, qui cumule une enviable expérience, a revêtu avec honneur les habits de maître de cérémonie, lui qui «est habitué d’être de l’autre côté».

ADISQ en ballons

Soulignons la dose journalistique qu’il a insufflée à son animation en prenant la peine de décrire brièvement les disques lauréats de chaque catégorie, quelques mots qui ont peut-être su interpeller des gens qui n’avaient jamais écouté lesdits albums. Des interventions toutes simples, mais qui nous ont semblé fort pertinentes.

Olivier a amorcé la soirée en relatant des souvenirs liés au Métropolis: les effluves de pot lors d’un show de Grimskunk, la fois où un type s’est jeté de la mezzanine pour atterrir face première sur le parterre… Il a également appelé à l’indulgence des journalistes à l’égard des incontournables discours de remerciement. «S’il vous plaît, ne tombez pas sur la tomate des artistes. La plupart du temps, ils ne s’attendent réellement pas à gagner… ce qui ne les empêche pas de se préparer un peu. Mais, de toute façon, ils révèlent ce qu’ils ont à dire avant tout à travers leur musique», a-t-il judicieusement relevé.

Parlant d’allocutions, en voici quelques fragments (ainsi que quelques propos émis en entrevue) :

Album rock de l’année et Album de l’année, choix de la critique:

À Paradis City, de Jean Leloup

Jean Leloup_Album rock de l’année + Album de l’année, choix de la critique (2)
Jean Leloup / Photo: Caroline Bertrand

Grâce à ses 30 spectacles effectués en carrière à la salle hôtesse du gala, et aux huit à venir, le vénérable auteur-compositeur-interprète Jean Leloup a été sacré roi du Métropolis, recevant même une imposante couronne rouge. Très heureux de ce titre, il s’est dit ravi de participer ainsi à l’économie, tout en s’amusant à prendre diverses poses pour les photographes.

D’abord captivé par la caméra «qui se déplace toute seule. Allez, monte ta tête!», et fidèle à ses habitudes, il a teinté ses allocutions de cette excentricité qui lui est propre — et que l’on adore! «Vous donnez votre cœur. Lâchez pas! Parce qu’on va gagner», a-t-il dit, en parlant des gens qui assistent à des shows.

Il a donc ravi le Choix de la critique à Louis-Jean Cormier (Les grandes artères), à Galaxie (Zulu), à Salomé Leclerc (27 fois l’aurore) et à Tire le coyote (Panorama). Des albums qui, comme l’indiquait Olivier Robillard Laveaux, recèlent tous de superbes mélodies, d’excellents grooves et de magnifiques compositions. Bref, du grand art.

Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec et Album de l’année, réinterprétation:

Paris tristesse, de Pierre Lapointe

Pierre Lapointe_Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec et Album de l’année, réinterprétation (4)
Pierre Lapointe / Photo: Caroline Bertrand

L’auteur-compositeur-interprète Pierre Lapointe, toujours éloquent, a raflé ses 9e et 10e prix en carrière. En revenant sur son long séjour en sol français cette année, il s’est exclamé avec probité: «J’ai travaillé en tabarnak en France. J’ai pleuré souvent, ç’a été éprouvant. L’exil, c’est difficile; j’ai vécu des trucs hors normes.» Il s’est en outre avoué fier d’avoir diffusé de la musique québécoise alors qu’il était à l’antenne de la radio de France Inter. «Un poste que tous les Français convoitaient, et c’est moi qui l’ai eu!» s’est-il esclaffé gentiment.

Ne faisant pas fi de son ironie caractéristique, il a conclu le discours de sa seconde récompense de la soirée en rappelant qu’il est le seul nommé à avoir réinterprété… sa propre œuvre. «Je suis donc un interprète merveilleux de mon propre répertoire», a-t-il facétieusement noté.

Spectacle de l’année, anglophone:

Sleeping Operator, de The Barr Brothers

The Barr Brothers_Spectacle de l’année, anglophone (2)

Les variations mélodiques que s’offrent les frères Brad et Andrew Barr, respectivement guitariste-chanteur et batteur, sur scène sont fructueuses; ce prix l’atteste. «Il nous fait vraiment plaisir, car ça signifie que les spectateurs aiment que nous fassions place à l’exploration en spectacle», nous a fait remarquer Brad en entrevue. «On veille à rester fertiles, ouverts aux modulations, aux découvertes. Si le show se stabilise trop ou est trop sécurisant, ça devient ennuyeux. Mon frère et moi jouons ensemble depuis 25 ans; le seul moyen de rester captivés par notre démarche après aussi longtemps est de la garder rafraîchissante et excitante.»

«Les musiciens restent connectés les uns aux autres, et le spectacle, vivant, de renchérir Andrew. On se connecte de cette façon à l’auditoire, et je crois que c’est ce qu’il veut, être connecté au spectacle, faire partie du processus.» « S’octroyer ces libertés comporte des risques, mais je pense que les spectateurs sont à nos côtés, poursuit son frangin. Si l’on trébuche, ils sentent que l’on se redresse.»

Album de l’année, Alternatif:

Zulu, de Galaxie

Galaxie_Album de l’année, Alternatif
Le guitariste et chanteur Olivier Langevin ainsi qu’une partie de sa bande de Galaxie, le batteur Pierre Fortin et la percussionniste Karine Pion, ont récolté le premier Félix (!) de la formation. «J’espère que vous passez une sulfureuse soirée!» a lancé l’impétueux guitar hero, aux yeux duquel la partie la plus plaisante de leur métier est de réunir à leurs shows des gens qui ont du plaisir et avec lesquels ils échangent.

À l’instar de Pierre Fortin, on se réjouit de l’ajout de Karine au band depuis Zulu. «Je suis tellement content pour elle. C’est moi qui l’ai suggérée. C’est le premier disque sur lequel elle joue, et on gagne. Il n’y a aucun hasard là-dedans. Si elle avait été là avant, on aurait gagné plein de prix!» a rigolé Fortin en entrevue. «C’était parfait comme c’était, chaque chose en son temps», a affirmé Karine en riant.

Quant à la suite des choses ? «Il reste quand même quelques shows, dont Coup de cœur francophone le 6 novembre, a-t-elle rappelé. Ce sont de petites choses qui nous rendent bien heureux.» « J’aimerais bien boire une bière bientôt, aussi, a soulevé Fortin. On essaiera aussi de s’améliorer. C’est ça, la suite.»

Album de l’année, Meilleur vendeur:

Plus tard qu’on pense, de Fred Pellerin

L’émérite poète de Saint-Élie-de-Caxton a judicieusement nommé les acheteurs de disques les «investisseurs». On acquiesce !

Vidéoclip de l’année:

Mardi gras, de Pierre Kwenders

Pierre Kwenders_Vidéoclip de l’année (3)
Pierre Kwenders / Photo: Caroline Bertrand

L’auteur-compositeur-interprète d’origine congolaise, Révélation Radio-Canada en musique du monde 2015, a remercié le Québec qui l’a accueilli à 14 ans, avant d’humblement céder le micro au génie créateur de son clip, Epher Heilland.

Album de l’année, Hip-hop:

XXL, d’Eman X Vlooper

Eman X Vlooper_Album de l'année, Hip-hop
Eman X Vlooper / Photo: Caroline Bertrand


Les deux membres du groupe, qui figurent sur la scène musicale depuis belle lurette, ont dédié leur prix à leur autre formation, Alaclair Ensemble.

Quelques prestations ont ponctué la soirée, dont celles d’Alex Nevsky, qui a interprété Himalaya mon amour accompagné de jazzmen, et de Patrice Michaud, rejoint sur scène par Salomé Leclerc. Sans compter entre autres celles de The Seasons, de Yoan (qui a déjà 108 000 albums vendus au compteur) et de Tire le coyote.

Parmi les autres lauréats, notons:

Album de l’année, Anglophone: Where I Belong, de Bobby Bazini

Album de l’année, Classique/Orchestre et grand ensemble: Ludovico Einaudi: Portrait, d’Angèle Dubeau & La Pietà

Album de l’année, Country: 3e rue sud, de Maxime Landry

Album de l’année, Jazz: Quantum, d’Emie R Roussel Trio
Album de l’année, Musiques du monde: Navegar, de Bïa

Album de l’année, Traditionnel: Têtu, de Le Vent du Nord

7 photos de la soirée de dévoilement des nominations du GAMIQ

Les nominations du prochain Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) ont été révélées hier soir au Musée du Rock N’ Roll. Votre duo de rédacteurs en chef était sur place pour accueillir la nomination de Média de l’année pour Feu à volonté (wouhou!), mais aussi pour prendre des photos hautement intellectuelles, comme d’habitude.

 

 

gamiq2015_nofond
1 On a rencontré une fan de Motörhead
motorhead
2 Philippe Brach et Antoine Corriveau étaient présents. Olivier a donc pris une photo avec eux.
image3
3 C’est à ce moment précis que nous nous sommes sentis presque aussi bums que ces gens-là.
 BUMS
4 Heureusement, Olivier avait choisi une boisson qui lui ressemble.
 Olivier
5 Les sous-vêtements de Marie-Chantal Toupin étaient exposés au Musée du Rock’n’Roll.
bobettes
6 Pas que des sous-vêtements, aussi des bizounes…
bizoune
7 On avait des faces de gens contents d’être en nomination.
FAV
Voici les nominations de la 10e édition du GAMIQ et les prédictions des rédacteurs en chef Élise Jetté (EJ) et Olivier Boisvert-Magnen (OBM). 
Album POP de l’année
domlebo — Bricolages
Félix Dyotte — Félix Dyotte
Geneviève et Matthieu — La Jamésie ostie / Les Enfants du plomb
Guillaume Beauregard — D’étoiles, de pluie et de cendres
Jérôme Minière — Une île 
Julie Blanche — Julie Blanche
Milk & Bones — Little Mourning (OBM) (EJ)
Navert — Temps bipolaire
Secret Sun — Cold Coast
 
Album ROCK de l’année
Chocolat — Tss Tss (OBM) (EJ)
Dany Placard — Santa Maria
Deux Pouilles en Cavale — Tambour et temps morts
Femme Accident — Hum
Lubik — Jusqu’au boutte
Les Marinellis — Île de rêve
Ponctuation — La réalité nous suffit
 
EP ROCK de l’année
Choses Sauvages — Japanese Jazz
Heat — Rooms
She Serpent — She Serpent (OBM)
The Muscadettes — Side A (EJ)
Ultrapterodactyle — Sludge Pop
 
Album INDIE ROCK de l’année
Bernhari — Bernhari (OBM) (EJ)
Julien Sagot — Valse 333
La Bronze — La Bronze 
Oromocto Diamond — Opononi
Poni — Poni
 
Album FOLK de l’année
Anique Granger—  Aimer comme une émeute
Bears of Legend — Ghostwritten Chronicles
Coco Méliès — Lighthouse
Elliot Maginot — Young/Old/Everything.in.between (EJ)
Fire/Works — Shenanigans
Kandle — In Flames (OBM)
Phil Moreau — Paratonnerre
The Loodies — The Loodies
Tire le Coyote — Panorama
Willows — Willows
 
EP FOLK de l’année
Feathers — Unions
Jane Ehrhardt — Terminus
Mentana — Western Soil (EJ)
Saratoga — Saratoga (OBM)
The Great Novel — Buffalo Trace
 
Album HEAVY (PUNK & MÉTAL) de l’année
Carotté — Punklore et Trashdition (EJ)
Kraspoutine — Plus grand que Satan (OBM)
Krokmitën — Omicron-Omega
Reanimator — Horns Up
Sandveiss — Scream Queen
 
Album MUSIQUE ÉLECTRONIQUE de l’année
Alexeï Kawolski — My DC Offset Fields and the Leftovers
Boundary — Still Life
Debbie Tebbs — UP!
Hologramme — Hologramme
Pierre Kwenders — Le dernier empereur bantou (OBM) (EJ)
 
EP MUSIQUE ÉLECTRONIQUE de l’année
Dear Criminals — Strip (EJ)
KenLo Craqnuques — Rue Sicard
Le Couleur — Dolce Désir
Syzzors — Leo
Toast Dawg — Brazivilain Volume II (OBM)
 
Album RAP de l’année
ALACLAIR ENSEMBLE — TOUT EST IMPOSSIBLE
EMAN X VLOOPER — XXL (OBM)
Kick & Snare (l’Algorythme présente) — Retour en arrière B​-​Side vol. 1
Loud Lary Ajust — Blue Volvo (EJ)
Socalled — Peoplewatching
 
Album ou EP ROOTS de l’année
Canailles — Ronds-points (OBM) (EJ)
Face-T — EP1
Oktopus — Lever l’encre
Olivier Brousseau — La ligne du temps
ORKESTAR KRIMINAL — TUMMEL
 
Album JAZZ/CONTEMPORAIN de l’année
Benoit Paradis Trio — T’as tu toute? (OBM) (EJ)
Ellwood Epps / Yves Charuest — La passe
Le Hot Club de ma Rue — Le Hot Club de ma rue
Mathieu Bellemare — Chants des Marais et des Morts
Olivier Babaz trio — Virages
 
Album EXPÉRIMENTAL de l’année
Automatisme — Automatisme 3 (EJ)
Bord à Bord — Bord à Bord
Jardin Mécanique — La sinistre histoire du théâtre Tintamarre épisode 2 (OBM)
(swedish) Death Polka — 38 minutes
thisquietarmy — Anthems for Catharsis
 
VIDÉO de l’année
Antoine Corriveau — Printemps, printemps (EJ)
Canailles — Texas
Das Mortäl — La Pussy
Eman X Vlooper — Les pauvres
Kandle — Not Up To Me
Koriass — Américain
Le Couleur — Club italien
Loud Lary Ajust — Blue Volvo (OBM)
Philippe Brach — C’est tout oublié
Tire le Coyote — Ma révolution tranquille
 
RÉVÉLATION de l’année
Félix Dyotte
Julie Blanche
La Bronze
Lubik
Milk & Bones (OBM)
Poni
Rosie Valland (EJ)
Safia Nolin
Saratoga
Syzzors
 
ARTISTE de l’année
Chocolat
Eman X Vlooper
Loud Lary Ajust (OBM)
Kandle
Pierre Kwenders (EJ)
 
AUTEUR-COMPOSITEUR de l’année
Benoit Paradis (OBM)
Elliot Maginot
Félix Dyotte (EJ)
Julien Sagot
Michel Olivier-Gasse (Saratoga)
 
CHANSON de l’année
« Coconut Water » — Milk & Bones (EJ)
« Concerto Rock » — Le Couleur
« XOXO » — Loud Lary Ajust
« Publi-Sac » — Eman X Vlooper (OBM)
« Vivre avec les animaux » — Geneviève et Matthieu
 
SPECTACLE de l’année
Alaclair Ensemble
Canailles (EJ)
Jardin Mécanique
Loud Lary Ajust (OBM)
Socalled
 
SALLE DE SPECTACLES de l’année
Le Cercle — Québec
Le Divan Orange — Montréal
L’Ouvre-boîte culturel — Baie-Comeau
Le Ritz P.D.B. — Montréal (OBM) (EJ)
Le Zaricot — St-Hyacinthe
 
FESTIVAL DE MUSIQUE de l’année
Le Festif — Baie St-Paul
FME — Rouyn-Noranda (EJ)
La Grosse Lanterne — Béthanie (OBM)
MRCY — Laval
Pop Montreal — Montréal
 
ILLUSTRATION D’ALBUM de l’année
Louis-Alexandre Beauregard —  Ponctuation/La réalité nous suffit
Gab Pelletier, Annie Carbo, Vincent Giard, Marie-Pascale Hardy —  Oromocto Diamond/Opoponi
Bosslab Design — ALACLAIR ENSEMBLE/TOUT EST IMPOSSIBLE
Étienne Martin, Dominique Desbiens, Valérie Paquette —  Julien Sagot/Valse 333 (OBM) (EJ)
Healty Pants — Socalled/Peoplewatching
 
MAISON DE DISQUE de l’année
Bonsound Records (EJ)
Coyote Records (OBM)
Dare To Care
Simone Records
Slam Disques
 
AGENCE DE SPECTACLES de l’année
District 7
Extensive Enterprises
Heavy Trip
Indie Montréal (OBM) (EJ)
Preste
 
MÉDIA de l’année
Le Canal auditif
CISM 89,3 (OBM) (EJ)
CULT #MTL
ecoutedonc.ca
Feu à volonté (Mais tsé on va pleurer de joie si jamais on gagne) 
 
Le GAMIQ aura lieu le dimanche 29 novembre au Bain Mathieu.
 
En attendant, vous avez jusqu’à la fin du mois d’octobre pour voter ici.