7 questions très sérieuses à Dany Placard (pour son album très sérieux)

Dany Placard vous livrait vendredi dernier l’un des meilleurs albums de l’année, Full Face, un ensemble de chansons écorchées qui nous écorchent aussi. Quelque chose de grand et fignolé qui est aussi un sixième album qui l’amène vers d’autres trajectoires. Nos questions. Ses réponses:

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Dany Placard/Photo: Sarah Marcotte-Boislard

1 Ton album emprunte une nouvelle tangente moins folk. Est-ce que c’est lui, le vrai Placard?

En fait j’avais recommencé à écrire pis c’était ben folk! Je m’enlignais encore pour ça! J’avais écrit des tounes pour les flos. J’ai fait beaucoup de réalisation dans l’année qui a précédé mon nouvel album et quand je me suis mis à repenser à ça avec le band je me suis dit que c’était pas là que je voulais aller je me suis déprogrammé au niveau de l’écriture. Je feelais comme ça à ce moment-là.

2 Est-ce que c’est une passe, ou c’est rendu le nouveau son de Placard?

Je pourrais revenir, mais je suis pas encore prêt! J’ai envie d’aller encore plus loin dans le changement de son. J’ai tout changé autour de moi, mais j’ai gardé Guillaume Bourque qui a coréalisé avec moi. Il est toujours là pour me garder les pieds sur terre, ce qui fait en sorte que, même si je me ressemble moins, ça reste écoutable pour les fans.

3 Parmi tes collaborations comme réalisateur, laquelle t’a fait le plus avancer?

Tous les albums m’ont fait évoluer à leur manière. La façon d’écrire, surtout, me vient vraiment de ceux pour qui j’ai travaillé dans les dernières années. Louis-Philippe Gingras, Les Chercheurs d’Or (album qui va sortir bientôt), Francis Faubert… Leurs approches par rapport aux textes me font évoluer.

4 Virer de bord est une chanson assez sombre. De type «fuck, on va-tu s’en sortir?» Ça vient d’où, pour toi, cette toune-là?

C’est l’équivalent de Parc’qui m’fallait sur Démon Vert. On passe tous par un moment où on se dit «Fuck, esti, j’ai pas pris la bonne décision.» C’est une chanson qui parle de moi… quand j’vais pas ben. Pis je sais que je suis pas le seul.

5 On entend des sacres et des gros mots sur ton album. Ça se voulait-tu 13 ans et plus?

En fait non! Je ne m’impose jamais de retenue en ce sens. Sur Santa Maria on avait enlevé des sacres parce que c’était trop. Moi, tant que ça reste poétique, je trouve que ça a sa place. La plupart du temps, c’est nécessaire, ça vient accentuer le sentiment que tu voulais exprimer…

6 T’as une toune qui s’appelle Mon amour était plus fort que ce qu’on voit dans les vues. Essayais-tu de battre Antoine Corriveau dans le domaine des titres très longs?

Non (rire)! Guillaume (Bourque) a sorti ce titre-là. Je l’ai trouvé excellent. Au début, cette toune-là s’appelait Manon (rire).

7 Ton album vient nous chercher dans nos zones les plus sombres. On sait pas si c’est normal, mais c’est le cas. As-tu l’impression qu’il faut être brisé pour créer?

Non, mais cet album-là, c’est six mois de ma vie où j’étais à fleur de peau. Ça dépend de ce que tu veux créer. Si t’as envie de faire brailler le monde, peut-être qu’il faut que tu sois pas ben… Mon prochain (album) fera peut-être danser!

Révèle la relève : 10 questions absurdes à Antoine Corriveau au sujet de Francis Faubert

Deux artistes pour le prix d’un! Et un très bon prix en plus! La série Révèle la relève propose ce soir un spectacle unique d’Antoine Corriveau et Francis Faubert. Plutôt que de procéder de la façon habituelle, on réinvente la roue avec un spectacle incluant un band king size (et c’est pas parce que les musiciens mangent beaucoup de McDo) et les deux auteurs-compositeurs sur la même scène, en même temps. On a rencontré Antoine Corriveau pour avoir un avant-goût du show!

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1- Pour Révèle la relève, c’est la première fois que les shows sont mélangés au lieu d’être un à la suite de l’autre. Quelle émotion ça te fait ressentir? Réponds comme si tu parlais à Marina Orsini.

Ça me chamboule à l’intérieur, mais d’une belle façon. C’est beau de découvrir comme ça des nouveaux univers. Ça me fait voir la musique autrement (dit avec une voix de miel).

2- Francis et toi vous allez partager scène et musiciens. Partagez-vous autre chose de plus intime?

Oui.

3- Qu’est-ce que tu partagerais jamais avec Francis?

Ma coiffeuse. C’est important qu’on ait des coupes différentes.

4- Vous écrivez tous les deux des textes magnifiques. Décris-moi le spectacle à l’aide d’une puissante métaphore.

Un spectacle à la vigueur d’un jeune adolescent et l’haleine d’une personne âgée.

5- Le show coûte 8 $. Nomme-moi 3 choses qui valent plus de 8 $ et qui sont moins l’fun que le spectacle.

  • Une poubelle. Je fais souvent du déni par rapport à sortir les poubelles. Cet été il y avait des vers dedans et, la semaine passée, il y avait du jus de poubelle. Je peux pas vivre avec l’idée de laver ma poubelle. J’ai jeté ma poubelle dans un sac de poubelle. Et j’en ai acheté une autre.
  • Un membership pour la scientologie. France D’Amour tripe là-dessus. Beck aussi.
  • Faire faire ses impôts.

6- La Maison de la culture Maisonneuve en tant que salle de spectacle, vous permet de faire quel genre de fantaisie?

Beaucoup de choses. Par exemple, se costumer. Mais c’est pas dit qu’on va le faire. Mais on a le droit. On invite d’ailleurs les gens à se costumer en Francis Faubert. On va organiser un grand concours durant la soirée. Le gagnant du meilleur costume de Francis Faubert va gagner un souper au Château Frontenac avec Francis Faubert.

7- Si tu devais vraiment mêler vos shows à un point tel que tu devrais faire un mash-up entre une de tes chansons et une chanson de Francis, tu prendrais lesquelles?

Je prendrais sa chanson Moman et je la mêlerais avec n’importe quelle de mes chansons parce que durant son solo, on peut vraiment faire n’importe quoi.


8- Pour ceux et celles qui ne vous auraient jamais vus, comment tu décrirais vos physiques pour permettre aux gens de vous différencier sur scène?

Y’en a un des deux qui est vraiment beau.

9- Le show commence à 20h30, mais les portes ouvrent à 19h30. Que suggères-tu aux gens de faire durant cette heure-là?

Je leur suggère de ranger leur cellulaire et de faire des moments de silence. Se regarder dans les yeux. Commencez par une minute, puis deux minutes et regardez jusqu’où vous pouvez aller.

10- Pour faire en sorte que les gens viennent au spectacle, fais-moi ta face la plus invitante.

C’est mon imitation de l’emoji qui sourit sur le côté:Capture d’écran 2017-03-17 à 08.36.02

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Le show est ce soir à 20h30 à la Maison de la culture Maisonneuve. C’est 8 $. Moins cher qu’une nouvelle poubelle. L’évènement est ici, pour te mettre attending.

Le buffet : Mélanie Venditti dans le Temple de l’eau

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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L’altiste Mélanie Venditti, dont on a découvert le matériel sur scène à la première soirée des Francouvertes, a lancé mardi dernier son EP sans nom, laissant une place majeure au «rock aquatique». On veut s’y plonger à plein corps.

Provenant du Saguenay, Le Cerf-Malade a fait paraître son premier album complet, De bonnes intentions, proposant un grunge aux couleurs post-rock.

Premier single pour Maître J (Maître Jouissance) et Jeune Chilly Gilles (Chill) avec leur projet La Brigade des Mœurs, pour les nostalgiques de NSD.


La température externe veut qu’on range nos manteaux, mais nos écouteurs veulent sortir pour écouter le EP du Montréalais Blancs-Manteaux, au pop-rock accrocheur.

Francis Faubert offre un vidéoclip sanglant pour la plus belle pièce de son dernier album, Chaque fois.

L’éclectique Julien Sagot a fait paraître le premier extrait de son prochain projet, Blue Jane. On se demande si le titre est une pointe envers son passé musical.

EP expéditif pour la troupe hardcore-emo-violence de Québec Commuovere. Cinq minutes bien investies pour s’ouvrir à la scène heavy locale.

Premier extrait du prochain album du saxophoniste Colin Stetson, Spindrift nous lance dans des ambiances éthérées et exploratoires. Un contrepoids intéressant à la dernière écoute sur la présente liste.

Le quatuor The Great Novel sortira son album Skins le 3 mars, mais il est en écoute sur le site du Voir.

Le premier album de Beyries est enfin sorti. C’est doux et ça se peut que ça te provoque une dépendance.

Maritza présente un clip pour Avant. Son album Libérons-nous sera lancé demain dans le cadre de Montréal en lumière.

FrancoFolies 2016 : 10 questions absurdes avec Francis Faubert

On a adoré son album Maniwaki, paru en septembre dernier. Ce soir il sera sur la scène Ford des FrancoFolies, à 23 h, pour nous le faire vivre en vrai de vrai. On lui a posé quelques questions pour que vous puissiez faire sa rencontre un peu avant!

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1 Quel serait le meilleur repas pour accompagner ton show aux Francofolies?

Je dirais un bon gros steak. Médium-saignant

2 Nomme-moi une qualité inusité de chacun des musiciens avec toi sur scène.

Mathieu Vezio est un excellent chauffeur. Il veut toujours conduire.

Danny Placard fait de bons cris de ralliement en show. Il call les changements de section en beuglant et en sautant.

3 Ton dernier album s’appelle Maniwaki. C’est quoi la chose la plus l’fun à faire là-bas?

Boire de la bière de Chez Martnieau. De la Laurentide

4 Nomme un autre show des Francos dans lequel tu voudrais être invité. Tu y ferais quoi?

J’aurais voulu être dans la gang de Canailles dimanche dernier et jouer de la planche à laver. J’en ai même une à la maison. J’aurais pu me pratiquer!

5 Si tu devais inventer une chanson sur le Canada, elle parlerait de quoi?

Je ferais une toune comme si je parlais d’un autre pays qui n’est pas le mien. Ça serait touristique comme toune.

6 Nomme un artiste que tu aimerais inviter dans ton show. Tu lui ferais faire quoi?

Un rêve: que Plume vienne chanter une toune avec moi.

7 Une toune que tu as déjà jouée au talent show de ton école secondaire?

Black Magic Woman de Santana. J’avais une vieille guitare de marde qui se désaccordait juste en la regardant. J’avais l’air d’un suisse qui traverse la 20.

8 La plus belle chanson en français jamais écrite, c’est quoi?

Notre sentier de Félix Leclerc. Il dit Oublie l’été, oublie le jour, oublie mon nom. Il a attendu la fille et elle n’est jamais venue. C’est tellement triste.

9 Quelle est la pire chanson de la francophonie?

Je suis tombé hier sur le nouveau disque de Boom Desjardins. C’est épouvantable! Chaque toune parle de taverne et de bière. C’est du country folk 14 ans en retard.

10 Quels sont tes 3 mots préférés en français?

Liberté,

Indépendance,

Debout.

Le Festif! de Baie-St-Paul dévoile sa programmation ÉNORME

En juillet dernier, notre collaborateur Étienne Galarneau s’était rendu au Festif! de Baie-St-Paul où il vous avait concocté un délicieux «trouvez les deux vérités et le mensonge». Pour cette année, la programmation est en parfait accord avec le slogan de la ville: Ville d’art et de patrimoine. Y’aura de l’artiste de qualité en quantité Costco!

Photo: Courtoisie Le Festif!
Photo: Courtoisie Le Festif!

Le Festif! de Baie-St-Paul dévoile une programmation qui nous fait lever le poil sur les bras (dans le sens excitant de la chose). Au coeur du centre-ville, dans le décor enchanteur de Charlevoix: une fête musicale et artistique s’étendra sur 17 sites du 21 au 24 juillet. C’est comme Le Seigneur des anneaux, mais la musique n’est pas celtique et les humains sont de taille régulière.

Le tout commencera avec le spectacle trio acoustique de Plume Latraverse à la Salle Multi de Baie-St-Paul. Le groupe australien The Cat Empire reviendra sur la Scène Desjardins avec son nouveau spectacle Rising with the sun, précédé par Busty and the bass et Gab Paquet (gagnant du Cabaret Festif! de la relève).

Gab Paquet
Gab Paquet/Photo: Courtoisie

Vendredi 22 juillet, c’est le groupe Half Moon Run (qui a rempli le Métropolis 4 soirs de suite ce mois-ci) qui montera sur la Scène Desjardins en compagnie des Sœurs Boulay et de Marco et les Torvis (prix du public du Cabaret Festif! de la relève). Samedi 23 juillet, la Scène Desjardins sera dansante avec Champion et ses G strings, Yann Perreau et Ariane Moffat.

Les Goules
Les Goules/Photo: Courtoisie

Dead Obies, Koriass, Beat Market, Brown et Violett Pi se produiront au Chapiteau Fabrique Culturelle. Le mythique sous-sol de l’Église accueillera Les Goules, Grimskunk, Duchess Says, Francis Faubert, Les Hôtesses d’Hilaire et IDALG.

Duchess Says/Photo: Olivier Maguire
Duchess Says/Photo: Olivier Maguire

Yves Lambert fera une rétrospective de sa grande carrière et Tire Le Coyote sera présent dans un spectacle surprise prévu le 21 juillet.

Dumas, The Barr Brothers, Basia Bulat, Avec pas d’casque (rodage de leur nouveau spectacle), Fred Fortin, Safia Nolin, Canailles, Sunny Duval, Philémon Cimon, Nicolas Pellerin & les grands hurleurs, The Soots, La Famille Ouellette, Mathieu Bérubé et Beat Sexü sont également au programme.

Mathieu Bérubé
Mathieu Bérubé/Photo: Courtoisie

La série de spectacles Les Imprévisibles présentée par Hydro-Québec permettra à nouveau au public d’assister à des spectacles-surprises dans des endroits insolites et typiques annoncés à la dernière minute. Le genre d’imprévu plus l’fun qu’une crevaison, un oubli de clés à la maison ou un bris d’aqueduc impliquant plusieurs jours sans douche.

Avec tous ces concerts, le rapport qualité-quantité-prix de ton week-end est hautement plus rentable qu’un paquet de papier de toilette king size chez Costco. Réfléchis-y.

Les forfaits et les billets sont ici. Si tu voulais faire un road trip cet été, le taux de change fait en sorte que oui, t’es trop pauvre pour aller aux States. Viens donc à Baie-St-Paul à place.

Le buffet : fleurs et chocolat pour moman avec Francis Faubert

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine dernière. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Le chanteur folk Francis Faubert propose un nouveau clip réalisé par MatCyr pour la chanson Moman.

À quelques jours de la sortie de son premier album Dans la fumée claire, Fred Labrie y va avec un clip.

Le groupe punk emblématique Banlieue Rouge propose un nouvel album live reprenant sa prestation du Rockfest 2015.

Le Montréalais Alex Calder revient avec BEND, un album rock lo-fi aux accents surf/dream.

Le génie scénique de Québec Anatole propose un album complet, en écoute exclusive sur le site du Voir.

Nouveau clip pour la collaboration entre Bengale et X-Ray Zebras de Lisbon Lux.

Le musicien de Québec Antoine93 prend un virage pop de qualité avec ce nouvel extrait.

Le prolifique rappeur Monk.E propose un sixième album Le gris impérial, entièrement produit par le Français Gyver.

Francouvertes 2016 soir 4 : Très loin de Trois-Rivières

J’ai peut-être perdu l’habitude des Francouvertes, mais il me semble que le Lion d’Or a rarement été aussi rempli que lors de la quatrième soirée de l’édition 2016 qui mettait en vedette Dans l’Shed, La Famille Ouellette et Caltâr-Bateau. Même l’animateur Claude Grégoire nous a annoncé qu’ils avaient dû refuser des gens à la porte. L’ambiance était donc survoltée pour cette édition où certain-e-s risquaient de se faire détrôner du palmarès.

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Francis Faubert, Antoine Corriveau et Dany Placard/ Photo: Étienne Galarneau

C’est donc devant un Lion d’Or en ébullition que les alumni des Francouvertes Francis Faubert, Antoine Corriveau et Dany Placard ouvrent le bal. Présentés comme les «Gentlemen sales», on découvre que les trois musiciens partagent une belle chimie et constituent un trio de gentlemen hautement plus intéressant que le triplé Garou-Corneille-Roch Voisine. Chacun d’eux interprète un titre de son répertoire, accompagné par les deux autres, en plus de glisser un mot sur leur expérience respective au fameux concours.

Entre Faubert et Corriveau qui s’échangent des pointes sur leur passage lors de la même édition («J’t’ai tu haïs…» «Moi oui. Parce que t’étais allé en finale pis pas moi», de remarquer Corriveau) et Placard qui mentionne être arrivé parmi les derniers il y a dix-sept ans, on voit que la cordialité règne sur scène. Ce dernier termine d’ailleurs la prestation avec son titre Parc’qui M’fallait, qui traite des revers de la médaille de la vie de musicien. Un message d’espoir pour les premiers évincés de la courante édition des Francouvertes.

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Dans l’Shed/ Photo: Étienne Galarneau

Le volet concours commence avec le duo gaspésien Dans l’Shed, qui propose du country-blues rappelant l’esprit des boîtes à chanson. Les interventions sont rodées et quand même amusantes. Leur pédigrée, qu’ils évoquent sans cesse sur scène, explique bien leur aisance sur scène; en deux ans, ils ont tourné à travers le Canada et l’Europe. Ces tournées sont d’ailleurs bien présentes dans les textes des chansons, lorsqu’elles ne parlent pas de manger du spaghetti au Cheez-Whiz après une peine d’amour.

On remarque que la grande qualité musicale de Dans l’Shed se situe surtout au niveau de leur jeu de pieds et, lorsqu’André Lavergne et Eric Dion se présentent, ils le soulignent encore plus. En spécifiant que l’un d’eux joue, notamment, de la tambourine au pied et l’autre de la «grosse caisse dans une petite boîte», on réalise que c’est là que se trouve le point de focalisation pour le public. On doit en comprendre que, au fond, Dans l’Shed, en voulant que le public regarde des pieds, fait de l’anti-shoegaze.

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Pieds/Photo: Étienne Galarneau

Après une séance de vote et de bousculades générales pour se déplacer (je m’excuse envers Les sœurs Boulay, je crois que j’ai passé la moitié de la soirée à les bousculer pour aller au bar ou aux toilettes), La Famille Ouellette s’installe sur scène. Tout de rouge vêtu («On a des criss de beaux jackets», disent-ils dans une chanson), le sextuor épate par son énorme instrumentation et la place qu’il prend sur scène.

La performance très pop commence par la troupe qui crie «Bukkake!» et balance des tubes les uns à la suite des autres. Difficile de croire qu’il s’agit de leur première performance à vie. Avec tous les membres de la famille échangeant les instruments et allant des chansons sérieuses au délicieusement ridicules, la Famille en met vraiment plein la vue. On retrouve une certaine sensibilité pour les sons électroniques dans leur utilisation des synthétiseurs, ce qui nous permet de dire que, fusionnés avec leurs criss de beaux jackets, les membres de La Famille Ouellette apparaissent comme un heureux mélange de Misteur Valaire et La Famille Slomo. Dans le bon sens.

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La Famille Ouellette/ Photo: Étienne Galarneau

«On n’a jamais joué devant un public aussi attentif. On est très loin de Trois-Rivières. D’ailleurs, pauvre eux, à Trois-Rivières; ils ont trois fois plus de chances de se néyer…» C’est devant un public captif et, à entendre la pétarade d’applaudissements à leur entrée, conquis d’avance que Caltâr-Bateau prend place sur scène. Avec un grand naturel et une aisance que seul un groupe qui a fait son lancement d’album au Lion d’Or peut avoir (n’est-ce pas?), le septuor présente des succès de son dernier album La Bavure des Possessions. On note une interprétation très intime de la pièce Moins puissant que Brel, qui a sans doute séduit les quelques personnes qui ne connaissaient pas déjà l’ensemble. Une performance sans failles et fidèle à ce que la formation nous a présenté dans les différents festivals l’été dernier.

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Caltâr-Bateau/ Photo: Étienne Galarneau

RÉSULTATS DES FRANCOUVERTES 2016 APRÈS LA SEMAINE 4:

Les Passagers
Édwar 7
Caltâr-Bateau
La Famille Ouellette
Sarahmée
Nicolet
Miss Sassoeur & Les Sassys
DANS L’SHED
La Guillaumansour Expérience

CCF JOUR 1 : Bernard Adamus + Francis Faubert et le tabac d’orchestre

C’était le COUP d’envoi de COUP de coeur Francophone hier soir et on était là pour y jeter un COUP d’oeil. Voici les bons et les moins bons COUPS de cette soirée au Club Soda avec Francis Faubert et Bernard Adamus.

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Francis Faubert / Photo: Élise Jetté

20h09. Dans un Club Soda qui commence à remplir sa sold-out-itude, Francis Faubert monte sur scène pour présenter une petite partie de son plus récent album Maniwaki, une belle oeuvre de dix chansons de désoeuvrement, de solitude et de-ne-pas-avoir-ce-qu’il-faut-pour-arriver-à-ses-fins. Aussi bien entouré qu’une cerise dans un Cherry Blossom, Faubert a choisi de se présenter sur scène avec son enrobage de chocolat de qualité: Antoine Corriveau, Dany Placard et Mathieu Vezio.

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Les 35 minutes de scène de Faubert sont très intenses. Peu de jasette, mais beaucoup de guitare. On apprécie le fait que les chansons sonnent exactement comme sur l’album étant donné que certaines personnes ne connaissent pas l’artiste-cerise. On peut d’ailleurs étrangement très bien saisir les paroles mot à mot, et ce, malgré le son très dense émanant des instruments. Bien joué!

Antoine Corriveau a troqué le chapeau contre la tuque. Soit l’hiver arrive, soit il voulait passer incognito.

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Parmi les gens qui ne connaissent pas Francis Faubert, il y a un duo de douchebags chauves derrière moi qui, entre les chansons, hurlent «C’est ça, c’tait ta dernière! BYE. Va-t-en, on veut Bernard!». Visiblement, personne ne leur a expliqué que leur présence n’était pas requise et qu’ils pourraient aussi décider d’aller manger un hot dog au Montréal Pool Room ou bien s’enquérir des résultats du match Canadiens-Islanders à la Taverne Midway. Parce que c’est ben à mode de montrer les visages de la haine, voici les gars en question:

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Photo: Élise Jetté

Pendant la pause, je constate que Mélanie Joly a réussi à se libérer de ses tâches de ministre du Patrimoine (ou de la langue francophone) pour son boy Adamus.

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Photo: Élise Jetté

21h12. Adamus monte sur scène, la clope dans yeule. «Ça sent déjà le tabac d’orchestre», mentionne-t-il en essayant d’apercevoir son public à travers les nuages de drogue bientôt légale. «C’est pas dans un show de Pierre Lapointe qu’on aurait vu ça», ajoute le principal intéressé.

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Bernard Adamus / Photo: Élise Jetté

Heureux d’être à Montréal, Bernard Adamus y va de quelques pièces qui s’adressent «à du monde de Montréal». Expliquant que le show Sorel Soviet So What a surtout voyagé en région dernièrement, il précise que c’est bon d’être à la maison: «On s’est promenés en région, au Lac Saint-Jean… Tout le monde est né dans un champ ou dans un rang là-bas.»

Poursuivant avec la très populaire Hola les lolos, Bernard exprime que c’est la «seule chanson politique de l’album, dédiée aux islamiques et à ceux qui manquent d’amour en général.»

Le public qui agit depuis le début du show comme s’il était dans un karaoké géant sans les paroles défilantes est très excité de chanter les anciens comme les nouveaux hits. «Vous êtes beaux, vous êtes les meilleurs. C’est pas vrai, vous êtes pas beaux, mais j’ai la meilleure criss de job et c’est grâce à vous», conclut Bernard Adamus dans un vacarme enthousiaste.

Coup de coeur francophone se poursuit jusqu’au 15 novembre. Voici les shows à ne pas manquer.