ÉLECTIONS AMÉRICAINES: 10 tounes Québ pour passer à travers ta soirée électorale

On sait que la soirée ne sera pas facile. Quand les États-Unis toussent, le Canada attrape le rhume. Si y’a une maladie qu’on n’a pas envie de repogner, c’est celle de Trump: la COVID ou l’aveuglement volontaire généralisé. Pour vous aider à vivre votre soirée comme il se doit, l’équipe de FAV vous offre cette liste musicale de qualité. Bonne chance!

Campagne – Mononc’ Serge

On vous apprend rien si on vous dit que le vote rural risque de nous chier dans les mains un peu comme si on était en date derrière le cul d’une vache à L’Amour est dans le pré. À ce moment, il nous faudra une toune de campagne.

Le mythe de la démocratie – Vulgaires Machins.

Ça se passe d’explications.

L’Amérique pleure – Les Cowboys Fringants

Viendra inévitablement un moment dans votre soirée où vous aurez besoin de shake it off, comme dirait Taylor Swift. Et à cet instant-là, il sera bon de savoir qu’une danse en ligne est à portée de la main, même pour les débutants. Il sera même possible de pleurer au passage.

Gros tas d’marde – GrimSkunk

On se le souhaite pas, mais ça se pourrait que la fin de soirée nécessite ce succès que l’on perçoit comme une métaphore d’une réélection.

Amère America – Luc de Larochellière

32 ans plus tard, cette chanson reste criante d’actualité. Elle nous rappelle que les États-Unis sont les seuls à blâmer pour leur destin. Après tout, ce sont eux qui votent pour leurs dirigeants.

Place de la République – Coeur de pirate

Vous nous direz que ce n’est pas une chanson politique. Vous n’avez pas tort. Mais quand vous entendrez ces paroles, vous allez comprendre où on veut en venir:

J’ai voulu prendre le plus grand risque
Un soir qui m’a rendue bien triste

Mexico – Kaïn

Y va arriver quoi avec le mur si Trump perd? Envoyer les gars de Kaïn en éclaireurs au Mexique nous semble une bonne option.

Une lettre – Pierre Lapointe

Là où Trump risque de gosser, c’est par rapport à la validité des votes postaux. On voudrait envoyer Pierre Lapointe en soutien. Dans le même avion que Kaïn idéalement.

Mots d’Église – Comment Debord

La fin de soirée viendra avec des mots d’église et ce sera correct. Si vous avez envie de garder ça legit, allez-y avec cette chanson qui vous explique comment garder à l’intérieur votre TABARNAK bien senti.

Comme une fin du monde – Le Couleur

Dans l’éventualité où il faudra assimiler une autre évidence que la fin approche, Le Couleur nous accompagnera jusqu’à la fin. Jusqu’à la fin du monde.

Bonne soirée électorale!

COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance

C’est ce soir qu’aura lieu le Premier gala de l’ADISQ, la première partie de notre party préféré de l’année. Il y a toujours des bonbons, on peut toujours jaser avec les prêtres qui chantent avec Mario Pelchat. C’est vraiment une belle soirée. Et en plus, ça aurait pu être pas pire, cette année de demander deux-trois affaires à un curé dans les circonstances de fin du monde qu’on vit. Bref, la déception fait partie de la vie. Elle fait surtout partie de 2020. Voici une partie de ce qu’on va manquer.

1 On ne pourra pas demander aux gens ce qu’ils ont mis dans leur sac à main.

Hubert Lenoir / Photo: Élise Jetté / Archives 2019

2 On ne pourra pas capter l’essence des moments après minuit, quand y’a plus rien qui est facile pour personne.

Photo: Élise Jetté / Archives 2019

3 On ne pourra pas être témoin du bonheur palpable qui vient avec le fait de gagner le prix d’Interprète de l’année.

Coeur de Pirate et Loud / Photo: Élise Jetté / Archives 2019

4 On ne pourra pas comparer le moins beau linge des gens du Premier gala avec le linge de ceux du VRAI gala du dimanche comme en 2016.

5 On ne pourra pas savourer les remerciements les plus courts de l’histoire quand Chocolat va gagner le trophée d’Album rock de l’année, comme en 2017 où Jimmy Hunt avait dit: «Merci à ma blonde, tout le monde pis Réjean Ducharme

Chocolat / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

6 On pourra pas toucher aux cheveux solides de Jonathan Painchaud comme en 2016.

Jonathan Painchaud / Photo: Élise Jetté / Archives 2016

7 On n’aura pas de conversation avec poético-légendaire avec Fred Pellerin qui nous explique comment il place ses Félix sur le manteau de sa cheminée. On était clairement pas à deux mètres de lui, en 2015, quand il nous disait qu’il n’avait déjà plus du tout de place pour installer ses statuettes.

Fred Pellerin / Photo: Élise Jetté / Archives 2015

8 On ne pourra pas dire un mot sur le look de Claude Bégin, le plus bel homme du Québec.

Pieds de Claude Bégin / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

9 On ne dansera pas sur Alexandrie, Alexandra de Claude François avec Philippe Fehmiu pendant que des acrobates craches du feu à l’after-party. Et, accessoirement, on n’aura pas besoin de se fabriquer une magouille de haut calibre pour rentrer à l’after-party comme on le fait depuis les 6 dernières années.

Philippe Fehmiu / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

10 Surtout, on ne pourra pas faire comme en 2017 quand on a avait fait manger le plus de gagnants possible dans le même gâteau McCain dans un espoir vain de recevoir une éventuelle commandite de la compagnie de gâteau. Je pense que pour ce genre de geste, en 2020, on se ramasserait en prison.

Gâteau qui est le meilleur anachronisme aujourd’hui / Photo: Élise Jetté / Archives 2017

Gala de l’ADISQ 2019: personne a fini en prison selon nos sources

C’était la meilleure soirée de l’année à la Salle Wilfrid-Pelletier dimanche. Le soir où tout le monde se dit «Hey j’aimerais ça gagné plus qu’une demi-cenne par écoute sur Spotify pour pouvoir me payer une robe de soirée. Retour sur l’ADISQ 2019.

Sur le tapis rouge, Lou-Adriane Cassidy et son conjoint Anatole, acceptent de répondre à nos questions après avoir parlé de leur tenue à thématique «La Matrice».

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Avec notre gang. Personne d’autre.» – Lou-Adriane

«Dumas.» – Anatole

Qu’avez-vous fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«On a commencé à écouter Shoah, un documentaire de 10 heures sur l’Holocauste par Claude Lanzmann.» – Anatole

«C’est vrai! Comme ça on n’aura pas le choix d’avoir du fun à soir.» – Lou-Adriane

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Plus cher.» – Lou-Adriane

«Moins cher.» – Anatole

Les 2Frères ne sont pas avec Mario Pelchat, donc aucune crainte à avoir. On les arrête alors pour jaser.

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Émile Bilodeau il est tout le temps crinqué. Il laisse pas la fête s’éteindre trop facilement. C’est un bout-en-train.»

C’est stressant, un gala. Qu’avez-vous mangé pour vous préparer le système digestif?

«Un déjeuner chez McDo. Un souper fast food au Complexe Desjardins.»

*FAV et Le Guide alimentaire canadien se dissocient de ces suggestions.

Si vous aviez un trophée à donner ce soir. Ce serait à qui et pour quelle catégorie?

«Groupe de l’année. À Bleu Jeans Bleu

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Nos vêtements valent beaucoup moins cher que notre loyer.»

Alexandra Stréliski est tout sourire avec son veston en écailles de poisson doré (aucun poisson n’est mort pour la confection du vêtement).

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«C’est tout un défi de manger, Élise. Tu veux que ça passe bien. J’ai pris une petite moitié de soupe tonkinoise et du quinoa.»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Ariane Moffatt. Mon coup de cœur. On s’est rencontrées dans un photoshoot et on riait à la seconde 1.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Mon suit vaut… le même prix que mon loyer.»

Photo: Élise Jetté

La grande dame Salomé Leclerc s’arrête quelques minutes pour jaser avec nous.

Qu’as-tu fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«J’ai rempli une demande de subvention.» *voir l’alinéa «les artistes se font voler»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Bleu Jeans Bleu.»

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«Moi, j’aime manger! Faut que je me contrôle. Beaucoup de yogourt avec des noix. Une boîte de thon pour dîner. Un oeuf et du fromage mal coupé parce que j’étais stressée.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Je l’ai eue en spécial. La robe, pas le loyer.»

«On va tous mourir aujourd’hui», disent des admirateurs en pâmoison devant Rick Pagano. Juste au moment où tout le monde losait sa shit, la madame de la gestion du tapis demande à tout le monde de rentrer dans la salle. Fiou.

Photo: Élise Jetté

C’est Loud qui a la lourde tâche d’ouvrir la soirée. Il est vêtu de son coton ouaté de Paris pour montrer que malgré le Félix remis à Hubert Lenoir mercredi, lui aussi il a «rayonné hors Québec».

Sarahmée et Souldia suivent, juchés aux mezzanines comme s’ils allaient faire une cascade. La cascade ne vient guère. Tout le monde est secrètement déçu.

Fouki, lui, est sur scène. Vertige? Peur de se faire pousser en bas du balcon? Notre étude ne le dit pas. Koriass arrive déguisé en abeille qui s’entraîne afin de clore le numéro.

Photo de TV

C’est ensuite l’arrivée triomphale de Louis-José Houde qui réveille la foule. «Y’est 8h04, Mario Pelchat est déjà en tabarnak», dit l’animateur avant de dire qu’il y a une possibilité de marge d’erreur à cette soirée parce que Herby Moreau est là. Nous, on a vu Herby acheter des hot-dogs au Pool Room à 3h du matin. Si ça, c’est pas une erreur…

LJ rappelle à tout le monde le tour de magie d’Hubert l’an dernier. «Se mettre le trophée dans yeule, c’était drôle une fois. C’était son idée. On va pas commencer à se rentrer le Félix dans tous les orifices. Félix Leclerc a de la famille. J’ai animé dans une garderie et au Gala de l’ADISQ. Même discours.»

Au retour de la pause, Marie-Mai fait un remake de La Matrice. Y a-t-il eu bisbille avec le couple Cassidy-Martel questionné plus haut? Notre équipe d’enquête n’avait pas le budget d’aller là.

Photo de TV

Pendant ce temps, dans la salle de presse Johanne, de la SODEC achète les journalistes avec des biscuits maison.

Photo: Élise Jetté

«J’aimerais souligner la progression géographique de Fouki», annonce Louis-José avant de nous parler du siège EE du rappeur. L’artiste qui était au fond de la salle l’an dernier a fait «60 pieds de travail cette année», selon l’animateur. Il se moque aussi de son devis de loge, la liste des choses qu’il souhaite avoir en loge lorsqu’il est en show: «Citron et miel. Pour la gorge, sûrement. Trois paquets de 25 cigarettes. Décide», ordonne-t-il à celui qui se détruit/adoucit la trachée de manière inquiétante et bipolaire.

Les nommés dans la drôle de catégorie «Album – Adulte contemporain» sont trois monuments (Ginette, Rivard et Charlebois) et deux super girls (Lou-Adriane Cassidy et Ingrid St-Pierre).

«J’ai regardé dans le dictionnaire et contemporain, ça veut dire vieux. J’ai amené mon ami coroner, annonce la gagnante Ginette Reno. Si jamais j’ai un crise cardiaque, il peut toujours constater le décès.» C’est toujours ça de gagné.

Album de l’année  – Adulte contemporain

C’est la fin du monde à tous les jours de Lou-Adriane Cassidy

Et voilà de Robert Charlebois

À jamais de Ginette Reno GAGNANTE

L’origine de mes espèces de Michel Rivard

Petite plage d’Ingrid St-Pierre

Au retour de la pause c’est Ariane Moffatt et Les Louanges qui mash up leur vie en tête à tête décalé dans un cylindre futuriste. Ariane est en body suit et Vincent en chemise hawaïenne et lunettes miroir: «C’EST TU L’ÉTÉ?», que tout le monde se demande.

«J’tu tout seul qui ai passé l’été à expliquer Les Louanges à des baby boomers?», demande LJ, perplexe. Non.

Louis-José s’assoit ensuite au piano bar d’Ariane Moffatt pour faire un hommage à (feu) Musique Plus. «C’était la marge avant la marge: c’est un peu se frotter sur du monde avant #metoo». Wow.

Photo de TV

Cœur de pirate passe l’Halloween pour venir annoncer les nommés de la catégorie Album rap.

Photo: Élise Jetté

Album de l’année – Rap

Le sens des paroles d’Alaclair Ensemble GAGNANT

ZayZay de Fouki

La nuit des longs couteaux de Koriass

Tout ça pour ça de Loud

Survivant de Souldia

Alaclair décide de rapper le décompte qui leur est imposé sur l’écran.

En salle de presse, ils boivent du Pares Balta. On les comprend.

Une photographe quinquagénaire doit leur dire: «restez concentrés svp.» Rien de mieux pour discipliner six boys issus du rap.

Hubert Lenoir vient livrer l’offrande reçue l’an dernier: c’est Alexandra Stréliski qui est sacrée Révélation de l’année.

Révélation de l’année

Lou-Adriane Cassidy

Jérôme 50

Les Louanges

Alexandra Stréliski GAGNANTE

Sarahmée

«Il ne faut pas sous-estimer la force de la douceur», assure-t-elle avec douceur. Oui, oui, c’était un boutte doux.

Elisapie et elle s’exécutent dans un duo digne d’une soundtrack de documentaire nommé aux Oscars.

Florent Vollant gagne la première statuette octroyée pour «Artiste autochtone de l’année». «On vient en amis», dit-il tout sourire.

Artiste autochtone de l’année

Elisapie

Maten

Matiu

Shauit

Florent Vollant GAGNANT

Les Trois Accords ouvre les yeux de Simon puis Pierre Lapointe demande à tous les autres d’ouvrir les leurs: «Pour un million d’écoutes de Je déteste ma vie sur Spotify, j’ai eu 500 $», dit-il afin d’éveiller les députés qui dorment. «Les artistes se font voler.»*

Cœur de pirate frôle l’ACV au moment de sa victoire pour Album pop de l’année.

Album de l’année – Pop

Perfecto de Bleu Jeans Bleu

En cas de tempête, ce jardin sera fermé de Cœur de pirate GAGNANTE

Papillon de Lara Fabian

Elle et moi de Marie-Mai

Petites mains précieuses d’Ariane Moffatt

Et c’est le conteur Fred Pellerin qui part avec le Félix d’Album folk.

Album de l’année – Folk

Disparition de Guillaume Beauregard

Hélas Végas de David Marin

Dans le noir de Safia Nolin

Après de Fred Pellerin GAGNANT

Retour à Walden, Richard Séguin sur les pas de Thoreau de Richard Séguin

Il ne se met pas le trophée dans la bouche, il se le met dans la face.

Photo: Élise Jetté

Gagnant du Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète, Michel Rivard parle pendant un nombre de minutes exagéré pendant que la musique anxiogène se fait aller.

Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète

Nos idéaux de Dumas

Rester forts de Marc Dupré

Darlène de Hubert Lenoir

Une année record de Loud

L’origine de mes espèces de Michel Rivard GAGNANT

«C’est la toute première auteure-compositrice-interprète québécoise qui viendra remettre le prochain prix. Il aurait été compliqué d’avoir la vraie, car elle est morte. Voici La Bolduc, Debbie Lynch-White», explique Louis-José.

«Là j’ai un petit papier parce que je ne suis plus capable d’exister, lance Alexandra Stréliski au moment où elle réceptionne la statuette. Maman, merci de m’avoir amenée à des cours de piano beau temps mauvais temps. Papa, merci d’avoir écouté de la musique classique. Je suis partie d’une période très sombre. Le brouillard peut se dissiper. Emmanuelle, c’est pas ma blonde, c’est ma gérante.» Toutes des choses importantes, qui ont été dites ici.

Auteur ou compositeur/Auteure ou compositrice de l’année

Koriass

Salomé Leclerc

Les Louanges

Ariane Moffatt

Alexandra Stréliski GAGNANTE

En salle de presse, Alexandra passe par toute la gamme des émotions.

D’abord «Hein? Mais là, voyons?!!»

Photo: Élise Jetté

Ensuite «J’ai les cheveux plus longs que Félix!»

Photo: Élise Jetté

Puis, finalement, «Wow, ils ont pas lésiné sur le doré!»

Photo: Élise Jetté

La chanson de l’année est celle de Roxane Bruneau, un texte où il est question de faire les choses en grand en faisant la vaisselle. «J’ai mangé deux Tylenol aujourd’hui», lance-t-elle, utilisant sa tribune pour glorifier les choix sains.

Photo: Élise Jetté

Chanson de l’année

Léo Gagné de 2Frères

Tu trouveras la paix d’Artistes variés

Des p’tits bouts de toi de Roxane Bruneau GAGNANTE

Fous n’importe où de Charlotte Cardin et Cri

Tout le monde de Corneille

Dans la nuit de Cœur de pirate et Loud

La tempête de Marc Dupré

Pitou de Les Louanges

Ouvre tes yeux Simon! de Les Trois Accords

Fallait y aller de Loud

Le Groupe de l’année est tout en jeannnnnsssss d’habitude, mais là, c’est l’heure des beaux vestons. Les boys de Bleu Jeans Bleu montent chercher un prix qui témoigne d’un effort d’assiduité de plus de six ans. «On sait qu’on sort de nulle part pour certains, mais on a commencé il y a 6 ans. Si j’ai oublié quelqu’un je vous appelle demain», promet Claude Cobra.

Photo: Élise Jetté

Groupe ou duo de l’année

2Frères

Alaclair Ensemble

Bleu Jeans Bleu GAGNANT

Les cowboys fringants

Les Trois Accords

Béatrice, pas encore remise de son premier trophée de la soirée est d’autant plus sul’ cul d’être Interprète féminine de l’année.

Interprète féminine de l’année

Cœur de pirate GAGNANTE

Lara Fabian

Marie-Mai

Ariane Moffatt

Ginette Reno

Loud récolte le même trophée du côté des boys.

Interprète masculin de l’année

Marc Dupré

Éric Lapointe

Hubert Lenoir

Loud GAGNANT

Fred Pellerin

«On appelle ça un Hochelag’ toxedo», dit Loud pour justifier son crewneck. Je sais que c’est un prix individuel, mais merci à Ajust et Ruffsound.

Les deux Interprètes de l’année pensaient sûrement que ces Félix venaient avec une sentence de prison à vie, comme en témoigne cette photo:

Photo: Élise Jetté

À la fin du gala, on comprend que ça n’a pas été facile pour tout le monde, cette soirée-là, notamment en découvrant ces offrandes laissées aux derniers passants: des napkins, Souldia, un kleenex souillé et 2,50$ (?).

Photo: Élise Jetté

Dans le party post-gala, il se passe «des choses», comme d’habitude.

Photo: Élise Jetté

Comme d’habitude, voici les meilleures phrases qu’on a entendues:

«Je suis nouvellement député. Je vais servir vos intérêts. Plus de vin?»

«J’ai perdu ma game de frisbee contre Jérôme 50 sur la Place des Festivals.»

«Les kids de La Voix Junior savent pas les paroles de Gayé

«Je viens de recevoir une proposition d’une chanteuse d’un certain âge.»

«Je me cherche un beigne. C’est qui ce gars-là, qui était nominé, mais qui a juste mangé des beignes finalement?»

Photo: Élise Jetté

Au niveau du soulier, à 2h du matin, c’était pu facile pour personne.

Photo: Élise Jetté

Mais c’était un beau gala.

Exercice de haute voltige pour Loud

Le lancement de Tout ça pour ça présenté par Air Francoricain a transporté plus 8 000 amateurs de rap dans un vol historique en destination du sommet, vendredi soir, au Centre Bell.

Après DJ Kelly et ses platines laissant tourner des succès de 2pac et Snoop Dogg, Milk & Bone se chargent de réchauffer le Centre Bell déjà bien rempli, si ce n’est de l’autre moitié de la salle et du dernier balcon, condamnés pour l’occasion. Entouré de ballons épelant son nom, le duo offre des extraits de ses derniers projets électro-pop avec énergie dans une mise en scène minimaliste. 

Milk & Bone / Photo: Camille Avery-Benny

J’aurais dû me douter que quand Loud lançait «Aucun accès backstage pour les photographes» sur la chanson Pas sortables, il était sérieux. Si la sécurité est déjà accrue au Centre Bell (sacs à dos et caméras interdits), impossible d’y circuler, même avec une accréditation média.

Confinée au soundboard pour prendre des photos, je dois sortir par la porte arrière de l’aréna après les trois chansons durant lesquelles il m’est permis d’utiliser ma caméra et faire le tour par l’extérieur pour entrer par l’entrée principale et gagner mon siège pour la suite du spectacle. Ça me permet de saisir l’envergure de l’évènement. 

Loud fait donc une entrée remarquée dès 22h15, sortant d’un énorme avion entouré d’écrans sur lesquels sont projetées des ailes. À peine les premières notes de 56K ont-elles résonné que le Centre Bell entame le premier couplet en chœur. Loud rappe une ligne, puis se laisse porter par la voix du public qui chante pour lui presque l’entièreté du couplet.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Paru il y a un peu plus de deux ans, le clip de 56K laissait déjà présager les idées de grandeur du rappeur, qui s’en est inspiré pour sa mise en scène notable.

Vêtu de blanc de la tête aux pieds, Loud poursuit avec Nouveaux riches, puis Hell, What A View, tirées de son premier album. Les pièces ne manquent pas de faire sauter la foule, qui ne s’assoira pas de la soirée.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Fallait y aller débute pendant que les photographes sont gentiment expulsés de la salle. S’amorce alors ma course contre la montre sur Saint-Antoine pour en rater le moins possible. C’est du sport.

De retour dans l’assistance, j’arrive juste à temps pour voir Loud terminer Le pont de la rivière Kwaï, perché sur une plateforme au bout de la scène qui traverse le parterre.

Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Entre les chansons et pendant les instrumentaux, Loud prend le temps de profiter de l’expérience, marquant une longue pause après la ligne «On a déjoué des centres d’appels de Bell jusqu’au Centre Bell», et s’agenouillant sur scène pour recevoir les applaudissements et cris chaleureux de la foule. 

LISEZ NOTRE CRITIQUE DE L’ALBUM TOUT ÇA POUR ÇA

Contrairement à ce que laissent croire ses paroles, Loud n’est pas seul au sommet; il s’accompagne de son producteur de toujours, Ajust. Une Charlotte Cardin solide se joint à eux le temps de Sometimes, All the Time, alors que les artistes se font face sur deux niveaux différents de la scène, rappelant le vidéoclip paru en même temps que l’album.

Cœur de Pirate fait également une brève apparition pour le duo Dans la nuit, marqué par la voix fatiguée de la chanteuse.

Charlotte Cardin et Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Lary Kidd se fait attendre, mais rejoint finalement ses amis Loud et Ajust pour leur nouvelle pièce, Off The Grid. L’ancien trio en profite également pour performer SWG et On My Life, à laquelle s’ajoute 20Some.

Pas de classique de Loud Lary Ajust pour les nostalgiques, mais une chanson solo pour le jeune homme Lary Kidd, qui pourra se vanter d’avoir chanté Petit Jésus devant 8 000 personnes, dont probablement plusieurs qui se demandent qui il est et quelques-unes qui en profitent pour faire une pause-pipi.

Lary Kidd et Loud / Photo: Camille Avery-Benny

Ajust, le «commandant de bord» posé derrière sa station surélevée, est sans doute l’un des hypemen les plus divertissants du rapqueb. «They do take time», peut-on entendre alors que Loud interprète TTTTT (These things they take time), dont les paroles prennent tout leur sens dans un Centre Bell comble.

Quelques problèmes de son ne perturbent pas le premier rappeur québécois à remplir l’aréna, qui enchaîne ses nouvelles chansons et ses succès précédents avec verve et assurance, rappelant ici et là qu’on est tous en train de «faire l’histoire.» 

Avec plus d’un tour dans son sac, Loud garde le meilleur pour la fin: la pyrotechnie et les explosions. Il faudra attendre le rappel pour que des musiciens (un guitariste et un batteur) montent sur scène pour clore la pièce la plus instrumentale du nouvel album, GG, et du même coup, mettre un terme à cette soirée historique. 

Loud et Ajust / Photo: Camille Avery-Benny

Contre toute attente, le vol se déroule sans traverser de zone de turbulence. Ça prenait Loud et le Centre Bell pour qu’un parterre de show de rap s’abstienne de faire des mosh pits

Pour ce spectacle légendaire, Loud a fait un choix de chansons judicieux, mélangeant parfaitement les premiers succès aux nouveaux au grand plaisir de la foule qui en redemande. Fidèle à sa parole alors que «tous les sièges et tous les verres sont remplis jusqu’au balcon», le rappeur d’Ahunstic-Cartierville, peut se vanter d’avoir fait Tout ça pour ça.

Rouge Coeur de pirate

Je me souviens très bien du moment où je suis débarquée au HMV de Sherbrooke, demandant «avez-vous reçu le CD de Coeur de pirate?», pour me faire répondre «Coeur de quoi?». J’avais répondu que c’était «le projet solo de la claviériste de Bonjour Brumaire». Je vous laisse imaginer comment on m’avait regardée. On pourrait parler du mauvais disquaire, mais on peut surtout dire que ce moment s’est déroulé il y a plus de dix ans et c’est cette décennie (et accessoirement la rentrée montréalaise de sa tournée) que Coeur de pirate célébrait cette semaine au MTelus.

Coeur de pirate/Photo: Élise Jetté

C’est le Français Gaël Faure qui a le fardeau d’ouvrir le bal pour une foule dissipée et indisciplinée. Sans band, il s’exécute pour quelques pièces qui ne sonnent pas exactement juste. À sa défense, j’ai manqué le début, le gardien de sécurité ne m’autorisant pas à rentrer mon odorant sandwich shish-taouk dans la salle de spectacle.

À l’arrière de la salle, les gens se demandent de qui il s’agit. «Poumon de pirate» ou «intestin de pirate», suggèrent certains spectateurs amateurs d’organes, accotés au bar.

Dans un décor rétro européen et rétro-éclairé et vêtue entièrement de rouge, Coeur de pirate amorce Combustible, tiré de son plus récent album En cas de tempête, ce jardin sera fermé. 

«Je m’appelle Coeur de pirate et ça fait dix ans que je fais ça», lance l’artiste avant de préciser qu’à l’époque elle n’avait aucune confiance en elle et qu’elle a «grandi avec le public». Et il n’y a pas grand-chose de plus vrai lorsqu’on prend un temps pour percevoir l’évolution.

Si les premiers concerts de Béatrice représentaient le portrait officiel de la timidité extrême, c’est aujourd’hui une tout autre histoire. Même dans la voix, tout y paraît. Il y a dix ans, la voix tremblotante de Coeur de pirate cassait souvent en chemin alors que le spectacle à grand déploiement qu’elle nous offre désormais est exécuté avec une voix et des gestes assurés.

Extrêmement à l’aise, l’auteure-compositrice-interprète enchaîne les pièces de tous ses albums avec assurance et s’adresse avec aplomb à son public. Pour Je veux rentrer, elle nous explique même le niveau de difficulté que représente le thème de la pièce, mais la nécessité de la faire devant les gens.

Peu après, elle aborde un cover de Dirty Dirty de Charlotte Cardin, en disant que cette pièce l’accompagnait souvent sous la douche au moment où rien n’allait. Puis Charlotte apparaît à mi-parcours pour l’accompagner, également vêtue de rouge.

Outre ses chansons, elle offre aussi City Lights Cry, pièce du duo Armistice qu’elle formait avec son ex.

«Le brand de Coeur de pirate, c’est surtout de faire des chansons contre mes ex, dit-elle avec humour. Donc ça ne me semblait pas très lucratif de faire cette toune-là.»

Puis, avant d’entamer Place de la République, elle explique à la foule qu’elle a plusieurs TOC: «se laver les mains, placer les vêtements par couleurs unies, sortir uniquement avec des Français». Dans cette chanson, elle a pris l’habitude, avec les années, de changer le nom de la ville où le gars l’attend en fonction de son chum du moment.

Puis, elle nous parle de son nouvel amoureux, un Québécois (yes!) qui lui a annoncé qu’il avait une mère de l’Île-Maurice. Oups. «J’ai encore changé les paroles pour lui», avoue-t-elle en riant.

Pour interpréter Amour d’un soir, Coeur de pirate se lance dans les explications d’un one night stand. «Si vous avez moins de 18 ans, vous demanderez à vos parents», dit-elle. Et elle explique que, elle, de toute façon, elle n’a même pas besoin de frencher le gars pour «s’imaginer avec lui dans un chalet des Cantons-de-l’Est avec un chien».

Le show se termine par Comme des enfants, le premier hit en carrière de Coeur de pirate. La boucle est bouclée. Elle demande au public de chanter avec elle, tout en précisant qu’on peut aussi faire semblant, comme «c’est difficile de comprendre les mots» quand elle chante. De la belle autodérision comme on l’aime.

Le rappel commence par Dans la nuit. Loud entre pour sa partie, vêtu de son plus beau track suit rouge (pour fiter dans le thème de couleur), puis il ressort aussi vite qu’il est entré pour laisser Coeur de pirate faire une dernière toune, Prémonition.

Lors de la salutation du band, on réalise que les musiciens sont tous habillés en gris, pour ne capter aucune attention. Ils ont été dans l’ombre toute la soirée. C’était le soir de Béatrice.

«Merci d’avoir été là pendant dix ans», conclut-elle.

Le buffet : Mélanie Venditti et les molécules

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Toujours dans sa mouvance de rock aquatique, Mélanie Venditti présente Le coeur de la tête, simple accompagné d’un vidéoclip qui n’est peut-être pas sans rappeler vos cours de biologie.

P. Dox, membre en règle du K6A, sort Rewind, un clip rempli de tape.

Faisant suite à sa performance astrale incandescente aux Francouvertes, Barrdo revient avec un nouvel extrait intitulé Engrenage.

Ne regardez pas plus loin pour le clip Look No Further de SUUNS. Y’est icitte.

Wait, c’est un extrait de Meditations I, premier EP d’un triptyque de FOXTROTT. Ce volume introductif est prévu pour le 15 juin.

L’actuel prince héritier du rap québ, Loud, a trouvé sa queen le temps d’un single en la personne de Coeur de pirate. Un trône à surveiller, maintenant qu’un nouveau prétendant s’est déclaré.

Ce petit maxi de Soran est paru il y a quelque temps, mais vous devriez y (re)jeter un coup d’oeil.

Le buffet : Coeur de palmier de pirate de palmier.

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

La seule Prémonition qu’on peut faire en début d’année, c’est que le prochain album de Coeur de Pirate et les singles qui en ressortiront devraient avoir du gros bon sens et une bonne réception globale.

C’est pas des jokes: le retour de Donzelle, c’est une vraie affaire. On peut le voir dans ce vidéoclip de Génie.

Écoute Jason. Ta toune s’appelle Backstab Me et ça se passe dans un chalet où tu es seul. Je m’attends à ce qu’un autre Jason arrive et nous fasse un saut.

On va essayer de suivre. Le blogue texan Gorilla vs Bear a lancé un label appelé Luminelle. Sous Luminelle, tout ce qu’il y a en ce moment, c’est la Québécoise Helena Deland. J’veux dire. C’est cool. Mais c’est difficile à suivre un peu, côté socio-géo-politico-musical. Enfin. Good job, hen, au fond, tant mieux pour elle.

Rien ne change en une nuit, expliquait dans son dernier titre de EP San James. Mais apparence que si ça change avec le temps, tu peux appeler ça Henry.

Dans son plus récent extrait, Olivier Couture nous parle de « Cette Montréalaise » en parlant surtout de sa vie virtuelle. Si tu te reconnais, tu as un solo de vibraphone sans pédale juste pour toi.

Bleu Nuit semble vouloir faire une campagne de séduction chez les anglophones en faisant paraître le clip pour Une Tempête chez Brooklyn Vegan et en partant tourner en Ontario. On verra ben.

Souvent, on m’arrête dans la rue pour me dire «J’adore les Barr Brothers, mais il manque le petit oumf électro. Que faire?» À ces gens: sachez que MUNYA a répondu à vos désirs.

Si vous vous êtes rendus jusqu’ici, donnez donc quelques vues à ce clip de Ta Gueule Dandy. La formation offre du rock classique et compétent qui mérite sans doute un peu plus d’amour.

Le buffet : Cédrik St-Orge en sucre d’Onge (ou l’inverse)

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Est-on exclusif avec le clip J’feel kétaine à soir de Cédrik St-Onge? On espère! Dans le buffet? C’est tellement too much. On va vous faire une assiette de buffet supplémentaire avec les éléments les plus frais, promis.

Il faut admirer le courage de Mara Tremblay. Pas de sortir de la musique, c’est toujours très bon, mais d’avoir un premier single appelé Ton Corps au Mien quand il fait chaud de même. C’est plus invitant qu’on ne pourrait le croire, faites-nous confiance.

Le rose vaporwave est à l’honneur dans la vidéo d’accompagnement du titre La Grève du Bonheur de Gazoline. Le reste est plus rétro-publicitaire-glam-new-wave, mais la palette est adéquate.

Beatrice Keeler nous propose un premier extrait, Keep Astray. L’album Bygone sera disponible dès le 29 septembre. L’album contiendra une pièce écrite par Philippe B et Pierre Lapointe et dix pièces composées par Beatrice. Elle fait partie des belles choses qui peuvent ressortir de La Voix.

Rosie Valland nous présente un EP de quatre pièces en même temps qu’un baume à lèvres brillant parfait pour les Fêtes!

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Alex Nevsky fait paraître une vidéo pour son duo avec Coeur de Pirate intitulé Jeter un sort. On regrette cependant l’absence de Marie-Lise Pilote qui brûlait l’écran avec sa performance hors pair dans le clip de la chanson du même nom de Laurence Jalbert.

Grosse semaine pour Audiogram, d’ailleurs, avec également la parution du nouvel album complet de Sarah Bourdon, incluant un nouvel extrait radio. Très cool de savoir qu’il y a encore des radios qui diffusent de la musique et que partout n’est pas comme à Québec.