Entrevues de crise, série balcons: Bolduc Tout Croche

On ne va pas se raconter d’histoires: les joueurs de balle molle ont la mine basse et les rumeurs de saison annulée nous brisent le cœur environ autant que lorsqu’on regarde des vidéos de familles qui visitent leurs aînés en CHSLD en les saluant à travers la fenêtre. C’est la raison pour laquelle j’ai ressenti l’appel d’une entrevue avec Simon Bolduc, mon chum de balle molle qui est aussi le gars derrière Bolduc Tout Croche. Avec son projet parallèle Balleduc, il sort chaque printemps un EP de balle pour lancer la saison des joueurs. J’étais inquiète, je me suis rendue à son balcon.

Simon Bolduc/Photo: Élise Jetté

«Esti de COVID de cul», dit Bolduc bière à la main au sommet de son colimaçon.

Élise: Hey mon ami, c’est quoi ton état d’esprit en ce moment?

Simon: Je suis extrêmement privilégié et je pense à ceux qui le sont moins et ça, ça m’angoisse. Les personnes âgées surtout. Je m’occupe des personnes âgées, c’est ce que je fais dans la vie. Sont plus rebelles que nous, donc ils me stressent encore plus.

É: Est-ce que la situation actuelle contrecarre certains plans musicaux de ton côté? Notamment, moi, j’attendais avec impatience le prochain album de balle de Balleduc.

S: Il est fini, la pochette est faite. Il me manque juste à intégrer une couple de messages téléphoniques de mes quêteux de clopes dans une des tounes. Ceux qui me demandent toujours des cigarettes, au terrain, je leur ai fait enregistrer des affaires au téléphone. J’enregistre en ce moment la dernière toune qui s’appelle J’mange un petit quelque chose pis j’m’en viens.

É: Ça va tu sortir quand même, même si y’a pas de saison de balle?

S: Non parce que le but, c’est de souhaiter une bonne saison de balle à tout le monde. Si y’a pas de saison de balle, y’a pas de souhait. Par contre, je ferme pas la porte à une édition spéciale. Pour tous les artistes, c’est une drôle de période de création. C’est angoissant de voir le monde publier des choses, de voir qu’ils sont en train de créer dans des studios maison incroyables. J’ai arrêté d’aller à mon studio parce qu’il est pas chez nous. La situation nous met de la pression. C’est bizarre comme moment, ce qui en sort est nécessairement particulier. Je sais pas si je vais réussir à sortir quelque chose d’apocalyptique avec Balleduc. J’essaie de me discipliner, de faire 1-2 heures de guitare par jour pour m’améliorer, mais y’a ben du monde qui voient les autres aller pis ça les stresse à cause des stories de créativité incroyable.

É: Qu’est-ce que tu manges dans ton isolement?

S: Je mange ben!

É: Es-tu allé faire le fou à l’épicerie?

S: Non, mais on cuisine plus à la maison et on fait des grosses batchs. J’ai fait de la soupe aux pois. On mange ça une fois par année à la cabane a sucre, pis la on pourra pas, tsé.

Simon Boludc/Photo: Élise Jetté

É: C’est quoi le dernier show que tu as vu avant de ne plus avoir le droit d’en voir?

S: Katie Moore au URSA. C’était plein. C’est une des artistes de Montréal, dans le folk country, que j’aime le plus. Je vois tellement peu de show, mais celui-là m’a vraiment fait du bien et je suis content que ça ait été le dernier, surtout dans cette salle-là.

É: Laquelle de tes tounes réconforterait le monde en ce moment?

S: Le coup de vent. Elle m’avait mis en quarantaine en 2011, en grosse dépression durant quatre mois. Le master de l’album est sorti en même temps que je suis sorti de mon isolement.

É: C’est quoi l’album que t’écoutes en ce moment pour te faire du bien?

S: Je retourne à mes anciennes amours: le bon hardcore des années 2000. Quand Throwdown chante We Will Rise, je le sens que we will rise en esti le matin. Sinon, je me félicite, au grand désarroi de ma blonde, d’avoir stocké des albums de country à 1 $ et d’avoir gardé ça pour les temps sombres. Je passe à travers toute ma collection de country francophone.

É: Si tu pouvais faire un show n’importe où en ce moment, ça serait où?

S: Dans une vieille agora grecque. J’ai toujours rêvé de faire un show d’agora.

É: C’est qui la personne que t’as le plus hâte de serrer dans tes bras quand tu vas pouvoir aller plus proche que deux mètres?

S: Mon ami Michel. Je m’inquiète pour lui, je m’assure qu’il manque de rien. Il a eu des passes difficiles et j’ai hâte de pouvoir le voir.

É: C’est quoi la première affaire que tu vas faire quand tu vas pouvoir sortir?

S: Je vais aller pitcher la balle comme un malade. Et on va rapiécer les petites choses. En ce moment, je vais m’acheter de la bière, je reviens, je panique, je lave ma bière, je lave mon pain, je veux pas que de l’eau rentre dans mon pain parce que y’a rien de plus dégueulasse que ça. Pis quand tu laves une bière, à devient un peu chaude pis ça gâche toute. Après l’isolement on va rapiécer ça, retrouver le plaisir d’acheter un pain et de la bière sans les laver.

É: Ça serait quoi que tu nous dirais pour qu’on garde espoir?

S: C’est les 14 premières secondes de ça, mon message d’espoir, Élise:

[PRIMEUR] Balleduc présente un clip sportif pour «Ce qui nous sépare (nous ramène au même)»

C’est la deuxième année consécutive que Balleduc, l’alter ego amant de la balle de Bolduc Tout Croche, nous offre un EP de balle juste à temps pour la saison du bronzage-croche-de-chemise-de-baseball.

Balleduc/Photo: Olivier Courtois

Simon Bolduc, à la tête de l’entreprise musico-sportive, nous offre en exclusivité une vidéo qui fera frissonner de hâte tous les joueurs aux bas longs. Réalisé par Olivier Courtois, le petit clip s’inspire d’une bonne 50 tablette, du stade olympique et de la nature.

On a jasé avec Simon Bolduc pour s’imprégner du projet.

C’est aussi efficace qu’un entraînement au bâton au Parc Lafontaine.

Comment ça se fait que la musique et la balle, c’est un bon mariage? 

Pour moi, je préciserais la musique country et la balle. Je suis un raton des milieux populaires communautaires, je pense la vie à partir de là, c’est évident que ces deux aspects, country et baseball, me rejoignent beaucoup et que je tente constamment de mettre les deux en relation.  J’écoute toujours mon George Jones en traversant le parc Lafontaine, avant chaque game.  J’croise Yvon, l’gars qui ramasse des canettes, j’croise les autres équipes, je juge les fendants en chest au volleyball, j’ai mon shirt d’avant-match de George Strait pis j’fais mon smath, tsé c’est ça, c’est communautaire la balle, le country aussi.   

C’est ton deuxième EP qui parle de balle. Comment ça se fait qu’il y a tant à dire sur ce sport? 

Je pense qu’il y a tant à dire sur tout. Une chose est sûre, je ne veux pas être drôle. Mes chansons de balle ne sont pas drôles.  Elles font peut-être un peu sourire, mais j’y parle de l’amitié, de l’amour, de la fraternité, avec sérieux.  La chanson Ce qui nous sépare, c’est réellement inspiré d’une esti de mauvaise journée de janvier pogné entre quatre murs à’ maison. Ça faisait peut-être une semaine que j’disais à ma blonde «pas de stress, demain sera un autre jour». 

Marc-Antoine Sévégny/Photo: Olivier Courtois

Quand ça fait une semaine que tu te dis ça, faut peut-être chercher ailleurs.  C’est là que j’me suis dit que cristie que ça m’ferait du bien d’aller claquer des popups dans le champ, voir mon monde de balle, pis revenir à’ maison plus content, plus de vie, plus d’espoir. C’est drôle pareil tsé, j’ai trois albums complets avec Bolduc Tout Croche, c’est totalement différent, plus introspectif, plus dark, mais pour moi, ça fait du sens quand on met Balleduc pis Bolduc Tout Croche ensemble.  

Simon Bolduc/Photo: Olivier Courtois

En 2018, quand j’ai sorti le premier EP, je l’ai mis dispo 24 h et je l’ai retiré après. J’ai jamais eu autant de messages dans ma boîte en deux semaines que j’aie pu en recevoir en 2 mois avec Bolduc Tout Croche.  C’qui me fait rire, c’pas les tounes de balle, c’est ça.  

Quels aspects de la balle molle essaies-tu de faire découvrir à travers ta musique? 

La fraternité, l’amitié, la famille, la solidarité, la bonne camaraderie et la petite beuverie, la moquerie douce. C’est sur que le vocable du baseball est riche, on peut aller partout. J’ai hésité entre Balleduc et Goodeyes Bolduc.   J’me trouvais tellement drôle pis en même temps, c’tu un esti de beau call sur un terrain: Goodeyes, goodeyes.  

Chaque année, à quel point attends-tu la saison de balle? 

Tsé c’est spécial, tu passes un été avec ta gang de balle pis tu connectes solide. Quand la saison se termine, y’en a pas mal dans gang que tu sais que tu reverras pas avant le mois de mai prochain. C’est ça que j’attends, de revoir ma gang, de reprendre là où on s’est laissés, de recommencer les discussions. 

Simon P. Castonguay/Photo: Olivier Courtois

Aussi, pour moi, un terrain de balle, c’est un sanctuaire. Quand j’étais petit, mon père pis moi on allait une fois par année à Montréal voir les Expos.  Chaque année, mon plus grand émerveillement était quand je rentrais dans la section au stade et que je voyais le grand terrain vert, les uniformes des joueurs, la nonchalance du public. Je tripais ben raide sur le style à Felipe Alou, quel homme!  

C’est très spirituel pour moi, c’est fou à dire, mais y’a pas une place qui me calme plus au monde qu’un terrain de balle. J’suis crissment stressé, on est touts crissment stressés, on pense qu’on est l’meilleur un jour, le pire l’autre, on se démolie à l’idée de voir des fourmis dans les armoires au printemps, on s’met en scène pis on oublie de s’mettre au monde. Sur un terrain de balle, tout le monde est égal, tout le monde fraternise, tout l’monde calme s’est petit criss de nerfs, tout est en place pour la communion.  

C’est quoi le moment le plus fort que tu as vécu par rapport à la balle?

J’ai grandi devant un terrain de balle à Victoriaville. J’ai été coach, marqueur, arbitre, joueur, moi et mon frère on partait vers 17 h au terrain et on revenait vers les 22 h à tous les soirs.  En rentrant, c’tait les Expos avec les idoles de notre époque, Martinez, plus tard Guerrero, et sans oublier la voix réconfortante de Rodger Brulotte qui sonnait chaque soir ou presque entre les murs du 17, Saint-Denis. C’est sans doute un moment fort en soi qui s’étale sur plus d’une dizaine d’années. Mais à mon souvenir, je compte trois moments forts liés à la balle: 

1- Mon père a jamais sorti la balle du terrain du parc Lajoie. Un soir de juillet, mon père au bâton, sa petite famille dans les estrades pour regarder un match de mi-saison d’une ligue de bière, s’élance et frappe très franchement la balle qui vole vers le champ gauche.

Simon Bolduc/Photo: Olivier Courtois

Elle est loin, très loin. Enfin, nous pensons que la malédiction du très honnête joueur Alain Bolduc est terminée et que la balle va enfin sortir du terrain.  Eh ben non, elle est tombée sur les pics de la clôture pour revenir… sur le terrain.  À ce jour, mon père Alain n’a jamais sorti une balle. Si vous croisez Alain, prière de ne pas parler de cet événement troublant.

2- L’année passée, on a décidé de se monter un club de balle moi et mon frère. On a mobilisé des amis, du monde avec beaucoup d’expérience de balle et d’autres sans aucune expérience. Une belle équipe hétéroclite, plein d’amitié, de fraternité, mais sans trop d’espoir de se rendre loin dans les séries.  Ben faut croire que parfois la chimie, le plaisir, la passion supplantent le talent. 

L’équipe des Dragons, contre toutes attentes, s’est rendue en finale de la ligue des associés pour finalement s’incliner devant les méchants Noslom (Molson à l’envers, esti que c’est poche comme nom). D’ailleurs, on devrait se faire remettre notre plaque des finalistes le 19 mai au soir au Quai.   

3- Moins joyeux comme moment, mais c’est un moment trop fort pour l’occulter ici. La saison dernière, notre coach Michel Métivier, probablement une des personnes les plus gentilles et passionnées que je connaisse, a su donner à l’équipe une motivation incroyable par son optimisme, sa motivation et son dévouement à l’endroit des Dragons. Les speechs d’avant-match à Miche pourraient faire l’objet d’un recueil de poésie de balle.  

La chanson Coach au deuxième est d’ailleurs écrite pour Michel.  C’est son histoire, c’est sa manière d’être. On s’est rencontrés il y a cinq ans alors que j’étais son travailleur social. J’ai rencontré ce gars-là cinq ans auparavant totalement démoli par le quotidien de la vie, c’tait rough. Cinq ans après, c’t’un bon chum de la famille Bolduc, des Dragons, de mes ami.e.s. Tout l’monde l’aime. Pis là, aujourd’hui, trois semaines avant la saison 2019, Miche est aux soins intensifs à l’hôpital pis on l’sait pas dans quelle shape y va sortir, si y sort. C’est un moment fort parce qu’il est rentré à l’hôpital le jour où j’ai sorti la toune. J’aimerais tellement lui faire écouter en ce moment, mais y’est pas là pour l’entendre. Si jamais vous l’croiser c’t’été au terrain, prenez de ces nouvelles, pis prenez soin de lui, c’est à son tour de s’faire parler d’amour.   

Balleduc est sur bandcamp:

Le EP Bonne saison de balle la gang sera lancé le 19 mai au Quai des brumes en formule quatuor avec Etienne Galarneau au drum, Marc-Antoine Sévégny à la basse et Simon P. Castonguay à la guitare.

TOP 2018 FRANCO positions 20 à 11

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 20 à 11 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

20 Pierre Lapointe et les Beaux Sans-Cœur – Ton corps est déjà froid

 

Pierre Lapointe a surpris tout le monde le 24 août dernier en sortant un album rock sur lequel il joint sa voix aux instruments des Beaux Sans-Cœur: Philippe Brault, Nicolas Basque, Vincent Legault et José Major. C’est un album qui nous permet d’entendre Lapointe dans un état différent, et pas seulement parce qu’il porte un suit en cuirette «qui respire pas ben ben» pour chanter. Plusieurs pièces nous amènent dans les aléas du rock garage, aux abords du punk, mais tout en demeurant aux confins de l’univers de la chanson à texte. Un bel exploit. (ÉLISE JETTÉ)

19 Fuudge – Les matricides 

Une poésie brutale qui fait du bien, mais en même temps qui me donne envie de faire de la vitesse sur la route, mais en faisant attention. Des fois t’as besoin de te mettre dans un mood weird et deep, sans que ça t’affecte trop mentalement. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

18 Ponctuation – Mon herbier du monde entier

Écrit de manière un peu éparpillée entre une tournée internationale, de brefs retours à la maison et des répétitions diverses, Mon herbier du monde entier se dresse comme une espèce de collage de pièces garage-rock faisant le tour d’une intéressante variété d’états d’esprit disparates. Toujours ancré dans sa formule inspirée des années 1960, le band pousse ici occasionnellement ses explorations stylistiques dans le stoner-rock et l’alternatif, faisant de ce troisième album un projet qui brille par son efficacité. Ce possible dernier projet de la formation de Québec prouve toute l’étendue du talent du band (désormais essentiellement mené par Guillaume Chiasson) tout en gardant le petit edge qu’on lui connait. Yessir Miller! (ALEXANDRE DEMERS)

17 Ariane Zita – J’espère que tu vas mieux 

L’EP qui touche les cœurs de tous ceux qui l’écoutent et le réécoutent. Elle a lancé cet EP au début de l’été et ce fut un moment idéal pour nos cœurs fraîchement sortis d’un hiver assez brutal. Île Dorval te fera pleurer d’amour et J’espère que tu vas mieux te fera pleurer de cuteness. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

16 Antoine Corriveau – Feu de forêt 

C’est dans le cadre de son spectacle de Coup de coeur francophone en novembre qu’Antoine a offert officiellement cet EP qui N’EST PAS une lumière au bout d’un lugubre tunnel musical pour le musicien contrairement à ce que pourrait laisser croire sa photo de presse dans le soleil du matin. On est heureux que cet EP ne soit pas tombé dans l’oubli comme son premier EP paru en 2008 et nommé Entre quatre murs. «La photo de la pochette, c’est moi, dans un bain, dans un Brault & Martineau», a confié Antoine durant le spectacle de novembre. (ÉLISE JETTÉ)

15 Dave Chose – Dave Chose 

Débutant au son austère de l’orgue l’album de Dave Chose m’a plus fait penser à Plume Latraverse et Dinosaur Jr. qu’à une messe dominicale. En bon clown triste, le rockeur raconte un quotidien dont la banalité peut parfois être aussi terrifiante ou ridicule que les pires sermons de curé. Une écriture ironique, juste, soutenue par des arrangements qui allient des moments grandioses à la vulnérabilité de l’intime. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

14 FouKi – Zay 

Le jeune montréalais Fouki signe avec Zay son premier album avec l’étiquette 7ième ciel. Avec son acolyte et compositeur QuietMike, il livre un album de bonne qualité et bien enfumé par la SQDC. À l’instar d’un bon projet rap, le montréalais s’entoure de quelques collaborateurs, apportant un vent de fraîcheur à sa voix singulière. Un album qui demande quelques écoutes attentives pour bien y capter les différentes subtilités. Un artiste qui a une énergie incontrôlable sur scène.  (MATHIEU AUBRY)

13 Bolduc Tout Croche – Grande santé 

«Personne n’est libre tant que tout l’monde n’est pas libre.» Ce n’est qu’une seule des grandes vérités qui se trouvent sur ce troisième album de Bolduc Tout Croche, une analogie mélancolique et philosophique dans laquelle se mêlent habilement les mots doux et brutaux. Si tu ne restes jamais accroché au country, essaye celui-ci. Si tu joues à la balle, tu vas comprendre des affaires que les autres comprendront pas. C’est un privilège. (ÉLISE JETTÉ)

12 Zouz – EP 2 

Orchidées est dans mon top 3 des meilleures chansons 2018. Zouz nous offre de très hauts niveaux d’intensité en show; j’ai des frissons jusque dans l’ongle du petit orteil. Cet EP nourrit mes sessions de cuisine lorsque je ne veux pas trop cuire mon quinoa. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

11 Anatole – Testament 

Le squelette est mort, puis ressuscite dans un univers sombre dans lequel la voix d’Alex Martel luit avec mystère. Aux sons de la batterie électronique et de la guitare mélodramatique, Testament nous entraîne à un rythme effréné vers la piste de danse, où tous peuvent devenir invincibles. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

À VENIR SUR FAV: 

  • TOP 2018 FRANCO POSITIONS 10 à 1 – mercredi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 20-11 – jeudi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 10 à 1 – vendredi

Bolduc Tout Croche s’en va tout droit

Il y avait du monde en grande santé au lancement de Bolduc Tout Croche la semaine passée. Évidemment, comme Simon Bolduc appartient au merveilleux monde des joueuuuux de balle, environ 72% des gens présents au Verre Bouteille faisaient partie de la catégorie «gens qui maîtrisent le base-ball ou presque».

Bolduc Tout Croche/Photo: Élise Jetté

Quand La manche ouverte de Simon Bolduc ouvre sa Grande santé, on entend immédiatement tout ce qu’il faut pour créer une excellente toune country-folk: le pouvoir de raconter une histoire. Quand il nous dit «jamais tu ne retiendras tout ce qu’on s’est dit là-bas», tu le sais que, si tu y allais, là-bas, c’est vrai que tu ne retiendrais rien. Tu y crois.

Quand le Grand travailleur nous dit qu’il n’aura «jamais plus cette sorte de peur cette sorte de peur non jamais plus de tomber malade ou de tomber à terre», on le sait que ça en est fini de cette peur. Pour vrai.

«Je l’ai fait avec amour», nous dit Simon par rapport à ce nouvel album. On le sait, Simon! «Je dirai rien de pertinent à part dire merci à du monde», annonce-t-il avant de souligner l’apport incommensurable de son précieux acolyte Marc-Antoine Sévégny qui a réalisé l’album, distribué des affiches, placé des micros, écrit des courriels… «Sans lui y’a rien de possible», dit-il par rapport à son ami.

La suite de grandes vérités se poursuit avec Les cohérences de certains croyants dans laquelle on peut entendre «personne n’est libre tant que tout l’monde n’est pas libre».

Simon Bolduc/Photo: Élise Jetté

«Je pensais jamais mettre une toune de base-ball sur mon album», dit celui qui est pourtant l’un des plus grands fans du jeu. «Je me suis rendu compte que mon comportement de balle molle est pas différent de mon comportement dans la vie. J’ai écrit cette chanson pour faire la paix avec moi-même», ajoute-t-il avant de nous faire sa Révolution expliquée par le base-ball #2.

C’est son équipe de balle qui est satisfaite:

Des coéquipiers contents/Photo: Élise Jetté

Bolduc Tout Croche est en spectacle ce soir, 1er novembre, au Quai des Brumes, dans le cadre de Coup de coeur Francophone. Il y a OUI! en première partie. Et tu peux acheter ton billet à la porte.

Le buffet : Joe Rocca, dinde et atocas…

Chaque lundi mercredi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Joe Rocca (Jo RCA) de Dead Obies se lance en solo de manière sensuelle avec la chanson Commando, le premier extrait d’un EP attendu au printemps 2017. Attention, c’est chaud.

Fred Fortin, le numéro 13 de notre TOP FRANCO 2016, nous présente un magnifique clip pour Oiseau, réalisé par Robin Aubert et mettant en vedette les enfants de Fred Fortin.

Connus tous les trois grâce à la panoplie de projets auxquels ils collaborent, David Marchand (Mon Doux Saigneur, Eliza, Bolduc Tout CrocheÉtienne Dupré (Fire/Works, Caltâr-Bateau) et Francis Ledoux (Jesse Mac Cormack, Emilie & Ogden) propose Hubert, le premier extrait du EP de zouz, leur nouveau trio qui sortira un premier EP au début de l’hiver.

Le quatuor électro Men I Trust dévoile une nouvelle chanson et un clip tourné en Chine.

Milk and Bone fait une recette de biscuits (et un cover de Last Christmas) dans un décor et un accoutrement kitsch juste à temps pour le réveillon!

On se baigne dans le funk avec L’Amalgame et Of Course. Un clip de Lenskeight Production capté au Club Soda.

À la veille du temps des Fêtes, on a trouvé la recette du bonheur. Oui, oui! C’est une série de classiques des années 80 et 90 repris manière karaoké: Minneapolis Normcore Karaoke Mixtape. Merci Navet Confit

L’album L’appartement de Ludovic Alarie qui sortira le 27 janvier est disponible en pré-commande. Voici le premier extrait!

Avoir de la peine à Noël, c’est à la mode! Coeur de pirate te propose son EP de Noël triste sur lequel elle reprend Tino Rossi, Wham! et Anne Renée.

Petit projet fort cool: En collaboration avec l’équipe du festival SOIRLes Mêmes-Cacaïstes annoncent l’ouverture de leur espace éphémère du 1er janvier au 30 juin. Lieu d’exposition évolutive de leur travail le jour et d’happenings artistiques la nuit. Lary Kidd, Joe Rocca et Charlie Schulz y offriront une prestation le 20 janvier à 20h.

Joyeux Noël!

Et si jamais t’as pas fini tes cadeaux de Noël:

EN RAPPEL: NOTRE TOP 10 FRANCO 2016 ET NOTRE TOP 10 ANGLO 2016!

Diapason 2016 : Une fin de semaine au pays de Sainte-Rose à Laval

Il mouillait à boire debout, samedi midi, sur l’Île de Montréal, alors que je comptais me rendre à mon rendez-vous annuel à Sainte-Rose, Laval, pour la huitième édition du Festival Diapason. Bien déçu, j’ai troqué mon vélo pour un transport en voiture. La municipalité de l’Île Jésus devra me re-séduire, puisque la piste cyclable a beaucoup ajouté à mon expérience de l’an dernier.

 

Samedi 9 juillet: Comme si j’étais Luck Mervil

Un billet pour le Festival de Jazz et de fausses promesses de mon fournisseur internet m’ont tenu loin de Laval pour les deux premiers jours de Diapason. Ainsi, j’ai malheureusement manqué des performances, entre autres, de Bernhari, Rosie Valland, Simon Kingsbury, We Are Wolves et Les sœurs Boulay. J’y ai même manqué Les Goules, ce qui vient vraiment diminuer ma cote d’assiduité sur mon défi personnel de voir le plus de spectacles possible de la tournée Coma.

On m’a proposé de me joindre à quelques journalistes et blogueurs pour découvrir Sainte-Rose et les différentes activités du festival. J’ai préféré me mêler à la foule foisonnante de Diapason. Vivre le terrain. Avec les spectacles sur la Scène Découverte, devant l’école Villemaire, l’expérience Diapason ne sera que plus complète! Surtout si je parviens à voir Marc Gravel de Laval, North of the Border, Give Me Something Beautiful et La Greffe.

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Programmation de la Scène Découverte, 9 juillet

Sauf qu’il mouillait à boire debout, samedi midi, sur l’Île Jésus aussi. Alors, hormis Marc Gravel de Laval qui a joué un peu avant mon arrivée, tout était annulé. C’est bien dommage pour le festival, et aussi pour l’unique festivalier présent sur le site: moi. J’aurais aimé, comme Luck Mervil, être seul dans la foule, mais la foule elle-même ne m’en a pas laissé le privilège.

Comme la pluie tombe sur la mer…/Photo: Etienne Galarneau
Comme la pluie tombe sur la mer…/Photo: Etienne Galarneau

Au moins, le Salon du vinyle et de la musique est ouvert jusqu’en soirée dans l’école Villemaire. Cependant, l’absence de festivaliers coupe court aux activités. J’ai le temps de fouiller pour quelques aubaines pendant que les exposants, présents depuis le petit matin, commencent à quitter vers 16h30. Parmi mes trouvailles, le nom de ce duo guitare et flûte de pan m’interpelle particulièrement.

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Toute une famille, de toute évidence/Photo: Etienne Galarneau

De retour sur la rue Sainte-Rose, je cherche une activité qui n’est pas mise en péril par la pluie. À ma grande déception, les ateliers de karaté shotokan ne sont pas reliés à Diapason.

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Le karaté, c’est le mardi et le jeudi/Photo: Etienne Galarneau

Je retrouve des collègues qui ont fait la tournée médiatique et je commence à me dire que je pourrais les rejoindre. Cette décision se conclut par un repas au Boating Club de Laval qui a gâché ma vie: savoir que je ne pourrai manger la nourriture de ces chefs tous les jours rend désormais mon existence similaire au septième cercle de l’enfer. Mais je m’égare.

Toujours est-il qu’en plus de me rendre existentialiste, ce repas m’a également fait arriver sur le site principal un peu après la prestation de The Vasts. Par chance, Diapason voit son terrain rempli par des festivaliers enthousiastes. Pour Milk and Bone ainsi que Timber Timbre qui suivent juste après, le public est ouvert, à l’écoute et très satisfait. En général, les gens sont plus heureux que ce surveillant du trampoline, fermé en raison des intempéries.

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C’est pas son quart de travail le plus trépidant, on va se le dire/Photo: Etienne Galarneau

Milk and Bone introduit le mot qui résume le mieux la programmation du samedi: audace. L’audace de commencer une prestation avec Coconut Water, leur plus gros succès. Certaines langues salles pourraient dire qu’il n’y a plus rien à présenter après le hit, mais les filles confondent les sceptiques, exactement comme le ferait le Capitaine Bonhomme. Leur performance est ponctuée par quelques nouveaux morceaux, notamment une musique composée pour la bande sonore du film King Dave de Podz. Le tout se conclut par une autre nouvelle composition, présentant des accents beaucoup plus dansants que ce que nous a proposé le duo par le passé. Un signe de bon augure pour leur postérité.

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Milk and Bone/Photo: Etienne Galarneau

La suite est offerte par Timber Timbre. À la demande du groupe, nous ne pouvons prendre des photos qu’à partir de la console au fin fond du terrain, et ce, durant les deux premières chansons seulement. J’ai tenté l’expérience durant le spectacle de Milk and Bone. À distance égale, le résultat est le suivant. Et rappelons-nous que je suis un expert photographe.

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Milk and Bone pas net/Photo: Etienne Galarneau

Pour la peine, nous avons tenté de recréer avec grand talent une scène du spectacle. La formation est placée à contre-jour avec de grands éclairages monochromes pendant une grande partie de la performance. Le tout crée une ambiance psychédélique et mystérieuse qui ajoute du grandiose au spectacle. Timber Timbre est électrisant. Dans ses interventions fugaces, Taylor Kirk remercie le festival et ajoute un énigmatique «It’s not so bad after all». Parle-t-il de la météo ou de la ville de Laval? Nul ne saurait dire.

Timber Timbre, dans l’œil de Galarneau
Timber Timbre, dans l’œil de Galarneau

Dimanche 10 juillet: le rattrapage

Pour une raison ou une autre, j’ai été sollicité pour faire l’animation musicale sur le site du festival dès 11h le dimanche. Acoquiné avec un membre du personnel, j’arrive très tôt sur le site et je crains de revivre la solitude. La température est encore un peu grise à l’Île Jésus et on sent les remous de la veille. De 11h à 13h, les âmes sont rares à Diapason. On apprend cependant que le responsable des grillades aime Pup, les serveuses au bar trippent Dead Obies, la sécurité adore Dubmatique et les spectateurs assis à la zone VIP ont un faible pour Richard Séguin. On salue au passage ce spectateur qui a profité de l’événement pour alimenter son Snapchat.

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On intercepte le début de la performance de Bolduc Tout Croche qui présente son country chargé d’une sensibilité urbaine unique et touchante. Il ajoute également quelques pièces électriques, absentes de sa performance aux Francofolies, qui lui donnent un côté rock très appréciable et qui ajoutent une belle diversité à la prestation. Une performance égale à l’accueil du Festival, selon l’artiste: «king size».

Bolduc Tout Croche/Photo: Etienne Galarneau
Bolduc Tout Croche/Photo: Etienne Galarneau

Pharaon joue sur la Scène Découverte, enfin ouverte!, mais a presque terminé sa performance lorsque j’arrive pour les voir. Leur proposition noisy me donne confiance en la formation, malgré la présence d’un violon; signe de méfiance chez moi depuis Capitaine Révolte et Yellowcard. À mettre sur ma liste des groupes à voir dans un avenir rapproché.

Pharaon/Photo: Etienne Galarneau
Pharaon/Photo: Etienne Galarneau

Retour à la Scène Principale pour capter Pépé et sa guitare (et son ukulélé, des fois, aussi). Je ne l’ai pas vu en performance depuis environ 11 ans et son spectacle à Diapason ne m’a pas dépaysé. Ce qui est un bon signe. Le début est marqué par de vieux classiques et le chanteur transite tranquillement vers des titres d’albums plus récents. On note le travail exemplaire de deux musiciens qui s’échangent basse, guitare et percussions. Il interprète également un nouveau titre, intitulé «C’pas parce que t’as quequ’tattoos qu’t’es tough», qui parle peut-être de notre rédactrice en chef, Élise Jetté.

Pépé et sa guitare/Photo: Etienne Galarneau
Pépé et sa guitare/Photo: Etienne Galarneau

Au même moment, Mordicus propose des hits de ses albums Cri Primal et Edgar Allan Pop sur la Scène Découverte. Mention spéciale aux interventions du chanteur Max Desrosiers, qui souligne que c’est «un bel après-midi malgré la pluie, les intempéries et les incertitudes à ne pas savoir quoi mettre».

Mordicus/Photo: Etienne Galarneau
Mordicus/Photo: Etienne Galarneau

On doit malheureusement trancher entre les ShrimpS sur la Scène Découverte et Mononc’ Serge à la Berge des Baigneurs. N’ayant jamais vu l’ancien bassiste des Colocs en spectacle, je me laisse tenter par ce dernier. Sa performance séduit évidemment le public, réuni en grand nombre en ce dimanche après-midi, mais est surtout orientée vers des titres de son plus récent opus, 2015, qui n’est pas nécessairement mon favori. Le tout reste quand même bien rendu et charmant, malgré le propos cru et graphique du chanteur.

Mononc’ Serge/Photo: Etienne Galarneau
Mononc’ Serge/Photo: Etienne Galarneau

Petite escapade en haut de la côte vers la Scène Découverte où Samuele offre une performance énergique et précise. Pendant notre bref passage, elle mentionne que son style se décrit comme du «stoner rock blues fusion». On se demande si cette étiquette n’est pas aussi valide pour la formation Fuudge. Pourtant, musicalement, la ressemblance n’est pas frappante. Nous y réfléchirons plus tard.

Samuele/Photo: Etienne Galarneau
Samuele/Photo: Etienne Galarneau

Retour à Mononc’ Serge, qui propose des pièces un peu plus vieilles. Il commence Hitler Robert, de son Serge Blanc d’Amérique et fait chanter «Hitler» à la foule. Je ne sais pas trop si je suis à l’aise. Sur une note plus heureuse, le chanteur nous fait également part durant la performance qu’il n’a «jamais joué devant autant de chiens». Ce qui nous paraît contre-indiqué, puisque ceux-ci sont interdits sur le site.

Un peu moins interdit que les armes blanches, mais encore moins qu’un lunch
Un peu moins interdit que les armes blanches, mais encore moins qu’un lunch

Le chansonnier conclut finalement avec ses pièces Laval (de circonstance), Marijuana et une pièce inédite qui se moque du public qui a consacré son après-midi à venir voir Mononc’ Serge. L’autodérision est bonne, mais nous devons contredire le musicien, car la performance a su rallier tout le monde, y compris ce spectateur que nous avons peut-être aperçu aussi à la Saint-Jean de Laval.

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Il est 16h40 quand tout le monde quitte, bien heureuses et heureux, sous le rythme endiablé de la chanson Amoureuse de Marjo. Une conclusion parfaite pour une fin de semaine mouvementée.

Évidemment, les aléas sont ce qu’ils sont et on aurait préféré tout voir et tout entendre. On ne contrôle pas la pluie et c’est dommage pour le festival. Diapason, qui en est à sa huitième édition officielle, mais deuxième sous sa nouvelle formule, n’a cependant rien à se reprocher. La programmation mélange adroitement les terrains communs, l’audace et la découverte. L’apport des musiciens provenant de Laval est important et montre la vivacité de la scène locale. De plus, les diverses activités extra-musicales sont intéressantes et valent le détour. À ajouter à vos calendriers pour l’an prochain. En implorant dame nature, à la manière du propriétaire du Beach Club de Pointe-Calumet, que la température sera du rendez-vous pour la prochaine édition.

FrancoFolies de Montréal : la CISM-mania du dimanche soir

Très grosse soirée pour la station de radio étudiante de l’Université de Montréal, CISM, qui, dans le cadre des éternelles célébrations de son 25e anniversaire, présentait hier trois spectacles et événements au festival. Au programme: Bolduc Tout Croche, la famille élargie de Canailles avec Bernard Adamus, Mononc’ Serge et Stephen Faulkner et une soirée dansante au Shag du Métropolis.

Canailles/Photo: Élise Jetté

On va y aller d’un aveu dès le départ: je suis moi-même membre de la grande famille de CISM 89,3 FM, La Marge et je me faisais donc un plaisir de pouvoir assister à ces célébrations.

Ma soirée commence à 19 h, alors que, directement après ses diffusions live du site du festival, l’organisation présente le troisième volet de sa série En Marge des FrancoFolies avec, pour la soirée, Simon Bolduc et son groupe Bolduc Tout Croche. La formation, en formule quatuor, vient nous faire entendre son folk, fortement teinté de country, grâce à l’ajout de lapsteel dans l’instrumentation. Bien en forme malgré le froid qui procure à Bolduc l’occasion d’expérimenter des  »trémolos naturels » avec ses mains qui tremblent, le groupe joue, en tout, près d’une demi-heure devant les quelques spectateurs qui ont décidé de braver courageusement la pluie et le vent et les 11 degrés.

Je me déplace ensuite directement vers la scène juste à côté, question d’assister à une réunion entre l’illustre Yves Lambert et le pas mal effacé Socalled. Le rappeur montréalais se retrouve en effet avec un petit rôle de claviériste et de percussionniste en arrière-plan, derrière le chansonnier omniprésent. Seul moment de mise en évidence pour lui: l’interprétation live de sa reprise actualisée de Zigue.

À 21 h, c’est finalement l’heure de l’événement principal de la soirée, et pas juste de la mienne, mais bien de l’ensemble des Francos, alors que Canailles monte sur la scène principale, juste après un discours expéditif de Benoît Poirier, directeur musical de CISM, qui parle notamment d’aventure. Il omet de saluer Étienne Dubuc, grand manitou de la programmation sur les mêmes ondes et architecte de l’événement.

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Canailles/Photo: Élise Jetté

Canailles prend pas mal plus le temps de savourer le moment, commençant sagement sans invités, le temps de quelques chansons de son répertoire. Le premier à venir les rejoindre est Monon’c Serge, qui vient chanter sous des applaudissements nourris Coupe Couillard, extrait de son album 2015, puis plus tard Fourrer, au plus grand plaisir de la foule.

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Mononc’ Serge/Photo: Élise Jetté

Stephen Faulkner, visiblement peu connu du public, vient ensuite prendre la relève, suivi directement par Bernard Adamus. Si la scénographie et les projections coquines et vintage impressionnent, le rythme du spectacle est un peu moins appréciable avec ses entrées et sorties de scène constantes de la part des différents invités.

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Canailles/Photo: Élise Jetté

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Canailles/Photo: Élise Jetté

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Canailles (Érik Evans)/Photo: Élise Jetté

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Canailles et Bernard Adamus/Photo: Élise Jetté

On finit tout de même par réussir à réunir tout les membres originaux de Canailles et à refaire monter tout le monde sur scène pour un beau rappel collectif sur un succès souvenir de Faulkner.

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Stephen Faulkner et Canailles/Photo: Élise Jetté

Je me déplace ensuite vers la scène adjacente pour assister au set de Violett Pi, qui vient nous jouer avec ses belles robes un mélange soigneusement sélectionné de pièces de son dernier album Manifeste contre la peur, incluant le buzz Énergie du mois, et du matériel plus ancien. Le résultat rassemble une vaste foule, assez en énergie d’ailleurs. Le groupe semble satisfait. La troupe de Karl Gagnon nous fait même l’honneur d’un rappel, phénomène peu courant pour les spectacles de fin de soirée.

Dernier événement de ce marathon dominical: la traditionnelle présentation d’un DJ set au deuxième étage du Métropolis. Pour l’occasion, ce sont Étienne Champagne (Rythmologie), Annie Calamia (Les Rebelles soniques) et Dany Gallant (Le Programme), tous de CISM, qui prennent d’assaut les platines, se relayant pour nous offrir un mélange agréable et dansant de funk, de disco, de soul et de house. Le tout culmine avec la désormais inévitable chanson Chien galeux du Nouveau Rappeur, avant que tout se termine en énergie sur Chasseur de dragon des Gouroux. Bonne fin de soirée éclectique, mais fort sympathique, à l’image de ses présentateurs.

Le buffet : Rosie Valland dans une salade de fleurs comestibles

Chaque lundi au matin, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine dernière. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Photo de Rosie Valland sans la salade: LePetitRusse

Rosie Valland nous a fait un belle surprise: un nouveau EP de 5 pièces après un album généralement adulé par la critique l’automne dernier. Ça s’appelle Nord-Est, pis c’est beau.

Laura Sauvage présente un premier extrait de son album Extraordinormal, à paraître le 25 mars.

Une nouvelle toune de Hologramme avec les boys de Dead Obies Joe Rocka et Snail Kid.

Toute qu’un retour après 9 ans d’absence. Les Goules nous offrent un nouvel album sous l’étiquette Duprince.

Paralyzer nouvel extrait de l’album Hold/Still de Suuns à paraître le 15 avril chez Secret City Records

Rouge à lèvres, première toune du projet solo de Julien Déry de Mauves. Ça donne le goût de se maquiller.

Voici un EP de 1 toune par Oktoplut.

Enfin disponible: le premier album solo de Marie-Eve Roy.

On attend avec impatience l’album de reprises (d’elle et d’autres et le La Patère rose) de Fanny Bloom. Ce premier extrait est full beau.

Le Volume 2 de Bolduc Tout Croche sortira le 25 mars. Un extrait en attendant: