TOP 2018 FRANCO positions 20 à 11

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 20 à 11 de nos albums/EP francophones préférés de l’année.

20 Pierre Lapointe et les Beaux Sans-Cœur – Ton corps est déjà froid

 

Pierre Lapointe a surpris tout le monde le 24 août dernier en sortant un album rock sur lequel il joint sa voix aux instruments des Beaux Sans-Cœur: Philippe Brault, Nicolas Basque, Vincent Legault et José Major. C’est un album qui nous permet d’entendre Lapointe dans un état différent, et pas seulement parce qu’il porte un suit en cuirette «qui respire pas ben ben» pour chanter. Plusieurs pièces nous amènent dans les aléas du rock garage, aux abords du punk, mais tout en demeurant aux confins de l’univers de la chanson à texte. Un bel exploit. (ÉLISE JETTÉ)

19 Fuudge – Les matricides 

Une poésie brutale qui fait du bien, mais en même temps qui me donne envie de faire de la vitesse sur la route, mais en faisant attention. Des fois t’as besoin de te mettre dans un mood weird et deep, sans que ça t’affecte trop mentalement. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

18 Ponctuation – Mon herbier du monde entier

Écrit de manière un peu éparpillée entre une tournée internationale, de brefs retours à la maison et des répétitions diverses, Mon herbier du monde entier se dresse comme une espèce de collage de pièces garage-rock faisant le tour d’une intéressante variété d’états d’esprit disparates. Toujours ancré dans sa formule inspirée des années 1960, le band pousse ici occasionnellement ses explorations stylistiques dans le stoner-rock et l’alternatif, faisant de ce troisième album un projet qui brille par son efficacité. Ce possible dernier projet de la formation de Québec prouve toute l’étendue du talent du band (désormais essentiellement mené par Guillaume Chiasson) tout en gardant le petit edge qu’on lui connait. Yessir Miller! (ALEXANDRE DEMERS)

17 Ariane Zita – J’espère que tu vas mieux 

L’EP qui touche les cœurs de tous ceux qui l’écoutent et le réécoutent. Elle a lancé cet EP au début de l’été et ce fut un moment idéal pour nos cœurs fraîchement sortis d’un hiver assez brutal. Île Dorval te fera pleurer d’amour et J’espère que tu vas mieux te fera pleurer de cuteness. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

16 Antoine Corriveau – Feu de forêt 

C’est dans le cadre de son spectacle de Coup de coeur francophone en novembre qu’Antoine a offert officiellement cet EP qui N’EST PAS une lumière au bout d’un lugubre tunnel musical pour le musicien contrairement à ce que pourrait laisser croire sa photo de presse dans le soleil du matin. On est heureux que cet EP ne soit pas tombé dans l’oubli comme son premier EP paru en 2008 et nommé Entre quatre murs. «La photo de la pochette, c’est moi, dans un bain, dans un Brault & Martineau», a confié Antoine durant le spectacle de novembre. (ÉLISE JETTÉ)

15 Dave Chose – Dave Chose 

Débutant au son austère de l’orgue l’album de Dave Chose m’a plus fait penser à Plume Latraverse et Dinosaur Jr. qu’à une messe dominicale. En bon clown triste, le rockeur raconte un quotidien dont la banalité peut parfois être aussi terrifiante ou ridicule que les pires sermons de curé. Une écriture ironique, juste, soutenue par des arrangements qui allient des moments grandioses à la vulnérabilité de l’intime. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

14 FouKi – Zay 

Le jeune montréalais Fouki signe avec Zay son premier album avec l’étiquette 7ième ciel. Avec son acolyte et compositeur QuietMike, il livre un album de bonne qualité et bien enfumé par la SQDC. À l’instar d’un bon projet rap, le montréalais s’entoure de quelques collaborateurs, apportant un vent de fraîcheur à sa voix singulière. Un album qui demande quelques écoutes attentives pour bien y capter les différentes subtilités. Un artiste qui a une énergie incontrôlable sur scène.  (MATHIEU AUBRY)

13 Bolduc Tout Croche – Grande santé 

«Personne n’est libre tant que tout l’monde n’est pas libre.» Ce n’est qu’une seule des grandes vérités qui se trouvent sur ce troisième album de Bolduc Tout Croche, une analogie mélancolique et philosophique dans laquelle se mêlent habilement les mots doux et brutaux. Si tu ne restes jamais accroché au country, essaye celui-ci. Si tu joues à la balle, tu vas comprendre des affaires que les autres comprendront pas. C’est un privilège. (ÉLISE JETTÉ)

12 Zouz – EP 2 

Orchidées est dans mon top 3 des meilleures chansons 2018. Zouz nous offre de très hauts niveaux d’intensité en show; j’ai des frissons jusque dans l’ongle du petit orteil. Cet EP nourrit mes sessions de cuisine lorsque je ne veux pas trop cuire mon quinoa. (MARIELLE NORMANDIN PAGEAU)

11 Anatole – Testament 

Le squelette est mort, puis ressuscite dans un univers sombre dans lequel la voix d’Alex Martel luit avec mystère. Aux sons de la batterie électronique et de la guitare mélodramatique, Testament nous entraîne à un rythme effréné vers la piste de danse, où tous peuvent devenir invincibles. (JULIEN ST-GEORGES TREMBLAY)

À VENIR SUR FAV: 

  • TOP 2018 FRANCO POSITIONS 10 à 1 – mercredi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 20-11 – jeudi
  • TOP 2018 ANGLO/INSTRU POSITIONS 10 à 1 – vendredi

Ariane Zita déglace le Quai

Depuis longtemps, je le dis. Ariane est faite pour chanter des tounes de Noël. Ça fit. Toute fit. She just got it. En plus, elle adore Noël. Retour sur le show d’Ariane Zita au Quai des Brumes. Son premier show post-hack-Facebook-recettes-cheap.

Ariane Zita/Photo: Élise Jetté

Lunettes pleines de brume (les vrais savent. Lol, joke. Je déteste cette expression), je rentre tout bonnement dans cette salle peu connue de Montréal, le Quai des Brumes. «On se les gèle, putain!» dixit Vincent Cassel me dis-je soudainement. En espérant que le Quai ait mis du cash dans leur hydro pour chauffer, je m’assois, dénudée de ce manteau d’hiver.

Eamon McGrath/Photo: Élise Jetté

Je prends la première gorgée de mon Eska pétillante et le premier artiste de la soirée, Eamon McGrath monte sur scène, cheveux au front. Avec une vibe très canadienne-anglaise qui me donne soudainement envie de me retrouver au top du Mont Jasper, il chante haut et fort quelques airs de musique «rock indépendante» acoustique.

Eamon semble être un bon jack, mais je ne suis pas sûre. Mon analyse est floue… je ne peux pas voir ses yeux. Eamon est fier de son volume capillaire. C’est bien, être fier.

Si je peux me vanter d’une prédiction que je m’étais faite mentalement après avoir entendu une toune de Eamon, c’est que je savais qu’on allait entendre le mot «salvation» tôt ou tard. Thing done.

Sa voix me fait penser à mon cégep; lorsque j’allais voir des shows de bands indie rock doux avec mon ami Richard. J’ai vraiment eu une vibe d’un show de Snow Patrol de 2007. Je me sens réellement dans l’Ouest canadien et c’est sûrement grâce à sa voix qui envoute le Quai. Sa mission est réussie.

Ariane Zita/Photo: Élise Jetté

Ariane Zita  et Caterino AKA Catherine-Audrey AKA Catherine-Audrey Lachapelle embarquent sur scène et préparent leur set, le sourire aux lèvres. Les deux artistes nous procurent de magnifiques sensations dans nos tympans avec des harmonies vocales ma foi très satisfaisantes.

Ariane nous chante quelques classiques de Noël, tel que Sentiers de neige. De plus, elle nous chante sa propre création de Noël, la chanson intitulée Mon cadeau c’est toi.

Tout en grelottant et en frottant mes chevilles et mes mollets pour les réchauffer, j’apprécie ce que je vois, ce que j’entends. Soulignons ici la lumière très «vapor-cozy» de cette soirée hivernale.

Ariane Zita et Catherine-Audrey/Photo: Élise Jetté

Ariane nous parle du fait qu’elle a un lutrin avec des paroles. Elle n’a pas eu le temps d’apprendre les paroles parce qu’elle s’est fait tout récemment «hacker par quelqu’un en Asie et cette personne mettait sur Facebook des recettes de ramen cheap». Ariane a dû régler ce problème non-nécessaire à sa vie. On est contents que tu aies pu récupérer ton crochet bleu. «L’or bleu de Facebook», comme elle dit si bien.

La boule disco/Photo: Élise Jetté

Pendant une chanson, un dude random (employé du Quai, je présume, entre à toute vitesse et même pas rendu dans le fond du bar, il crie à je ne sais qui: «J’AI ACHETÉ TOUTE TA SAUCE» ou quelque chose comme ça. Intéressant, cependant tu peux

1) ne pas crier pendant un show

2) attendre d’être rendu à côté de ton collègue du Quai pour lui parler de sa sauce.

Ariane Zita et Catherine-Audrey/Photo: Élise Jetté

«Je ne sais pas si ça parait, mais on est à la 10e». En effet, ça passe vite quand on est ben. Je gèle, mais ça passe vite pareil. Et personne dans le public ne semble satisfait d’être rendu presque à la fin du show.

Ce spectacle annonce le début des Fêtes, le début de l’hiver. Si Ariane pouvait faire ça chaque année, dans la même ambiance, notre hiver serait plus lumineux.

[FRANCOS 2018] Boom Desjardins et Fouki, frères de francophonie

Il y a quelque chose de très poétique dans le concept de pouvoir voir Boom Desjardins et Fouki dans le cadre du même évènement. La musique francophone étant une grande famille, les frontières peuvent tomber dans tous les sens si on prend le temps d’analyser.

Un même mot peut être crié sur une pièce post punk ou murmuré dans une interprétation piano-voix, ça reste le même mot. Et après tout, il n’y pas tellement de différence entre Boom qui parle de «crier ben fort pour pas s’décourager. Sortir ben tard juste pour voir le monde vibrer» et Fouki qui dit «Yeah on est bless bro so faut reach le best spot». Portrait de famille:

Angèle

Le périple commence mardi dernier alors qu’on nous impose un lien facile en jumelant les spectacles de l’étoile montante québécoise (Hubert Lenoir) et de l’étoile montante belge: Angèle. Accompagnée d’un drum électrique opéré par un homme qui tente de faire des chorégraphies de tête avec la chanteuse, elle s’exécute en première partie de celui que tout le monde attend. De son côté la sensation belge simule quelques notes sur un clavier puis elle démarre un beat préfabriqué pour mieux danser au centre de la scène. «T’aimes quand je danse?», demande-t-elle au Québec.

Après nous avoir décrit où se situe la Belgique sur une carte comme si c’était le Timor oriental, elle nous explique qu’elle aime écrire sur l’amour et aussi sur la jalousie à l’occasion. Des thèmes aux antipodes selon sa perception des choses.

Angèle/Photo: Élise Jetté

Après un dur retour dans l’univers chorégraphique de 2000…

… c’est au tour d’Hubert Lenoir de venir saluer le public qui n’a mis que trois mois à l’aimer (ou l’haïr).

Hubert Lenoir

Voici les trois meilleures phrases entendues durant le spectacle:

«Je suis ben tanné que les matantes de CKOI soient pâmées dessus.» – Un gars au bout du rouleau

«Si je suce des queues ou pas, c’est pas de vos affaires» – Hubert Lenoir

«Video Kill The Radio Star» – Le batteur

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Lors d’une pièce instrumentale, Hubert invite une dame de la foule à danser. Elle danse beaucoup mieux après qu’il lui ait donné un peu de bière.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Artiste de la chanson, mais aussi artiste du cirque, Hubert prouve que tout est dans tout en grimpant à mains nues au balcon. Au moins une dizaine de «matantes de CKOI» sont très inquiètes dans le Club Soda.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Daniel Bélanger

Comme le show d’Hubert s’est éternisé, on doit retarder notre arrivée au show extérieur de Daniel Bélanger. Comme on est derrière 20 000 personnes, Daniel est gros comme ça:

Daniel Bélanger/Photo: Élise Jetté

Ce gars-là s’était préparé à un grand mushpit qui n’a jamais eu lieu:

La sécurité/Photo: Élise Jetté

Tout le monde sait presque toutes les tounes par coeur, sauf un gars qui s’exclame: «y’a donc ben du texte dans ces chansons-là». Ça doit être un homme de peu de mots.

Ariane Zita

Deux jours de repos furent nécessaires pour me remettre de mes émotions d’avoir entendu Sèche tes pleurs en rappel. Je me présente donc vendredi pour le lancement d’Ariane Zita. Je me vide de mes larmes sur la chanson Île Dorval qui se trouve sur son nouvel EP J’espère que tu vas mieux.

Ariane Zita/Photo: Élise Jetté

Vous pouvez lire la critique de ce spectacle faite par Marielle, mais j’avais simplement envie de mentionner qu’il y avait du gâteau:

Gâteau/Photo: Élise Jetté

La Chicane

En route vers La Chicane, on est tellement exaltés qu’on se trompe entre la scène Loto-Québec et la scène Hydro-Québec (ÇA VA FAIRE LES SOCIÉTÉS D’ÉTAT!) et on trouve que Boom Desjardins a drôlement bien vieilli:

Boom?/Photo: Élise Jetté

Avec audace, le groupe issu d’une époque révolue commence son show avec sa toune la plus récente qui ressasse les évènements forts des 20 dernières années. Comme dit mon voisin: «Faut pas être peureux pour commencer avec une toune dont tout le monde se calisse.»

Boom/Photo: Élise Jetté

Boom Desjardins présente tout le band en mettant l’accent sur les membres originaux qui sont encore là et sur ceux qui n’ont pas ce genre de mérite. Il nous avoue notamment que le gars qui est là, c’est pas le vrai bassiste. «C’est parce qu’Eric Maheu nous trompe avec Kaïn», dit-il.

Il y a tellement de jokes à faire avec cette phrase que je vais m’abstenir. You make it to easy, Boom.

Dany Bédar/Photo: Élise Jetté

Après le bras agité dans les airs et le «je lève ma bière! Me vois-tu?», il y a maintenant le «T’as juste à suivre mon écureuil duck tapé sur un bâton»:

Écureuil/Photo: Élise Jetté

Le show se poursuit en plusieurs actes, enchaînant les jokes de mononcles écrites, les intermèdes de chansons de Dany Bédar et les référents multiples au bon vieux temps:

«À l’époque les gens achetaient notre musique sur des cassettes.»

«En 1998, Musique Plus nous a décerné le titre de pire vidéoclip de tous les temps (pour la chanson Le Fil).»

«On va faire une toune du bon vieux temps: les Vilains Pingouins

Évidemment, le tout se termine par les gros hits qui se métamorphosent en karaoké en plein air.

Dead Obies

Pendant ce temps-là sur la scène principale, c’est Dead Obies qui remplit la Place des Festivals. Sur l’esplanade, l’échantillon de générations est aussi varié que l’échantillon de sortes de cannabis qu’on peut sentir.

Joe Rocca a opté pour le look veston-chest.

Joe Rocca/Photo: Élise Jetté

Et Snail Kid se promène sur scène avec son sac à dos. Il a peur de se faire voler son portefeuille… le monde du rap, c’est rempli de bums.

Snail Kid/Photo: Élise Jetté

Après avoir inhalé les effluves voisines pendant quelques minutes, les projections visuelles sur scène ressemblent à une déclinaison d’organes génitaux féminins. À vous de juger:

Projections/Photo: Élise Jetté

À un moment, les boys sortent de scène pour boire du champagne et demandent au public, via les écrans géants, s’ils doivent revenir sur scène. À noter que Joe Rocca boit son Veuve Clicquot comme s’il ingérait du Jack.

Dead Obies/Photo: Élise Jetté

En première rangée, les filles montrent leurs boules, créant des images qu’elles pourront regretter dans 8-10 ans. Il y a aussi Rosalie Vaillancourt qui fait des fuck you et des gens très forts qui font vivre une expérience sensorielle à cet homme en fauteuil roulant.

La force/Photo: Élise Jetté

Fred Fortin

Le lendemain, samedi, Fred Fortin présente son show solo-homme-orchestre à L’Astral. Mes deux spectateurs favoris sont:

  • Un gars assis avec son casque d’écoute qui vit un autre genre d’expérience auditive.
  • Le gars fasciné qui ne comprend pas comment Fred peut jouer du drum avec ses pieds. «C’est impossible», répète-t-il pendant 90 minutes.

Fred Fortin/Photo: Élise Jetté

Il est interdit de prendre des photos durant le spectacle et même les journalistes doivent négocier avec la police (les boys de la sécurité) pour obtenir ce privilège. C’est toujours dans ce genre de spectacle super strict sur la non-captation d’images que quelqu’un finit par prendre une photo avec flash avec son Samsung Galaxy.

Comme le show est à 19h30, Fred nous parle de digestion post-souper, il nous avoue aussi avoir oublié son set list dans sa loge, mais rien de tout ça n’affecte sa prestation des plus fascinantes (demandez au gars qui comprend pas le concept du drum).

Vincent Vallières

Je décide d’assumer mon Sherby love et je vais faire un bref tour dehors pour le spectacle de Vincent Vallières qui est habillé plus propre que quand il faisait des shows dans la cafétéria du Cégep de Sherbrooke.

Vincent Vallières/Photo: Élise Jetté

Devant la scène, le 450 au complet est réuni. Parmi eux, le classique gars qui tient la sacoche de sa blonde.

Le 450/Photo: Élise Jetté

Rapkeb Allstarz

Mes Francos se terminent avec une brève apparition du côté de la grande scène pour le spectacle regroupant les stars du rap québécois. On y trouve un public similaire à celui de la veille pour Dead Obies, mais avec quelques personnes très croyantes, cette fois.

Le public/Photo: Élise Jetté

J’arrive juste à temps pour ne pas manquer le bon Fouki qui nous chante quelque chose de très Zay. Je suis très émue d’entendre la foule scander les paroles de la grosse toune Gayé. Le Fouki-love est palpable même si le premier album complet de l’artiste n’a que quelques mois de vie.

Fouki/Photo: Élise Jetté

Puis Joe Rocca arrive un peu plus tard avec un joint de pot aussi gros qu’une saucisse italienne.

Joe Rocca/Photo: Élise Jetté

Snail Kid est toujours muni de son sac à dos (les bums).

Greg/Photo: Élise Jetté

Rymz est le plus reconnaissant-d’être-là/en-communion-avec-les-gens. Il est le seul à explorer les coins de la scène d’est en ouest pour dire coucou à tout le monde.

Rymz/Photo: Élise Jetté

Le band qui accompagne tout le monde permet d’uniformiser les perfos, donnant un côté aseptisé à la chose. C’est réussi 50% du temps. Ayant reçu de nombreux reproches au préalable pour l’absence de femme sur le line up, le festival a su mettre un plaster sur le bobo en invitant Meryem Saci à chanter en marge de la scène sur presque toutes les tracks. Extrêmement efficaces à certains moments et étranges à d’autres moments, ses interventions vocales entrent, pour moi, dans la catégorie du «trop peu trop tard».

J’ai quitté le show avant la fin, les amis de Mike Shabb, à mes côtés, ayant grugé toute mon énergie avec leur joie immense de le voir sur scène, similaire à la joie de vivre de Marc Hervieux en général.

Kannibalen envahit Igloofest

Toujours à la recherche de nouvelles sensations, j’avais le goût d’aller à la rencontre du public de dubstep. Vous commencez à connaître mon amour pour les foules étranges et comprendrez donc mon excitation face au gros party de Kannibalen Records à Igloofest jeudi dernier.

Confession en commençant: je ne suis pas fan de dubstep personnellement, mais j’ai quand même un pas pire kick sur Black Tiger Sex Machine. C’est pas le groupe le plus inventif ou songé de l’histoire de la musique, mais leurs productions réussissent quand même à m’impressionner chaque fois que j’en écoute et c’est dans cette optique que je me pointe au Vieux-Port.

Encore une fois, la température est particulièrement clémente et il fait 2 degrés à mon arrivée. J’ai prévu le coup et me suis mis des bonnes bottes quand même, question d’éviter les nombreux trous d’eau du site. Pas facile, en effet, de bien vivre avec la petite neige fondante qui tombe, quoique c’est ben cute avec les lumières du festival.

Nate Husser/Photo: André Rainville

À mon entrée, je suis accueilli par un show de Nate Husser sur la petite scène. Le membre des Posterz, qui devait se produire en DJ set laisse tout de même une bonne place au rap, s’aventurant régulièrement du côté du chant par-dessus les pièces qu’il passe au public, encore maigre à cette heure. S/o aux douze gars sur le stage en même temps que lui qui servent plus ou moins à quelque chose.

Ma note: 6/10

Je reste quelques minutes avant de me diriger vers la scène principale, et plus particulièrement vers l’open-bar Saporo, qui laissera quelques séquelles chez les amis qui m’accompagnent. On arrive à temps pour attraper le début du set du Torontois Dabin. Signé chez Kannibalen, le musicien nous offre un habile mélange d’EDM, de dubstep, mais aussi de techno un peu plus rétro par moment. L’influence est frappante, surtout grâce au recours à quelques soli (le pluriel de solo comme nous l’aura appris Ariane Zita) de guitare bien sentis par-dessus quelques tracks.

De la même manière, le petit drum qui accompagne le DJ et sur lequel il fait lui-même ses drops live est bien utile. Le producer Game Genie Sokolov, avec qui j’assiste à la soirée, me dira bien apprécier, confirmant mon sentiment et annulant un peu ma légère honte ressentie face à mon appréciation de cette musique EDM. C’est bon l’électro, mais j’irai jamais sérieusement à Île Soniq mettons. Quoique… On s’en rejase cet été! 

Ma note: 7,5/10

 

Dabin qui drumme une sick drop/Photo: André Rainville

C’est ensuite Apashe qui vient prendre la relève. Le public, encore peu nombreux, commence à s’activer un peu plus devant la violence des beats du Montréalais, et je vois d’ailleurs survenir les premières tentatives de moshpits de la soirée. Le mélange de dubstep et d’influences un peu trap finissent quand même un peu par être too much pour moi. Parce que ça fesse pour vrai, et on ne laisse pas vraiment le temps à l’énergie de redescendre. Je vais finalement me réfugier un peu à l’intérieur de la zone Saporo, le temps de commander quatre bières gratis.

Ma note: 6,5/10

Et le moment que tous (pas tant de monde que ça, en fait, vu l’ampleur de la foule un peu décevante) attendaient arrive finalement: l’Église du robotique tigre noir sexuel (Black Tiger Sex Machine) se pointe sur scène. Bien qu’on puisse croire à un side-project de Galaxie avec le nom, c’est bien le trio dubstep à tête de gros chatons qui est là. Et ils ne dérougiront pas de tout leur set. Alternant entre des nouvelles productions tirées de leur album New Worlds à paraître le 3 mars prochain et des bons vieux classiques trash, les gars réussissent à bien faire danser les gens présents et à provoquer quelques segments de pogo, chose que je ne me serais jamais attendu à voir à Igloofest. Ajoutez à ça des projections réalisées spécialement pour le groupe et une bonne sono et on se retrouve avec une prestation solide et réussie.

Ma note: 8,5/10

Black Tiger Sex Machine/Photo: André Rainville

C’est finalement là-dessus que se conclut mon édition 2018 d’Igloofest. Si le festival le plus froid au monde l’était pas mal moins cette année, j’ai tout de même bien apprécié la programmation, toujours plus complète et attirante.

Le top 5 final des meilleurs sets que j’ai vus:

5. Jaymie Silk & Ouri, à égalité

4. Dabin

3. Bonobo

2. Black Tiger Set Machine

1. Tokimonsta

La fois où j’ai payé 0 $ pour assister au lancement d’Annie Villeneuve

S’il Fallait qu’il commence à pleuvoir pendant ma marche printanière me menant au tant attendu lancement de l’album 5 d’Annie Villeneuve, je continuerais à marcher sous la pluie en me disant que C’est ça la vie. Pour rien au monde je ne rebrousserais Le chemin. Les portes du National devant ouvrir à 17 h (concept avec le nom de son CD, sûrement), je m’y rends accompagnée d’une grande fan d’Annie Villeneuve (et grande amie à moi), Ariane Zita. Retour sur ce lancement qui fera encore rêver le Québécois blanc moyen dans dix ans! Un rêve à la fois, gang!

Ariane et moi nous demandions vraiment qui allait faire sa première partie, sachant qu’un être quelconque courait la chance de gagner cet honneur en contribuant à hauteur de 500$ à la production de son album. Payer cinq fois 100 $ pour faire une première partie d’un show d’une vraie star: j’aurais vraiment dû m’essayer. En réfléchissant bien, toutefois, je me dis que ça va sûrement être Suzie qui va être choisie. C’est payant les Tupperware.

Sachant que le spectacle (ouvert gratuitement à tous) va commencer à 18 h, on arrive à 17 h 25 tapant. Nous pénétrons l’endroit sacré communément appelé Le National. Je Lève les yeux et je remarque une foule extrêmement dense au bar. Je vois aussi plusieurs personnalités publiques: deux acteurs de Ramdam, une chanteuse québécoise brunette, une autre chanteuse québécoise brunette avec des mèches châtaines, un gars de mon cégep, un chanteur québécois aux sourcils fournis et moult autres Québécois châtains âgés entre 30 et 40 ans. Juste du monde d’actualité. Une fois de plus dans ma vie, je me sens au top de la jet-settitude.

On se fraie un Chemin dans la salle après s’être commandé un Perrier-Canneberge-Concombre-Menthe-Coriandre-Pomme-Grenade-[Vodka Montréalaise]-Lime. On remarque Annie (ou Suzie, qu’en sait-on!) en entrevue amicale et souriante avec TVA. Que d’émotions fortes. Cette ambiance de l’Hollywood PQ m’apporte définitivement beaucoup d’adrénaline. Ariane en ressent davantage puisqu’elle est une fan déjà établie dans ce monde du show-biz québécois.

La foule au bar / Photo: Marielle Normandin Pageau
La foule au bar / Photo: Marielle Normandin Pageau

Sur ce plancher bancal et inquiétant, on se dirige vers le devant de la scène après avoir remarqué une grande toile blanche et un gars barbu avec casquette et un jean un peu troué (pas trop quand même, faut pas exagérer) qui commence à faire une peinture live. On se tient tous sur nos aguets quand on se rend compte qu’il dessine un gros colibri en plein vol. Ou devrais-je dire un oiseau-mouche? Cet animal dans la famille des trochilidés laisse la foule s’emporter dans un monde rempli de fées, d’étoiles magiques, de douceur, d’allégresse et d’amidon doux. Les maîtres du National ont la brillante idée de mettre 5 comme musique de fond, question de nous donner envie d’acheter un poster ou même une tasse à café à l’effigie de la star. Lorsque le peintre finit sa toile, on peut  réellement sentir la sincérité du public à travers ces applaudissements. En fait, on sent autant cette sincérité qu’on sent le parfum de qualité du gars debout à côté de nous.

Peintre Alternatif / photo: Marielle Normandin Pageau
Peintre alternatif / photo: Marielle Normandin Pageau

 

Colibri attrayant / Photo: Marielle Normandin Pageau
Colibri attrayant / Photo: Marielle Normandin Pageau

Du haut de mes 6 pieds 7, je remarque une salle assez pleine ainsi que 301 caméras dans la foule qui suivent les stars présentent. Vous irez voir les photos qui ont été prises lors de l’évènement. Y’a environ dix-huit photos des cinq mêmes stars qui étaient sur place à la soirée. «Vive la diversité!», comme disent les Services d’immigrations de Sudbury!

Annie2
Foule tassée / Photo: Marielle Normandin Pageau

18 h 02. Le spectacle n’est toujours pas commencé, mais on sent que les 301 caméras se rapprochent de la scène, toujours en suivant les stars québécoises présentes au lancement. Quatre musiciens montent sur scène. Vais-je assister à la prestation d’un artiste musical qui a payé 500 $ pour jouer devant toute cette foule? J’aurais voulu voir Suzie, mais elle est probablement trop occupée à vendre les deux nouveaux produits Tupperware: les gobelets l’art du printemps et le mini-contenant à salade. A businesswoman gotta do what a businesswoman gotta do!

Nouveaux produits Tupperware
Nouveaux produits Tupperware

Un gars d’une trentaine d’années ayant un look fringuant de type New Look 2e lunette à 50 % monte sur scène et nous mentionne qu’il est l’une des 469 personnes ayant contribué à cet album. «Ce fut un privilège de passer la journée avec elle, aujourd’hui», dit-il. On n’en doute pas une seconde, mon chum.

Annie arrive sur scène. Elle performe C’est ça la vie et une autre toune. À la fin de la deuxième toune, on entend le public en délire crier le prénom de la star. Se sentant sans doute très choyée et entourée, elle remercie tous les contribuables qui ont pu donner succès au lancement de ce disque. Ariane Zita me mentionne qu’elle se sent très fière et chanceuse d’avoir aidé la star en offrant 350 $ en grâce à sa propre campagne de sociofinancement. À sa place, je me sentirais pareil. Je me dis aussitôt que j’aurais dû donner mon 350 $ à Annie au lieu de le mettre dans mon prochain voyage humanitaire.

C’est dans une ambiance Québéco-Belle et Bum qu’elle performe la cinquième et dernière chanson de ce généreux lancement. Juste avant, on peut entendre une fan crier de tout son pouvoir poumonique «ON T’AIME». Annie ne peut pas répondre tout de suite puisqu’elle se met dans le mood pour la prochaine track: I Want To Know What Love Is. Ou comme mon autocorrect l’a si bien corrigé dans ma prise de notes de journaliste: I want to know what Lynne Thinks. Un bel adon, puisque je me demande vraiment ce que les Lynne dans la salle pensent du show.

Déploiement de voix / Photo: Marielle Normandin Pageau
Déploiement de voix / Photo: Marielle Normandin Pageau

Ariane et moi attendions avec impatience le moment où les gentils choristes qui ont payé 350 $ pour participer à l’album allaient entrer sur scène et chanter avec elle. Ceci dit, les chants des choristes ont été ajoutés en playbacks, tout comme le violon. En effet, j’ai cherché longtemps les violonistes sur scène. Le playback midi fait vraiment bien la job anyway. Pourquoi se compliquer la vie en invitant un ou plusieurs artistes ayant travaillé des années pour apprendre un instrument de musique à cordes frottées quand on peut juste mettre un playback?

18 h 45 et nous sommes déjà sorties de la salle. Émues et confortables, nous retournons chez nous manger un bon pâté au poulet décongelé de la veille avec des petits pois comme accompagnement. Quoi de mieux pour finir cette soirée canadienne. C’est ÇA la vie!

Les 10 pires évènements musicaux de 2017

Vous avez pris en note les évènements marquants à ne pas manquer en 2017? Tout le monde vous parle de ça! De notre côté, pour vous éviter des déplacements inutiles (Über, c’est plus cher depuis que c’est légal), des soirées ratées et peut-être même des échecs de vie, on a listé pour vous les 10 évènements musicaux à manquer en 2017. Voici où ne pas être et quoi ne pas écouter durant la prochaine année.

 

Par Mathieu Aubre, Etienne Galarneau et Élise Jetté

 

1 N’importe quelle apparition publique de Yann Perreau

Les esseulés du Nouvel An qui se sont résignés à écouter le spécial des Fêtes de l’émission En direct de l’univers ont tous eu la même révélation: Yann Perreau, lors de ses apparitions publiques, n’est désormais plus capable de faire autre chose que de parler de sa passion ornithologique. Le faire en criant, avec un regard montrant qu’il frôle la psychose, est quelque chose d’horrible. Craignez désormais chacune de ses apparitions publiques: sa condition ne peut qu’empirer.

2 La Voix sans Hugo Mudie

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas ses projets les plus récents, le vétéran punk Hugo Mudie est un personnage incontournable de la scène underground. Il n’a pas la langue dans sa poche, il a un look unique en son genre et des anecdotes qui impliquent Fat Mike de NOFX. Sa volonté de participer à La Voix pour rire l’a mené jusqu’à la sélection à l’aveugle, qu’il a malheureusement abandonnée avant l’heure d’après un article publié par Vice Québec. La Voix n’aura définitivement pas le même attrait et on se dira tout le temps «À quoi bon, si Hugo Mudie n’y est pas?»

3 L’imminente sortie de l’album de Charles Kardos

Depuis Jordi, est-ce que quelqu’un a réellement aimé un album chanté par un enfant? À part l’immortel duo entre Marilou et Gino Quilico? Et est-ce que quelqu’un a cautionné La Voix Junior? Tout le monde parlera de l’album de Charles Kardos et personne ne saura comment lui dire, gentiment, qu’il vaut parfois mieux attendre que sa voix ait mué pour penser à une carrière long terme. Il existe des cas rares, mais pour chaque René Simard, il y a au moins 10 Régis Simard.

4 La compilation d’Étienne Drapeau

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Après une incursion dans le milieu musical latin lui ayant entre autres permis d’interpréter une version en espagnol de T’es ma femme, Étienne Drapeau est passé à travers toute la gamme des émotions, récemment, entre autres en pensant avoir attrapé la tourista. C’était finalement la dengue, pis c’était ben inquiétant. Cette life changing experience aurait pu inspirer un nouvel album à notre bon Étienne, mais une fois que t’as déjà écrit «T’es ma femme, t’es la plus douce. Je t’aime en blonde, brune ou rousse», on se demande ce que tu peux écrire de plus. Ça sort le 14 février au National. On espère que t’as une date.

5 L’album d’Annie Villeneuve sans Ariane Zita

L’ancienne Star-Académicienne nous arrivera le 10 avril prochain avec son cinquième album en carrière, de quoi faire dresser les cheveux sur la tête, même pour un chauve. Cet album sociofinancé lui aura coûté plus de 60 000 $ pour un enregistrement à Nashville, endroit plus glamour que son Jonquière natal. Par contre, ce que l’on retiendra de toute cette aventure, c’est l’arrivée de la chanteuse Ariane Zita dans le décor quand elle a lancé une campagne de sociofinancement visant à amasser de l’argent pour avoir le privilège d’être choriste sur l’album. On apprendra par la suite que cette intervention était ironique et Zita sera taxée d’intimidation par les fans de la sœur jumelle de Suzie Villeneuve. Comme quoi, quand ça va mal… Nous, on se désole principalement de l’absence d’Ariane Zita à ce lancement. On serait allés.

6 Le concours de chant de Belle et Bum

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Belle et Bum lance un concours de chant. Ça peut pas bien virer cette histoire-là… Un vaste répertoire de 8 pièces permet aux participants de sélectionner le morceau qui les fait vibrer. Ceux-ci pourront peut-être passer à la télévision pour chanter ladite pièce. L’histoire ne dit pas si Normand Brathwaite qui joue du tam-tam fait partie du prix. À noter que la Bourse Belle Gueule de 1500 $ offerte au gagnant, on sait pas si c’est en bière ou en argent. Nous, on prendrait la bière.

7 Le prochain jingle de Maxime Bernier

Notre Bernier Sanders national nous avait collectivement charmés avec une des ritournelles les plus efficaces de 2015. Si son auteur reste inconnu, deux ans plus tard, il est encore important de remercier abondamment Aline Drouin sans qui rien n’aurait été possible. Depuis, il a confirmé à l’équipe d’Infoman la parution imminente d’un nouveau single, question de nous permettre de lâcher son excellente vidéo de jogging. Feu à volonté espère tout simplement que cette chanson fera d’aussi bons remix que la dernière.

8 Le moment où Jonathan Roy va enlever ses mains de sa bouche

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… Parce que ça veut dire qu’il va sûrement chanter.

9 Le retour de K.Maro

Une photo parue pour le jour de l’An sur la page Facebook de Cyril Kamar laisse présager le pire. Sous ses airs angéliques et sa paisible citation «Happy New Year #2017», il reste néanmoins un inquiétant message caché dans cette image: la possibilité de se faire offrir du nouveau matériel par l’artiste. Après nous avoir volé du QI en 2004 et avoir utilisé le franglais avant Dead Obies, il faut s’attendre à tout sauf du bon rapkeb de la part de l’artiste. Le 450 sera comblé.

10 Les 4,5,6 août pour les résidents de Saint-Lambert

La Presse nous annonçait en octobre que les haut-parleurs d’Osheaga 2017 se trouveraient maintenant à 750 mètres des maisons de Saint-Lambert, plutôt qu’à 1,5 km, de quoi faire friser les oreilles des banlieusards. Rappelons que la Ville de Saint-Lambert souhaite que les décibels soient mesurés pour qu’on s’assure qu’ils demeurent assez bas pour pas que les vitres des citoyens cassent. Pour notre part, nous on aimait beaucoup Décibel.

*L’an dernier aussi, on vous avait prévenus!

Décibels aux tons réconfortants avec Marie-Eve Roy et Ariane Zita

Pour cet avant-dernier show de sa tournée, Marie-Eve Roy nous offrait dimanche une prestation on ne peut plus chaleureuse et amicale dans le légendaire Verre Bouteille de la rue Mont-Royal. Retour sur une soirée frénétique et punk.

Marie-Eve Roy/Photo: Marielle NP
Marie-Eve Roy/Photo: Marielle NP

Y’a 12 ans, en tant que drummeuse de 14 ans (très très rock), j’admirais sérieusement le travail de Marie-Eve Roy. Une fille dans un bon band punk: fuck yeah. J’écoutais les Vulgaires Machins pis j’écrivais les paroles sur mon cahier Canada déjà rempli de doodles d’inattention. Dimanche, j’étais un peu gênée d’aller voir Marie-Ève et les gars des Vulgaires Machins assis dans la salle, pour leur dire que c’est moi qui leur écrivais des courriels pour avoir un hoodie gratuit en 2002.

Revenons à nos moutons. Il y a environ 35 personnes dans la salle et quelques décorations de Noël. En entrant dans le bar, on peut se procurer le CD de Marie-Eve et des mini cannes de Noël. Je me pogne un cidre pas piqué des vers et je m’apprête à me laisser envoûter par les deux artistes. Je remarque sur la scène un clavier et un hi-hat. Seul. Comme quoi on n’a pus les drums qu’on avait!

20h18

Ariane Zita monte sur scène. Bien honnêtement, à la cinquième seconde de sa prestation des frissons envahissent mon tissu crânien. La sonorisation du Verre Bouteille réussit à transporter avec exactitude toute la beauté de sa voix, qui en enchante plusieurs. Elle enchaîne Six Years Old et Tough Love.

Ariane Zita/Photo: Marielle NP
Ariane Zita/Photo: Marielle NP

Lorsqu’elle termine ses chansons, la lumière sur la scène baisse. Ça fait juste augmenter le ratio cute de la place. Elle enchaîne avec son cover de Hotline Bling, à la demande d’un spectateur (shout out Jimmi Francoeur AKA Jimmer). Quelques comparses ne reconnaissent possiblement pas cette chanson d’un répertoire de millenials, mais Ariane continue de la enchanter anyways.

21h16

Marie-Eve Roy et Manuel Gasse, qui l’accompagne à la guitare et au hi-hat (si seul), montent sur scène. Elle commence et nous charme automatiquement avec sa voix et ses accords ensorcelants. Elle nous mentionne que ce show est définitivement plus doux qu’au temps des Vulgaires Machins. Elle nous dit aussi qu’après les tournées avec ledit band, elle devait constamment reconnecter et renouer avec sa féminité.

Elle enchaîne avec Golden Bay, une chanson qu’elle a écrit lors de son périple en Nouvelle-Zélande, là où elle a commencé à écrire cet album solo, Bleu Nelson. Échangeant souvent des regards, le duo synergique nous propulse dans des airs enduits de nostalgie et d’acrimonie.

Le public, réceptif et chaleureux, semble avoir une soudaine envie de taper du pied et des mains: c’est la performance acoustique de la chanson Personne n’a raison des Vulgaires Machins de l’album Acoustique paru en 2011. Moins de headbangs que dans un show de band, mais beaucoup de vibrations sur le plancher.

Un moment cocasse de la soirée: Marie-Eve nous parle de son processus pour trouver un nom d’artiste. Elle avait pensé à Azario, Chicky, un nom de bateau ou Koe. Koe voulant dire voix en japonais. «Mais je n’ouvre pas de resto à sushis fait que ça n’a pas rapport», dit-elle.

À la suite de cette confession, Hugo Mudie, assis à trois chaises et quart de moi, dessine des inimitables gravures et me les donnent. Je lui propose même de vendre ces jolis croquis au prochain souk @ sat. 2017, watch out!

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Elle performe son cover de Tina Turner Simply the Best, remercie la foule en mentionnant à quel point elle aime jouer devant public et exprime que «ça fait toujours du bien sortir de sa cave.»

En partant, j’ai acheté son CD. Pis hier, je me suis retapé l’entièreté de la discographie des Vulgaires Machins.

50 moments forts du GAMIQ 2016

Le 11e Gala alternatif de la musique indépendante du Québec avait lieu hier soir dans un Lion d’Or qui se vidait aussi vite qu’un McDo dans lequel on aurait parachuté un groupe de vegans. Feu à volonté était là pour rendre compte des évènements jusqu’à la dernière seconde, tel un média assidu (qui, étrangement, n’a pas gagné le prix de Média de l’année). C’était, en somme, un gala laborieux avec des problèmes de micros, d’écran, de temps morts, de présentations confuses, de problèmes de concentration. La prochaine fois, ça serait pas pire d’avoir un membre du Geek Squad de Best Buy en stand-by avec quelques tours dans son sac. Retour sur la soirée en 50 faits marquants.

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Texte et photos: Alec Pronovost, François Larivière, Élise Jetté et Alexandre Demers

1 Le duo d’animateurs Sèxe Illégal procède à une introduction qui va comme suit: «Il est 20h, La Voix Junior vient de commencer. C’est toujours 0-0 pour la musique»

2 Ils poursuivent en parlant du scandale de l’année à l’ADISQ: «La chanson de l’année à Marc Dupré! Êtes-vous toutes virés sul’ top?», diront-ils.

3 Concernant le dress code, ils s’exécutent en affirmant: «On s’en contrecalisse de comment vous êtes habillés. Il ne faut pas juste pas voir votre anus, si possible. Si c’est pas possible, restez assis».

4 Première présentation de prix, premier malaise (pas de son). Deuxième présentation de prix, deuxième malaise (pas d’image).

5 Navet Confit gagne le prix du EP indie rock de l’année. Il dira: «Merci, ça m’encourage à continuer à faire des suicides commerciaux».

6 Alors qu’il vient juste d’arriver et qu’il n’a pas encore enlevé son chapeau (mais l’enlève-t-il vraiment des fois?), Bernhari remporte le trophée de l’Album indie rock de l’année. Il offrira une pensée à Emmanuel Ethier «qui vient de passer au feu». Nous aussi on pense à toi, Emmanuel.

7 Sèxe Illégal présente le trio Le Couleur qui viendra performer. «Je suis un gros fan de trio… MacCroquette, hockey, musique, tous les trios», dira Paul Sèxe.

8 Le Couleur est le deuxième groupe à offrir sa prestation musicale. La rumeur veut que le couple à la tête du groupe ait plaidé l’excuse de «leur bébé à aller coucher» pour éviter de jouer à la fin.

9 Laurence Nerbonne accepte le trophée d’album pop de l’année. Elle remerciera en disant: «Celui-là, je me le ferai pas voler par 2Frères».

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10 Revenant sur scène avec son acolyte, Tony Légal, qui se promène avec un Félix dans les mains depuis le début de la soirée, nous annonce qu’il reçoit des Félix continuellement, backstage: «On est comme Isabelle Boulay en 98, on gagne un Félix aux 5 secondes».

11 Laura Sauvage, «la sœur de Laura Secord», selon Sèxe Illégal, vient nous offrir une toune. Performance la plus solide de la soirée.

12 Un seul des deux gars du pointdevente.com vient présenter les prochains prix «parce que l’autre gars, son Amigo Express a chié…»

13 Gabrielle Laïla Tittley remporte le prix pour la pochette de l’année, celle de CR4BE. Dans son discours, elle nous propose le meilleur ratio de jokes de queues à la seconde de la décennie. L’organe masculin est à l’honneur: «Queueriass, sucer notre énergie, etc.». Y’a de la graine de génie là-dedans!

14 Snail Kid vient chercher le prix du Spectacle de l’année et clame «Fait que tous ceux qui savent que je dois les remercier, ben je vous remercie», dira-t-il simplement en tant que seul représentant présent de Dead Obies. Il nous dira aussi: «Les autres Dead Obies sont pas là euh…y pouvaient…pas?»

On sentait la conversation de groupe Facebook des Dead Obies. Ça devait ressembler à ça:

«- Jo RCA: Yo les BOYS! Gamiq à soir?

– 20some: nope.

– Bear: Je peux pas les chums, c’est le souper de fête à ma tante

– VNCE: (un gif quelconque)

– Yes: Bah, c’est sûr que l’importance d’un gala alternatif c’est genre important man dans une culture underground vivante. J’ai souvent lu là-dessus sur Vice gang pis faudrait y aller pour dire que c’t’important pis qu’on souligne le travail des autres.

JoRCA: Faque tu viens tu big?

– Yes: nah man, j’avais déjà de quoi de prévu na’mean?

– Snail: Moi j’suis down!

– JoRCA: Parfait, tu vas nous représenter. J’avais promis à mon ami qu’on irait aux glissades d’eau ce soir. Maudit timing… Bonne soirée MAN!

– Snail: Quelqu’un veux join?

*tout le monde voit la question, mais personne n’y répond.»

15 Le FME, honnêtement notre festival préféré, gagne le trophée du Festival de l’année. «On vous remercie de faire 700 fucking kilomètres par année tous les mois de septembre», nous dirons les récipiendaires.

16 Ariane Zita vient nous faire un cover de femme libre. Sèxe Illégal la présentera en disant «Au moins elle n’est pas pognée à Nashville avec une ex-académicienne dont tout le monde se calisse.»

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17 La chasse au Snail Kid est ouverte. Il est supposé présenter un prix, mais demeure introuvable. «Il est  sûrement à côté du container à vidange», dira le duo d’animateurs.

18 On décide de faire tirer le prix de «présenter le prochain prix» parmi la foule. «Quelqu’un a envie de devenir vraiment connu?», demanderont les lurons animateurs.

19 C’est un valeureux représentant du légendaire groupe Le Nouveau Rappeur qui monte sur scène pour présenter avec un talent inné les deux prix suivants. «Tu peux aller chercher ton Yop de l’UDA», lui confirmeront ensuite les deux animateurs de la soirée.

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Le Nouveau Rappeur feat Sèxe Illégal. Quoi demander de plus?

20 Laura Sauvage est sacrée Révélation de l’année. En saisissant son trophée, elle dira: «J’ai appris c’était qui Lucien Francoeur la semaine passée.»

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21 Les Indiens viennent donner leur show. «Ils se trempent le gros orteil dans le jacuzzi du stoner rock depuis quelques années déjà et il ne s’agit pas de Justin Trudeau», nous dira-t-on. Malgré leur style de musique, ils avaient réussi à «trouver une toune qui durait pas 27 minutes.» Merci.

22 Un peu plus tard, au retour de la performance intense de Never More Than Less, Tony Légal nous annonce qu’il a «lacté», pendant la perfo en montrant un spot mouillé sur son chest. «On dirait la face de Gregory Charles», exprimera-t-il en pointant la zone mouillée.

23 Malgré les décibels, on nous dira ensuite que Never More Than Less offre des perfos pour enfants. «De 9h à midi pour les 7 à 9 ans».

24 Anonymus essaie de faire son discours de remerciement pour le prix d’Album ou EP métal et La Bronze passe devant eux 4 fois en préparant son stock pour sa perfo.

James Hyndman, meilleur pré-pipi de l'histoire
Pendant l’entracte: James Hyndman, meilleur pré-pipi de l’histoire

25 CR4BE gagne le Lucien d’Album ou EP punk et le remerciement va comme suit: «J’avais plein de venin à cracher sur l’industrie, mais je vais laisser faire vu qu’on gagne. Merci à Bonsound et Dare To Care de ne pas avoir d’album punk. Ça nous donne une chance.»

26 Un des présentateurs de prix dit «Achigan», mais tout le monde comprend «La Chicane» et on se demande si on est en 1999.

27 Épuisé, Tony Légal demande: «On sait que la moitié d’entre vous êtes sur la pill, mais vous pouvez sûrement parler moins fort.»

28 «Y’a d’autres prix à gagner. Remplissez les coupons de moitié-moitié», nous dira son comparse pour essayer de raviver la flamme de l’attention du public.

29 CISM remporte le prix du Média de l’année. Le directeur musical Benoit Poirier nous dira: «Shout out aux gens qui font de la poudre dans les toilettes pis qui font diversion en mettant du beat sur leur iPhone»

30 Constat de mi-soirée: La présence facultative de chaises dans le cadre d’un gala: un avertissement du type «amenez votre chaise pliante IKEA ou vos mollets endurcis», aurait quand même été de mise. Une chance qu’on est (relativement) en forme.

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Des cadres d’enfants devant les urinoirs.. L’excitation est à son comble. Mention spéciale à pipi-pigeon!

31 Chantal Archambault gagne le prix de EP folk de l’année, mais c’est un barbu costaud qui vient chercher le Lucien.

32 Safia Nolin reçoit le prix de l’Album folk de l’année et après la vidéo de remerciement de celle-ci, qui est absente, Paul Cèxe nous dira: «Fuck le dress code, je suis commando!»

33 O Linea monte sur scène devant une salle de plus en plus vide. «On compte plusieurs départs. J’espère qu’on parle pas de décès ici», dira Paul Cèxe.

34 Sexe Illégal présentera un présentateur pour une présentation: «Il est né le même jour que sa date de naissance.» Éloquent.

35 Le prix d’Auteur-compositeur de l’année est remis à Safia Nolin qui nous offre un remerciement en face swap de Marc Dupré
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36 L’Album rock de l’année est celui des Goules et ils nous disent qu’ils s’attendaient plutôt à gagner le prix de Spectacle de l’année. «On fait vraiment des bons shows». C’est vrai.

37 On procède à un hommage aux décédés (Bob Bissonnette, Leonard Cohen, Pierre Lalonde, etc. ) à peu près aussi touchant qu’un souper au Boston Pizza. C’est sûr que ça aurait été mieux avec une minute de silence, mais ce concept a toujours été très flou au GAMIQ.

38 Sèxe Illégal offre une version fromagée de Hallelujah de Leonard Cohen: Ha le gouda.

39 Koriass, qui était à La Voix Junior, n’a pas pu récolter son prix d’Artiste de l’année.

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40 Sèxe Illégal offre le prix de Kory au plus offrant et récolte un rouge à lèvres. «Ça va donc ben mal dans l’industrie», constateront-ils.

41 Le EP rap est celui de Loud Lary Ajust, groupe absent. Toast Dawg prendra le trophée: «Les gars font dire que j’ai pas le droit de dire de niaiseries, donc je vais juste leur remettre le trophée cette semaine.»

42 L’album rap de l’année est celui de Dead Obies et, en présentation, on n’osera pas nommer l’album. Snail Kid dira «Merci au monde en général.»

43 De retour sur scène pour présenter le dernier prix, Benoît Poirier de CISM dira: «Je suis super content de présenter le dernier prix d’un gala qui finit 2 heures en avance.»

44 Le Prix du public est décerné aux Goules qui diront qu’ils sont «l’équivalent artistique de 2Frères»

45 Sèxe Illégal fait des remerciements, entre autres à Papineau, organisme «qui travaille à la sueur de toutes les parties de son corps.»

46 Plus la soirée avance, moins les gens écoutent et plus les gens sortent fréquemment fumer. Un grand espace vide se crée devant la scène, juste à temps pour laisser Clay and Friends avec la lourde tâche de boucler la soirée devant un parterre pratiquement vide et très occupé à réseauter.

47 Après la perfo, Sèxe Illégal mentionne que «c’est un record! Ça a duré juste 2 jours! L’année passée le gala avait duré 3 semaines!»

48 Le duo d’animateurs ajoute: «Et pour ceux qui ont bu et qui sont en char… Please prenez les petites rues.» Judicieux!

49 Constat de fin de soirée: Les looks vestimentaires étaient très faibles. C’EST.UN.GALA GANG!  Ben non lol lol lol. Tout le monde était habillé convenablement. OK. Bonne soirée.

50 2e constat de fin de soirée: Passer la soirée à s’adresser à une crowd qui parle du début à la fin: il aura fallu la patience d’un mohican de première génération de la part des animateurs pour passer à travers le bruit de fond oral que constituait ce public assez réchauffé.

 P.S.: On n’a pas gagné le prix de Média de l’année, mais on a trouvé le CD de Don Karnage.

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P.S.2: On a même fait une photo de groupe avec.

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CRÉDIT PHOTO: VINCENT APPELBY (namedrop)

P.S.: On avait demandé à Toast Dawg de prendre notre photo de groupe, mais c’est ça qu’on a eu.

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