TOP 2020 ANGLO/INSTRU positions 20 à 11

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums anglophones préférés de l’année, positions 20 à 11.

Photo: Pexels/Artem Podrez

20 Nicholas Craven – Craven N 2 

Pas évident du tout 2020 et cette année de malheur fut encore plus difficile pour nos artistes locaux anglophones dont certaines voix se sont élevées afin de critiquer le manque de couverture dans nos médias montréalais (coucou Kaytra!). Afin de remédier en partie à la situation, et surtout parce qu’on a tripé solide, on ne pouvait passer à côté de l’excellent Craven N 2 de Nicholas Craven. Le producteur gatinois s’est entouré de rappeurs américains sur la pente ascendante (dont notamment Mach-Hommy et Billy Woods), de vétérans de renom (Styles P et Ransom, pour lequel il a produit quatre EP cette année seulement), et d’une touche locale (avec la présence de D-Track sur la lumineuse Sorbonne) qui pose les rimes sur des productions sombres et crasseuses inspirées par le rap des années 90. Nicholas Craven nous offre une trame sonore idéale pour traîner dans les ruelles mal éclairées de la ville, en quête d’un petit rassemblement illégal, pour consommer les produits légaux et essentiels (S/O la SAQ et la SQDC) d’une économie locale en pleine déroute.

– NICOLAS SIMARD

19 Anachnid – Dreamweaver 

Anachnid, Montréalaise d’origine oji-crie mi’gmaq, est l’artiste que j’ai préféré découvrir cette année. J’ai vraiment connecté avec son projet qui me sort de ma zone de confort culturelle, pour la grande place faite à ses racines autochtones, mais aussi pour son mélange d’électro aérienne, d’indie-pop, de hip-hop, de trap et de soul, genres vers lesquels je me tourne moins souvent. Comme on tisse la toile de l’araignée, son animal totem, l’assemblage est minutieusement réalisé sur ce premier disque sorti chez Musique nomade. C’est l’esprit qui plane sur le projet bien sûr qui m’y a fait me sentir très vite bien. Dreamweaver, c’est la démarche d’une femme qui se présente à un public en étant toujours un peu en recherche d’elle-même, mais aussi déjà tellement accomplie dans ses réflexions personnelles, artistiques, voire politiques. Dans un décor onirique où se côtoient hurlements de loups, crépitements de feu et bruits de la nature, on passe sans gêne d’une spectaculaire théâtralité (America) aux planchers d’un club (Summer Hunting, Braids) en passant par sa chambre à coucher (La Lune, China Doll). C’est la proposition artistique que je ferais jouer à mes amis lors de mon prochain retour en Europe.

– LISE BRUN

18 Zach Zoya – Spectrum 

Ah! Le gars qu’on pense qu’il est américain, mais qu’il est Québ. Et qu’en plus on apprend qu’il est Abitibien. Là là, Zach, si on veut qu’il reste par chez nous, faudrait y donner un nanane, parce que sinon les Ricains vont nous le voler. Pis on veut pas ça. Protégeons nos ressources. Préservons notre jeunesse talentueuse. Gardons Zach Zoya à la maison.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

17 Plants and Animals – The Jungle 

Groupe culte de la scène indie montréalaise, Plants and Animals nous revient avec un cinquième opus tropical à souhait et éclectique! Que l’on pense à la folle ligne de basse sur la pièce homonyme ou la très Talking Heads House on Fire en passant par l’énergique The Sacrifice et les planantes In your Eyes et Le Queens (première chanson francophone du groupe!), le périple en jungle est tout sauf plate

– MATHIEU CATAFARD

16 Basia Bulat – Are You In Love? 

On ne tombe pas d’amour tout de suite avec Are You In Love? de Basia Bulat. Son album de 2016, Good Advice, nous happait dans l’immédiat, dès la première écoute. L’album de 2020 nécessite qu’on s’y attarde, qu’on le laisse nous parler. Pour les adeptes de plus longue date, c’est un effort léger qui mène vers une belle lumière, une musique qui nous transporte vers une sérénité entière. Et oui, we are in love.

– ÉLISE JETTÉ

15 Marie Davidson – Renegade Breakdown 

J’ai vogué de surprise en surprise en écoutant Marie Davidson prendre tantôt les habits d’une crooner de jazz bar enfumé (Just In My Head) ou bien ceux d’une nouvelle papesse du rock (Back To Rock) ou bien ceux d’une émergente égérie de french pop, avant de nous rappeler gentiment que même après y avoir fait ses adieux, Marie Davidson règne naturellement sur un dancefloor (Renegade Breakdown, Worst Comes to Worst). Le prix Arturo-Brachetti pour cette amazone au couteau suisse bien garni.…

– JULIEN ROCHE

14 Élie Raymond – Panels  

C’est une année formidablement remplie pour Élie Raymond, divisé entre Foreign Diplomats, Totalement Sublime et ce projet solo qui en est à son deuxième album cette année (?!) On retrouve en Panels un album sensible, truffé d’idées intéressantes, marqué par un engagement entier, tripes sur tables, et une instrumentation touffue et colorée. Hâte de voir ces pièces vivre sur scène.

– JULIEN ROCHE

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13 Gus Englehorn – Death & Transfiguration 

Death and Transfiguration a été incontestablement l’album le plus addictif de mon année 2020. En seulement neuf morceaux lo-fi, le candide ex-snowboardeur Gus Englehorn, accompagné sur scène à la batterie par Estée Preda, dévoile un projet de rock indie qui se démarque incontestablement dans le paysage québécois actuel, en particulier par le chant, qui alterne entre insouciance, gémissements, cris, voire rap, ainsi que par les textes personnels de Gus qui oscillent entre l’ombre et la lumière tout en rappelant aussi la vie, à bien des égards surréaliste, de Daniel Johnston. En show, l’expérience est encore plus extatique. Si vous avez besoin d’un guide, cherchez, quelque part au devant de la scène, Jed Arbour, une fille qui maîtrise superbement le grunge par ailleurs. Mention spéciale à tous les clips DIY ainsi qu’à la merch qui permet d’apprécier des illustrations d’Estée et de Shelby Menzel. Un deuxième album est déjà en route alors longue vie!

– LISE BRUN

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12 Kaytranada – Bubba 

Sortie à la fin de décembre 2019, ce grand disque du producteur montréalais était un incontournable pour les TOPS de 2020 alors que ceux de 2019 étaient déjà sortis quand l’album a fait son apparition. Bubba, qui a récolté trois nominations aux prix Grammys, est un bijou du début à la fin. Avec toute la finesse et le travail derrière les rythmes, les basses et le synthés vintage du DJ, ajoutez à cela des collaborations de feu (Charlotte Day Wilson, Pharrell Williams, Teesha Moses, VanJess), Kaytranada nous offre un résultat exceptionnel. À danser, bien confiné dans votre salon!

– MATHIEU CATAFARD

11 Land of Talk – Indistinct Conversations 

Les émotions que nous dessine Elizabeth Powell sont en déséquilibre total. L’intensité rencontre la réserve sur ce quatrième album de Land of Talk qui nous plonge dans une rêverie où l’on a beaucoup de demandes à faire exaucer par l’univers. Alors oui, c’est très actuel. Gros coup de coeur pour le single The Weight of That Weekend qui aborde le concept désormais tristement connu qu’est le gaslighting. L’intelligence des arrangements rencontre l’intelligence du propos du début à la fin de Indistinct Conversations. À réécouter en 2021 juste au cas où.

– ÉLISE JETTÉ

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GAMIQ 2020: ma grand-mère se prononce

Je n’ai pas serré ma grand-mère dans mes bras depuis le mois de janvier et je ne l’ai pas vue en personne depuis la zone rouge montréalaise. Je la laisse tranquille dans sa zone orange. Elle a quand même accepté de passer une heure au téléphone avec moi pour que je lui fasse écouter les nommés du GAMIQ 2020. C’est vous dire à quel point les aînés ont besoin d’un coup de fil de temps en temps! J’ai profité de l’occasion pour ressortir une photo de mes archives personnelles (probablement en 2010), au moment où je faisais écouter de la musique à Claudette (de mémoire, c’était Martin Léon).

Claudette en 2010 écoutant Les atomes/Photo: Élise Jetté

ARTISTE DE L’ANNÉE

Bon enfant

Élise: Bon, grand-maman, t’as l’oreille bien collée sur ton téléphone? Ça commence!

Claudette: Oui, je suis prête. Quand j’aurai chaud à l’oreille droite, je changerai pour l’oreille gauche. Comme ça ça va être égal pour tout le monde.

É: Parfait! Là on va écouter les nommés comme Artiste de l’année. C’est comme le plus gros prix, donc t’as le droit d’être sévère. On commence avec un groupe qui s’appelle Bon enfant. La chanson que tu vas entendre, c’est Ménage du printemps.

C: Le titre fonctionne très bien parce que ça me donne le goût de faire mon ménage justement! Ils sont combien dans ce groupe?

É: Ils sont cinq. Deux filles, trois gars. Et t’as vu un des gars à La Voix.

C: C’est sûrement celui qui avait un chapeau de cowboy, ça fonctionnerait avec le style.

É: T’as tout compris.

C: J’aime beaucoup ça, Bon enfant!

Note de Claudette pour Bon enfant: 8/10

Corridor

É: Alors là, on change de style. Le groupe s’appelle Corridor.

C: C’est pas la chanson de Laurence Jalbert?

É: Non, malheureusement. La chanson que je te fais entendre s’appelle Domino.

C: C’est intéressant.

É: Intéressant comme la couleur de ton vomi après avoir bu de la slush ou intéressant comme un coucher de soleil d’automne?

C: Je ne suis pas certaine. Mais tes deux options sont pas mal aux antipodes, je trouve. Franchement! J’aime beaucoup qu’on entende de nombreux instruments. Ça parait qu’ils sont plusieurs et que tout le monde fait du bon travail. J’aime moins le fait que je n’entende pas très bien les paroles parce que la voix est en arrière-plan.

Note de Claudette pour Corridor: 7/10

KNLO

É: Grand-maman, on va maintenant entendre du rap Québ.

C: Du quoi?

É: Du rap Québ, du rap québécois.

C: Pourquoi tu dis pas tes mots au complet?

É: Je vais te faire entendre la chanson Ça fait mal de KNLO.

C: Je l’ai vu lui à l’ADISQ. Je le trouve tellement drôle. Bon, lui on comprend tout ce qu’il dit! J’aime beaucoup ça. Et le rythme nous rend de bonne humeur. C’est important ces temps-ci.

Note de Claudette pour KNLO: 9/10

LaF

É: On reste dans le rap Québ avec LaF, la chanson Eastman.

C: Comme la ville?

É: Oui.

C: Ils disent qu’ils boivent chaque jour. C’est pas l’idéal. Moi je bois juste du vin quand tu viens me voir, donc là, ça fait longtemps que j’ai pas bu de vin, mais j’ai quelques bouteilles de ton vin préféré pour quand tu vas venir.

É: J’ai hâte.

C: Je trouve ça vraiment bon, LaF. J’aime beaucoup le titre parce que j’aime cette ville. Et j’aime le mélange de l’accent français avec l’accent québécois. C’est pas souvent qu’on entend ça.

La note de Claudette pour LaF: 8/10

Les Deuxluxes

É: On va finir avec un duo qui s’appelle Les Deuxluxes. C’est un gars et une fille habillés vraiment funky. Comme la photo de grand-pa et toi à l’Halloween en 85.

C: Ha ben là, ça c’est un style que j’aime!

É: La chanson qu’on va écouter s’appelle Everything of Beauty.

C: Pour la voix et le style, ce sont mes préférés, mais je préfère la musique en français.

É: Ils chantent en français des fois!

La note de Claudette pour Les Deuxluxes: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, c’est KNLO l’artiste de l’année.

ALBUM FOLK DE L’ANNÉE

Basia Bulat – Are you In Love?

É: Là, grand-maman, on est rendues à la catégorie Album folk de l’année. J’ai pensé que t’aimerais pas mal les artistes dans cette catégorie. La première s’appelle Basia Bulat. Son album s’appelle Are you In Love? et la chanson que tu vas entendre s’appelle Your Girl.

C: C’est donc ben beau ça. Une belle voix. C’est doux à entendre. Je trouve ça étrange qu’elle ne soit pas plus connue.

La note de Claudette pour Basia Bulat: 9/10

Chandail de loup – Sul bord

É: Voici maintenant le groupe Chandail de loup, l’album Sul bord et la chanson Dansé nu.

C: Ça je trouve ça ben niaiseux. En plus, ils disent pas les mots au complet. Comme toi! C’est parce qu’ils viennent de Montréal?

É: Ils viennent de Val-David, donc c’est dur à dire…

La note de Claudette pour Chandail de loup: 6/10

Foisy – Mémoires

É: On va entendre un autre artiste qui s’appelle Foisy. Son album s’appelle Mémoires et la chanson que je te fais jouer, s’appelle Les anniversaires.

C: C‘est qui donc l’artiste que j’avais trouvé déprimé la dernière fois qu’on a fait ça? Je le trouvais triste.

É: Antoine Corriveau. C’est lui qui a réalisé l’album de Foisy.

C: Ils faudrait que tu leur donnes une petite tape dans le dos la prochaine fois que tu parles avec eux.

É: Parfait!

C: J’aime beaucoup ça, mais je pense qu’il pourrait essayer d’être plus gai pour la prochaine fois. Peut-être un peu plus d’Émile Bilodeau dans sa voix.

É: Je vais lui faire le message.

La note de Claudette pour Foisy: 8/10

Leif Vollebekk – New Ways

É: Lui c’est Leif Vollebekk. Son album s’appelle New Ways et la chanson que tu entends s’appelle Hot Tears.

C: Ça réchauffe, on dirait, écouter ça. Je pense que je le recommanderais pour les gens en hiver, mais pas en été.

La note de Claudette pour Leif Vollebekk: 7/10

Mathieu Bérubé – Roman savon

É: On va entendre Les fleurs du tapis de Mathieu Bérubé. Son album s’appelle Roman-savon.

C: Il est drôle lui. Il savait pas que roman-savon, ça veut dire des émissions pas très bonnes. Il voulait nous annoncer un mauvais album?

É: Je pense pas que c’était son objectif!

C: Je pense que c’est ma voix d’homme favorite à date. Il a la voix de quelqu’un de gentil. Et j’aime beaucoup la batterie. Ça me fait bouger un peu.

La note de Claudette pour Mathieu Bérubé: 8/10

Maude Audet – Tu ne mourras pas

É: Là c’est Maude Audet. Son album s’appelle Tu ne mourras pas et la chansons c’est Tu trembleras encore.

C: Ah la belle Maude! Son chum est assez drôle! J’aime ça, ça sonne comme la musique de mon temps. Comme Renée Martel.

La note de Claudette pour Maude Audet: 8/10

Mon doux saigneur – Horizon

É: On va maintenant entendre un groupe qui s’appelle Mon doux saigneur. L’album s’appelle Horizon et la chanson aussi.

C: Oh wow, c’est harmonieux ça. C’est comme si les musiciens étaient tous des spécialistes virtuoses et qu’ils avaient la chimie parfaite entre eux. La voix est l’fun. On n’entend pas souvent des voix comme ça. C’est pas une grosse voix, mais elle est toujours juste.

La note de Claudette pour Mon doux saigneur: 9/10

Saratoga – Ceci est une espèce aimée

É: On va entendre le duo Saratoga. Leur album s’appelle Ceci est une espèce aimée et la chanson, c’est Morceaux.

C: Oh la la. Ça c’est de la belle poésie. Eux autres leur force, c’est vraiment les mots. J’aimerais lire leurs textes.

É: L’album viens avec un livre des textes. Je vais te l’apporter.

C: J’aime vraiment beaucoup ça. Ça doit bien s’écouter pendant une tempête de neige.

La note de Claudette pour Saratoga: 8/10

Tomas Jensen – Les rêves sont faits

É: On va entendre Tomas Jensen avec Le fil qui vient de l’album Les rêves sont faits.

C: Ça me fait penser à du jazz. J’aime vraiment pas ça le jazz.

É: Moi ton commentaire me fait penser à cette vidéo des Appendices:

La note de Claudette pour Tomas Jensen: 6/10

Travelling Headcase – Songs For The Broken

É: Le dernier groupe s’appelle Travelling Headcase, la chanson s’appelle Baie Deception et l’album se nomme Songs For The Broken.

C: La voix pourrait être dérangeante sur le long terme, mais le style est original.

La note de Claudette pour Travelling Headcase: 7/10

VERDICT: Selon Claudette, les meilleurs albums folk de l’année sont ceux de Basia Bulat et de Mon doux Saigneur.

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

Anachnid

É: Dernière catégorie, grand-maman. On va y aller pour la Révélation de l’année. La première artiste, c’est Anachnid, c’est une artiste autochtone. La chanson s’appelle Sky Woman.

C: Mais moi j’aime beaucoup Elisapie.

É: T’as pas besoin de choisir, grand-maman. Tu peux aimer les deux.

C: C’est vrai. Elle j’aime ça, mais on dirait qu’elle marmonne un peu.

La note de Claudette pour Anachnid: 8/10

Backxwash

É: Donc là, elle c’est Backxwash. Elle a gagné le prix Polaris. Celui pour lequel je fais le jury chaque année.

C: Ah oui, ok je suis curieuse.

É: La chanson s’appelle Devil in a Moshpit, ça veut dire Le diable danse ou quelque chose de même.

C: Elle danse avec le diable. C’est pour ça qu’elle est aussi fâchée! Il y a beaucoup de colère dans sa musique. Je ne suis pas certaine, mais c’est juste à cause de l’agressivité.

La note de Claudette pour Backxwash: 7/10

Bermuda

É: La prochaine s’appelle Bermuda. La chanson qu’on va entendre s’appelle Beach Bodé.

C: C’est drôle, ça! Ça swing! Ça me fait penser à l’été sur le bord de la plage, donc j’aime ça. C’est comme quand on était en vacances ensemble. C’était le bon temps. Je l’aime, elle. Elle me fait sentir bien et elle me rappelle des bons souvenirs.

La note de Claudette pour Bermuda: 9/10

NOBRO

É: Alors maintenant, ça va être un peu plus intense. On change de registre. Ce sont quatre filles. Le groupe s’appelle NOBRO et la chanson s’appelle Marianna

C: Au téléphone, c’est pas l’idéal pour écouter ça, mais je pense que j’aimerais voir un spectacle. C’est très entraînant et on a besoin de chansons comme celle-là pour bouger.

La note de Claudette pour NOBRO: 9/10

P’tit Belliveau

É: Le dernier artiste s’appelle P’tit Belliveau, c’est un Acadien de la Nouvelle-Écosse. La chanson s’appelle Income Tax.

C: Ça prend des sous-titres, hein, cette chanson-là.

É: Ça tombe bien, il y en a dans ses clips.

C: Très bonne idée. Y’est de bonne humeur lui là. Je trouve qu’il fait des belles façons. Un jeune homme qui semble gentil. Il me rappelle nos vacances dans les Maritimes.

La note de Claudette pour P’tit Belliveau: 8/10

VERDICT: Selon Claudette, la Révélation de l’année est Bermuda ou NOBRO

Le GAMIQ 2020 aura lieu ce dimanche 6 décembre à 20h.

Évidemment, le gala est numérique. Vous pouvez obtenir votre billet gratuit ici.

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2018

Lisez les choix de Claudette au GAMIQ 2017

ADISQ 2020: survivre à la grande dépression

J’espère que je ne recevrai pas de poursuite d’un regroupement de profs d’histoire en nommant ce qui suit la grande dépression. Et attendez-vous à être déprimés durant votre lecture. Je vous rapporterai quelques moments cocasses pour casser la tristesse ambiante, mais je ne sais pas si ça va être assez. Ça fait longtemps que l’ADISQ est mon moment musical préféré de l’année. Je m’ennuie des années où ma seule déception était celle de ne pas voir mes artistes favoris remporter les Félix. En 2020, ça fait plus mal que ça.

On ne fera pas comme si on n’avait pas passé l’année devant notre écran. Les photos de ce texte sont toutes les photos de ma télé. Quand les choses se passent dans l’écran, il faut parfois se résigner à capturer l’essence même du climat dans lequel on vit. Et c’est peut-être même une mise en abyme que d’illustrer cet article sur le Premier gala et le Gala de l’ADISQ à l’aide de photos de cadrage de télé. Une œuvre dans une œuvre où l’on parle des œuvres de l’année…

Le Premier gala de l’ADISQ

«Il n’y a pas de collègue, pas de public, on n’est pas en direct», nous annonce d’emblée l’animateur Pierre Lapointe muni d’une tenue on ne peut plus au point: moi aussi devant l’imminence de la fin du monde je voudrais qu’on me vêtisse d’objets contondants pour me défendre.

En symbiose avec l’année qu’on vit, l’introduction du gala nous montre une série d’artistes en nomination qui parlent à leur téléphone on qu’on nous sert en montage pixélisé au son inégal. «Moi j’fais pas de musique par exemple», dit  Yannick De Martino, nommé pour Spectacle de l’année – Humour. Inquiète-toi pas, Yannick, on est plusieurs, depuis plusieurs années à se demander pourquoi les Olivier sont invités à l’ADISQ!

Le numéro d’ouverture nous montre le groupe Salebarbes et on a la confirmation que, si on avait été invités, on n’aurait pas été déçus par rapport aux cheveux de Jonathan Painchaud.

Les Hay Babies se joignent à la partie avec les tenues les plus cool qu’on n’a jamais vues de notre vie. L’Internet nous apprendra plus tard que les tenues, elles les ont cousues elles-mêmes. J’ai juste une question, ici: les filles, je peux-tu être une Hay Babies moi aussi? 

C’est toujours avec son adéquate tenue de brontosaure que Pierre Lapointe nous parle de l’augmentation de l’offre des spectacles en Facebook live durant les 8 derniers mois, une offre qui est, selon moi, l’équivalent médical d’un diachylon de Spiderman sur une fracture ouverte de la hanche.

Pierre prononcera aussi les mots que tout le monde va dire et redire en cherchant un sens, en se demandant s’il y en a vraiment un: «notre industrie est à rebâtir».

Et c’est le début de ce que j’appellerai le constat «L’Amérique pleure, pis c’est vrai!» avec le premier trophée décerné aux Cowboys fringants, pour Antipodes, l’Album meilleur vendeur de l’année.

C’est autour d’un feu de camp qui est loin d’être assez chaud pour réchauffer l’âme de la culture Québ que le groupe procède à des remerciements standards. 

L’Album traditionnel de l’année est celui de Salebarbes: Live Au Pas Perdus

On est toujours satisfaits du cuir chevelu de Painchaud et que dire de la moustache à deux étages?

En regardant la salle du Corona où le house band s’exécute, pas de public, je ne peux m’empêcher de dire «bon enfin de la place pour montrer le house band». Sont toujours cachés dans le noir, en arrière d’un décor de Moment Factory, mais LÀ, c’est leur moment. Bravo.

C’est Dominique Fils-Aimé, récipiendaire du prix d’Album Jazz de l’année 2019, qui vient remettre le prix 2020.

C’est Jacques Kuba Séguin et son album Migrations qui l’emportent! Dans sa vidéo de remerciement, il dit: «merci à mes enfants, surtout à ma grande fille Ella». Donc les enfants, si papa vous a toujours dit qu’il n’avait pas de préféré, c’est ici que vos rêves cassent en morceaux. 

«On a été testés par les évènements», dit Jacques. Nous, on espère juste que t’as pas été testé COVID positif.

Le Spectacle de l’année interprète est celui de Véronic Dicaire qui reçoit étonnamment son premier Félix en carrière. Elle parle des 27 personnes qui la suivent en tournée tout le temps. De mon côté, je m’adresse aux 27: «ça roule la PCU?»

L’Album ou DVD de l’année Jeunesse est remis à celui qui ne change jamais de chapeau, mais on espère au moins qu’il le lave de temps en temps: Arthur L’Aventurier et L’aventure au bout du monde en Australie. Une chose est sûre, avec cette vidéo pour enfant, il a visé juste. Si on peut pu jamais aller nulle part, on va au moins aller en Australie avec Arthur. C’est tout ce qu’il nous reste.

Son remerciement contient la phrase que j’ai toujours haïe, mais que j’haïs encore plus en 2020: «Merci la vie».

Depuis le début du texte, je vous épargne quand même pas pire en termes de dépression, mais je dois mettre quelque chose au clair tout de suite: Le Premier gala de l’ADISQ nous montre durant toute la soirée, de petites entrevues avec des artistes d’ici qui nous racontent leur tristesse de ne plus faire de show, leurs remises en question, leurs idées folles de s’ouvrir une boulangerie, un potager urbain ou un magasin de vélos. Tout le monde a l’air d’amorcer sa quatrième saison de dépression saisonnière. Des bands nous disent qu’ils ne se sont même pas vus entre eux, séparés par des zones rouges, jaunes et oranges. Confinés dans les univers virtuels respectifs où les jams ne sont jamais vraiment des jams.

Ça pourrait être déjà assez triste de même, mais les pubs entre les remises de prix, c’est: la fille qui est partie en ambulance pour sa COVID le jour de sa fête, une madame qui a besoin d’une prescription pour ses infections urinaires chroniques, un gars qui tripe tellement sur le porc du Québec qu’il réveille sa chum en pleine nuit comme un sociopathe pour avoir la recette, un couple qui se sépare et qui pleure devant sa fille alors que toute la petite famille marche «sur des œufs» (mais pour vrai là! LE PLANCHER, C’EST DES ŒUFS) pour donner vie à la métaphore «marcher sur des œufs» de la manière la plus triste jamais vue. 

Miro et Sarahmée nous font une prestation agréable. Si l’humeur était à -4, on est rendus à 2 sur une échelle de 1 à Luc Senay.

Corridor s’est fait voler le trophée d’Album rock de l’année qui est rentré à la maison avec les Cowboys fringants pendant que l’Amérique pleurait de cette situation.

Mon seul point dans mon pool de l’ADISQ pour cette soirée-là, je le dois à la talentueuse Alexandra Stréliski qui est l’Artiste québécoise ayant le plus rayonné hors Québec. En guise de remerciement, elle nous sert une vidéo triste où on la voit se balader avec Inscape, son album, dans des rues européennes désertes. C’est ça, en 2020, rayonner à l’étranger. En termes de tristesse, cette scène arrive juste après celle où Kate laisse tomber Léo dans l’eau glaciale en gardant le radeau de fortune pour elle. 

Charles Richard Hamelin remporte son cinquième Félix avec celui de l’Album de l’année Classique soliste et petit ensemble: Chopin – ballades et impromptus.

L’Album de l’année Classique orchestre et grand ensemble est Pulsations d’Angèle Dubeau et la Pieta. «C’est mon 44e album», déclare-t-elle sans dire son âge.

Nomadic Massive monte sur scène juste avant que Flore Laurentienne perde le Félix d’album instrumental de l’année aux mains de Gregory Charles, ce qui suscite chez moi l’envoi de ce genre de message:

Comme j’attends Noël depuis le début de la pandémie (c’est la seule fête qui me rattache encore à un semblant de magie), je suis ravie qu’Isabelle Boulay gagne le Félix d’Album de l’année – Réinterprétation pour En attendant Noël.

L’Album de l’année autre langue est celui de Nikamu Mamuitun et si jamais vous n’avez pas entendu la chanson Tout un village, il faut remédier à ça maintenant, pleurer un peu et se ressaisir comme on peut après.

Pierre présente des prix devant le Mac – sûrement habillé par le MAC aussi, c’est de l’art, ça – avec Roxane Bruneau.

L’Album de l’année country est celui de Patrick Norman qui remercie plein de monde d’être venu à Nashville. Si t’es dans l’industrie pis que t’as pas été invité à Nashville par Pat, je t’invite à te poser des questions.

Le spectacle de l’année Humour est celui de Sam Breton, puis une bourse de 5000 $ est remise à l’un des artistes détenant sa première nomination cette année. On connaissait pas mal tout le monde sur la liste, sauf les gagnants: Le Diable à Cinq.

Le symptôme dépressif s’accentue lors de la pause publicitaire suivante avec des gens habillés en jaune pour parler de beurre de peanut. Je sais que les temps sont durs, mais sont payés combien? Écrivez-moi si vous savez.

Zal Sissokho repart avec le Félix de l’Album de l’année Musique du monde et Elisapie remporte celui du meilleur Spectacle autre langue.

Vous pouvez maintenant détourner le regard si les rencontres Zoom commencent à vous faire vomir dans votre bouche un petit peu. Le Spectacle de l’année anglophone est celui de Patrick Watson qui est présent avec sa gang: unis, mais séparés. 

Comme si l’état psychologique collectif en chute libre avait besoin d’un autre Zoom.

C’est sûrement pour faire remonter l’indice de bonheur des Québécois que P’tit Belliveau arrive. Dans sa vidéo de pandémie, après sa perfo, il dit – deux fois plutôt qu’une – qu’il vit sa vinaigrette. Merci man.

Alicia Moffet et Fouki viennent chanter pour les 18-24, puis le Zoom de Patrick Watson revient avec le prix d’Album anglophone de l’année.

Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur est sacré meilleur album Alternatif de l’année et Choix de la critique.

Entre deux remises de prix, Fouki nous dit que 2020, c’est comme tomber dans une bouteille d’alcool fort que tu ne connais pas, mais tu passes à travers quand même et le lendemain tu ne te souviens de rien. À date, je n’ai trouvé personne qui a eu une meilleure idée que lui.

Alors que les vidéoclips inventifs ont déferlé sur nous plus vite que la COVID l’aurait fait au Bal en Blanc, c’est pourtant un clip qui nous montre une danse en ligne dans un bar de campagne qui a remporté le Félix de Vidéoclip de l’année. L’Amérique pleure, pis c’est vrai.

LISEZ NOTRE ARTICLE PRÉ-ADISQ INTITULÉ «COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance» 

Le Gala de l’ADISQ

On a surnommé le gala du dimanche le festival du follow spot sur les toits de Montréal, du moins pour l’ouverture du gala durant laquelle toutes les lumières et les drones de la ville avaient été sollicités. De toute façon, il ne se passe rien d’autre ces temps-ci alors l’ADISQ avait le premier choix.

Louis-José Houde fait son numéro d’ouverture dans un studio de Radio-Canada devant un public aussi nombreux qu’à une messe du dimanche en ces temps où l’astrologie a remplacé la religion. 

Il ne nous présente pas pour autant un numéro approuvé par le clergé, lançant des flèches à tous ceux qui ont été dans les médias pour les mauvaises raisons durant l’année. «Bon qui qui reste? Ceux qui ne sont pas en prison, faites du bruit», dit-il avant de mentionner qu’il pensait être seul avec Renée Martel ce soir étant donné les délits commis en 2020 par les artistes d’ici. «Ce soir, y’aura pas d’hommage aux grands disparus. Sont tous vivants», mentionne-t-il également étant donné que les disparus sont disparus pour des raisons légales et ne sont pas morts, comme dans le bon vieux temps.

«J’ai dit oui pour animer le gala le 12 mars. Je ne pensais pas que ça finirait en PowerPoint», dit Louis-José devant une poignée d’artistes en dépression.

«Les gens veulent faire l’amour, c’est la tendance», dit-il ensuite en faisant des jokes de graines. Émile Bilodeau a l’air de dire «iiiiii va pas là».

Steven Guilbeault, nous fait son petit message de ministre et on réalise qu’il est fatigué comme nous tous. C’est pas comme si le Patrimoine canadien était si prenant ces temps-ci, Steven! Dors un peu!

Louis-Jean Cormier, désormais porteur de chapeau, nous interprète Je me moi, une chanson d’actualité puisque la pandémie nous a inévitablement menés à un repli sur nous-mêmes.

Le premier prix est remis à KNLO pour le meilleur album rap de l’année et tout le monde a un petit malaise cardiaque quand il reste à sa place. Eh oui! Les remerciements se font directement à la chaise du gagnant cette année. KNLO fait des salutations à tout le monde, même à La Mauricie.

Au retour de la pause c’est Marie-Pierre Arthur qui vient chanter Tiens-moi mon cœur et sa perfo est covid-friendly et demeure en mode bulle familiale : c’est son fils qui danse.

Louis-José y va d’un petit numéro sur la deuxième job que pourrait occuper chaque artiste: «Lisa Leblanc, elle pourrait être n’importe quoi pis ça serait l’fun. Broder un napperon, changer ta fournaise. Je la truste dans toute. C’est l’inverse de Kaïn. Eux j’les truste dans rien. C’est sûrement des bonnes personnes, mais ça m’a pas l’air porté sur le deadline

Robert Charlebois vient présenter le prix d’album Adulte contemporain. Il en profite pour dire à Louis-José qu’il le trouve drôle avec cette expression, jamais entendue avant, que l’on va désormais adopter: «Tu me fais pacter».

Assez troublant, dans cette catégorie, d’entendre back à back Yé midi kek part de Kaïn, puis Tatouage de Pierre Lapointe. On ne s’imagine pas que c’est possible comme adversaires. 

C’est le rebaptisé «Jean-Louis Cormier» qui gagne.

Eli Rose et Marc Dupré nous proposent un duo improbable, puis Louis-José fait des jokes sur la consommation de drogue des artistes, notamment en leur annonçant que la cocaïne coûte désormais trop cher pour leur budget en mode PCU.

L’Album folk de l’année est L’étrange pays de Jean Leloup.

Après, je me demande vraiment pourquoi la Révélation de l’année est présentée par Mazda. T’as pas de char quand t’es Révélation de l’année.

Installée en mode «piano bar» sur un piano de plus de deux mètres de long pour respecter les règles, la Révélation de l’année 2003 Ariane Moffatt présente un numéro d’intro avec Louis-José puis c’est la Révélation 2019, Alexandra Stréliski qui présente Eli Rose, la gagnante, qui est surprise pour vrai et qui se vide de ses larmes sous les recommandations d’Alexandra qui la réconforte à l’autre bout de la salle, à une distance de type «autre indicatif régional téléphonique».

L’Album pop de l’année est celui de Marc Dupré. On a ensuite droit à une bonne pub sur la gestion de patrimoine avec un homme pour qui c’est une passion, la gestion de patrimoine.

On apprend aussi qu’il est possible de louer un chauffe-eau.

Puis le meilleur numéro de 2020 est celui présenté par Anachnid, Flore Laurentienne et Matt Holubowski. Un trio bien pensé et bien distancé comme seule 2020 est capable de le faire.

Louis-José rit du mot «RÉINVENTER» avec raison, alors qu’on a passé les huit derniers mois à regarder les shows les plus tristes au monde sur Internet.

Robert Charlebois repart avec le Félix du meilleur Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Avec Ben Dion, adieu les problèmes de son», dit-il pour remercier son soundman. J’aimerais ça le rencontrer, Ben. Il remercie également Louise Forestier. «Louise, 50 ans d’amitié! La prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va être une chanson bubble gum comparé aux horreurs qui nous affligent.» En fait, il aurait probablement été plus adéquat de dire: la prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va l’être pour vrai.

Je me demande si ce Félix pourra être remis l’an prochain même si on aura eu 4,7 semaines de shows au total durant l’année et aucune véritable tournée.

On a ensuite droit à une pub de vin d’épicerie et à une autre pub qui nous montre une fille qui fait du lavage, mais que son linge pue pareil. Le clou du spectacle publicitaire: une pub de fuites urinaires qui a jouée six fois durant la soirée. Rien pour te permettre de fuir tes problèmes…

La vie d’écran, ça permet de faire un medley de Pauline Julien, au siècle dernier, qui chante avec Pierre Lapointe aujourd’hui, puis Isabelle Boulay, sur scène, qui chante avec une Monique Leyrac en noir et blanc.

Profiter du fait que notre vie est désormais virtuelle pour faire un medley qui mêle deux siècles différents: je dis oui.

Kent Nagano présente le prix Artiste autochtone de l’année en mode vidéo dans une pièce avec autant d’écho qu’un sous-marin. Elisapie l’emporte et fait un touchant discours qui est le seul que le chronomètre sonore ne coupera pas.

La Chanson de l’année est L’Amérique pleure des Cowboys fringants. Le groupe nous livre le mensonge du jour dans ses remerciements: «Merci d’avoir joué nos tounes à la radio et beaucoup de musique Québ durant toute l’année». NOPE.

On assiste ensuite à l’une des pubs les plus tristes depuis celles des banques alimentaires: une pub de banque avec Deux par deux rassemblés de Pierre Lapointe version piano en noir et blanc qui nous montre des travailleurs de divers milieux qui ne vont pas s’en sortir durant la crise sanitaire.

L’Auteur-compositeur de l’année est Louis-Jean Cormier, le Groupe de l’année est Les Cowboys fringants

Isabelle Boulay, qui était là pour le numéro avec Pierre Lapointe plus tôt n’est pas là pour la remise du prix d’Interprète féminine de l’année dans laquelle elle est nommée.

ÉTAIT-ELLE EN HOLOGRAMME TANTÔT? Ou est-elle allée se coucher avant sa catégorie?

C’est la grandiose Alexandra Stréliski qui remporte la statuette. «J’ai trop bu de Bulles de nuit», dit-elle comme si elle était à O.D. à l’autre poste. Elle aborde une fois de plus la douceur, parce que c’est pas mal juste ça qu’il nous reste cette année. «J’ai hâte de vous revoir à côté de ce cauchemar», ajoute-t-elle. Nous aussi.

Émile Bilodeau est l’Interprète masculin de l’année et il fait son discours, écrit sur une feuille quadrillée sans lever les yeux. Voyons, Émile! T’as pas appris ton exposé oral!

Il termine par «Vive le Québec libre!» pour faire plaisir à sa date: son petit frère, mais aussi, avouons-le, pour se faire plaisir à lui-même. Et en cette année sans plaisir, qui serions-nous pour juger ce comportement?

Louis-José Houde termine avec la phrase la plus 2020 possible: «Y’a tellement de Purell dans’ place que tout le monde est stérile».

À l’image de la musique durant la dernière année, l’ADISQ était là malgré tout. Mais les trous dans la salle, semblables aux trous dans les salles de spectacles (lorsqu’elles sont ouvertes) nous amènent à croire de moins en moins à de plus en plus de choses. Les derniers VRAIS shows, non-distancés, qu’on a vus au début du mois de mars dernier nous semblent déjà anachroniques. Approcher les autres, sans masque, que ce soit pour dire bonjour ou pour faire un mushpit, est une idée complètement déjantée, illusoire et probablement passible d’une amende. 

La musique est la solution à beaucoup de sentiments négatifs. Espérons qu’elle saura nous faire passer à travers la grande dépression.