Les bonnes nouvelles de la semaine

En ces temps sombres, nous avons eu envie de souligner hebdomadairement les belles choses musicales qui surviennent chaque semaine. Les vendredis matins, on vous partage trois bonnes nouvelles survenues dans les derniers jours. Lâchez pas!

1 C’est pas parce qu’on n’a pas de Noël cette année qu’on ne peut pas offrir et recevoir des cadeaux. On ne cesse de rappeler aux gens de faire des achats locaux cette année. Parmi ceux qui l’ont eu difficile durant les 9 derniers mois, il y a évidemment les artistes. Trois musiciennes qu’on aime se rassemblent jusqu’à ce demain pour te permettre de donner un bon cadeau à un proche. Maude Audet, Alexandra Stréliski et Beyries vont dédicacer leur merch à leur Pop Up shop au 24 Rue Prince-Arthur Ouest à Montréal. Une bonne façon pour toi de ne pas donner des cadeaux de marde cette année. Les heures de dédicaces sont précisées sur l’évènement.
2 Parlant de cadeaux de Noël, si jamais, comme nous, tu tripes ben raide sur les shows virtuels (parce qu’il n’y a rien d’autre en ce moment), tu es probablement familier avec Le point de vente. Eh bien le site de vente de billets propose un concours pour essayer de gagner 100 $ de billets à ceux qui achètent des cartes cadeaux. Tu peux en profiter ici.
3 Et parlant de shows virtuels, Ausgang Plaza a annoncé cette semaine le premier concert d’une série de spectacles virtuels hybrides qui aura lieu de janvier à mars. Laroie et Antony Carle ouvriront le bal le vendredi 15 janvier. Les deux artistes ont fait paraître chacun un EP en 2020 donc ce sera une belle occasion de voir tout ça se déployer sur scène. Ok, ça reste virtuel, mais c’est déjà beau. On fait du progrès. Le calendrier du Ausgang est ici.
Lâchez pas!

ADISQ 2020: survivre à la grande dépression

J’espère que je ne recevrai pas de poursuite d’un regroupement de profs d’histoire en nommant ce qui suit la grande dépression. Et attendez-vous à être déprimés durant votre lecture. Je vous rapporterai quelques moments cocasses pour casser la tristesse ambiante, mais je ne sais pas si ça va être assez. Ça fait longtemps que l’ADISQ est mon moment musical préféré de l’année. Je m’ennuie des années où ma seule déception était celle de ne pas voir mes artistes favoris remporter les Félix. En 2020, ça fait plus mal que ça.

On ne fera pas comme si on n’avait pas passé l’année devant notre écran. Les photos de ce texte sont toutes les photos de ma télé. Quand les choses se passent dans l’écran, il faut parfois se résigner à capturer l’essence même du climat dans lequel on vit. Et c’est peut-être même une mise en abyme que d’illustrer cet article sur le Premier gala et le Gala de l’ADISQ à l’aide de photos de cadrage de télé. Une œuvre dans une œuvre où l’on parle des œuvres de l’année…

Le Premier gala de l’ADISQ

«Il n’y a pas de collègue, pas de public, on n’est pas en direct», nous annonce d’emblée l’animateur Pierre Lapointe muni d’une tenue on ne peut plus au point: moi aussi devant l’imminence de la fin du monde je voudrais qu’on me vêtisse d’objets contondants pour me défendre.

En symbiose avec l’année qu’on vit, l’introduction du gala nous montre une série d’artistes en nomination qui parlent à leur téléphone on qu’on nous sert en montage pixélisé au son inégal. «Moi j’fais pas de musique par exemple», dit  Yannick De Martino, nommé pour Spectacle de l’année – Humour. Inquiète-toi pas, Yannick, on est plusieurs, depuis plusieurs années à se demander pourquoi les Olivier sont invités à l’ADISQ!

Le numéro d’ouverture nous montre le groupe Salebarbes et on a la confirmation que, si on avait été invités, on n’aurait pas été déçus par rapport aux cheveux de Jonathan Painchaud.

Les Hay Babies se joignent à la partie avec les tenues les plus cool qu’on n’a jamais vues de notre vie. L’Internet nous apprendra plus tard que les tenues, elles les ont cousues elles-mêmes. J’ai juste une question, ici: les filles, je peux-tu être une Hay Babies moi aussi? 

C’est toujours avec son adéquate tenue de brontosaure que Pierre Lapointe nous parle de l’augmentation de l’offre des spectacles en Facebook live durant les 8 derniers mois, une offre qui est, selon moi, l’équivalent médical d’un diachylon de Spiderman sur une fracture ouverte de la hanche.

Pierre prononcera aussi les mots que tout le monde va dire et redire en cherchant un sens, en se demandant s’il y en a vraiment un: «notre industrie est à rebâtir».

Et c’est le début de ce que j’appellerai le constat «L’Amérique pleure, pis c’est vrai!» avec le premier trophée décerné aux Cowboys fringants, pour Antipodes, l’Album meilleur vendeur de l’année.

C’est autour d’un feu de camp qui est loin d’être assez chaud pour réchauffer l’âme de la culture Québ que le groupe procède à des remerciements standards. 

L’Album traditionnel de l’année est celui de Salebarbes: Live Au Pas Perdus

On est toujours satisfaits du cuir chevelu de Painchaud et que dire de la moustache à deux étages?

En regardant la salle du Corona où le house band s’exécute, pas de public, je ne peux m’empêcher de dire «bon enfin de la place pour montrer le house band». Sont toujours cachés dans le noir, en arrière d’un décor de Moment Factory, mais LÀ, c’est leur moment. Bravo.

C’est Dominique Fils-Aimé, récipiendaire du prix d’Album Jazz de l’année 2019, qui vient remettre le prix 2020.

C’est Jacques Kuba Séguin et son album Migrations qui l’emportent! Dans sa vidéo de remerciement, il dit: «merci à mes enfants, surtout à ma grande fille Ella». Donc les enfants, si papa vous a toujours dit qu’il n’avait pas de préféré, c’est ici que vos rêves cassent en morceaux. 

«On a été testés par les évènements», dit Jacques. Nous, on espère juste que t’as pas été testé COVID positif.

Le Spectacle de l’année interprète est celui de Véronic Dicaire qui reçoit étonnamment son premier Félix en carrière. Elle parle des 27 personnes qui la suivent en tournée tout le temps. De mon côté, je m’adresse aux 27: «ça roule la PCU?»

L’Album ou DVD de l’année Jeunesse est remis à celui qui ne change jamais de chapeau, mais on espère au moins qu’il le lave de temps en temps: Arthur L’Aventurier et L’aventure au bout du monde en Australie. Une chose est sûre, avec cette vidéo pour enfant, il a visé juste. Si on peut pu jamais aller nulle part, on va au moins aller en Australie avec Arthur. C’est tout ce qu’il nous reste.

Son remerciement contient la phrase que j’ai toujours haïe, mais que j’haïs encore plus en 2020: «Merci la vie».

Depuis le début du texte, je vous épargne quand même pas pire en termes de dépression, mais je dois mettre quelque chose au clair tout de suite: Le Premier gala de l’ADISQ nous montre durant toute la soirée, de petites entrevues avec des artistes d’ici qui nous racontent leur tristesse de ne plus faire de show, leurs remises en question, leurs idées folles de s’ouvrir une boulangerie, un potager urbain ou un magasin de vélos. Tout le monde a l’air d’amorcer sa quatrième saison de dépression saisonnière. Des bands nous disent qu’ils ne se sont même pas vus entre eux, séparés par des zones rouges, jaunes et oranges. Confinés dans les univers virtuels respectifs où les jams ne sont jamais vraiment des jams.

Ça pourrait être déjà assez triste de même, mais les pubs entre les remises de prix, c’est: la fille qui est partie en ambulance pour sa COVID le jour de sa fête, une madame qui a besoin d’une prescription pour ses infections urinaires chroniques, un gars qui tripe tellement sur le porc du Québec qu’il réveille sa chum en pleine nuit comme un sociopathe pour avoir la recette, un couple qui se sépare et qui pleure devant sa fille alors que toute la petite famille marche «sur des œufs» (mais pour vrai là! LE PLANCHER, C’EST DES ŒUFS) pour donner vie à la métaphore «marcher sur des œufs» de la manière la plus triste jamais vue. 

Miro et Sarahmée nous font une prestation agréable. Si l’humeur était à -4, on est rendus à 2 sur une échelle de 1 à Luc Senay.

Corridor s’est fait voler le trophée d’Album rock de l’année qui est rentré à la maison avec les Cowboys fringants pendant que l’Amérique pleurait de cette situation.

Mon seul point dans mon pool de l’ADISQ pour cette soirée-là, je le dois à la talentueuse Alexandra Stréliski qui est l’Artiste québécoise ayant le plus rayonné hors Québec. En guise de remerciement, elle nous sert une vidéo triste où on la voit se balader avec Inscape, son album, dans des rues européennes désertes. C’est ça, en 2020, rayonner à l’étranger. En termes de tristesse, cette scène arrive juste après celle où Kate laisse tomber Léo dans l’eau glaciale en gardant le radeau de fortune pour elle. 

Charles Richard Hamelin remporte son cinquième Félix avec celui de l’Album de l’année Classique soliste et petit ensemble: Chopin – ballades et impromptus.

L’Album de l’année Classique orchestre et grand ensemble est Pulsations d’Angèle Dubeau et la Pieta. «C’est mon 44e album», déclare-t-elle sans dire son âge.

Nomadic Massive monte sur scène juste avant que Flore Laurentienne perde le Félix d’album instrumental de l’année aux mains de Gregory Charles, ce qui suscite chez moi l’envoi de ce genre de message:

Comme j’attends Noël depuis le début de la pandémie (c’est la seule fête qui me rattache encore à un semblant de magie), je suis ravie qu’Isabelle Boulay gagne le Félix d’Album de l’année – Réinterprétation pour En attendant Noël.

L’Album de l’année autre langue est celui de Nikamu Mamuitun et si jamais vous n’avez pas entendu la chanson Tout un village, il faut remédier à ça maintenant, pleurer un peu et se ressaisir comme on peut après.

Pierre présente des prix devant le Mac – sûrement habillé par le MAC aussi, c’est de l’art, ça – avec Roxane Bruneau.

L’Album de l’année country est celui de Patrick Norman qui remercie plein de monde d’être venu à Nashville. Si t’es dans l’industrie pis que t’as pas été invité à Nashville par Pat, je t’invite à te poser des questions.

Le spectacle de l’année Humour est celui de Sam Breton, puis une bourse de 5000 $ est remise à l’un des artistes détenant sa première nomination cette année. On connaissait pas mal tout le monde sur la liste, sauf les gagnants: Le Diable à Cinq.

Le symptôme dépressif s’accentue lors de la pause publicitaire suivante avec des gens habillés en jaune pour parler de beurre de peanut. Je sais que les temps sont durs, mais sont payés combien? Écrivez-moi si vous savez.

Zal Sissokho repart avec le Félix de l’Album de l’année Musique du monde et Elisapie remporte celui du meilleur Spectacle autre langue.

Vous pouvez maintenant détourner le regard si les rencontres Zoom commencent à vous faire vomir dans votre bouche un petit peu. Le Spectacle de l’année anglophone est celui de Patrick Watson qui est présent avec sa gang: unis, mais séparés. 

Comme si l’état psychologique collectif en chute libre avait besoin d’un autre Zoom.

C’est sûrement pour faire remonter l’indice de bonheur des Québécois que P’tit Belliveau arrive. Dans sa vidéo de pandémie, après sa perfo, il dit – deux fois plutôt qu’une – qu’il vit sa vinaigrette. Merci man.

Alicia Moffet et Fouki viennent chanter pour les 18-24, puis le Zoom de Patrick Watson revient avec le prix d’Album anglophone de l’année.

Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur est sacré meilleur album Alternatif de l’année et Choix de la critique.

Entre deux remises de prix, Fouki nous dit que 2020, c’est comme tomber dans une bouteille d’alcool fort que tu ne connais pas, mais tu passes à travers quand même et le lendemain tu ne te souviens de rien. À date, je n’ai trouvé personne qui a eu une meilleure idée que lui.

Alors que les vidéoclips inventifs ont déferlé sur nous plus vite que la COVID l’aurait fait au Bal en Blanc, c’est pourtant un clip qui nous montre une danse en ligne dans un bar de campagne qui a remporté le Félix de Vidéoclip de l’année. L’Amérique pleure, pis c’est vrai.

LISEZ NOTRE ARTICLE PRÉ-ADISQ INTITULÉ «COVID-19: 10 affaires qu’on ne verra pas à l’ADISQ cette année parce qu’on regarde ça à distance» 

Le Gala de l’ADISQ

On a surnommé le gala du dimanche le festival du follow spot sur les toits de Montréal, du moins pour l’ouverture du gala durant laquelle toutes les lumières et les drones de la ville avaient été sollicités. De toute façon, il ne se passe rien d’autre ces temps-ci alors l’ADISQ avait le premier choix.

Louis-José Houde fait son numéro d’ouverture dans un studio de Radio-Canada devant un public aussi nombreux qu’à une messe du dimanche en ces temps où l’astrologie a remplacé la religion. 

Il ne nous présente pas pour autant un numéro approuvé par le clergé, lançant des flèches à tous ceux qui ont été dans les médias pour les mauvaises raisons durant l’année. «Bon qui qui reste? Ceux qui ne sont pas en prison, faites du bruit», dit-il avant de mentionner qu’il pensait être seul avec Renée Martel ce soir étant donné les délits commis en 2020 par les artistes d’ici. «Ce soir, y’aura pas d’hommage aux grands disparus. Sont tous vivants», mentionne-t-il également étant donné que les disparus sont disparus pour des raisons légales et ne sont pas morts, comme dans le bon vieux temps.

«J’ai dit oui pour animer le gala le 12 mars. Je ne pensais pas que ça finirait en PowerPoint», dit Louis-José devant une poignée d’artistes en dépression.

«Les gens veulent faire l’amour, c’est la tendance», dit-il ensuite en faisant des jokes de graines. Émile Bilodeau a l’air de dire «iiiiii va pas là».

Steven Guilbeault, nous fait son petit message de ministre et on réalise qu’il est fatigué comme nous tous. C’est pas comme si le Patrimoine canadien était si prenant ces temps-ci, Steven! Dors un peu!

Louis-Jean Cormier, désormais porteur de chapeau, nous interprète Je me moi, une chanson d’actualité puisque la pandémie nous a inévitablement menés à un repli sur nous-mêmes.

Le premier prix est remis à KNLO pour le meilleur album rap de l’année et tout le monde a un petit malaise cardiaque quand il reste à sa place. Eh oui! Les remerciements se font directement à la chaise du gagnant cette année. KNLO fait des salutations à tout le monde, même à La Mauricie.

Au retour de la pause c’est Marie-Pierre Arthur qui vient chanter Tiens-moi mon cœur et sa perfo est covid-friendly et demeure en mode bulle familiale : c’est son fils qui danse.

Louis-José y va d’un petit numéro sur la deuxième job que pourrait occuper chaque artiste: «Lisa Leblanc, elle pourrait être n’importe quoi pis ça serait l’fun. Broder un napperon, changer ta fournaise. Je la truste dans toute. C’est l’inverse de Kaïn. Eux j’les truste dans rien. C’est sûrement des bonnes personnes, mais ça m’a pas l’air porté sur le deadline

Robert Charlebois vient présenter le prix d’album Adulte contemporain. Il en profite pour dire à Louis-José qu’il le trouve drôle avec cette expression, jamais entendue avant, que l’on va désormais adopter: «Tu me fais pacter».

Assez troublant, dans cette catégorie, d’entendre back à back Yé midi kek part de Kaïn, puis Tatouage de Pierre Lapointe. On ne s’imagine pas que c’est possible comme adversaires. 

C’est le rebaptisé «Jean-Louis Cormier» qui gagne.

Eli Rose et Marc Dupré nous proposent un duo improbable, puis Louis-José fait des jokes sur la consommation de drogue des artistes, notamment en leur annonçant que la cocaïne coûte désormais trop cher pour leur budget en mode PCU.

L’Album folk de l’année est L’étrange pays de Jean Leloup.

Après, je me demande vraiment pourquoi la Révélation de l’année est présentée par Mazda. T’as pas de char quand t’es Révélation de l’année.

Installée en mode «piano bar» sur un piano de plus de deux mètres de long pour respecter les règles, la Révélation de l’année 2003 Ariane Moffatt présente un numéro d’intro avec Louis-José puis c’est la Révélation 2019, Alexandra Stréliski qui présente Eli Rose, la gagnante, qui est surprise pour vrai et qui se vide de ses larmes sous les recommandations d’Alexandra qui la réconforte à l’autre bout de la salle, à une distance de type «autre indicatif régional téléphonique».

L’Album pop de l’année est celui de Marc Dupré. On a ensuite droit à une bonne pub sur la gestion de patrimoine avec un homme pour qui c’est une passion, la gestion de patrimoine.

On apprend aussi qu’il est possible de louer un chauffe-eau.

Puis le meilleur numéro de 2020 est celui présenté par Anachnid, Flore Laurentienne et Matt Holubowski. Un trio bien pensé et bien distancé comme seule 2020 est capable de le faire.

Louis-José rit du mot «RÉINVENTER» avec raison, alors qu’on a passé les huit derniers mois à regarder les shows les plus tristes au monde sur Internet.

Robert Charlebois repart avec le Félix du meilleur Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Avec Ben Dion, adieu les problèmes de son», dit-il pour remercier son soundman. J’aimerais ça le rencontrer, Ben. Il remercie également Louise Forestier. «Louise, 50 ans d’amitié! La prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va être une chanson bubble gum comparé aux horreurs qui nous affligent.» En fait, il aurait probablement été plus adéquat de dire: la prochaine fois qu’on va chanter La fin du monde, ça va l’être pour vrai.

Je me demande si ce Félix pourra être remis l’an prochain même si on aura eu 4,7 semaines de shows au total durant l’année et aucune véritable tournée.

On a ensuite droit à une pub de vin d’épicerie et à une autre pub qui nous montre une fille qui fait du lavage, mais que son linge pue pareil. Le clou du spectacle publicitaire: une pub de fuites urinaires qui a jouée six fois durant la soirée. Rien pour te permettre de fuir tes problèmes…

La vie d’écran, ça permet de faire un medley de Pauline Julien, au siècle dernier, qui chante avec Pierre Lapointe aujourd’hui, puis Isabelle Boulay, sur scène, qui chante avec une Monique Leyrac en noir et blanc.

Profiter du fait que notre vie est désormais virtuelle pour faire un medley qui mêle deux siècles différents: je dis oui.

Kent Nagano présente le prix Artiste autochtone de l’année en mode vidéo dans une pièce avec autant d’écho qu’un sous-marin. Elisapie l’emporte et fait un touchant discours qui est le seul que le chronomètre sonore ne coupera pas.

La Chanson de l’année est L’Amérique pleure des Cowboys fringants. Le groupe nous livre le mensonge du jour dans ses remerciements: «Merci d’avoir joué nos tounes à la radio et beaucoup de musique Québ durant toute l’année». NOPE.

On assiste ensuite à l’une des pubs les plus tristes depuis celles des banques alimentaires: une pub de banque avec Deux par deux rassemblés de Pierre Lapointe version piano en noir et blanc qui nous montre des travailleurs de divers milieux qui ne vont pas s’en sortir durant la crise sanitaire.

L’Auteur-compositeur de l’année est Louis-Jean Cormier, le Groupe de l’année est Les Cowboys fringants

Isabelle Boulay, qui était là pour le numéro avec Pierre Lapointe plus tôt n’est pas là pour la remise du prix d’Interprète féminine de l’année dans laquelle elle est nommée.

ÉTAIT-ELLE EN HOLOGRAMME TANTÔT? Ou est-elle allée se coucher avant sa catégorie?

C’est la grandiose Alexandra Stréliski qui remporte la statuette. «J’ai trop bu de Bulles de nuit», dit-elle comme si elle était à O.D. à l’autre poste. Elle aborde une fois de plus la douceur, parce que c’est pas mal juste ça qu’il nous reste cette année. «J’ai hâte de vous revoir à côté de ce cauchemar», ajoute-t-elle. Nous aussi.

Émile Bilodeau est l’Interprète masculin de l’année et il fait son discours, écrit sur une feuille quadrillée sans lever les yeux. Voyons, Émile! T’as pas appris ton exposé oral!

Il termine par «Vive le Québec libre!» pour faire plaisir à sa date: son petit frère, mais aussi, avouons-le, pour se faire plaisir à lui-même. Et en cette année sans plaisir, qui serions-nous pour juger ce comportement?

Louis-José Houde termine avec la phrase la plus 2020 possible: «Y’a tellement de Purell dans’ place que tout le monde est stérile».

À l’image de la musique durant la dernière année, l’ADISQ était là malgré tout. Mais les trous dans la salle, semblables aux trous dans les salles de spectacles (lorsqu’elles sont ouvertes) nous amènent à croire de moins en moins à de plus en plus de choses. Les derniers VRAIS shows, non-distancés, qu’on a vus au début du mois de mars dernier nous semblent déjà anachroniques. Approcher les autres, sans masque, que ce soit pour dire bonjour ou pour faire un mushpit, est une idée complètement déjantée, illusoire et probablement passible d’une amende. 

La musique est la solution à beaucoup de sentiments négatifs. Espérons qu’elle saura nous faire passer à travers la grande dépression.

Gala de l’ADISQ 2019: personne a fini en prison selon nos sources

C’était la meilleure soirée de l’année à la Salle Wilfrid-Pelletier dimanche. Le soir où tout le monde se dit «Hey j’aimerais ça gagné plus qu’une demi-cenne par écoute sur Spotify pour pouvoir me payer une robe de soirée. Retour sur l’ADISQ 2019.

Sur le tapis rouge, Lou-Adriane Cassidy et son conjoint Anatole, acceptent de répondre à nos questions après avoir parlé de leur tenue à thématique «La Matrice».

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Avec notre gang. Personne d’autre.» – Lou-Adriane

«Dumas.» – Anatole

Qu’avez-vous fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«On a commencé à écouter Shoah, un documentaire de 10 heures sur l’Holocauste par Claude Lanzmann.» – Anatole

«C’est vrai! Comme ça on n’aura pas le choix d’avoir du fun à soir.» – Lou-Adriane

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Plus cher.» – Lou-Adriane

«Moins cher.» – Anatole

Les 2Frères ne sont pas avec Mario Pelchat, donc aucune crainte à avoir. On les arrête alors pour jaser.

Avec qui voulez-vous le plus faire le party ce soir?

«Émile Bilodeau il est tout le temps crinqué. Il laisse pas la fête s’éteindre trop facilement. C’est un bout-en-train.»

C’est stressant, un gala. Qu’avez-vous mangé pour vous préparer le système digestif?

«Un déjeuner chez McDo. Un souper fast food au Complexe Desjardins.»

*FAV et Le Guide alimentaire canadien se dissocient de ces suggestions.

Si vous aviez un trophée à donner ce soir. Ce serait à qui et pour quelle catégorie?

«Groupe de l’année. À Bleu Jeans Bleu

Vos habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Nos vêtements valent beaucoup moins cher que notre loyer.»

Alexandra Stréliski est tout sourire avec son veston en écailles de poisson doré (aucun poisson n’est mort pour la confection du vêtement).

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«C’est tout un défi de manger, Élise. Tu veux que ça passe bien. J’ai pris une petite moitié de soupe tonkinoise et du quinoa.»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Ariane Moffatt. Mon coup de cœur. On s’est rencontrées dans un photoshoot et on riait à la seconde 1.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Mon suit vaut… le même prix que mon loyer.»

Photo: Élise Jetté

La grande dame Salomé Leclerc s’arrête quelques minutes pour jaser avec nous.

Qu’as-tu fait aujourd’hui qui n’avait aucun rapport avec «se préparer pour le gala»?

«J’ai rempli une demande de subvention.» *voir l’alinéa «les artistes se font voler»

Avec qui veux-tu le plus faire le party ce soir?

«Bleu Jeans Bleu.»

C’est stressant, un gala. Qu’as-tu mangé pour te préparer le système digestif?

«Moi, j’aime manger! Faut que je me contrôle. Beaucoup de yogourt avec des noix. Une boîte de thon pour dîner. Un oeuf et du fromage mal coupé parce que j’étais stressée.»

Tes habits ont coûté plus cher ou moins cher que le loyer?

«Je l’ai eue en spécial. La robe, pas le loyer.»

«On va tous mourir aujourd’hui», disent des admirateurs en pâmoison devant Rick Pagano. Juste au moment où tout le monde losait sa shit, la madame de la gestion du tapis demande à tout le monde de rentrer dans la salle. Fiou.

Photo: Élise Jetté

C’est Loud qui a la lourde tâche d’ouvrir la soirée. Il est vêtu de son coton ouaté de Paris pour montrer que malgré le Félix remis à Hubert Lenoir mercredi, lui aussi il a «rayonné hors Québec».

Sarahmée et Souldia suivent, juchés aux mezzanines comme s’ils allaient faire une cascade. La cascade ne vient guère. Tout le monde est secrètement déçu.

Fouki, lui, est sur scène. Vertige? Peur de se faire pousser en bas du balcon? Notre étude ne le dit pas. Koriass arrive déguisé en abeille qui s’entraîne afin de clore le numéro.

Photo de TV

C’est ensuite l’arrivée triomphale de Louis-José Houde qui réveille la foule. «Y’est 8h04, Mario Pelchat est déjà en tabarnak», dit l’animateur avant de dire qu’il y a une possibilité de marge d’erreur à cette soirée parce que Herby Moreau est là. Nous, on a vu Herby acheter des hot-dogs au Pool Room à 3h du matin. Si ça, c’est pas une erreur…

LJ rappelle à tout le monde le tour de magie d’Hubert l’an dernier. «Se mettre le trophée dans yeule, c’était drôle une fois. C’était son idée. On va pas commencer à se rentrer le Félix dans tous les orifices. Félix Leclerc a de la famille. J’ai animé dans une garderie et au Gala de l’ADISQ. Même discours.»

Au retour de la pause, Marie-Mai fait un remake de La Matrice. Y a-t-il eu bisbille avec le couple Cassidy-Martel questionné plus haut? Notre équipe d’enquête n’avait pas le budget d’aller là.

Photo de TV

Pendant ce temps, dans la salle de presse Johanne, de la SODEC achète les journalistes avec des biscuits maison.

Photo: Élise Jetté

«J’aimerais souligner la progression géographique de Fouki», annonce Louis-José avant de nous parler du siège EE du rappeur. L’artiste qui était au fond de la salle l’an dernier a fait «60 pieds de travail cette année», selon l’animateur. Il se moque aussi de son devis de loge, la liste des choses qu’il souhaite avoir en loge lorsqu’il est en show: «Citron et miel. Pour la gorge, sûrement. Trois paquets de 25 cigarettes. Décide», ordonne-t-il à celui qui se détruit/adoucit la trachée de manière inquiétante et bipolaire.

Les nommés dans la drôle de catégorie «Album – Adulte contemporain» sont trois monuments (Ginette, Rivard et Charlebois) et deux super girls (Lou-Adriane Cassidy et Ingrid St-Pierre).

«J’ai regardé dans le dictionnaire et contemporain, ça veut dire vieux. J’ai amené mon ami coroner, annonce la gagnante Ginette Reno. Si jamais j’ai un crise cardiaque, il peut toujours constater le décès.» C’est toujours ça de gagné.

Album de l’année  – Adulte contemporain

C’est la fin du monde à tous les jours de Lou-Adriane Cassidy

Et voilà de Robert Charlebois

À jamais de Ginette Reno GAGNANTE

L’origine de mes espèces de Michel Rivard

Petite plage d’Ingrid St-Pierre

Au retour de la pause c’est Ariane Moffatt et Les Louanges qui mash up leur vie en tête à tête décalé dans un cylindre futuriste. Ariane est en body suit et Vincent en chemise hawaïenne et lunettes miroir: «C’EST TU L’ÉTÉ?», que tout le monde se demande.

«J’tu tout seul qui ai passé l’été à expliquer Les Louanges à des baby boomers?», demande LJ, perplexe. Non.

Louis-José s’assoit ensuite au piano bar d’Ariane Moffatt pour faire un hommage à (feu) Musique Plus. «C’était la marge avant la marge: c’est un peu se frotter sur du monde avant #metoo». Wow.

Photo de TV

Cœur de pirate passe l’Halloween pour venir annoncer les nommés de la catégorie Album rap.

Photo: Élise Jetté

Album de l’année – Rap

Le sens des paroles d’Alaclair Ensemble GAGNANT

ZayZay de Fouki

La nuit des longs couteaux de Koriass

Tout ça pour ça de Loud

Survivant de Souldia

Alaclair décide de rapper le décompte qui leur est imposé sur l’écran.

En salle de presse, ils boivent du Pares Balta. On les comprend.

Une photographe quinquagénaire doit leur dire: «restez concentrés svp.» Rien de mieux pour discipliner six boys issus du rap.

Hubert Lenoir vient livrer l’offrande reçue l’an dernier: c’est Alexandra Stréliski qui est sacrée Révélation de l’année.

Révélation de l’année

Lou-Adriane Cassidy

Jérôme 50

Les Louanges

Alexandra Stréliski GAGNANTE

Sarahmée

«Il ne faut pas sous-estimer la force de la douceur», assure-t-elle avec douceur. Oui, oui, c’était un boutte doux.

Elisapie et elle s’exécutent dans un duo digne d’une soundtrack de documentaire nommé aux Oscars.

Florent Vollant gagne la première statuette octroyée pour «Artiste autochtone de l’année». «On vient en amis», dit-il tout sourire.

Artiste autochtone de l’année

Elisapie

Maten

Matiu

Shauit

Florent Vollant GAGNANT

Les Trois Accords ouvre les yeux de Simon puis Pierre Lapointe demande à tous les autres d’ouvrir les leurs: «Pour un million d’écoutes de Je déteste ma vie sur Spotify, j’ai eu 500 $», dit-il afin d’éveiller les députés qui dorment. «Les artistes se font voler.»*

Cœur de pirate frôle l’ACV au moment de sa victoire pour Album pop de l’année.

Album de l’année – Pop

Perfecto de Bleu Jeans Bleu

En cas de tempête, ce jardin sera fermé de Cœur de pirate GAGNANTE

Papillon de Lara Fabian

Elle et moi de Marie-Mai

Petites mains précieuses d’Ariane Moffatt

Et c’est le conteur Fred Pellerin qui part avec le Félix d’Album folk.

Album de l’année – Folk

Disparition de Guillaume Beauregard

Hélas Végas de David Marin

Dans le noir de Safia Nolin

Après de Fred Pellerin GAGNANT

Retour à Walden, Richard Séguin sur les pas de Thoreau de Richard Séguin

Il ne se met pas le trophée dans la bouche, il se le met dans la face.

Photo: Élise Jetté

Gagnant du Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète, Michel Rivard parle pendant un nombre de minutes exagéré pendant que la musique anxiogène se fait aller.

Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète

Nos idéaux de Dumas

Rester forts de Marc Dupré

Darlène de Hubert Lenoir

Une année record de Loud

L’origine de mes espèces de Michel Rivard GAGNANT

«C’est la toute première auteure-compositrice-interprète québécoise qui viendra remettre le prochain prix. Il aurait été compliqué d’avoir la vraie, car elle est morte. Voici La Bolduc, Debbie Lynch-White», explique Louis-José.

«Là j’ai un petit papier parce que je ne suis plus capable d’exister, lance Alexandra Stréliski au moment où elle réceptionne la statuette. Maman, merci de m’avoir amenée à des cours de piano beau temps mauvais temps. Papa, merci d’avoir écouté de la musique classique. Je suis partie d’une période très sombre. Le brouillard peut se dissiper. Emmanuelle, c’est pas ma blonde, c’est ma gérante.» Toutes des choses importantes, qui ont été dites ici.

Auteur ou compositeur/Auteure ou compositrice de l’année

Koriass

Salomé Leclerc

Les Louanges

Ariane Moffatt

Alexandra Stréliski GAGNANTE

En salle de presse, Alexandra passe par toute la gamme des émotions.

D’abord «Hein? Mais là, voyons?!!»

Photo: Élise Jetté

Ensuite «J’ai les cheveux plus longs que Félix!»

Photo: Élise Jetté

Puis, finalement, «Wow, ils ont pas lésiné sur le doré!»

Photo: Élise Jetté

La chanson de l’année est celle de Roxane Bruneau, un texte où il est question de faire les choses en grand en faisant la vaisselle. «J’ai mangé deux Tylenol aujourd’hui», lance-t-elle, utilisant sa tribune pour glorifier les choix sains.

Photo: Élise Jetté

Chanson de l’année

Léo Gagné de 2Frères

Tu trouveras la paix d’Artistes variés

Des p’tits bouts de toi de Roxane Bruneau GAGNANTE

Fous n’importe où de Charlotte Cardin et Cri

Tout le monde de Corneille

Dans la nuit de Cœur de pirate et Loud

La tempête de Marc Dupré

Pitou de Les Louanges

Ouvre tes yeux Simon! de Les Trois Accords

Fallait y aller de Loud

Le Groupe de l’année est tout en jeannnnnsssss d’habitude, mais là, c’est l’heure des beaux vestons. Les boys de Bleu Jeans Bleu montent chercher un prix qui témoigne d’un effort d’assiduité de plus de six ans. «On sait qu’on sort de nulle part pour certains, mais on a commencé il y a 6 ans. Si j’ai oublié quelqu’un je vous appelle demain», promet Claude Cobra.

Photo: Élise Jetté

Groupe ou duo de l’année

2Frères

Alaclair Ensemble

Bleu Jeans Bleu GAGNANT

Les cowboys fringants

Les Trois Accords

Béatrice, pas encore remise de son premier trophée de la soirée est d’autant plus sul’ cul d’être Interprète féminine de l’année.

Interprète féminine de l’année

Cœur de pirate GAGNANTE

Lara Fabian

Marie-Mai

Ariane Moffatt

Ginette Reno

Loud récolte le même trophée du côté des boys.

Interprète masculin de l’année

Marc Dupré

Éric Lapointe

Hubert Lenoir

Loud GAGNANT

Fred Pellerin

«On appelle ça un Hochelag’ toxedo», dit Loud pour justifier son crewneck. Je sais que c’est un prix individuel, mais merci à Ajust et Ruffsound.

Les deux Interprètes de l’année pensaient sûrement que ces Félix venaient avec une sentence de prison à vie, comme en témoigne cette photo:

Photo: Élise Jetté

À la fin du gala, on comprend que ça n’a pas été facile pour tout le monde, cette soirée-là, notamment en découvrant ces offrandes laissées aux derniers passants: des napkins, Souldia, un kleenex souillé et 2,50$ (?).

Photo: Élise Jetté

Dans le party post-gala, il se passe «des choses», comme d’habitude.

Photo: Élise Jetté

Comme d’habitude, voici les meilleures phrases qu’on a entendues:

«Je suis nouvellement député. Je vais servir vos intérêts. Plus de vin?»

«J’ai perdu ma game de frisbee contre Jérôme 50 sur la Place des Festivals.»

«Les kids de La Voix Junior savent pas les paroles de Gayé

«Je viens de recevoir une proposition d’une chanteuse d’un certain âge.»

«Je me cherche un beigne. C’est qui ce gars-là, qui était nominé, mais qui a juste mangé des beignes finalement?»

Photo: Élise Jetté

Au niveau du soulier, à 2h du matin, c’était pu facile pour personne.

Photo: Élise Jetté

Mais c’était un beau gala.

Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

Festif! 2019 JOUR 1: «J’aime donc ben ça, le Festif!»

Jeudi matin, notre périple commence à Montréal alors qu’il faut aller chercher Julien Roche dans un chantier de construction sur Berri. La première conversation de la journée est avec un gars de la construction qui dit: «J’vais te faire remorquer».

Par Élise Jetté et Julien Roche

C’est au Hart de Saint-Anne-de-Beaupré que Julien dit pour la première fois «J’aime donc ben ça, le Festif!»

Il en finit par se demande c’est quoi son allégeance politique.

Québec ou Canada?/Photo: Élise Jetté

C’est à cet endroit qu’on fait le meilleur achat du week-end, une dépense de 7,50 $:

L’achat/Photo: Julien Roche

On a quand même eu peur. Une des entrées est fermées à cause que ce gars-là fait du ciment. Deux madames sont d’ailleurs prises dans l’entre-deux-portes. Au Hart, tu peux perdre ton âme ou ton sens de l’orientation.

Le faiseur de ciment/Photo: Élise Jetté

Pour le premier show de la fin de semaine, on se rend au Germain, où la salle est remplie de nos potentiels grands-parents. Sur scène, c’est un conventum de la promotion 1989: Luc De Larochellière et ses boys de l’époque dont Gérard Cyr, au clavier, qu’il n’avait pas vu depuis 25 ans au moment où il l’a appelé pour le revival de Amère America. «En attendant, il a fait Pin-Pon, Télé Pirate, Cornemuse et le Cirque du Soleil. Il se croyait désormais à la retraite», dit Luc avec tendresse.

Gérard Cyr/Photo: Élise Jetté

Assis dans la salle sombre, nous nous imaginons l’appel qui est survenu il y a quelques mois:

  • Ouais Gérard? C’est Luc.
  • Luuuuuc? Luc Senay?
  • Nenon, Luc De Larochellière. On faisait de la musique dans le temps.
  • Mais là ça fait 25 ans que tu m’as pas appelé.
  • Ben j’avais perdu ton numéro.
  • T’es pas sur Facebook?
  • Non, non, les Russes…
  • Bon ben on se refait-tu des tounes que personne a entendu depuis le début des années 2000?
  • Ok.

La basse et le drum nous ramènent tout de suite dans le char de nos parents en 1993. Un velours confortable, accentué par le saxophone sexy et la voix imperturbable de Luc qui n’a pas pris une ride contrairement à son band.

Luc De Larochellière/Photo: Élise Jetté

Moment d’autodérision, alors que Luc entame la toune Le trac du lendemain qu’il a écrite à 19 ans. Des rimes riches qui suscitent une belle introspection: «Je faisais rimer brique et Coke classique», rigole l’artiste. «J’aime donc ben ça, le Festif!», dit encore Julien, qui en est sa première expérience au festival.

Nous nous déplaçons à l’extérieur en affrontant le soleil qui provoque un contraste aussi grand que si on avait regardé une éclipse solaire sans la petite boîte.

Les Louanges. Les Louanges. Les Louanges. «Ça va Vincent Roberge?», qu’on se dit alors qu’il installe déjà la barre haute même si on est juste jeudi à 18h.

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Il a pris une assurance béton depuis quelques mois, dansant de manière à émoustiller ses dames. Il faudra d’ailleurs se ressaisir à quelques reprises, notamment alors qu’il s’exécute pour un solo de limbo:

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Il casse une nouvelle toune et annonce un EP pour l’automne. «C’est une comète en pleine ascension, s’émerveille Julien Roche avant de dire « J’aime donc ben ça, le Festif! »»

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

En plus de faire vivre un moment exquis à tout le monde – petits et grands – il semble apprécier son moment aussi, remarquant que tout le monde chante les paroles: «J’en déduis qu’on s’est déjà rencontrés.»

On s’en va à la roulotte pour assister au 10e anniversaire de La Patère rose.

La Patère rose/Photo: Élise Jetté

Julien ne voit qu’une seule chanson, car il drop ses lunettes dans la toilette chimique. Il les contemple l’espace de deux secondes, en se demandant si elles vont flotter… et il se rappelle qu’il en a apporté une deuxième paire. «Toutes mes lunettes sont cheap. Je m’en sépare aisément», dit-il.

«J’aime donc ben ça, le Festif!» – Julien

La chanson L’éponge est très touchante, Fanny se souvenant de l’écriture de celle-ci, alors que le trio était au cégep. «Ça fait presque la moitié de ma vie», dit-elle. La nostalgie nous submerge. Tout est coloré et magnifique. La Patère is back!

Qualité Motel fait ensuite lever le party comme une machine à mousse dans un dance club de Montérégie. Ils ramènent des classiques de la culture pop. Les beats sont irrésistibles. «Je suis arrivé au show à reculons, j’ai fini par m’offrir, tout dansant, à la caméra. Genre de chose qui arrive une fois aux cinq ans», s’exclame Julien. «J’aime donc ben ça, le Festif!», ajoute-t-il.

Libérez le trésor, I Wear My Sunglasses At Night, Party de gars de Mixmania… rares sont les hits qui n’ont pas été entendus.

Alexandra Strélinski est celle qui fait culminer notre dernière journée après un kraft dinner aux saucisses cuisiné à 22h alors que toutes les cuisines de restos nous disent qu’on a manqué notre chance de manger.

Ils ont mis le piano d’Alexandra sur l’eau dans un jardin et des projections sont envoyées partout sur l’eau et autour. C’est Montréal complètement cirque, mais version musique classique. On n’a pas été assez tough pour rester jusqu’à la fin, mais on a dormi comme des bébés grâce au piano cinématographique de la grandiose artiste.

(Le comité santé & sécurité de Feu à volonté vous recommande de souper plus tôt que 22 h, a fortiori au tout premier jour du festival.)

«On aime donc ben ça, le Festif!»

Le buffet: Maude Audet, les bonbons d’Halloween et la petite tirelire

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Maude Audet, grande âme, vient de faire paraître un tout nouveau titre dont tous les profits de vente seront versés à UNICEF Canada. Disons que c’est une petite boîte orange d’Halloween réinventée.

PREMIER GOALER AVEC UN MASQUE, PREMIER PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BAS-CANADA SANS MASQUE, ALL REAL, PUR FEU, JACQUES PLANTE ROBERT NELSON SAY WHAT???

Pas tout à fait la toune à Paul Piché, pas tout à fait le bar à jams au métro Berri-De Montigny, L’escalier, c’est surtout le nouvel extrait du EP Maille par maille de Belle Grand Fille.

Wanna be pianiste? C’est ta chance avec ce tutoriel d’Alexandra Stréliski qui vient avec l’annonce d’une tournée partout au Québec.

On dit que nul n’est prophète en son pays. Est-ce pour ça que Bleu Nuit a eu une exclusivité de son nouvel extrait chez Exclaim!? Qui sait?

Nouvel extrait pour Van Carton et son album à paraître dans deux semaines. Par contre, on va se le dire, même si ça s’appelle Sacs de fric, c’est vraiment pas le genre de musique qui va vous rendre subtil pendant un braquage de banque.

Matéo + Amigxs express, c’est le clan Harnois-Blouin et son entourage élargi (Gabrielle HB, Vuu, Ambroise), qui fait de la musique relax, lo-fi et exploratoire. En attendant le beau temps.

Alexandra Stréliski: 75 minutes sans entracte et quiétude pour emporter

Le vendredi, quand t’as ta semaine dans le corps et février dans l’âme, y’a pas grand-chose de plus excellent qu’un show assis d’une heure et quart pas d’entracte et pas de première partie.

Vous cherchez une cerise sur le sundae au chocolat? Je vous parle d’un show avec des places assignées et qui commence quasiment à l’heure. Pas vu ça depuis le show de Carmen Campagne – le ciel ait son âme – au Centre culturel de Sherbrooke en 1996.

J’arrive à 20h pile au Théâtre Outremont. Je jubile une bonne 20aine de secondes devant l’affiche.

Je profite des 10 minutes qui précèdent la prestation pour apprécier mon entourage. Derrière moi: trois collègues (pas les miens) discutent d’une certaine Sylvie qui s’en va à la retraite pis elle a laissé sa paperasse dans un état de cul. Ils sont trois à ne pas s’en remettre. Come on, Sylvie!

À ma droite, un homme nerveux que je vous présenterai plus en détails plus tard. À ma gauche, une prof de cégep qui trouve que ses collègues enseignent comme des culs, pas de plans de cours. À ses côtés, une fille qui songe à larguer son imbécile de chum qui la traite comme un cul.

Une lumière bleue imbibe les deux grands voiles diaphanes qui se jètent sur la scène à partir du plafond devant et derrière le piano. Alexandra Stréliski s’élance.

Puis, des projections sur les voiles nous donnent l’impression de regarder un film sur cassette en 1989.

Sa voix nous propose un «espace temps», «des évènements qui sont sur le point de nous changer». Entre ses quatre murs, Stréliski joue comme une enfant qui s’est fabriqué une tente avec les coussins du salon pour ne pas être vue au complet. Faire son affaire à elle.

Pendant ce temps, l’homme nerveux du début, à mes côtés, joue du air piano comme s’il était un ventriloque à distance. Peut-être est-ce lui, Alexandra Stréliski, et que la jeune femme sur scène n’est au fond qu’un robot téléguidé.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Puis, quand elle prend la parole pour de vrai, elle nous souhaite la bienvenue à son «soir de première mondiale». Elle nous raconte cette période de sa vie qu’elle nomme Inscape. Puis elle nous dit qu’il y aura un peu de Pianoscope aussi dans la soirée «parce que pour regarder en avant il faut parfois regarder en arrière», dit-elle.

«Dans les spectacles de piano, les gens savent pas quand tousser, se moucher et vivre, dit Stréliski, amusante. Là c’est le bon moment», assure-t-elle avant de recommencer à jouer.

Tout le reste du spectacle nous sort de notre espace temps et nous plonge dans celui de l’artiste. On n’entend rien sauf le piano et les problèmes digestifs de son/sa voisin.e.

Stréliski entre en profondeur dans la thématique d’Inscape, expliquant qu’il s’agit d’un concept anglais selon lequel nous avons un point unique en chacun de nous. «En cherchant le point unique, j’ai trouvé le point où je suis le plus en lien avec les autres humains», évoque-t-elle.

«On a tous un Inscape. Aujourd’hui vous faites juste une petit détour dans le mien», ajoute-t-elle, bellement.

Et alors qu’elle recommence, j’entends l’homme à mes côtés, tout en poursuivant son pianotage dans les airs, qui commente la performance tout bas, comme Alain Goldberg aux Olympiques. «Magniiifiqueeee», lance-t-il doucement dans un souffle. «La grâce», dit-il tout bas alors que je l’imagine en train de décrire un triple boucle piqué.

«C’est mon quinzième show à vie», conclut la pianiste qui maîtrise pourtant tout.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Elle remercie chaleureusement les metteurs en scène Greg et Phil qui sont venus de France pour la soirée. Gaspard aux éclairages et aux projections, puis Régina la régisseuse (no joke).

En rappel, elle subit un petit accrochage. «On va recommencer! C’est une berceuse fait que je m’endors chaque fois que je la joue», s’amuse-t-elle.

Avant de quitter la salle, une amie me présente le papa d’Alexandra. C’est le ventriloque, Alain Goldberg, l’homme qui joue du air piano. Quelle chance d’avoir été témoin de ses émois.

Tout le monde a quitté la salle les yeux un peu mouillés. Plus personne ne pensait aux humains de marde dont ils parlaient avant le show. Et la meilleure nouvelle: c’est avec cette paix d’esprit, cette quiétude et ce détour dans le Inscape de quelqu’un d’autre que toutes ces belles personnes se sont couchées avant 22h. Merci Alexandra.

TOP 2018 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

La fin d’année, c’est le moment de repartir à neuf, comme Yes Mccan, avec un nouveau nom, notamment. En grands nostalgiques, on préfère encore parler du passé. Voici les positions 10 à 1 de nos albums/EP québ anglophones et instrumentaux préférés de l’année.

10 Klaus – Klaus

Joe Grass, Samuel Joly, François Lafontaine. Trois forces pas si tranquilles se sont alliées cette année pour mélanger de nombreuses influences et arriver à un résultat des plus concluants. Il fait bon découvrir la voix de Joe Grass (Patrick Watson) qui est le principal lead de la bande. On attend la suite avec beaucoup d’impatience. (ÉLISE JETTÉ)

9 Zach Zoya X High Klassified – Misstape

Au début de l’année, plusieurs personnes se demandaient Who dat? Ça n’a pas pris de temps à ce natif de Rouyn-Noranda pour imposer son style partout au Québec! Son talent et son flow unique auront attiré l’attention d’un de nos meilleurs beatmakers pour la folle pièce 1919. Cette association allait assurément nous livrer un projet au-dessus des attentes. Même si l’album est assez court, on a un excellent condensé de plusieurs gammes d’émotions qui nous permettent de constater l’ampleur du talent de ce duo. Bref, fou prod + fou flow = j’écouterais ça barely everyday (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

8 Ought – Room Inside The World

Les attentes étaient élevées pour ce troisième album de la formation post-punk montréalaise. Heureusement pour son fanbase de fidèles, le groupe a su exploiter son filon stylistique habituel sur ce nouveau projet, tout en y incorporant des touches new wave surprenantes, voire même détonantes, ayant pour effet de rebrasser la sauce et stimuler les molécules d’une recette déjà fort gouteuse. Trêve de parallèles culinaires, Room Inside the World mérite simplement votre attention!  (ALEXANDRE DEMERS)

7 Helena Deland – Altogether Unaccompanied Vol. I & II

Intense et délicate à la fois, Helena Deland réussit un quatre en quatre avec sa série de chansons Altogether Accompanied, qui charme grâce a des mélodies planantes et une voix enveloppante. (CAMILLE AVERY-BENNY)

6 Alexandra Streliski – Inscape

Impossible de passer sous silence cet album qui meuble si joliment les silences de la vie. Le talent de la pianiste pour agrémenter les histoires (les films) lui sert habilement ici alors qu’elle installe des ambiances et raconte des choses sans dire un mot. Un album prenant qui accompagne toutes choses. (ÉLISE JETTÉ)

5 Ryan Playground – 16/17

Il faut être né à la fin des années 80 pour saisir toutes l’ampleur de la chose. Ryan Playground esquisse une oeuvre personnelle qui met en relief des inspirations tirées de l’adolescence. On entend Blink 182 en 2003 et on entend une femme qui réfléchit à l’âge adulte, aux relations, au monde dans lequel on vit. Même si on l’associe beaucoup à son rôle de DJ, elle s’en détache ici très habilement, offrant des pièces électro qui frôlent souvent la chanson acoustique. Que du beau. (ÉLISE JETTÉ)

4 High Klassified – Kanvaz

Kevin, je l’ai connu quand il jouait avant Lunice au Coda club, genre. Il était déjà à l’aise et funné. Tout le monde avait hâte à la sortie de cet opus de ce cool dude qui fait la musique dans le sous-sol chez sa mère, à Laval. Le gamer quasi-professionnel et l’expert en collection de sneaks a choisi que de bonne collabs qui ne font que commencer! (MARIELLE NORMANDIN-PAGEAU)

3 De.Ville – Sables 

Dès les premières notes, on comprend que les gars arrivent en ville avec du gros stock et ce n’est pas très long avant qu’on ait l’impression qu’il fait 37 degrés dans la place! Un parfait mélange de sons qui voyagent entre l’actuel et le traditionnel tout en passant par des vibes festives et smooth à la fois. Avec des titres comme The Love We Lost, Oublie moi et Mon amour, on peut facilement s’imaginer la source d’inspiration d’une bonne partie de l’album. La qualité du projet a su nous surprendre à sa sortie par sa justesse et nous laisse présager un solide avenir. (FRANÇOIS LARIVIÈRE)

2 Milk & Bone – Deception Bay

Les deux femmes ont donné un coup d’émancipation à l’ensemble de leur oeuvre cette année. Se produisant sur scène que toutes les deux, elles ont démontré une grande liberté artistique et stylistique. Elles ont chanté sur Deception Bay des chagrins immenses. Puis, elles les ont farcis d’une puissante lumière intérieure. On a envie de rencontrer beaucoup de gens là où nos déceptions se baignent. La baie des déceptions. (ÉLISE JETTÉ)

1 Jean-Michel Blais – Dans ma main

C’est dans les mots d’Hector de Saint-Denys Garneau que les mains du pianiste Jean-Michel Blais s’incarnent pour ce deuxième album solo Dans ma main. «Le commencement de toutes présences / Le premier pas de toute compagnie / Gît cassé dans ma main», écrivait le poète dans Monde irrémédiable désert. Des mots qui trouvent leur écho dans les mains du compositeur, tout comme dans sa réflexion artistique: qu’allons nous faire de nos mains. Lui, il jouera du piano. Une allégorie qui nous fait découvrir de nouvelles choses à chaque écoute et qui se colle aux situations de la vie au moment où il le faut. (ÉLISE JETTÉ)

Voyez les positions 20 à 11 du TOP ANGLO/INSTRU

Voyez les positions 20 à 11 du TOP FRANCO

Voyez les positions 10 à 1 du TOP FRANCO