Ta liste d’épicerie musicale

Liste d'épicerie musicale

Comment est-ce qu’on peut aider les artistes qu’on aime? En les mettant dans notre panier d’épicerie Bandcamp. La plateforme s’est sentie interpellée en ces temps difficiles d’annulations de spectacle à la chaîne. C’est simple: si tu achètes un album sur Bandcamp, 100 % des redevances reviennent à l’artiste aujourd’hui. Voici quelques suggestions d’auteur.trice.s-compositeur.trice.s-interprètes à qui tu pourrais donner un p’tit coup de pouce: Mon Doux Saigneur, Poulin, Foisy., Thierry Larose et Gab Bouchard.

Entre la kyrielle de notifications push relatives à la COVID-19, les appels anxieux faits aux proches et les cent pas dans le confort de ton chez toi qui prend des allures de bunker, c’est de plus en plus difficile de trouver une dose quotidienne de réconfort. Mais eux ils sont là pour toi. Voici ma facture du jour. Pour un total de 51,10 douleurs (ça, c’est le nouveau nom des dollars en temps de crise).

Les écouteurs enfoncés presque ras le tympan, tu t’offres un moment musical avec tes artistes favoris pour attaquer les comptes. Les colonnes sont en inadéquation. Le compte chèque est famélique. Et c’est à ce moment qu’on a une pensée pour les artistes, qui pour la plupart, voient leur situation – déjà fragile pour plusieurs – précarisée davantage. 

Pensons aussi à ceux dont les albums sortent prochainement. Acheter l’opus, mais aussi de la merch, ça reste un bon moyen d’encourager tes créateurs favs. Alors garde l’oeil ouvert. Zen Bamboo et Marie-Gold ont des petits pains dans le four musical qui sortent tous les deux le 27 mars prochain.

Pis entre deux séances de yoga de salon, il y a aussi une pétition en ligne pour mettre de la pression sur Spotify pour tripler les redevances que le géant de l’écoute en continu offre aux artistes.

Les artistes québécois d’Osheaga : un guide pour les touristes

C’est une onzième édition du Festival Osheaga qui débute cet après-midi au Parc Jean-Drapeau. L’an dernier, on y accueillait près de 135 000 festivaliers, dont 65% provenaient de l’extérieur du Québec. Normal, puisque Osheaga est l’un des rares festivals à grand déploiement qui desserve le nord-est américain, de surcroît au Canada. Feu à Volonté a préparé un guide des artistes locaux à voir pour les nouveaux arrivants du week-end. Ce dernier fait également office d’aide-mémoire pour les experts de la scène locale qui auraient oublié quelques noms à voir. On sait que la majorité des visiteurs viennent d’Ontario et qu’il serait plus facile que le guide soit en anglais, mais on a confiance en l’excellence des cours de français langue seconde dans cette province; les joies des deux langues officielles.

Charlotte Cardin. Crédit : John Londono
Charlotte Cardin. Crédit : John Londono

Vendredi 29 juillet 

Bienvenue à Montréal, tout le monde. On espère que vous profitez bien de la température et de la splendide vue que vous offre la ligne jaune.

La programmation commence dès 13h, et vous pouvez directement vous diriger vers la scène du Piknik Électronik pour assister à la performance de Haute. Ce duo électro r&b formé à l’Université McGill par Anna Magidson et Romain Hainaut fait déjà parler de lui à travers le monde et devrait amorcer le festival de la bonne façon. Il faudra cependant quitter rapidement pour attraper la fin de la performance des gagnants de la dernière édition des Francouvertes, La Famille Ouellette, ou encore le rock psychédélique aux couleurs indiennes de Elephant Stone. Les deux formations jouent à 13h35, respectivement sur les scènes de la vallée et des arbres. Profitez de ce moment forestier pour vous laisser bercer par le folk saisissant de Safia Nolin à 14h45.

À 16h55, scène verte, venez goûter un peu d’histoire avec Wolf Parade, groupe emblématique de la scène indie rock montréalaise des années 2000. De retour après un arrêt de cinq ans, la formation devrait présenter quelques titres de son EP homonyme sorti cette année ainsi que quelques classiques. Pour garder une thématique lycanthrope, Half Moon Run jouera à 19h20 sur la scène de la rivière. Cette nouvelle devrait statistiquement faire plaisir à bien des gens, car quand on remplit le Métropolis quatre soirs de suite à guichets fermés, ça fait du monde à la messe. On ne peut garantir, cependant, que Garou sera présent à l’un ou l’autre des performances pour boucler la boucle thématique des noms d’artiste.

Samedi 30 juillet

Ils ne sont peut-être pas si ennuyants que ça, nos concours de chant télévisés, si des ancien-ne-s participant-e-s peuvent figurer sur la programmation d’Osheaga sans rougir. Charlotte Cardin, maintenant loin de son étiquette « Équipe Marie-Mai », faisait récemment paraître son EP Big Boy et devrait tout donner pour le défendre dans le cadre du festival. Ceux qui ont peur de se sentir petits dans leurs shorts peuvent laisser la chanteur à la scène verte et se diriger vers la vallée pour le trio rock n’ roll The Damn Truth.

À 16h, scène de la rivière, vous pouvez attraper The Barr Brothers et à 16h10, scène des arbres, la formation Foreign Diplomats. Les deux sont recommandables, mais les premiers présenteront également leur « sci-folk » au Théatre Fairmount dans le cadre d’un afterparty gratuit. Dans la vague des conflits d’horaires, le groupe Busty and the Bass prendra d’assaut les planches de la scène des arbres alors que Cœur de Pirate se chargera de la vallée. Les fans de potins mondains peuvent peut-être espérer un duo de la chanteuse avec Laura Jane Grace de la formation Against Me! comme elles nous ont offert au Festival d’été de Québec plus tôt durant le mois.

Dimanche 31 juillet

Votre dernière journée à Osheaga avant le retour à la maison – statistiquement en Ontario – ne sera pas particulièrement chargée en artistes locaux. Vous pourrez tout de même apercevoir le duo Le Matos sur la scène du Piknik Électronik à 13h. Le reste suit en soirée seulement avec un doublé hip-hop : Koriass à 19h15 et Dead Obies à 20h50, les deux sur la scène des arbres. On sait que Radiohead commence également à 20h50, mais vous pouvez toujours voir la fin de leur performance et vous vanter que, vous, au moins, vous aurez vu deux artistes dans le temps qu’il aura fallu à vos amis de n’en voir qu’un. Et c’est bien là l’un des avantages d’Osheaga : découvrir beaucoup pour le même prix que les autres.

Bon festival et bon séjour.

Conflit d’Intérêt: On Chie un Gars

On Chie un Gars dans l’Amour: personne ne dit «excellent» sans dire «selle».)

«- Tu sais, Etienne, il y a plusieurs collaborateurs sur le site qui font de la musique. On pourrait faire une section Conflit d’intérêt où on se montre autocritique envers nos projets à l’interne.
– Ok, je vois un peu où ça s’en va. C’est une bonne idée.
– Pour commencer, pourrais-tu couvrir le spectacle qu’Olivier, l’autre rédacteur en chef, anime?»

chier un gars

Vendredi le 31 juillet, j’ai assisté au spectacle On Chie un Gars dans l’Amour, organisé par MTL JTM au chic Bistro de Paris. Comme le nom l’indique, l’événement se présentait comme un après-Osheaga préparé pour les fins palets et, surtout, ceux et celles qui n’ont pas peur de la subversion. Au programme: le rappeur Le Gaucher, le quatuor de Frelighsburg Never Tête Enough, un arrêt de la tournée européenne-française (?) «Pain et Melon» du Nouveau Rappeur et le projet électro montréalais Kid Soda. Chaque présentation est précédée de séances de freestyle massivement impopulaires.

Massivement impopulaire puisque le freestyle n’aura servi, finalement, qu’à réchauffer rapidement les rappeurs qui se présentaient déjà sur scène. C’est ainsi que Le Gaucher et ses deux acolytes se présentent à nous. Ces garçons qui portent des t-shirts de hardcore punk mélangent d’une manière audacieuse le hip-hop et les growls metal dans une mise en scène qui nous laisse croire que, comme les autres projets de la soirée, ils ne se prennent pas trop au sérieux. Tant mieux, ça ajoute de la valeur à la performance. Pour le reste, j’ai pris très peu de notes, encore tiraillé par la moralité d’une section intitulée «Conflit d’intérêt».

Tiraillement augmenté lorsqu’Osheaga est officiellement terminé et que l’animateur arrive. Sûrement encore ébranlé d’avoir vu un homme nu juste avant le spectacle de Schoolboy Q, notre rédacteur utilise comme moyen d’interagir avec la foule des lignes tirées de chansons du Nouveau Rappeur auxquelles le public doit répondre. L’objectif tombe à l’eau lorsqu’il ne fait que crier «Party de lesbiennes?» et que personne n’a la décence de répondre «Céline Bonnier!»

Le ton du reste de la soirée n’est cependant annoncé que lorsque Never Tête Enough prend d’assaut la scène du Bistro de Paris. Torse nu sous des débardeurs à paillettes, les quatre musiciens commencent leur prestation en mimant une défécation de cœurs en carton rose sortant du derrière du chanteur MC Mili Poulet. «On Chie un Gars dans l’Amour» disent-ils. À quoi d’autre nous attendions-nous?

Malgré cette introduction, disons, remarquée, le groupe, formé de deux MC, un tromboniste et un DJ, s’est montré comme la révélation de la soirée. Les performances sont dynamiques, précises et bien que les sujets soient jugés un peu niais (avec des titres comme Gringo Star, Bin Trop Lazy ou le classique Beurre de Raie), on ressent un sérieux dans la démarche des musiciens. «On fait de la musique pour danser», nous disent-ils et pour ce qui est de créer une ambiance, les garçons donnent du fil à retordre aux champions dans le domaine, Barbie’s Resto Bar Grill. Mention spéciale au MC ZeeBrain qui est venu de Frelighsburg pour faire deux titres avec le groupe.

painAprès une autre séance d’animation de moins en moins cohérente («Serge? …Provigo!» de crier à répétition le maître de cérémonie), sans doute provoquée par les verres de Tremblay à 3 $, Le Nouveau Rappeur arrive pour présenter son rap récent. Peut-être même trop récent, puisque nous étions au maximum 8 personnes qui semblaient connaître un peu les titres. Dans ce genre de contexte, il est difficile d’apprécier les cinq rappeurs qui se roulent par terre en chantant Pogne un pack de pills ou d’autres classiques comme Totons d’homme. Peu de réactions également lorsque la troupe de rap récent a commencé à lancer des boules de pain frais autographiées au public. Et que dire de leur démonstration avec un melon.

11811520_10155879247585521_6979278159785615460_nLes gens qui ont eu l’occasion d’explorer l’œuvre du Nouveau Rappeur trouvent leur compte durant la performance, mais décrochent lorsque les même beat recommencent à jouer et que le groupe réinterprète certains de ses titres. À ce moment, la foule est plus nombreuse sur le trottoir qu’à l’extérieur. Le trio Kid Soda embarque ensuite pour présenter son électro, le public a déjà quitté, assommé par la soirée (et les boules de pain reçues en pleine poire).

Dehors, je croise Olivier et Élise, les rédacteurs en chef du site.
«Je ne pense pas que je vais faire de critique de ce soir.
– Non, fait la! dit Olivier. Dis que c’était pourri.»

Je n’irais pas jusque-là. J’ai quand même eu du plaisir, notamment avec Never Tête Enough. Mais entendons-nous: toute personne non-avertie de la teneur de la soirée a passé un moment désagréable. Une fois la part des choses faite, on peut séparer le bon grain de l’ivraie et ressortir avec l’envie de voir comment progresseront ces différents projets.

Pour le reste, j’ai étiré le plus longtemps le moment de la remise de cet article. Dans la bonne tradition des vacances de la construction, j’ai joué au canasta et j’ai mangé de la crème glacée en attendant de me faire dire que j’ai perdu ma crédibilité en écrivant un article qui entre en conflit d’intérêt.

Bon retour au travail, ceux et celles qui en ont encore un.

Bilan : le Festival OFF de Québec selon son président

Le Festival OFF de Québec se terminait samedi soir dernier. L’évènement, qui en était à sa 12e édition, a connu un succès certain, et Feu à volonté a appelé Guillaume Sirois, directeur général, pour discuter avec lui de son bébé.

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Lancé en 2004, année où l’offre émergente québécoise au Festival d’été de Québec était au point mort, le Festival OFF émerge en marge de ce dernier pour tenter de brasser les choses. Le festival veut offrir une alternative remplie de contraste avec les soirées présentées sur les Plaines d’Abraham.

Guillaume Sirois arrive comme directeur en 2004, même s’il est impliqué dans l’équipe depuis ses débuts, que ce soit comme bénévole ou adjoint. Son objectif : poursuivre dans la veine déjà établie, tout en la travaillant encore plus. Se concentrant sur l’identité et la signature propre au OFF, il a fini par réussir un coup de chapeau cette année avec une programmation assez étonnante.

On ne voulait pas inviter des groupes ‘’émergents’’ comme Galaxie, qui se ramasse à faire le tour des festivals du Québec»,  dit M Sirois. L’organisation se vante surtout d’attirer des groupes réellement edgy, qui n’ont parfois même pas encore de public au Québec.

Guillaume Sirois insiste sur la réponse hautement positive du public cette année. Satisfait, il affirme aussi ne plus chercher à redéfinir ce qu’il fait, ou tenter de développer à l’excès. Pour lui, vaut mieux entretenir ses accomplissements que de chercher à tout recommencer.

Philosophie audacieuse

Avec cette philosophie, et un peu d’audace, le festival évite les stéréotypes et permet, par exemple, d’offrir, pour une rare fois au Québec, une intrusion de musique académique dans un festival émergent. «Quand on pense à de la musique émergente, on pense souvent juste à de la musique pop, mais il existe aussi de la musique émergente plus académique», croit-il. Plus besoin, donc, de courir les soirées de musique expérimentale, le OFF ouvrait cette année avec Music for 18 Musicians de Steve Reich, une collaboration avec l’Université Laval. Un des gros coups de cette dernière édition, toujours selon son président, au même titre que le set de Yonatan Gat, artiste israélien inclassable.

Quant à savoir ce qui marquera l’an prochain, c’est encore impossible à dire puisque l’organisation prend une pause bien mérite cet été et nous réserve donc de belles surprises. « La seule chose qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’on va vraiment continuer avec ce qu’on a déjà établi dans les dernières éditions. »

On peut s’attendre à de la qualité, donc.

Site officiel

La magie noire de Crabe à la Casa del Popolo

Les plus fins #connoisseurs d’entre vous auront bien entendu reconnu le nom de la chanson à succès (si c’est possible…) du duo montréalais, qui se produisait hier à la Casa Del Popolo dans le cadre du festival Suoni per il Popolo. J’y ai vécu une soirée pas piquée des hannetons.

Déjà, partir sans mon k-way était pas une idée de génie. En remontant St-Laurent avec mon vélo, j’ai croisé Noé pis ses chums du règne animalier en bateau, ce qui m’a fait regretter certains de mes choix de vie. Arrivé sain et sauf à la Casa, je me fais dire d’emblée que le premier band, Harsh Realty, a annulé son apparition et que je dois occuper 45 minutes de ma vie. Tout n’est pas perdu, j’ai au moins pu découvrir les super dumplings du Harbin au coin de la rue. Ça, pis me faire dire à peu près 50 fois que je m’habillais bien.

À défaut d’avoir des photos pertinentes du show, en voici une mon chandail. De rien.

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Je suis finalement revenu à la salle juste à temps pour la perfo de Eschaton, un quatuor du Maryland qui fait dans le gros fucked up, ou dans le jazz expérimental contemporain, en termes plus académiques. Le set s’est pas mal résumé à quatre blocs d’expérimentation avec un drum, des cuivres, une contrebasse pis des patentes électroacoustique benben stridentes. Du gros fun pour les vingt spectateurs, en résumé.

On a ensuite eut droit à Nightmom, un duo de Providence au Rhode Island, et à leur rattlesnake rock. En gros, c’est une façon fancy de dire qu’ils font du Sonic Youth pour les rednecks, mais c’est ben bon quand même. Les gars était aussi très sympa et se permettait quelques blagues entre les chansons. C’est justement pour ça qu’ils partent cette semaine en tournée américaine avec les boys de Crabe.

Finalement, les génies de Crabe se sont amenés sur scène devant une foule un peu plus fournie, un peu plus alcoolisée et composée à grande majorité de fans de la formation, ce qui a donné un beau résultat. Mertin Höek était en grande forme et nous lâchait ses traditionnelles interventions avec tout le flegme dont il est capable, ce qui cassait un peu le rythme, mais laissait tout le temps du monde au public d’échanger avec le capuchonné sur scène. Le tout s’est conclu sur un moment totalement surréaliste, alors que Béni BBQ est venu rapper une toune avec le band. Un moment d’incompréhension totale, mais qui valait sincèrement le détour et qui a réjoui pas mal tout le monde au final.

En résumé, un set court, mais énergique et convaincant, ce qui augure bien pour le voyage de Crabe au pays de la liberté et des Pizza Hut.

5 autres incongruités historiques de l’ADISQ

La nouvelle a fait le tour des réseaux hier. Apparemment, pour l’ADISQ, Loud Lary Ajust est à la fois trop anglophone pour les nominations régulières et trop francophone pour la nomination du meilleur album anglophone. Bref, comme c’est le cas de façon assez sporadique, c’est à rien n’y comprendre. Pour souligner la controverse, Feu à volonté a répertorié cinq autres incongruités de l’histoire du Gala de l’ADISQ.

Pierre Bertrand, l’éternelle révélation

Pour débuter, en voilà une complètement absurde. Après avoir marqué l’histoire de la musique québécoise avec son groupe Beau Dommage, le barbu notoire Pierre Bertrand se paie la traite en 1981 avec un premier album solo homonyme qui récolte un succès correct. L’année même, il est nommé dans la catégorie Révélation de l’année, mais perd devant Martine St-Clair.

Trois ans plus tard, il ressort un deuxième disque, et l’ADISQ décide, pour aucune raison valable, de lui redonner une autre chance dans la catégorie de la révélation, aux côtés de son ancienne comparse Marie-Michèle Desrosiers. Bref, grosse année de révélation!

Pas chanceux, les deux finissent par perdre la catégorie devant Martine Chevrier (??), mais peuvent se consoler puisque, durant le même criss de gala, ils remportent le trophée HOMMAGE pour l’ensemble de la carrière de Beau DOMMAGE.

Les Trois Accords, pas inscrits

L’année 2004 est profondément marquée par une seule et unique chanson qui rejoue en boucle de façon maladive : Hawaiienne des Trois Accords. Surpris par leur succès instantané, les musiciens drummondvillois ne pensent pas à s’inscrire à l’ADISQ. Résultat : cette année-là, le gala passe complètement à côté de la track et écarte complètement un groupe qui a vendu plus de 200 000 disques.

Comme elle le fait de façon assez régulière, l’ADISQ a tenté de se rattraper l’année d’après. Ainsi,  au gala 2005, Les Trois Accords ont été sacrés groupe de l’année.

L’entre trois chaises d’Ima

Loud Lary Ajust se retrouve dans une situation assez unique qui, curieusement, ressemble à celle d’Ima mais en un peu moins pire. Fluente dans trois langues, la chanteuse blonde s’est retrouvée à la fois écartée des nominations francophones régulières, de la nomination anglophone ainsi que de la nomination musiques du monde. Au gala 2009, elle se retrouve toutefois invitée à offrir une prestation. Louis-José Houde se permet alors une parenthèse pour souligner l’absurdité de la chose.

Au moins, elle a réussi à avoir de l’exposure sur la web télé de Rock Détente, ce qui, en soi, est un accomplissement.

Kashtin, l’exception autochtone

Avant, les règles de l’ADISQ semblaient un peu plus élastiques concernant la langue. Ainsi, en 1990, Kashtin, qui chantait fuck all en français, a réussi à avoir des nominations partout : révélation, album folk country, groupe, auteur-compositeur… Ce qui est drôle, c’est que les «anglophones», eux, étaient déjà enclavés dans une seule et unique nomination, soit celle de l’«artiste anglophone de l’année». En gros, les autres nominations de l’ADISQ, c’était pour les francophones, les autochtones et tous ceux qui chantent en n’importe quelle langue sauf en anglais.

POURQUOI??????

Sylvain Cossette qui change la game

Pas mal tannée de le voir remporter le Félix du meilleur album anglophone de l’année, grâce aux ventes déficientes de ses estis de reprises des années 1970,  l’ADISQ avait pris la décision, en 2009, de créer une nomination «Cossette» en instaurant «L’album de l’année – reprises». Sans le vouloir, Sylvain Cossette avait réussi à changer la game de l’ADISQ.

C’est à se demander, donc, pourquoi l’ADISQ ne s’adapte pas, cette fois, aux nouvelles réalités du hip-hop québécois. En gros, le plus aberrant dans tout ça, ce n’est pas nécessairement les règles de l’ADISQ, qui ont leur raison d’être, mais bien l’entêtement de l’association à ne pas vouloir les modifier, quand un cas exceptionnel comme celui-ci se présente.

Après tout, la catégorie du meilleur album électronique permet une présence du français en deçà de 50%, comme l’indiquent les récentes victoires de Chromeo et Misteur Valaire. Pourquoi, alors, un style musical comme le hip-hop, en profond changement, pourrait ne pas, lui aussi, avoir une exception du genre?

La raison probable : le lobbyisme agressif du conglomérat hip-hop de Trois-Rivières qui milite pour que le prochain Félix hip-hop soit redonné à sa légende.

Woodman: produit de son environnement

Né dans le West Island, le rappeur Woodman a très rapidement su qu’il devait faire des efforts particuliers pour faire voyager son art. Inspiré par son père musicien et forgé par la réalité anglophone du Québec, il n’a jamais cherché à se dénaturer pour plaire à qui que ce soit: il est le produit de son environnement.

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Sa soif de conquérir a notamment modelé son vif esprit de compétition. C’est cette énergie qui lui a permis de mettre les pieds dans l’arène du battle rap, dans laquelle il a toujours su laisser sa marque avec brio. Sa détermination l’a également mené à partager la scène avec des artistes cultes tels que Cormega, R.A. the Rugged Man, CunninLynguists et Tonedeff. Ses aspirations l’ont transporté de sa chambre jusqu’à Paris, en passant par Toronto, Vancouver et bien sûr Montréal. Maintenant âgé de 29 ans, le prolifique rappeur compte une panoplie de battles, quelques albums et une notoriété underground qui traverse les cultures.

C’est autour d’un pichet dans son confort familier à Ste-Anne-de-Bellevue que j’ai pu m’entretenir avec le rappeur anglophone pour creuser un peu plus profondément dans le personnage. Une entrevue intime avec Woodman, un humble MC à l’inébranlable détermination de réaliser ses ambitions

Quand est-ce que tu t’es intéressé au hip-hop pour la première fois et qu’est-ce qui t’attirait là-dedans?

J’étais b-boy quand j’avais environ 13-14 ans, donc j’ai toujours eu un intérêt pour la culture hip-hop en général. Graduellement, j’ai commencé à faire du freestyle. Je trouvais que je commençais à développer de bonnes idées, de bons concepts, donc pour ne pas oublier mes affaires, j’ai commencé à écrire. Après, j’ai appris à structurer et écrire des chansons. J’ai un cousin qui avait beaucoup d’albums; il m’a fait découvrir KRS-One, Rakim, etc. Il était aussi un hardcore fan de Wu-Tang, c’est devenu un groupe marquant pour moi.

Tu sors tes propres projets en solo et tu es très actif sur le circuit battle rap francophone et anglophone. Est-ce que tu te vois plus comme un rappeur qui clash ou un clasheur qui rap?

Je suis un battle rapper qui fait de la musique. J’ai plus de facilité à construire une chanson et j’ai plus de satisfaction à faire de la musique, mais dès mes débuts dans le rap, j’aimais l’aspect freestyle battle. Je suis une personne très compétitive. C’est cet aspect-là qui m’a attiré et qui m’a fait développer mes skills.

T’as récemment traversé l’Atlantique pour aller battle dans la ligue Rap Contenders de Paris. Comment ça s’est passé et qu’est-ce que ça représentait pour toi cette expérience?

C’était malade! J’étais à l’aise, ça s’est super bien passé. Je trouve que j’ai dominé. J’étais super prêt. C’était un battle en anglais contre un Américain nommé Uno Lavoz. C’était le premier battle anglophone au RC. À la base, j’aurais préféré affronter un Français pour que les gens sur place puissent me comprendre, mais on m’a proposé ce match-up là. Uno Lavoz, je le connaissais, il a déjà battle à travers le monde. Je ne voulais pas cracher sur cette chance-là non plus.

T’as un style agressif et confiant quand tu battle. Est-ce que t’es toujours de même ? Qu’est-ce qui se passe dans ta tête quand tu es sur scène?

Mon approche a changé depuis les derniers battles. Mes premiers au WordUp!, c’était comme si je m’en allais à la guerre. En y allant comme ça, j’ai remarqué que je me mettais trop de pression. Je voulais avoir plus de plaisir à le faire. Maintenant, j’y vais pour enjoy un peu plus. C’est vraiment dans ma tête. Y a pas de véritable haine dans le fond.

As-tu déjà eu un battle sincèrement hargneux ou t’es toujours bon joueur avec tes adversaires? Est-ce qu’il y a quelqu’un que tu rêves d’humilier?

À mes débuts, j’étais plus hargneux. Mon premier battle contre Lyricest, il avait fait un callout et ça avait allumé la mèche en moi. Aujourd’hui, si on me faisait ça, je m’en foutrais. Avant, je me nourrissais plus de l’animosité mais maintenant, je n’ai plus besoin de ça pour me motiver. Sinon il y a Loe Pesci, un autre rappeur anglophone de Montréal. Il ne m’a pas laissé ma chance quand il organisait le KOTD (ligue canadienne) de Montréal. Il a laissé du monde qu’il connaissait moins prendre la place, et moi, il ne m’a juste jamais répondu. Il me lance des flèches des fois subtilement aussi. Lui, c’est quelqu’un à qui j’aimerais peut-être remettre les pendules à l’heure, mais je sais qu’il ne veut pas me donner la chance de le faire.

Le WordUp Génération commence à se mettre en branle avec les callout et tout. Est-ce qu’on peut s’attendre à t’y voir au mois d’août?

J’espère, mais pour l’instant je n’ai pas de match-up. FiligraNn m’en a proposé quelques-uns, mais ils ne m’intéressaient pas. Ceux que je voulais affronter, comme Lil Deezy par exemple, ne sont pas disponibles.

Est-ce que tu sens qu’au niveau battle rap il te reste des choses à accomplir?

J’avais une checklist à faire. J’ai fait des battles dans toutes les ligues auxquelles je voulais participer au moins une fois, ici comme ailleurs. Sinon, j’aimerais participer à un battle 3 contre 3 un jour, ou quelque chose de thématique.

Tu t’es plus récemment lié avec le clasheur Freddy Gruesum sur tes projets et dans la vie. Qu’est-ce que tu dis aux gens qui disent que son style a influencé le tien en battle?

Je tiens à le dire, je ghostwrite TOUS les battles de Freddy Gruesum! Mais non, je trouve ça drôle. Faudrait pas que ces gens-là écoutent nos soirées de freestyle. On est souvent ensemble et on prépare nos battles en même temps. On freestyle des trucs, je démarre un pattern, il va ajouter une suggestion. Si quelque chose est wack, on se le fait dire. Sauf Freddy. Lui, si tu lui dis que c’est wack, il le garde.

Est-ce qu’on peut s’attendre à plus de collaborations avec Freddy Gruesum, Crack-A-Starr, Dony S, Nino Ice?

Moi et Freddy on fait de la musique ensemble, principalement sur nos projets respectifs. Aussi, je prépare actuellement aussi un EP avec Nino Ice. Aussitôt que ça sort, je mets ça sur bandcamp. Ça risque d’être un projet de 6 ou 7 tracks. Freddy va être là-dessus aussi. Je vais faire un featuring sur le prochain mixtape de Freddy également.

Côté musique, le rap au Québec connait un certain virage avec les albums de LLA, Dead Obies, Alaclair. Sens-tu que, pour attirer l’attention actuellement, il faut faire quelque chose qui se démarque du rap traditionnel?

Moi je crois que pour se démarquer, ça prend un gimmick ou une équipe qui te soutient. Il faut une équipe qui fait ta promo, qui booke tes spectacles, qui organise le tournage de tes vidéoclips. Peu importe le genre de musique, ça a la possibilité de marcher. Si t’es un artiste indépendant, c’est plus difficile d’atteindre tous les trucs qu’eux accomplissent parce que tu payes de ta propre poche.

C’est quoi la réalité d’un artiste anglophone dans un marché plutôt francophone?

C’est certain que c’est difficile de se démarquer au Québec. La majorité des gens qui me supportent sont francophones, j’en suis très reconnaissant. Je suis un produit de mon environnement, je suis un anglophone au Québec. Je représente qui je suis. Moi, aller vers le marché américain, c’est quelque chose qui m’intéresse plus ou moins.

Tu sors tous tes projets de manière indépendante. Est-ce que tu trouves que les labels c’est quelque chose de facultatif en 2015?

Ça dépend des buts des artistes. Mon prochain album, intitulé Assimilation, sera distribué en magasins parce que j’avais comme objectif personnel de sortir au moins un album en magasin. C’est sûrement le dernier projet pour lequel je vais entreprendre ces démarches-là. À partir de là, je vais mettre tous mes trucs sur bandcamp.

Tu as déjà promis un projet francophone. Est-ce que c’est encore en préparation? Est-ce que le projet va voir le jour?

Éventuellement j’aimerais ça. Je vais faire un verse en français pour la prochaine compilation HHQC. Sinon, il faudrait vraiment que je me mind à produire un projet en français. Moi, à la base, ça se passe vraiment en anglais dans ma tête. Il faudrait que je me concentre pour la conceptualisation des chansons. Ça me prendrait plus de temps.

Ton prochain album Assimilation, se différencie-t-il des autres faits précédemment? Comment est-ce qu’il a pris forme?

Dans le fond, Assimilation, c’est le prequel de Product of the Machine, mon autre album qui est paru il y a trois ans. Product of the Machine, c’était l’histoire de moi qui se transforme en machine de rap pour se révolter contre le système. C’est métaphorique. C’est pour exprimer la haine que j’ai contre l’industrie, le système juridique. Assimilation, c’est ce qui a mené à ça.

Dans ce nouvel album, c’est comme si tu faisais une évaluation psychologique de toi-même. Est-ce que tu as récemment voulu prendre du recul sur ton vécu?

C’était pour le concept, mais ça marchait avec les chansons. La majorité des chansons de cet album, gravitent pas mal autour de ma relation avec les autres et mes sentiments par rapport à ça. C’est plus intime comme album. Assimilation, c’est ce qui a poussé l’humain à vouloir devenir machine. Il veut devenir de glace, ne plus rien sentir.

Lors de ton passage à Paris, tu as tourné un clip pour un morceau de ce prochain album. Comment ça s’est passé et quand est-ce qu’on pourra voir le résultat final?

Je savais d’avance que j’allais là-bas pour le Rap Contenders 9 donc j’ai essayé de me plugger le plus de trucs, musicalement. Le gars chez qui je restais c’est celui qui filme et qui monte les vidéos des RC. Je lui ai envoyé quatre chansons de mon album pour lesquelles je pensais faire un vidéoclip et je lui demandé de choisir celle qui l’inspirait le plus. Il a finalement choisi celle que j’espérais qu’il choisisse: Slave To The Night. C’est surtout lui qui a trouvé les idées. Il ne voulait pas me filmer devant la tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, ça fait trop carte postale. Il a trouvé un concept et on a fait ça. Ça va sortir en même temps que la sortie de l’album, soit vers l’automne.

Dans le meilleur des mondes, qu’est-ce qu’on peut souhaiter pour Woodman?

5000 $ de cachet au WordUp! Battles (rires). En ce moment, je suis assez épanoui avec les accomplissements que j’ai. J’aime rencontrer du nouveau monde, connecter avec des artistes et voir comment ils perçoivent leur art. Ça, c’est quelque chose que je veux faire pour toujours.

Surveillez Assimilation qui paraîtra à l’automne. Le battle anglophone de Woodman qu’il a fait au Rap Contenders fera quant à lui son apparition en ligne prochainement.

Entre temps, vous pouvez écouter les morceaux de Woodman sur sa page bandcamp.

Le premier extrait d’Assimilation, la pièce State of the Art est là.

Cherry Chérie: rencontre avec le monstre gentil

Dans un petit local sans fenêtre du centre-ville de Montréal vit un monstre à quatre têtes nommé Cherry Chérie. Mais c’est un monstre pas mal gentil (un peu comme dans Monsters Inc.) qui danse avec un sérieux mouvement de bassin (comme Beyoncé) sur le son d’instruments anciens (genre Les Classels, mais avec moins de cheveux blancs).

Cherry Chérie / Photo: Élise Jetté
Cherry Chérie / Photo: Élise Jetté

C’est dans une caverne d’Ali Baba qu’Étienne, Paolo, Alexandre et Gabriel ont conçu leur bébé-monstre: J’entends la bête. Enveloppés dans un amas de jouets rétros datant des années 40, 50 et 60, ils ont produit un album 100 % analogique. «Tout a été enregistré avec des micros étampés URSS en arrière, lance Alexandre. On a aussi utilisé un mellotron, l’ancêtre du synthétiseur. Chaque touche fait jouer une cassette de sept secondes.» L’ambiance antique est donc tangible du début à la fin de l’album. «Au lieu de mettre le filtre Instagram, on avait la vraie caméra», ajoute Paolo. Les quatre têtes et leurs instruments, accompagnés de Simon Gauthier à la coréalisation, ont passé une partie de l’été dans la caverne pour concocter le produit livré aujourd’hui. «On a appris à se marcher sur les pieds, à ne plus pouvoir se sentir», relate Étienne. «La principale source de conflit, c’était les odeurs, ajoute Paolo (rire général). Ça chauffait au rock!» Malgré tout, le quatuor est demeuré soudé. Le monstre n’a pas failli. Quiconque a déjà observé Cherry Chérie en concert est en droit de se demander si l’énergie fougueuse des concerts pourra se retrouver sur disque. Pour Alexandre, chaque élément est à sa place et le plaisir auditif est intéressant dans les deux situations. «Il y a l’enthousiasme des shows, mais il y a tous les textes et les nuances à redécouvrir chez soi en écoutant l’album, dit-il. C’est comme quand tu rencontres une belle fille. Tu te dis ouais elle est belle, mais tu commences à lui parler et en plus elle a quelque chose à dire. C’est le genre de deuxième niveau qu’on retrouve sur le disque.»

Les Francouvertes

Cherry Chérie a fait une courte apparition aux Francouvertes cet hiver, mais le groupe n’a pu se tailler une place en demi-finale. «Si on avait voulu jouer safe, on aurait fait du folk, lance Paolo. Ce n’est pas nous. Ce n’est pas notre style. On s’assume à 100 % et on a décidé de foncer, peu importe l’issue des concours.» Pour ce qui est de la commercialisation de leur musique, les quatre amis demeurent optimistes. «Après Lady Gaga, notre son analogique ne rentre pas si bien que ça à la radio, explique Alexandre, mais un jour ils n’auront pas le choix de nous faire jouer (rire).» «Certaines radios, en régions, ont déjà commencé le faire», complète Gabriel.

Forêt Noire

En fondant sa propre maison de disque, Forêt Noire, Cherry Chérie se dit fier de garder le contrôle sur le processus créatif. «On avait déjà commencé à s’autoproduire et à se construire une équipe, explique Alexandre. C’est comme si on l’avait déjà notre maison de disque. C’est comme une relation de couple. On a juste dit bon, ça fait 6 mois qu’on couche ensemble, on est un couple. On s’est mis in relationship sur Facebook.» Forêt Noire est une analogie globale qui représente très bien le groupe. «Au mois de décembre, on savait qu’on se lançait dans beaucoup de dépenses, peu de revenus, seuls. On a comme traversé la forêt noire durant l’hiver, raconte Paolo. C’est une vraie forêt, en Allemagne où les rayons ne passent pas parce que la forêt est trop dense. Il y a bien sûr le petit lien avec Cherry Chérie ;-) et le fait qu’on est soudés tous les quatre. Tout est là-dedans.»

Créer un baby-boom

Provoquer la naissance de tonnes de bébés, rien de moins! Telle est l’ambition de Cherry Chérie avec cet album. «Les déhanchements sur scène agissent comme des messages subliminaux», commente Gabriel. «C’est notre solution aux mesures sur l’austérité», ajoute Étienne. En embarquant dans le délire du groupe, des couples se sont formés pour vrai (preuves scientifiques à l’appui). «On fait des shows pour des gens qui apprennent à danser le jive alors, ça allait de soi en dansant sur notre musique», complète Alexandre.

Fait intéressant

«La pièce Interlude (Ses Tentacules), c’est carrément un trip nuptial. Pendant la nuit, ça faisait seize heures qu’on jouait et on avait besoin de sommeil. Le café ne faisait plus effet. C’est parti d’un riff sur un lap steel et après on a ajouté des choses: sons de laveuse, de réservoir à eau chaude et percussions issues du cadran d’un vieux téléphone.» – Gabriel

Cherry Chérie / Photo: Élise Jetté
Cherry Chérie / Photo: Élise Jetté

Le lancement de l’album J’entends la bête, de Cherry Chérie aura lieu ce soir, 26 mai, à la Sala Rossa. Tu peux te joindre aux invités ici ou bien débarquer là-bas de manière impromptue.

L’album J’entends la bête est juste ici ou juste-. C’est une bonne manière de dépenser ton argent de poche. Tu peux aussi choisir de chanter les tounes dans ta tête, mais c’est loin d’être la meilleure option.

Plusieurs concerts dans les confins de l’univers (du Canada) sont prévus durant l’été. Tu peux voir les dates/lieux ici.