Les 10 affaires qui vont se passer au FME selon notre expérience

J’éprouve toujours un certain réconfort à revivre des évènements sensiblement pareils d’une année à l’autre et c’est un sentiment qui s’est définitivement accentué avec la pandémie qui nous a privés de nos habitudes. Si à Noël on sait qu’un oncle en particulier aura trop bu à 18h et va devenir raciste, que grand-mère va immanquablement oublier un de ses pâtés au congélateur, qu’une certaine cousine portera trop de parfum et un cousin pas vraiment de déo, on sait également que ces incontournables rendent le temps des Fêtes si spécial: on a des attentes. De la même manière, c’est notre 8e FME cette année et ça fait en sorte qu’on sait déjà qu’on va vivre certaines affaires. Et s’il n’y a qu’une chose qui fait vraiment du bien après 17 mois de pandémie, c’est de revoir tout ce qu’on a déjà vu.

Voici 10 affaires qui vont se passer au FME

1 – Tu vas rencontrer quelqu’un qui a eu une malchance automobile en montant à Rouyn. En 2018, c’était Lydia Képinski en panne dans le parc de La Vérendrye, l’an dernier c’était Feu à volonté qui fait exploser un pneu dans un nid de poule une heure après le départ.

2 – Quelqu’un va croiser Richard Desjardins dans un contexte qui ressemble à une fable.

3 – Il n’est pas impossible que tu finisses ta soirée aux danseuses avec un auteur-compositeur-interprète de la relève.

4 – Des gens vont s’alimenter à même des 4 litres de vin et tout le monde va trouver que ça a bien du bon sens.

5 – À un moment donné, quelqu’un va chanter quelque chose que tu ne t’attendais pas à le/la voir chanter. Ça se pourrait que ce soit Patrick Watson qui interprète Bohemian Rhapsody en chest.

6 – À un moment ou à un autre, les forces policières seront déployées. C’est possible que ça coïncide avec l’utilisation imprévue et non-conforme d’un extincteur dans une salle de spectacle où devait se produire un rappeur populaire.

7 – Peut-être que des candidats aux élections profiteront des rassemblements de jeunes cool pour faire campagne entre un show rock et une balade autour du Lac Osisko.

8 – Le lac Osisko, tu le verras. Et tout le monde en parlera. Tu sauras que tu manges à la table des cool si quelqu’un raconte s’y être baigné la nuit.

9 – Tu vas manquer un show que tu voulais voir malgré ta détermination à ne pas le manquer. Peut-être que tu vas monter une montagne pendant 45 minutes pour arriver à un show qui est déjà fini.

Fred Fortin:

10 – Il y a un moins un show qui va venir te chercher d’une manière que t’avais pas prévue. Ça peut être Jean-Michel Blais, ça peut être Richard Desjardins. Ça se peut aussi que ce soit pendant Gab Paquet, mais que tu es juste tellement saoul.e que tu finis par comprendre des affaires sur ton enfance entre deux tounes. Et tu vas te dire «Ouf, j’avais pas braillé de même depuis la mort de Léo dans Titanic en 1997.» C’est ça le FME.

Prépare-toi pour toutes ces émotions!

Go!

Saint-Jean-Baptiste: 10 chansons québécoises qui suscitent des questions

C’est la fête des Québécois.es, journée de tous les possibles pour les astres (c’est la pleine lune à soir), pour l’espérance et pour le Canadiens. Meilleure journée de l’année pour revisiter certains classiques du répertoire musical national. Chaque fois qu’on fait ça, on se rend compte que ça suscite des questions, quand même, des textes des années 90-00. Voici notre playlist de la Saint-Jean de chansons pas reposantes parce qu’on aurait une série de questions à poser après chaque écoute.

On jase de toi – Noir Silence

Le texte dit «On veut juste pas qu’y t’arrive de tort. Pis surtout c’est qu’les voisins commencent à jaser». Doit-on conclure que les parents se soucient davantage de l’opinion des voisins que du bien-être de leur enfant?

Dégénérations – Mes Aïeux

Une chanson qui dit: «Pis ta mère en voulait pas (d’enfant); toi t’étais un accident.» Le moment où tu annonces à ton enfant que son héritage n’existe plus n’est pas nécessairement le même jour où tu devrais lui dévoiler qu’il n’était pas un enfant désiré.

Heureux d’un printemps – Paul Piché

«J’pense au bonheur des gens j’sais ben qu’ça va pas durer», dit Paul. Problème d’attitude Paul?

En berne – Les cowboys fringants

Chanson de 2002 qui aura donc 20 ans l’an prochain. Toutes les problématiques évoquées dans la toune sont encore d’actualité. Inquiétant pour tous ceux qui croient au pouvoir des chansons engagées, non?

À l’enfant que j’aurai – Okoumé

«On ira boire un bière j’te chanterais la chanson que j’ai écrit quand j’ai oublié d’mettre un condom», peut-on entendre à la toute fin de la pièce. Ne pas mettre de condom n’est pas un oubli, le cass’. C’est toujours un choix. C’est souvent le mauvais choix.

Ailleurs – Marjo

Marjo y chante la phrase «si tu pouvais m’emmener là où ça sent bon», ce qui éveille un questionnement quant à l’endroit où elle se trouve. T’es où, Marjo, pour que ça pue de même?

Comme tu me l’as demandé – Laurence Jalbert

Toute bonne playlist de Saint-Jean se doit de contenir du Laurence Jalbert et quoi de plus représentatif de la société dans laquelle on vit qu’une chanson qui parle d’un homme qui a une emprise maladive sur une femme. «J’ai ôté de mes yeux les masques comme tu m’l’as demandé», chante Laurence ici, de quoi nous inquiéter quand en sa manière de porter son masque à l’épicerie.

Une chance qu’on s’a – Jean-Pierre Ferland

«Tu fais des boules de lumières avec tes p’tits doigts. Tu fous la trouille aux hiboux.» J-P, on parle de quel matériau exactement qui fait des boules de lumières? Et si cette personne chère à ton coeur fout la trouille aux hiboux, c’est pas nécessairement un compliment que tu lui fais, là.

Calvaire – La Chicane

Du bon Boom, ça a sa place dans la liste de Saint-Jean. La seule question, c’est, dans la phrase «Astheure tu « m’orgards » pis tu ris», ça aurait-tu été si difficile que ça de dire «m’regarde». Ça n’affecte aucune rime en tout cas.

Parle-moi d’toi – Kaïn

«Parle moé pas des femmes, non c’est l’plus grand mystère que Dieu a mis sur la terre», nous chante-t-on ici. LE plus grand mystère? La femme? LE plus grand? Essaye L’Atlantide, Stonehenge, les statues de l’Île de Pâques, le secret de la Caramilk, le monstre du Loch Ness, le triangle des Bermudes…

Bonne Saint-Jean!

TOP 2020 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums anglophones préférés de l’année, positions 10 à 1.

Photo: Pexels/Artem Podrez

10 CRi – Juvenile 

Les multiples couches d’arrangements rencontrent le silence au bon moment avec CRi et l’album Juvenile qui est loin d’être le travail d’un enfant. Les collaborations de l’artiste, sur l’album comme ailleurs, démontrent son extrême agilité lorsque vient le temps de marier les forces de chacun. Le jeu des codes de CRi est complètement renversant: l’électro se dessine en toile de fond et attend les influences multiples de la pop au rock. Déjà un expert!

ÉLISE JETTÉ

9 Sophia Bel – Princess of the Dead, Vol. II 

La princesse futuriste! Sophia Bel doit avoir une connexion directe avec l’univers. Ça expliquerait son style vestimentaire. Entendons-nous, c’est sa musique l’aspect intéressant de la chose. C’est comme The Yeah Yeah Yeahs rencontre Milk and Bone. C’est du bonbon. Vu son jeune âge, elle doit vraiment être connectée avec l’au-delà pour avoir des référents musicaux aussi riches. C’est louche tout ça.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

8 Helena Deland – Someone New 

La pochette claire obscure définit bien ce premier album d’Helena Deland qui prend racine dans la noirceur pour laisser poindre la lumière. La pop alternative des années 90 résonne en échos alors que la musicienne nous nomme, avec sa voix, comme avec ses arrangements profonds, les chagrins d’amour, les hommes qui déçoivent, indubitablement, et les différents péchés capitaux comme la jalousie et la luxure. L’instrumentation puise sa richesse dans une structure qui nous amène une surprise partout où on n’attentait plus rien. Un premier saut complètement réussi dans le monde de l’album complet.

– ÉLISE JETTÉ

7 Pottery – Welcome To Bobby’s Motel 

Hiver 2018. J’arrive trop tôt à un concert, je bois ma bière tranquillement dans une salle presque vide. Un gars parvient malgré tout à me rentrer dedans et à me renverser de la bière dessus sans même bafouiller un «pardon». Je le vois monter sur scène pour jouer la première partie, Pottery, un band pas encore assimilé à un buzz puisque même le titre Hank Williams n’est pas encore sorti. Pendant tout leur set, ça me gosse. Je ne peux pas entièrement apprécier le show, je suis encore un peu fâchée de la bousculade. Décembre 2020. Je range Welcome to Bobby’s Motel dans mes albums préférés de l’année: difficile de ne pas continuer de laisser son cœur et son corps à l’abandon à l’écoute de ces nouveaux morceaux de plus en plus convaincants, entre post-punk, new wave, voire disco. Peu importe qui ça rappelle, on avait tous besoin d’un Bobby dans nos maisons cette année: pour ma part, non pas d’«un père à la maison», mais d’«un sac de boxe rempli d’humour», ça oui. Je n’en demeure pas moins embêtée: en dansant avec lui, je ne suis pas encore capable d’oublier ma robe trempée. Ça va prendre un autre LP.

– LISE BRUN

6 NOBRO  – Sick Hustle EP 

Que toutes celles qui se sont déjà excusé d’exister lèvent la main. C’est ici que ça se termine. NOBRO ne permettra à aucune d’entre vous de ne pas crier aussi fort qu’elle le voudrait. Le quatuor punk nous livre un son extrêmement libre (libre de bros, notamment) et libérateur pour son auditeur. Aucun cri ne vous aura fait autant vivre que celui que vous pousserez en même temps que la chanteuse lors d’un concert du groupe. J’admets avoir été avertie à maintes reprises par la sécurité du FME lors de leur show: je n’étais pas capable de rester assise. C’est le genre de groupe pour lequel on attend le déconfinement de la culture comme d’autres attendent l’arrivée du Messie. Et si le Messie était une femme qui gueule dans un micro? Simple suggestion.

– ÉLISE JETTÉ

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5 Les Deuxluxes  – Lighter Fluid 

Les Deuxluxes, quel duo fabuleux et inspirant à souhait! Avec Lighter Fluid, un album au son rock psychédélique vintage absolument efficace, il nous offre du pur divertissement de qualité. C’est la musique parfaite pour oublier qu’on est en 2020 et s’imaginer à une époque où le mot COVID n’existe pas, où on porte un masque juste pour se déguiser mais surtout où tout le monde se rassemble pour faire le party! J’dis ça de même, mais je dirais pas non à un party post-COVID avec Les Deuxluxes, qui embarque?

– ELISABETH MOTTARD

4 Maky Lavender – …At Least My Mom Loves Me 

Maky Lavender ne savait probablement pas qu’on allait cesser d’avoir du fun à cause du virus deux semaines exactement après la parution de son album lorsqu’il était en studio pour enregistrer …At Least My Mom Loves Me. Une maudit chance parce que, du fun, on allait en avoir de besoin cette année et c’est exactement ce à quoi on a droit avec cet opus. On aurait juste envie de se rassembler à plus que deux ménages pour écouter la musique du MC montréalais, à moins de deux mètres de nos amis qu’on n’a pas vus depuis un boutte. Merci pour ces 27 minutes de musique bien ficelée qui nous ont aidées à passer au travers.

– NICOLAS SIMARD

3 Mike Shabb – Life Is Short 

La réputation de Mike Shabb dans le rab jeu n’est plus à faire. Sur Life is short, le rappeur confirme sa place comme l’un des rappeurs anglophones à suivre dans les prochaines années. À l’écoute de cet album, on a l’impression que le Montréalais souhaite conquérir de nouveaux territoires. Mike Shabb délaisse les paroles  plus street pour un poésie plus mature, plus personnel et aux divers flows qu’il s’approprie. Le tout entourer des beatmeakers d’excellence VNCE CARTER et Danny Ill

– MATHIEU AUBRY

2 Naya Ali – Godspeed : Baptism (Prelude) 

À la sortie de Godspeed: Baptism, à peine un an s’était écoulé depuis les propos de Steve Jolin, propriétaire du label 7ème Ciel. Il affirmait dans La Presse: «Je ne vais pas baisser mes standards de sélection pour avoir une femme sur mon label». Heureusement pour nous, de nombreuses rappeuses ont ensuite émergé en révélant, du même coup, qu’on était loin de manquer de talent ici. Avec son premier LP, Naya Ali se hisse parmi les figures incontournables du rap au Québec. On est impatients de la revoir en spectacle avec son énergie débordante.

– RAPHAËL BOIVIN

1 BACKXWASH – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It 

La trajectoire de Backxwash en 2020 est simplement phénoménale, et rarement une fenêtre se sera-t-elle ouverte ainsi pour un projet aussi fermement champ gauche, entre horrorcore et rap-métal gothique. Adulée par la critique, soulignons par ailleurs sa victoire historique au prix Polaris 2020, une rare victoire symbolique pour une artiste au carrefour des minorités ethnique et sexuelle.

– JULIEN ROCHE

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Photo: Pexels/Artem Podrez

20 Nicholas Craven – Craven N 2 

Pas évident du tout 2020 et cette année de malheur fut encore plus difficile pour nos artistes locaux anglophones dont certaines voix se sont élevées afin de critiquer le manque de couverture dans nos médias montréalais (coucou Kaytra!). Afin de remédier en partie à la situation, et surtout parce qu’on a tripé solide, on ne pouvait passer à côté de l’excellent Craven N 2 de Nicholas Craven. Le producteur gatinois s’est entouré de rappeurs américains sur la pente ascendante (dont notamment Mach-Hommy et Billy Woods), de vétérans de renom (Styles P et Ransom, pour lequel il a produit quatre EP cette année seulement), et d’une touche locale (avec la présence de D-Track sur la lumineuse Sorbonne) qui pose les rimes sur des productions sombres et crasseuses inspirées par le rap des années 90. Nicholas Craven nous offre une trame sonore idéale pour traîner dans les ruelles mal éclairées de la ville, en quête d’un petit rassemblement illégal, pour consommer les produits légaux et essentiels (S/O la SAQ et la SQDC) d’une économie locale en pleine déroute.

– NICOLAS SIMARD

19 Anachnid – Dreamweaver 

Anachnid, Montréalaise d’origine oji-crie mi’gmaq, est l’artiste que j’ai préféré découvrir cette année. J’ai vraiment connecté avec son projet qui me sort de ma zone de confort culturelle, pour la grande place faite à ses racines autochtones, mais aussi pour son mélange d’électro aérienne, d’indie-pop, de hip-hop, de trap et de soul, genres vers lesquels je me tourne moins souvent. Comme on tisse la toile de l’araignée, son animal totem, l’assemblage est minutieusement réalisé sur ce premier disque sorti chez Musique nomade. C’est l’esprit qui plane sur le projet bien sûr qui m’y a fait me sentir très vite bien. Dreamweaver, c’est la démarche d’une femme qui se présente à un public en étant toujours un peu en recherche d’elle-même, mais aussi déjà tellement accomplie dans ses réflexions personnelles, artistiques, voire politiques. Dans un décor onirique où se côtoient hurlements de loups, crépitements de feu et bruits de la nature, on passe sans gêne d’une spectaculaire théâtralité (America) aux planchers d’un club (Summer Hunting, Braids) en passant par sa chambre à coucher (La Lune, China Doll). C’est la proposition artistique que je ferais jouer à mes amis lors de mon prochain retour en Europe.

– LISE BRUN

18 Zach Zoya – Spectrum 

Ah! Le gars qu’on pense qu’il est américain, mais qu’il est Québ. Et qu’en plus on apprend qu’il est Abitibien. Là là, Zach, si on veut qu’il reste par chez nous, faudrait y donner un nanane, parce que sinon les Ricains vont nous le voler. Pis on veut pas ça. Protégeons nos ressources. Préservons notre jeunesse talentueuse. Gardons Zach Zoya à la maison.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

17 Plants and Animals – The Jungle 

Groupe culte de la scène indie montréalaise, Plants and Animals nous revient avec un cinquième opus tropical à souhait et éclectique! Que l’on pense à la folle ligne de basse sur la pièce homonyme ou la très Talking Heads House on Fire en passant par l’énergique The Sacrifice et les planantes In your Eyes et Le Queens (première chanson francophone du groupe!), le périple en jungle est tout sauf plate

– MATHIEU CATAFARD

16 Basia Bulat – Are You In Love? 

On ne tombe pas d’amour tout de suite avec Are You In Love? de Basia Bulat. Son album de 2016, Good Advice, nous happait dans l’immédiat, dès la première écoute. L’album de 2020 nécessite qu’on s’y attarde, qu’on le laisse nous parler. Pour les adeptes de plus longue date, c’est un effort léger qui mène vers une belle lumière, une musique qui nous transporte vers une sérénité entière. Et oui, we are in love.

– ÉLISE JETTÉ

15 Marie Davidson – Renegade Breakdown 

J’ai vogué de surprise en surprise en écoutant Marie Davidson prendre tantôt les habits d’une crooner de jazz bar enfumé (Just In My Head) ou bien ceux d’une nouvelle papesse du rock (Back To Rock) ou bien ceux d’une émergente égérie de french pop, avant de nous rappeler gentiment que même après y avoir fait ses adieux, Marie Davidson règne naturellement sur un dancefloor (Renegade Breakdown, Worst Comes to Worst). Le prix Arturo-Brachetti pour cette amazone au couteau suisse bien garni.…

– JULIEN ROCHE

14 Élie Raymond – Panels  

C’est une année formidablement remplie pour Élie Raymond, divisé entre Foreign Diplomats, Totalement Sublime et ce projet solo qui en est à son deuxième album cette année (?!) On retrouve en Panels un album sensible, truffé d’idées intéressantes, marqué par un engagement entier, tripes sur tables, et une instrumentation touffue et colorée. Hâte de voir ces pièces vivre sur scène.

– JULIEN ROCHE

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13 Gus Englehorn – Death & Transfiguration 

Death and Transfiguration a été incontestablement l’album le plus addictif de mon année 2020. En seulement neuf morceaux lo-fi, le candide ex-snowboardeur Gus Englehorn, accompagné sur scène à la batterie par Estée Preda, dévoile un projet de rock indie qui se démarque incontestablement dans le paysage québécois actuel, en particulier par le chant, qui alterne entre insouciance, gémissements, cris, voire rap, ainsi que par les textes personnels de Gus qui oscillent entre l’ombre et la lumière tout en rappelant aussi la vie, à bien des égards surréaliste, de Daniel Johnston. En show, l’expérience est encore plus extatique. Si vous avez besoin d’un guide, cherchez, quelque part au devant de la scène, Jed Arbour, une fille qui maîtrise superbement le grunge par ailleurs. Mention spéciale à tous les clips DIY ainsi qu’à la merch qui permet d’apprécier des illustrations d’Estée et de Shelby Menzel. Un deuxième album est déjà en route alors longue vie!

– LISE BRUN

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12 Kaytranada – Bubba 

Sortie à la fin de décembre 2019, ce grand disque du producteur montréalais était un incontournable pour les TOPS de 2020 alors que ceux de 2019 étaient déjà sortis quand l’album a fait son apparition. Bubba, qui a récolté trois nominations aux prix Grammys, est un bijou du début à la fin. Avec toute la finesse et le travail derrière les rythmes, les basses et le synthés vintage du DJ, ajoutez à cela des collaborations de feu (Charlotte Day Wilson, Pharrell Williams, Teesha Moses, VanJess), Kaytranada nous offre un résultat exceptionnel. À danser, bien confiné dans votre salon!

– MATHIEU CATAFARD

11 Land of Talk – Indistinct Conversations 

Les émotions que nous dessine Elizabeth Powell sont en déséquilibre total. L’intensité rencontre la réserve sur ce quatrième album de Land of Talk qui nous plonge dans une rêverie où l’on a beaucoup de demandes à faire exaucer par l’univers. Alors oui, c’est très actuel. Gros coup de coeur pour le single The Weight of That Weekend qui aborde le concept désormais tristement connu qu’est le gaslighting. L’intelligence des arrangements rencontre l’intelligence du propos du début à la fin de Indistinct Conversations. À réécouter en 2021 juste au cas où.

– ÉLISE JETTÉ

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Photo: Pexels/Artem Podrez

10 Olivier Bélisle – Broderie 

Juste avant la première vague de COVID-19, je suis allée au Quai des Brumes pour le lancement de ce doux album. Ça a fini jam packed avec tout le monde assis sur le plancher collant du bar, le smile fendu jusqu’aux oreilles. Même si on avait su ce qui s’en venait pandémiquement parlant, on n’aurait pas pu en profiter plus: on était déjà au max! De «la misère qui se lit dans les yeux de la caissière» à la phrase «tout le monde est parti sans nous dire salut», on a reconnu notre vie des derniers mois dans les textes de Bélisle qui sont simplement humains. Je me suis réchauffée la fin de printemps triste avec la Broderie d’Olivier Bélisle et, croyez-moi, c’était vraiment moins pire après qu’avant.

– ÉLISE JETTÉ

9 Comment Debord – Comment Debord 

Qui n’a jamais écoeuré un de ses amis qui devait aller au chalet de ses parents au lieu de faire le party dans un sous-sol à 16 ans ? En 2020, c’était cette personne qui était dans une position confortable.  Travailler dans la résidence secondaire qu’elle recevra en héritage d’ici une couple d’années, pendant nous autres, encore sur le party 14 ans plus tard, ont a passé l’année dans notre 4 1/2 encombré de plantes. Si j’ai réussi à vous soutirer un petit sourire, c’est exactement l’effet que les paroles du premier album de Comment Debord auront sur vous. Les références linguistiques servent de carburant au voyage que nous propose le groupe. La langue française est ici un vecteur de la réussite de cet album. Les images sont fortes, l’amour de notre langue nationale résonne au travers des dix chansons de ce premier album réussi.

– MATHIEU AUBRY

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8 Original Gros Bonnet – Tous les jours printemps 

Original Gros Bonnet. Que dire! Moi qui pensais que le jazz c’était juste bon pour les gens qui aiment se la jouer Tit Joe Connaissant au souper de famille. Ben torpinouche! Le jazz, y’a des jeunes qui font ça. Pis qui en font du hip-hop (insérer une face de surprise). Le pire là-dedans, c’est qu’ils sont 32 dans ce groupe-là, mais il n’y a qu’un seul MC. Plus facile comme ça. Personne ne se bat pour le spotlight. En même temps, ça aurait très bien pu s’appeler Franky Fade et ses copains. Mais ce sont des reals. Chaque instrument compte. Avec pas de plug-ins. Des puristes dont l’album se doit d’être savouré bord en bord et plus d’une fois.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

7 Jonathan Personne – Disparitions 

L’aventure rock-spaghetti se poursuit avec succès pour le troubadour de Corridor, et à l’entendre produire autant de belles manières de nous dire qu’il s’ennuie de sa blonde, on en vient à se demander si, finalement, ça nous tente qu’il la retrouve. Jokes! On veut toujours le mieux pour ce Jo Robert, par ailleurs illustrateur de talent qui, je me fatigue à le dire, transforme en or tout ce qu’il touche.

– JULIEN ROCHE

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6 Antoine Corriveau – Pissenlit 

Ce quatrième album m’a permis de découvrir, enfin, l’univers d’Antoine Corriveau. À l’écoute de Pissenlit, étrangement, je me suis retrouvée avec Mano Solo dans une voiture à Paris. Mano, c’est l’un des artistes qui m’a donné le plus de frissons avec des textes francophones. À sa manière, Pissenlit impose lui aussi de s’arrêter pour écouter ce qui est proposé. Musicalement, l’émotion embarque à chaque nouvelle direction que prend l’album: un rock bruyant, parfois explosif, très cinématographique. Corriveau nous projette dans son roadtrip par une force narrative irréprochable. On voit tout: les poubelles, la sortie pour Lewis, l’urinoir. La route, on l’entend tout le temps. Mais il y a aussi quelque chose de très universel quand il nous parle de lui, de la perte d’êtres chers, du Québec, de réconciliation avec les peuples autochtones et du racisme systémique. C’est sûrement pour ça que ses textes m’ont évoqué ceux de Mano Solo, qui crachait pourtant, dans un tout autre style, sa rage d’échapper à la mort. Ces deux-là mettent toute la beauté de la langue française au service des pensées parfois sombres, des gens à peine regardés, des lieux crades. Pissenlit mettra tout le monde d’accord: de très loin, c’est l’un des plus beaux albums de cette année.

– LISE BRUN

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5 Eman – 1036 

Toc toc toc? Qui est là? Eman, avec un nouvel album. Ah tu pensais que c’tait bon ce que j’avais fait jusque-là? Ouin, ben j’ai des petites nouvelles pour toi. Ça, c’est comme vraiment bon. Je pense en tout cas. Mais de ce que j’ai compris, y’a des gens qui ne peuvent plus se passer de cet album et qui l’écoutent en boucle. C’est sûrement parce que c’est pas pire. Oh! Pis je fais une bonne partie de la prod moi-même. En tout cas. Achète ça, pis au pire donne-le en cadeau à ta belle-soeur à qui tu sais pas quoi acheter. Paix.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

4 P’tit Belliveau – Greatest Hits Vol. 1 

Avec son premier album Greatest Hits Vol. 1, P’tit Belliveau arrive déjà à s’inscrire dans la cour des grands. Avec un son unique qui mélange le country, les synthés et les rythmes hip-hop: c’est un incontournable de l’année. Income Tax, on en est certains, a rythmé bien des soirées de danse confinées. On présume aussi que Les bateaux dans la baie a suivi plusieurs visites à la SQDC. Tout ça sans compter sur les grandes qualités de mélodiste de l’Acadien qui réussit aussi à nous rendre nostalgico-mélancolique avec L’eau entre mes doigts et Rain and Snow. À écouter à tout prix.

– RAPHAËL BOIVIN

POUR LIRE L’OPINION D’UNE GRAND-MÈRE SUR P’TIT BELLIVEAU, CLIQUEZ ICI.

3 Les Hay Babies – Boîte aux lettres

Quel genre de lettre trouve-t-on dans la boîte des Hay Babies? Des correspondances des années 60 entre Montréal et Moncton. Plus qu’un regard sur un autre temps et une totale plongée dans une époque aussi intéressante que culturellement riche, les trois girls nous montrent aussi un regard sur la vie qui sort de tout ce qui prend normalement racine à Montréal. On fait du tourisme sans bouger grâce au trio du Nouveau-Brunswick qui sait manier l’instrument à cordes sous tous ses aspects avec style et éclat. J’aimerais faire partie du groupe.

– ÉLISE JETTÉ

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2 Klô Pelgag – Notre-Dame-des-Sept-Douleurs 

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, c’est le plus beau cadeau qui me soit arrivé pendant la pandémie. Avant sa sortie, Klô Pelgag nous dévoilait des vidéos de ses nouvelles chansons tranquillement, comme si elle voulait qu’on prenne le temps de les déguster comme les petits chocolats de mon calendrier de l’Avent Kinder. Sauf qu’à la fin, c’est pas un gros œuf sucré avec une bébelle en plastique dedans que j’attendais avec impatience, mais un album concept extraordinaire, rempli d’émotions, de cohérence et que j’ai dévoré avec appétit. J’affirme même sans hésiter que Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est encore plus délicieux que tous les chocolats du calendrier!

– ELISABETH MOTTARD

1 Mon Doux Saigneur – Horizon 

Mon Doux Saigneur fait partie des chanceux qui ont fait paraître leur album avant l’arrivée de la COVID, ce qui nous a permis de vivre l’album Horizon sur scène. Sur la ligne de cet horizon, Emerik St-Cyr Labbé dessinait déjà en janvier un soleil indélébile, une joie transcendante, des rythmes qui accompagnent les plus tristes années afin qu’on ose bouger quand même. Oui, l’avenir pandémique se dressait devant nous comme une montagne, la COVID était en route, mais on avait une armure lumineuse pour entamer la guerre. La formation a fait un progrès fou depuis la sortie de son premier album homonyme en 2017. L’assurance et la maîtrise des instruments s’est rendue jusqu’à nous. Mon Doux, merci.

– ÉLISE JETTÉ

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On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums francophones préférés de l’année, positions 20 à 11.

Photo: Pexels/Artem Podrez

20 Jimmy Hunt – Le silence 

Après avoir conquis tout le monde l’an dernier avec le Jazz engagé de son groupe Chocolat, Jimmy Hunt revient cette année avec un album surprise tout aussi grandiose. On reconnaît sa manière si unique de poser sa voix et ses arrangements créatifs (quoi que plus minimalistes) dans ce Silence et on en voudrait toujours plus. Cet album court et économe en refrains est bien à l’image des éclairs de génie qui peuvent surgir des vrais artistes même en période de confinement. Vieux amis, l’arbre et Le Silence, en particulier, sont des petites merveilles.

– RAPHAËL BOIVIN 

19 Lucill – Bunny 

Un feel good total s’installe dès le début de l’écoute de Bunny et il ne s’en va jamais. Les mélodies sont complexes et accrocheuses, les arrangements nous enveloppent sans masquer la voix qu’on entend comme si on nous confiait un secret. En 2017, Raphaël Bussières, qui se glisse ici derrière le nom Lucill, m’avait complètement captivée avec Overnight, l’album de Heat pour lequel il s’exécutait à la basse. Je ne m’étais pas remise de la chanson Lush. Et je cours, sur Bunny, me fait le même effet. Continue, Raphaël, de m’empêcher de sortir de tes chansons. C’est une captivité très bonne.

– ÉLISE JETTÉ

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18 Le Couleur – Concorde 

Cet automne, on a dit que Concorde était le meilleur album de Le Couleur et personne ne nous a contredit. Certes, l’avion d’inspiration, dans ce cas précis, est en mode écrasement, mais ce n’est pas une raison pour nous empêcher d’avoir envie de monter à bord. Tant qu’à crasher… La formation s’est dotée de nouveaux membres et a appris à fonctionner avec eux sans que le son écope. En fait, le son, il a fait le contraire d’écoper. On a dansé avec ces personnes de qualité devant notre ordinateur en zone rouge en novembre et DANS LA VRAIE VIE pendant un aperçu (au FME) de ce qui sera possible de vivre post-pandémie. Vous allez vouloir y être.

– ÉLISE JETTÉ

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17 LaF – Soin Entreprise 

À peine as-tu eu le temps de te familiariser avec leur plus récent projet que déjà ils t’en mettent un nouveau entre les mains. Et c’est parfait comme ça. LaF, c’est le genre de groupe qui reproduit les codes associés aux Boys Band d’autrefois. Je suis persuadée que tout le monde a son préf. «Oh, moi c’est Mantisse. Y’est tellement swag!». «Non! Moi, c’est BKay yo. Il est tellement mystérieux.» Outre ces considérations hautement superficielles, reste que ce qu’ils mettent dans nos oreilles est indéniablement délicieux.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

16 Larynx – Ruche de mouches 

Le Montréalais Alexandre Larin, alias Larynx, a lancé son premier album solo en octobre dernier. On parle de 26 minutes de rock psyché bien dosé sur fond de relations sentimentales complexes et d’univers éclatés. Avec de brillantes guitares lourdes à la Ty Segall (Sul party, Douille, Douille, Douille, Sourire ) et de jolies pièces plus douces (Lubie, Faveur, Muffin aux bananes Cowboy), l’ancien chanteur du groupe Rust Eden nous offre de quoi planer en douceur. 

– MATHIEU CATAFARD

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15 Totalement Sublime – Totalement Sublime 

Le duo montréalais présente un premier album soyeux, feutré, influencé par la synth pop japonaise. On y trouve des introspections chuchotées, oui; des ambiances bruitistes aux titres futuristes, certes; mais surtout des rythmes enveloppants ponctués de sax qui flashent un bon instinct pop et le franc désir de s’amuser.

– JULIEN ROCHE 

14 Rosie Valland – Blue 

Lancé deux semaines avant le début de la pandémie au Québec, le deuxième album de Rosie Valland n’a pas eu le temps vivre. Les neuf pièces qu’elle présente sur Blue s’enchainent comme les tableaux d’un spectacle qui finira bien. Rosie y renoue avec l’espoir dans une approche pop assumée et des textes qui touchent. Impliquée dans la réalisation de l’album, l’artiste tient son projet à deux mains et c’est bien solide.

– ÉLISE JETTÉ

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13 Population II – À la Ô Terre 

L’un de mes petits plaisirs, c’est d’aller à des concerts de groupes sans bandcamp. N’ayant que peu de temps à accorder à ce hobby, mon subterfuge consiste souvent à attendre pour découvrir un band s’il m’est possible de le voir bientôt sur scène. Population II et moi, ça n’a malheureusement jamais pu se faire. Mais pas déçue d’avoir attendu qu’ils signent chez Castle Face Records: en pandémie, les surprises, ça se fait plutôt rare. Le disque à se procurer absolument pour tous ceux à qui les émotions fortes des shows manquent et qui souffrent un peu plus à chaque show virtuel regardé. En plus de la job d’Emmanuel Ethier (Chocolat, Yocto), y’a tout pour s’accrocher: un processus créatif basé sur de l’improvisation, de la poésie suspendue, une progression vers la douceur dans l’album mauditement plus efficace qu’une séance de méditation et un mélange délicieux de sonorités, empruntant au psyché, au space rock, au free jazz, au stoner et au prog. La meilleure de transformer différemment tes quatre murs à chaque nouvelle écoute.

– LISE BRUN

12 Gab Bouchard – Triste Pareil 

Le show de son lancement, c’est le dernier que j’ai vu avant que le monde pète. Triste pareil est par la suite devenu l’album qui m’a accompagnée partout. Partout, même où je n’allais pas. La musique de Gab Bouchard a la capacité à la fois de te faire chanter trop fort au coin de la rue en te dandinant, et de te faire brailler en silence. Deux choses à te dire mon Gab: adjoye et merci.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

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11 Maude Audet – Tu ne mourras pas 

Dans une année déprimante comme 2020, un peu de douceur ça se prend bien. Pour ça, rien de mieux que les rythmes folk-pop et la voix sublime de Maude Audet. Des textes touchants, des mélodies entraînantes et surtout une esthétique charmante qui nous fait sentir comme dans une ballade hivernale en forêt. Ça réchauffe le cœur et ça fait sourire. On se sent le dehors à respirer l’air de l’Île d’Orléans ou de Kamouraska. Clairement un des futurs classiques du répertoire de l’artiste.

– RAPHAËL BOIVIN

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Les bonnes nouvelles de la semaine

En ces temps sombres, nous avons eu envie de souligner hebdomadairement les belles choses musicales qui surviennent chaque semaine. Les vendredis matins, on vous partage trois bonnes nouvelles survenues dans les derniers jours. Lâchez pas!

1 C’est pas parce qu’on n’a pas de Noël cette année qu’on ne peut pas offrir et recevoir des cadeaux. On ne cesse de rappeler aux gens de faire des achats locaux cette année. Parmi ceux qui l’ont eu difficile durant les 9 derniers mois, il y a évidemment les artistes. Trois musiciennes qu’on aime se rassemblent jusqu’à ce demain pour te permettre de donner un bon cadeau à un proche. Maude Audet, Alexandra Stréliski et Beyries vont dédicacer leur merch à leur Pop Up shop au 24 Rue Prince-Arthur Ouest à Montréal. Une bonne façon pour toi de ne pas donner des cadeaux de marde cette année. Les heures de dédicaces sont précisées sur l’évènement.
2 Parlant de cadeaux de Noël, si jamais, comme nous, tu tripes ben raide sur les shows virtuels (parce qu’il n’y a rien d’autre en ce moment), tu es probablement familier avec Le point de vente. Eh bien le site de vente de billets propose un concours pour essayer de gagner 100 $ de billets à ceux qui achètent des cartes cadeaux. Tu peux en profiter ici.
3 Et parlant de shows virtuels, Ausgang Plaza a annoncé cette semaine le premier concert d’une série de spectacles virtuels hybrides qui aura lieu de janvier à mars. Laroie et Antony Carle ouvriront le bal le vendredi 15 janvier. Les deux artistes ont fait paraître chacun un EP en 2020 donc ce sera une belle occasion de voir tout ça se déployer sur scène. Ok, ça reste virtuel, mais c’est déjà beau. On fait du progrès. Le calendrier du Ausgang est ici.
Lâchez pas!

[PRIMEUR] Un beau clip pour «Toute faire à moitié» d’Après l’Asphalte

Le groupe Après l’Asphalte nous offre en primeur un clip dessiné et animé joliment par Rachel Samson. La chanson Toute faire à moitié, qui se trouve sur l’album Millepertuis, paru le 20 novembre, est la meilleure chanson pour vous conforter dans votre procrastination pandémique.

On voit dans ce clip dessiné de main de maître, une multitude de choses qu’on commence sans les terminer.

En 2020, nous sommes plusieurs à avoir été confrontés au temps. Le temps long et vide qui s’allonge. Le temps qui prend son temps. Et plus on a du temps, moins on fait de choses. Vous êtes normaux.

– Commencer un château de cartes et s’arrêter avant la fin.

– Commencer un casse-tête et ne jamais le finir (c’est normal que ça gosse, placer les pièces d’un ciel bleu).

– Déneiger la moitié de l’escalier.

– Faire le lavage, mais pas au complet.

– Et pendant l’hiver, ça se pourrait que vous fassiez un bonhomme de neige pas de tête. La troisième boule… trop difficile.

Ce sont toutes des choses dessinées magnifiquement par Rachel Samson dans le clip de Toute faire à moitié.

«C’est comme passer à côté de rien pantoute pis de toute en même temps», comme dit Après l’Asphalte.

Relisez notre critique de l’album Millepertuis ici.