Pif Paf Hangover: La mise en abîme

Beat Sexü, Human Human et Pif Paf Hangover. Beau lineup pour un petit jeudi soir pluvieux. La première fois que j’ai entendu ces trois formations, c’était en roulant vers la Gaspésie, la liste fraîchement téléchargée de Poulet Neige aux oreilles. J’ai mangé la 20.

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Un programme triple solide donc attendait une foule timide au Divan Orange jeudi soir.

Une seule chose manquait à l’appel: la ponctualité.

Que voulez-vous, j’ai ça dans le sang moi. Surtout en pleine semaine. Je vieillis que vous me direz, ou encore que je ne comprends pas le concept du fashionnably late.

Toujours est-il qu’une bonne grosse heure après le moment annoncé du début du spectacle, j’hésite encore à proposer une partie de cartes aux musiciens et au staff, avec qui je suis seule dans la place.

Et tu arrives enfin, cher public.

C’est Beat Sexü, un band de Québec, qui ouvre le bal. La claviériste entonne Hey Girl alors que tu t’entasses à l’entrée. Pourtant ça groove, y’a de belles lignes de basse.

Mais Jean-Étienne Collin Marcoux, chanteur et batteur de la formation, nous réserve une surprise.

À son signal, lui et les autres membres nous dévoilent leurs paillettes, dissimulées jusque là, et nous invitent à danser, puisque après tout, «on est un band Disco» dit-il.

Beat Sexü enchaîne avec enthousiasme les titres de son dernier EP, Première Fois,  et nous gratifie à l’occasion de nouvelles chansons. Leur énergie est belle, on sent qu’ils aiment ce qu’ils font et qu’ils travaillent en équipe. Bien que le chanteur et batteur soit installé au beau milieu de la scène, chacun sait, en temps voulu, attirer le regard puis se retirer du spot au profit d’un collègue. La plupart des titres, Dirty Jim en particulier, sont très accrocheurs et font battre du pied le plus coriace des spectateurs.

Effet réussi, donc, pour ce band en visite aux sonorités qui ne sont pas sans rappeler les couleurs de Alfa Rococo.

Et c’est maintenant que ça se gâte…

J’ai jusqu’ici été fort silencieuse à ce sujet, mais alors que la foule se réchauffe et qu’elle croit en nombre, je vis, moi, un phénomène rare, Dieu merci, mais fort désagréable. C’est qu’il y a dans ma tête (je veux dire littéralement, physiquement), une version miniature des sept nains qui, pioches et pieux en mains, entreprennent de creuser un tunnel derrière mon œil.  Vous imaginez l’inconfort. J’ai jusqu’ici essayé tant bien que mal de lutter, d’en faire abstraction, mais quand mon voisin de table m’emmène un verre d’eau sans que je lui aie demandé, je comprends qu’il est, pour moi, assez tard.

C’est à regret donc que j’ai quitté le Divan Orange, avant même d’y avoir entendu la tête d’affiche de la soirée. D’ailleurs était-ce prémonitoire? Aurais-je pu trouver un nom de band plus pertinent pour me décrire que Pif Paf Hangover en ce lendemain de Francofolies abusives?

Quoi qu’il en soit, Beat Sexü, Human Human et Pif Paf Hangover sont trois bands émergents au son fort agréable que je vous encourage à surveiller de près. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais!

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