Pouzza Fest du vendredi : «That’s why I fuckin’ quit my job! »

Le grand quadrilatère formé par les rues Sainte-Catherine, University, Sherbrooke et Saint-Denis rayonne par ses passants aux couleurs de cheveux surnaturelles et aux vestes en denim sans manches. Ces gens souriant arrivent de partout dans le monde pour s’enivrer de l’énergie de la ville, et ce, à juste titre : la cinquième édition du Pouzza Fest bat son plein au cœur de la métropole. Cette grand-messe de la contre-culture punk et ses différents genres musicaux se présente comme un équivalent nordique du fameux The Fest de Gainesville et, à ce jour, y parvient plutôt bien.

Avec ses trois soirs de concerts séparés sur huit scènes différentes, il était difficile de choisir quel concert, ou même quel itinéraire, choisir pour parler du festival. Mon cœur a dû trancher pour la soirée aux Katacombes du vendredi avec le concert de Solids. Il faut dire que j’ai eu un coup de foudre pour le duo montréalais lorsque j’ai écouté leur EP Generic Dog, en 2012. Le batteur en moi a succombé dès les premières notes de la chanson Whatevers and Neverminds et l’interprétation originale de Louis Guillemette. Cet amour a beau être pur et fort, il se doit, d’après mon conseiller matrimonial, d’être entretenu.

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Au-delà du duo qui prenait la scène à 1h05 du matin, la liste des groupes qui prenaient d’assaut les Katacombes ce vendredi était truffée de noms intéressants, ce qui a facilité mon choix.

Je suis arrivé vers 22h40, au milieu de la performance de Pile, une formation bostonnaise tirant sur le stoner rock et avec un goût bien marqué pour les dissonances ainsi que les structures de chanson peu orthodoxes. Les pièces, pour ce que j’ai pu voir, ont été livrées avec aplomb et précision. À réécouter dans de meilleures conditions.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« Have fun, but be nice to each other. » Ces mots ont été le credo de l’énergique formation brooklynoise Chumped, qui a pris la scène vers 23h. La formation de pop punk a proposé au public montréalais les grands succès de leur album Teenage Retirement, un opus au ton bon enfant mais rigoureusement efficace traitant, entre autres, de consommation de café. Au milieu de la performance, la chanteuse Anika Pyle a profité de sa plateforme pour passer quelques messages par rapport au respect de l’intégrité corporelle des différentes personnes présentes dans un spectacle; certaines personnes n’aiment pas se faire pousser dans un spectacle, ni même se faire toucher par des inconnus. On se doit de respecter leurs limites. Le public a accueilli le message et la musique de Chumped avec enthousiasme, tout en respectant la direction prise par le groupe.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« That’s why I fuckin’ quit my job! You guys are beautiful! » La formation punk de Philadelphie Beach Slang s’est emparé de la scène à minuit dans des Katacombes pleines à craquer. Visiblement, le groupe était le chouchou du public, qui réagissait positivement aux moindres sparages du chanteur James Alex. J’avais d’ailleurs de la difficulté à croire ce que j’entendais lorsque quelques quidams dans la foule ont commencé à crie « USA! USA! » au milieu de l’une des nombreuses histoires que le leader du groupe racontait. Les gens ont rapidement commencé à sauter de la scène, cracher de la bière sur la foule et commencer des mosh pits pour montrer leur enthousiasme devant la performance endiablée. Dommage pour les valeurs véhiculées par Chumped, juste avant. Peut-être, après tout, que pour les gens présents hier, la bousculade était leur tasse de thé. Le groupe a terminé son set avant de réaliser qu’il avait encore 20 minutes à faire. Ils en ont profité pour gracier la foule d’une reprise impromptue de The Replacements et d’une autre par The Psychedelic Furs. Une habile manœuvre.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

« Vous avez toute manqué le dernier métro. » À 1h05, Solids prend place devant un public certes moins nombreux, sans doute en raison du dit dernier métro, mais constitué d’irréductibles fans de la formation montréalaise. On présente aux festivaliers un set chargé, constitué de pièces autant tirées de l’album Blame Confusion paru en 2013 que de titres antérieurs. Xavier Germain Poitras et Louis Guillemette ont profité de l’occasion pour présenter un nouveau titre qui assure un avenir prometteur aux amateurs de la formation. La performance s’est terminé vers 2h du matin pour laisser place au groupe The Hunters offrant un spectacle secret. Les oreilles pleines, c’était malheureusement l’heure de rentrer.

Ah, oui. J’oubliais. Ils ont joué Whatevers and Neverminds. J’ai donc pu renouveler mes vœux comme me l’a conseillé Dr. Love. Une chance que j’avais mon tuxedo dans mon sac à dos.

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Crédit – Marie-Pier Beaudet-Guillemette

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