Le buffet : Dany Placard dans sa bouffe de camping

Chaque lundi, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Un nouveau single du fameux Dany Placard est paru plus tôt aujourd’hui. Mettez-vous en mode camping avec Sleeping Bag.

Vidéoclip pour la pièce homonyme de l’album La science du coeur de Pierre Lapointe, prévu pour l’automne.

Probablement que personne ne se serait attendu à une collaboration entre Shash’U, Tommy KruiseFanny Bloom et Philémon Cimon. Pourtant, on a ça. Et c’est dans le buffet. Parfait pour l’été!

On reste Béat devant le clip du même nom de Ponteix.

Changement de cap pour Brown, qui fait paraître POPLUV, un EP lumineux et estival incluant des productions de ToastdawgJam et VNCE.

Parlant de rapkeb, ST x LIAM ont fait paraître un nouvel extrait de leur projet à qui sortira en août.

Dead Obies – Gesamtkunstwerk : tour de force à la Debord

Dead Obies

Gesamtkunstwerk 

Bonsound

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C’est au cœur d’une nouvelle controverse autour du franglais (on leur retire la subvention pour la production de l’album puisque trop anglophone) que Dead Obies fait sa seconde entrée en scène. Un premier album surprenant, deux mixtapes creatives et quelques annonces Kijiji plus tard, Dead Obies est maintenant un groupe phare du hip-hop québécois moderne et son deuxième album, Gesamtkunstwerk, est attendu par de nombreux fidèles.

C’est dans un Centre Phi sold out que le sextuor a notamment enregistré le nouvel opus devant public. Décrit comme un ambitieux album-concept avec La société du spectacle de Guy Debord en trame de fond, Gesamtkunstwerk, dite «l’œuvre d’art totale», s’annonce comme un projet ambitieux qui laisse entrevoir un changement de cap.

Ceux qui étaient ready for the show seront donc finalement servis! Première chose qui saisit sur l’album est la richesse des productions de VNCE. Si Montréal $ud nous avait habitués à des samples et des loops, on retrouve cette même recette gagnante sur cette nouvelle offrande, quoique décidément plus diversifiée et exploratoire. VNCE nous présente des productions de son cru mariées à des effets électro, des reprises et des instruments live, tous judicieusement juxtaposés pour structurer des trames senties, surprenantes et tout à fait dans l’air du temps. Celles-ci font flirter le son DO avec le trap (Moi pis mes homies), l’EDM (Aweille!) et le jazz (Outro).

Grâce à un back-up band, la dimension plus organique vient rehausser les productions en leur donnant une chaleur supplémentaire. Parlant de chaleur, les fans entassés au Centre Phi amènent un élément très intéressant à l’esprit de cet album! VNCE prend le fruit des enregistrements devant public pour isoler leurs voix, commentaires et chants recueillis. Incorporés au produit studio, le tout devient une oeuvre qui sort des sentiers battus et surprend efficacement. Pratiquement certain que Guy Debord serait down avec ça!

Globalement parlant, DO a décidément emprunté une route plus accessible. En ajoutant plus de hooks, structurant davantage les pièces et clarifiant les sons, ils rendent le tout plus facile d’approche pour les non-initiés. À force d’expérimenter en studio, il semble d’ailleurs que les membres aient davantage spécifié leurs rôles: Bear est très efficace pour les refrains, Yes McCan sait mitrailler un flow tight et surprenant sur les verses, Jo RCA ajoute la touche d’agréable arrogance, etc. La chimie est indéniable!

Au passage, un éclectique cocktail de références vient épicer le produit. Il est notamment impossible de nier l’influence sudiste de Travis Scott sur des morceaux comme Explosif et Everyday. Un gros clin d’œil à Ol’ Dirty Bastard et à Jean Leloup est également observé sur l’étrangement surprenante Johnny. Quelques références obscures à notre folklore culturel sauront bien faire sourire ici et là (Steeve Diamond, on te voit!)

Au final, les membres de Dead Obies démontrent qu’ils ne sont pas intéressés à faire le même album deux fois. Gesamtkunstwerk se veut plus accessible par ses structures musicales et plus riche dans ses productions. Le groupe réussit à valser habilement avec d’autres genres musicaux et sait rester fidèle à son côté éclaté, tout en poussant l’expérience dans une nouvelle direction. Même si, tout comme la galette précédente, Gesamtkunstwerk aurait gagné à être plus concis (on parle quand même d’un album de 1h21!), le successeur de Montréal $ud sait répondre aux attentes élevées. Pour reprendre 20some, si l’objectif était simplement «d’y aller pour le swish», Dead Obies aura finalement réussi à faire un solide 3 points au passage!

Snail Kid : avoir les moyens de ses ambitions

Malgré ses airs bien chill et relax, Snail Kid, MC prolifique de la région montréalaise, est un artiste qui ne chôme pas. Entrevue intime avec un artiste qui ne niaise pas avec le puck!

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Ayant fait ses premières apparitions publiques dans l’arène des WordUp Battles, il a davantage retenu l’attention au sein du sextuor post-rap Dead Obies, générant un buzz notoire. L’arrivée de leur premier album, Montréal $ud, en 2013, a eu l’effet d’une bombe dans le paysage rap queb.

Ayant toujours eu l’intention de participer à un projet musical aux côtés de son frère Jam et de son père, c’est en 2016 qu’il lance avec ceux-ci le premier album de BROWN, soit deux mois avant la parution du deuxième album de Dead Obies. Ça niaise pas! Constamment à la découverte de nouvelles formes d’art, Snail Kid dispose de la ténacité et de la créativité nécessaires pour mener ses mille et un projets à termes.

Partageant son temps entre le lancement du premier album de BROWN, l’arrivée prochaine du deuxième opus de Dead Obies, son temps dédié à sa passion pour le théâtre et sa vie personnelle, on a réussi à se tailler une petite place là-dedans pour discuter avec Snail Kid, un MC passionné qui cumule les projets!

T’as un horaire chargé ces temps-ci avec le lancement de deux projets importants. Comment ça se passe? Es-tu au bord du burn out?

Haha! Ca s’en vient, j’pense! Non, pour vrai le plus gros est passé. Il y a eu un moment où les deux projets s’overlappaient en production. Il a fallu que j’écrive pour BROWN en même temps que pour Dead Obies, donc mes semaines étaient super rush. Il y a eu cette période-là qui a été beaucoup plus tough, mais depuis que l’album de BROWN est terminé, ça va assez bien pour mon horaire.

À PROPOS DE BROWN: le premier album homonyme est sorti en janvier. Le premier extrait Brown Baby:

De toute évidence, vous êtes des esprits créatifs musicalement (K6A, Dead Obies, etc.) Est-ce que BROWN ça représente un projet qui était sur votre bucket list familiale depuis longtemps?

Je dirais que c’est quelque chose qui brette officiellement depuis trois ans, mais même avant ça c’était comme en préparation. Dès que j’ai commencé à faire du rap et que mon frère l’a su, que mon père l’a su, les blagues se faisaient déjà sur un album à trois, un projet familial. L’idée nous est venue aux Francofolies alors que moi, mon père pis mon frère on a interprété la chanson Gris ciel sur scène, dans le cadre du show de Jam & P.Dox. On l’a fait et ça a full bien réagi donc ce soir-là, on a décidé de faire un album. Finalement, ça aura pris trois ans.

L’album présente la cohabitation de plusieurs styles (rap, dub, reggae, etc.) Si t’étais disquaire, dans quelle section classerais-tu BROWN?

J’aurais pas le choix de le classer dans la section hip hop, parce que malgré toutes les influences musicales sur l’album, mon frère et moi on rappe sur toutes les chansons. Le rap est en train d’élargir pas mal son focus. Les nouvelles stars du rap, comme Kanye West ou Kendrick Lamar, font maintenant des albums que, dix ans plus tôt, on n’aurait pas dit que c’est du rap tant que ça, mais ça en est, en bout de ligne, parce qu’ils rappent sur ces productions-là. Ce courant-là nous allait très bien parce que justement, mon frère et moi on a beaucoup d’influences musicales. C’est donc un heureux mélange de tout ça, mais ça reste que la direction est assez rap.

Vous êtes tous impliqués dans d’autres projets préalablement connus. Comment BROWN représente quelque chose de différent de vos expériences passées?

Je dirais que ça a été un peu difficile au début de trouver le style. Il fallait trouver un terrain commun alors qu’on avait tous des brandings différents chacun de notre bord. Mon branding avec Dead Obies, il y a comme un côté super punk, provocateur dans les propos. Mon frère, lui, est pas du tout là-dedans, donc il a fallu être sur la même longueur d’onde. Ça n’a pas été super long à faire, mais la première année il y avait clairement une adaptation.

Toi et Jam, vous êtes dans le hip hop moderne. Est-ce que c’était un défi pour vous d’incorporer l’univers plus reggae de votre père dans votre trip ou ça s’est fait naturellement?

Peut-être un peu. Mon père n’écoute pas grand-chose d’autre que ça dans la vie. Il y a des beats sur lesquels il a eu beaucoup de difficulté à trouver sa voix. Le plus gros défi de l’album c’était de l’amener dans des zones où il n’était jamais allé. Ça a super bien marché en bout de ligne. Il a réussi à faire quelque chose qui était tellement différent du reggae, on se demandait vraiment où il avait entendu ça.

J’ai vu une photo de toi qui joue de la mandoline. T’as contribué musicalement aussi ou c’était juste pour le look

Photo: Instagram/Toast Dawg
Photo: Instagram/Toast Dawg

Hahaha! À ce moment-là c’était pas pour le look mais ils l’ont pas gardé! Je m’amuse avec les instruments, je gratte un petit peu de guitare et si ça adonne sur la toune tant mieux, mais bon, c’est rare que c’est gardé. C’est l’intention qui compte.

Le projet a notamment émergé des discussions autour de la Charte des valeurs, qui avait beaucoup fait jaser. Deux ans plus tard, trouvez-vous que le débat a bien évolué?

Au Québec, je pense qu’on est un peu à la même place … ben, en fait, juste le fait d’en avoir jasé, je pense que ça a fait sortir le méchant. Ça a peut-être plus polarisé du monde qu’autre chose, mais certains se sont posés des questions sur le sujet et il y en a probablement qui se sont modérés un peu là-dedans, j’imagine.

À PROPOS DE DEAD OBIES: le deuxième album, Gesamtkunstwerk, sort le 4 mars:

De ce qu’on a pu entendre jusqu’à maintenant, vous semblez prendre une nouvelle direction avec ce nouvel album. Comment anticipez-vous la réponse du public?

Je pense que les gens qui nous suivent de près risquent d’être un peu surpris par les nouvelles productions. C’est sûr qu’il va toujours y avoir du monde qui vont dire qu’ils préféraient ce qu’on faisait avant, mais la surprise risque d’être assez positive en général. Ce qui change le plus, c’est la richesse des productions. Il n’y a presque pas de samples sur l’album. Il est pratiquement tout composé par VNCE. Je pense qu’on a un album qui est peut-être plus accessible pour le grand public tout en restant dans l’univers Dead Obies.

Le premier extrait Aweille est-il représentatif de l’album?

Vraiment pas! C’est un peu le Tony Hawk de l’album, je dirais. C’est-à-dire que c’est la chanson qui pète une coche, qui est une espèce de délire dans lequel tout le monde a décidé d’embarquer. On va dans une zone EDM qui a un loop infini infernal. Le reste de l’album est très différent de ça.

Le titre imprononçable de l’album, Gesamtkunstwerk, ça veut dire quoi? Ça évoque quoi?

C’est un terme allemand d’histoire de l’art qui veut dire: «œuvre d’art totale» (Lire l’article d’Étienne sur le sujet). Là, on fait ressortir un peu l’élément brag du rap. Le concept d’œuvre d’art totale, après ça, se traduit plus comme un agencement de plusieurs formes d’art qui, au final, vont en servir une qui serait absolue. Dans cet album-là, le concept c’était de faire un alliage de scénographie, du documentaire qu’on va sortir, du spectacle qui a servi à produire l’album, etc. Le but c’était de faire un 360 artistique avant que l’album existe. Ça embrassait aussi tout à fait la théorie de La société du spectacle de Guy Debord, qui marche avec le concept de l’album: la relation avec le public. On détourne le focus de nous vers eux.

Le deuxième album pour un band/artiste, est souvent un album important parce qu’il peut solidifier la réputation artistique comme il peut l’amocher. Comment avez-vous approché ce nouvel album après le succès de Montréal $ud?

Il y a déjà des gens qui attendent l’album et qui connaissent les paroles du premier par cœur. Il y a aussi des critiques qui sont sorties du premier. Tous ces éléments ont joué. On joue aussi avec l’anticipation du public. C’est de la grosse matière brute à utiliser pour nous en bout de ligne. Tu penses à des manières de les surprendre en fonction de ce qu’ils connaissent déjà. C’est devenu inspirant pour moi.

Y avait pas de pression?

Quand on a commencé à parler de l’album et qu’on avait une page blanche, on se demandait ce qu’on allait faire. Là, c’était une pression. Ça a créé une pression qui n’existait pas parce qu’on devait trouver un concept alors que ce concept, il était dans l’atmosphère. Il est venu à force d’écrire. C’est ça qui est arrivé, en bout de ligne. C’est devenu une pression positive.

Après tous les lancements et les shows à l’agenda, c’est quoi le prochain move de Snail Kid?

Ça reste à jaser avec Bonsound, mais je pensais a un spectacle de danse contemporaine… C’pas vrai! Idéalement, je n’aurai pas le temps pour tous les autres projets que j’ai en tête parce que les deux projets qui sont là vont bien aller, mais j’ai quand même des projets qui ne concernent pas la musique du tout pour le futur. Je fais du théâtre depuis toujours, c’est quelque chose que je veux continuer à pousser. J’ai aussi des projets d’écriture en gestation. C’est vraiment dans le long terme. Ça va être la musique dans les prochains mois/années. J’vais être occupé pas mal.

En attendant ce fameux show de danse contemporaine mettant en vedette un Snail Kid ressourcé et réinventé, vous pouvez vous immerger dans l’univers intime et chaleureux de BROWN, le projet hip hop familial de Snail Kid où il est entouré de son frère Jam et de son père Robin. L’album, salué par la critique, est désormais disponible en ligne et en magasins.

Le fort attendu deuxième album de Dead Obies, Gesamtkunstwerk, paraîtra le 4 mars. Un documentaire portant sur l’enregistrement de ce nouvel opus devrait débarquer sur les internets d’ici là! Vous pouvez aussi vous rendre au lancement à Montréal qui aura lieu le 10 mars au National. Gros props à Guy Debord!

Dead Obies au Centre Phi : un spectacle audacieux mais pas unanimement apprécié

Spectacle audacieux et réactions mitigées ont fait du ménage ensemble hier soir au Centre Phi, à l’occasion du spectacle/enregistrement du deuxième album de Dead Obies. Retour sur quelques affaires qui ont eu lieu.

Après avoir viré sur la céréale à quelques canettes près, l’ensemble du cortège se dirige vers un Centre Phi sold-out, qui promet d’être suintant comme un chien à qui on aurait laissé un manteau d’hiver de chien dans une maison extrêmement chauffée.

Sur place, vers 8h37, les gens magasinent du gear Dead Obies, et d’autres se laissent tenter par une session de photo avec des professionnels de l’image. «C’est pour un vidéoclip», nous dit-on, avec une lueur convaincante dans les yeux.

À l’intérieur, où les choses s’apprêtent à se passer, on contemple des images et les échos de la «société du spectacle» de notre boy Guy Debord, qui a soi-disant inspiré de long en large le concept de l’album/spectacle que Dead Obies nous livrera sous peu.

Pour les 2,5 personnes qui vont comprendre la référence : on se sent comme dans un cours de communication médiatique avec Thierry Bardini.

Les images sont resplendissantes, d’un point de vue mamelonné.

Photo: Florence G. Lemieux
Photo: Florence G. Lemieux
Photo: Florence G. Lemieux
Photo: Florence G. Lemieux

Les bières se succèdent et ne se ressemblent pas toujours, dépendant de votre tendance à osciller entre la Sleeman jaune et la Sleeman rouge. Bref, on commence à être de plus en plus prêts pour avoir autre chose à se mettre derrière la rétine.

9h16 : les boys arrivent avec une énergie surprenante, proche d’une incandescence planante qui enivre plutôt que de rendre complètement fou. En d’autres mots, Dead Obies s’adresse à la tête plutôt qu’aux tripes. Le côté animal et juvénile du premier album est remplacé par une force tranquille qui nécessite une écoute plus attentionnée, moins spontanée. Les musiciens de Kalmunity contribuent de main de maître à échafauder l’ambiance.

Le décor a de quoi subjuguer au départ : une toile sépare la foule du groupe. À travers cette scission franche qui marque la distance entre ce qui se passe sur scène et ce qui se passe dans la foule, on ancre la notion de société du spectacle avec une originalité appréciable qui, malgré sa pertinence au niveau visuel quand il y a des projections de calibre, finit par être lourde à regarder/endurer.

Le tout reste quand même nice à petites doses, et on finit par davantage apprécier le concept quand les rappeurs se mettent à s’approcher de la foule pour l’investir à bon escient. Bear et Snail sont d’ailleurs les premiers à se dévoiler.

Fou moment.

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Photo: Florence G. Lemieux

Rapidement, on comprend que Bear a décidé d’arrêter de rapper pour se mettre à devenir le chanteur officiel des refrains du groupe. Sans encenser la décision, on peut tout de même lancer des gros shout outs à ses performances vocales.

Force est de constater qu’en plus de tout ça, il a décidé d’aller voir le même styliste que ses comparses de Radio Radio.

L’effet Bonsound? Tirez vos propres conclusions.

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Photo: Florence G. Lemieux

À part de ça, on remarque que VNCE a une coupe de cheveux déficiente, contrairement à Snail et Yes qui sont restés assez fidèles à leur style.

Pour le plaisir de vos yeux, on a évité de prendre VNCE en photo. Fallait être là pour y croire.

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Photo: Florence G. Lemieux
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Photo: Florence G. Lemieux

Les photos que les gens ont prises en guise d’apéro, vers 8h37, servent à quelque chose : elles sont projetées sur le niqab de la scène avec un montage soutenu/fougueux/ardent/vif. Les adjectifs auraient pu être plus nombreux, mais faute de dictionnaire de synonymes sous la main, ça va être ça.

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Photo: Florence G. Lemieux

À un moment donné, DO laisse tomber les chansons envoûtantes pour retourner à ce que la foule connaît et, donc, apprécie davantage : les grosses tounes qui bûchent de façon solide (qualificatif douteux à revoir prochainement et, possiblement, à ne plus utiliser).

Les cinq rappeurs se donnent plus que jamais, notamment sur Enweille, nouvelle chanson aux relents dubstep solides (dsl) qui risque de faire des ravages une fois qu’elle sera entendue à répétition.

Photo quelconque :

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Photo: Florence G. Lemieux

Ça aura pris plus d’une heure, mais finalement le voile tant décrié se sera plié aux normes de l’assermentation spectaculaire en tombant de tout son haut à la toute fin du hit estival Moi pis mes homies. La foule apprécie ce chemin vers la liberté avec une splendeur percutante renouvelée.

Bravo!

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Photo: Florence G. Lemieux

Après coup, les réactions sont nombreuses, autant aux toilettes que dans la ligne des manteaux d’automne remisés pour 2$. «Je suis resté sur mon appétit», dit l’un. «Je suis pas sûr que je serais resté s’il y avait eu un rappel», dit l’autre.

Faut dire qu’à la base, le pari était audacieux. Tenter de faire découvrir un nouvel album complètement différent du précédent à un public qui s’attendait à quelque chose de plus facile à digérer n’est pas généralement gage d’une réussite totale.

Mais Dead Obies ose essayer, et c’est ce qui en fera, pour un nombre d’années encore considérables, le groupe le plus inventif du hip-hop québécois.