La playlist de QS: 10 chansons pour Manon Massé et GND

Ce sont les derniers jours de la campagne électorale, les bus se font aller, le train médiatique est dans son dernier blitz et les dés sont jetés, tranquillement pas vite. Alors que la CAQ continue de se crisser de Montréal, que Couillard tente de nous faire croire qu’il va faire faillite dans les prochaines années tellement il est moins riche que Legault, que Lisée est sur une bulle conspirationniste, que QS pelte des nuages et que les tiers partis continuent de virtuellement pas exister dans les médias et ici aussi, Feu à volonté s’est questionné: Que peuvent donc écouter ces politiciens pour continuer à se motiver, à quelques jours du scrutin non anticipé?

Nos rédacteurs sont allés voler les iPod des instances de chaque parti pour vous dévoiler la vérité sur les goûts musicaux de chacun! Aujourd’hui: la playlist de Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Québec Solidaire.

Guimn Sovietskogo Soïouza – Aleksandr Alexandrov & Sergueï Mikhalkov

Manon Massé l’a dit: si vouloir un meilleur sort pour les Québécois, c’est être marxiste, ben QS est marxiste. De toute façon, on l’avait toujours soupçonné. Et si le Parti communiste, lui, a décidé de soutenir le PQ cette année, que les marxistes-léninistes roulent leur bosse en solo et que les trotskistes savent pas trop comment exister, ben QS rassemble tous ceux qui s’en foutent et qui prônent juste le partage et la communauté. Pis, dans tous les cas, quoi de mieux que de la bonne vieille musique soviétique pour se lever le matin, hein? À part un café, mettons…

Blame it on the BabyDonzelle

Celle-là, on la sait de source sûre, pour avoir vu Manon danser comme jamais, c’est-à-dire twister sa canne dans les airs, assise sur un banc, sur cette toune à Rouyn-Noranda. Eh oui, le FME aura rallié, par ses effluves de party, même les instances solidaires. Difficile de faire mieux, surtout que les filles du band étaient déguisées en vagins géants!

Quand même cleanAlaclair Ensemble

Le collectif a officiellement donné son appui au parti à une couple de reprises, dont au rassemblement solidaire à Québec, le 14 septembre. Les gars ont joué des tounes entre deux speachs de Sol Zanetti et d’interventions de notre consoeur journaliste et star marxiste Émilie Rioux, et ça a l’air que GND tripe ben gros parce qu’on l’aura vu quitter son straight edge habituel pour lâcher son fou, aka faire du body-surfing sur du gros rap. Props!

Brosse brosse brossePasse-Partout

https://www.youtube.com/watch?v=peh0v7PeQe0&t=20s

En attendant une assurance dentaire gratuite pour tous, voici les recommandations officielles de QS pour la population du Québec.

Vraiment beauLes Trois Accords

Si Manon rase un jour sa moustache, je m’engage solennellement à lui chanter cette chanson en loop jusqu’à ce qu’elle repousse, en adaptant la toune au féminin.

Rêver souventJimmy Hunt

Quand il propose de nationaliser le pelletage de nuages, QS propose surtout de croire en ses rêves et en ses moyens collectifs. En effet, le rêve est important pour progresser dans la vie. Comme hier quand j’avais faim avant de me coucher et que j’ai rêvé que je mangeais des ramens. Et ben en me levant ce matin, j’ai déjeuné aux ramens et je me sens pas super bien depuis, mais au moins je n’ai plus faim. Sinon, Jimmy Hunt rêve lui aussi parfois et il est plus pertinent que moi je crois.

Anéantir le dogmeVulgaires Machins

Eh non, les Vulgaires Machins n’ont pas écrit que des tounes sur la coke (probablement la cause de la pénurie qui sévit au Québec d’ailleurs) ou sur des chats qui vomissent, que nenni! Ils ont aussi ben des tounes politiques dont on se souvient moins parce que c’est moins intéressant comme sujet. Les Visionnaires Machins, qu’ils devraient s’appeler en fait.

Take the Power Back Rage Against the Machine

QS ne formera peut-être pas le prochain gouvernement, mais les prédictions actuelles sont assez bonnes, pour un parti qui n’avait jamais fait élire plus de trois députés dans une élection. Ça présage bien pour 2022, surtout que le PQ ne sera probablement plus là pour diviser le vote… En attendant, QS propose surtout de redonner le pouvoir aux citoyens, pis ça, ben c’est une idée qui n’existe pas juste au Québec en 2018. Non, madame, Zack de la Rocha et son guitariste white trash y avaient déjà réfléchi en 1991!

MladicGodspeed You! Black Emperor

Des fois, Gabriel feel nostalgique. Il s’ennuie des grandes révolutions et nous ramène direct au programme de la CLASSE en 2012 et à la gratuité scolaire. On lui suggère fortement de se taper cette douce écoute de musique fâchée, de bruits de casseroles et de klaxons pour se remettre dans le bain et se motiver encore plus, gracieuseté du band le plus anticapitaliste ever. Toute est dans toute.

Et voilà, c’est tout pour cette playlist adressée aux deux portes-par………..

Bonjour, Québécois et Québécoises! Ici Jean-François Lisée, chef du Parti Québécois, en compagnie de la femme invisible, Véronique Hivon. J’ai highjacké le clavier de Mathieu, question de vous livrer un message important: Québec solidaire vous ment! Leur alliance avec les Illuminatis, les franc-maçons et les gestionnaires du Groupe Tazor leur ont permis de vous cacher leur vrai chef toutes ces années. C’est un puissant syndicaliste et un menteur déconnecté de la réalité et cette supercherie se doit d’être dénoncée. Voici donc la chanson, un classique québécois composé ici-même par nos artisans nationaux, qui représente le mieux cette situation:

Les rois du mondeRoméo et Juliette

Merci,

Jean-François Lisée

Je suis allé voir Rage Against the Machine avec Papa

Une belle sortie père-fils qui n’est pas sans rappeler les soupers à la maison familiale durant lesquels nous écoutions les DVD live de Rage Against the Machine, groupe que nous avions découvert dans le jeu d’ordinateur Tony Hawk Pro Skater 2, tout en mangeant et en exaspérant ma mère.

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Bon, ça peut sonner drôle comme sortie, mais c’est vrai… ou presque. Je suis allé au Centre Bell avec mon papa voir Prophets of Rage, qui est à moitié un cover band de RATM, à moitié un superband. En fait, ce sont les membres de RATM sans le chanteur Zack de la Rocha, plus Chuck D et DJ Lord de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill.

Le spectacle commençait à 19h30 ce qui est assez tôt, mais normal étant donné la présence de 2 premières parties. Wakrat, groupe français anglophone guitare-basse-batterie, a commencé avec un punk assez incisif et engagé, je crois.

Les paroles de la première chanson (Fuck the gun, gimmie the knife, I’m alright) me portent à réfléchir: c’est quoi ce band cheap là qui veut me choquer? Les paroles et les cargos ¾ à carreaux blancs du chanteur ne m’impressionnent pas au départ, mais je finis par apprécier le trio grâce à la musique qui rock solidement. J’ai l’impression que Wakrat, ne fait des grandes scènes que depuis peu de temps. J’ai trouvé aussi que la voix était un peu générique, peut-être trop forte par rapport aux instruments, mais c’est un groupe engagé donc forcément à paroles… c’était correct. Je vais tout de même écouter leur album qui va sortir le 11 septembre prochain (c’est un groupe engagé ou pas, tu crois?).

Le groupe d’après… connaissais pas. Gros drapeau accroché à l’arrière écrit AN. Ça commence avec un gros son de basse électronique, les filles en arrière de nous capotent, mon père les trouve fatigantes. Du rock électronique comme ça, wow! Je crois rêver! C’EST LINKIN PARK 2. Ils sont très à l’aise sur scène, mais une aise scénique qui fait croire à un metteur en scène, c’est dégueu. Finalement c’est un mélange de festivalcore (le style de musique générique des festivals) et de hard rock quand même lourd, mais quand même phoney, d’après mon humble opinion. Et finalement, je l’entends, je la reconnais :

SAIL!

C’est ça, je reconnais la chanson de la publicité de Fifty Shades of Grey. C’est Awolnation! J’ai ri beaucoup. Je ne trouve pas de lien, aussi mince soit-il, avec Rage Against the Machine. C’est un peu comme si Les Respectables ouvraient pour Kaytranada au Boiler Room de HeavyMTL. Papa trouve aussi que «ça a full pas rap», pour reprendre ses mots.

C’est enfin le programme principal. DJ Lord ouvre avec un medley de chansons classiques hip-hop mélangées avec des classiques rock comme Jimi Hendrix, Guns and Roses, Nirvana et Queen. Je trouve son set un peu maladroit avec les chansons qui coupent avant le paroxysme (la drop) et l’incohérence entre elles. J’aime les performances de turntablism en temps normal, mais ici, c’est un peu n’importe quoi. Papa trouve ça «un peu weird», mais il a juste hâte que le plat principal soit servi. Pendant ce temps-là, une belle madame de 36 ans à côté de moi danse le hip-hop «comme dans le temps». Quand même dérangeant pour ses voisins de gradins.

Ça y est, les prophètes de la rage entre sur scène, poings en l’air sur le son d’une l’alarme annonçant un bombardement de dénonciations anticapitalistes et d’incitations à la haine de l’autorité.

Ils ouvrent avec Prophets of Rage (afin de se présenter j’imagine). S’ensuit, comme une tonne de brique, Guerilla Radio (c’est celle-là qui était dans Tony Hawk Pro Skater 2). Le son est fort, Tom Morello est en forme et les deux MC aussi. L’énergie est bel et bien présente dans le parterre où mushpit et bodysurf ne se sont pas laissés attendre. Papa est content de ne pas avoir choisi le parterre parce que «ça l’air fucking violent».

Le setlist impeccable

La musique est chargée à bloc de groove et de violence et ça fait du bien. Ça défoule. Il y a de ces groupes qui, à eux seuls, représentent un style de musique. RATM c’est le seul groupe, à mon avis, qui fait à la perfection le mariage du rap et du métal/hardrock. Un peu comme Portishead avec le trip-hop, RATM n’a fait aucun faux pas dans son style de musique, ce qui n’a pas été le cas pour les autres groupes ayant emprunté le même chemin. Je pense que c’est en grande partie dû à Zack de la Rocha l’éternel enragé socialiste aux paroles tellement «in your fucking face motherfucker». Bien sûr, les riffs légendaires de Tom Morello et les lignes de basse hors du commun de Tim Commerford y sont pour quelque chose, mais sans Zack, je ne pense pas qu’il y aurait eu un succès égal.

Les MCs ont interprété avec brio les chansons de RATM et ont bien performé, notamment avec le medley de hip-hop dans le parterre sauvage, mais ils n’étaient pas fâchés comme Zack. C’est normal en même temps, je ne suis pas déçu, mais je constate que Zack de la Rocha était vraiment fâché contre «la machine» et que son énergie est inimitable. Je ne crois pas que la formation de Prophets of Rage aurait pu faire fermer Wall Street comme RATM et le Krach de 1929 l’on fait (les 2 seules fois où la bourse a fermé en plein jour).

Le simple fait d’avoir vu et entendu live les riffs de Tom Morello me fait capoter: TEE NAN NANA NAA TENANA TCHKE TCHKE. C’était beau à voir à partir des estrades, le gros mushpit au parterre qui a atteint son apogée à la dernière chanson, sans surprise: Killing in The Name.

Une partie des profits du spectacle et des ventes de la marchandise a été versée à un organisme de NDG venant en aide aux jeunes vivants dans la pauvreté.

Sur ce, merci papa et FUCK YOU I WON’T DO WHAT YOU TELL ME!

Lancement de Blackvoid: fiesta explosive

Ça fait déjà un moment que Blackvoid fait le tour du Québec pour promouvoir sa musique funk-rock aux saveurs principalement latines. Ces dernières sont principalement dues à la nationalité du chanteur Nagano.

C’est la toute première fois que le groupe sort officiellement un projet en format physique.C’est au 4873 Saint-Laurent que Blackvoid a invité ses fidèles au lancement de son premier EP intitulé Ahi Viene La Migra. C’est le dernier arrêt d’une série de lancements qui ont eu lieu dans plusieurs villes telles que: Drummondville, Chicoutimi, Ottawa, Québec, etc.

Les portes ouvrant à 19h30, j’ai fait mon apparition à la Casa del Popolo pour m’inviter dans cette fiesta mexicaine sans pareilles. Sortez les maracas tout de suite.

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Dès l’entrée dans la salle, le public est gâté, moi le premier. Non, ce ne sont pas des patates au four, mais bien des sandwichs mexicains préparées par les hôtes de la soirée, question de suivre le thème. Je vais vous faire une petite confidence : j’en ai pris deux. Ce qui se passe à la table de sandwich reste à la table de sandwich.

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The Corsets

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Originaires de Toronto et spécialement invités par Blackvoid, ce sont les Corsets qui viennent officiellement ouvrir le bal. Après une timide entrée sur scène, les speakers explosent violemment au son des premiers accords du band. Celui-ci offre un set de hard rock très rythmé et très punché qui décoiffe l’assistance, aucun mohawk n’est épargné. C’est officiel, la table est bien mise pour accueillir le plat principal.

Blackvoid

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On les attendait, on les a. On place le drum, on branche la guitare et on commence le set. C’est dans une salle maintenant bien remplie que Blackvoid s’exécute. On a droit à un set coup de poing du band. Les membres sont en feu (au sens figuré) et le mercure monte de plusieurs crans dès la première chanson. Comment décrire brièvement la musique de Blackvoid? Prenez le funk de Red Hot Chili Peppers, ajoutez-le à l’énergie explosive de Rage Against the Machine, rajouter un peu de salsa mexicaine par-dessus et voilà le travail. Le chanteur Nagano livre les paroles avec une intensité assez déconcertante (parfois il semble en transe, parfois on le croirait en pleine crise d’épilepsie.) Une énergie contagieuse et franchement saisissante. Tous les membres y mettent du leur, la batterie est explosive, les passes de basse sont enlevantes, la guitare grince (positivement). Les murs tremblent. Le tout crée une ambiance tout à fait survoltée. Blackvoid rempli sa mission: foutre le party dans la place!

Blackvoid en a mis plein la vue (et l’estomac) à son public en délire jeudi soir à la Casa del Popolo. Le groupe se construit un intéressant following et il ne suffit que de regarder autour de soi dans un de leurs shows pour voir l’énergie que ce dernier apporte. On a désormais le EP à se mettre sous la dent en attendant le prochain show.

Surveillez leur page pour plus de détails concernant les futures dates de spectacle ainsi que pour mettre la main sur le tout nouveau EP Ahi Viene La Migra.

Trame sonore de manifestation

Alors que Montréal est le théâtre de manifestations nocturnes à chaque nuit depuis bientôt un mois, on vous propose une liste de chansons qui décrivent bien l’ambiance très spéciale qui règne au Québec en ce moment. Des chansons épicées, dirait-on…

The Clash – Guns of Brixton (Arcade Fire cover)

Bien sûr, la version originale de Guns of Brixton aurait été de circonstances, mais cette interprétation du groupe montréalais Arcade Fire rajoute un petit quelque chose sombre à la chanson. Ne serait-ce que pour les voix chantées au travers d’un mégaphone, transformant les «You can crush us, you can bruise us» en slogans de rue. Et quand on sait que le groupe appuie les étudiants québécois, la chanson prend tout son sens.

Gil Scott-Heron – The Revolution will not be Televised

La chanson The Revolution will not be Televised de Gil Scott-Heron aura été l’une des plus féroces critiques de la société américaine du début des années 1970. Le texte d’Heron décrit parfaitement l’aliénation que subissait la communauté afro-américaine à l’époque. Il rappelle les conditions de vie misérables dans les quartiers noirs des grandes villes américaines. Heron est en colère et on le sent très bien. Il dénonce la culture populaire blanche américaine conservatrice qui dominait la sphère politique, économique, médiatique et culturelle du pays. Supporté par un excellent trio (flûte, batterie et basse), Heron chante ses vers d’une manière rap, et ça rentre au poste! Sa manière de chanter sera d’ailleurs considéré par plusieurs comme l’une des premières chansons rap à avoir été endisquée.

Bright Eyes – Landlocked Blues

Même si beaucoup de chansons québécoises me trottent en tête ces temps-ci, de Lettre à Lévesque à Libérez-nous des libéraux, j’ai choisi d’y aller de plein fouet avec une chanson qui a été écrite par rapport à la guerre d’Irak. Je suis complètement abasourdie par la sensibilité et la justesse du propos au coeur des paroles et de la musique de cette pièce. J’ai choisi cette chanson parce qu’elle aborde le fait que ceux qui se battent sont les jeunes et que cela est inconcevable. Une jeunesse menacée ne pourra jamais aller bien loin. J’affectionne d’autant plus cette phrase « But it all boils down to one quotable phrase: If you love something, give it away ». En bon français, cette bagarre tient son origine du fait que « si tu aimes quelque chose, on voudrait que tu t’en départisses ». Ne vous départissez pas de votre éducation jeunesse québécoise…

Félix Leclerc – L’alouette en colère

Une chanson toujours d’actualité. Cette pièce, de notre valeureux Félix Leclerc, rappelle trop bien ce que nous vivons présentement. Des jeunes qui rêvent d’une éducation accessible à tous, tel que nous la connaissons partiellement, et qui se font rabrouer par le système rouillé, paresseux et lourd des boomers, qui ont eux-mêmes tentés de se faire entendre dans les décennies passées. Pas étonnant que l’on sent, dans le tréfonds de nous, malgré nous, entre la chair et l’os, s’installer la colère…

Public Enemy avec Anthrax – Bring the Noise

Les plus récentes études en thanatologie ont démontré que lorsque Viatcheslav Molotov est mort en novembre 1986, son âme n’aurait pas disparu avec lui. Elle aurait plutôt subi une série de mutations avant de renaitre un an plus tard, en novembre 1987, sous la forme d’une chanson: Bring the Noise. Lorsqu’inséré dans l’album It Takes a Nation of Millions to Hold us Back, le tout forme alors le produit le plus inflammable lancé durant la guerre froide.

Oui, c’était surement inévitable qu’un style musical dont la genèse eut lieu sous le règne Reagan ait une dimension contestataire, mais il aura fallu Public Enemy pour que la contestation du rap se fasse réellement entendre au-delà de son auditoire afro-américain. Pour qu’elle vienne gangrener – dans le sens le plus positif du terme – le confortable rêve américain.

Rage Against the Machine – Killing in the Name

«Fuck you I won’t do what you tell me!». On ne pourra reprocher à Rage Against the Machine de tourner autour du pot. C’est dans la chanson Killing in the Name, lancée en 1992 et devenue depuis un réel hymne pour le groupe américain, que le chanteur Zack de la Rocha utilise ces mots pour dénoncer le racisme dans les agences gouvernementales. Plus généralement, ce morceau incite à se révolter, tout simplement, et à ne pas s’en laisser imposer par les autorités.

Country Joe and the Fish – Feel Like I’m Fixing to Die

Feel Like I’m Fixing to Die est probablement l’une des chansons de protestation contre la guerre du Viet Nam qui a été la plus popularisée. Réalisée en 1965, elle a empreint les mémoires au fil des concerts grâce à son air joyeux sur lequel Country Joe Mcdonald chante la triste réalité de la vie d’un soldat envoyé outre-mer.  Il fredonne candidement «What are we fighting for? […] / Well there ain’t no time to wonder why / Whoopee! we’re all gonna die» pour témoigner de l’absurdité du conflit. Feel Like I’m Fixing to Die s’inscrit d’ailleurs dans le mouvement hippie, dont Woodstock est la matérialisation la plus marquante. La version du festival nous montre de jeunes baby-boomers assis dans l’herbe, une mélodie, un message et le symbole d’un des plus grands mouvements de contre-culture contemporains.

Boris Vian – Le déserteur

En 1954 sur un coin de table, aux aguets de sa bien-aimée, Boris Vian donne vie à ce qui deviendra par la suite l’une des plus grandes complaintes de guerre: Le Déserteur. De façon pacifique, mais avec plein de chien, Vian lance cette «lettre» dans un contexte d’après-guerre, alors qu’en Algérie et en Indochine, les déboires du colonialisme éclatent. Pendant près d’un an, les derniers vers de la version originale seront tus. Quand Vian se décide enfin à lui-même interpréter sa complainte, c’est l’audace qu’il choisit : «prévenez vos gendarmes; que j’emporte des armes; et que je sais tirer.»

Minutemen – Bob Dylan Wrote Propaganda Songs

Pour ceux qui ne savent jamais quelle partie prendre, j’ai pour vous une chanson qui semble être à la fois contestataire et insipide. C’est un peu l’image dont voulait projeter le groupe post-punk Minutemen. Leur nom, inspiré d’une milice patriotique dont faisait partie le héros américain Paul Revere, était blasé et ironique. Ce dont Minutemen semblait revendiquer était l’affranchissement d’une musique punk se dissociant des mouvements anarcho-punk et autres groupes militants/activistes. La chanson « Bob Dylan Wrote Propaganda Songs » n’est toutefois pas entièrement impartiale. En 1983, Bob Dylan, chrétien « born-again », n’était plus le chanteur folk révolutionnaire d’autrefois. Dylan symbolisait l’échec de la génération « Peace & Love ». Du reste, un peu de headbang au son de Minutemen, ça va du bien à tout le monde.

Il y en a évidemment bien d’autres, mais on ne peut pas toutes les lister en même temps. Bonne contestation!