Mot clé: pop-rock

Tracklist : Arcade Fire – Month of May / The Suburbs

Arcade Fire - The SuburbsSi le 12″ The Suburbs / Month of May, premières lueurs musicale d’Arcade Fire entendues depuis longtemps, est en vente officielle à partir du 1er juin, le prochain album du groupe, aussi nommé The Suburbs, sera lancé le 3 août prochain en Amérique du nord, la veille en Europe. En attendant, voici les deux premiers extraits, entendus cette semaine.

Arcade Fire - Month of May

Arcade Fire - The Suburbs

We Only Said – We Only Said [2009]

We Only Said - We Only SaidWe Only Said
We Only Said

Range ta chambre
France
Note : 7/10

On peut faire de bien belles découvertes sur le net. Paru sur Range ta chambre, petit label indépendant camouflé 14 mètres sous terre, l’album éponyme de We Only Said offre pourtant de bien bons moments de musique, hérités de l’indie pop-rock à la Blonde Redhead et mélangés à un peu de brit-pop. Rien de bien merveilleux, rien de vraiment nouveau. Et pourtant, il s’agit bel et bien d’un collage de quelques morceaux qui finissent par mériter notre attention.

Le ciment qui unit l’album se constitue particulièrement d’une ambiance crasse bien représentée par la pochette de l’album, le tout fondu et séché avec un mélange de mélancolie, de tristesse et de déception. Our Monochrome Life est la pièce la moins sale du disque, ainsi que son introduction. La mélodie en arpège de Killjoy s’harmonise parfaitement avec le rythme cassant de la batterie et la voix brisée de Florian Marzano. Your Drab Eyes se base sur un piano avec énormément de reverb et une guitare à la tonalité héritée de The Smiths et Go Rotten sur un piano inquiétant en arpège. Et si le tout paraît fortement pop et surfait, il faut écouter pour comprendre comment les mélodies s’emboîtent très bien avec l’instrumentation et l’atmosphère rouillée de l’album.

Cette façon de faire revient un peu partout tout au long du disque : piano qui laisse la place à la grosse guitare souillée sur Eighty-Sixed, héritage marqué d’Interpol sur I Discover the Murder, ainsi de suite. Ce qui fait que We Only Said mérite de faire parler de lui est que le groupe réussit à ramasser des influences très populaires au cours de la dernière décennie sans pour autant perdre de vue son identité propre. Pas de dance-rock fluo à la Elefant ni de pop-rock aréna surfait comme The Bravery ou Editors donc.

Victory Hall – The Dull Commando’s Merchandise [2009]

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Victory Hall
The Dull’s Commando Merchandise

Total Heaven
France
Note : 5.5/10


La musique anglo-saxonne, en ces ères de mondialisation et d’internationalisation des cultures, existe désormais partout. Ou presque. Dans un coin reculé et isolé d’une région agraire de la Chine il est fort probable que, disons, Paul McCartney, les guitares électriques et la musique pop soient inconnus, tout comme en Corée du Nord. Mais autrement, la vente d’albums avec pochettes de plastique a pu se développer sur tous les continents, être distribuée à des centaines de différents peuples et faire profiter une poignée de marchands industriels, principalement anglo-saxons.

La culture, dans ce nouveau marché grouillant d’un néo-libéralisme où la monnaie bancaire constitue à la fois le fer de lance et la fondation institutionnelle, n’est plus qu’un simple produit comme les autres, malléable, commercialisable, exploitable et distribuable, ce qui peut, à long terme, finir par affaiblir complètement le concept de nationalisme et les États qui en découle.

Pourquoi cette introduction socialiste à saveur marxiste et pro-nationale? Il n’y a rien de mal, au contraire, au mélange des identités. Le partage des connaissances et des concepts entre des groupes d’individus, communément appelé nation ou peuple, constitue en soi une excellente chose permettant l’avancement des idées et le progrès de la civilisation. Seulement, parfois, et c’est particulièrement le cas avec la culture anglo-saxonne, la notion artistique finit par se perdre dans un melting pot de concepts de commercialisation et la base même de l’identité culturelle désignée par la vertu nationale disparaît avec l’intégration d’une trop grande quantité de jus de tomate Campbell à la soupe populaire de la majorité ethno-culturelle.

Bon d’accord. Je me suis emporté. Cette introduction n’a pas grand chose à voir avec ce disque de Victory Hall, The Dull’s Commando Merchandise, si ce n’est que ceux-ci font définitivement de la musique purement anglo-saxonne. Une espèce de concoction post-Beatles, définitivement pop avec une petite touche de rock par moments. Et ce n’est pas parce qu’ils sont Français que j’ai donné cette note ; il s’agit plutôt d’un constat qui, selon moi, relève quelque peu du manque de créativité des membres du groupe.

Avec les instruments traditionnels pour le pop-rock, c’est-à-dire guitare électrique, basse électrique, batterie et synthétiseurs années 60-70 et des structures de chansons assez traditionnelles malgré quelques petits passages moins communs, The Dull’s Commando Merchandise ne réinvente pas la roue. Il ne réinvente pas non plus le feu, l’agriculture ou la Vis d’Archimède. Même que le groupe n’invente pas grand chose, ce qui demeure son principal défaut.

Niveau divertissement, la bande livre la marchandise. 16 chansons souvent plutôt courtes, diversité sur le disque au niveau des rythmes et des mélodies, solos, passages instrumentaux bref, on y retrouve d’à peu près tout grâce à cette quantité de pistes. Malheureusement, comparé au reste du bouillon musical mondial, Victory Hall ne se distingue pas. On pourrait les qualifier d’«encore un autre groupe pop anglo-saxon» sans problème tant tout cela se fond dans la masse.

Par contre, on ne peut pas nier leur talent d’écriture musicale. Les mélodies sont finement aiguisées, les arrangements bien cadrés et les solos de bon goût. Le potentiel est là, simplement il semble être mal utilisé. Sans pour autant être dull, cet album de Victory Hall demeure profondément remplaçable dans le paysage musical pop anglo-saxon mondial. Enfin, le groupe demeure à surveiller et pourrait, espérons, causer une petite surprise dans l’avenir.

Jeepster – What if all the Rebels Died? [2009]

jeepsterwhatifalltherebelsdied

Jeepster
What if All the Rebels Died?

Distile
États-Unis
Note : 7.5/10


La Californie possède un charme particulier. Avec le caricatural Arnold Schwarzenegger à sa tête, cet État constitue un paradoxe en lui-même : dirigé par un républicain, possède un passé considéré progressiste avec des histoires de présences étudiantes, homosexuelles ou autres groupes ne faisant pas parti de la majorité silencieuse appuyant Nixon, berceau des nouvelles technologies à la Google et Yahoo, deux superpuissances exemplaires de cette région cerveau qualifiée d’environnementaliste mais dont les meilleurs fleurons sucent l’énergie électrique et consomment sans modération dans une ère où l’habitat des êtres humains semble posséder un futur incertain.

Si j’introduis mon article par une comparaison du spectre gauche-droite californien, c’est pour deux raison. Premièrement, oui, Jeepster est basé en Californie. Le contraire aurait mené à une introduction encore plus hors-sujet, chose presque blasphématoire étant donné que celle-ci l’est déjà beaucoup. Ensuite, pour mettre en évidence le concept de paradoxe, puissant en Californie, tout comme dans ce disque, What if all the Rebels Died? de Jeepster.

Jeepster, c’est deux anciens membres de O!The Joy renforcés par Jonah Wales (sans lien de parenté avec le Prince of Wales). Jeepster, c’est de la pop aux influences très années 70. Dès l’introduction «A Day in the Dark», les synthétiseurs sont mis de l’avant en jouant le rôle de mélodie de tête, avec basse et batterie dans le rôle de section rythmique. Couplet, refrain couplet, refrain, pont musical alliant tambours roulants et bruits étranges et passages similaires au couplet. Le reste de la chanson se continue comme la base, tout en proposant des arrêts rythmiques  créant un effet mélodique supplémentaire.

S’ensuit «Don’t Go Too Far», avec le même synthétiseur, cette fois basé sur une batterie roulante variant avec un rythme plus conventionnel. Ce qui surprend, c’est l’efficacité de la simplicité proposée ici. Chansons courtes avec structures moyennement conventionnelles et parfois plus éclatées, instrumentation de base avec guitare, batterie, basse et clavier, influences rock et pop des années 70 et, dans une moindre mesure, les années 2000 (on retrouve un peu de The Walkmen dans les arrangements parfois) et voix en falsetto fantomatique enregistrée avec beaucoup de hautes fréquences.

Si la musique de Jeepster peut, à première vue, sembler facile, plus profondément ça semble différent. Le disque est très court (29 minutes 57 secondes réparties en 10 chansons), permettant ainsi de puncher les chansons sans les étirer inutilement. Le groupe joue ce qu’il a a joué sans faire de copier coller pour doubler le temps d’écoute. Que ce soit des moments plus instrumentaux ou dans les chansons pop plus conventionnelles, Jonah Wales et sa band ont concocté un bon mélange de simplicité et d’efficacité. Ce n’est peut-être pas aussi paradoxal que la Californie, ça demeure quand même surprenant. À écouter plusieurs fois, question de bien assimiler la musique.

Control Club – Morphine Ballroom [2009]

controlclubmorphineballroomLa pop, ça prend vraiment plusieurs formes. De trucs électroniques à la Depeche Mode (critique à venir) à Pas chic chic ou The Last Shadow Puppets, on peut faire de la pop avec de la guitare, de la basse, de la batterie et du clavier, des cordes, des cuivres et des ordinateurs portables sur lesquels sont installés de coûteux programmes de banques de son digitales. Bref, la pop, c’est vague. Et à l’intérieur de celle-ci on retrouve toute une palette de talents, allant des pires artistes du monde jusqu’à certains des meilleurs. Céline Dion versus Animal Collective, par exemple. Et ici, Control Club se situe environ en plein milieu du spectre. Le problème, c’est que la pop a pour but principal de divertir, chose que Control Club, avec leur Morphine Ballroom, ne fait pas vraiment.

Dès le départ, Inconsolable Master donne le ton. Tout au long de cette exagération lyrique, on y découvre les excès ridicules du groupe. Des paroles beaucoup trop flamboyantes et simili-grandioses sur une musique rapide qui ne sais jamais dans quelle direction aller. La batterie est trop agressive, le clavier joue trop de sons à la fois, la basse se prend à la fois pour New Order et un groupe de punk-rock quelconque. Mais surtout, surtout, la voix est beaucoup trop forcée et saturée d’émotion vraiment invisible. La chanson suivante, Ni les douanes, n’est pas mieux. Bien que plus calme et moins remplie de son désagréables, on y retrouve rien de trop créatif. Et que dire des carrément désagréables chansons chantées dans la langue de Shakespeare (en particulier la merde Play avec ses ridicules paroles dignes d’un journal intime d’un garçon de 12 ans).

Mais malgré toutes mes coups d’épée dans l’eau faits plus haut, ce n’est pas SI pire par moments. On reconnaît un certain talent au niveau des compositions. C’est tout de même un peu mélodieux et accrocheur quand même de temps en temps mais il s’agit toujours du même schéma musical répété encore et encore. Rien de nouveau, rien de vraiment génial, du recyclé qui ne réussit pas à viser juste. Et, au final, il s’agit peut-être de mon opinion de québécois ici mais, merde, la voix est vraiment TROP mais TROP forcée, avec un accent quasi-exagéré, surtout en anglais. Non vraiment, désolé les gars, mais je déconseille.

Note : 2/5

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