Dead Messenger – Recharger [2013]

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dead-messenger-rechargerDead Messenger
Recharger

Indépendant
Montréal – Québec
Note: 6.5 /10

 

Natif de Montréal, le groupe Dead Messenger en est à son deuxième album. Déjà. Non pas que ce deuxième disque soit arrivé rapidement après le premier (Love is the Only Weapon, 2009). Simplement que je n’avais jamais entendu parler de ce groupe qui a pourtant huit années d’expérience derrière la cravate. Pour un fan de rock local, c’est une réalisation plutôt weird.

Recharger a été écrit dans un contexte pas très favorable. Local d’enregistrement fermé de force, guitariste qui vire malade, réflexions sur l’avenir du groupe… Rien de bien encourageant pour la formation. L’album a tout de même été composé avec l’aide de Bob Rock et Adam Kasper, connus pour leurs collaborations avec Metallica, Foo Fighters, Nirvana, et autres.

Et ça s’entend. Recharger semble fortement inspiré du travail de Dave Grohl en général. La musique est très, très rock, à tendance post-grunge bien marquée. Parfois les morceaux sont courts, rapides et punchés, parfois plus longs et atmosphériques. Mais ça ne s’éloigne jamais trop d’une participation sur les ondes de CHOM et de Buzz.

L’album se divise en deux moods bien distincts. On a les morceaux plus clairs, catchy avec un petit côté dance-rock par moment, avec des refrains en choeur. Toothcomb, Can’t Help Myself, Fading Star se classent dans cette catégorie. D’autres sont plus éthérées, avec un petit côté Besnard Lakes pas du tout désagréable.

Le groupe aurait toutefois dû s’inspirer plus de leurs confrères montréalais. L’album tombe parfois dans le réchauffé. Qu’on se le tienne pour dit: Dead Messenger est un bon groupe rock, avec des musiciens de talents. Et leur musique doit fesser très fort en spectacle. Mais sur ce disque, on ne s’éloigne pas assez des inspirations, facilement reconnaissables.

Si vous aimez le gros rock, allez à leur lancement d’album ce soir à l’Esco.

Entrevue: au volant de la camionnette avec Lackofsleep

Au coin de Rachel et St-Laurent, dans une camionnette familiale, on m’invite à prendre place sur le siège du conducteur pour « conduire » une entrevue avec Charles L. (voix), qui partage le siège passager avec son caméraman, et Charles E. (piano), Didier B. (batterie), Andy B. (claviers) et Félix B. (guitares) qui fusionnent dans l’intimité de la banquette du milieu.

Après plusieurs détours dans les campagnes sherbrookoises, Lackofsleep s’amène avec Woods, un premier album, huit chansons qui donnent envie de toucher du bois pour une prochaine parution. « On n’y avait pas pensé avant Sherbrooklyn, mais c’est certain qu’on aurait envisagé de faire un disque ensemble, dit Charles L. Le concours a fait avancer les choses plus rapidement, mais on savait au fond que l’album était la prochaine étape ». Lackofsleep a remporté en 2011 le concours musical régional Sherbrooklyn, visant à remettre une bourse de 10 000 $ à un groupe sherbrookois afin qu’il puisse commencer à consolider des projets plus sérieux.

Woods est tout ce qu’il y a de plus authentique, puisqu’il s’agit des pièces entendues en spectacle à l’état pur. « Notre album est une version studio de notre spectacle parce qu’on n’avait pas de réalisateur, explique le chanteur. Ce qui est intéressant, c’est qu’en studio on a pu ajouter des sons parce que les gars pouvaient jouer de leur propre instrument et du cor français également. »

Alors qu’il était à la tête d’un trio folk acoustique nommé les b.e.t.a.l.o.v.e.r.s, on entendait régulièrement Charles Lavoie dans les restos et les bars de Sherbrooke, mais nous étions loin de pouvoir déceler l’énergie — palpable dans les pièces du nouveau groupe — qui pouvait également émerger du chanteur. « On avait tous des projets connexes, on jammait dans un loft pour des sessions mensuelles que je faisais avec divers musiciens et Andy est arrivé dans son propre appartement et il a branché ses claviers, » raconte Charles L.

Le lancement sherbrookois de l’album a vu renaître un lieu mythique de la musique émergente à Sherbrooke : le Téléphone Rouge, un bar musical dorénavant fermé qui a vu éclore plusieurs talents locaux. « Ça a permis de rendre le moment encore plus unique, explique Charles E. Les gens nous ont demandé comment on avait procédé. Les groupes voulaient tous savoir comment faire pour pouvoir y jouer aussi le temps d’une soirée. » Pour quiconque ayant vécu les belles années du Téléphone Rouge, c’était un lancement magique.

Woods est sorti d’où exactement ? Pas forcément du bois, ni de la campagne estrienne. « On s’inspire de la nature, des fleurs et surtout de Francis Reddy, confie Andy. Quand on est ready avant un spectacle, on se rend compte que Francis est vraiment au centre de l’œuvre. »

Que fera Lackofsleep maintenant que Woods est né ? En chœur et en écoutant toutes leurs idées, ce sera « une tournée mondiale, en passant par Windsor et par l’aréna de Rock Forest. En bref, une tournée des Cantons de l’Est, des figurines en pâte Fimo à l’effigie des membres et un livre musical dont vous êtes le héros. » Bon plan !

Et c’est ainsi que nous sommes sortis de la camionnette, parce que les gars avaient un album à lancer et surtout parce que Charles L. était assis inconfortablement sur le break à bras du véhicule. On espère que leur retour dans les cantons boisés ne sera pas permanent et que leur tournée sera plus près du mondial que du régional.

lackofsleep.woods

Lackofsleep
Woods

Indépendant
Québec, Canada
Note : 8.5/10

En étant masterisé par Ryan Morey, on peut dire que Woods ne ressemble en rien à un premier album d’un groupe de région émergent. Au contraire, on entend les influences de Morey qui a fait partie du travail d’Arcade Fire, des Barrs Brothers et de Plants & Animals, entre autres. On perçoit également l’expérience vocale de Charles Lavoie, toujours en contrôle, touchant et clair.

Lorsqu’on entend les constructions et les déconstructions des rythmes, on comprend que ce sont des musiciens habitués à jammer, à se placer dans des situations d’improvisations qui mènent vers des ambiances sonores calculées, mais jamais redondantes, un son extrêmement riche qui laisse transparaitre les influences folk-classiques de certains membres du groupe. On jongle entre les mélodies touchantes de clavier et les moments plus survoltés qui nous ramènent parfois au style très instinctif de The National. Un indie-rock extrêmement efficace qui pourra se permettre encore plus d’audace à l’avenir.

À écouter :
Goodnight Gunfight : pour l’introduction de cors français qui fait lever le poil sur les bras.
Polar Switch : pour le crescendo musical et vocal qui donne automatiquement envie de se lever pour faire honneur à la musique en dansant… même en public, même dans l’autobus.

Woods est disponible au http://www.los.mu/fr_intro.cfm

Amigo the Devil – Manimals (EP) [2012]

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amigo.the.devil.manimals.epAmigo the Devil
Manimals (EP)

Indépendant
États-Unis
Note : 7.5/10

Une seule écoute de l’artiste folk Amigo the Devil et de son EP Manimals est suffisante pour comprendre à qui l’on a affaire.

Amigo the Devil est un personnage dépravé, un American Psycho de Brett Easton Ellis qui chante Le Cri d’Edvard Munch dans des balades meurtries à la Johnny Cash et où il donne vie à des images horrifiantes, pas tout à fait humaines, tout à fait Guillermo del Toro.

Une seule relecture de cette conclusion est suffisante pour comprendre qu’après tout le name-dropping effectué plus haut, l’homme n’est finalement pas si facile à cerner.

Pour Amigo the Devil, sa musique c’est simplement du Murderfolk. Pour le commun des mortels, c’est surtout mystérieux. Surtout troublant. Troublant parce que même si Manimals est essentiellement glauque il reste par moment tout aussi charmant qu’un Hey There Delilah.

Oui voilà, il s’agit peut-être de la version 18+ et beaucoup moins quétaine de Hey There Delilah. Quoi qu’il en soit, Husband, la première chanson de l’EP, n’est pas si loin de ça.

Les noires paroles que Amigo vient glisser dans les oreilles insouciantes, ce sont des « I hope your husband dies », des « Under the bridge there’s a man who eat kids », des « I took her little finger as a souvenir » et pourtant… et pourtant même lorsqu’il vient hanter les tympans d’un glauque « I‘m capable of making you disapear », on est trop captivé pour ignorer, trop captivé pour ne pas être séduit.

Captivé parce que l’atmosphère musicale assez minimale laisse toute la place aux paroles afin que leurs histoires puissent prendre vie, parce que les silences et les changements de rythme viennent périodiquement monter le suspense d’un cran.

Séduit comme si l’on écoutait The Weeknd et on l’admet sans gêne. Pas qu’on soit psycho ou monstrueux. Loin de là (enfin, j’espère).

Certes de The Weeknd à Amigo the Devil, on passe d’un univers à un autre. Musicalement, du R&B au folk, thématiquement, de l’amour à la violence. Mais là où les deux artistes se rejoignent, c’est que dans un cas comme dans l’autre, ils sont venus altérer les bases habituelles d’un genre musical auquel on se croyait accoutumé pour offrir quelque chose de nouveau. C’est pourquoi l’on est séduit, rafraîchi.

C’est fascinant de voir comment Amigo the Devil a su adapter son folk à la turbulence et aux décors affligeants de ses chansons. Même lorsque le banjo joyeux de Perfect Wife se rapproche d’un folk plus traditionnel, ne vous faites pas avoir, il n’en est rien, ce n’est qu’une excuse pour augmenter de quelques niveaux le sanglant des paroles.

Au final, les histoires de Manimals sont intelligentes et convaincantes. On se retrouve donc avec un très bon EP, qui reste cependant un EP. On attendra donc avidement la suite. D’ici là, tu sais comment bien investir ton prochain 4 $ sur iTunes.

Lemaître – Relativity2

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lemaitre relativity2Lemaître
Relativity2

Indépendant
Norvège
Note : 7.5/10

Un troisième EP pour Lemâitre et ils ont eu le temps de changer de style depuis leur premier EP, en 2010. Sorti le 25 mai dernier, ce dernier opus comporte cinq pièces, dont un remix de Uppermost. Très efficace, mais beaucoup trop court. Leurs deux précédents EPs étaient plus tranquilles avec un son moins travaillé (probablement moins de budget), mais ils nous arrivent en force avec un 20 minutes de pur plaisir auditif.

Si vous aimez le son du premier disque de Justice ou encore celui de SebastiAn (à ses meilleurs moments…), alors vous aimerez la ligne conductrice de Relativity2. Basé à Oslo, en Norvège, Lemâitre est une formation indépendante formée de deux jeunes hommes, Ketil et Ulrik. Vous pouvez visionner leur premier vidéoclip Time to Realize (très belle direction photo) et acheter leurs 3 EPs sur iTunes pour 3,96$ chacun. Ils en valent la peine!

Lemaitre – Time to Realize from Johannes Greve Muskat on Vimeo.

Joseph Arthur – Redemption City [2012]

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joseph_arthur_redemption_cityJoseph Arthur
Redemption City

Indépendant
États-Unis
Note : 7.5/10

 

Redemption’s City. Album double, dont le premier volet est destiné aux oreilles de tous, qui ne veulent pas se compliquer la vie avec les envolées instrumentales et les mélodies moins accessibles, tandis que le deuxième est réservé aux amateurs, aux mélomanes, aux fans également qui cherchent quelque chose de plus croustillant à se mettre sous la dent. Il y a une différence réelle entre les 2 albums.

En téléchargement gratuit via son site web, Joseph explique dans un petit texte que l’album n’est pas gratuit à cause de sa qualité, qu’il qualifie de «top notch», mais bien parce qu’il voulait tenter pour une fois de lancer un album alors qu’il est encore dans l’esprit de création de celui-ci. Il est, bien entendu, possible de faire un don en achetant le disque (disponible en FLAC et en mp3).

 La composition des pièces de Redemption’s City reste égale au talent de Joseph Arthur, c’est-à-dire, géniale. Néanmoins, le son a changé, plus mature et en même temps plus brut. Il ajoute quelques petites touches d’électro qui viennent ajouter du relief dans des pièces du format auquel il nous a habitués: rock traditionnel, guitare et batterie. Ce qui n’est pas mauvais en soi, mais les drum machines répétitifs peuvent tomber sur les nerfs à la longue. Il travaille bien le son de sa guitare et ça donne parfois un résultat tout simplement divin, mais la ligne est mince entre le son parfait et celui qui est désagréable, ce qui arrive à quelques reprises sur l’album.

Pour une durée totale de 108 minutes, on a parfois l’impression que certaines pièces auraient pu être enlevées facilement du disque, mais il faut se rappeler que ce sont 2 disques séparés auxquelles nous avons droit. Joseph Arthur a dit qu’il y avait certaines pièces sur Redemption’s City qui ont été écrites il y a 3 et 4 ans.

Certainement son meilleur disque depuis Let Just Be en 2007, qu’il avait sorti avec ses Lonely Astronauts. Pour les amateurs de rock folk de tous les jours, téléchargez le premier volet et si vous êtes mélomane et aimez les divagations d’artistes à l’état pur, téléchargez le deuxième également.

Iggy Pop – Après [2012]

iggy-pop-apresIggy Pop
Après

Indépendant
États-Unis
Note : 6,5/10

 

« En français ! » Difficile pour les amateurs de l’émission télévisée 3600 secondes d’extases sur les ondes de Radio-Canada de ne pas sourire en se rappelant cette courte phrase. Dans l’émission, le comédien Marc Labrèche interprétait un vieil anglophone qui répétait à toute personne ou institution de le servir en français, et cela même quand on lui répondait dans la langue de Molière.

Si je vous parle de ce personnage, ce n’est pas parce que le légendaire chanteur punk Iggy Pop est devenu un vieux crouton défendeur de la langue française. Non, plutôt pour exprimer l’ironie de ce nouveau disque de reprises de vieux classiques français de la part d’un incontournable de la musique punk américaine. À 65 ans, le chanteur s’amuse en s’aventurant dans une langue qui n’est pas la sienne. Il le fait d’ailleurs assez bien. Malgré un accent, on le sent à l’aise dans des chansons de Joe Dassin (Et si tu n’existais pas), Serge Gainsbourg (La javanaise), Édith Piaf (La vie en rose) et Georges Brassens (Les passantes). L’exercice est intéressant, mais pour les francophiles de la musique, l’album sonne comme une parodie.

Après est un disque comparable à une rondelle de camembert français. Il est doux au goût, intéressant en bouche et bien sûr, très fromagé. Les chansons choisies par l’artiste sont souvent les plus connues de la musique française. Cette sélection appâtera probablement le public en quête de découvertes, mais n’étonnera pas les habitués de la scène française. De plus, à l’exception de son accent, Iggy Pop n’ajoute que très rarement de nouveaux détails aux compositions originales. Ce qui provoque une étrange sensation de déjà-vu. Comme quoi tous les camemberts finissent par goûter la même chose. Et cela même s’il a été pasteurisé aux États-Unis.

Lost in the Orchestra – Lost in the Orchestra EP [2012]

Lost in the Orchestra

Lost in the OrchestraLost in the Orchestra
Lost in the Orchestra

Indépendant
France
Note : 7/10

«Lost in the Orchestra s’est créé avec l’idée de mettre en mélodie de vieux poèmes, américains pour la plupart.» C’est sur ces mots que le site web du groupe français Lost in the Orchestra ouvre son site web. Et leur musique ne les fait pas mentir; on sent les influences d’Ennio Morricone et de The Last Shadow Puppets et l’ambiance western se dégage de chacune des trois chansons ce de EP.

L’album démarre avec Horses Know the Best Way to Follow. Les guitares très Morricone en introduction sont rapidement appuyées par une batterie nerveuse. Un creux rythmique constitue le refrain, et la chanson retrouve ensuite son aplomb par un passage de trompettes et de cuivres. La batterie prend souvent des allures militaires et le tout aurait eu sa place quelque part dans les années 60. Somebody’s Watching You va dans le même sens et pourrait facilement s’intégrer à un générique de fin de film western.

Stopping by Woods on a Snowy Evening est une chanson au rythme plus lent, avec une atmosphère plus désertique. On oublie les furieuses poursuites à cheval entre cowboys et on les remplace par un village du wild west, bandits compris. Guitare mariachi et djembé sont à l’honneur, sans oublier les instruments traditionnels.

C’est donc un court EP de trois chansons pour Lost in the Orchestra. Court, mais avec beaucoup de potentiel. Les musiciens démontrent beaucoup de talent, et un album complet risque d’être intéressant.

Joseph Edgar – Interstices [2012]

Joseph Edgar
Interstices

Indépendant
Canada
Note : 7/10

Sur Interstices, Joseph Edgar chante l’Acadie au ventre et le Québec en tête sur une trame à saveur cajun, folk et rock. Guitare, piano et percussion de toutes sortes ne font qu’un pour former les mélodies parfois rythmées, parfois modestes de ce quatrième opus chargé d’intensité.

L’auteur/compositeur, fidèle à ses origines, y chante en français comme en anglais avec un charmant accent acadien. Il se confie sur l’amour, le passé et la peur de l’inconnu ; des thèmes récurrents, mais non négligeables qui rappellent que la vie est une série d’étapes.

À travers ses textes, il évoque d’ailleurs le vent, à plusieurs reprises, pour évoquer cet enchaînement.  Sur Le fantôme de Blanchard, on peut l’entendre nous parler d’un personnage qui vit « une autre journée, à passer le temps, à se débattre pour, attraper le vent ».

Ne t’en fais pas, pièce plus douce et progressive est sans aucun doute ma préférée de l’album. Un peu mélancolique, mais à la fois chargée d’espoir, sa mélodie rappelle la trame sonore d’Into the Wild (Vers l’inconnu) composée par Eddie Vedder, chanteur de Pearl Jam.

Head in the Clouds et Slip Away se rallie au bon folk américain, alors que Chemin Inconnu, Pont Mackay et Nouvelle du soir sont un mélange bien dosé de rock et de cajun.

Je n’irai pas jusqu’à comparer Joseph Edgar à Bernard Adamus, mais certains morceaux comme Tu m’avais, tu m’aurais ou Route 56 rappellent étrangement sa façon d’écrire. Dans le même sens, Secousse évoque la fougue indifférente de Vincent Vallières à ses débuts.

Il est important de souligner la réalisation très appliquée de l’album,  mais s’il y avait un bémol à y apposer ce serait justement sur le fait que son tout est trop léché. Il manque cette profondeur, ce croustillant et cette acoustique insouciante qui rendent les morceaux de Bernard Adamus aussi marquants.

Avec son banjo, ses guitares riches et ces mélodies au piano d’une simplicité séduisante, il reste que prendre le temps d’écouter Joseph Edgar parler de la vie, c’est tout simplement s’arrêter un moment et se faire plaisir. Interstices est à écouter autant autour d’un feu à la campagne, dans un modeste appartement coin Laurier/Drolet ou dans une voiture en route vers la Louisiane.