Black Rebel Motorcycle Club – Beat the Devil’s Tattoo [2010]
Black Rebel Motorcycle Club
Beat the Devil’s Tattoo
Vagrant
États-Unis
Note : 3.9/10
Le prix du pire titre d’album de l’année est remis au trio rock américain Black Rebel Motorcycle Club qui nous livre ici une galette intitulée Beat the Devil’s Tattoo. Un opus qui s’inspire du rock de la vieille école et qui ne fera certainement pas de jaloux aux artistes du genre. Jack White et ses troupes des Raconteurs, de Dead Weather et des White Stripes peuvent donc respirer en paix puisque BRMC offre malgré un bon départ une compilation de pièces redondantes qui ne feraient pas grincer d’un pouce le moteur d’une motocyclette.
Les gars et la fille en cuir de BRMC sont connus chez les Britanniques comme le groupe qui a brisé le plancher du Leeds Town Hall, une salle vieille de 150 ans. Le secret plane sur eux depuis qu’ils ont quitté la compagnie de disques RCA à la conclusion d’un mitigé quatrième album Baby 81 en 2007. L’année suivante, le groupe prend tout le monde par surprise avec The Effects of 333, un opus électronique lancé sur le Net qui est très loin des sonorités psychédéliques et rock des quatre albums précédents.
Sur cette sixième galette, le trio de San Francisco lâche l’électronique pour revenir à ses premiers amours, le rock classique. Guitare et basse bien grasse alimentent des airs de déjà-vu qui sauraient accrocher les amateurs les plus frileux de reconstitutions historiques musicales. Le problème de cet album, c’est qu’il existe déjà. On le connait sous le nom de Attack & Release des Black Keys, Cosmic Egg de Wolfmother ou Hello Master de Priestess.
Une guitare acoustique nous chante du folk à l’introduction de la première piste Beat the Devil’s Tattoo. Quatre mesures plus tard, une progression lourde en instruments électrifiés s’amorce et perdure jusqu’à la fin. Très rythmée Conscience Killer, la pièce suivante, est définitivement la plus appréciable du lot. Elle représente simplement ce que BRMC aurait voulu offrir à ses admirateurs, une trame musicale sur laquelle s’écraser violemment. Peter Hayes propose dans cette chanson de passer une soirée sans conscience et sans soucis du lendemain. Ce qui n’est pas une si mauvaise idée après tout. Le seul hic de l’histoire c’est que bien avant le lendemain ou la fin de l’album le groupe s’étouffe et ne récidive plus.
Pire encore, le trio a une prise de conscience durant la ballade folk Sweet Feeling. Dans cette pièce, ils tentent en accrochant quelques notes aiguës de créer une chanson à la Bon Iver. Il est inutile de vous dire qu’ils ratent l’occasion. Ce qui est tout de même dommage, puisque Black Rebel Motorcycle Club a déjà écrit du très bon folk. De magnifiques pièces vocales se retrouvent d’ailleurs sur Howl, l’excellent album folk du groupe en 2005, avec des morceaux comme Weight of the World et Complicated Situation.
Crise existentielle pour un groupe qui n’a rien à apprendre de la musique et qui a tout à découvrir de lui-même. Malgré ce retour fragile, BRMC a le potentiel de rebondir très bientôt avec un album plus travaillé et plus intéressant. Pour y arriver, ils devront retrouver la soif de la création qui les a habités lors des albums BRMC et Howl. S’ils n’arrivent pas à décoller en studio, au moins ils pourront se consoler et nous étonner en tournée avec leurs fameuses destructions de salles de spectacles.
Spoon




10 mots, c’est vachement long pour un nom de groupe. Et quand ça commence avec des points de suspension, en plus, ça ne peut être rien d’autre qu’un groupe d’indie rock. Ce n’est certainement pas un petit band rock post-grunge radiophonique merdique qui se choisirait un nom du genre, ça serait trop dur à retenir. Donc, Trail of Dead, c’est du indie rock avec 2 batteurs et plein de musiciens. Après de courtes recherches sur leur passé, j’ai remarqué qu’ils avaient, à leur actif, un certain Source Tags & Codes, très bien coté et apprécié un peu partout chez les critiques. Je me suis donc lancé dans leur dernier disque, The Century of Self, en espérant découvrir quelque chose de bien.
Le premier disque que j’écoute cette année est, probablement, celui qui aura subi la plus grande hype de l’année. Qualifé de meilleur disque de l’année 2009 selon certains blogs et média, le dernier bébé d’Animal Collective se devait d’être fort. Il ne pouvait pas en faire autrement, ça aurait déçu trop de gens. Mais pas moi. Je l’avoue très franchement que ce disque est le premier du groupe que j’écoute. Je veux dire, j’ai 19 ans, je viens de découvrir donc j’ai le droit de ne pas avoir entendu ce qui venait avant. Remarquez : cela m’avantage peut-être, puisque je n’ai aucune idée des acquis du groupe, tout ce que je peux analyser en écoutant Merriweather Post Pavillon est la qualité de l’album uniquement, pas ce que le groupe est devenu et blabla. Justement, ce disque, il est comment? Très franchement, il me fait chier. Pas parce qu’il est mauvais, au contraire, c’est le meilleur disque que j’ai écouté depuis, au moins, l’année 2007. Non, ce n’est pas ça le problème. Il me fait chier parce que je n’arrive pas à lui donner une note précise.
Tout bonnement, comme ça, Kanye West s’est imposé comme l’une des plus grandes puissances du hip-hop de la présente décénnie. Avec 3 excellents disques, chacun ayant été acclamé autant par les critiques et par les fans, monsieur West, probablement le plus geek des rappeurs, a tout pour être heureux : argent, grande maison bref, le bonheur capitaliste parfait. Tout bonnement, comme ça, Kanye a lancé son quatrième album dans la foulée de la préparation des palmarès de l’année (ce qui lui a empêché d’être dans le mien, je l’avais pas assez écouté). Tout bonnement, comme ça, mais avec des avertissements, le titan a changé de style. Il a décidé de faire différent, de créer quelque chose d’autre qui ne ressemblerait pas à son style habituel. Car, malgré son immense succès, l’homme a du affronter des épreuves, comme la mort de sa mère quelque part entre son 3e et 4e disque. Alors on en est là, un 808’s and Heartbreaks qui ressemble plus à un album hors-série, un espèce de disque bonus qui ne s’inclut pas vraiment dans la discographie de West mais qui réussit magnifiquement à prouver son immense talent. Car il en a, le jeune homme.


