Mot clé: états-unis

Tracklist : Flying Lotus – Quakes / Heave(n)

Flying Lotus - CosmogrammaMême si Quakes et Heave(n) ne sont pas sur l’excellent Cosmogramma, elles demeurent 2 excellents titres qui auraient tout à fait leur place sur le disque. Quakes se développe doucement avant de se terminer sur une finale énigmatique, tandis que Heave(n) fait grandir un climax qui aboutit sur des sons électroniques de jeux vidéos avant de lentement diminuer.

Flying Lotus - Quakes

Flying Lotus - Heave(n)

LCD Soundsystem – This is Happening [2010]

LCD Soundsystem - This is HappeningLCD Soundsystem
This is Happening

DFA Records
États-Unis
Note : 8.5/10

Tout doucement. Quelques percussions molles, un peu de basse par-ci par-là, James Murphy qui radote comme un vieillard. This is Happening débute négligemment avec Dance Yrself Clean, comme pour nous faire croire que ce disque n’allait pas être à la hauteur des précédents. Mais, comme on peut s’y en attendre, à 3 minutes 8 secondes survient la secousse qui change tout. Vous vouliez danser? Vous aller danser. Basse et synthétiseur spatial s’entremêlent pour composer une mélodie post-disco efficace. Les percussions s’agrémentent pour créer un rythme structuré et le producteur de DFA Records se lève de son siège pour véritablement chanter. Et, au refrain, on ne tient plus en place. Bien joué James, te voilà transformé en Sun Tzu musical grâce à une tromperie prenant la forme d’une montée d’intensité magnifiquement maîtrisée.

L’héritier de Brian Eno est effectivement de retour avec un troisième disque enflammé. Les morceaux sont parfois fabriqués sur mesure pour user nos hanches alors que, d’autres fois, il s’agit de pièces moitié dance-punk/disco. Drunk Girls, déjà partout sur le net, reprend les conceptions du maître Eno tout en y ajoutant une basse sensiblement apparente à North American Scum. En résulte un presque 4 minutes mélangeant, où l’envie de bouger se frappe à une complexité mélodique qui décourage cette envie. LCD Soundsystem possède le talent pour pondre des titres à la fois complets et aussi mélodiques qu’un bijou pop.

One Touch constitue une merveille pour les pistes de danse et représente bien l’évolution de la bande à James Murphy : là où le son d’LCD Soundsystem se caractérisait, sur les deux précédents albums, comme de l’art-rock à fortes doses de disco et de dance-punk, on retrouve ici beaucoup moins ce côté brute pour faire la découverte de textures beaucoup plus électroniques, comme une offensive de basse qui occupe 7 temps sur 8 pendant toute la chanson. Et si « One touch is never enough », une écoute ne l’est pas non plus. Pow Pow est bâti autour de concepts similaires, avec une batterie axée sur les cymbales et un rythme très disco.

En fin de disque se retrouve Home, un autre morceau au rythme puissant et à l’inventivité solide. Comme pour le reste de l’album, James Murphy se montre sous un angle de sarcasme et d’ironie, comme s’il avait l’intention de dire « Hé, regardez-moi. Je suis tellement cool que je peux marier le disco, le post-punk, le dance-punk et à peu près n’importe quoi et vous allez quand même danser. » Et nous, comme pour lui répondre, on appuie sur play une fois de plus. Bien joué James.

Videotape : The National – Bloodbuzz Ohio

Voici le dernier clip de The National pour la chanson Bloodbuzz Ohio, lancé la même journée qu’High Violet en Amérique du Nord. On y retrouve Matt Berninger qui flâne un peu partout, seul, et l’ambiance sombre et claustrophobe d’High Violet se fait ressentir aisément.

The National – « Bloodbuzz Ohio » (official video) from The National on Vimeo.

The National – High Violet [2010]

The National - High VioletThe National
High Violet

4ad
États-Unis
Note : 8/10

Après le succès des deux précédents opus, le brute Alligator et le magistral Boxer, la pression devait être immense sur les épaules de Matt Berninger et de sa troupe de musiciens. Et afin de mieux préparer ce qui suivrait ces deux albums, le groupe s’est entouré de collaborateurs puissants, tels que Sufjan Stevens et Justin Vernon, permettant ainsi de produire un disque beaucoup plus enrobé, où les chorales et les cordes jouent un rôle de premier plan pour supporter la claustrophobie lyrique de Berninger.

Dès les premières secondes de Terrible Love on entend ce changement : guitare très dense avec effet de tremolo qui meuble le fond sonore et voix amplifiée avec reverb sont à la base du couplet, alors qu’au refrain s’ajoute des frappes de batterie signées Bryan Devendorf et très caractéristiques de The National. Au deuxième couplet on retrouve la lenteur mélodique précédente bonifiée avec voix arrière avant d’accéder à un crescendo d’intensité avec l’augmentation des frappes de percussion. Exit la douceur mélodique de Boxer ou l’émotion frustrée et criée d’Alligator ; le groupe passe à des structures et des articulations plus répandues.

Mais High Violet est loin d’être un album mainstream. Le groupe originaire de Brooklyn continue d’étendre son identité musicale à chaque moment. Vanderlyle Crybaby Geek s’amorce avec une envolée de cordes avant que le baryton de Berninger n’intervienne pour ramener le tout sur terre. Bloodbuzz Ohio possède toutes les qualités pour se classer comme la chanson « de base » pour identifier le groupe : rythme de batterie toujours cassé, arrangements sublimes mais subtils, interventions de notes de piano lors des ponts musicaux, guitare omniprésente mais timide et voix noble troublée. A Little Faith, Lemon World et Conversation 16 sont trois morceaux inquiétants et construits autour des problèmes urbains de notre époque : société fragmentée, problèmes relationnels, mensonges, etc. Runaway peut faire penser à Green Gloves avec son arpège de guitare acoustique, ses refrains apaisants et un climax toujours grandissant.

Ce qui fait la force de l’album est sa capacité à venir toucher directement l’auditeur sans avoir à exagérer ou employer une panoplie de clichés. S’il y a effectivement beaucoup plus de violons et de chorales que sur les précédents albums, High Violet n’a tout de même pas sa place sur une bande FM parasitée par des surproductions majoriennes polies et lissées jusqu’à en perdre l’essentiel. Jamais Matt Berninger et son groupe ne franchissent la frontière entre arrangements nobles et saturation ridicule. Même England, qui constitue certainement la piste dont l’émotion est la plus générée par des instruments à cordes et à vent, demeure dans la catégorie du respectable. Il s’agit même de la meilleure pièce de l’album, morceau capable de faire flancher notre bonne humeur d’un coup de refrain. Il s’agit donc d’une énième réussite pour The National, qui se renouvelle sans perdre de vue ses visées originales, c’est-à-dire composer de l’excellente musique par des citoyens aux problèmes ordinaires pour des citoyens aux problèmes ordinaires.

The Hold Steady – Heaven is Whenever [2010]

The Hold Steady - Heaven is WheneverThe Hold Steady
Heaven is Whenever

Vagrant Records
États-Unis
Note : 6.5/10

The Hold Steady nous a habitué à des hymnes rock à saveur de taverne et composés avec une forte influence de la culture traditionnelle des États-Unis. Sur Heaven is Whenever, lancé aujourd’hui même en Amérique du Nord, la bonne vieille recette nous est encore proposée, le tout sans la contribution de Franz Nicolay, moustachu par excellence de l’ancien quintette. Force est de constater que la contribution de l’ex-claviériste permettait au groupe de forcer ses limites et d’amener sa musique vers de plus haut sommet tant Heaven is Whenever nage en eaux connues.

On le réaliste dès les premières secondes de The Sweet Part of the City : guitare acoustique sur fond de batterie à intensité moyenne et la voix de Craig Finn qui raconte, encore et toujours, des histoires modernes héritées des récits américains. L’alcool, l’amour, les relations brisées, les endroits sales ; tout y passe. La slide guitar, la guitare électrique à forte dose de distorsion, la basse, tout y est aussi. Guitare en palm mute sur Soft in the Center avec une histoire lourde sur les relations hommes et femmes (You can’t get every girl / You get the ones you love the best ), alternance entre guitare propre et sale ainsi que refrain appuyé par des hoo hoo en fond de mix sur The Weekenders, etc. On reconnaît The Hold Steady très aisément, prouvant que, malgré la perte de Nicolay, le groupe possède toujours son identité.

Et c’est probablement le gros problème de cet album : un manque flagrant d’innovation. L’impression de déjà vu se ressent dans chaque chanson. Rock Problems démarre avec un riff électrique avant que celui-ci ne laisse sa place à de la guitare propre rythmée par une batterie solidement rock, mais déjà entendue des centaines de fois. We Can Get Together laisse la place à la guitare acoustique, Barely Breathing aux accords intermittents et A Slight Discomfort à la finale instrumentale épique prolongée. C’est un peu comme si Heaven is Whenever représentait le guide parfait pour composer le disque rock typique.

Mais, comme cela a été précédemment mentionné, The Hold Steady demeure le même groupe et ne se fait pas piéger par l’envie d’un renouvellement trop précipité. Les pièces s’enchaînent parfaitement, l’écoute est agréable, le message est clair et précis et l’effet désiré est obtenu. On peut donc dire que, malgré tout, Heaven is Whenever demeure un bon disque de rock, sans plus.

Flying Lotus – Cosmogramma [2010]

Flying Lotus - CosmogrammaFlying Lotus
Cosmogramma

Warp
Pays
Note : 8.5/10

Bien qu’extrêmement difficile à pénétrer, la carapace du nouveau venu du Californien Flying Lotus, lorsqu’entrouverte, laisse découvrir un album à la croisée de presque tous les chemins possibles. Superbement bien ficelé avec des influences de jazz, de hip-hop, de dub, d’électronique et de rock, Cosmogramma nous propose une palette de son comme on en voit rarement. Avec 17 pistes, généralement entre une ou deux minutes chacune, le musicien s’attarde rarement longtemps sur une ambiance précise, nous faisant donc transporter partout en un temps record.

Introduction avec Clock Catcher et une décharge de sons électroniques hérités des premières consoles de jeux vidéo. Et, presque naturellement, tout cela se calme et laisse déposer la poussière nerveuse sur une mélodie de harpe tranquille, avec en fond des percussions qui vont et viennent. Et après 72 secondes, on passe à autre chose. Pickled se base sur une basse jazzy sur laquelle s’impose un son aiguë et des percussions tribales rugissantes. Nose Art, véritable joyau, reprend les percussions et la basse de la piste précédente pour en faire un suivi qui se fond sur une atmosphère presque spatiale, avant de décrocher sur une mélodie grave purement électronique et groovy.

Ce qui fait la force de l’album, c’est sa capacité à recycler chaque texture musicale pour l’incorporer dans la chanson suivante, créant ainsi une impression de déjà vu dans un emballage tout frais. On est donc en présence d’une oeuvre fortement unie, presque inaccessible en milieu de disque. Excepté …And The World Laugh With You, en collaboration avec Thom Yorke, Do the Astral Plane et la précédemment mentionnée Nose Art, les titres de Cosmogramma ne peuvent s’écouter sans le contexte musical qui les entoure. Do the Astral Plane base son rythme sur une alternance de percussions et sa mélodie sur un son électronique caoutchouc avec un peu de fuzz. Très difficile de ne pas avoir envie de danser.

Étant le neveu d’Alice Coltrane, Flying Lotus, de son vrai nom Steven Ellison, possède donc la fusion musicale directement dans son sang. C’est peut-être pourquoi il semble autant insister sur des mélanges musicaux parfois étranges, comme l’accouplement entre jazz et une exécution presque shoegaze sur Arkestry. Toujours en parfait contrôle de son laptop, Flying Lotus débarque encore une fois pour nous défoncer les oreilles et nous donner envie de bouger. Cosmogramma est donc le résultat très accompli d’un excellent architecte du son.

Videotape : LCD Soundsystem – Drunk Girls

Après les chansons, Feu à volonté! se lance dans la publication vidéo. Chaque clip considéré intéressant par notre rédaction sera donc publié, pour votre plaisir.

Et pour commencer, Drunk Girls, gracieuseté et LCD Soundsystem. James Murphy et sa bande semblent se faire kidnapper par des pandas terroristes, qui les forcent à chanter et se déshabiller contre leur gré. This is Happening nous arrive le 11 mai prochain, via DFA Records.

Tracklist : Beach House et le Record Store Day

Beach House - ZebraEn l’honneur du Record Store Day, ce samedi, Beach House lancera un EP limité à 500 exemplaires sur lequel on pourra retrouver The Arrangement, une nouvelle piste exclusive pour l’événement, ainsi que Zebra et Baby. En voici deux extraits.

Beach House - The Arrangement

Beach House - Zebra

MGMT – Congratulations [2010]

MGMT - CongratulationsMGMT
Congratulations

Columbia
États-Unis
Note : 6.5/10

Après la réussite précoce d’un premier disque, certains artistes et musiciens souffrent d’un syndrome mal connu, l’Alpha Asia. Cette psychose a été découverte en 1983 lorsque le groupe rock Asia a délivré son deuxième opus, un album minable intitulé Alpha, qui faisait suite à un disque éponyme vendu à 400 millions d’exemplaires. Les musicologues l’ont constaté, l’Alpha Asia est visible chez les artistes incapables de reproduire le succès de leur premier disque. L’une des majeures conséquences du syndrome est la conception d’albums médiocres qui déçoivent et dégoûtent les auditeurs.

Quelques groupes affectés par l’Alpha Asia ont tout de même réussi à survivre au syndrome. Par exemple, Room on Fire des Strokes et dernièrement, Contra de Vampire Weekend ont été des suites intéressantes aux premiers opus de ces musiciens.

Qu’en est-il de MGMT? Le groupe a été graduellement propulsé au succès à la suite de son premier disque, Oracular Spectacular. Sacré par le Rolling Stone Magazine comme le 18e meilleur album de la décennie et le meilleur disque de 2008 selon NME, le duo de Brooklyn revient avec plein de promesses en 2010 avec Congratulations. L’équipe de Feu à volonté a écouté le dernier disque des chanteurs de Kids en primeur le mois dernier, lors d’une promenade automobile sur le Mont-Royal avec les relationnistes de Sony. À cette première écoute, notre équipe s’est montrée divisée sur la question de la qualité des pièces. Un mois plus tard, les opinions n’ont toujours pas changé. Congratulations n’est pas un album qui fait l’unanimité, il ne reprend pas la formule qui a fait le succès d’Oracular Spectacular et ses neuf morceaux qui le composent ne prennent jamais de direction particulière, sauf si ce n’est qu’ils vont partout à la fois.

Le premier morceau, It’s Working, est une suite idéale aux paroles de la pièce The Handshake qui figurait sur le premier disque du groupe. Le chanteur Andrew VanWyngarden chante et élabore sur les effets de la drogue dans une ambiance psychédélique. On peut même entendre quelques passages qui rappellent l’innocence qui parcourait Oracular Spectacular. Les comparaisons avec le premier album s’arrêtent pourtant là, puisque la suite du disque s’engouffre dans une orgie de textures musicales qui s’enchaînent l’une par-dessus l’autre sans jamais se simplifier. Ce n’est pas compliqué, à défaut de n’avoir fait que neuf pièces, MGMT a synthétisé quinze chansons dans chacune de ses pistes. Le premier simple Flash Delirium souffre de cette hétérogénéité. Le morceau pourrait pourtant être excellent, si ce n’était qu’il ne s’arrête jamais pour développer ses meilleurs passages.

La pièce avec le titre le plus loufoque, Lady Dada’s Nightmare, est un morceau instrumental de quatre minutes qui laisse toute la place au délire ingénieux du groupe. Mélangeant une trame de piano mélancolique à des cris humains dans une progression dramatique, cette pièce représente probablement le moment le plus « étrangement bien » du disque.

Le duo de Brooklyn dit ne s’être donné aucune pression lors de l’enregistrement de Congratulations, mais on sent bien que le syndrome d’Alpha Asia a été présent lors de l’enregistrement. Non pas dans l’esprit du groupe, mais bien évidemment dans l’esprit des auditeurs qui s’attendent à un produit semblable à Oracular Spectacular. MGMT ne répond donc pas aux attentes, mais il ne déçoit pas non plus puisqu’il prépare la table pour les prochains disques. En espérant que ces derniers mélangeront la complexité et la recherche de Congratulations à l’homogénéité d’Oracular Spectacular.

Tracklist : deux nouvelles pistes de LCD Soundsystem

LCD Soundsystem - This is HappeningDeux nouvelles chansons du prochain album de LCD Soundsystem on fait surface sur le net aujourd’hui. La première, Change (ou I Can Change, selon d’autres sources), est de bonne qualité alors que la deuxième, Dance Yrself Clean (ou Dance Yourself Clean, encore selon d’autres provenances), a moins de chance. Néanmoins, il s’agit bel et bien de James Murphy et cie, peu importe l’épellation des titres.

LCD Soundsystem - Change

LCD Soundsystem - Dance Yrself Clean

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