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Tracklist : Interpol – Lights

Interpol - LightsDepuis hier, le quatuor New-Yorkais Interpol rend disponible sur son site web, en échange d’une adresse e-mail, le premier extrait de leur prochain album dont on ne connaît toujours pas le nom et la date de sortie. Tout de même, avec l’ambiance gloomy de la page web, la typographie très 80′s et sombre du design, les guitares remplies de reverb et la voix hantée de Paul Banks, on peut s’attendre à un retour en force du groupe. Et on l’espère.

Interpol - Lights

Hot Chip – One Life Stand [2010]

Hot Chip - One Life StandHot Chip
One Life Stand

EMI
Grande-Bretagne

voici une critique concept : un double-avis partagé avec Olivier de Five Minutes

Avis de Feu à volonté!

À mi-chemin entre musique de danse, électro-pop futuriste et musique de fond presque quétaine, One Life Stand, dernier effort de Hot Chip, accumule les moments négligeables et laisse de côté les meilleurs attributs musicaux au profit de quelque chose d’ennuyeux et de répétitif. En résulte un album profondément inégal à la limite du négligeable.

Thieves in the Night, pièce d’introduction, démarre sur un synthétiseur spatial avant de se faire prendre en charge par un kick et une mélodie de basse électronique, le tout agrémenté d’une voix raisonnablement aiguë. Le mélange s’écoute suffisamment bien pour mériter de se faire qualifier d’électro pop de qualité. Hand me Down Your Love s’inscrit dans un registre moyen, avec son rythme de batterie commun et sa trame mélodique empreinte de répétitions.

Du bon côté de la médaille on retrouve I Feel Better qui, malgré son auto-tune exécrable et son rythme de base assuré par un clavier transformé en cordes synthétiques débordantes de reverb caramélisé, accomplit l’exploit de transformer ces deux défauts en qualités grâce à un rythme constant qui donne envie de danser. S’ensuit One Life Stand, piste titre de l’album. Menée par un arsenal de mélodies basses, celle-ci s’écoute merveilleusement bien lorsque le temps est venu de donner une ambiance électro-futuriste. We Have Love possède le même genre de qualité, avec un certain cachet de piste de danse supplémentaire.

Malheureusement, le reste de l’album laisse à désirer. Brothers constitue un morceau incroyablement fromagé d’électro-pop répétitive à l’atmosphère légère mais redondante. Le résultat est pire sur Slush, avec aucun enthousiasme musical ou rebondissement captant l’attention. Alley Cats, Keep Quitet et Take It In demeurent tout autant redondantes et musicalement négligeables. Pourtant, rien sur l’album n’est vraiment mauvais ; on a simplement l’impression d’entendre quelque chose de bien composée mais avec trop de déjà vu.

Note : 6.5/10

Avis de Fives Minutes

Trêve de bavardages, parlons musique immédiatement! Les anglais de Hot Chip ne sont presque plus à présenter, leur électro-pop ayant pour moi atteint les sommets avec l’excellent The Warning en 2006. Ajoutons-y un premier album encourageant en 2004, Coming on strong, un troisième opus que j’avais trouvé moins novateur en 2008, Made in the Dark, et une pelletée de remixes et on obtient un groupe chéri de la critique musicale. Arrive donc ce quatrième opus très attendu : que va nous réserver la bande à Alexis Taylor et Joe Goddard (qui fin 2009 a sorti un sublime album solo intitulé Harvest Festival que je vous conseille fortement d’aller écouter)? A voir la pochette de l’album qui pourra figurer dans le top des « pochettes les plus laides de l’année », les anglais sembleraient annoncer qu’ils ont perdu la tête et qu’ils veulent donc nous surprendre.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’en effet les premières écoutes m’ont littéralement désarçonné et à dire vrai déçu. La veine électro s’est doucement laissée voler la vedette par l’influence pop, de même que la volonté de taquiner les dancefloors s’est fortement accentuée. Similitude de parcours avec un Calvin Harris, si j’exagère au maximum. Cependant, une fois le postulat d’électro pop pleinement accepté, il ne reste plus qu’à savourer le talent de nos anglais qui, même s’ils tombent un peu dans la facilité dans certains titres, regorgent d’inventivité.

Thieves in the Night tape juste d’entrée. Un beat oppressant et des synthés qui entrent en contraste avec la voix lumineuse et si pop d’Alexis Taylor. Une rythmique très rapide, des synthés un peu vintage omniprésents au service d’un refrain pop vite addictif. Titre électro-pop, marqué du sceau de la mélodie et du contraste, cette sucrerie se savoure sans retenue.

Hand me Down Your Love vient vite atténuer cette première très bonne impression. Morceau assez mou qui répète à n’en plus pouvoir le titre, on garde la fâcheuse impression d’un titre inachevé. Heureusement, on peut se rattacher au très beau refrain porté par les violons qui offre une trouée de soleil dans la grisaille monotone de ce morceau. I Feel Better résume assez clairement, quant à lui, les sentiments contraires qui m’animent à l’écoute de cet album. La voix est pop à l’excès, l’univers instrumental grandiloquent mais assez simplifié, l’utilisation de l’auto-tune contestable mais la mélodie s’insinue subrepticement en nous au fil des écoutes, on se surprend alors à chantonner.

Le beat addictif de One Life Stand et son univers plus sombre nous rassurent, Hot Chip n’a pas perdu son talent pour les titres plus électro. Même le refrain plus lumineux s’inscrit parfaitement dans l’univers du titre. Ce  talent électro jaillira de nouveau avec le superbe Take it in, véritable joyau des dancefloors qui clôture l’album tout en beauté.

La deuxième partie de One Life Stand est moins homogène et plus variée. Brothers séduit par son contraste entre un beat de fond et des choeurs où apparaît une voix féminine quand surgit Slush qui demeure pour moi un véritable point d’interrogation. Cette ballade qui se présente presque comme un appel du pied fait  à la hype de la folk expérimentale des Grizzly Bear s’est perdue au milieu de l’album, morceau certes pas désagréable mais qui ne répond pas à la dynamique de l’ensemble. Alley Cats s’écoute sans sourciller quand l’attention se réveille à l’écoute de We Have Love, superbe morceau porté par une rythmique plus affirmée et des sonorités électros. Les picotements dans les jambes font leur apparition et l’envie de danser devient obsédante, tout de suite atténuée par l’univers instrumental très sombre de Keep Quiet, que n’aurait pas renié Massive Attack.

Hot Chip aura pris plaisir à jouer avec nos envies tout au long de cet opus en alternant morceaux clairement pop et bijoux électros. L’impression que le groupe n’a pas réussi à choisir une ligne directrice reste en arrière-plan mais il est incontestable que, dans la catégorie pop influencée par les sonorités dance, cet album est une belle réussite. Finalement, on ne peut que féliciter nos anglais d’avoir pris le risque d’innover.

Depeche Mode – Sounds of the Universe [2009]

depechemodesoundsoftheuniverseCertains groupes manquent gravement à ma culture musicale. Je blâme facilement ma jeunesse, simplement parce que, premièrement, c’est très facile à blamer et ça passe toujours bien et, ensuite, il est vrai qu’être né quelques semaines avant la chute du Mur de Berlin m’a empêché de grandir en écoutant de grands groupes aujourd’hui cultes. Des séances de rattrapage autodidactes, ça existe, mais ça ne va jamais permettre de faire revivre l’air ambiant de certaines époques passées aux néophytes qui tentent de s’y rattacher. Entre les lignes, vous aurez compris ici que je n’ai jamais écouté de Depeche Mode avant ce disque. Personal Jesus et les autres singles ne me rappellent aucun souvenir, rien, si ce n’est que l’esthétique de la pop-électronique des années 80. Je me suis donc attaqué à Sounds of the Universe avec aucune peur, aucune appréhension qu’un groupe de cette envergure puisse chier un album merdique parce qu’ils sont trop vieux, ridés ou ramollis.

Sans savoir si ça s’intègre dans la suite musicale logique du groupe ou quoi que ce soir du genre, on a affaire à un album purement basé sur des sons artificiels et électroniques, avec des ajouts de guitare électrique à certains moments. L’intro In Chains est une pièce mystérieuse bâtie sur une progression de synthétiseurs et de guitares avec wah-wah dont le rythme se casse avant chaque refrain pour créer des variations mélodiques réussies. Et bien que les fondations de l’album soient synthétiques, l’instrument à cordes le plus populaire du monde joue un important rôle sur plusieurs chansons. Que ce soit sur Fragile Tension, dont l’avancée mélodique est assurée à tour de rôle entre les deux genres de sons, sur Hole to Feed ou sur Come Back, titre presque noisy qui n’a rien à envier aux récents The Pains of Being Pure at Heart, l’overdrive s’intègre très bien à l’humeur tendue et nerveuse du disque.

La structure globale de l’oeuvre même demeure simplement basé sur de la fabrication par ordinateurs, claviers et autres composants MIDI du genre. Wrong, par exemple, mêle arrangements vocaux avec progression technique d’accords en arpège synthés. Voilà une façon de faire qui ammène souvent des moments froids et inquiétants, comme sur Little Soul ou sur le skit Spacewalker, petit moment de répis spatial d’une durée de presque deux minutes. Une sorte d’aura noire avec nuances de gris émane de l’album tellement le mélange entre les composantes électroniques glaciales et angoissantes, les ajouts de guitare électrique distortionées plus sales et les arrangements vocaux, parfois simplistes et directes ou alors glorieuses (Peace), créent une concoction efficace mais distante et pleine d’inconnue. Très bon tremplin pour retourner en arrière découvrir le Depeche Mode originel.

Note : 3.5/5

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