Entrevues de crise, série balcons: Foisy

Foisy. a fait paraître son premier album Mémoires le 13 mars dernier, ce que certains appelleront (à tort) un «cristi de bon timing». Son lancement est, personnellement, la dernière sortie que j’ai faite avant de me confiner. C’est pourquoi j’ai décidé qu’il serait notre premier participant aux entrevues de crise, série balcon: des visites règlementaires à 2 personnes qui se tiennent à plus de 2 mètres l’une de l’autre.

Foisy/Photo: Élise Jetté

C’est pas parce qu’on est en situation de crise que Foisy. avait oublié ses bonnes manières. À mon arrivée devant son appartement de Centre-Sud, une IPA m’attendait au bas de l’escalier, au milieu d’un tas de vieilles feuilles qui ont réussi à passer l’hiver. Un rappel que, nous aussi, on va probablement passer au travers.

Bière

Au sommet de l’escalier, Foisy est là. Il a fait une place dans sa journée remplie de rendez-vous pour nous rencontrer.

Élise: Le dernier repas que t’as mangé, c’était quoi?

Foisy: Un sandwich au beurre et jambon parce qu’il n’y avait plus de mayo à l’épicerie hier. Et un Cup-Of-Soup au Boeuf savoureux.

É: C’est vraiment écrit boeuf savoureux?

F: Je te jure.

Boeuf appétissant, finalement.

É: C’est quoi ton état d’esprit aujourd’hui?

F: Ça dépend des minutes. Des minutes, c’est une grande joie, des minutes, c’est (pause) une profonde chute (voir photos ci-après). Ce qui me fait capoter, c’est que je ne sais pas quand est-ce que je vais pouvoir aller défendre cet album-là, faire des shows, voir des chums. En ce moment, je tuerais pour m’asseoir sur une scène avec un tabouret et dire «Salut la gang, on se fait tu des tounes, pis on jase?» C’est de ne pas voir le boutte qui me rend comme ça. Ceux qui disent que ça va durer jusqu’en 2021… Ouf.

GRANDE JOIE/Photo: Élise Jetté
PROFONDE CHUTE/Photo: Élise Jetté

É: Je travaille dans les médias. Je te donnerai les vraies statistiques quand on aura fini.

F: C’est pire ou mieux que je pense?

É: Je préfère finir l’entrevue avant.

(Silence)

É: Comment tu trouves le timing de ton lancement d’album?

F: J’aurais pas pu demander mieux, je crois. Mon équipe marketing et moi on est vraiment fiers de notre shot (LOL). Je pense que médiatiquement parlant, c’est tough. Je trouve que c’est ridicule de faire un post Facebook sur une critique dans Le Devoir alors que tout le monde est en mode survie. J’essaie de faire comme si de rien n’était. Il faut parler d’autres choses, sinon je vais revenir à la chute dont je parlais tout à l’heure. En même temps, les gens, en ce moment ont vraiment le temps d’écouter l’album. Ils ont juste ça à faire. C’est weird côté shows, car j’aurais voulu partir sur une run de shows. Mais si mon album peut être un petit abri pour les gens en ce moment, c’est bien aussi.

É: C’est quoi la dernière folie que l’isolement t’a fait dire ou faire?

F: Mettre mon numéro de cellulaire dans un post Facebook.

É: Je sais. J’ai failli appeler, comme on appelle Tel-Jeunes.

F: Je l’ai enlevé parce que le lendemain j’avais plein de demandes d’amitiés de femmes thaïlandaises.

É: La première personne que tu vas serrer dans tes bras en sortant du confinement?

F: Probablement la première personne que je vais croiser. Peu importe c’est qui. Mais mes amis. Je suis habitué d’avoir un bel entourage. Skype, c’est beau, mais quand tu raccroches et que c’est le silence dans ton appart… c’est aliénant.

É: Est-ce que toi aussi tu fais semblant de lire des livres alors que tout ce que tu fais, au fond, c’est écouter des choses sur Netflix?

F: Non, j’écris plus ces temps-ci. J’écoute The Office pour les crises d’angoisse. Aussi, ils ont remis La petite vie sur tou.tv et j’ai commencé à écouter ça.

É: Une bonne dose de réconfort nostalgique, hein!

F: Oui, moi Réjean qui débarque te parler de Creton, ça me remonte le moral. Mais sérieusement, je suis trop envahi pour regarder des choses sérieuses. J’aime mieux écrire.

É: C’est quoi la toune de ton album qui serait la plus réconfortante pour les gens en ce moment?

F: Geneviève Desrosiers. Parce qu’elle me fait du bien à moi.

É: L’album de quelqu’un d’autre que tu suggères pour passer à travers?

F: J’écoute beaucoup Flore Laurentienne.

É: Il n’y a pas de mots donc ça aide à décrocher de la réalité.

F: Oui, ça m’apaise beaucoup.

É: Ton snack le plus fréquent en isolement?

F: Hier je me suis fait une belle épicerie de BS au Maxi. Des pâtés au poulet

É: Sans Nom?

F: Oui, oui, les jaunes.

É: Si tu pouvais être dans une salle de spectacle pour faire un show en ce moment, ce serait laquelle?

F: Je veux juste être au Quai avec tous mes amis. Peu importe qui est sur la prog, je veux être au Quai avec tous mes chums.

É: C’est quoi le dernier show que tu as vu avant de t’isoler?

F: Elliot Maginot.

É: Ta critique?

F: Y’a de quoi ce gars-là, une candeur le fun. Ça se passait vraiment bien sur scène.

É: Peux-tu rentrer chez toi et nous enregistrer un message d’espoir?

F: Avec plaisir, Élise.

FME 2019 jour 2: Le jour où la pluie nous crachait dessus

C’est vendredi au FME. On capote déjà à cause de la programmation trop dense, donc on fait ce que tous les psychologues suggèrent pour s’assurer une meilleure santé mentale: on laisse aller. On voit juste ce qu’il faut de musique pour constater que les foules de spectacles extérieurs, c’est comme aller au spa: l’idée générale de la chose semble divertissante, mais tu regrettes toujours d’avoir partagé autant de fluides corporels avec autant de monde.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté et Émilie Pelletier-Grenier

Ce n’est sûrement pas la pluie qui allait nous empêcher de nous déplacer pour le traditionnel Pool Party de Bonsound. Cette année, c’est le P’tit Belliveau et les Grosses Coques qui sont en charge de divertir la foule. Leur musique aux accents acadiens se marie bien aux gros maïs servis par l’équipe de la maison de disques. «Le refrain de Mon drapeau Acadjonne vens d’Taïwan est pas compliqué, c’est moi qui l’ai écrit, donc chantez», dit Belliveau. Musique ludique et beurre sur les joues, la bonne humeur est contagieuse en ce lendemain d’ouverture du FME.  C’est ben juste icitte qu’on peut considérer le parmesan au persil comme une bonne idée culinaire à rajouter sur son blé d’Inde.

P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

La nouvelle scène de la Fonderie Horne (sûrement créée pour faire oublier à tout le monde qu’ils sont en train de respirer 1000 fois trop d’arsenic à cause de leurs activités) accueille en après-midi un Philémon Cimon éventé par les bourrasques cancérigènes.

Philémon Cimon/Photo: Élise Jetté

Il se voit dans l’obligation de faire un show écourté à cause de la pluie qui s’abat sur la scène non-couverte.

Trop d’arsenic/Photo: Émilie Pelletier Grenier

«Rendu à mon âge, je suis un peu tanné de chialer sur des filles… ben des femmes», dit Philémon en parlant de son nouvel album Pays. Il offre son imperméable à qui le veut bien et raconte son processus de création en se comparant à Jésus: «Tout à coup, Jésus avait pu de label. Il cherchait une petite main, un petit sein.»

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

Sûrement avec un début de cancer dans le corps, nous nous rendons à la Scène Paramount pour le 5 à 7 de Lou-Adriane Cassidy. «C’est-tu un resto en même temps», demande l’artiste qui joue dans un souper-spectacle.

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

La salle est pleine pour le concert de la jeune artiste qui enchaîne les tounes de sont album C’est la fin du monde à tous les jours. Quelque chose de gai. Les arrangements étoffés mettent la table pour la suite de notre soirée.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Nous nous nous déplaçons à la salle Évolu-son  pour apprécier le show de Laurence-Anne. Dès notre arrivée dans la salle, nous fonçons directement sur la poubelle quadruple, volée au Tim Hortons juste en face.

La coopération est de mise en commerce lors du FME/Photo: Mathieu Aubry

La noirceur de la salle va de pair avec l’ambiance boisée/vaporeuse qui remplit l’espace dès le début de la prestation. Sur scène, la Kamouraskoise d’origine est accompagnée par un full band et de la décoration botanique. «Ce n’est pas des fougères, c’est des algues ancestrales», lance-t-elle entre deux pièces. «On va faire une chanson sensuelle. Est-ce que tout le monde est correct avec ça?», dit Laurence-Anne avant un solo de sax transcendant. Nous n’avons que de beaux mots pour la sensuelle saxophoniste Ariel Comptois et le percussionniste Étienne Côté qui alternera entre une grosse cloche dans son cou, des tambourins, des clochettes, un vibraphone et un long truc ressemblant à un fouet pour se flageller.

Étienne Côté en pleine séance de flagellation musicale/Photo: Mathieu Aubry

Félix Bélisle, chanteur de Choses Sauvages, a l’air dans un état complètement second (et d’un tueur en série) lorsqu’il débarque sur la scène lors de la dernière chanson. «Est-ce qu’on peut donner au moins un peu d’applaudissements à cette ostie d’affaire-là», beugle-t-il en quittant avant même la fin de la toune.

Félix Bélisle/Photo: Élise Jetté

La voix de Naomie de Lorimier (N Nao) pourrait tout briser en fin de show alors qu’elle monte assez aigu pour casser nos éco-cup. En duo avec Laurence-Anne, on dirait les soeurs McGarrigle en 89. «Pour Poison, fermez tout, même les lumières, même vos yeux», dit la musicienne pour faire vivre une expérience post-Jean-Marc-Parent-flash-tes-lumières.

Par la suite, direction Le Cabaret de la dernière chance afin d’attraper un hamburger au show d’Elliot Maginot. Il ne reste plus de délice bovin à notre arrivée. Nous sautons donc sur le reste de tranches de tomates. Nous souperons approximativement un peu plus tard en soirée.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Sarahmée est sur la grande scène avec une énergie à faire fendre la terrasse VIP où sont massés les influenceurs qui attendent Loud. «Shit, j’en ai défait mes lacets», dit la rappeuse qui s’est donnée à fond.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Nous manquons beaucoup de shows à ce moment-là, car nous préférons nous remplir d’alcool offert gratuitement par Audiogram dans un parking. Élise finit sur le toit de l’Audiobar après avoir perdu une gageure concernant la météo. Un long moment de fantaisies avant d’aller se régaler de la deuxième moitié du show de Philippe Brach.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

«Ça va-tu Rouyn? Toutes les régions parlent dans votre dos», dit Philippe. Vêtu de son attirail asiatique, il fait sa dernière toune après avoir dit: «Ok, on a le temps pour une dernière, mais on a crissement pas le temps de boire de la bière. J’avais dit deux tounes, mais je suis plein de bullshit.» On t’aime pareil, Philippe.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Félix de Choses Sauvages refait surface pour aller l’embrasser. Il n’a pas l’air d’aller mieux qu’au 5 à 7 de Laurence-Anne.

Encore Félix/Photo: Élise Jetté

Dehors, la foule de Loud et Degrassi Nouvelle Génération: même combat.

Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

«Rouyn a toujours été la ville la plus chaude», lance le rappeur alors qu’il fait quelque chose comme 2 degrés. Lary Kidd, invité sur scène par son comparse, a quelque chose à dire: «Yo, j’aime tellement Rouyn!»

Lary Kidd et Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

C’est l’heure du gansta rap avec Souldia. Prévoyant que ça pouvait brasser, deux gardes du corps se retrouvent aux extrémités de la scène du Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ce qui n’empêche pas le rappeur de sauter à de nombreuses reprises dans la foule. Peut-être voulait-il voler le casque de sécurité que portait un fan?

Les fans du rappeur auront droit à un Souldia content de retrouver son public abitibien. Naya Ali aura même l’honneur de venir brasser la cage lors d’une performance.

Souldia/Photo: Mathieu Aubry

Pendant ce temps, d’autres membres du groupe s’époumonent à Victime au Cabaret de la dernière chance.

Victime/Photo: Élise Jetté

Simon Provencher décalisse ses lunettes et de nombreuses personnes se décalissent en général.

Victime/Photo: Élise Jetté

Quelqu’un qui voulait se battre se fait également crisser dehors. Comme quoi la sécurité aurait dû se répartir entre le show de Souldia et celui-là.

Les lunettes de Simon de Victime/Photo: Élise Jetté
Victime/Photo: Élise Jetté

Nous quittons finalement pour attraper le trio rock garage japonais The 5.6.7.8’s.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Tout devient mongol au Diable Rond, devant les trois madames, habillées en comptables des années 70, qui produisent des sons incroyables et reconnus (notamment dans les films de Tarantino).

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Le constat est simple: se faire chanter des tounes en japonais quand le buzz d’une substance plus ou moins illicite décide d’embarquer, c’est affolant.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

La soirée se conclut en gang aux danseuses avec l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose qui a été berné par ses amis afin de l’entraîner dans le vice. Un endroit où il en coûte 3$ d’entrée.

Thierry aux danseuses

Seules les filles se font carter. Après 45 minutes d’attente, une danseuse ose sortir des isoloirs pour venir sur scène pendant que l’animatrice recule la chanson afin de SUCEtenter l’appétit de la foule. «On va la rewindée pour toi Charlène», dit-elle. Charlène retournera aussi vite qu’elle est arrivée dans l’isoloir. À l’appel du last call, nous quittons aussi vite que possible cet étrange endroit au moment où System of a Down joue à tue-tête. Dans une chambre, au Motel Mistral, on mange du fromage effiloché qui a des allures d’organes.

Miam

Tout est beau.

Voici le récit de notre JOUR 1

Voici nos 11 meilleures phrases entendues durant notre deuxième journée au FME:

1- «Je suis allée dans des funérailles et cette toune-là jouait» – Élise Jetté aux danseuses.

2- «On dirait que la pluie aujourd’hui, c’est quelqu’un qui nous crache dessus» – Élise Jetté au Pool Party

3- «Tu as du parmesan dans le dos» – Quelqu’un qui n’est pas un Italien

4- «Sans oui, c’est non piquant» – Un homme qui dit vrai

5- «Quand on aime, on fait mal» – Sûrement la même personne qui a dit la phrase précédente.

6- «Je rêve d’entendre Guy A. Lepage commencer une entrevue par: « C’est quoi ton esti de problème? »» – Quelqu’un qui sera déçu

7- «Fuck le rap, mange-moi la cenne» – Entendu en direction du show de Souldia

8- «Jean-Sébastien Bach a été oublié comme Britney Spears» – Philémon Cimon

9- «Faudrait pas que je refasse cette note-là» – Un artiste dur avec lui-même

10- «Tu mérites mieux qu’un gars qui te pitche son cell dans face» – Une fille remplie de bon sens dans les toilettes du Cabaret

11- «Ça va, j’ai tout flushé le fromage» – Quelqu’un qui trouve la fin de soirée tof

Le buffet: Lou-Adriane Cassidy se fait une assiette avec ce qu’il reste

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

On n’était pas là dans le brainstorming qui a mené au titre du prochain album de Lou-Adriane Cassidy. Mais on peut présumer que c’est allé de même:

«Comment tu veux l’appeler?

– Comme la première track, je pense.

– Sick. Et c’est quoi don’ le titre?

– C’est « la fin du monde à tous les jours ».

– Cool. Donc l’album va s’appeler C’est la fin du monde à tous les jours.

– Juste La fin du monde à tous les jours.

– Trop tard, c’est déjà à l’imprimeur.»

Mais bref. Le premier single s’appelle Ce qu’il reste et on peut l’entendre ici.

Y’a personne qui sonne comme Jonathan Personne. Pis c’est peut-être ça qu’il veut dire dans sa toune Comme personne. Mais personne va vraiment vous le confirmer. Ou peut-être. Personne le sait. Sauf Jonathan Personne.

Toujours audacieux dans ses choix de reprises, Rudy Berhnard (ex Les Incendiaires) a lancé en face B de son single Le garçon divisé une reprise de Jean Leloup. Sauf qu’on parle pas de ça ici. On parle du clip pour Le garçon divisé. Mais ça vient ensemble. En tout cas.

Si vous l’aviez pas encore vu passer, sachez que Laurence Nerbonne rape, désormais. On peut pas dire qu’on l’avait vu venir.

Parlant de rap, on salue Rymz pour son nouveau clip en panoramique, non recommandé pour une écoute verticale sur son téléphone.

Pis Vendou, lui, est ben focus sur 2019, vu que son nouveau single, 1 Time est sur une publication prévue pour le 30 août 2019. Gros plan quinquennal, pareil.

C’est vraiment subtil dans le clip Hisser Haut de Capitaine Salaud, mais pensez-vous que lui et sa gang sont des fumeurs?

Ah, pis finalement, une toune de Noël! C’est correct si c’est Elliot Maginot qui la propose. Notre Michael Bublé à nous, on va dire.

Le buffet : Dany Placard dans sa boisson mauve

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Dany Placard essaie d’être le rappeur préféré de tes rappeurs préférés, bref: le choix des professionnels. C’est rien d’personnel.

Tactique audacieuse de Simon Kingsbury, qui présente un vidéoclip pour Dans l’corridor qui se passe essentiellement dans des espaces larges.

Dites bienvenue chez Audiogram à Elliot Maginot grâce à son nouveau clip pour la pièce Common Place.

C’est vraiment maudit de monter une liste d’écoute avec un titre qui s’appelle Chu pas là. Ben non, David Marin. T’es là. Dans la liste, en tout cas.

Ta dose hebdo d’électro nouveau et de rose internet t’est offerte par NOIA.

Festival, froid, folk : les 3 F d’Artefact 2017

Mes deux dernières éditions du Festival Artefact avaient été d’assez beaux moments, comme je vous l’ai dit à quelques reprises sur le présent site. Ce qui fait que, quand j’ai reçu une invitation des organisateurs pour aller y présenter un dj set cette année, mettons que j’étais pas mal content! Compte-rendu d’une pause de MUTEK et d’une visite folk en terres campivallensiennes.

N’osant toujours pas retenter l’expérience vélo cette année, je décide d’expérimenter un mode de transport que je n’ai toujours pas utilisé pour me rendre au festival cette année: le bus. Ça tombe bien d’ailleurs parce que le festival a obtenu un accord avec le RTM pour permettre aux festivaliers de voyager gratuitement sur présentation d’un billet, même si mon chauffeur a l’air sweet fuck all au courant… Je m’obstine un peu et réussis à entrer dans le bus avec ma blonde, qui m’accompagne pour une rare fois en festival, sous promesse préalable que ça ne dérape pas trop.

Lydia, lumineuse / Mathieu Aubre
Lydia, lumineuse / Photo: Mathieu Aubre

Jusque-là, c’est bien beau le bus, mais une ride d’une heure trente, ça te met pas dans le mood le plus festif de l’histoire, mettons. Donc l’arrivée pour la perfo de Lydia Képinski n’est pas ma plus fraîche en carrière. Je vais passer rapidement sur le show, si vous me permettez, parce que je vous en parle déjà souvent et aussi parce que j’étais surtout occupé à setter mon matériel pour le set de fin de soirée au lieu de vraiment bien écouter. Ma seule note est la citation suivante: «Là, c’est vraiment pas stressant faque je vais casser une nouvelle toune… Êtes-vous insultés?». Mais les 7-8 personnes sur le site qui ne faisaient pas partie de l’équipe ou des bands avait l’air d’avoir ben aimé.

Nés pour être sauvages / Mathieu Aubre
Nés pour être sauvages / Photo: Mathieu Aubre

Suivront sur la scène principale les gars de Choses Sauvages, toujours affublés de leur orgue à vendre qui leur confère des allures de Charlotte Cardin. Faisant dans le plus dansant que cette dernière, les boys s’attaquent à une foule au départ timide et éparse. En même temps, faut reconnaître qu’un jeudi soir en festival hors de Montréal, c’est jamais la cohue non plus et qu’il n’est que 19 h en plus, à la défense d’Artefact. Ceci dit, le public s’approche et grandit peu à peu, au fil des nouvelles compos francos que les fans (genre moi pis ma blonde) connaissent déjà depuis un petit bout. Belle petite pause plus new wave dans une soirée surtout caractérisée par ses tendances plus bedroom pop.

Douce froideur avec Harfang / Mathieu Aubre
Douce froideur avec Harfang / Photo: Mathieu Aubre

Le set suivant sera celui des Québécois Harfang, introduits comme un band d’électro. Pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus mettons. #my2cents Et si la musique est ben belle est le public plus nombreux, les choses commencent à se gâter à partir d’ici pour mon expérience. C’est qu’en bon Montréalais un peu colon que je suis, j’ai comme oublié qu’il y a une tendance à faire pas mal plus frette hors de mon chez-moi et sur le bord de l’eau… Oui, même après une lente mort par hypothermie à la Grosse Lanterne le mois passé. Oui, même après être passé proche de la pneumonie en me baignant au FME y’a presque un an jour pour jour. Mais qu’est-ce tu veux, faut ben que je préserve ma réputation durement acquise de journaliste en gougounes.

Faque tout ça pour dire que je commence à avoir frette en criss vu que je porte mon habituel duo short-sandales, le tout heureusement agrémenté d’un providentiel crewneck. Je passe donc une bonne partie du show de Harfang à faire des jumping-jacks et du jogging, même si c’est moyen le genre de musique à s’y prêter. Le groupe est en effet plus occupé à faire planer efficacement la foule qu’à se soucier de mon intégrité physique, ce qui est probablement une bonne chose au final.

Vincent bouge / Mathieu Aubre
Vincent bouge / Photo: Mathieu Aubre

Vous vous douterez donc que mon attention sera encore une fois un peu déficiente durant les shows suivants. Je passerai pas mal 90 % du show de Vincent Appelby au chalet, à jaser avec la gang de Harfang en grappillant un peu de café et de crudités. L’autre 10 % sera consacré à essayer de prendre une photo potable du gars pour les Instagram. C’est qu’il bouge pas mal sûr scène, Vincent, en bon show man qu’il est! Dommage, parce que je pense que c’est le seul show qui aurait justement eu le potentiel de me réchauffer un peu…

Ma photo pref de beyries / Mathieu Aubre
Ma photo pref de beyries / Mathieu Aubre

Je ressors pour Beyries, qui co-headline en quelque sorte cette première soirée du festival. Je pense que la plus grande qualité de cette artiste en spectacle, c’est sa relation avec son public. Oui, c’est une excellente musicienne et ses compositions se transposent bien en live, surtout avec le superbe apport de Judith Little qui l’accompagne, mais c’est aussi une excellente conteuse. Elle a le don de jaser pour vrai avec son public, le tout dans un naturel et une proximité qui impressionnent. Et c’est ce qu’elle fait justement à plusieurs reprises, parlant au passage de votre blogue préféré, alors qu’elle raconte son expérience au show de Andy Shauf à Béthanie. Elle a adoré notre montage et elle est parle sur scène! On est bien contents parce qu’on l’aime aussi, la belle Beyries.

Les photos prefs de Beyries / Élise Jetté
Les photos prefs de Beyries / Élise Jetté

Il faisait noir pendant le show d'Elliot... / Mathieu Aubre
Il faisait noir pendant le show d’Elliot… / Photo: Mathieu Aubre

Dernier groupe de la soirée: Elliot Maginot, en formule full band. Le gars nous dit d’emblée avoir passé une des plus belles journées de sa vie à Valleyfield et remercie l’équipe du festival de l’accueil. Difficile d’être en désaccord avec lui sur ce dernier point: c’est vrai que je suis très bien reçu à Artefact année après année! Il enchaîne avec les chansons sensibles qu’on lui connaît, charmant une foule qui quitte quand même tranquillement pas vite devant les 11 degrés de température. Moi, je dois éventuellement me retirer un peu également, question de finaliser ma playlist de la soirée, mais j’observe tout de même du coin de l’œil ma copine fangirler solide et je me dis que ça doit être assez cool à regarder.

Mon bureau de fin de soirée / Mathieu Aubre
Mon bureau de fin de soirée / Photo: Mathieu Aubre

C’est donc perché au-dessus de la scène Cogeco que j’amorce mon set avec le remix de Lotus Flower de Radiohead, remixée par Jacques Greene à la seconde où Elliot pose sa guitare, soit vers 23 h 50… pour finalement me retrouver avec moins d’une dizaine de personnes sur le site à la fin de la chanson. Le festival tentait l’expérience d’un set extérieur un jeudi soir pour la première fois en 6 années d’existence. (Remarquez que c’est peut-être juste moi qui attire pas le public campivallensien aussi…) Je mixerai quand même une petite heure pour les bénévoles et les gens des bars toujours présents sur le site avec une petite sélection de house indé, passant par CRi, Blue Hawaii, Cassius et autres Daphni de ce monde. Les gens sortent l’air satisfait, donc ma job semble tout de même bien exécutée et je ressors heureux d’une troisième année de présence consécutive à Artefact, un beau petit festival de fin de saison qui continue, année après année, à prendre de l’ampleur pour le mieux!

Double date lumineuse avec Elliot Maginot

Eh non, Sean Paul n’était pas le seul artiste à présenter un spectacle dans la région métropolitaine lundi. Dans un cadre plus enchanteur que le Beachclub, Elliot Maginot, offrait, deux fois plutôt qu’une, du nouveau matériel en cette soirée estivale.

Afin de meubler l’attente des fans qui perdure depuis la parution en 2014 de son album Young/Old/Everything.In.Between, Elliot Maginot leur donnait rendez-vous initialement pour une seule représentation de son spectacle. L’engouement aura eu raison de transformer cette date en une double date à la Casa Del Popolo.

Nous avons opté pour la représentation de 22 h; à 19 h, on était encore sur une terrasse.

Comble de bonheur: la bière est en spécial, les lundis, à la Casa.

Dualité voix-éclairage / Photo: Mathieu Aubry
Dualité voix-éclairage / Photo: Mathieu Aubry

Accompagné sur scène de Mariane Bertrand, de Mathieu Leguerrier ainsi que de Vithou Thurber-Promtep, Elliot Maginot aborde un t-shirt blanc aux manches retroussées rappelant vaguement James Dean. Il en profitera pour narguer le reste de son band, en soulignant qu’il est le seul a avoir changé de tenue vestimentaire entre les deux représentations.

Tout au long du spectacle, le subtil jeu d’éclairages mettra l’accent sur la voix unique du chanteur. Le charme d’Elliot Maginot réside justement au sein des multiples tonalités qu’il emprunte dépendant s’il recherche un accent plus rock ou folk.

Suivant à la perfection le rythme des pièces, la foule captive se fait bercer par la dualité voix-lumière. La ville de Montréal aurait dû engager cet éclairagiste afin d’illuminer le pont Jacques-Cartier, il y aurait eu un peu plus de diversité… à moindre coût.

Dualité voix-éclairage / Photo: Mathieu Aubry
Dualité voix-éclairage / Photo: Mathieu Aubry

N’étant pas très à l’aise dans le blabla entre les morceaux, il ose nous faire rire, mais se rend compte, assez humblement, qu’il n’est pas un humoriste: «J’ai fait des interventions so so tantôt [à la première représentation], je vais essayer de ne pas les refaire», affirme-t-il, candidement.

Le staff de la Casa Del Popolo se charge du volet humoristique grâce à ce fabuleux jeu de mots.

Excellent jeu de mot / Photo: Mathieu Aubry
Excellent jeu de mots… / Photo: Mathieu Aubry

La foule apprécie grandement la performance et, sans surprise, elle en redemande.

Juste avant d’entamer le rappel, Elliot Maginot nous confie qu’il est au bout du rouleau: «Vous êtes trop fins, je veux juste aller me coucher.»

Ne reste plus qu’à attendre la parution du prochain opus… en observant le pont Jacques-Cartier la nuit.

Live au Cha Cha sur la Rive-Nord : le réveil de la force

 

Il semble que pour plusieurs la scène musicale et culturelle de la Rive-Nord ait beaucoup à envier à l’effervescence de Montréal. C’est pour démanteler cette idée qu’Odyscène et Scène 1425 présentaient jeudi dernier, le lancement de la programmation hiver/printemps de la série de spectacles Live au Cha cha.

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Jesse Mac Cormack / Photo: Catherine Cadotte

Arriver à Sainte-Thérèse, c’est un peu arriver dans un village bucolique des Laurentides. Une rue principale remplie de petits commerces coquets, des lampadaires décorés, une église illuminée au beau milieu de la place publique et un très apprécié stationnement municipal pour permettre aux passants de déambuler tranquillement dans les rues du centre-ville. Avec un cégep réputé pour ses programmes en art et ses nombreux bars, Sainte-Thérèse s’est taillée, au fil du temps, une place importante tant dans l’agenda des artistes locaux que dans la vie des résidents de la Rive-Nord.

La table est mise pour un lancement intime et convivial, qui annonçait entre autres la venue de Suuns, Charlotte Cardin, Koriass et Elliot Maginot à la mythique salle le Cha Cha. La présentation-sans-prétention s’est conclue avec une toune acoustique de Jesse Mac Cormack et la distribution de poutines et de hamburgers, gracieuseté de la pomme frite du quartier. Sympathique.

À travers la programmation, il y avait plus que la volonté de faire connaître les artistes influents du moment sur la Rive-Nord, on a senti le désir de faire vivre aux artistes et aux spectateurs l’expérience de la petite salle. Un moment qui permet de s’approprier une salle et de tester du matériel inédit dans une ambiance intimiste. C’est une expérience qui devient intéressante pour tout le monde parce qu’elle offre aux résidents de la couronne nord une résidence pour les artistes locaux et émergents qu’ils auraient probablement vus dans un contexte de festival ou dans une salle sur l’île de Montréal.

Si on sent un bouillonnement culturel évident à Sainte-Thérèse, il faut rappeler que Laval s’est doté l’an dernier du festival MRCY, permettant également la venue de Safia Nolin, Alaclair Ensemble, Joy Formidable et une poignée d’artistes internationaux venus fouler les planches aux abords du métro Montmorency. Serait-ce une avenue vers la création d’un sentiment de fierté et d’appartenance pour les jeunes Lavallois? À suivre, mais l’offre culturelle est visiblement grandissante.

Jesse Mac Cormack et Matt Holubowski

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Jesse Mac Cormack / Photo: Catherine Cadotte

Le spectacle au Cha Cha qui suivait le lancement a débuté avec la guitare langoureuse de Jesse Mac Cormack, qui s’est livré avec son habituelle communion musicale avec sa guitare. Démontrant une visible complicité avec ses musiciens, il a offert des passages improvisés qui nous faisaient apprécier encore plus la virtuosité dans son exécution des sons blues et folk. C’était prenant.

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Matt Holubowski / Photo: Catherine Cadotte

Le spectacle s’est conclu avec la performance de Matt Holubowski, le gars de La Voix, qui effectivement, a une jolie voix. Son univers paisible nous rappelle Patrick Watson dans le ton, mais musicalement, il n’oeuvre pas dans la plus grande originalité.

Pour la programmation complète de la série de spectacles live au ChaCha c’est ici.

Elliot Maginot et Jesse Mac Cormack : du beau rock en deux temps

Montréal en lumière s’est offert quelque chose comme un ladies night, hier soir. Elliot Maginot et Jesse Mac Cormack ont enchaîné leurs prestations de rock langoureux sur la scène de L’Astral, devant un public composé principalement de filles contemplatives.

Elliot Maginot et Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté
Elliot Maginot et Jesse Mac Cormack (montage)/Photo: Élise Jetté

Arrivant sur scène vêtu d’une étrange tunique verte à motifs, Elliot Maginot entame les festivités et enflamme les jeunes femmes aux voix aiguës. Sous les cris stridents, il enchaîne quelques pièces de son premier album, sorti l’an dernier.

Contrairement à son lancement (la dernière fois où je l’ai entendu), on perçoit beaucoup sa voix qui se superpose joliment aux instruments plutôt que de s’y perdre. On ne peut qu’apprécier davantage l’ensemble.

Musicalement, les percussions révèlent une utilisation très juste de la cloche à vache, instrument trop hautement sous-estimé dans la musique actuelle. Chapeau au batteur.

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Elliot Maginot/Photo: Élise Jetté

«Bonjour, bon matin, bonsoir», formule Maginot, ignorant visiblement l’heure qu’il est. «Vous vous demandez probablement tous: mais qu’est-ce qu’il porte? Je suis chargé de magie vaudou. Ça vient de Port-au-Prince», répond-il à sa propre question sans donner davantage de détails. Très inquiétant.

Malheureusement (ou heureusement), mais surtout, étrangement, mon appareil-photo subit un étrange bogue (à cause du vaudou?) à ce moment précis et jusqu’à ce qu’il retire ledit vêtement, m’empêchant ainsi de vous fournir une image à l’appui.

Avant d’interpréter Jepeto, il souligne que ce show «à la maison» est énervant parce que sa mère, sûrement son père et sa sœur sont présents. Un homme étrange s’écrit «t’es bon!», avant qu’Elliot Maginot confirme qu’il ne s’agit pas de son père. Très troublant.

Jepeto, c’est LA toune de deux filles hystériques qui décident de troubler le quotidien paisible des gens placés en avant de la scène afin de pouvoir sentir l’haleine d’Elliot Maginot de plus près.

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Elliot Maginot/Photo: Élise Jetté

D’une lourdeur sans nom, les deux demoiselles tentent en vain de chanter les paroles de la chanson en français de Maginot, Le siècle bruyant. Échec cuisant suivi de hurlements presque aussi désagréables que la sirène ignoble annonçant le déneigement dans les rues de Montréal.

C’est à ce moment que l’une des deux filles commence à soutenir son coeur avec sa main, frôlant probablement l’arrêt cardiaque:

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Avec Marianne Bertrand au violoncelle, Elliot Maginot est, pendant un moment, en formule duo avec cette nouvelle acolyte. «On a pratiqué juste deux fois cette semaine, précise le chanteur. En fait, on a plus mangé des biscuits que pratiqué.»

Annonçant qu’il a arrêté de fumer il y a deux semaines, le principal intéressé souligne que sa voix n’est plus la même depuis qu’il est non-fumeur. «Je vais sûrement recommencer à fumer dans 30 minutes. Mieux vaut mourir avec une belle voix», confie-t-il, telle une publicité de Santé Canada.

Précisant que Jesse est nerveux quant à sa prestation qui suivra, Elliot Maginot souligne qu’il est un peu jaloux de son ami qui sait, selon ses dires, faire à peu près tout mieux que lui.«Par contre, on a fait une entrevue en duo pour la télé récemment et pour ça, je suis vraiment meilleur», ajoute-t-il en riant, avant que Jesse lui lance une banane à partir des coulisses:

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En conclusion, l’intimité de la salle permet une meilleure proximité avec l’artiste, au grand plaisir des adolescentes, mais le fait qu’on puisse mieux percevoir les voix est un point hautement intéressant qui permet à la présence scénique d’être perceptible.

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Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

La prestation de Jesse Mac Cormack débute 15 minutes plus tard. Assis sur une chaise, seul au centre de la scène, Jesse entame He Knows. Au milieu de son île, couvert d’un éclairage épuré, il s’exécute comme si la foule n’y était pas.

Rejoint par ses musiciens, il propose une version plus groovy de No Other en accentuant les pauses durant des silences étirés où l’on n’entend pas un son.

Déployant ses talents de guitariste érudit, Jesse est continuellement en communion avec son instrument qui agit définitivement comme le prolongement de son être.

«Elliot est plus drôle que moi, mais je suis meilleur pour faire des solos, lance-t-il en s’adressant à la foule pour une première fois après cinq pièces.  C’est la seule joke que je vais dire», dit-il en riant.

Jesse propose une performance généralement rock, avec des solos impressionnants qui captivent et envoutent.

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Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Faisant fi des formalités, Mac Cormack annonce: «on pourrait faire une autre chanson et le rappel, mais on peu juste faire trois autres chansons de suite, aussi.» C’est ce qu’il fait.

Parfait.

Après Too Far Into, l’artiste délaisse momentanément son band pour une pièce plus folk où il chante:

This lover ain’t blind
This lover ain’t mind, but she acts like she is

Très joli.

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Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Durant toute la soirée Jesse Mac Cormack s’exécute comme si une bulle enveloppait son band et lui. Ce n’est pas commun de jouer ainsi.

À mes côtés, une jeune femme discute avec une autre: «Il n’a vraiment pas parlé beaucoup entre ses tounes. C’est décevant.»

J’ai envie de lui demander pourquoi elle est venue. La musique qu’elle a entendue est sans doute l’équivalent d’un post-doctorat en déplacement des doigts sur une guitare. Je choisis de me taire.

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Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

C’est un reproche général qui est souvent fait aux musiciens: de ne pas interagir adéquatement avec leur public. Je crois qu’il est nécessaire de constater qu’il est nettement non-nécessaire de s’esclaffer entre deux moments de totale fusion musicale avec un artiste. Mieux vaut ne maîtriser qu’un seul art, mais le posséder complètement.

Les musiciens doivent-ils être humoristes? Non. Le genre de groove entendu ce soir est la conséquence d’un style introvertie qui permet à des moments artistiques aussi puissants d’exister. L’artiste crée ce qui le fait sentir bien. En le sortant de ce pour quoi il est doué, on risque de perdre l’essentiel.

Jesse finit son set avec le sourire, complimentant son band pour le groove.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté
Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté