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Top 20 de l’année 2009

2009 fut une année de triche. Dès janvier, le 6 pour être précis, l’album de l’année pour plusieurs, Merriweather Post Pavilion d’Animal Collective, fut lancé. La hype web fut sans pitié tout au long de l’année pour les autres concurrents aspirant à ce titre. Tout de même, cette fin de décennie constitue l’un des meilleurs, au niveau de la musique, 365 jours des années 2000. Feu à volonté! a développé, en parallèle avec le top des blogueurs, son propre palmarès annuel, quelque part entre le premier et le 18 décembre. Voici les résultats.

lilyallen_itsnotmeitsyou20. Lily Allen
It’s Not Me, It’s You

L’électro pop peut contenir des trésors cachés. Usant d’ironie et de cynisme pour dénoncer tout en faisant des détours par la naïveté, l’attaque directe et le plaisir sain ou malsain, It’s Not Me, It’s You place Lily Allen une coche au-dessus des autres artisans de ce genre de musique qui va très rarement puiser dans des sources d’inspiration aussi variées.

thehorrors_primarycolors19. The Horrors
Primary Colors

Peut-être un peu trop proche de Joy Division et de My Bloody Valentine dans son influence, Primary Colors, lorsqu’écouté attentivement, a le mérite d’être allé piger dans le krautrock et le new wave, en plus du cold wave et du shoegaze, et d’avoir bouclé ce mélange avec talent. En résulte un monstre post-punk, évidemment très froid et torturé, mais tout autant complexe et surprenant par moment.

yacht_seemysterylights18. Yacht
See Mystery Lights

Le plaisir et la célébration sont à l’honneur sur le dernier album de YACHT. Sonorités tropicales mêlées à une façon de faire festive résultant en une production lisse et sympathique, ce qui apporte avec elle la propension à s’éclater avec un vent d’optimisme jouissif parfait pour les longues nuits.

arctic monkeys - humbug17. Arctic Monkeys
Humbug

Critiqué ou cajolé, Humbug prouve le talent des Arctic Monkeys. L’étape cruciale du troisième opus fut fièrement franchie grâce à un savant mélange d’influences psychédéliques, progressives et rock garage, avec des musiciens se relayant à tour de rôle pour maintenir la qualité de l’opus. Le résultat se camoufle dans l’ombre d’Ennio Morricone et des films d’espion.

yolatengo_popularsongs16. Yo La Tengo
Popular Songs

Yo La Tengo a décidé de faire les choses simplement pour son plus récent disque, Popular Songs. Mélodies douces de guitares naïves ou de claviers, rythmes contemporains et compositions arrangées de manière adulte et mature constituent le lot de points forts de cet album doux, mais profond.

feverray_feverray15. Fever Ray
Fever Ray

Premier album du projet solo de la moitié féminine du groupe électronique culte The Knife, Fever Ray se décrit comme un récit tordu où s’imaginent les longs soirs d’hiver et le kitsch des années 80. Mélodique, mais simple, l’album rappelle certains bons moments de The Knife tout en ayant une personnalité grave qui lui est propre.

malajube_labyrinthe14. Malajube
Labyrinthe

Tout en prenant tout le monde par surprise, Labyrinthe confirme le talent du groupe originaire de Sorel. Faisant volte-face et ajoutant des influences progressives à leur pop rock alternatif insouciant, les musiciens du groupe ont offert un opus épique qui a comblé l’auditeur par ses paradoxes et ses arrangements accomplis.

valleys_sometimewaterkillspeople13. Valleys
Sometime Water Kills People

D’un groupe anglophone de Montréal, Sometime Water Kills People se fonde sur des bases folk pour grimper vers des cieux lo-fi et rock avec parfois une esthétique brouillonne et brumeuse, à l’image de la rosée et du brouillard matinal. Mélodies caressantes avec instrumentation classique sont à l’honneur sur ce très bon disque.

fuckbuttons_tarotsport12. Fuck Buttons
Tarot Sport

Là où le premier disque de Fuck Buttons a échoué, le second a réussi. Les explosions noisy s’appuient sur des bases électroniques en feu d’artifice pour créer une mixture enivrante. Les sons électroniques clairs à la Animal Collective se frottent aux lacérations bruyantes et aux mélodies groovy des deux Britanniques pour accoucher d’un résultat hybride entre l’ambiance et la transe.

clues_clues11. Clues
Clues

Le grand album délaissé par les médias de masse au Québec est celui de Clues. Groupe formé par un ancien membre d’Arcade Fire et un ancien de The Unicorns, tous les ingrédients sont réunis pour concocter de l’indie rock solide à l’arrière-goût montréalais quartier Mile End. Entre le lyrisme de la bande à Win Butler et le brouillard des Unicorns, la mission de lancer un premier disque mémorable est accomplie.

bearinheaven_beastrestforthmouth10. Bear in Heaven
Beast Rest Forth Mouth

Usant avec force du psychédélisme, Beast Rest Forth Mouth marrie le LSD au krautrock avec des claviers enivrants et rock tribal paléolithique. Une voix intrigante, fusionnée avec des rythmes électro et des doses débordantes d’éclatement artistique, a donné un disque somptueux et enrobant où se mêlent le réconfort du feu de foyer et la psychose d’une nuit sur l’acide.

dinosaurjr_farm9. Dinosaur Jr.
Farm

Second album après le retour du trio original, Farm reprend la voix mélancolique et brisée de J. Mascis pour l’accoupler à de l’indie rock absolument solide et rigoureux. Surfant par moments sur le succès critique et musical de You’re Living All Over Me, la puissance musicale du trio a encore une fois pondu un album remarquable.

theflaminglips_embryonic8. The Flaming Lips
Embryonic

La bande à Wayne Coyne repousse encore une fois les limites de l’acceptable musicalement avec Embryonic, album massif d’une durée de plus de 70 minutes bondé de détours complexes, de moments bruyants mélodieux et d’innovation instrumentale où se croisent tout et n’importe quoi de manière convenue et massacrante. Oreilles sensibles s’abstenir.

florence and the machine_lungs7. Florence and the Machine
Lungs

À mi-chemin entre une voix à la Lily Allen, entre de la pop de chambre contemporaine, de la pop britannique et une fabrication rock globale, Florence and the Machine, ainsi que Lungs, leur premier disque, apparaissent de nulle part avec une chanteuse troublée et charismatique. Musicalement, l’album frappe grâce à ses mélanges alchimiques improbables mais complètement réussis.

japandroids_post-nothing6. Japandroids
Post-Nothing

Si la nouvelle vague noise mettant en vedette No Age, Wavves et The Pains of Being Pure At Heart s’inspire en partie de Kevin Shields et des autres bruyants de la fin des années 80, Japandroids reprend plutôt les années 90 et l’indie rock dans un format duo en feu. Batterie explosive et guitare puissante se mêlent à l’envie d’une jeunesse de tout faire péter et de crier son existence.

grizzlybear_veckatimest5. Grizzly Bear
Veckatimest

Considéré comme l’un des principaux concurrents au trône de l’album de l’année, Veckatimest est le point culminant du folk alternatif de 2009. Harmonies vocales bien placées, instrumentation souvent simple mais efficace et constructions mélodiques surprenantes établissent les principales qualités de cet album.

theantlers_hospice4. The Antlers
Hospice

Hospice constitue l’album de 2009 le plus bourré d’émotions. Une voix haute et triste, sur fond musical atmosphérique créé par des claviers aériens, des guitares sourdes et des arrangements lourds et neutres, qui déblatère une histoire de mort et d’amour ayant lieu dans un hôpital. Ici s’entremêlent romantisme lyrique et fatalisme à la Arcade Fire pour donner un résultat déstabilisant et marquant.

atlassound_logos3. Atlas Sound
Logos

Bradford Cox prouve encore une fois son génie grâce à un alliage entre la pop électronique de chambre et le shoegaze nuageux et opaque. Chaque sonorité est traitée pour ne ressembler à rien de commun, chaque mélodie est exploitée à son plein potentiel et les arrangements sont innovateurs et créatifs.

stvincent_actor2. St. Vincent
Actor

Annie Clark et sa bande ont créé un album folk débordant de paradoxes et de créativité. Alternant entre presque balades douces menées par la voix gracieuse de la dame et passages torturés risqués et dramatiques, la force de l’album se cache dans la naïveté de la leader, toujours brisée par des drames agressifs et pointus, ce qui fait en sorte qu’Actor constitue un monde fantastique, mignon, mais tordu.

animalcollective_merriweatherpostpavillon1. Animal Collective
Merriweather Post Pavilion

Acclamé dès le début de l’année par les sbires du web 2.0, Merriweather Post Pavilion aura réussi, grâce à son mélange pop édifié sur des bases de folk et d’électronique accouplées à un sacré vaccin de créativité dans le choix des sonorités et dans la création des mélodies, à tenir le fort jusqu’en fin d’année pour demeurer le meilleur disque de cette fin de décennie. Tout cela grâce à des paysages musicaux qui font éclater des barrières trop souvent respectées.

Suite à ce palmarès sera publié prochainement un bilan plus détaillé contenant quelques analyses. En attendant, profitez-en pour écouter la nouvelle playlist Grooveshark des meilleurs albums de l’année, dans le menu de droite.

Arctic Monkeys – Humbug [2009]

arctic monkeys - humbugArctic Monkeys
Humbug

Domino
Royaume-Uni
Note : 8/10


Arctic Monkeys n.m. Groupe de rock anglais dont la carrière a connu un fulgurant essor grâce à un très bon premier disque ayant fait fureur en Angleterre, un second opus moins puissant et, depuis le 25 août de cette présente année, un troisième album nommé Humbug faisant office de changement de cap de la part du groupe, flirtant désormais avec des influences beaucoup plus près des années 70.

Bien que ce blogue ne constitue pas un dictionnaire de groupes, on pourrait plus ou moins approximativement considérer une entrée pour le groupe anglais Arctic Monkeys comme cela. Propulsés au sommet des chartes de vente en Angleterre avec Whatever People Say I Am It’s What I’m Not, les quatre jeunes musiciens, Alex Turner en tête, ont connu une ascension extraordinaire. Et contrairement à la plupart des vedettes instantanées de notre ère post-moderne vantant le réchauffé, ceux-ci méritaient d’avoir les caméras, appareils photo et micros braqués devant eux. Peut-être pas autant, mais quand même pas mal.

Dans un engouement commercial et populaire marqué, le groupe a lancé cet été son troisième album. Après les deux premiers efforts vachement indie rock, le groupe nous revient avec une troisième charge beaucoup plus posée. Au lieu de jongler avec la distorsion dans le tapis et l’énergie dévastatrice de la jeunesse en furie, les musiciens ont réfléchi à leur disque pour pondre quelque chose de plus psychédélique, avec retenue évidemment, et de moins agressif. La voix de Turner s’est calmée, nageant dans des eaux quelques fois plus graves et souvent moins criardes.

L’album débute par My Propeller, rythmée par une batterie solide de par sa capacité à conduire la voiture mélodique propulsée par une guitare propre et grave. Turner ne crie pas, ne beugle pas, chante dans une tonalité plus mature et les effets de guitare s’apparentent beaucoup plus à The Last Shadow Puppets qu’à Brianstorm. L’effet est réussi : la force vitale des Monkeys, reposant en leur capacité à transformer leurs ambitions de jeunesse en musique solide, se recycle pour devenir beaucoup plus imagée et profonde.

Concrètement, des chansons comme My Propeller et Crying Lighting possèdent des bases de rock progressif et psychédélique. Voix off, chorus en fond sonore et mélodies cinématographiques emballantes font office de support à la voix calmement rapportée de Turner. Crying Lighting mélange le refrain fonceur avec la voix lancée de façon saccadée par-dessus une batterie roulante avant d’exploser sur un passage coupé très carré sorti de nulle part. Le batteur, Matt Helders, tire toujours son épingle du jeu avec des percussions qui reprennent les points faibles des autres instruments. Lorsqu’un passage devient répétitif, les tambours s’affichent présents pour relever d’un cran les compositions musicales en apportant une variante au rythme ou à la mélodie. Crying Lighting en est un bon exemple. Et lorsqu’elle s’allie à la basse, comme sur le refrain de Dangerous Animals, le duo est dévastateur : mélodie en croche toujours un peu plus haute ou plus basse pour capter l’attention de l’auditeur le maintiennent dans cet état.

Les Arctic Monkeys ont tout planifié pour cet album. Le producteur est Josh Homme. Les influences psychédéliques, alternatives et post-punk. Les maisons de disque indépendante et major. Et surtout, on comprend que la tête dirigeante du groupe est définitivement Alex Turner, qui semble posséder le désir de transformer tout ce qu’il touche en possible trame sonore de film de cowboy ou d’espion.

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