Catégorie: Palmarès et listes

Quelques bons albums à écouter en hiver

L’hiver est une saison mal-aimée, détestée par plusieurs pour ses longues nuits froides, ses impressionnantes quantités de neiges annulant tout trafic routier, l’obligation de pelleter l’entrée chaque jour et celle de porter de gros manteaux chauds pour se défendre contre les ardentes rafales poudreuses.

Pourtant, la saison froide apporte avec elle une atmosphère extrêmement calme, profonde et envoûtante, comme un rideau de scène recouvrant le ciel de façon permanente. Et puisqu’il faut passer à travers ces trois mois, aussi bien le faire avec plaisir. Voici donc une courte liste, purement subjective et dans le désordre, d’albums parfaits à écouter en plein blizzard, à -30°.

Agaetys Byrjun - Sigur Ros

Sigur Rós
Ágætis byrjun

Fatcat
Islande
1999-2000

Tout en étant un album phare de la décennie et du courant post-rock, Ágætis byrjun se compose essentiellement d’une musique éthérée, planante et atmosphérique. Né dans les froides landes nordiques de l’Islande, l’aura de l’album rappelle de grands paysages couverts de blanc sur lesquels tombe des flocons reflétant la lumière lunaire. Bref, un chef-d’oeuvre à savourer couché sur le lit ou durant l’observation de la décomposition des nuages lors des longues nuits froides.

Trompe-l'oeil - MalajubeMalajube
Trompe-l’oeil

Dare to Dare
Québec
2006

Ne serait-ce que pour la classique Montréal -40°C, Trompe-l’oeil s’inscrit tout naturellement dans cette liste. Entre pop jouissive et indie rock amusant, le deuxième opus des quatre natifs de Sorel-Tracy semble avoir été arrangé spécifiquement pour une écoute à travers les rues de Montréal un après-midi de janvier. Entre « l’ours polaire dans l’autobus », les guitares froides, les synthétiseurs glacés, la voix effacée de Julien Mineau déambulant dans des corridors de textes axés sur la maladie, Trompe-l’oeil constitue un passage obligé lorsque l’on passe une semaine à éternuer couché dans son lit. À ne pas oublier, la triomphale La monogamie, superbe climax de l’album.

theknife_silentshoutThe Knife
Silent Shout

Rabid
Suède
2006

On ne peut négliger le duo suédois dans ce genre d’exercice. Olef Dreijer et Karin Dreijer Andersson, frères et soeurs, se sont certainement inspirés des paysages de leur patrie natale lors de la composition de ce disque. Charges électroniques caverneuses mais lumineuses sur Neverland, explosion d’une source mélodique chaude à l’intérieure mais hivernale à l’extérieure sur We Share Our Mothers’ Health et gouttes d’eau mêlées à des atmosphères de nuits troublées sur Like a Pen, Silent Shout est, d’une part, un excellent disque et, d’autre part, parfait pour la saison froide.

Bjork - HomogenicBjörk
Homogenic

One Little Indian
Islande
1997

Il y a, chez Björk, cet aspect fondamental de la destruction et reconstruction musicale. Tout démolir pour rebâtir quelque chose depuis les ruines du chaos de la même façon que le phénix renaît de ses cendres ou que les arbres reviennent à la vie au printemps. Et entre temps, Homogenic, avec ses rythmes électroniques fusionnés à des instruments à cordes synthétiques utilisés comme quartier général pour la merveilleuse voix de la chanteuse, propose le parfait habillage nostalgique et dramatique comme trame sonore en cette période où la nature se retrouve comateuse et endormie.

arcadefire_funeralArcade Fire
Funeral

Merge
Québec
2004

Vivant en symbiose avec l’hiver montréalais, étant donné ses inspirations (la crise du verglas en 1998, les nombreux décès dans les familles des musiciens du groupe), Funeral a radicalement changé le monde musical de la métropole québécoise dès sa sortie. Enregistré dans un studio analogique avec, au départ, peu de moyens, l’album s’écoute comme une décharge d’espoir lyrique se frayant un chemin dans un monde profondément fataliste déterminé par la glaciation des âmes et l’emprise de la mort, un peu comme l’hiver maintient la verdure prisonnière de son manteau blanc, le soleil éloigné avec d’énormes nuages gris et les vents chauds à distance avec de grands murs de glace.

thewalkmen_youandmeThe Walkmen
You & Me

Gigantic
États-Unis
2008

Les rois du treble s’insèrent dans cette liste grâce à leur acoustique, haute en fréquences et présentée avec beaucoup d’écho. Cette sonorité rappelle celle des grands endroits ouverts et enneigés, où ce dernier élément constitue rembourrage reflétant et amplifiant le son. Et la lumière. Tout comme You & Me, album d’indie rock à la fois lumineux de par les mélodies craquantes et cassantes et les arrangements engloutissant toute ambiance extérieure. Et quelle meilleure chanson possible pour célébrer la première véritable fête de l’hiver, le Nouvel An, qu’In the New Year? « I know that it’s true/It’s gonna be a good year/Out of the darkness/And into the fire », clame Hamilton Leithauser, question de passer une excellente saison.

paschicchic_aucontrairePas chic chic
Au contraire

Semprini
Québec
2008

Complètement ignoré au Québec lors de sa sortie (et encore aujourd’hui), Au contraire a pourtant placé Pas chic chic au sommet de la créativité musicale québécoise. Et avec un amalgame de synthétiseurs cinématographiques et d’harmonies de voix partagées entre cordes vocales féminines et masculines localisées, dans le mix, en hauteur, cet album cadre parfaitement avec un décor de glace et de ciel couvert.

Comme cela a été mentionné au départ, cette liste est basée sur des critères, purement subjectifs, de ce que constitue un bon album d’hiver. Ces critères étant, vous l’aurez compris, une musique souvent froide, atmosphérique, pleine d’écho et dotée d’une acoustique particulière. Si vous, lecteurs, avec des suggestions d’albums pour cette liste, n’hésitez pas à en faire part. Sur ce, bonne saison froide!

Top 20 de l’année 2009

2009 fut une année de triche. Dès janvier, le 6 pour être précis, l’album de l’année pour plusieurs, Merriweather Post Pavilion d’Animal Collective, fut lancé. La hype web fut sans pitié tout au long de l’année pour les autres concurrents aspirant à ce titre. Tout de même, cette fin de décennie constitue l’un des meilleurs, au niveau de la musique, 365 jours des années 2000. Feu à volonté! a développé, en parallèle avec le top des blogueurs, son propre palmarès annuel, quelque part entre le premier et le 18 décembre. Voici les résultats.

lilyallen_itsnotmeitsyou20. Lily Allen
It’s Not Me, It’s You

L’électro pop peut contenir des trésors cachés. Usant d’ironie et de cynisme pour dénoncer tout en faisant des détours par la naïveté, l’attaque directe et le plaisir sain ou malsain, It’s Not Me, It’s You place Lily Allen une coche au-dessus des autres artisans de ce genre de musique qui va très rarement puiser dans des sources d’inspiration aussi variées.

thehorrors_primarycolors19. The Horrors
Primary Colors

Peut-être un peu trop proche de Joy Division et de My Bloody Valentine dans son influence, Primary Colors, lorsqu’écouté attentivement, a le mérite d’être allé piger dans le krautrock et le new wave, en plus du cold wave et du shoegaze, et d’avoir bouclé ce mélange avec talent. En résulte un monstre post-punk, évidemment très froid et torturé, mais tout autant complexe et surprenant par moment.

yacht_seemysterylights18. Yacht
See Mystery Lights

Le plaisir et la célébration sont à l’honneur sur le dernier album de YACHT. Sonorités tropicales mêlées à une façon de faire festive résultant en une production lisse et sympathique, ce qui apporte avec elle la propension à s’éclater avec un vent d’optimisme jouissif parfait pour les longues nuits.

arctic monkeys - humbug17. Arctic Monkeys
Humbug

Critiqué ou cajolé, Humbug prouve le talent des Arctic Monkeys. L’étape cruciale du troisième opus fut fièrement franchie grâce à un savant mélange d’influences psychédéliques, progressives et rock garage, avec des musiciens se relayant à tour de rôle pour maintenir la qualité de l’opus. Le résultat se camoufle dans l’ombre d’Ennio Morricone et des films d’espion.

yolatengo_popularsongs16. Yo La Tengo
Popular Songs

Yo La Tengo a décidé de faire les choses simplement pour son plus récent disque, Popular Songs. Mélodies douces de guitares naïves ou de claviers, rythmes contemporains et compositions arrangées de manière adulte et mature constituent le lot de points forts de cet album doux, mais profond.

feverray_feverray15. Fever Ray
Fever Ray

Premier album du projet solo de la moitié féminine du groupe électronique culte The Knife, Fever Ray se décrit comme un récit tordu où s’imaginent les longs soirs d’hiver et le kitsch des années 80. Mélodique, mais simple, l’album rappelle certains bons moments de The Knife tout en ayant une personnalité grave qui lui est propre.

malajube_labyrinthe14. Malajube
Labyrinthe

Tout en prenant tout le monde par surprise, Labyrinthe confirme le talent du groupe originaire de Sorel. Faisant volte-face et ajoutant des influences progressives à leur pop rock alternatif insouciant, les musiciens du groupe ont offert un opus épique qui a comblé l’auditeur par ses paradoxes et ses arrangements accomplis.

valleys_sometimewaterkillspeople13. Valleys
Sometime Water Kills People

D’un groupe anglophone de Montréal, Sometime Water Kills People se fonde sur des bases folk pour grimper vers des cieux lo-fi et rock avec parfois une esthétique brouillonne et brumeuse, à l’image de la rosée et du brouillard matinal. Mélodies caressantes avec instrumentation classique sont à l’honneur sur ce très bon disque.

fuckbuttons_tarotsport12. Fuck Buttons
Tarot Sport

Là où le premier disque de Fuck Buttons a échoué, le second a réussi. Les explosions noisy s’appuient sur des bases électroniques en feu d’artifice pour créer une mixture enivrante. Les sons électroniques clairs à la Animal Collective se frottent aux lacérations bruyantes et aux mélodies groovy des deux Britanniques pour accoucher d’un résultat hybride entre l’ambiance et la transe.

clues_clues11. Clues
Clues

Le grand album délaissé par les médias de masse au Québec est celui de Clues. Groupe formé par un ancien membre d’Arcade Fire et un ancien de The Unicorns, tous les ingrédients sont réunis pour concocter de l’indie rock solide à l’arrière-goût montréalais quartier Mile End. Entre le lyrisme de la bande à Win Butler et le brouillard des Unicorns, la mission de lancer un premier disque mémorable est accomplie.

bearinheaven_beastrestforthmouth10. Bear in Heaven
Beast Rest Forth Mouth

Usant avec force du psychédélisme, Beast Rest Forth Mouth marrie le LSD au krautrock avec des claviers enivrants et rock tribal paléolithique. Une voix intrigante, fusionnée avec des rythmes électro et des doses débordantes d’éclatement artistique, a donné un disque somptueux et enrobant où se mêlent le réconfort du feu de foyer et la psychose d’une nuit sur l’acide.

dinosaurjr_farm9. Dinosaur Jr.
Farm

Second album après le retour du trio original, Farm reprend la voix mélancolique et brisée de J. Mascis pour l’accoupler à de l’indie rock absolument solide et rigoureux. Surfant par moments sur le succès critique et musical de You’re Living All Over Me, la puissance musicale du trio a encore une fois pondu un album remarquable.

theflaminglips_embryonic8. The Flaming Lips
Embryonic

La bande à Wayne Coyne repousse encore une fois les limites de l’acceptable musicalement avec Embryonic, album massif d’une durée de plus de 70 minutes bondé de détours complexes, de moments bruyants mélodieux et d’innovation instrumentale où se croisent tout et n’importe quoi de manière convenue et massacrante. Oreilles sensibles s’abstenir.

florence and the machine_lungs7. Florence and the Machine
Lungs

À mi-chemin entre une voix à la Lily Allen, entre de la pop de chambre contemporaine, de la pop britannique et une fabrication rock globale, Florence and the Machine, ainsi que Lungs, leur premier disque, apparaissent de nulle part avec une chanteuse troublée et charismatique. Musicalement, l’album frappe grâce à ses mélanges alchimiques improbables mais complètement réussis.

japandroids_post-nothing6. Japandroids
Post-Nothing

Si la nouvelle vague noise mettant en vedette No Age, Wavves et The Pains of Being Pure At Heart s’inspire en partie de Kevin Shields et des autres bruyants de la fin des années 80, Japandroids reprend plutôt les années 90 et l’indie rock dans un format duo en feu. Batterie explosive et guitare puissante se mêlent à l’envie d’une jeunesse de tout faire péter et de crier son existence.

grizzlybear_veckatimest5. Grizzly Bear
Veckatimest

Considéré comme l’un des principaux concurrents au trône de l’album de l’année, Veckatimest est le point culminant du folk alternatif de 2009. Harmonies vocales bien placées, instrumentation souvent simple mais efficace et constructions mélodiques surprenantes établissent les principales qualités de cet album.

theantlers_hospice4. The Antlers
Hospice

Hospice constitue l’album de 2009 le plus bourré d’émotions. Une voix haute et triste, sur fond musical atmosphérique créé par des claviers aériens, des guitares sourdes et des arrangements lourds et neutres, qui déblatère une histoire de mort et d’amour ayant lieu dans un hôpital. Ici s’entremêlent romantisme lyrique et fatalisme à la Arcade Fire pour donner un résultat déstabilisant et marquant.

atlassound_logos3. Atlas Sound
Logos

Bradford Cox prouve encore une fois son génie grâce à un alliage entre la pop électronique de chambre et le shoegaze nuageux et opaque. Chaque sonorité est traitée pour ne ressembler à rien de commun, chaque mélodie est exploitée à son plein potentiel et les arrangements sont innovateurs et créatifs.

stvincent_actor2. St. Vincent
Actor

Annie Clark et sa bande ont créé un album folk débordant de paradoxes et de créativité. Alternant entre presque balades douces menées par la voix gracieuse de la dame et passages torturés risqués et dramatiques, la force de l’album se cache dans la naïveté de la leader, toujours brisée par des drames agressifs et pointus, ce qui fait en sorte qu’Actor constitue un monde fantastique, mignon, mais tordu.

animalcollective_merriweatherpostpavillon1. Animal Collective
Merriweather Post Pavilion

Acclamé dès le début de l’année par les sbires du web 2.0, Merriweather Post Pavilion aura réussi, grâce à son mélange pop édifié sur des bases de folk et d’électronique accouplées à un sacré vaccin de créativité dans le choix des sonorités et dans la création des mélodies, à tenir le fort jusqu’en fin d’année pour demeurer le meilleur disque de cette fin de décennie. Tout cela grâce à des paysages musicaux qui font éclater des barrières trop souvent respectées.

Suite à ce palmarès sera publié prochainement un bilan plus détaillé contenant quelques analyses. En attendant, profitez-en pour écouter la nouvelle playlist Grooveshark des meilleurs albums de l’année, dans le menu de droite.

Top des blogueurs 2009

Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :

Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d’un classement des meilleurs albums de l’année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l’identique sur tous nos blogs !

St Vincent - Actor St Vincent – Actor

Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier)

Marie-Flore - More than thirty seconds if you pleaseMarie-Flore – More than thirty seconds if you please

Arbobo : Le parcours de trop de « grands » a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c’est rare de faire des débuts aussi bluffants. L’air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standard, son sens de la mélodie et sa voix sortie d’un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu’elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F)

The Tiny - Gravity & GraceThe Tiny – Gravity & Grace

Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu’elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d’émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d’oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d’Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel)

The XX- S/TThe XX- S/T

Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul)

Fever Ray - Fever RayFever Ray – Fever Ray

Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteint dans cet album sonne comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod)

Benjamin Biolay - La SuperbeBenjamin Biolay – La Superbe

Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS)

Dominique A - La MusiqueDominique A – La Musique

Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte, à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit)

Current 93 - Aleph at Hallucinatory MountainCurrent 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain

Mr Meuble : Album à l’image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l’apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist)

Converge - Axe to fallConverge – Axe to fall

Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)

Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An EagleBill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle

Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l’image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d’une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault)

DM Stith - Heavy GhostDM Stith – Heavy Ghost

Disso : Cet album est un chef d’œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l’air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d’une troupe céleste, nous envoute avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan)

The Limes - S/TThe Limes – S/T

Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo)

Vic Chesnutt - At the CutVic Chesnutt – At the Cut

Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient… (A lire également la chronique de Thomas)

Cougar - PatriotCougar – Patriot

Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l’intensité fleuve d’un Do Make Say Think tout en s’accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin)

Aufgang - S/TAufgang – S/T

Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Violette)

Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the SoulDanger Mouse & Sparklehorse – Dark Night of the Soul

Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju)

Fuck Buttons - Tarot SportFuck Buttons – Tarot Sport

Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l’essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidés par la production d’Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d’un moteur d’avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie)

Animal Collective - Merriweather Post PavilionAnimal Collective – Merriweather Post Pavilion

Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François)

Grizzly Bear - VeckatimestGrizzly Bear – Veckatimest

Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien)

Ramona FallsRamona Falls – Intuit

Lyle : Qui l’aurait cru en début d’année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d’un tas d’amis, a mis de l’ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d’être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault)

Les participants au Top des Blogueurs 2009 :

Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son : avec Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylones ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Vous pouvez retrouver l’intégralité des disques cités dans le classement ici

Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa

Albums 2008 : Le top des blogs

header2008115 blogs, un classement de 20 albums par blog, 195 disques cités, quelques débats, et un article unique posté par tout le monde le même jour à la même heure… Nous sommes fiers de vous présenter le «Albums 2008 : Le top des blogs», soit le classement des meilleurs albums de 2008 vu par 15 blogs musicaux francophones.

L’idée était, non seulement, de confronter les points de vue de bloggers tous spécialisés dans la musique via des approches bien différentes (chroniques de disque, actualité, photos, interviews ou encore billets d’humeurs), mais aussi de réaliser un projet fédérateur afin de mettre en avant les interactions qui existent de plus en plus entre nous. Il en résulte une sélection de 15 disques. Certains sont une surprise, d’autres étaient plus qu’attendus, mais tous ont mérité leur place ici.

C’est la première fois que nous nous lançons dans une telle démarche. Comme tout classement, le nôtre est probablement imparfait et relève d’un consensus entre personnalités ayant des goûts très différents, mais comme les articles que nous postons chaque jour, il a été réalisé avec passion et honnêteté, sans jamais se prendre trop au sérieux. De par les différents bloggeurs qui l’ont composé, nous espérons qu’il aura du sens à vos yeux et qu’il vous permettra de refaire quelques découvertes. En espérant pouvoir remettre ça en 2009.

- Les 15 blogs qui ont participé au projet -

Blog culturel
Dans mon mange disque
Des oreilles dans Babylone
Force critique
I Left Without My Hat
J’écoute de la musique de merde
Good Karma
Le choix de Mlle Eddie
Le Hiboo
Let’s Be Critical
L’Oreille en feu
Parlhot
Playlist society
Pop Revue Express
The Man of Rennes

- Albums 2008 : Le top des blogs -

01) PORTISHEAD – Third

02) BASHUNG – Bleu pétrole

03) TV ON THE RADIO – Dear Science

04) MGMT – Oracular Spectacular

05) SIGUR ROS – Med sud i eyrum vid spilum endalaust

06) SHEARWATER – Rook

07) PONI HOAX – Images of Sigrid

08) BLACK MOUNTAIN – In the Future

09) DEPARTMENT OF EAGLES – In Ear Park

10) THE LAST SHADOW PUPPETS – The Age of Understatement

11) SANTOGOLD – Santogold

12) FOALS – Antidotes

13) THE MARS VOLTA – The Bedlam in Goliath

14) MAN MAN – Rabbit Habits

15) THE WALKMEN – You & Me

Ça c’est mon message personnel. À moi. Et je trouve que l’idée de faire ce projet est réellement excellente, même si ça a mené à un groupe de 14 blogs français et un seul du Québec, moi (je crois être le seul, du moins). C’est pour cette raison que je n’ai aucune idée de qui est Alain Bashung même s’il est numéro 2. De toute façon, j’ai écouté et apprécié plusieurs albums de la liste, même si je crois que TV on the Radio mérite la tête, juste devant Portishead (j’ai foutrement aucune idée de qui est Bashung… en plus, son album s’appelle Bleu Pétrole). Mon top 20 personnel, créé pour l’occasion, suit juste au bas du post. Un truc plus évolué devrait suivre dans le courant des prochains jours.

- Mon classement personnel -

1) TV on the Radio – Dear Science
2) Portishead – Third
3) Hercules and Love Affair – Hercules and Love Affair
4) Okkervil River – The Stand Ins
5) Deerhunter – Microcastle
6) Pas chic chic – Au contraire
7) Karkwa – Le volume du vent
8) Sigur Ros – Med sud i eyrum vid spilum endalaust
9) The Walkmen – You & Me
10) Vampire Weekend – Vampire Weekend
11) Black Mountain – In the Future
12) Los Campesinos! – Hold on Now, Youngster…
13) The Hold Steady – Stay Positive
14) The Kills – Midnight Boom
15) DeVotchka – A Mad and Faithfull Telling
16) Crystal Castles – Crystal Castles
17) Plants and Animals – Parc Avenue
18) Department of Eagles – In Ear Park
19) Love is All – A Hundred Things Keep Me Up At Night
20) Nine Inch Nails – The Slip

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