TOP 2021 FRANCO positions 20 à 11

En 2021, si y’a un mot dont on a autant entendu parler que de la toune G.A.F.A. de Ciccone, c’est probablement «anticorps». Un petit mot, un grand effet: LA PROTECTION. Nous, on s’est intéressés à ce qui nous a protégés autrement en 2021: la musique. Elle est revenue, tranquillement, en formule hybride puis en présentiel, elle nous a sauvés de la solitude, nous a sortis du cynisme et nous a carrément sortis de chez nous. Tel un déferlement d’anticorps contre toutes vos déceptions de l’année, voici ce qui nous a sauvés en 2021: nos albums francophones préférés de l’année, positions 20 à 11.

Designed by Freepik

20 Etienne Dufresne – Excalibur 

Fermement campé dans la première personne, ce premier album révèle un touchant raconteur doublé d’un flair de limier pour les hooks mélodiques. Celui de Jolicoeur, en particulier, me doit quelques mois de loyer pour tout ce temps à squatter entre mes oreilles. La touche d’un célébré Félix Petit fait sans doute mouche, mais n’enlevons rien à Dufresne. Bien souvent, durant Excalibur, j’étais doucement privilégié d’assister à ces moments bien personnels de doute et de vulnérabilité d’un homme à une époque charnière de la vie bien plus près qu’indiquée dans mon rétroviseur. J’ai commencé l’année en mêlant Étienne Dupré et Dufresne; c’est en les célébrant tous les deux, bien distinctement, que je la termine.

JULIEN ROCHE

Lisez notre retour sur le lancement d’Excalibur dans le cadre de Coup de coeur francophone en novembre.

19 Pure Carrière – Eterna 93 

Il est dur d’estimer quelle part des 2746* écoutes de Fièvre me revient, cette année. Quelque part au carrefour où la guit bluesy réverbérée croise la clarinette ballonnante dans un grand élan mélodique inoubliable, j’ai trouvé exactement le réconfort dont j’avais besoin dans cet hiver 2021 qui me passait sur le corps encore et encore et encore et encore comme un gros 53′ rempli de marde, et je remercierai jamais assez Pure Carrière pour ça.
Littéralement la track d’après, dans une métaphore sublime de mon Québec jeune et beau qui vire sa propre histoire sur sa tête, le duo tord le Kyrie Eleison, antique prière de supplication deux fois millénaire, en séduisante dégaine rhum-coco sur les champis. Vous ai-je parlé de Bum originel? touchante histoire d’un revendeur de pills d’école primaire qui culmine en un grand cornet de polyphonie liturgique? Eterna 83, c’est rempli de ces pépites de génie qui ne peuvent qu’émerger d’esprits fuckés de naissance, étiquette qu’ils revendiqueront joyeusement. Je ne suis qu’un vulgaire mortel, et depuis l’émergence de VICTIME, j’essaie humblement juste de vivre de manière à être assez digne pour respirer le même air que Laurence Gauthier-Brown. Pis imaginez, l’autre moitié du duo est cofondateur du Pantoum. Leur alignement stellaire de collaborateurs compte un «Low Bat» et un «Jean-Cul», notamment. Un album mythologique, mais aussi un party.

*Ndlr: Spotify au 13 décembre 2021

JULIEN ROCHE

18 Lary Kidd – Le poids des livres 

Après deux ans à chanter Hercule à tue-tête, il commençait à être temps que Lary Kidd nous revienne avec du nouveau matériel. Avec Le poids des livres, le rappeur est de retour avec cinq morceaux qui sont faits pour être écouter dans sa voiture, en pesant su’a suce dans la pente. Malgré la longueur de l’album (12 minutes bien comptées) qui aurait pu nous laisser sur notre faim, je m’en suis bien sorti, mes moments en voiture étant plutôt courts puisque je suis encore en apprentissage. Il s’agit ici d’une durée idéale pour apprécier pleinement chacun des morceaux. L’échantillonnage sur l’instrumental de Feu roulant nous donne envie de brûler les feux rouges à chaque occasion.

NICOLAS SIMARD

17 Choses Sauvages – Choses Sauvages II 

Plus disco et plus dansant que ce qu’on connaissait du groupe, le deuxième album de Choses Sauvages nous a permis de danser avant que ce soit permis. Autant en festival extérieur durant l’été que dans nos sombres cuisines en octobre, on n’a jamais attendu le go de la santé publique pour bouger tous nos membres sur Chambre d’écho ou La musique. Le groupe s’est certes emporté avec des chansons longues nombreuses, mais avouons-le, ça ne fait qu’allonger le plaisir. Résolument 80’s, Choses Sauvages II refuse néanmoins d’entrer dans une case et s’apprécie dans le mouvement. Peu importe où vous choisirez de l’exécuter.

ÉLISE JETTÉ

Lisez notre entrevue avec Choses Sauvages au Festif! en juillet.

16 Lumière – A.M.I.E.S.A.M.O.U.R. 

Ce nouveau projet d’Étienne Côté (Bon Enfant, Canailles) est un des disques les plus contagieusement fun de l’année. Teinté par le folk rock québécois des années 70, A.M.I.E.S.A.M.O.U.R se veut une ode à la liberté et aux relations humaines dans un esprit festif. Tantôt nostalgique, tantôt résolument tourné vers l’avenir, Lumière couche ici des chansons qui assument totalement leurs messages. Dans une époque où le cynisme domine souvent les conversations, cette authenticité fait beaucoup de bien. Album-concept présentant les tribulations de trois jeunes amoureux, le disque est aussi une belle occasion de présenter des collaborations. Au niveau musical, Côté s’est entouré d’une famille de musicien.nes qui apportent tous leur touche aux compositions. On note particulièrement les participations vocales de Daphné Brissette et de N Nao qui viennent toutes les deux sporadiquement pimenter les morceaux. Bref, un album essentiel de cette années 2021 qui laisse entrevoir une carrière très intéressante pour Lumière.

RAPHAËL BOIVIN

15 Alex Burger – Sweet Montérégie

«Sweet sweet sweet sweet sweet Montérégie, ben oui ben ouiii!» Ce refrain m’a hanté toute l’année. C’est peut-être parce que je viens de là, c’est peut-être aussi parce que la chanson est le bijou musical québécois de l’année. La voix dylanesque d’Alex Burger, la nostalgie, les douces guitares, tout y est. Mais ce n’est pas tout, l’album au complet en vaut la peine! Du country rock parsemé de slide-guitare qui flirte parfois avec le glam rock à la T. Rex. Que du bonheur.

– MATHIEU CATAFARD

Lisez notre retour sur la rentrée montréalaise d’Alex Burger en septembre.

14 Crabe – Sentients 

Dans les bonnes nouvelles de 2021 figurait incontestablement la sortie d’une nouvelle offrande par le duo punk expérimental CRABE (Gabriel Lapierre, Mertin Hoëk). Acheté sans même une première écoute, Sentients ne m’a pas déçue. Au contraire, j’ai tellement fait jouer cet album que j’ai songé laisser une note à mes voisins pour les rassurer du fait que je n’étais pas tombée entre les mains d’une secte occulte: il était simplement important pour ma santé mentale que le crabisme s’empare assez régulièrement de mon appartement. Sans spectacles possibles en ville, j’ai trouvé ça quand même foutrement difficile d’être touchée par quoi que ce soit d’artistique. C’est justement là que le duo s’est illustré avec brio. Le dernier morceau s’appelle Bienvenue chez toi dans un soleil d’art et il n’y a ici ni tromperie sur la marchandise, ni obsolescence programmée. Te convaincant même en pandémie que l’art est encore vivant, Sentients fait vivre quelque chose d’essentiel à toute personne qui prête l’oreille: il fout des droites efficaces (seulement électroniques) à tous ceux qui résistent à l’idée que chacun est «né pour aimer» et assure la fonction de punching bag aux déjà convaincus. Meilleur exutoire de 2021, textes entêtants, album pref de Crabe à date, plus belle pochette de l’année signée Jonathan Robert (avant/arrière), grosses collabos (Dan Mongrain, Vincent Peake, Mathieu A. Seulement, Dianacrawls, Benoît Poirier, Yuki Berthiaume-Tremblay, Hubert Lenoir, Infopolice, Laurence-Anne), gros sans faute. Ouais, si Crabe était une secte, je me ferais probablement endoctrinée sans grande difficulté.

– LISE BRUN

13 Étienne Coppée – Et on pleurera ensemble 

Une rafale de bonté nous apaise à l’écoute d’Et on pleurera ensemble d’Étienne Coppée. Ce dernier navigue dans un univers où la sensibilité et la fraternité se côtoient, mais surtout où elle se partage dans nos oreilles. Sans tomber dans la mélancolie, Étienne Coppée porte un regard tendre sur l’amitié et l’espoir. À l’instar d’un ami que l’on appelle lorsqu’on passe à travers des épreuves difficiles, cet album nous procure de l’apaisement, mais surtout, nous rappelle l’importance de l’amitié.

MATHIEU AUBRY

Lisez notre entrevue avec Étienne Coppée à la sortie de son album en octobre.

12 Connaisseur Ticaso – Normal de l’Est 

Je me souviens encore la première fois que j’ai entendu une pièce de Connaisseur Ticaso au début des années 2000. C’est bien assis dans une automobile enfumée que j’ai écouté Guerre de style et je me rappelle avoir trouvé ça comique à l’époque tout en me disant que c’était fort possiblement vrai ce qu’on y racontait. En écoutant Normal de l’Est, avec le recul, j’ai eu le même sentiment d’être mis face à face avec une réalité, celle de la rue, qui m’est totalement inconnue et qui est racontée sans détour sur ce premier album de Connaisseur. Un tour de force pour ce pionnier du street rap montréalais qui récolte enfin ce qu’il a semé sur plus de deux décennies.

NICOLAS SIMARD

11 Jesuslesfilles – L’heure idéale 

Le quintette nous a offert son album le plus complet en carrière au mois de juin dernier. Lancé de manière sanitaire par groupes de 15 à L’Esco en formule courte, L’heure idéale se consomme à toutes les heures. Pas d’heure idéale pour ça. On retrouve des mélodies rock garage réellement accrocheuses et des histoires incarnées qui, avec peu de mots nous touchent quand même en vitesse (on est souvent en-dessous des 3 minutes). Le groupe a enlevé une petite part de psychédélique pour la remplacer par une légère saveur indie plus accessible et je crois que si certaines personnes ne s’y retrouvaient pas dans leur travail ils pourront y entrer cette année de belle façon.

ÉLISE JETTÉ

Lisez notre entrevue avec Jesuslesfilles au Festif! en juillet.

À VENIR SUR FAV: 

TOP 2021 FRANCO POSITIONS 10 à 1
TOP 2021 INSTRU/AUTRES LANGUES POSITIONS 20 à 11
TOP 2021 INSTRU/AUTRES LANGUES POSITIONS 10 à 1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *