TOP 2020 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

On adore la fin d’année pour les bilans, oui, mais cette année, on aurait plus envie de se dire qu’on peut l’oublier, celle-là. Par contre, il n’y a aucun moment comme celui-ci: t’as parlé à personne dans ta semaine sauf au caissier à l’épicerie, mais un album te tombe dessus et semble tout rétablir. «T’as été l’affaire qui n’a pas été de la marde cette année» est la phrase que nous avons envie de hurler au balcon de bon nombre d’artistes qui nous ont sorti de notre marasme en 2020. Tel un vaccin contre le grand mal de l’année, voici votre injection de fin 2020: nos albums anglophones préférés de l’année, positions 10 à 1.

Photo: Pexels/Artem Podrez

10 CRi – Juvenile 

Les multiples couches d’arrangements rencontrent le silence au bon moment avec CRi et l’album Juvenile qui est loin d’être le travail d’un enfant. Les collaborations de l’artiste, sur l’album comme ailleurs, démontrent son extrême agilité lorsque vient le temps de marier les forces de chacun. Le jeu des codes de CRi est complètement renversant: l’électro se dessine en toile de fond et attend les influences multiples de la pop au rock. Déjà un expert!

ÉLISE JETTÉ

9 Sophia Bel – Princess of the Dead, Vol. II 

La princesse futuriste! Sophia Bel doit avoir une connexion directe avec l’univers. Ça expliquerait son style vestimentaire. Entendons-nous, c’est sa musique l’aspect intéressant de la chose. C’est comme The Yeah Yeah Yeahs rencontre Milk and Bone. C’est du bonbon. Vu son jeune âge, elle doit vraiment être connectée avec l’au-delà pour avoir des référents musicaux aussi riches. C’est louche tout ça.

– ÉMILIE PELLETIER-GRENIER

8 Helena Deland – Someone New 

La pochette claire obscure définit bien ce premier album d’Helena Deland qui prend racine dans la noirceur pour laisser poindre la lumière. La pop alternative des années 90 résonne en échos alors que la musicienne nous nomme, avec sa voix, comme avec ses arrangements profonds, les chagrins d’amour, les hommes qui déçoivent, indubitablement, et les différents péchés capitaux comme la jalousie et la luxure. L’instrumentation puise sa richesse dans une structure qui nous amène une surprise partout où on n’attentait plus rien. Un premier saut complètement réussi dans le monde de l’album complet.

– ÉLISE JETTÉ

7 Pottery – Welcome To Bobby’s Motel 

Hiver 2018. J’arrive trop tôt à un concert, je bois ma bière tranquillement dans une salle presque vide. Un gars parvient malgré tout à me rentrer dedans et à me renverser de la bière dessus sans même bafouiller un «pardon». Je le vois monter sur scène pour jouer la première partie, Pottery, un band pas encore assimilé à un buzz puisque même le titre Hank Williams n’est pas encore sorti. Pendant tout leur set, ça me gosse. Je ne peux pas entièrement apprécier le show, je suis encore un peu fâchée de la bousculade. Décembre 2020. Je range Welcome to Bobby’s Motel dans mes albums préférés de l’année: difficile de ne pas continuer de laisser son cœur et son corps à l’abandon à l’écoute de ces nouveaux morceaux de plus en plus convaincants, entre post-punk, new wave, voire disco. Peu importe qui ça rappelle, on avait tous besoin d’un Bobby dans nos maisons cette année: pour ma part, non pas d’«un père à la maison», mais d’«un sac de boxe rempli d’humour», ça oui. Je n’en demeure pas moins embêtée: en dansant avec lui, je ne suis pas encore capable d’oublier ma robe trempée. Ça va prendre un autre LP.

– LISE BRUN

6 NOBRO  – Sick Hustle EP 

Que toutes celles qui se sont déjà excusé d’exister lèvent la main. C’est ici que ça se termine. NOBRO ne permettra à aucune d’entre vous de ne pas crier aussi fort qu’elle le voudrait. Le quatuor punk nous livre un son extrêmement libre (libre de bros, notamment) et libérateur pour son auditeur. Aucun cri ne vous aura fait autant vivre que celui que vous pousserez en même temps que la chanteuse lors d’un concert du groupe. J’admets avoir été avertie à maintes reprises par la sécurité du FME lors de leur show: je n’étais pas capable de rester assise. C’est le genre de groupe pour lequel on attend le déconfinement de la culture comme d’autres attendent l’arrivée du Messie. Et si le Messie était une femme qui gueule dans un micro? Simple suggestion.

– ÉLISE JETTÉ

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5 Les Deuxluxes  – Lighter Fluid 

Les Deuxluxes, quel duo fabuleux et inspirant à souhait! Avec Lighter Fluid, un album au son rock psychédélique vintage absolument efficace, il nous offre du pur divertissement de qualité. C’est la musique parfaite pour oublier qu’on est en 2020 et s’imaginer à une époque où le mot COVID n’existe pas, où on porte un masque juste pour se déguiser mais surtout où tout le monde se rassemble pour faire le party! J’dis ça de même, mais je dirais pas non à un party post-COVID avec Les Deuxluxes, qui embarque?

– ELISABETH MOTTARD

4 Maky Lavender – …At Least My Mom Loves Me 

Maky Lavender ne savait probablement pas qu’on allait cesser d’avoir du fun à cause du virus deux semaines exactement après la parution de son album lorsqu’il était en studio pour enregistrer …At Least My Mom Loves Me. Une maudit chance parce que, du fun, on allait en avoir de besoin cette année et c’est exactement ce à quoi on a droit avec cet opus. On aurait juste envie de se rassembler à plus que deux ménages pour écouter la musique du MC montréalais, à moins de deux mètres de nos amis qu’on n’a pas vus depuis un boutte. Merci pour ces 27 minutes de musique bien ficelée qui nous ont aidées à passer au travers.

– NICOLAS SIMARD

3 Mike Shabb – Life Is Short 

La réputation de Mike Shabb dans le rab jeu n’est plus à faire. Sur Life is short, le rappeur confirme sa place comme l’un des rappeurs anglophones à suivre dans les prochaines années. À l’écoute de cet album, on a l’impression que le Montréalais souhaite conquérir de nouveaux territoires. Mike Shabb délaisse les paroles  plus street pour un poésie plus mature, plus personnel et aux divers flows qu’il s’approprie. Le tout entourer des beatmeakers d’excellence VNCE CARTER et Danny Ill

– MATHIEU AUBRY

2 Naya Ali – Godspeed : Baptism (Prelude) 

À la sortie de Godspeed: Baptism, à peine un an s’était écoulé depuis les propos de Steve Jolin, propriétaire du label 7ème Ciel. Il affirmait dans La Presse: «Je ne vais pas baisser mes standards de sélection pour avoir une femme sur mon label». Heureusement pour nous, de nombreuses rappeuses ont ensuite émergé en révélant, du même coup, qu’on était loin de manquer de talent ici. Avec son premier LP, Naya Ali se hisse parmi les figures incontournables du rap au Québec. On est impatients de la revoir en spectacle avec son énergie débordante.

– RAPHAËL BOIVIN

1 BACKXWASH – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It 

La trajectoire de Backxwash en 2020 est simplement phénoménale, et rarement une fenêtre se sera-t-elle ouverte ainsi pour un projet aussi fermement champ gauche, entre horrorcore et rap-métal gothique. Adulée par la critique, soulignons par ailleurs sa victoire historique au prix Polaris 2020, une rare victoire symbolique pour une artiste au carrefour des minorités ethnique et sexuelle.

– JULIEN ROCHE

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