Élie Raymond: un soupçon de productivité pandémique

Élie Raymond

Panels

Bonbonbon

3,83 étoiles

Élie Raymond n’a pas niaisé, cette année. Le chanteur triste de Foreign Diplomats sortait en mai, en formule solo, l’album Elle dormait encore, collection de vignettes sonores, ambiances et textures où l’artiste s’éloignait momentanément de la chanson. La formation Foreign Diplomats elle-même, en juin, lançait son troisième disque. Survenait ensuite en septembre la sortie du premier long jeu de Totalement Sublime, brillante collaboration avec Marc-Antoine Barbier, puis ce nouveau Panels, en solo, plein d’une chaleur tombée pile pour l’invraisemblable été indien de début novembre.

J’ai beaucoup aimé cet album pour la variété et la richesse des idées déployées par Raymond, ne ratant pas l’occasion de lancer des ballons qui, forcément, dépassent le cadre de ses autres projets. Brisant la glace par un sentier soul sur Tintin Panels & Eternal Life, on le retrouve peu après sur Let’s Say What We Want, coup de cœur, canalisant Lambchop en ouverture pour verser dans un élan jubilatoire évoquant Plants & Animals à son pic.

Sur cet album, j’ai eu, en fait, bien des coups de cœur, pour des raison bien différentes. Sitting In Your Car, peut-être la plus près du carnet des Diplomats, se couronne  d’une outro mélodique qu’on imagine aisément scandée par un chœur de tendres spectateurs… dans un futur pas si proche, l’an prochain peut-être, dans un cabaret tout près de chez vous.

Sur NECROMANCERS!!! TROUBLEMAKERS!!!, on rend bellement hommage à un célébré troubadour d’Eau Claire, au Wisconsin, celui-là même qui s’est fait un nom au croisement de l’indie folk et de l’autotune. Ce véhicule sert très bien Élie Raymond qui, sur cette dite pièce et Pressure qui la suit, déploie des crescendos de lumière sur des textes bien personnels, comme à son habitude. C’en est que plus efficace quand, sur l’inquiétante Promise, l’artiste fait solennellement promesse avant de choir dans une cathartique débandade de tambours.

Panels est un album sensible, marquant, semé de bons élans mélodiques qui collent à l’oreille. Touffu d’idées parfois disparates, oui, mais ficelées ensemble par un engagement bien entier, tripes sur table, encore bien illustré par In The Distance qui clôture en passant de la vulnérabilité à l’éruption. C’est une année faste pour Élie Raymond, et voici une autre belle pierre qui s’ajoute à une œuvre bien campée.

3 comments on “Élie Raymond: un soupçon de productivité pandémique

  1. Jocelyne 2 décembre 2020 at 09:53

    Bravo à Elie Raymond. Bonne chance pour l’année 2021 👏👏👏

  2. Colette Beauchamp 2 décembre 2020 at 10:05

    Superbe évolution et belle réussite! Bonne continuité en 2021

  3. […] RELISEZ NOTRE CRITIQUE DE PANELS. […]

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