M pour Montréal 2020: «M pour Meanwhile»

C’est avec une conversation au sujet du fromage sur la pizza que commence mon appel avec le directeur de la programmation de M pour MTL, Mikey Rishwain Bernard. «Oui, allô, c’est pour une pizza!» «Ha ouin, c’est drôle, je ne fais pas de pizza, mais j’attendais un appel de M pour MTL pour une entrevue.» «Je te niaise, bien sûr, c’est moi, Mikey, mais j’avais le goût de pizza et faire de la pizza, ça coûte cher et si tu commandes le 2 pour 1 chez Domino’s, ok, le prix est correct, mais y’a jamais assez de fromage.» «Dans la vie comme dans la pizza, il n’y a jamais assez de fromage, Mikey.» On va bien s’entendre.

Mikey Rishwain Bernard/Photo tirée de Facebook

Élise: C’était quoi le plus grand défi de la version pandémique de M pour MTL cette année?

Mikey: C’est que M pour MTL, ce sont des activités professionnelles. C’est dessiné comme un festival, mais il y a beaucoup de business qui se passe. Il y a des délégués de partout dans le monde qui viennent normalement et ça donne des résultats pour les artistes d’ici. On fait ça pour faire briller la magie de Montréal aux groupes internationaux. Les gens qui arrivent ici pour le festival tombent en amour avec la place et par le fait même, avec nos artistes. Heureusement, ces gens-là nous ont écrit pour dire qu’ils ne voulaient pas perdre contact avec nous, malgré ce qui se passe. On s’est trouvé une plateforme pour faire des showcases et du réseautage sur le web, mais c’est certain que ce n’est pas l’édition qu’on voulait. Mon amie Isabelle Ouimet a pris sur son dos beaucoup de la production. C’est triste que des artistes doivent jouer en solo. C’est pas les perfos les plus éclatantes au monde, mais les artistes peuvent montrer leur voix quand même. On a donné une couleur à tout ça aussi. C’est très 70’s, très Ed Sullivan Show. C’est comme des vitamines pour survivre à la pandémie.

É: C’est quoi ton plus grand souhait par rapport à cette édition?

M: Je veux que les artistes rayonnent. Flore Laurentienne est véritablement en train de tout changer, musicalement. Je pense que ça peut facilement se retrouver dans des films si les bonnes personnes entendent ça. Population II, aussi, c’est hallucinant. C’est un groupe qu’on veut voir à L’Esco à 1h30 du matin. Je veux que tout ça nous aide à patienter.

É: C’est quoi le moment de M pour MTL que tu attends avec le plus d’impatience?

Mac DeMarco. J’ai beaucoup d’amour pour lui. Je ne veux pas être trop prétentieux, mais avec M pour MTL, nous sommes les premiers à avoir pris Mac par la main ici et il n’a pas eu de day off depuis. Ça fait 9 mois qu’il a pas joué devant personne. Il est dans son salon à Los Angeles. C’est une amitié, Mac! Et M pour MTL et il va faire des nouvelles chansons de manière très intime. 

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De quoi es-tu le plus fier pour cette édition?

Je suis juste content qu’on ait une édition. Ça aurait pu être kapout. Santa Teresa, en mai, ça m’a fait mal au cœur que ça marche pas. 2021 est quasiment là et je vois beaucoup d’espoir pour l’an prochain.

Pour les pros, est-ce que c’est une édition qui vaut la peine quand même?

On veut avoir leurs feedbacks. On les prend comme des consultants, cette année. Le monde veut écouter et donner une chance. Donc, en ce sens, ça va être comme d’habitude. Cette année, ce n’est pas M pour Montréal, c’est M pour Meanwhile. Fait ça en attendant. Quand t’es sélectionné pour venir ici, tu te sens comme dans un camp d’été à Montréal pendant le festival. Je n’ai pas de boule de cristal, mais on voit que les pros s’ennuient et il faut les garder dans la bulle de la musique en attendant que la vraie famille musicale puisse exister. Rester in the loop. Montréal a toujours été une place pour le talent. On veut garder l’attention ici. Si tu manques une année, tu vas manquer quelque chose pour vrai.

As-tu peur qu’on perde des gens dans la bulle justement? Parce que la pandémie est trop longue et que les gens vont se réorienter ailleurs…

Y’a du monde qui move on, mais depuis qu’on a un espoir de vaccin, les gens ont un nouveau souffle de vie. La journée qu’on va repousser sur le bouton ON, ça va être aussi beau que la première fois. Cette pause, c’est un signe qu’il faut qu’on apprécie plus la vie, nos amis et la musique. C’est une ouverture. C’est la meilleure chose qui aurait pu se passer pour la musique. On va célébrer ce moment après, j’en suis certain.

Qu’est-ce que t’aurais fait de différent si tu avais pu faire des concerts en personne cette année?

C’est notre 15e anniversaire. Ça aurait été vraiment un point tournant, mais on fera le 15e l’an prochain et cette année aura été la pause pour voir le bel accomplissement derrière nous.

C’est quoi l’affaire la plus l’fun qui découle du fait que tout se passe à distance?

Ça donne du sens à la vie des gens qui sont dans leur salon en relation avec leur ordinateur.

Si tu étais la santé publique, que ferais-tu par rapport aux salles de spectacle?

Je suis pas docteur, mais y’aurait des manières d’ouvrir avec des mesures strictes. Il va falloir donner du souffle à ces personnes-là (les gens de la musique). On peut faire quelque chose avec des grosses salles et des petits publics, mais les petites salles sont celles qu’on a le plus hâte de retrouver et si on les ouvrait, on ne pourrait entrer que le staff à l’intérieur…

Comment on s’installe à la maison pour vivre M pour MTL numérique?

Le weed est légal, Élise! Ça nous prend quelque chose de 70’s. On prend le weed et le vin. J’ai pas bu depuis mars. J’ai pris ma dernière bière avec Lary Kidd au Club Soda, mais là je vais prendre un bon verre de vin. Pour Mac DeMarco, ça prend un six pack de Pabst. 

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