Entrevues de crise, série balcons: Laurence-Anne

C’est juchée sur un banc de neige pour avoir la proximité la plus acceptable possible que j’ai jasé avec Laurence-Anne. Le soleil de fin d’après-midi illuminait son balcon de la même manière que la lumière au bout du tunnel se laisse voir en ces temps sombres: avec parcimonie. 

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Laurence-Anne était sur le point de quitter la ville de peur de ne plus jamais pouvoir la quitter. Quand on n’a plus le contrôle sur rien, c’est normal d’avoir envie de saisir toutes les opportunités qu’il nous reste. Heureusement pour nous, Laurence-Anne a décidé de rester en ville un moment.

Élise: Est-ce que la crise actuelle a contrecarré quelques plans de ton côté?

Laurence-Anne: Comme tout le monde, j’ai eu quelques concerts annulés, sinon, je préparais possiblement de nouvelles choses, on devait aller en studio au mois de mai. À suivre, si c’est maintenu ou pas.

É: C’est quoi ton état d’esprit en ce moment?

L-A: Ça va. J’ai commencé à jouer à des jeux sur mon téléphone. Je n’avais jamais fait ça avant. Je suis tombée dans un vortex. Mais sinon juste avant que tout ça arrive j’étais en Gaspésie pour composer des chansons donc j’avais déjà du nouveau matériel et je me donnais un petit break donc ça ne change pas grand-chose pour moi, le confinement.

É: Quel jeu de téléphone tu nous suggères?

L-A: En ce moment, c’est Futurama, comme le dessin animé, mais tu te rends compte que tous les jeux de téléphone, tu dois y aller tous les jours. Tu joues ton tour et après, tu passes une journée en pause. C’est terrible.

É: C’est quoi le dernier repas de confinement que tu as mangé?

L-A: Un sandwich au végépâté avec zucchini, carottes et fromage râpé

É: Il n’y a rien de tout ça que t’as dévalisé à l’épicerie?

L-A: Non, en fait, chez moi on est plusieurs en rotation pour dévaliser, mais plus du côté des jujubes et du chocolat. Sans oublier les Radler, c’est comme une limonade alcoolisée.

É: C’est la meilleure façon d’être sur la brosse en plein jour.

L-A: J’oserais dire que t’as tout compris.

É: Laquelle de tes chansons permettrait aux gens de reprendre espoir?

L-A: Comme tu le sais, Élise, moi j’ai une chanson qui s’appelle C’est un virus. Jamais je n’aurais cru que ça pourrait être une chanson de circonstances. On peut s’en servir pour dédramatiser la situation en la fredonnant.

É: Quel album écoutes-tu pour être zen?

L-A: J’ai ressorti mon vinyle Valse 333 de Julien Sagot.

É: C’est quoi le dernier spectacle que t’as vu avant de ne plus avoir le droit d’en voir?

L-A: J’étais partie en voyage et à mon retour je suis allée au lancement de Mon Doux Saigneur. Sinon j’ai vu We Are Wolves aux Foufounes électriques. Je ne les avais jamais vus live. Je trouve ça cool que la dernière soirée musicale que j’aie eue, ce soit aux Foufs. Je suis satisfaite et c’était vraiment un bon show.

É: C’est qui la personne que tu as le plus hâte de serrer dans tes bras quand tu vas avoir le droit d’être à moins de deux mètres des autres?

L-A: Les membres de mon band. 

É: Si tu pouvais faire un spectacle, ce soir, n’importe où, ce serait où?

L-A: Je pense que je referais un show aux Katacombes. Je réanimerais l’endroit et je referais un show de fin du monde.

É: Moi je pense que ton show aux Katacombes en décembre, c’était juste une prémonition. T’as fini 2019 avec un show morbide aux Katacombes pis 2020 a commencé avec l’apocalypse.

L-A: Oups

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

É: Peux-tu nous aider à voir la lumière au bout du tunnel à l’aide d’une vidéo?

L-A: Oui, bien sûr.

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