«Boîte aux lettres», des Hay Babies: quand les kilomètres se comptent en miles

Les Hay Babies

Boîte aux lettres

Simone Records

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Montréal, c’est le centre du monde. C’est là où les espoirs déchus croisent la confiance précaire et le succès provisoire. But c’est là que ça se passe Mom, que Jackie elle a dit à sa mère. L’espérance plein le baluchon et la vieille guitare sur le dos, elle a quitté son Acadie natale pour la «grand-ville». Le nouvel opus et troisième album du trio de Néo-Brunswickoises Les Hay Babies, Boîte aux lettres (Simone Records), raconte en musique le parcours de vie de ce personnage, cette artiste, qu’on devine mi-fictive, mi-réelle.

Cette jeune femme que racontent les filles, Jacqueline, aurait réellement existé quelque part dans les sixties. Cette même époque qui prescrit une ambiance sonore caractéristique à l’album. Les lignes de basse grasse et la guitare ondulante nous rendent nostalgiques d’une ère musicale que l’on a pour la plupart pas vécue – les autrices-compositrices-interprètes y compris. 

Pour moi qui ai eu la chance en 2016 de faire le chemin inverse de Jackie – c’est-à-dire quitter l’Outaouais pour Moncton – l’album s’écoute d’un trait et se vit comme un roadtrip sur une transcanadienne que je connais déjà trop bien. 

Boîte aux lettres est un disque concept, mais peut aisément s’écouter sans aucune référence. Vivianne Roy (guitare électrique, guitare acoustique, guitare classique, batterie, percussions, voix), Katrine Noël (basse, percussions, voix) et Julie Aubé (guitare acoustique, guitare électrique, guitare 12 cordes, piano, synthétiseurs, voix) offrent certainement leur album le plus abouti en carrière.

Elles seront de passage à Gatineau en avril prochain, puis aux Francos de Montréal en juin, mais l’idéal, c’est d’aller à leur rencontre à la maison, chez elles en Acadie.

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