[Entrevue] Slow Fade Sailors dévoile «A Journey of a Thousand Miles»

Anciennement connu sous le nom de Man an Ocean, David a écrit de la musique pour des films, des émissions de télé et pièces de théâtre en collaboration avec des réalisateurs de renom comme Podz et Rafael Ouellet. En parallèle de leur groupe Will Driving West, sa femme Andréa et lui forment aussi le duo instrumental Slow Fade Sailors. C’est de ça qu’on parle aujourd’hui.

Slow Fade Sailors offrira aux oreilles en quête de sérénité une pièce par mois durant la prochaine année. La première s’intitule A Journey of a Thousand Miles. «Ça vient d’une quote de Lao Tzu: The journey of a thousand miles begins with one step, rapporte David. Je me suis imaginé la vie du piano qui est chez nous. On a fait monter le piano à ma grand-mère. Il avait toujours été dans la maison familiale en Gaspésie. Il a une âme. Mes parents l’ont amené avec un pick up jusqu’à Montréal en plein mois d’octobre. Il faisait cinq degrés et il était à peine désaccordé. Il y a comme la magie de ma grand-mère Irène dedans. Je m’assois et en trois minutes, j’ai une chanson. L’arrivée en train de ce piano en Gaspésie au début du siècle dernier avait été un évènement. Tout le village avait assisté à son arrivée. J’ai jamais connu ma grand-mère, mais c’est comme si le piano nous reliait.»

Avez-vous décidé d’avoir un projet de piano su’l side parce que, le piano, c’est cool en ce moment?

J’ai la malédiction de toujours avoir des trucs qui me font triper et que je n’exploite pas et qui, finalement, deviennent populaires. Le monde pense que je fais juste suivre la vague, mais le folk en 2010 c’était pas si à la mode, puis il y a eu Mumford & Sons et les autres du genre qui ont donné l’impression que Will Driving West «suivait» la vague. Mais du piano, j’en ai fait pour le film L’affaire Dumont et, dans les faits, l’engouement pour le piano est survenu bien avant Jean-Michel Blais et Alexandra Stréliski. Le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulin et la musique de Yann Tiersen, ça avait ouvert le bal.

Avez-vous besoin d’un autre projet parce que vous êtes en train de faire une crise identitaire avec Will Driving West?

Je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup plus de gestion que de musique dans ce projet-là (WDW). Vu que j’ai toujours tout fait de façon indépendante, j’étais toujours en train d’écrire des courriels. Par contre, avec Slow Fade Sailors, j’ai un piano à la maison, je m’installe et 5 minutes après, je peux avoir une pièce. Ça a ramené le «facile» dans la musique.

Les deux noms des projets ont trois mots, c’est-tu ton chiffre chanceux? 

Je prends toujours des noms compliqués. Je veux que la combinaison de mots n’existe pas pour que tu ne tombes que sur ça en écrivant dans Google. 

Slow Fade Sailors, dans Google Translate, c’est «Marins qui fondent lentement»…

En fait, je voulais que ça inspire le fade out d’une fin de journée. Quand tu rentres du travail et que tu fais juste écouter de la musique pour que le poids du boulot s’en aille de manière progressive. Je pense que le nom n’a pas si rapport que ça dans le fond (rire). Will Driving West, c’est «volonté qui conduit vers l’est», donc…

Vous allez sortir une chanson par mois en 2020. Est-ce que c’est une stratégie pour qu’on parle de vous douze fois plutôt qu’une?

C’est surtout pour le playsliting en fait. Quand on pitche six tounes à Spotify, il en écoute une. On a décidé de jouer avec cette nouvelle réalité. Avec Will Driving West, c’est old school. J’aime le pacing des chansons sous forme d’album. Là, c’est un peu plus ouvert. La visibilité que ça nous donne pour le streaming, ça amène des revenus qui permettent de tout faire fonctionner. Spotify est souvent vu comme le gros méchant, mais en instrumental, c’est le contraire.

Est-ce qu’il y a une continuité entre les douze pièces ou elles sont faites pour être consommées une à une comme des chocolats fourrés?

Ça va pas mal être semblable, dans l’esprit d’un «slow fade». Par contre, j’aimerais ça commencer à composer quelque chose de plus orchestral à la Hans Zimmer. Je vais essayer de ne pas attendre que tout le monde fasse ça.

Slow Fade Sailors demeure assez méconnu malgré son succès sur les zinternets (17 millions de streams sur Spotify). Comment ça se fait? Êtes vous en prison ou quelque chose?

Je me suis rendu compte que la playlist Peaceful piano avait genre 4 millions d’écoutes sur Spotify. J’ai décidé d’embarquer dans l’engouement. Et c’est de la musique qui ne commande pas que je sorte de la maison. Ma blonde est enceinte de jumeaux donc ça va être assez pratique dans les prochains mois. L’industrie n’a jamais été là pour nous avez Will Driving West. J’ai couru après les reconnaissances du milieu pendant longtemps. Il y a eu de longs moments où on se disait que ça serait l’fun d’être la saveur du mois et de pouvoir remplir des salles, mais on a réalisé qu’on aimait mieux faire des petits shows devant des gens qui ont vraiment envie d’être là. L’état actuel des choses, c’est qu’on est capable de vivre de notre musique sans dépendre de l’industrie. Keith Kenniff, c’est un bon exemple. Il a plusieurs projets différents, il fait de la musique instrumentale pour plein de films. Il reste chez lui, il n’a pas besoin de sortir et si je fais une règle de trois avec ses écoutes sur Spotify et les nôtres, il doit très bien vivre.

Donc tu ne ressens pas le besoin d’être sur la couverture du 7 Jours?

Non, pas besoin du 7 Jours.

Toutes les possibilités d’écoute sont ici.

1 comment on “[Entrevue] Slow Fade Sailors dévoile «A Journey of a Thousand Miles»

  1. Louise 10 janvier 2020 at 14:44

    Ma musique favorite; le piano à lui seul. Merci David!

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